samedi 11 février 2012

Chronique d'un redoublement : 25. Inquiétudes autour du premier bulletin

SUITE 24 

 J'étais prévenue et je savais bien que le moindre faux-pas m'attirerait des ennuis. Et j'avoue qu'en ces premières semaines, je tentais d'inverser le cours de mes notes en les matières où je n'avais pas de bons résultats l'année précédente.
La mauvaise note en anglais, agrémentée surtout d'un commentaire acide de la prof, m'avait ramenée sur terre, et plus exactement sur les genoux maternels...
Les jours suivants, j'ai vraiment cherché à travailler, à ne pas risquer une nouvelle déconvenue...
De nouvelles notes sont arrivées et elles étaient plutôt positives, même si je savais que Maman attendait de moi plus qu'une simple moyenne de milieu de peloton. La redoublante, pour elle, se devait de briller.
Un exercice de géométrie mal compris m'avait valu un 7,5 pas brillant, et j'imaginais qu'il ferait tâche sur le premier bulletin mensuel qui devait nous être donné le lundi suivant, une semaine exactement après ma "première" fessée de cette année scolaire.
Conscient qu'il valait mieux ne pas ajouter de mensonge à ce faux-pas, j'en prévins Maman avant le jour fatidique.
Je le surnomme "fatidique", car il est vrai que dans mes souvenirs de l'année précédente, les quatre derniers bulletins mensuels s'étaient soldées de la même façon, par une fessée, hélas bien méritée... Il faut dire aussi qu'à chaque fois, Maman y découvrait des notes dont je ne m'étais pas vantée jusqu'au jour J.



Cela n'empêche que je n'étais pas fière en rentrant à la maison le dernier jour de septembre avec un bulletin qui contenait des notes assez quelconques et aussi la mauvaise note d'anglais et celle de géométrie...
Maman m'attendait les bras croisés avec un regard assez sévère. En lui donnant mon bulletin, je lui dis que je pouvais lui expliquer, mais elle rétorqua : "Je sais lire, ma fille, et tes explications ne changeront rien si les résultats ne sont pas à la hauteur".
Elle grimaça en lisant certaines notes, concéda qu'il y avait un mieux dans d'autres matières, et montra son irritation en relisant l'appréciation de la prof d'anglais qui n'était guère différente de celle donnée la semaine précédente et qui m'avait attiré de gros ennuis...
Heureusement que d'autres commentaires étaient neutres voire positifs. Surtout que la prof de maths, qui avait l'habitude de me compter parmi les bonnes élèves avait noté : "J'espère que ce faux-pas en géométrie n'est que ponctuel. Il ne faudrait pas que Christine perde un de ses atouts. Un travail plus régulier serait nécessaire".
Je me doutais bien que cette petite phrase n'allait pas plaire. Maman la traduisit à sa manière : "Si je comprends bien, tu ne travailles pas assez régulièrement les mathématiques. Cela ne va pas se passer comme ça, je te prie de le croire, Christine... Allez, file dans ta chambre."



Ces mots m'ont presque tiré des larmes et je n'ai pas osé dire quoi que ce soit. Je suis montée dans ma chambre, en étant sûre que j'allais y attendre ma prochaine fessée...
Cela ne faisait pas de doute dans ma tête. C'était juste le moment précis que je ne connaissais pas. Surtout que nous n'étions qu'en début de soirée.

J'entendis un peu plus tard les petites arriver. Maman examina aussi leurs bulletins, félicitant Diane qui commençait très bien l'année. Mais, elle éleva le ton contre Aline, disant que ce n'était pas possible, et associant dans certains reproches le manque de travail de ma soeur au mien. Je comprenais que cela allait aller mal aussi pour Aline.

