jeudi 9 février 2017

Chronique d'un redoublement : 110. Retour au collège sur fond de confidences et de moqueries répétées

SUITE 109 

La balade dominicale dans le jardin public s'acheva sans autre anicroche. Calmées par la menace maternelle, Aline et Diane s'étaient dépensées sur les balançoires du parc, pendant que je m'amusais avec Tata à jouer aux devinettes.
Nous rentrâmes chez Mamie vers 4 h, et Maman en profita pour prendre le téléphone de sa mère et appeler les parents de Martine, chez qui j'aurais dû aller à 16 h 30 pour son goûter d'anniversaire. Maman dit qu'elle était désolée, mais que "Christine était punie et privée de sortie".
La mère de ma camarade dût insister un peu car Maman développa : "Non, je ne peux pas revenir dessus. Une promesse est une promesse, et je tiens les miennes. Sinon les enfants abusent et ne nous croient plus".
Je n'entendais pas ce que disait la mère de Martine, mais elle dût suggérer à Maman qu'elle trouve une autre forme de punition pour remplacer cette privation de sortie, ce à quoi elle répondit : "Mais, question autre punition, c'est déjà fait, vous savez. Ma chère fille a eu droit à une fessée bien méritée".
Je grimaçai en entendant Maman qui, heureusement, n'en rajouta pas, et souhaita une bonne fin de journée à son interlocutrice, précisant qu'elle apporterait un jour prochain le petit cadeau que nous avions choisi pour Martine, à savoir une bande dessinée de sa collection préférée. Et de conclure : "C'est normal, Martine n'a pas à être pénalisée de par la conduite de Christine".
C'est donc chez Mamie que nous goutâmes avant de rentrer à la maison, où ce dimanche s'acheva dans le calme. Maman vérifia nos devoirs, ravie de constater que les miens, mais aussi ceux d'Aline et Diane étaient parfaitement faits. Elle en fit même la réflexion à voix haute : "C'est quand même drôle qu'il y ait des jours où tout le monde travaille bien... Mon petit doigt me dit qu'il y a une raison... Comme si mes trois filles voulaient éviter quelque chose..."
A n'en pas douter, dans son for intérieur, Maman devait se féliciter de l'efficacité de sa méthode... Mais, pour moi, cela me faisait rager intérieurement, qu'une fois encore, ce soit une fessée de Christine qui soit la référence, qu'une fois de plus, ma déculottée magistrale serve en quelque sorte aussi à calmer toute la maisonnée...
Nous dinâmes assez tôt et fûmes envoyées au lit avec la permission de lire un peu, sans bruit, avant que Maman ne vienne éteindre. Elle s'attarda quelques instants auprès de chacune d'entre nous, disant qu'elle espérait que nous allions être sages la semaine prochaine, sans qu'elle soit obligée de sévir comme durant ce week-end agité...
J'eus droit à un petit rappel des faits et à une mise en garde claire, que plus rien ne serait toléré jusqu'à la fin de ce dernier mois de classe. J'avais envie de dire : "Mais, Maman, tais-toi donc. Bien sûr que je sais, bien sûr que je n'oublie pas tes promesses, bien sûr que je n'oublie pas mes déculottées d'hier, même que mes fesses s'en souviennent, et que je sais que c'est ce que je risque si je ramène encore des heures de colle, une punition, une mauvaise note... Et que ce n'est même pas ce que je "risque", mais plutôt ce qui m'attendrait..." Mais, pas sûr qu'elle aurait apprécié ma tirade...
Couchée assez tôt, j'eus un peu de mal à m'endormir, après que Maman soit redescendue. 


J'eus du mal à m'endormir en ce dimanche soir... 
Le sermon maternel me ramenait des images des fessées de la veille...
Et la perspective de retrouver le collège et ses moqueuses
ravivaient des angoisses... 

