mardi 29 mai 2012

Chronique d'un redoublement : 39. La honte et la réaction "à chaud"

SUITE 38

Je l'avais bien "cherchée" disait Maman en rougissant mes fesses. En tout cas, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi de ne pas avoir su être franche d'entrée, et ensuite d'avoir laissé passer les quelques opportunités de régler cela juste entre elle et moi.
Mais, rien ne dit d'ailleurs que, si j'avais avoué durant l'absence de mes soeurs, elle n'aurait pas attendu leur retour pour me corriger...
Et, qu'importe, puisque je ne pouvais plus rien y changer et que mon seul espoir était qu'elle en finisse enfin...


La position maternelle, en plein salon, face à mes soeurs, donnait à cette fessée un caractère exemplaire rare. Comme une véritable mise en scène pour bien marquer les esprits. Et malgré mes efforts pour rester stoïque, pour m'empêcher de guetter les réactions d'Aline et Diane, je ne pus résister, même si cela me serrait le coeur, à plusieurs reprises, de regarder ces spectatrices captivées, et dont les yeux semblaient enregistrer chaque instant de la scène, comme pour pouvoir la réciter ensuite...
Il faut dire que Maman donnait là la pleine et entière démonstration de sa maîtrise de la fessée. Son calme, sa détermination, avait permis que la simple déculottée attendue se transforme en tannée méthodique, en fessée majuscule...


Lors de ce que je pris un instant pour la fin de mes malheurs, je m'étais relâchée complètement, sanglotante et épuisée, m'attendant à ce qu'elle desserre son étreinte. A ce que je rejoigne le sol.
Mais, elle ne faisait que me rééquilibrer une nouvelle fois, une dernière fois, jaugeant de la cuisson de ma lune écarlate, avant de parachever son oeuvre par un feu d'artifice en forme de sprint final.
Sentant le "bouquet" arriver, j'avais tenté de me débattre, de ramener mes mains en protection dérisoire de la surface châtiée, et Maman avait paré la manoeuvre en bloquant mes deux avant-bras très fermement.
Cette petite ruade, alors que j'avais pris les dernières salves de claques presque sans réagir, vaincue et épuisée, cette contestation soudaine en quelque sorte, ne fit que redonner de l'énergie à Maman, qui me rappela tout en reprenant sa volée claquante que c'était elle qui décidait si c'était assez ou pas, et que je méritais bien encore et encore que se prolonge, que se conclut en apothéose sonore et brulante cette fessée d'anthologie...





Puis, enfin, la claquée prit fin, et Maman relâcha son étreinte, me laissant glisser à genoux par terre, encore piaillante et haletante, la dernière volée m'ayant tiré des cris que je n'avais pas retenus malgré la présence de mes soeurs.

Elle s'était relevée, et avait immédiatement remis la chaise en place contre la table de la salle à manger.

Un peu sonnée, je ne réagis qu'après quelques dizaines de secondes restées prostrée, la lune encore à l'air, ma main sentant la chaleur qui s'en dégageait...

Mes soeurs, bouche bée, regardaient la scène et l'on aurait entendu une mouche voler, alors que les murs venaient de résonner d'une fessée mémorable.

C'est Maman qui rompit le silence : "Allez, Christine, relève-toi et cache moi vite ces fesses. Je crois qu'elles sont assez rouges comme ça, mais si tu veux que je m'en occupe encore, dis-le..." 

Maman avait un ton ironique, qui fit pouffer Aline et Diane, me faisant prendre conscience de ma position honteuse et désemparée.

Je me relevai et je remontai ma culotte, puis mon pantalon de pyjama dans la hâte sous trois paires d'yeux qui semblaient jauger de la cuisson de ma lune et que je sentais prêts à se moquer de la punie que j'étais...




"Ramasse ta barrette, et remets tes chaussons", (Ils étaient tombés par terre pendant que je gigotais sous la dextre maternelle) ajouta Maman avant de m'intimer l'ordre de monter dans ma chambre, alors que j'étais toujours en pleurs. "File en haut, et va pleurnicher sur ton lit si tu veux, mais je ne veux plus te voir de la soirée. Tes soeurs vont regarder leur film. Tu n'as qu'à lire ou réviser tes leçons. Je viendrai éteindre quand il sera l'heure".



Je n'ai pas protesté. Je me doutais bien que je serais privée de Walt Disney, mais je me voyais mal regardant un dessin animé à côté de mes soeurs, avec les fesses encore écarlates...
Ma chambre était un refuge que je regagnai avec la sensation de sortir d'un cauchemar. J'y montai en reniflant toujours, et j'en refermai la porte derrière moi, avant de m'écrouler à plat ventre sur mon lit, le visage dans l'oreiller.
 Et, là, en serrant l'oreiller comme on serre une poupée, je me remis à pleurer sans pouvoir m'arrêter durant plusieurs minutes. Comme si j'expulsais ma peine, mon angoisse retenue, ma honte.
Je suffoquais, puis me calmais, puis cela repartait de plus belle, et je pleurais sans me retenir, en criant à moitié : "C'est pas juste, non, je veux pas la fessée, plus la fessée, j'en ai assez..."
 
Je venais de déguster une déculottée maison dans les pires conditions qui soient pour mon amour propre. J'en voulais à la terre entière ayant l'impression d'être la plus malheureuse du monde. J'en voulais à ma prof, à cette teigne de Mlle Paule, à qui je devais une fessée de plus. J'en voulais à Maman évidemment, d'avoir puni son ainée devant ses petites soeurs. J'en voulais à Aline et Diane de n'avoir pas détourné les yeux, ou au moins de ne pas avoir eu un regard compatissant ou peiné pour moi, au lieu d'avoir ri sous cape de façon si évidente.