Mes soeurs prirent leur goûter et Maman les envoya à leur tour dans leur chambre. Nous y mijotâmes les unes et les autres durant près d'une heure avant que Maman ne monte. Je commençais à me dire que mon heure allait sonner...
D'autant que Maman entra dans la chambre des petites et demanda à Diane d'aller prendre sa douche la première, ajoutant "pendant que je m'occupe de ta soeur".
La phrase me fit frissonner. J'allais voir arriver Maman, je pouvais préparer mes fesses...
Effectivement, les pas maternels se dirigèrent vers ma chambre et Maman y entra. Je grimaçai, prête à sangloter et à demander pardon, à implorer l'indulgence...
Maman avait dans les mains mon bulletin, j'imaginais que ma tranquillité fessière allait s'arrêter là...
Mais, au lieu de venir s'asseoir au bord du lit, là où elle m'avait si souvent donné la fessée, Maman me tendit le bulletin en disant : "Bon, je l'ai signé, mais tu as intérêt à ce que le prochain soit meilleur. Sinon, ça bardera ma fille, tu sais. Heureusement que, pour une fois, le bulletin ne comporte pas de mauvaises surprises et de notes que tu aurais cachées. Comme tu as déjà été punie lundi dernier à propos de l'anglais, je veux bien être compréhensive cette fois. Mais dis-toi bien, Christine, que si je ne vois pas d'amélioration manifeste, le prochain bulletin de ce type, ce sera la fessée, et estime-toi heureuse que je ne t'en donne pas déjà une... J'ai assez à faire avec Aline, mais j'espère que tu m'as bien comprise..."
Maman tourna les talons, non sans m'avoir montré sa paume avec un geste qu'il n'y avait pas besoin de sous-titrer... J'étais apeurée de cette menace, mais en même temps je n'en croyais pas mes oreilles. J'échappais à cette fessée que j'attendais comme une évidence depuis plus d'une heure et que j'avais imaginé dès que la prof principale nous avait remis ce fichu bulletin...



Bouleversée, à la fois soulagée et profondément remuée tout de même, j'entendis Maman qui retournait dans la chambre voisine. "Alors, comme ça, Aline, on bavarde en classe au lieu d'écouter l'institutrice. Comme si tu pouvais te permettre de rêvasser, comme si tes résultats te dispensaient d'écouter. Ah, ma fille, je ne vais pas te laisser débuter l'année ainsi. Je vais te rappeler les bons principes, moi...", le sermon maternel à l'encontre de ma soeur me parvenait comme si j'étais dans la pièce. 

J'en étais toute retournée. Quand Maman élevait la voix, tout s'entendait dans la pièce d'à côté. Je distinguai donc les protestations vaines de ma soeurette, les bruits d'un début de lutte, ainsi que les commentaires maternels.
"Lâche cette culotte", "arrête de gigoter", puis les "ah, je vais t'apprendre" ainsi que les supplications d'Aline à mesure que la fessée tombait.

J'avais bien remarqué le bruit plus sourd des claques données sur le fond du survêtement et quand Aline s'agrippait à sa culotte. Puis le son plus net, sonore et claquant d'une paume sur une lune toute déculottée...

La fessée ne dura pas longtemps. Elle était énergique, démonstrative, mais pas autant que lorsque Maman "s'occupait" de son ainée. 

Mais, déjà, rien que cela me bouleversait. Un peu par compassion envers ma soeur, mais aussi et surtout parce que j'étais témoin de ce que l'on entend derrière une cloison ou par une porte entr'ouverte... 

 Je ne pouvais m'ôter de l'idée que, dix minutes plus tôt, j'étais là persuadée que j'allais recevoir la fessée. Et que, si je n'avais bénéficié d'une grâce inattendue, ce sont mes soeurs qui auraient entendu tout cela, dans les moindres détails...

La fessée d'Aline me renvoyait à ma position le lundi précédent quand je prenais la première déculottée de l'année.
C'est ainsi qu'Aline et Diane avaient dû tout entendre, tout imaginer, quand j'étais sur les genoux maternels...
Et, comme Maman m'avait bien prévenue, comme cette clémence n'était qu'exception, à la prochaine mauvaise note, au prochain mensonge, je n'aurais qu'à préparer mes fesses, et mes soeurs leurs oreilles...

