dimanche 27 août 2017

Chronique d'un redoublement : 118. Un bulletin plutôt positif qui n'évite pas des commentaires mitigés...

SUITE 117


Le bulletin du dernier trimestre arriva par le courrier du facteur, samedi en fin de matinée.
Les petites avaient eu déjà leur carnet de correspondance de l'école primaire, avec les décisions de passage, la veille. C'était excellent pour Diane, et passable pour Aline, mais avec quelques encouragements au final de son institutrice.
Diane avait été félicitée par Maman, et Aline invitée à poursuivre ses efforts, Maman annonçant que cela entrainerait des devoirs de vacances réguliers pour sa cadette. Mais, il n'y avait pas lieu à de grosses explications, ni de fessée dans l'air, comme lors de mon redoublement.
Mon bulletin à moi était le dernier élément de ce bilan annuel, et Maman ouvrit l'enveloppe, en fronçant les sourcils, disant à mi-voix qu'elle espérait qu'il n'y aurait pas de mauvaises surprises... Cela ne me rassurait guère, même si j'étais plutôt confiante.


Maman avait ouvert l'enveloppe contenant mon bulletin en fronçant
les sourcils. Même si j'étais confiante de par mon passage
en Quatrième, je n'étais pas totalement rassurée, 
regardant les genoux de Maman en priant intérieurement
pour ne pas m'y retrouver bientôt allongée... 

Et, effectivement, la tonalité était assez positive, en annonçant mon passage en Quatrième. Les profs de maths et de sciences naturelles s'étaient même fendues d'un commentaire encourageant, notant "une fin de trimestre studieuse" pour l'une, et "une progression sensible des résultats de Christine".
Seules les avis des profs de français et d'anglais détonnaient un peu. Le premier regrettait juste que "avec les dispositions qu'elle a en français, Christine, en redoublant, aurait pu être dans les meilleures. Dommage qu'elle n'ait pas toujours fait les efforts nécessaires".
Quant à ma bête noire de prof d'anglais, elle réitérait ses critiques : "Notes passables, malgré des facilités, Christine gâchant souvent ses chances, en étant bavarde ou indisciplinée".
Heureusement, l'avis final du conseil de classe était plus positif : "Admise en Quatrième, où Christine devra confirmer des progrès constatés dans la majorité des matières".
J'avoue que l'appréciation de la prof d'anglais m'aurait certainement valu une fessée si nous étions en cours d'année, histoire de m'inciter à me reprendre, mais là, avec une large majorité des clignotants au vert, Maman admit que j'avais "heureusement fait des efforts", et qu'elle consentait "à ne pas sévir" tout en me disant que "c'était limite, limite".
Mais, l'essentiel était pour moi que je préservais mes fesses d'une nouvelle démonstration maternelle et j'en étais ravie...
Voilà qui, à quatre jours, dont deux jours de cours de la fin de cette année de redoublement, me donnait l'impression de sortir d'un sacré tunnel... Cependant, même si je ne voyais guère ce qui pourrait arriver, je me disais dans ma petite tête qu'il valait mieux ne pas pavoiser trop vite...
De fait, le week-end se déroula sans anicroche, Maman étant plutôt satisfaite de la tonalité des derniers bulletins, qui étaient assez conformes à cette année, avec une Diane très à l'aise, une Aline moins douée naturellement, mais appliquée, et une Christine ayant des facilités manifestes, mais pas toujours l'envie de les mettre à profit, une Christine comprenant vite et ayant donc tendance à ne pas avoir besoin d'écouter tout le cours, quand il est si tentant de bavarder, voire de chahuter derrière le dos de la prof...
Trois passages, c'était comme si tout était dans l'ordre et Maman ne commenta guère en famille ou devant les proches, un résultat normal et attendu.
Tata Jacqueline, qui passa en fin d'après-midi de samedi, nous félicita toutes les trois, avec un bel enthousiasme, s'attirant toutefois une remarque maternelle : "N'exagère pas, Jacqueline, ce n'est pas un exploit de passer en classe supérieure... Ta chère Christine aurait pu avoir une bien meilleure moyenne, si elle avait voulu..."