Mais, c'est surtout à moi que j'en voulais, de m'être mise dans de tels draps. Je regrettais évidemment d'avoir chahuté dans le dos de ma prof. Mais, même avec les fesses tannées, je m'en voulais surtout de m'être faite prendre...
Une fois la colle décidée et annoncée par la prof, je n'avais évidemment plus qu'à préparer mes fesses. Mais, là encore, je m'en voulais d'avoir été aussi maladroite pour que la sanction tombe au mauvais moment.
Bien sûr, je m'en voulais d'avoir menti, mais plus encore de ne pas l'avoir fait comme il fallait, jusqu'au bon moment...
Sous le choc de cette fessée, je pensais surtout que c'était navrant de ne pas avoir pu gagner encore du temps, et qu'il aurait été peut-être plus facile de tout avouer demain au dernier moment.
Drôle de sensation d'injustice. Ce n'était pas tant d'avoir reçu la fessée, puisque je savais au fond de moi que je n'y échapperais pas... C'était de ne pas avoir pu mener le jeu à son terme moi-même...
Car, j'avais aussi quelque part bien conscience que rentrer vendredi soir en avouant que j'étais collée en anglais et que j'avais chahutée dans un cours où j'aurais dû plus que d'autres me tenir à carreau, vu les antécédents... m'aurait valu le soir même une fessée, dont rien ne dit qu'elle ne m'aurait pas été aussi donnée en présence des petites...
J'avais réussi à passer un week-end tranquille, jouant les filles modèles, profitant de mon statut de grande, qu'une fessée du vendredi m'aurait empêché d'endosser...
Finalement, au lieu de tenter d'aller au bout du pont de quatre jours, j'avais mal visé et reculé au dernier moment, provoquant une réaction maternelle encore plus forte...
J'en voulais donc d'abord à moi, il faut l'avouer, mais en pleurant à chaudes larmes et en sentant ressortir ma honte et ma douleur, j'en voulais bien sûr à Maman, à sa détermination pour me donner cette fessée que je n'étais pas près d'oublier....

A SUIVRE

mercredi 23 mai 2012

Chronique d'un redoublement : 38. Une tannée exemplaire hélas méritée

SUITE 37

 Je m'étais mise en pyjama au sortir de la douche, et je n'avais guère eu le temps de réfléchir davantage à ce qui m'attendait. Peut-être était-ce un bien d'ailleurs ,

A peine retournée dans ma chambre, que Maman nous appela pour dîner. Il était 19 h 20 environ, et mes soeurs descendirent les escaliers quatre à quatre, alors que je trainais davantage les pieds...

Le dîner fut surtout animé par les petites, qui racontèrent leur après-midi, insistant sur le fait que c'était dommage que je ne sois pas venue au moment du goûter. Maman ne manqua pas de rappeler que j'étais punie, et qu'une gamine qui chahute en classe et ment pour cacher son forfait, cela ne mérite pas de participer à une fête, mais plutôt une bonne fessée...

Non sans ajouter pour qui n'aurait pas compris : "Et votre grande soeur ne perd rien pour attendre. Je vais bientôt m'occuper de son cas..."

Huit heures moins le quart approchait quand le dîner s'acheva, avec une gorge nouée pour moi qui avait du mal à avaler même mon yaourt préféré.

Aline se proposa pour aider Maman à débarrasser la table, comme si elle était pressée de voir la soirée se poursuivre...

Diane prit un livre et alla dans le salon. Le film n'était qu'à 20 h 30 et Maman avertit les petites : "Occupez vous calmement si vous voulez que je vous laisse regarder le Walt Disney".
   


Je m'étais éclipsée sans rien dire, montant dans ma chambre, pour y "attendre Maman", imaginant bien que plus que ma mère, c'est une fessée, c'est ma fessée qui viendrait à moi...
Allongée sur le lit, je chignais et ne pouvais me résoudre à faire quoi que ce soit...

Huit heures venait de sonner, et c'était toujours le grand calme en bas, quand Maman s'écria : "Christine, où es-tu ?"
Je répondis : "Bah, dans ma chambre, M'man", comme si c'était une évidence, comme si je lui disais : "Je suis prête, je t'attends"...

Mais, elle rétorqua : "Je ne t'ai pas demandé de monter, Christine. Viens ici, s'il te plait..."

Je grimaçai sur mon lit, et restai prostrée durant une à deux minutes. La voix se fit plus forte : "Christine ! Tu veux que je vienne te chercher ? Descends, et plus vite que ça !!!"  

Je compris au ton de la voix qu'il valait mieux obtempérer et je pris l'escalier descendant comme une automate vers la cuisine. Maman n'y était pas, et elle insista : "Je suis au salon, Christine. Dépêche toi..."

J'entrai dans la pièce et ce que je craignais le plus prenait forme. Sur le canapé, mes deux soeurs, un livre sur les genoux, avait relevé la tête, et regardais leur aînée avancer vers Maman qui venait de prendre une chaise pour la placer presque au centre du salon...



Le décor était planté. Sans même qu'elle ait dit un mot, chacun avait compris l'intention maternelle...
Christine l'indisciplinée, Christine la cachotière, Christine collée à nouveau, allait recevoir le prix de son inconduite devant la petite famille réunie !

"Maman, non, je t'en prie, non, pas ici, viens dans ma chambre, s'il te plait", suppliai-je en reculant vers la porte du couloir.

Ma protestation n'avait même pas emprunté mon sempiternelle supplication "Pas la fessée, pas la fessée". Je savais tellement ce qui m'attendait que je n'en étais arrivée à ne contester que le lieu... La fessée, c'était comme un acquis dans ma tête, et je me surprenais à n'en vouloir négocier que les conditions pratiques. Mais, rien n'était négociable, apparemment...

L'envie de faire demi-tour, de m'enfuir dans ma chambre, de bousculer le cours du destin, me titillait, mais la voix de Maman m'en dissuada :

"Christine, si tu sors de la pièce, ça ira encore plus mal, ma fille, crois-moi... Arrête de faire ton cinéma. Viens ici tout de suite..."

Je comprenais que j'avais perdu la partie, et qu'il valait mieux obéir. 


 
Son ordre, sa menace, agissaient sur moi comme un aimant. Il fallait juste faire ces quelques pas, aller vers ma fessée...
Mon coeur se mit à battre encore plus vite, et je tentai de fixer mon regard juste sur les genoux maternels, de ne pas croiser celui de Maman, de ne surtout pas faire attention à celui de mes soeurs, de faire comme si j'avais des oeillères pour ne pas m'imprimer dans la tête cette marche cauchemardesque...
Je me suis donc approchée lentement de Maman qui s'était assise sur la chaise.
Arrivée à sa droite, par réflexe, j'ai levé les mains pour qu'elle ne m'attrape pas par le bras, mais elle m'agrippa par la taille et me fit basculer en travers de ses cuisses... Drôle de sensation de plongeon, de déséquilibre, de changement de sens, de changement de statut presque...