A SUIVRE

mardi 7 février 2012

Chronique d'un redoublement : 24. Qui dit "première" sous-entend d'autres...

SUITE 23

Je suis restée plusieurs minutes dans une sorte d'état second. Maman avait quitté la pièce et refermé la porte derrière elle, J'étais sur mon lit, culotte encore baissée, la lune rougie, seule avec mon désespoir, ma peine. Mais, à l'abri des regards.
La fessée m'ayant été donnée en mon univers, entre quatre murs, je n'avais pas eu à me rhabiller à la hâte et à fuir en tentant de protéger mes rougeurs des regards.


J'étais dans un état de choc, comme si je venais de retomber sur terre après des semaines de vol plané, sans anicroche. Cette fessée me remettait à ma place, celle d'une redoublante à qui sa mère demande de faire des efforts, et de ramener évidemment de meilleurs résultats que ceux qui lui avaient valu de redoubler...
La fessée avait aussi témoigné de l'état d'esprit maternel : calme et déterminé. Sûre de son fait, claire dans sa méthode.
Epargnée depuis des semaines, je savais bien que la prochaine allait venir, que j'allais y avoir à nouveau droit, et j'avais tendance à théâtraliser mes peurs, à imaginer la grande scène magistrale, comme un prolongement de la tannée reçue pour le redoublement.
Mais, Maman avait choisi un autre registre, et à tout bien y penser, je commençais à penser que ce n'était pas forcément mieux pour moi...
Les grandes scènes, les démonstrations fortes ne peuvent qu'être exceptionnelles, si l'on veut qu'elles soient craintes vraiment.
Le redoublement, voire la tricherie après de longues semaines de calme, justifiaient des déculottées devant mes soeurs et des fessées servant d'exemple à tous.
Là, il s'agissait d'une mauvaise note, mais moins catastrophique qu'un zéro, et surtout d'une appréciation d'une prof en forme de rappel à l'ordre.
Cela ne valait pas la volée de l'année, mais bien la fessée quand même. Maman ne m'avait pas laissée argumenter. Il n'y avait rien à discuter, et c'est bien ce qu'il fallait que je comprenne. Il n'y avait pas place à la négociation. C'était ainsi, et cela voulait dire : ce sera ainsi à l'avenir...
Une mauvaise note, un mensonge, deux heures de colle, une note d'un prof à signer, ce serait la fessée, un point c'est tout...
Je comprenais maintenant clairement le message de Maman. Ce serait ainsi, et je n'avais qu'à l'admettre, sinon, si je me révoltais ou si le motif était plus grave encore, j'aurais droit justement à la grande scène...



Au bout d'un moment, je suis sortie de ma torpeur, et j'ai remonté ma culotte sur une lune écarlate, dont je sentis encore la chaleur en m'endormant, me provoquant des rêves qui tenaient plus du cauchemar...
Le lendemain matin, au petit-déjeuner, je retrouvai les regards pétillants de mes soeurs, comme toujours ravies d'avoir entre elles un sujet de moquerie vis à vis de leur ainée...
Maman ne fit guère d'allusion à la scène de la veille au soir et cela m'aida à passer ce mauvais moment.
En revanche, quand je revins à midi, ma grand-mère maternelle était à la maison. Elle venait de rentrer de trois semaines de cure thermale, et avait hâte de savoir tout ce qui s'était passé depuis son départ.
Maman évoqua les bonnes notes de Diane, les difficultés d'Aline malgré un travail réel, quand à moi, elle dit : "Ca a l'air d'aller. Heureusement quand même, car en redoublant, cela doit être plus facile, et j'attends d'elle de vrais progrès par rapport à l'an passé".
Mamie coupa la parole à Maman : "Tu vois que parfois un redoublement peut être salutaire. Christine va faire des étincelles, c'est sûr".
Maman eut un petit sourire : "Oui, enfin, des étincelles, ce n'est pas encore ça. Si les premières notes étaient encourageantes, Mademoiselle s'est déjà distinguée en ratant un contrôle en anglais, ce qui lui a valu pas plus tard qu'hier soir une bonne fessée".  Avant d'ajouter : "La première de l'année..."  suivie d'un silence qui en disait long.