Ses rappels et promesses me ramenaient aux souvenirs cuisants de la veille... J'angoissais aussi de retrouver le collège, mes pseudo-copines moqueuses, et même Martine qui avait dû être mises au courant par sa mère... J'en fis quelques rêves agités, mais dormis ensuite d'une seule traite jusqu'au matin.
Au réveil, Maman prépara mes affaires du jour, plaçant la jupe plissée écossaise sur ma chaise. J'eus la tentation de grogner, mais n'en fis rien, devinant que Maman ne céderait pas, et puis ma tenue était finalement une préoccupation mineure par rapport à ce que je craignais en matière de moquerie...
Je m'habillai et eus droit aux compliments de Maman qui me trouvait "très bien" avec cette jupe et le chemisier clair. Je ne répondis pas et me mis en route pour le collège en ralentissant le pas habituel. Je ne voulais pas être trop en avance, et n'arrivai dans la cour que trois minutes avant la sonnerie. Bien m'avait pris d'avoir ralenti, car je tombai sur Babette et Brigitte qui, visiblement, m'attendaient...
"Alors, Christine, comment s'est passé le week-end ? Ta Maman s'est fâchée pour tes heures de colle ?", demanda en ricanant Brigitte. Je ne répondis rien sur le moment. Babette embraya : "Maman s'est occupée de tes fesses, je suis sûre..."
Je n'avais nullement l'intention de rentrer dans leur jeu, et je trouvai une parade en répondant : "Pff, on n'a même pas reçu le bulletin de colle". Cela leur cloua le bec un instant, puis Brigitte renchérit : "Ah, ta Maman ne le sait pas encore... Petite cachotière, ça va drôlement barder quand elle saura... Tu peux préparer tes fesses, hi hi..."


Babette et Brigitte étaient persuadées qu'une fessée m'attendait
à l'arrivée du bulletin de colle...
Je lisais dans leurs yeux qu'elles m'imaginaient en plein salon,
culotte baissée sur les genoux de Maman,
ma lune rougissant sous la tannée maternelle...

Heureusement, la sonnerie retentit et nous nous mîmes en rang pour rentrer en classe... J'étais sauvée par le gong !
Les deux moqueuses me laissèrent tranquille à la récréation de 10 h. Il semble que je les avais convaincues avec mon histoire de bulletin de colle non reçu, ce qui était vrai d'ailleurs puisque, pour une fois, piégée par le fait que Diane avait appris pour ma colle, je l'avais avouée avant l'arrivée du courrier redouté.
La matinée s'acheva donc sans autre taquinerie notable. J'en étais ravie...
A midi, au cours du déjeuner, Maman m'apprit qu'elle avait "déposé le cadeau de Martine" chez elle, et "discuté un moment avec sa mère". Cela n'était pas de très bon augure pour moi...
Au retour au collège, Babette et Brigitte me retombèrent dessus, en me demandant si le courrier était arrivé, comme chez Brigitte, mais ni chez Babette, ni chez moi, le facteur n'avait rien amené. Ce serait donc pour le lendemain, mais pour une fois, moi, je ne m'inquiétais pas, puisque j'avais déjà été punie et servie pour mon compte.
Nous discutions avec Babette et Brigitte, quand arriva Martine, toute contente de mon cadeau, me remerciant, et regrettant que je n'ai pas pu venir à son anniversaire, ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention des moqueuses...
Et Brigitte de poser la question du pourquoi de mon absence. J'hésitai et balbutiai : "Euh, bah, c'est-à-dire que, euh, on était invités aussi chez ma grand-mère." Mais, Martine, ne sentant pas le piège rétorqua : "Oui, et puis, il parait que tu étais punie et privée de sortie".
Je vis les deux moqueuses se mettre à pouffer, ravies d'avoir obtenu cette information. Brigitte s'empressa d'essayer d'obtenir des détails : "C'est sa maman qui te l'a dit ? Tu sais pourquoi ?" Martine répondit qu'elle tenait cela de sa propre mère qui avait vu la mienne ce matin. Mais, là encore, l'heure du cours ayant sonné, on s'arrêta heureusement là... 
A la récréation de l'après-midi, Martine vint me revoir, m'entrainant dans un endroit plus calme de la cour, et me confia : "J'ai pas voulu en parler devant Brigitte et Babette, mais Maman m'a dit que tu avais reçu une fessée. Dis, c'est vrai ? Ma mère a Babette et Brigittemême dit que je n'avais qu'à bien me tenir, parce que je n'étais pas à l'abri d'en avoir encore. Ca m'a fichu la trouille, même si je n'en ai plus eu depuis avant Noël, j'ai vu qu'elle était sérieuse en le disant".
Je compris que je ne pouvais pas mentir à Martine, mais lui servis une version light de mes mésaventures. "Bah, oui, c'est vrai. Maman me donne encore la fessée de temps à autre. Moins souvent qu'à mes petites soeurs, bien sûr. Mais, ça arrive encore, parfois...Faut dire qu'elle ne supporte pas que j'ai des heures de colle, et en plus j'ai fait des caprices toute la journée. Je me rends compte que j'avais exagéré".