Je me retrouvai en position alors qu'elle veilla à bien m'équilibrer, tapotant doucement mon fond de pantalon, me provoquant un frisson, tant je savais que cette sorte de caresse était comme une manière de dire : "Allez, passons aux choses sérieuses, ma fille... Tu vas voir comme je tiens mes promesses, moi..."




 Elle se mit immédiatement à descendre mon bas de pyjama, alors que j'essayais de protester. Sans espoir, bien sûr. Comme par convention...
Je sentais le pantalon de coton descendre et une sensation d'avoir les jambes entravées et déjà une partie de mon anatomie à l'air.





Je bougeai et me cabrai comme pour me dégager, sans y mettre toutefois ma force, comme une sorte de protestation symbolique, respectueuse de l'autorité...
Cela me valut deux ou trois tapes sur le fond de la culotte. Pas fortes non plus, sorte de façon de dire : "Arrête de bouger, Christine. Tu n'es plus en position de stopper le cours du destin".

Ces "claquettes", pour ainsi dire, étaient amorties par ma dernière protection, et ne "sonnaient" pas comme une paume sur un épiderme nu, mais elles annonçaient la suite, réveillant mes terminaisons nerveuses, sans faire mal, mais me permettant aussi de ressentir combien juste une culotte changeait tout, tant du point de vue sonore, que de la sensation, et de la honte bien sûr...




Je ne voulais surtout pas surjouer cette entrée en matière, sachant que si j'avais crié, je n'aurais pas été crue... Je serrai les dents, consciente que protester n'améliorait pas mon cas, espérant encore au fond du fond de moi qu'une subite grâce maternelle m'éviterait la déculottée...

On peut croire aux miracles et je ne disais plus rien, voyant en tournant la tête combien Aline et Diane étaient aux premières loges, comme au spectacle...

Je m'en voulais presque de tourner ainsi la tête et d'enregistrer par là leur position, leur expression à ce moment ô combien crucial, des images qui peupleraient sûrement de futurs cauchemars...

Maman avait arrêté aussi son bras, et elle posa sa main sur l'élastique supérieur de ma culotte... Elle resta un minuscule instant posée ainsi, le temps de prendre une respiration, deux ou trois secondes, mais elles mirent mes sens en alerte, m'annonçant ma défaite, me laissant le temps d'appréhender pleinement ma déculottée...

Je ne pus retenir un cri, un long "Noooooon", mais le dernier rempart glissait déjà vers le bas, devant deux paires d'yeux de gamines aux anges...




A mon "Nooon", Maman avait répondu : "Oh que si, Christine... Une bonne fessée déculottée, puisqu'il n'y a que cela que tu comprennes..."

Elle avait une voix étonnamment posée,  calme, et s'employa à dégager parfaitement ma lune, à présenter au mieux sa cible... Autant parfois, j'avais souvenir d'une culotte baissée sans ménagement pour une averse tombant au plus vite, autant j'avais l'impression, certainement grossie dans mes souvenirs, mais prégnante encore, que Maman se mettait en condition à l'image d'un joueuse de tennis au service. Comme si elle vérifiait la bonne position, soupesait la balle, se motivait, attendait que le public n'ait d'yeux que pour elle et retienne sa respiration...

On aurait presque pu commenter : "Sur le court central, c'est le tournant du match. Christine mène trois bêtises à zéro, et c'est Madame Spaak qui est au service, très concentrée et avec l'intention de bien rappeler la hiérarchie mondiale en s'imposant largement au final !"



  
Ma culotte descendue à mi-cuisses, la veste de pyjama qui remontait dans le dos, je devais offrir une vision totale d'un fessier tremblant dans l'attente de l'inéluctable.
J'avais senti la main maternelle presque caresser ma peau en glissant l'étoffe vers le bas, Mais je savais que ce contact doux allait contraster avec les claques à venir. Comme un rappel que la main qui caresse les enfants sages est aussi celle qui fesse les désobéissantes de mon espèce...


"Alors, comme ça, on tire la langue derrière le dos de sa prof d'anglais, on cherche à faire l'intéressante, à faire rire ses camarades, et bien, je vais t'en ôter l'envie, Christine..."

Et la dextre maternelle tomba dans un claquement mat, celui tellement craint, tellement connu aussi, des fessées déculottées...
Je poussai un petit cri, alors que la deuxième claque atterrissait déjà, réveillant un épiderme plutôt tranquille depuis bien des jours...
Les vagues claques distribuées avant, sur la culotte, n'étaient évidemment rien à côté de celles qui arrivèrent. Maman y mettait tout son coeur. Cette fessée, que j'avais imaginée dès que Mlle Paule m'avait prise sur le fait et collée, prenait corps enfin...

J'en avais cauchemardé, je l'attendais et l'imaginais, mais là, la réalité dépassait la fiction. Ces premières vraies claques résonnaient comme un tambour, touchant une peau encore blanche qui prenait de suite des couleurs. La chaleur se propageait à chaque impact, réchauffant une lune qui y était comme préparée, qui angoissait depuis des jours de connaitre ce retour d'une tannée hélas familière...




 "Ah, on a encore récolté deux heures de colle, malgré mes avertissements, malgré la fessée reçue l'autre fois. C'est qu'elle n'a pas suffit, Christine... Et bien, en voilà une autre, et j'espère que tu comprendras la leçon cette fois... Car, sinon, je recommencerai, Christine, sinon tu pourras encore préparer tes fesses, ma fille"

Maman accompagnait ses claques de mots en forme de sermon, qui semblaient lui redonner de la force, l'aider à accomplir son devoir, à donner la fessée, certes, mais à bien la donner, à la rendre exemplaire...





Elle faisait parfois une pause comme pour juger du degré de cuisson de mes fesses, devenues écarlates. Puis, elle reprenait, infatigable, en égrainant les motifs de cette volée.

"Et puis, on cache son cahier, on ment pour gagner du temps, comme si cela servait à quelque chose, Christine... Quand seras-tu franche enfin ? Quand oseras-tu avouer tes bêtises, te comporter enfin comme une grande ? J'en ai assez, et plus qu'assez, d'avoir une fille aussi menteuse, moi..."

Le raisonnement était imparable, il remettait mes actes en situation, justifiait à sa manière la méthode maternelle, et la fessée en était la marque, l'aboutissement.