Tata Jacqueline m'avait félicitée de mon passage, mais Maman modéra
son enthousiasme en soulignant que cela n'avait pas été sans mal...
Plus tard, en aparté, Tata m'avait taquinée gentiment en me disant
que ce résultat positif c'était "mieux aussi" pour mes petites fesses... 

Tata n'en rajouta pas, mais un peu plus tard, alors que l'on se trouvait un instant seules toutes les deux dans le salon, Tata me redit qu'elle était contente pour moi, précisant : "C'est quand même mieux que l'an dernier..." Je confirmai évidemment en acquiesçant, ce à quoi Tata ajouta avec un petit sourire : "C'est mieux aussi pour tes petites fesses... Ca va leur éviter de prendre des couleurs..."
L'humour de Tata ne me plut guère et je fis la grimace, ne pouvant intérieurement que reconnaître que ma tante disait pourtant vrai, me remémorant comment j'étais bien plus anxieuse, il y avait un an de cela... Et je ne pouvais m'empêcher de me rappeler ce que mon redoublement m'avait valu...
Le lendemain, nous allâmes en fin d'après-midi chez Mamie pour aller chercher un cageot de prunes qu'elle avait eu par un voisin. Mamie devait faire des confitures et Maman récupérer de quoi faire quelques bocaux.
L'ambiance était détendue et Mamie tint aussi à féliciter ses petites filles pour leurs résultats scolaires. Maman dut à nouveau commenter, expliquant qu'il n'y avait pas de souci pour Diane, et qu'Aline avait réussi à se maintenir dans la moyenne en faisant des efforts.
Mamie embraya : "Et notre grande alors ? Elle s'est bien remise à flot, et passe donc en Quatrième ?"
Maman acquiesça, non sans donner quelques précisions qui me firent à nouveau grimacer : "Heureusement encore que Christine passe en Quatrième. Bon, les résultats sont plutôt satisfaisants, mais elle aurait pu mieux faire encore... Mademoiselle a des facilités évidentes, mais ne les emploie pas toujours. Surtout dans certaines matières, où elle préfère bavarder ou chahuter... A croire qu'elle cherche les ennuis..."
Mamie n'insista pas, commentant avec une sage philosophie : "Tu sais, Christine s'assagira avec le temps, l'essentiel est qu'elle passe en classe supérieure, et que cette année de redoublement ait été moins problématique que la précédente".
Maman rétorqua : "Moins problématique, peut-être, mais cela n'a pas été sans conflit, Christine se distinguant en classe, pas toujours dans le bon sens, mais plutôt par son indiscipline... Heureusement que je veillais au grain pour lui faire comprendre les choses à ma manière... Oui, il a encore fallu cette année quelques bonnes fessées pour calmer Mademoiselle... Je m'en serais bien passée, mais il n'y a que cela qui fasse de l'effet chez Christine."
Je bouillais intérieurement en écoutant cette tirade maternelle, mais préférai ne rien répondre. Surtout pas. Et je coupai la conversation en demandant si je pouvais aller ramasser des fraises dans le jardin de Mamie. 


Mamie aussi m'avait complimentée, mais Maman avait calmé
son ardeur, en rappelant que pour en arriver là, il avait fallu 
qu'elle me donne encore quelques bonnes fessées déculottées, 
"seul moyen" selon elle de me faire entendre raison... 