Maman l'ayant annoncé à la mère de ma camarade,  
j'avais dû avouer à Martine que j'avais bien reçu la fessée...
J'en minimisai la fréquence et le mal que j'avais, 
mais Martine me regardait avec beaucoup de compassion,
presque admirative devant mon détachement, 
du moins celui que je tentais de faire croire... 

J'avais fait cet aveu d'un trait, et je m'en étonnais moi-même, mais c'était comme un secret entre copines, Martine semblant avoir de la compassion pour moi. J'avais évidemment minimisé la fréquence de ce qui m'arrivait, mais jamais je n'aurais dit pareil devant Babette ou Brigitte.
Martine me regardait avec un air presque admiratif : "Bah, dis donc, ça doit être dur. Ca fait drôlement mal. Tu pleures beaucoup, hein ?"
Je jouai les dures à cuire, les dures au mal : "Bien sûr que je pleure un peu, mais je n'ai pas trop mal. C'est juste une fessée à la main, tu sais ?"
Martine rétorqua : "Bah, Maman aussi me la donnait à la main, mais quand c'est sans la culotte, ça me faisait crier moi. Toi aussi, c'est déculottée qu'elle te la donne ?"
Je répondis évasivement : "Bah, ça arrive", et fis comprendre à Martine que je n'avais pas envie de m'étendre davantage sur le sujet, non sans lui faire promettre de ne rien dire aux autres, ce qu'elle promit comme si c'était un secret entre nous.
La journée s'acheva sans que les moqueuses ne reviennent à la charge. 
Mais, le lendemain matin, Babette et Brigitte reprirent leur petit manège. Persuadée que mes ennuis seraient dépendants de la réception du bulletin de colle, elles me titillèrent le matin, en me rappelant que le facteur allait sûrement apporter l'enveloppe du collège ce matin à la maison, et en me pronostiquant une chaude réception maternelle l "Alors, Christine, on prépare ses fesses... Après la privation de sortie de dimanche, ça sera la fessée du mardi, hi hi..."


A peine arrivée au collège le lendemain matin, 
je vis les deux moqueuses revenir à la charge,
me rappelant que le bulletin de colle arriverait ce mardi,
et me suggérant de préparer mes fesses...  