Je tentais entre deux sanglots, entre deux "aïe, ouille, arrête", de répondre à Maman, de plaider ma cause, de promettre monts et merveilles, même si j'avais l'impression que cela desservait en fait ma cause, puisque Maman souvent arrêtait son bras pour me laisser finir ma phrase, mais repartait de plus belle ensuite, comme motivée davantage.

"Non, Maman, arrête, je te promets, je ne mentirai plus, je serai sage, j'ai compris, je te le jure, je te dirai tout. Mais, arrête, j'ai mal, arrête..."

J'étais sincère bien sûr en disant cela. J'aurais promis la lune, promis n'importe quoi pour que cela cesse.

Et la réponse de Maman ne pouvait être qu'incrédule, car fondée sur mes actes...

" Je voudrais bien te croire, Christine, mais ce ne sont que des paroles. Tu me promets à chaque fois que c'est la dernière, mais tu recommences  aussitôt. Ta première colle, ce devait être la dernière, la seule, tu me le promettais déjà en recevant une bonne fessée, mais tu oublies vite, ma fille. En voilà une deuxième, que tu me caches en plus, en me mentant, et je devrais te croire". Et la claquée avait repris de plus belle, comme pour faire entrer chacun de ses mots par autant de claques sur ma lune écarlate...




"Mais, Maman, je te promets, je te jure. Je travaille mieux cette année déjà. J'ai des bonnes notes. J'ai compris..."

L'argument aurait pu convaincre quiconque, mais pas une Maman qui connaissait si bien sa fille. Et il se retournait contre moi, justifiant la méthode maternelle rappelée fermement en incendiant mon bas du dos...

"Heureusement encore que tu as quelques bonnes notes alors que tu redoubles. Et crois-moi, cette année, je ne te laisserai pas multiplier les colles et les mauvaises notes comme l'an passé. Ce n'est pas moi qui céderai, ma fille. Tes promesses, je veux les voir dans les faits. Alors que ce que je vois, c'est que tu chahutes en cours, que tu es punie au collège, que tu me mens... Tout ce que tu gagnes, c'est de recevoir encore une bonne fessée, ma fille, une bonne déculottée. Et devant tes soeurs en plus. Pour qu'elles sachent ce qui arrivent aux menteuses de ton espèce !!! Et ne t'avise pas de recommencer.... Parce que je ne céderai pas, Christine, je ne cé-de-rai pas !!!"

 Alors que les premières claques, prenant possession d'une lune fraiche et d'un épiderme reposé, avaient réchauffé mes fesses en profondeur, les averses suivantes avaient rendu ma peau électrique, avec une douleur plus superficielle, plus insupportable comme si cela me brulait, me piquait de mille aiguilles. J'avais alors gigoté, tenté de me soustraire, en vain, à la dextre maternelle...

Puis, ce nouveau cap passé, la fessée s'abattait sur une lune épuisée, et mes cris de la deuxième phase avaient laissé place à une douleur plus sourde, à des vrais pleurs d'une Christine vaincue. Maman pouvait alors me gratifier d'une salve finale, d'un feu d'artifice d'ultimes claques juste accompagnées d'un "Tiens, tiens, tiens, et tiens, c'est tout ce que tu mérites..." avant de me relâcher enfin...

A SUIVRE

mardi 22 mai 2012

Chronique d'un redoublement : 37. Préparer ses fesses...

SUITE 36

 Je ne m'étais pas trompée cette fois. Le bruit du portail annonçait bien le retour de Maman et de mes soeurs. Le goûter d'anniversaire s'était bien terminé et les petites rentraient avec la mine hilare, tenant chacune un paquet de bonbons que leur camarade leur avait offert.
"Il y en a même un pour toi que la maman d'Elsa a donné à Maman", vint me dire tout de suite Aline, en précisant : "Mais elle l'a gardé parce que tu ne le mérites pas, qu'elle a expliqué".
Je m'en fichais un peu, mon humeur n'étant pas à aller chigner des bonbons, au moment où je craignais surtout pour mon bas du dos...
Ce qui me gênait, c'était surtout que j'imaginais bien que Maman n'avait pas manqué d'expliquer mon absence aux autres mères venues à ce goûter, et que je pensais bien qu'elle ne leur avait certainement pas épargné les détails de mon inconduite, ni comment elle allait régler l'affaire...
Diane le confirma en ajoutant : "Même que Maman nous a dit que tu aurais la fessée".

  


 Je n'étais pas étonnée que mes soeurs sachent, mais cela restait dur à entendre, pénible à supporter quand je devinais l'oeil amusé des petites sur un sujet qui, moi, m'angoissait au plus haut point...

Au bout d'un quart d'heure, Maman sortit dans le jardin et appela les petites. "Allez, filez prendre votre douche. Christine, je t'appellerai quand la place sera libre".

Ni Aline, ni Diane ne rechignèrent. Elles savaient que Maman n'avait la tête à plaisanter, et elles cherchaient même en ce genre de circonstances à jouer les filles modèles, accentuant encore la différence avec la grande soeur fautive.

Je n'osai pas demander à Maman ses intentions, et me contentai de penser que l'on s'acheminait vers un règlement des comptes en soirée.

Les petites furent exemplaires dans la salle de bain, sortant dès le premier appel de Maman, allant se mettre en pyjama sans protester, avec la promesse que si elles étaient sages, elles pourraient regarder un film après le dîner.


 Il était 19 h et j'étais rentrée dans le salon, lisant sans faire de bruit, faisant tout pour ne pas me faire remarquer... Les petites ayant fini leur toilette et jouant dans leur chambre en attendant le dîner, Maman me demanda d'aller à mon tour prendre ma douche.

Je tentai de solliciter un délai. La perspective de me retrouver une fois de plus à dîner en pyjama, même si les petites cette fois l'étaient déjà, me rappelaient de mauvais souvenirs, et je n'étais surtout pas pressée de revêtir une tenue qui me verrait sûrement atterrir sur les genoux maternels.

"Maman, je pourrais peut-être faire ma toilette après le dîner. Pendant que les petites regarderont leur film." suggérai-je. Une façon de viser le créneau où nous n'aurions pas mes soeurs à l'étage.

Maman répondit : "Non, Christine, tu as le temps de prendre ta douche maintenant. Le repas n'est pas encore prêt, et nous aurons autre chose à faire toutes les deux après le dîner... Tu le sais bien..."