Lundi matin, je retrouvai le collège pour les deux derniers jours de classe. De fait, d'ailleurs, cela n'allait être qu'un jour et demi, car pour des raisons de réunions syndicales de deux de nos profs, l'après-midi du mardi serait sans cours pour ma classe de Cinquième, ainsi que pour une des sections de Quatrième. Les élèves qui le souhaitaient pourraient rester chez eux au lieu de faire trois heures de permanence sans devoir à préparer. Maman m'avait d'ailleurs signé la permission de sortie sans difficulté, et de mon côté, cela ne me déplaisait pas d'être en vacances une demi-journée plus tôt que mes soeurs, et surtout de ne plus voir les moqueuses...
En les retrouvant dans la cour, lundi matin, après ce week-end de réception des bulletins, je lus sur le visage de Babette et Brigitte, ce sourire en coin que je n'aimais guère. J'eus droit à une question moqueuse : "Alors, Christine, tu as reçu ton bulletin ? Maman ne s'est pas fâchée, cette fois, dis ?" Même si je m'étais promis de ne pas rétorquer, je crus bon de répondre : "Bah, non, bien sûr, pfff. Je passe en Quatrième".
C'était une fois de plus maladroit, car cela voulait dire qu'à l'inverse, cela aurait craint pour moi. Les deux filles pouffèrent en disant : "Oh, c'est bien, Christine. Tu as de la chance, tu n'as pas eu de fessée cette fois-ci... Tu es rassurée, alors ? Maman ne va pas te baisser ta culotte... Mais, j'espère que tu seras sage pendant les vacances, sinon gare à toi, hi hi..."
Je haussai les épaules comme pour faire celle que les moqueries n'atteignaient pas, mais je l'avais mauvaise... Heureusement que rien ne m'était arrivé de fâcheux, ce qui me permettait de nier avec conviction, n'ayant cette fois rien à cacher... Mais, je voyais bien dans leurs regards qu'elles m'imaginaient lune à l'air sur les genoux maternels...


En niant avec force, j'avais convaincu Babette et Brigitte que rien
de fâcheux ne m'était arrivée suite à la réception de mon bulletin...
Mais, je lisais dans leurs yeux qu'elles imaginaient
une prochaine scène où Maman me baisserait ma culotte... 

C'est donc comme soulagée que j'entendis la sonnette invitant à rentrer en classe. Je n'avais évidemment pas envie de poursuivre la conversation avec les moqueuses, ni de voir leur manège pour répandre des rumeurs à mon encontre.
De toute façon, cette fois, cela sentait bien les grandes vacances toutes proches, et j'en étais bien contente...
Durant les cours de cette journée de lundi, dont le matin, ceux de maths puis de français, les profs nous remirent chacun les copies des contrôles et compositions faites pendant l'année, pour que nous les ramenions à la maison. Cela permettait notamment de baser des devoirs de vacances ou des révisions en les reprenant, comme Maman le faisait.
C'était anecdotique, puisque toutes ces copies avaient été au long de l'année ramenées à la maison, avant d'être signées des parents et rendues au prof.
Cela dit, ce n'était pas toujours avec fierté que l'on ramenait ces copies, car même vues en temps voulu, certaines rappelaient de mauvais souvenirs... Et parfois même des souvenirs du genre claquants, comme cela a été évoqué ici même dans certains de mes précédents récits...
C'était donc des souvenirs, plus ou moins bons, et je n'avais plus rien à attendre ou à craindre en les ramenant à la maison. Du moins, était-ce ce que je pensais, avant que ne me revienne en mémoire un détail...
Je voulus vite en avoir le coeur net, et je me mis à feuilleter les copies des contrôles de maths, en repensant à une des copies en particulier. Elle datait du printemps, je m'en souvenais parfaitement. Les contrôles par matière étant numérotés, c'était facile à voir. Et, effectivement, elle était là et bien là... Et je me mis à grimacer... 


A SUIVRE
 

20 commentaires:

  1. Encore un petit épisode de transition. Cette Chronique d'un redoublement n'est pas encore finie... J'en connais qui vont être ravis... Christinette l'est moins, elle...

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  2. Bonjour Christine.