Cela me faisait bouillir intérieurement, mais comme j'avais déjà été punie à la maison pour ma colle samedi, j'étais moins anxieuse quant à l'arrivée du courrier du collège.
Effectivement, l'enveloppe habituellement redoutée était bien arrivée dans notre boîte à lettres peu avant midi, et je la vis posée bien en évidence sur le guéridon de l'entrée sur le petit tas de courrier du jour...
Maman l'avait d'ailleurs ouverte sans tarder, comme elle le faisait à chaque fois que le tampon du collège sur une enveloppe lui faisait craindre une mauvaise nouvelle. Je ne dis rien, mais Maman m'interpella : "Tu as vu le courrier du collège, Christine ? Tu sais ce que c'est ?"
Je répondis : "Bah, euh, oui Maman, c'est le bulletin de colle dont je t'ai parlé, tu sais bien..."
Maman répliqua avec un brin d'ironie : "Oui, c'est vrai que nous en avons parlé samedi matin, et j'espère que tu t'en souviens..."
Je baissai le regard et acquiesçai : "Oui, Maman, oui". Mais, comme Mlle Paule avait assorti le motif : "Se moque de ses camarades en plein cours", d'un commentaire vachard du style : "Ferait mieux de travailler au lieu de distraire la classe", Maman avait l'oeil noir des mauvais jours et menaça : "Quand je lis ça, Christine, j'ai la main qui me démange... Je ne sais pas ce qui me retient de ne pas te flanquer une fessée de plus pour que tu comprennes vraiment..."


Le bulletin de colle était bien arrivé à la maison, 
mais le motif de la punition était assorti d'un commentaire acerbe
de la prof d'anglais... Maman n'appréciait pas du tout...
Elle avait même la main qui la "démangeait" de me flanquer
une fessée de plus... Je fis profil bas pour éviter le pire...  

Je fis profil bas, et promis de bien travailler, consciente que toute autre attitude ou réflexion vive aurait pu me conduire à nouveau sur ses genoux...
Il n'en fut rien, heureusement !
Je repartis après déjeuner au collège. Babette aussi avait reçu le bulletin de colle, et faisait la grimace, ayant sûrement été privée de sortie et autres punitions du même genre. Les deux moqueuses m'interrogèrent et j'avouai que le facteur était bien passé chez nous aussi, ajoutant que Maman avait râlé et qu'elle m'avait privée de cinéma. "Et la fessée, elle t'a donné la fessée, je suis sûre", affirmait Brigitte. Je niai avec d'autant plus de force que c'était vrai. "Eh, bien, ce sera pour ce soir, je te le dis, Christine. Tu vas aller au lit avec les fesses toutes rouges, et ça sera bien fait pour toi..." Je jurai que ce n'était pas vrai. Mais, à l'évidence, Babette et Brigitte ne me croyaient pas. Brigitte rajouta même : "De toute façon, tu n'es qu'une menteuse... Pfff, je saurai bien si tu racontes des sornettes..."
Comme j'avais évité la fessée évoquée par Maman à midi, et qu'il n'y avait plus de raison que j'en reçoive une le soir, je ne fis pas attention à cette petite phrase de Brigitte : "Je saurai bien..." Pour moi, il n'y avait rien à découvrir sur le jour même puisque, pour une fois, une arrivée de bulletin de colle ne coïnciderait pas avec une fessée... 
Sauf que, bien sûr, les curieuses et je n'en avais pas conscience vraiment, n'auraient peut-être pas de mal à apprendre des choses sur les épisodes de samedi...

A SUIVRE 
 
 

 

vendredi 27 janvier 2017

Chronique d'un redoublement : 109. Un dimanche calme mais où mes exploits sont commentés

SUITE 108

 Des cauchemars, oui, j'en ai fait durant cette nuit, me réveillant au moins à deux reprises, m'asseyant dans mon lit, les mains moites, en nage, ne sachant plus trop où j'étais, puisque sortant d'un rêve noir, ou plutôt rouge écarlate pour une part de mon anatomie...
Il me fallait alors quelques instants pour revenir à la réalité, rassurée par le silence qui régnait dans la maison, où tout le monde dormait. 


Je m'étais réveillée au moins à deux reprises,
angoissée par des cauchemars qui tournaient autour
des mêmes scènes, me replongeant sur les genoux maternels... 