Assise à la table de la cuisine, j'écoutais en tentant de faire bonne figure ces confidences maternelles. Mais, le dernier bout de phrase me fit grimacer et j'éclatai en sanglots.
"Arrête tes simagrées, Christine", lança Maman, alors que Mamie vint me consoler en mettant sa main sur mon épaule.
"Allez, ne pleure pas, ma grande. Ce n'est pas si grave. Tu as entendu : ta Maman a dit que tu avais même bien commencé l'année. Le premier mois est presque fini, et tu n'as été grondée qu'une fois. C'est un bon début je trouve. C'est bien ma chérie. Je suis sûre que tu vas encore mieux travailler maintenant." tentait de me rassurer Mamie.
Par chance, les petites arrivaient seulement et n'entendirent pas cet échange. Moi, je séchai mes larmes, mais les mots de Mamie m'avaient plutôt plombé le moral. Je sais qu'elle disait cela avec une bonne intention, pour me consoler, mais je les interprétais à ma façon. J'avais l'impression qu'elle m'avait dit : "Félicitations, Christine, une seule fessée en trois semaines, c'est bien ma chérie. Tu sais, continue comme ça et ce sera bien..."


Je prenais encore davantage conscience que, même Mamie qui était comme Tata Jacqueline plutôt du genre à me défendre, même Mamie donc trouvait déjà positif que je n'en ai pas pris davantage, et donc pensait au fond d'elle même que l'ainée de ses petites-filles retrouverait souvent les genoux maternels durant cette année de redoublement...

A SUIVRE

mardi 24 janvier 2012

Chronique d'un redoublement : 23. Retour sur les genoux maternels...

SUITE 22

Les consignes avaient été claires : "Toilette et pyjama. Ensuite, tu m'attendras dans ta chambre. Je viendrai m'occuper de tes fesses..."
Ma sortie de table n'avait pas été glorieuse et j'avais rejoint l'étage en sentant dans mon dos le regard de Maman, mais aussi celui de mes soeurs redevenues solidaires et complices quand il s'agissait de se moquer en douce de leur ainée. D'autant que cette annonce de fessée pour Christine, me redonnait en quelque sorte la vedette et allait les aider à oublier que l'été avait été plus agité pour leurs fesses que pour les miennes. Il y avait là comme un retour à la normale des dernières années.

Je restai prostrée dans ma chambre, laissant Aline et Diane prendre la salle de bains, et ne m'y précipitant pas après elle. Je n'étais pas pressée d'être en pyjama, ni de croiser les regards de mes soeurs.

Celles-ci étaient plutôt excitées en cette soirée, et commencèrent à s'amuser bruyamment en attendant Maman. "Moins de bruit là-haut. Si vous voulez aussi une fessée, dites-le...", lança notre mère du bas. Ce qui calma vite fait mes soeurs.


Dix minutes plus tard, elle monta et son pas dans l'escalier me fit frémir... Je l'entendis passer devant ma porte, aller vers la chambre voisine et demander à mes soeurs de sortir leurs devoirs.
Puis, elle revint vers ma chambre et ouvrit la porte, me trouvant comme j'étais lors du repas. "Tu ne vas pas restée plantée là, Christine. J'ai dit : Toilette et pyjama. Les petites ont fini. Tu peux y aller maintenant".


Je répondis "oui" timidement, les yeux embués et le regard implorant. Maman les bras croisés, me toisait de haut et ajouta : "Ce n'est pas la peine de faire cette tête là, Christine. Tu as bien cherché ce qui va t'arriver. Tu étais assez prévenue..."

Puis, elle est repartie contrôler les devoirs des petites et les mettre au lit. Je n'avais pas le choix et me suis rendue à la salle de bains pour une toilette rapide avant de mettre mon pyjama...
Un moment particulier que je ressentais comme si je "préparais" réellement mes fesses. Je quittais mes habits de la journée pour ne conserver qu'une culotte blanche et un pyjama de coton, dévoilant ma lune puis la re-cachant en vitesse, en sachant trop bien que j'allais bientôt la retrouver à l'air étalée sur les genoux maternels...