    Eh bien, en m’imprégnant de ce nouveau paragraphe, je me rends compte qu’effectivement, cette chronique n’est pas encore finie et je me doute bien que notre Christinette a caché un devoir de maths entaché d’une mauvaise note. Ce petit détail m’aurait-il échappé ? En tous les cas, cela semble être un souci pour notre petite demoiselle, car Maman Spaak ne pardonnera jamais ce petit oubli, surtout qu’il s’agit là d’un devoir de maths loupé avec à la clé une mauvaise note et dont le commentaire de la prof ne devait pas être glorieux. Malheureusement pour notre Christinette, il ne peut y avoir d’échappatoire car, comme vous le précisez dans ce paragraphe, les contrôles par matière étant numérotés, elle ne pourra, en aucun cas, faire disparaître la copie en cause, Maman le verrait tout de suite, puisqu’il manquerait un numéro.

    Comment Christine pourra s’en sortir autrement que par un nouveau mensonge. En tous les cas ça craint à nouveau pour ces petites fesses, comme dit Tata Jacqueline.

    S’agissant des deux pimbêches, elles n’ont pas encore lâché l’affaire et notre Christinette a dû à nouveau affronter leurs quolibets aussi bêtes et ridicules qu’elles ne le sont elles-mêmes.

    Voilà Christine, mon premier commentaire sur ce paragraphe, comme vous dites de transition.

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  3. Sylvie essaie de jouer les voyantes et tente de deviner le contenu des prochains épisodes... J'avoue qu'elle est assez douée, mais je ne vais surtout pas en dire plus, préférant garder le suspense des écrits à venir...
    Merci en tout cas de votre réactivité qui ne peut que m'inciter à poursuivre ce récit et ses possibles (ou probables ?) rebondissements... Dans plusieurs sens du terme, comme vous le devinez peut-être ? Dites-moi donc lesquels ?

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    1. Bonjour Christine.

      Effectivement, vous avez raison, mais comme je l’ai précisé dans mon précédent commentaire, je n’ai pas souvenir de ce devoir de maths caché. J’ai d’ailleurs essayé de le retrouver mais sans succès jusqu’à présent (il est vrai que ce n’est pas évident de retourner sur les anciens épisodes lorsque l’on n’a pas la date à peu près du paragraphe en question), et la question que je me pose est la suivante : « comment vous êtes-vous débrouillée pour cacher ce devoir à Maman Spaak d’autant plus que la copie en question devait être remise à la prof revêtue de la signature parentale ? ». Il est alors pas difficile de deviner (peut-être à tord nous verrons bien) la suite des événements lorsque Maman Spaak se rendra compte de la supercherie. Je rejoins d’ailleurs totalement le commentaire daté du 29 août d’un lecteur anonyme. Ce qui explique ma réflexion.

      Je note également que vous aviez une facilité déconcertante pour les études qui n’est pas mise suffisamment en pratique, vous préfériez vous adonner à des bavardages et amusements dans le dos des professeurs, ce qui explique un peu les annotations mentionnées par Mlle PAULE sur le dernier carnet de notes. Certes votre passage en 4ᵉ est assuré (heureusement d’ailleurs), mais apparemment, vous aviez besoin de vous faire remonter les bretelles comme on dit (par une cuisson des fesses par votre Maman).

      De mon côté, je n’avais pas cette facilité (sauf en musique où mes notes variaient entre 16 et 20), surtout en maths, et je me suis bien faite bouger par ma Tatie Julie (heureusement qu’elle était là, d’ailleurs), il est vrai qu’étant très attirée par la musique, j’étais guère motivée pour toutes ces matières scolaires, certes mes notes étaient dans la moyenne (sauf en maths. Ma meilleure note si je m’en souviens bien était un 8/20), mais je reconnais que j’aurais pu mieux faire. Il fallait seulement que je m'en donne le courage.

      Voilà Christine pour répondre à vos questions. Je reviendrai si tout se passe bien, car nous avons un monstre qui nous menace (ouragan Irma), avec des récits sur ma pré-adolescence (souvenirs évoqués avec mon frère Emile lors de mes vacances à Nice).