Je m'étais levée et approchée de Maman, avec un petit air plaintif, comme suppliant. J'avais les yeux qui s'embuaient et je grimaçais, la lèvre tremblante...

Maman qui était assise, et qui avait tapoté ses genoux en évoquant notre prochain "rendez-vous", me prit la main, et me regarda. "Christine, ne fais pas cette tête là... Tu sais très bien ce que tu as mérité, ma fille. Tu n'y échapperas pas... Alors, tu vas gentiment faire ce que Maman demande. Tu ne voudrais pas me fâcher davantage, ma chérie ? Je serais à ta place, je filerais droit et je préparerais mes fesses..."

Ce moment avait été étrange, avec cette main dans la main de Maman, et son regard qui ne montrait pas de véritable colère, mais plutôt une détermination calme, à l'image du message qu'elle venait de passer. Je n'allais pas être punie sur un coup de sang, sur une réaction irréfléchie. Au contraire, j'allais avoir "ce que je méritais", je n'y "échapperais pas", cela me serait administré "le moment venu" comme si Maman se faisait un "devoir" de me corriger et qu'elle le ferait avec une application sans faille.

Ce calme avant la tempête ne me disait rien qui vaille et j'étais bouleversée par cette détermination maternelle.





Tout ceci ne venait que me confirmer que cette fessée arrivait et que je devais m'y "préparer". Cela ne faisait qu'accroître mon angoisse.
Avec le recul, je me dis qu'il aurait mieux valu alors plonger en travers des genoux maternels, prendre la fessée de suite, plutôt que d'attendre encore, mais jamais ô grand jamais je n'aurais osé le faire. Et pourtant, j'aurais été débarrassé de cette peur, j'aurais évité ces moments insupportables où je sais que me déshabiller, c'est anticiper ce que fera Maman, que me doucher c'est laver un bas du dos qu'elle rougira, qu'oser un regard dans la glace et apercevoir ma lune blanche, c'est frissonner en pensant qu'elle ne le restera pas, et que me mettre en pyjama, c'est me mettre en tenue de fessée...

 A SUIVRE

vendredi 11 mai 2012

Chronique d'un redoublement : 36. Une attente chargée de cauchemars éveillés...

SUITE 35

Descendre ? Je n'en voyais pas l'opportunité puisque nous n'étions que toutes les deux dans la maison. Mais je n'ai même pas demandé pourquoi, et je me suis levée du lit, suivant Maman comme un condamné avance vers la potence. Sans pouvoir rien faire d'autre, la tête envahie de peurs et d'angoisse mêlées.
Arrivée en bas, Maman se dirigea vers la cuisine et je la suivis à distance, trainant les pieds, me demandant bien où elle allait.
Elle versa un verre de lait, coupa deux tranches de pain et les tartina de compote de pommes de Mamie, et me dit : "Voilà ton goûter. Je n'ai plus le temps de finir notre discussion. Je dois aller retrouver tes soeurs, j'ai promis à la maman d'Elsa, de venir lui donner un coup de main quand elle servira le gâteau d'anniversaire à ses quinze invitées."
Je ne savais pas quoi dire, j'avoue que comme le disent certains commentaires, il y a des moments où je reste sans voix et incapable de ne pas balbutier toujours les mêmes mots. Je posai simplement la question : "Et, moi, euh ?"
Maman rétorqua : "J'avais pensé que tu viendrais aussi, mais mieux vaut pour toi que tu ne sois pas à portée de ma main, même là-bas ! Je suis dans une telle colère qu'il pourrait t'arriver des bricoles. Alors, tu vas rester sagement à la maison. Inutile de te dire de ne pas faire de bêtises, ce n'est vraiment pas le moment, si tu vois ce que je veux dire, Christine... J'en ai pour une heure ou guère plus. On sera de retour entre 5 h et demie et 6 h, et on reparlera de notre petite affaire, toutes les deux..."
J'aurais pu prendre cela comme un soulagement. Moi qui cherchais toujours à gagner du temps, il m'en était accordé sans que je me demande. Une heure et demie environ, c'était déjà cela, mais cela sonnait aussi le glas de ma stratégie des trois derniers jours. J'avais joué la montre et la comédie en visant le créneau de ce lundi après-midi sans mes soeurs. Et voilà qu'au moment de la découverte, alors que l'explication est imminente, Maman s'en va, et ne reviendra qu'avec mes soeurs...
De quoi m'ôter l'appétit devant des tartines qui allaient avoir du mal à passer...
Maman avait mis son manteau et revint une dernière fois dans la cuisine : "Bon, j'y vais, Christine. A tout à l'heure. En attendant, tu me feras le plaisir d'aller t'aérer dans le jardin. Il fait très beau, et tu n'as pas mis le nez dehors de la journée. Je ne veux pas te retrouver dans la maison quand je rentrerai. Un petit peu d'air frais te fera du bien, avant que je ne m'occupe de toi.."



Je tentai de placer : "Mais, Maman, je t'expliquerai, tu sais".
La réponse ne me laissa aucun espoir : "Oui, oui, c'est cela, Christine. Je ne doute pas que tu auras encore des tas de raisons à invoquer, mais cela ne changera rien, ma fille. Tout ce que je sais, moi, Christine, c'est que tu peux préparer tes fesses !"
Elle s'était rapprochée de moi, me fixant droit dans les yeux, l'index menaçant, et si j'avais eu encore le quart de la moitié d'un soupçon d'espoir, il se serait envolé.

Maman est donc partie, et j'ai péniblement fini mon goûter, avec un noeud à l'estomac.
C'est vrai qu'il faisait beau et encore doux pour la saison, et je suis sortie dans le jardin, ce qui représentait une solution moins pire que de remonter dans ma chambre en me disant que j'y attends ma fessée...

Dans ma tête, je ne cherchais même plus les mots d'excuse et les explications que je donnerais le moment venu. Cela faisait trois jours que j'y pensais et l'avertissement maternel m'avait déjà expliqué que mon plaidoyer ne servirait à rien...

Je fis donc les cent pas entre la terrasse, la balançoire du fond du jardin, la remise à outils, et le petit coin de potager, m'asseyant par moments, mais n'y restant pas trop longtemps, assaillie que j'étais par des visions de cauchemar.