Ma pudeur de presque grande, ma honte d'ainée dont les petites soeurs savaient que j'allais récolter une déculottée maison, c'était un vrai supplice rien qu'en pensée...

Je ne voulais plus y penser, mais je n'avais que cela en tête, et j'écoutais, je guettais les bruits de la maison, entendant Maman prendre tout son temps pour vérifier le travail des petites (qu'elles avaient évidemment soigné en ce soir d'orage), papotant un moment avec chacune de mes soeurs avant de les border et d'éteindre la lumière. Non sans répondre à la curiosité d'Aline et Diane en leur confirmant que "Christine n'avait pas bien travaillé, oui", et que "oui, Maman allait lui donner une bonne fessée".



Quand Maman quitta la chambre des petites en leur souhaitant bonne nuit, je savais qu'elle était à trois pas de ma porte. J'étais assise sur mon lit, me tortillant nerveusement, n'arrivant pas à ralentir mon coeur qui battait très vite.
La porte s'ouvrit sur Maman, et je murmurai : "Maman, je t'en prie... Noooon !"
Mais, elle avait dans les bras un paquet de linge, et prit au passage mes vêtements sales du jour, avant de s'en retourner en me disant : "Bon, je vois que tu es prête. Je mets une machine et je reviens m'occuper de toi..."
C'était donc une fausse alerte, mais aussi un ultime rappel que mon heure arrivait.


Je n'étais pas pressée, mais j'ai eu l'impression qu'elle mettait trois fois plus de temps que d'habitude pour mettre en route le lave-linge. Je pense qu'elle vérifiait que tout était en ordre en bas, et devait, sciemment ou non, me laisser un peu mijoter...
Puis, enfin, un pas dans l'escalier, calme et déterminé... Maman arrivait... Et, si j'ose dire, "ma fessée montait vers moi".


L'entendant, je m'étais relevée et placée près de la fenêtre, le plus loin de la porte. Maman entra et alla directement s'asseoir sur le côté de mon lit. Sans fermer la porte complètement derrière elle. Histoire d'écouter si les petites appelaient ou bougeaient, histoire aussi, sûrement, que notre explication aille jusqu'à leurs oreilles...
Je tentai de palabrer deux minutes. Maman ne voulait rien entendre.C'était "trop tard", selon elle, j'avais "été prévenue", je n'avais qu'à m'en prendre à moi-même. Et puis, "depuis le temps" que je "la cherchais", selon Maman, cette "bonne fessée" allait me rappeler à mes devoirs.
Le raisonnement était imparable, et je savais que résister n'aurait fait qu'aggraver mes affaires... Quand elle m'a ordonné : "Viens ici", j'ai d'abord reculé, puis avancé juste un peu, avant que, le ton montant, je ne me laisse happer par le bras et basculer en travers des genoux maternels...


Le pyjama glissa en dessous de ma lune, alors que je suppliais : "Oh non, Maman, nooon". J'eus la tentation de m'agripper à la culotte, mais un "Christine, lâche cette culotte immédiatement", ne me rappelle l'épisode précédent et l'annonce qui l'avait suivi.
Alors, je lâchai l'étoffe et laissai Maman baisser ma culotte à mi-cuisses également.
J'eus droit presque aux félicitations du jury, Maman commentant : "C'est bien ma fille, tu es plus raisonnable que la dernière fois. Tu sais bien que Maman t'avait promis une bonne fessée déculottée, eh bien, Mademoiselle va être servie..."



Elle abattit dans la foulée quelques premières claques sonores qui durent colorer une partie de ma lune. Je m'étais un peu débattue en poussant de petits cris, et elle arrêta sa main le temps de bien me remettre en équilibre. "Arrête de gigoter comme ça. Tu t'épuiseras avant moi, ma fille... Cela ne fait que commencer, et je vais m'occuper de tes fesses comme elles le méritent... C'est vrai que cela faisait un petit moment que tu y échappais, mais on va rattraper le retard, Christine..."