Je pouvais alors chasser les images qui me trottaient dans la tête et me rallonger pour retrouver le sommeil. Heureusement, épuisée par cette journée à rebondissement, et bien calmée par les traitements maternels, je me rendormis assez vite à chaque fois.
Ce fut d'ailleurs Maman qui vint me réveiller à dix heures le lendemain matin, ouvrant fenêtre et volets, alors que je dormais encore. Mes soeurs étaient déjà levées et terminaient leur petit-déjeuner, quand je les rejoins, encore un peu dans le brouillard, après avoir enfilé ma robe de chambre sur mon pyjama.
Je n'avais rien entendu du lever familial, preuve s'il en est que je dormais profondément, ma fin de nuit ayant d'ailleurs été plus calme sur le plan des cauchemars...
Aline et Diane me scrutaient attentivement, curieuses de voir comment étaient leur grande soeur au lendemain d'une triple déculottée... Mais, je restai concentrée sur mon bol de chocolat et mes tartines, n'ayant pas envie de connaître le fond de la pensée de mes soeurettes, ni subir leurs moqueries.
Le petit-déjeuner avalé, je remontai, croisant Maman dans le couloir. "Fais ta toilette et habille-toi. Ne traine pas, tu sais que nous allons à la messe de 11 h, puis déjeuner chez Mamie. J'ai préparé tes affaires sur ta chaise".
Je repensai alors à la jupe plissée que Maman m'avait achetée la veille, et qui avait engendré une part de l'énervement maternel... Mais, surprise, c'était la robe d'été que Tata m'avait offerte qui était en évidence sur la chaise, avec mes habits du jour.
J'hésitai même en la voyant, me rappelant ce que Maman avait dit la veille au soir. J'allai lui demander pour en être sûre. Elle répondit avec un petit sourire : "Bah, alors, maintenant, tu veux mettre la jupe plissée. Ne t'inquiète pas, tu la mettras pour aller au collège. Aujourd'hui, j'ai pensé que cela ferait plaisir à Tata Jacqueline que tu portes la robe qu'elle t'a offerte, puisqu'elle déjeune aussi chez Mamie".
Je retournai dans ma chambre, moitié contente de mettre la robe d'été, moitié chagrine de savoir que je porterais la jupe plissée pour aller en cours... Mais, à chaque jour suffit sa peine, comme on dit...
En m'habillant, je pus constater en regardant un instant dans la glace mon bas du dos, qu'il n'y avait plus trace aucune des fessées de la veille. 


 En m'habillant, je regardai un instant mon bas du dos dans la glace...
Il n'y avait plus trace des fessées de la veille...
Je cachai vite ma lune blanche, comme si la vision de mes fesses me faisait penser qu'elles étaient prêtes pour une future déculottée...

Mais, elles étaient bien dans ma mémoire, et je m'habillai vite pour cacher cette vue qui me rappelait trop de mauvais souvenirs... Peu après, j'étais donc prête à l'heure pour aller à la messe, assez fière de ma tenue, mais espérant toutefois ne pas faire trop de rencontres sur le chemin ou à l'issue de l'office, dans une paroisse où tout le monde se connaissait un tant soit peu...
Mes prières secrètes furent exaucées, puisque nous ne croisâmes aucune camarade de classe, ni parents sur le trajet, ni à la sortie de l'église.
Les seules personnes proches que nous rencontrâmes furent la voisine et sa fille, qui sortaient alors que nous retournions à la maison pour prendre le gâteau préparé par Maman, avant de nous rendre chez Mamie.
Les deux mères se saluèrent, et la voisine crut bon de faire à nouveau allusion à l'épisode de la veille, en disant : "J'espère que vous allez passer un bon dimanche en famille, plus calme que la journée d'hier... Vous savez, Mme Spaak, quand j'y repense, je suis vraiment désolée de vous avoir dérangée hier au mauvais moment".
Maman rassura la voisine, avec une formule qui ne me plut guère : "Mais, non, voyons, ce n'est rien. Vous ne pouviez pas savoir. D'ailleurs, je peux bien vous dire que si vous étiez venue hier soir, vous auriez pu encore mal tomber, puisque ma chère Christine s'est montrée infernale toute la journée, et s'est retrouvée à nouveau sur mes genoux avant le dîner pour une nouvelle fessée bien méritée..."
La voisine fit de grands yeux, tout en me regardant avec un petit sourire, et commenta : "Eh bien, ce n'était vraiment pas son jour à votre grande fille. Mais, vous avez sûrement raison de ne pas vous laisser déborder par vos enfants. Il faut juste espérer que cela lui servira de leçon, et qu'elle sera plus sage un bon moment".
Maman rétorqua : "Oui, j'espère bien que ma grande a compris. D'ailleurs, elles sont bien calmes toutes les trois ce matin. Elles savent bien, exemple de Christine à l'appui, qu'il ne faut jamais défier sa maman..."


