samedi 29 novembre 2014

Chronique d'un redoublement : 78. Du sermon à de nouvelles promesses, malgré de bonnes notes...

SUITE 77 

Maman avait tiré la porte derrière elle sans la fermer, et je l'entendis demander aux petites de rester tranquilles jusqu'à ce qu'elle nous appelle pour le diner.
Puis, comme elle redescendit l'escalier, j'allai pousser la porte et la fermer pour me sentir plus à l'abri. J'avais fait les trois pas en titubant à moitié, tremblante que j'étais encore, et je retournai vers mon lit, où je m'affalai la tête dans l'oreiller, reprise de gros sanglots.
J'avais l'impression d'avoir un radiateur en bas du dos, ma lune écarlate rhabillée irradiant sous mes vêtements.


Je restai un long moment, allongée sur mon lit,
pleurant encore, et sentant la chaleur de ma lune,
qui irradiait sous mes vêtements remis à la hâte... 
 

Je glissai un instant ma main dans ma culotte par derrière, et le contact de ma paume apaisa un peu la chaleur.
J'avais peur que Maman nous appelle tout de suite, alors que j'avais encore des larmes plein les yeux.
Heureusement, il se passa un petit quart d'heure, avant que sa voix ne résonne du bas de l'escalier.
Inutile de dire qu'Aline et Diane furent les premières à table, jouant les petites filles modèles, et guettant l'arrivée de leur ainée, avec des yeux pétillants.
Il fallut un second appel maternel pour que je quitte ma chambre et me dirige vers la cuisine, après avoir essuyé mes larmes, puis contrôlé ma tenue devant la glace et tenté de rectifier ma coiffure ébouriffée.


Appelée par deux fois par Maman, je tentai de me refaire 
un visage présentable, séchant mes larmes,
et rectifiant devant la glace ma coiffure ébouriffée... 

Je me sentais vraiment honteuse sachant que mes soeurs m'avaient non seulement entendu recevoir la fessée, mais m'avaient surtout vue aussi les fesses à l'air...
Je craignais en prime les réflexions maternelles, mais elles ne furent pas trop nombreuses, même si Maman ne put s'empêcher de faire deux ou trois allusions du genre : "Aline et Diane, j'espère ne rien avoir à vous redire, sinon vous savez que je ne plaisante pas. Vous avez bien vu ce qui est arrivé à Christine..."
Mais je fis profil bas, ne disant quasiment rien de tout le diner, heureuse quand Maman demanda à Aline de l'aider à débarrasser, nous renvoyant Diane et moi dans nos chambres. Ma petite soeur en profita, sur le palier du haut, pour me décocher une grimace, et un petit geste de la main vers son bas du dos qui singeait à l'évidence ce qui m'était arrivé, mais je me retins, sachant que je ne gagnerais rien à me plaindre, car Maman n'ayant rien vu aurait eu tendance à avoir un jugement de Salomon.


Dans le couloir, à l'abri du regard maternel,
Diane la moqueuse me montra furtivement son fond de culotte,
faisant un petit geste de la main qui voulait tout dire...

Je me réfugiai dans ma chambre, vérifiant mes affaires pour le lendemain, et prenant un livre scolaire pour me changer les idées, et ne pas trop repenser à mon bas du dos...
Vingt minutes plus tard, Maman vint éteindre aux petites d'abord, et je ne tendis même pas l'oreille pour savoir ce qu'elle leur disait, trop persuadée que j'étais qu'elle en profiterait pour leur rappeler que leur tour pourrait venir aussi, si elles suivaient mon exemple...
Je me contentai du sermon qu'elle ne manqua pas de me faire avant de me dire "bonne nuit". Cela commença par un encouragement à bien faire, Maman remarquant que j'avais bien préparé mes affaires et que je révisais mes leçons avant de me coucher. Mais, son "C'est bien, ma chérie, tu vois, quand tu veux", ressemblait à s'y méprendre à un "Tu vois qu'une bonne fessée te remet dans le droit chemin", qui devait être le fond de sa pensée.
Et, une fois que je fus sous les draps, elle se rassit au bord du lit, me débitant sa leçon de morale. "J'espère que tu auras compris cette fois, Christine. Cela faisait quelques jours que tu la cherchais cette fessée... Alors, ne te plains pas... Tu n'as eu que ce que tu méritais... Je t'avais assez prévenue ma grande. Ce trimestre surtout, je ne plaisanterai pas avec la discipline, ni avec le travail... A toi de faire en sorte de ne plus te retrouver sur mes genoux, Christine... Parce que, moi, tu peux me croire, je ne changerai pas de méthode..."
Je tentai de supplier, de plaider l'indulgence maternelle, me remettant à sangloter en disant : "Oh, Maman, non, c'est trop dur, tu sais..."
Mais la réponse ne fit que confirmer cette détermination maternelle : "Oui, Christine, oui, je me doute bien que c'est dur, mais une fessée de Maman ce n'est pas une fessée pour de rire... Tu le sais bien, depuis le temps, ma grande. Et la bonne déculottée de ce soir te l'a rappelé, si tu l'avais déjà oublié depuis la dernière... En tout cas, j'espère que cela va te faire réfléchir avant que tu ne refasses des tiennes... Mais, mets-toi bien cela dans la tête, Christine : la prochaine fois que tu me réponds, la prochaine mauvaise note, le prochain mensonge ou je ne sais quoi, et tu n'auras qu'à préparer tes fesses... Penses-y bien en t'endormant, Christine... Il ne faudra pas venir te plaindre quand je te coucherai à nouveau sur mes genoux... Il sera trop tard quand je baisserai ta culotte, ma fille, et tu sais que Maman saura te rougir les fesses comme ce soir..."