Déjà, je me doutais bien que Maman, arrivée chez la mère d'Elsa, ne pourrait s'empêcher de raconter mes derniers exploits et de bien dire que cela finirait mal pour mon matricule...

Je pensais même que cette fois, mes soeurs ne rechigneraient pas trop pour rentrer quand Maman en déciderait ainsi. D'une part car elles sentiraient bien que notre mère n'était pas d'humeur à plaisanter, et surtout, car j'imaginais aisément que Maman leur dirait, Aline et Diane ne traineraient pas en route pour revenir à la maison où "grande soeur" attendait sa prochaine fessée ! Je voyais à l'avance leurs regards curieux et moqueurs quand elles me retrouveraient...
 


A mesure que le temps passait, la tension montait, et le moindre bruit me faisait tressaillir. Je croyais que c'était Maman qui rentrait. Je m'étais assise sur la balançoire, sans jouer à me balancer pour autant. Sûrement parce que c'était au fond du jardin et que cela m'éloignait en quelque sorte. Je n'allais quand même pas aller attendre Maman dans l'entrée...

Mais, dans ma petite tête pleine d'imagination, j'avais des visions de cauchemar éveillé... Je me voyais répondre à l'appel de Maman, "Christine, viens ici", et traverser le jardin comme un automate. 

Je m'imaginais même faire ces quelques pas, culotte déjà baissée, frissonnant de sentir l'air frais sur ma peau avant qu'elle ne devienne brulante sur les genoux maternels...

Evidemment, il n'avait pas été dit : Christine, tu auras la fessée à 18 h "tapante", si j'ose dire... mais le "Un petit peu d'air frais te fera du bien, avant que je ne m'occupe de toi.." scellait un programme dont je n'avais pas les détails, mais parfaitement conscience de l'essentiel...

C'était idiot de me faire des films noirs, ou plutôt bien rouges... Mais, je m'en voulais terriblement de n'avoir pas su profiter du créneau où j'étais seule avec Maman. On ne se refait pas hélas, et je pensais bien que cela n'aurait pas été facile d'aller voir Maman et d'avouer, comme si je venais lui dire : "Au fait, Maman, je mérite la fessée... On a du temps, profitons-en !" 
Mais, à force de jouer sur la corde, de ne pas oser, je me retrouvais dans la situation la pire, ayant usé mon joker de la bonne note, puis laissé passer le moment propice, et me retrouvant à attendre non seulement une fessée, ma fessée, mais à attendre le retour de mes soeurs pour qu'elle me soit donnée...



Alors, c'était peut-être normal que mon imagination galope et me donne des visions.
Je regardais la maison, ces quelques mètres à franchir, et je me voyais à nouveau les traverser pour aller m'étendre sur les genoux maternels.

Image subliminale, entre peur et prémonition, qui me semblait réelle. Je voyais même mes soeurs jouer les annonciatrices, avec des yeux pétillants.

J'avais l'impression de voir Aline sortir de la maison et venir me dire : "Christine, Maman demande que tu viennes. Vite, elle a dit. Je crois qu'elle est très fâchée, tu sais..."

Je me vois me lever de la balançoire en répondant à Aline : "Oui, je sais pourquoi elle m'attend... Elle me l'a dit".

Et, j'imagine Diane montrer qu'elle sait aussi, ajoutant avec une voix moqueuse :  "Moi, je sais aussi, Maman va te donner la fessée, na, na, na !"

Je me vois alors traverser le jardin, me retournant un instant, relevant furtivement ma jupe, leur laissant entrevoir ma lune encore blanche, comme pour leur dire : vous voyez bien que je sais ce qui m'attend, que je suis prête, et que j'imagine bien qu'elle me sera donnée culotte baissée...

Divagation de grande fille aux abois, perturbée par ce qui se profile à son horizon, cette image ne pouvait quitter ma tête, mais je crois que c'était une manière d'exorciser ma peur, en espérant que, si je n'avais plus aucune chance d'échapper à la fessée, au moins pouvais-je encore prier pour que mes soeurs n'y assistent pas...

Mais, la réponse n'allait pas tarder à venir. Il était 18 h déjà passées de dix minutes et le bruit du portail m'annonçait la fin de ma solitude...


A SUIVRE

vendredi 4 mai 2012

Chronique d'un redoublement : 35. De l'hésitation à la découverte...

SUITE 34

J'avais donc passé le week-end avec un certain bonheur, une joie interne où chaque heure de gagnée me semblait une victoire, où les différentes attentions maternelles ou venant de ma tante pour me traiter en grande avaient été savourées avec un plaisir très dissimulé, mais presque grisant. Je menais le jeu, je m'offrais de la tranquillité, même si un fond d'angoisse restait en moi, aux aguets, conscient que cela ne durerait pas jusqu'à la Saint Glin-glin...

La nuit fut plus agitée. Je sentais bien que j'approchais du terme et que ce lundi de pont risquait d'être décisif, Maman ayant annoncé qu'il serait consacré à nos devoirs...
Depuis deux jours et demi, je m'étais faite à l'idée que présenter ma colle et ma bonne note en même temps amadouerait ma chère mère, l'inciterait peut-être à un peu de clémence... Hélas, je m'étais vanté du bon résultat, sans oser avouer le revers de la médaille...



 Et cela tournait dans ma tête et m'empêchait de dormir. Maman contrôlerait forcément le cahier de correspondance, et découvrirait le mot de Mlle Paule... Je ne voyais pas comment échapper à l'explication...
La seule lueur d'espoir venait du fait que mes soeurs seraient l'après-midi à un goûter d'anniversaire, et que, quitte à devoir avouer, mieux vaudrait profiter de ce moment, et réussir à passer la matinée sans anicroche...

J'y croyais moyennement, et mon sommeil fut entrecoupé de réveils en sursaut, de cauchemars... Je m'y voyais sur les genoux de Maman, suppliant, et tentant en vain de l'empêcher de baisser ma culotte, de dévoiler ma lune...

Le lendemain matin, j'avais mauvaise mine et un sourire forcé pour cacher ma peur.
Je pris du temps pour petit-déjeuner, pour faire ma toilette, pour ranger ma chambre, histoire de retarder le moment où j'allais commencer mes devoirs.