La voisine et sa fille avaient accueilli les confidences maternelles
avec un étonnement plutôt amusé...
Il faut dire que l'anecdote de l'irruption de la voisine,
et la nouvelle scène du soir pouvaient prêter à quelques moqueries...
Les voyant repartir en riant, je ne m'en sentais que plus honteuse...

La conversation s'arrêta là, à mon grand soulagement, car je sentais bien que mes malheurs amusaient plutôt la fille de la voisine, dont je fis en sorte de croiser le moins possible le regard curieux.
Il était temps de nous rendre chez Mamie, qui nous attendait pour le déjeuner dominical. Nous prîmes l'apéritif au salon, avec jus d'orange pour les filles, et des petits feuilletés faits maison, en attendant Tata qui n'allait pas tarder.
La conversation tourna vite sur les enfants et Mamie fit des compliments sur ma robe : "Tu fais très petite demoiselle, ma chérie. C'est vrai que tu grandis de plus en plus". Cela me fit plaisir, mais Maman rectifia : "Oui, Christine grandit, mais plus en taille qu'en sagesse, hélas..."
Mamie ne manqua pas de demander pourquoi, et Maman expliqua : "Non seulement, elle fait encore des exploits en classe, en ramenant une fois de plus des heures de colle, mais elle se montre ensuite pénible, désobéissante et maladroite... Ce qui fait que j'ai dû sévir deux fois dans la même journée..."
Je baissai la tête et ne rétorquai rien, espérant que la conversation s'arrêterait là. Mais Mamie se mit à me plaindre : "Oh, ma pauvre Christine, quand même, ça me fait toujours de la peine de savoir que Maman te gronde..."
Maman tint à préciser : "Ce n'est pas non plus de gaité de coeur que je la punis, mais Christine n'a qu'à s'en prendre à elle-même... Elle savait bien que ses heures de colle allaient lui valoir une bonne fessée, mais Mademoiselle n'a pas été calmée pour autant, et j'ai dû lui flanquer une autre fessée après qu'elle ait cassé quatre verres."
On changea de sujet ensuite, mais je n'en avais pas fini avec les moments de gêne, puisque l'arrivée de Tata Jacqueline, un quart d'heure plus tard, remit mes exploits sur le tapis. 


Mamie me plaint, n'aimant pas savoir que j'avais été punie...
Ses compliments sur sa petite fille qui grandissait vite,
lui valurent en retour le récit de mes exploits 
et de leur traitement cuisant à la manière maternelle... 