Maman reprit sa claquée, et je sentais qu'elle s'appliquait particulièrement. Ce n'était pas une volée coléreuse, une de ces tannées des grands jours, mais une fessée méthodique et à caractère didactique évident.
"Je t'avais prévenue, Christine. Cette année, je ne tolérerai pas que tu aies des résultats médiocres. Encore moins en anglais où tu t'es si souvent distinguée dans le mauvais sens, l'an passé. Je ne céderai pas, ma fille. Et s'il faut que je te donne une fessée à chaque mauvaise note, tu l'auras, tu peux compter sur moi", ré-expliquais Maman, comme si je ne l'avais pas entendu cent fois depuis l'annonce de mon redoublement.
Mais, la différence, c'est que là, elle joignait l'acte à la parole, et accompagnait chacune de ses phrases, voire chacun de ses mots par des claques sonores et vives sur mes fesses qui s'empourpraient à vue d'oeil.
"J'espère que cela te servira de leçon, que tu comprendras que ce n'était pas des paroles en l'air... Tiens, tiens, tiens et tiens, voilà ce que j'appelle une bonne fessée, Christine. C'est à croire que cela te manquait, et c'est vrai que tes fesses ont passé des vacances assez tranquilles, mais c'est fini, Christine, c'est fini. Maintenant, on passe aux choses sérieuses, et je ne te conseille pas de me ramener de nouvelles mauvaises notes, et encore moins de me les cacher, parce que cela va barder à chaque fois, ma grande, je te le promets..."
La température était montée à l'ébullition sur mon épiderme fessier qui me faisait retrouver des sensations si souvent connues, mais que j'essayais d'oublier à chaque fois.
Je suppliai : "Maman, Maman, j'ai compris, je vais travailler, je te le jure. Mais, arrête, arrête, j'ai mal, je, snif, snif, snif, je veux plus la fessée, non plus la fessée..."
Elle avait encore marqué une petite pause avant de relancer sa claquée, me faisant pousser des cris, sans plus penser aux oreilles de mes soeurs qui devaient jubiler en cachette, de savoir leur grande soeur à nouveau dans le collimateur maternel...  
Maman entama un final plus vif, en martelant une ultime fois son message : "C'est à toi de le montrer, Christine. Ramène-moi des bonnes notes et tout ira bien. Sinon, tu es prévenue, ce ne sera pas la peine de discuter. Tiens, tiens, tiens et tiens. Ce sera le retour sur mes genoux, Christine. Oui, ici, tiens, tiens et tiens. Pour une fessée, Christine, une fes-sée, une bonne fessée, la culotte baissée, comme une gamine qui ne comprend pas autre chose. Et, tu sais bien, tiens, tiens et tiens, Christine, que Maman tient ses promesses..."



Maman s'arrêta enfin, me laissant ruisselante de larmes, geignant et reniflant. Elle quitta la pièce en me demandant de me coucher bien vite. Je restai deux ou trois longues minutes, roulée en boule sur le lit, sentant mon bas du dos rouge et brulant.
Cette fessée n'avait pas eu l'aspect démonstratif d'une déculottée devant mes soeurs, mais elle marquait la véritable entrée dans cette année de redoublante, en me faisant vivre ce qui pourrait m'arriver bien des fois, si je ne me mettais pas vraiment à travailler...

A SUIVRE

lundi 23 janvier 2012

Chronique d'un redoublement : 22. Retrouvailles avec des sensations étranges...

SUITE 21

Il n'était guère que 17 h 45, et j'étais dans ma chambre, pleurnichant sur mon malheur, contrainte à attendre le bon vouloir maternel, ne sachant qu'une chose, c'est bien que j'allais recevoir la fessée...
Un mois et trois semaines et demie après l'épisode de la culotte jaune, je me retrouvais au summum de l'angoisse, même si celle-ci ne m'avait jamais quitté, sachant bien que j'étais seulement en sursis, que les fessées reprendraient, de plus belle même...