      PS : Je suis très contente du retour de Mardohl j’irai lire son commentaire sur l’épisode 111 dès que possible. Il ne manque plus de Dominique maintenant. Nous n’avons également plus de nouvelle de Anne-Sophie, peut être est elle en vacances toujours.

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    2. Bonsoir,
      Non non, vacances finies depuis fort longtemps !
      J'ai laissé un commentaire mais oublié de le signer ! Quelle étourdie ! C'est moi qui ait posté celui du 29/08 auquel vous avez fait référence.
      À bientôt de vous lire et laisser davantage de commentaires quand le temps me le permettra

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  4. Ça sent le roussi pour le postérieur christinien...
    Oubli fatal qui ne passera pas inaperçu chez l'œil affûté de maman Spaak...
    un épisode de transition qui annonce plein de rebondissement pour la suite...

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  5. N'allez pas si vite en besogne. Pour l'instant, rien ne dit que cela va mal se passer pour Christinette... Ne brûlons pas les étapes... Même si, il s'est trouvé assez souvent, que les angoisses de Christine se réalisent d'une manière qu'elle redoute...

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  6. Petite info qui fait plaisir : Mardohl est revenu, et va rattraper son retard. Il vient déjà de poster un commentaire sur l'épisode 111.
    Sinon, j'attends toujours le retour de Dominique, il ne faut pas désespérer...

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  7. Petit message à Sylvie notamment (et à d'autres aussi) : merci de poster vos réactions et messages plutôt en utilisant le "Ajouter un commentaire" plutôt que de cliquer sur "Répondre" qui fait que le message n'apparait pas forcément en dernier, et que l'on peut ne pas le voir.

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  8. Sylvie n'a pas "souvenir" de mon devoir de maths caché. C'est normal, ne recherchez pas dans les épisodes précédents, car je ne l'ai pas évoqué... Cela fait partie de quelques cas, plutôt rares, où j'avais réussi à cacher une note, une punition, ou autre bêtise ou coup en douce.
    Si j'en parle en ce point de mon récit, c'est que ladite copie réapparaît dans les liasses de contrôles récupérées en cette fin d'année...

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  9. Et coûter très cher (ou pas), la suite au prochain numéro. Mais la question que je me pose est comment avez vous fait au moment de rendre en retour la copie signée de Maman Spaak, à moins qu'il y ait eu imitation de sa signature (comme j'ai eu à le faire une fois), mais cela m'étonnerait fortement, cela ne vous ressemble pas qoique...
    En tous les cas nous attendons la suite avec beaucoup d'impatience. Comment Maman Spaak va-t-elle réagir ? C'est tout le suspense du prochain épisode, ne sois pas trop impatiente Sylvie.

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  10. Sylvie se pose des questions assez judicieuses... Mais, n'allons pas trop vite en besogne... Patience, Sylvie, je n'ai pas envie de brusquer les choses, et de tout dévoiler... Continuez à faire vos supputations... C'est vrai qu'assez souvent vos hypothèses sont avérées par la suite... Mais, je n'en dis pas plus... Ce qui ne vous interdit pas de poursuivre de votre côté...

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  11. Merci à Mardohl de continuer à rattraper son retard. Reparti du 11, il est déjà à commenter le 115. A lire bien sûr...

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  12. Bonjour Christine. Juste avant le passage du monstre Irma (ouragan de classe 4/5) qui nous privera très certainement d'Internet pendant quelques jours ou semaines, j'aimerais avoir des précisions sur le passage des soeurettes en classe supérieure. C'est effectivement Aline qui occupé mes pensées, n'étant pas aussi douée que Diane et vous, je pense qu'elle recevait de la part de Maman Spaak une aide plus conséquente que Diane ou vous même. Mais malgré ses nombreuses lacunes, votre cadette s'en sort plutôt pas mal puisqu'il y a toujours passage dans la classe supérieure, je pense que Maman y est pour quelque chose. Mais la question que je me pose, votre maman était elle à coté d'elle, comme l'était ma tante Julie avec moi, pour ses exercices, les lui expliquait elle, enfin comment cela se passait avec votre cadette ?
    Voilà Christine ma question, juste avant le passage de l'ouragan Irma dans nos eaux.