Maman avait aussi ceux des petites à surveiller et souhaitaient qu'elles au moins finissent dans la matinée, faute d'être là l'après-midi.
Elle souhaita faire le point sur ce que j'avais à faire et je la vis prendre le carnet de correspondance. Mon coeur faillit s'arrêter. Heureusement, j'avais mon cahier de textes ouvert devant moi et je lui dit : "Non, c'est là ce que j'ai comme devoir. Faut que j'apprenne d'abord ma récitation et revoie ma géographie. Les exercices de maths, je comptais les faire cet après-midi".
Maman reposa le carnet sans l'avoir ouvert, considérant que je m'organisais bien et qu'il serait plus aisé de me faire réciter et de vérifier les devoirs l'après-midi. Mes fesses venaient de gagner quelques heures de tranquillité...

Mes soeurs étaient ravies d'aller chez leur copine, le déjeuner fut assez joyeux et je pus cacher mon stress. C'est la mère d'une autre fillette qui passa chercher mes soeurs, Maman lui demandant si elle n'aurait pas besoin d'aide, les filles devant être une vingtaine à cet anniversaire. Je ne suivis pas la suite de la conversation, remontant dans ma chambre pour me remettre au travail et me composer une image d'élève modèle au début d'un après-midi qui risquait d'être crucial.

Maman qui s'occupait à repasser et à coudre dans le salon, me demanda de venir y travailler pour qu'elle puisse me surveiller et me faire réciter.

J'amenai un premier livre pour m'installer sur la table de la salle à manger. Il y avait cinq matières à revoir avec soit un petit exercice, soit un bout de leçon. Et je comptais aller chercher les affaires de chaque matière, une par une, histoire de ne pas avoir à trimballer de suite le carnet de correspondance que Maman allait forcément demander à un moment ou à un autre.
En pénétrant dans le salon, j'avais bien conscience que j'étais dans le créneau optimal pour avouer ma faute.Je ne l'avais pas fait du premier coup, voulant sentir la température de l'humeur maternelle. Je lui montrai et récitai une leçon de géographie que je savais par coeur. Elle semblait satisfaite, je remontai donc chercher le manuel de sciences naturelles et une fiche qu'on devait remplir.

Je pris, en le mettant en dessous, le carnet de correspondance, en me disant : "Allez, Christine, c'est le moment". Et j'entrai à nouveau dans le salon bien décidée à parler.

  

Je passai à côté de Maman et me mis en face d'elle, la confession au bord des lèvres... "Euh, Maman, euh, je voulais, euh..."
Mais le reste de la phrase restait bloqué et  je vis dans les yeux de Maman une expression du genre "je n'aime pas quand Christine prend ce petit air. Que me cache-t-elle donc ?"
Elle interrogea : "Oui, Christine, oui, que veux-tu dire ?"

Je me sentis perdre tout mon courage et je me mordis les lèvres alors que, comme par un réflexe de protection, ma main droite s'était placée instinctivement sur le fond de ma jupe, en sorte de protection.
"Euh, oui, M'man, euh, je voulais dire, euh, que je, euh, je ne suis pas sûre de toutes les réponses de ma fiche, euh..."



Pour cacher ma peur panique de me trahir, je pris la fiche et la tendis à Maman. De fait, à une virgule près, l'exercice avait été bien fait, et Maman m'en félicita, ajoutant : "Ce n'est pas la peine de t'angoisser comme ça, Christine. Tu devrais avoir une bonne note je pense..."

Quand je remontai pour l'avant-dernière fois, je m'en voulais d'avoir été aussi gourde. Pour être honnête, je m'en voulais autant de n'avoir pas osé vider mon sac que d'avoir failli me trahir.
L'heure avançait, mais il restait du temps et je laissai passer une autre leçon à réciter avant de me remotiver pour aborder le sujet qui allait fâcher...  
Hélas, déjà, dans ma petite tête, la voix tentatrice commençait à me dire que ce que je n'avais pas réussi à faire une heure avant, je n'avais pas forcément besoin de le tenter à nouveau.
Après tout, une fois que les devoirs seraient faits, si Maman n'avait pas demandé à voir le carnet de correspondance, je pouvais espérer que l'on n'en parlerait plus avant mardi soir, voire avant de reprendre les cours mercredi matin !

Oui, les circonstances étaient plutôt propices dans ce tête-à-tête avec Maman, mais la tentation de gagner encore un jour ou un et demi me titillait et l'emporta !

Une fois la dernière leçon récitée, je fus toute heureuse de pouvoir remonter lire dans ma chambre, Maman m'indiquant qu'il serait bon aussi que j'aille un peu profiter du temps sec pour m'aérer dans le jardin après le goûter.

Elle avait aussi gardé mes affaires, au prétexte de me refaire réciter dans la soirée mes leçons de français et de géographie, "pour que ce soit encore mieux su", application de principes assez sains de la "vieille école", comme elle disait.

Dans les affaires, il y avait évidemment le carnet de correspondance, mais comme elle ne l'avait pas regardé encore, je pouvais espérer qu'elle ne s'y intéresse pas de sitôt...
Le calme, hélas, ne dura que 30 minutes...

Maman qui avait fini de repasser, ramassa mes cahiers et les amena dans la cuisine, les posant sur le buffet, afin de les avoir à portée de main. Profitant d'un moment de calme, elle se fit chauffer de l'eau et se servit un thé, décidant le temps qu'il refroidisse un peu, de regarder mes cahiers tranquillement.

J'imagine que sa petite cuillère qui tournait dans sa tasse pour en faire baisser la température se figea, lorsqu'elle découvrit le mot de Mlle Paule...

"Mais, ce n'est pas possible, Christine, viens ici !", lança-t-elle depuis le bas. Je compris que le calme était fini pour moi. Mais, pétrifiée, je ne bougeai pas immédiatement.


Je tendis l'oreille, décidée à obtempérer au premier rappel, afin de ne pas aggraver mon cas, mais j'entendis au contraire les pas de Maman dans l'escalier, et lorsqu'elle ouvrit la porte de ma chambre me découvrant allongée et lisant encore, son regard noir en disait long. Je savais que mes cauchemars allaient prendre forme...