Le sermon de Maman à l'heure du coucher, avait de quoi m'inquiéter...
Il m'invitait déjà à "préparer mes fesses" pour une prochaine déculottée
qui ne manquerait pas de m'arriver, 
dès la prochaine mauvaise note, heure de colle,
ou le moindre mensonge... 


Inutile de dire que j'y ai bien repensé, en tentant de m'endormir, revivant ce moment comme avec des images tournant en boucle dans ma tête. Mais si je repensais, presque en la revivant, à cette déculottée magistrale, ces sensations se doublaient de nouvelles angoisses, tant le discours de Maman était clair, tant dans son sermon, elle disait clairement : "quand je te coucherai à nouveau sur mes genoux" ! Et j'avais bien conscience que c'était à coup sûr encore écrit dans mon destin...
Ce qui est sûr, c'est que je prenais cette menace très au sérieux, et je ne doutais pas que si mes quelques réflexions déplacées et ma mauvaise humeur m'avaient valu une fessée magistrale, mieux valait ne pas ramener de mauvaise note ou autre motif à caractère scolaire, car cela aurait signifié sans coup férir le retour sur les genoux maternels...
Et cela m'inquiétait d'autant plus que la vision fugace, mais néanmoins bien réelle, qu'avaient eu mes soeurs de ma fessée me mettait encore plus mal à l'aise, donnant à leurs petites moqueries en douce comme une intensité renouvelée. Ce n'était pas un vague ou ancien souvenir qu'elles évoquaient en riant sous cape, mais bien la couleur de mes fesses exposées sous leurs yeux, là, en début de cette soirée...


Ce qui me gênait en devinant que mes soeurs riaient sous cape,
c'était qu'elles ne se moquaient pas d'une vague scène
qu'elles auraient, comme parfois, devinée de l'autre côté du mur,
 mais bien de leur grande soeur qu'elles avaient vu,
rapidement, mais réellement,
étalée la lune rougie sur les genoux d'une Maman en pleine action...



Toujours est-il que je me tins à carreau dès le lendemain... Il est vrai que le travail de révision accompli pendant les vacances portait ses fruits, et aussi qu'en ce début de troisième trimestre, je retrouvais un programme qui correspondait à la période où l'année précédente Maman avait commencé à s'inquiéter, et où j'avais redonné un petit coup de collier, avant un ultime relâchement qui avait été fatal, puisque provoquant mon redoublement.
Donc, ayant plutôt correctement travaillé l'année d'avant, sur ces quelques semaines du moins, grâce à quelques interventions maternelles que l'on devine, je constatai avec soulagement que j'allais pouvoir ramener de quoi rassurer Maman, côté notes du moins...
Cela ne manqua pas, avec un 14 plus qu'encourageant en français, suivi deux jours plus tard d'un 17 en maths, que je montrai très vite en rentrant à la maison, très fière de moi.

Maman me félicita, mais ne manqua pas de remarquer : "Je constate que lorsque tu as de bonnes notes, ma chérie, je n'ai pas à regarder moi-même dans ton cartable. Ca, au moins, tu ne le caches pas..."
Et, comme j'aurais dû m'en douter, Maman s'attribua bonne part de mon résultat, en commentant devant mes soeurs : "En tout cas, la bonne fessée de l'autre soir a fait de l'effet. J'en suis ravie, et j'espère qu'il y aura d'autres bonnes notes à venir, Christine... Oui, je l'espère pour toi, ma fille... Sinon, tu sais bien ce qui t'attend, ma grande..." Et elle avait ponctué sa dernière phrase en tapotant ses genoux, puis en montrant sa main droite ouverte, un geste qui disait bien ce que mes soeurs et moi avions bien compris...


Le comble de la situation, c'était que je venais de ramener 
une de mes meilleures notes de l'année, mais que Maman était persuadée
que cela était, pour bonne part, dû à la fessée de l'autre soir.
Et, si elle me félicitait, c'était sans omettre de rappeler ses menaces...
Comme si ma bonne note à peine connue, 
chacun imaginait déjà ma prochaine déculottée...



Aline et Diane se retenaient de rire, en me regardant avec des yeux qui pétillaient de malice. C'était quand même un monde : je venais de ramener une de mes meilleures notes de l'année, et si j'avais été, c'est vrai, gentiment félicitée, Maman n'en était pas moins persuadée que ma déculottée du début de semaine m'avait poussée à bien travailler... Une conclusion qui justifiait pleinement ses principes éducatifs, à tel point que Maman expliquait déjà à ses trois filles réunies, que si je ne poursuivais pas mes efforts, je n'avais qu'à préparer mes fesses... Et nous savions toutes trois ce que cela signifiait, Aline et Diane pour m'avoir vue culotte baissée sur les genoux maternels, et moi pour avoir, encore comme résonnant en moi, le bruit, la douleur et les pleurs d'une fessée comme Maman savait si bien les donner...

A SUIVRE