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  13. Hello Sylvie, j'espère qu'Irma n'a pas provoqué de dégâts chez vous. Apparemment votre île s'en est bien sortie. Donc, je suppose que vous n'êtes pas coupée d'Internet, ce qui me rassure égoïstement... puisque j'espère pouvoir ainsi vous lire à nouveau bientôt.
    Cela dit, oui, Maman était très attentive aux difficultés d'Aline. Elle l'aidait pour ses devoirs, lui expliquait patiemment, et passait plus de temps qu'avec Diane et moi, du fait de nos facilités plus évidentes.
    Dès l'instant où Aline y mettait un tant soit peu du tien, Maman était compréhensive, alors que mes faux pas à moi étaient plus vite compris comme de la fainéantise ou de la mauvaise volonté.
    Cela expliquait qu'une note dans la moyenne obtenue par Aline était considérée comme encourageante, alors que si c'était moi, cela me valait au moins un avertissement...

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  14. Bonjour Christine. Juste pour rassurer tout le monde. Notre île s'en est très bien sortie. Juste une petite coupure internet don téléphone d'une journée.
    Merci pour votre réponse. Aline moi étions donc pareil, sinon que moi c'était ma tatie Julie qui s'occupait de moi, avec beaucoup de petites crises d'énervement car je n'y m'étais aucune volonté (avec quelques fois des fortes claques sur les cuisses, voire même une fessée de temps en temps). Un peu comme votre maman avec votre cadette.
    Voilà donc Christine pour vous rassurer et rassurer tout le monde. En espérant que l'ouragan José qui suit suive la trajectoire prévue par les spécialistes.

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  15. La fin de l’année n’en finit pas de finir. Voici à présent l’arrivée du bulletin final, globalement positif malgré quelques remarques qui pointent encore et toujours le hiatus quelque peu décevant entre votre potentiel et vos résultats. Sans compter le quasi blâme – portant qui plus est sur la discipline – de Madame Paule, qui décidément jusqu’au bout ne vous aura rien laissé passer. L’appréciation, bien que mitigée, de votre mère, vous épargne un retour sur ses genoux, que vous fixez avec une appréhension que l’on ne comprend que trop bien. Mais en ce soir, ils ne vous tiendront pas lieu de potence, de carcan, de présentoir à fesses.
    Pourtant demeure chez Christine une certaine appréhension, diffuse, indéfinissable, et qui témoigne d’une conscience pas tout à fait en repos. Notre héroïne aurait-elle quelque chose à se reprocher ? Rappelons-nous qu’au chapitre 115, elle ne se sentait pas totalement innocente face à l’ordre de sa maman de monter l’attendre dans sa chambre, craignant que celle-ci n’ait « appris [elle] ne sai[t] quoi à [s]on propos ».
    Ce dernier week-end d’école se veut familial, avec la visite de tante Jacqueline et à votre grand-maman. Au bénéfice de telles évocations, je reproduis un compliment de lecteur concernant un récit autobiographique d’Anne Poiré, et qui me paraît parfaitement adapté à votre mode de narration : « [J]e raffole des histoires vécues, communes à tous. Ce qui les épice, c’est la précision, universelle, leur exactitude et le petit plus croustillant, apparemment futile. »
    Dans deux scènes passablement analogues, les deux membres de votre famille proche vous complimentent, et votre mère, plus circonspecte et soucieuse sans doute de ne pas laisser ses filles s’endormir sur leurs lauriers, tempère leur éloge. En outre, dans les deux cas, à votre grande confusion, il est question de vos fessées. Votre tante Jacqueline se fend d’un commentaire qui se veut taquin mais qui vous évoque de mauvais souvenirs. Quant aux propos pondérés de Mamie, ils suscitent de votre mère une réponse explicite qui vous exaspère, mais à laquelle vous vous abstenez prudemment de réagir, sachant ce que pourrait vous attirer une attitude par trop bougonne. (Votre sage esquive vers le jardin prouvant d’ailleurs les propos maternels : oui, la perspective d’une fessée tempère sans contestation votre comportement.)
    Vient le dernier lundi. Les moqueuses, jamais fatiguées de vous nuire, ne vous loupent pas. Leurs lazzis manifestent un flagrant manque d’imagination, pourtant, comme de coutume, vous ne pouvez vous empêcher de leur répondre. Au moins pouvez-vous vous consoler par la perspective des grandes vacances, et espérer que vos camarades ne changent de registre à la prochaine rentrée.
    La Cinquième se termine, les professeurs rendent d’un bloc l’ensemble des épreuves, qui calibrera les devoirs de vacances, que le lecteur perçoit comme une mise en abyme de la présente chronique, et que Christine reçoit comme un compte-rendu exhaustif, rassemblant les jalons de l’année écoulée, avec ses hauts et ses bas, certaines copies lui ayant valu des épisodes claquants.