"Qu'est-ce que c'est que cette histoire de chahut en classe ? Tu amuses la galerie dans le dos des profs. Et de Mlle Paule surtout ! Non, mais, je rêve. Tu ne comprendras donc jamais, Christine ?", tonnait Maman.
Le regard implorant, je plaidai : "Oh Maman, je ne le referai plus. Pardonne-moi. C'est la première fois de l'année. Et puis, j'ai même eu une bonne note dans le même cours !"
Maman haussa les épaules : "Ah, ça pour vanter tes bonnes notes, tu sais faire. Mais, pour les mauvaises nouvelles, c'est cachoteries et mensonges. Tu comptais peut-être attendre le matin de la rentrée pour m'en parler ? Pas de chance, Christine, moi j'ai comme un sixième sens qui me fait deviner quand ma fille me cache quelque chose. Et puis, première fois ou non, tu vas t'en souvenir justement, tu peux me croire. Je vais t'enlever l'envie de me mentir à nouveau..."



Je n'avais pas d'argument pour lui répondre. Et je sentais déjà mes larmes couler, alors que je demeurais pétrifiée, certaine de ce qui m'attendait, n'ayant aucune peine à imaginer qu'elle allait m'extirper du lit, s'asseoir et me basculer en travers de ses genoux pour me flanquer cette déculottée maison, cette bonne fessée que j'imaginais depuis trois jours, que je savais tellement inéluctable.

"Ah, oui tu vas me le payer, Christine, crois moi, ma fille", ajouta-t-elle encore. Mais, au lieu de fondre sur moi, elle regarda sa montre, et tourna les talons, en disant : "Descends, s'il te plait"...

A SUIVRE

Chronique d'un redoublement : 34. Comment perdre bêtement un joker...

SUITE 33

J'avais encore mieux dormi que la veille. Après 36 heures écoulés depuis ma mésaventure en cours d'anglais, je me sentais presque fière d'avoir tenu ma langue. J'avais profité d'une journée de samedi en position de grande, contrairement à Aline qui avait eu affaire à la dextre maternelle. Les devoirs étaient programmés pour lundi, et il serait bien temps alors de négocier une passe qui s'annonçait plus que périlleuse...
Bien sûr, la menace qui pesait au dessus de mes fesses demeurait dans mon esprit et j'y avais pensé au cours de la nuit quand des moments d'angoisse me prenaient.
Mais, j'avais encore moins envie de vider mon sac en ce dimanche, et je comptais sur ma bonne étoile pour passer la journée sans incident.
La venue de Tata Jacqueline pour le déjeuner était un bon moyen de diversion. Et, fidèle à ma tactique, je me proposai pour aider Maman. C'est moi qui ai mis la table, qui ai aidé à beurrer les toasts apéritifs, et je suis restée dans les parages quand Tata est arrivée, histoire de pouvoir entendre les conversations et faire diversion éventuellement si les deux soeurs s'attardaient trop sur des sujets à risque.

J'eus droit aux compliments de Tata pour mon attitude coopérative et ma gentillesse. Maman rétorqua bien qu'il fallait "se méfier de l'eau qui dort", mais elle disait cela sans arrière-pensée. Même si je pense a posteriori que mon comportement de grande fille modèle pouvait commencer à lui paraître suspect...

Qu'importe, puisque finalement elle préférait profiter de cette bonne disposition de son ainée, et n'allait pas commencer à chercher la petite bête en ce jour de repos.

Après le déjeuner, nous sommes allées en forêt, sous un joli soleil automnal, et Maman et Tata trouvèrent même des champignons. Toujours tranquille d'apparence, je veillais à ce que mes soeurs ne s'éloignent pas trop et j'évitai de me salir. Bref, on m'aurait donné le bon dieu sans confession, comme on disait dans nos campagnes.

De retour à la maison, Tata a accepté bien volontiers de rester dîner. Maman a fait couler un bain pour mes soeurs, s'est occupée d'elles, pendant que je lisais. J'ai aussi aidé Tata à préparer la petite récolte de champignons, et j'appréciais qu'elle m'apprenne ainsi des petites choses, ce qui me confirmait dans mon statut de grande.

Les petites étaient en pyjama pour dîner, moi j'irais faire ma toilette après. Nous reprenions bien les rôles de chacun, contrairement à un autre dîner de sinistre mémoire...



Le dîner était aussi la marque d'une nouvelle journée qui s'achevait au mieux pour moi, et j'y prenais un malin plaisir.

Le seul bémol de cette journée fut que je ne sus pas tenir ma langue. Non pas bien sûr que j'avouai ma faute, oh que non ! 
Mais, la conversation revenant sur nos résultats scolaires, Tata voulut faire dire à Maman que cela allait quand même mieux que l'année passée.
La réponse maternelle demeura prudente : "On n'est qu'au début de l'année, et c'est encore heureux que Christine ait des notes correctes. Le redoublement sert à cela, et j'espère surtout que cela va continuer. Je connais ma fille, et je sais qu'il faut rester vigilante."
Tata voulait rester confiante et dit : "Au moins, si les résultats sont plutôt réguliers, c'est l'essentiel. Rappelle-toi de la kyrielle de zéros en anglais l'an dernier. S'il y a moins de matières à problèmes, c'est déjà une preuve que Christine fait des efforts, non ?"

L'exemple choisi me fit sursauter. L'anglais, bien sûr. Tata savait bien que cela avait été une de mes bêtes noires.
J'aurais pu saisir la perche et expliquer qu'il y avait eu un problème, mais je me voyais mal finir la soirée avec les fesses à l'air. Surtout en présence de Tata. J'aurais surtout dû ne pas relever, et faire comme si de rien n'était, pour que l'on change de sujet...

Mais, par réflexe de défense, pour me justifier, je lançai : "Oh, non je n'ai plus de zéro, j'ai même eu un 13 et demi vendredi !"

La nouvelle fut accueillie avec joie par Tata, et un peu plus de réserve par Maman, qui espéra que cela continue dans ce sens.
Mais, en écoutant ces réactions, je me mordis les lèvres. Je venais d'utiliser mon joker, sans mettre les autres cartes sur la table. Cette bonne note était en effet mon principal argument pour tenter de plaider la clémence maternelle quand elle apprendrait mon histoire de chahut et de colle...

Je cachai mon trouble, mais j'avais bien conscience que j'avais fait une boulette en me faisant féliciter pour une matière qui allait me valoir au contraire une fessée magistrale...

Moi qui préparais depuis deux jours mon argumentaire, j'allais avoir plus de mal à m'endormir sereinement... Surtout que le jour suivant allait être celui des devoirs...
Vous imaginez aisément quels genres de cauchemars ont pu peupler ma nuit...





A SUIVRE