Tata aussi me fit des compliments, contente de me voir porter la robe qu'elle m'avait offerte.
Je la remerciai chaleureusement et elle me serra dans ses bras, en ajoutant : "Tu sais, cela m'a fait plaisir de te faire ce petit cadeau. Et si elle te plait vraiment, j'en suis ravie. C'est un peu de baume au coeur, surtout dans une journée qui avait bien mal commencé, n'est-ce pas ma chérie ?"
Tata avait dit cela d'un ton légèrement taquin, ne se doutant pas de ce que sa soeur, Maman, allait répliquer : "Oui, elle avait en effet mal commencé pour Christine, mais ce que tu ne sais pas c'est qu'elle s'est achevée de la même manière..."
Tata écarquilla les yeux, et m'interrogea : "Non, mais, Christine, c'est vrai ça ? Je t'avais pourtant conseillé de te calmer et de ne pas chercher les ennuis. Oh, ma pauvre chérie..."
Je sentis des larmes me monter aux yeux, et je sanglotai : "Oui, Tata, je sais, je sais..."
Tata était toute en compassion : "Ma pauvre chérie, ma pauvre chérie, ça n'a pas dû être drôle. Je plains tes petites fesses... Ma pauvre bichette."
Maman reprit sa soeur, tenant à se justifier : "Ta pauvre bichette n'a eu que ce qu'elle méritait... Si elle n'avait pas été insupportable et maladroite, je n'aurais pas eu à lui rougir les fesses à nouveau... Tu as vu toi-même dans le magasin et au moment des essayages comment ta nièce était énervée. Elle a continué jusqu'au soir, alors cette nouvelle déculottée, elle l'a bien cherchée... Je pense même que j'ai été bien patiente et que j'aurais dû agir bien plus tôt dans l'après-midi..."


Tata aussi voulut me consoler, mais me rappela aussi
qu'elle m'avait avertie du danger encouru de par mon attitude...
Même compatissante, elle ne pouvait qu'admettre
que la dernière fessée était sûrement méritée...  

Mamie demanda à ce que l'on passe à table, ne souhaitant guère que l'on poursuive sur le sujet... J'avais eu comme l'appétit coupé par ce rappel à répétition de mes déculottées de la veille, mais je fus la première à rejoindre la table familiale, histoire de changer de thèmes de discussion. De fait, pour mon plus grand soulagement, le sujet ne fut plus abordé de tout le repas.
La seule alerte fut lors d'une petite promenade digestive en famille au parc voisin, quand Diane fit un caprice pour avoir une glace, alors que nous étions sortis de table depuis moins d'une heure. Maman empêcha Mamie, qui était prête à lui céder, de lui acheter ce qu'elle voulait, et elle leva la main, paume ouverte, d'un geste menaçant, en disant : "Attention à toi, Diane, tu sais ce qui est arrivée hier à ta grande soeur... Alors, plus un mot, si tu ne veux pas que je m'occupe de tes fesses de la même manière, tout à l'heure en rentrant à la maison."
L'avertissement fit son effet puisque Diane n'insista pas. Mais, de mon côté, j'avais senti mon coeur accélérer... La tirade de Maman m'avait fait rougir. La marchande de glaces et les trois personnes qui faisaient la queue devant son stand, avaient en effet assisté à la scène et entendu la menace maternelle.  
 J'avais l'impression que leurs regards avaient convergé vers moi, vers la seule qui pouvait être "la grande soeur", et dont ils venaient d'apprendre que sa mère s'était donc "occupée" de ses "fesses" la veille. Je me sentais honteuse rien qu'à penser qu'ils m'imaginaient les fesses à l'air sur les genoux maternels...


Bien sûr, la menace d'une fessée était adressée à Diane, 
qui faisait un caprice au parc... Mais, Maman l'avait accompagnée
d'un rappel explicite de ce qu'avait reçu son ainée la veille...
Le regard que me portait la marchande de glaces, comme les trois clients
qui faisaient la queue, m'avait fait rougir...
J'avais l'impression qu'ils m'imaginaient offrant mes fesses déculottées
à la claquée maternelle...     

J'essayai de ne plus être obnubilée par cette pensée et me mis à taquiner Tata qui fut très complice avec moi et m'aida à oublier mes angoisses.
J'avais envie de changer mes idées, tout comme je n'avais aucune envie de commencer à me dire que le lendemain matin, j'allais retrouver les bancs de ma classe au collège... 

A SUIVRE