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  16. Et alors que l’on croyait ce redoublement terminé, ultime et inattendu rebondissement, sur le même principe que les fausses fins de certains films, voilà qu’« un détail » ne revient subitement en mémoire de Christine, qui fébrilement se met à feuilleter son dossier de maths, à la recherche d’une copie en particulier. Elle la trouve, grimace et, sur un suspense tenant le spectateur en haleine, retentit le générique. (Peut-être peut-on enfin y cerner l’origine de cette vague et inexplicable crainte qu’elle a ressentie à plusieurs reprises dernièrement, et notamment à l’arrivée du bulletin.)
    De quelle copie s’inquiète Christine ? J’ai beau me creuser la tête, je ne me souviens d’aucun épisode précédent relatant une mauvaise note que vous auriez réussi à cacher (et qu’en fusil de Tchekhov, vous auriez fait réapparaître à la toute fin de votre chronique). Mais après tout, si vous dissimuliez certaines réalités à votre mère, vous avez pu tout aussi bien les soustraire à vos lecteurs, selon le principe narratif de la paralipse (qui consiste à donner moins d’informations qu’il n’est en principe nécessaire, par exemple en focalisation interne, quand on n’apprend qu’à la fin du récit ce que le personnage focal ne pouvait pas ignorer et qu’un tel point de vue aurait dû révéler).
    Du coup, à la lumière d’un possible mensonge tardivement révélé, je subodore pour Christine une conclusion scolaire pareille à celle de l’année précédente.

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  17. Sylvie devrait échapper au deuxième ouragan, et c'est une bonne nouvelle. Mardohl, pour sa part, s'est montré digne de Maman Spaak, puisqu'il a "tenu (ses) promesses" et rattrapé son retard.
    Voilà qui me ravit, même si cela démonte bien le fonctionnement de Christinette, qui n'apprécierait pas de lire ces commentaires très judicieux.
    Mardohl rappelle ma trouille quand (au chapitre 115) Maman m'avait envoyée "l'attendre dans (ma) chambre" sans préciser le motif...
    C'est vrai que j'ai sur le champ craint une révélation d'une bêtise, d'un faux-pas, d'un mensonge que j'avais réussi à cacher... Car, il est évident que Maman n'a pas toujours tout su, et que certaines choses lui ont échappées.
    Comme elles ont échappé à mes lecteurs, car j'ai préféré garder secrets certains de mes "exploits" comme on ne met pas tout, même sur un carnet intime, par peur de voir ces choses être découvertes...

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  18. Vous écrivez vraiment bien! Merci pour vos partages.

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