J'ai tourné et retourné la situation dans ma tête, consciente qu'il n'y avait pas d'issue autre que de préparer mes fesses...
Restait à savoir, quand, comment, partagée entre l'envie d'en avoir fini, et celle de profiter encore un peu du calme qui régnait sur mon bas du dos...
Une heure, elle m'a laissée mijoter une heure, avant de me redonner signe de vie. Je n'allais surtout pas bouger de ma chambre, ni me montrer avant son signal... Mais, chaque minute me semblait bien longue.
"Christine, tu peux descendre, s'il te plait ?", lança Maman du bas de l'escalier. J'aurais préféré qu'elle monte, mais je n'avais pas le choix et suis descendue la mine défaite, l'air suppliant d'une coupable demandant pardon...
Maman était assise dans le salon, lisant une revue, comme si de rien n'était. J'imaginais qu'elle allait poser sa lecture, déplier les jambes et me demander d'approcher...



J'étais devant elle, comme dansant d'un pied sur l'autre, gênée, le ventre noué. Elle releva la tête au bout de quelques secondes qui me semblèrent des minutes interminables.
"Peux-tu aller mettre la table ? On va bientôt dîner.", dit-elle simplement. J'avais l'impression d'avoir mal compris, je ne bougeai pas et grommelai un "Euh... Tu veux que, euh.." hésitant.
Elle rétorqua : "Oui, rends-toi utile, va mettre la table, au lieu de rester plantée là. A moins que tu préfères que je te donne ta fessée tout de suite..."
J'ai rougi comme une pivoine et tourné les talons, me sentant honteuse d'avoir ainsi tendu une perche m'amenant ce rappel qui confirmait la détermination maternelle...
Nous sommes passées à table à 19 h, sans que Maman n'en ait dit davantage. Le repas fut plutôt calme, j'en connaissais trop l'ambiance pré-orageuse quand on sait que cela va tomber bientôt...
Maman parla plus avec mes soeurs, leur demandant si les devoirs étaient faits, faisant comme si j'étais dans mon coin, déjà punie. Quelques allusions ne manquèrent pas d'être glissées sur ce qui m'attendait, mais rien de plus que d'ordinaire, j'oserais dire...
J'avais en effet l'impression que Maman agissait comme si l'événement que je craignais n'en était pas un, comme si c'était une péripétie de plus dans mon éducation, et non une chose exceptionnelle.
Et, à bien y réfléchir, retrouver le chemin des genoux maternels était évidemment pour moi un choc, une angoisse importante, surtout après une longue pause inespérée. Mais, pour Maman, je pense, c'était simplement l'application des règles établies, la concrétisation d'un fonctionnement annoncé et maintes fois répété : sa fille allait être encore plus surveillée qu'avant, mauvaises notes, punitions ou mensonges seraient sanctionnées par la fessée. Celle de ce soir était la première de l'année, certes, mais il y en aurait d'autres assurément et Maman n'était pas dans le même cheminement intellectuel que lorsque j'avais ramené mon annonce de redoublement. Bref, j'angoissais là où Maman maitrisait la situation. C'était quelque part "la première" (de l'année) pour moi, c'était pour Maman une fessée de plus pour son ainée, comme le retour à un rite presque ordinaire...

A la fin du repas, je me proposai pour débarrasser. Maman dit que ce n'était pas la peine. Elle nous envoya toutes les trois dans nos chambres, annonçant qu'elle viendrait contrôler les devoirs des petites. "Mais, avant, vous faites votre toilette et vous vous mettez en pyjama. Et, pas de chahut, vous savez, ce n'est pas le soir...", leur dit-elle, avant de se retourner vers moi.
"Christine, tu attends qu'elles aient fini pour prendre la salle de bains. Et puis, idem, toilette et pyjama. Ensuite, tu m'attendras dans ta chambre. Je viendrai m'occuper de tes fesses..."

J'étais presque heureuse d'être renvoyée dans mon antre, dans mes quatre murs, même s'ils me rappelaient tant de mauvais souvenirs. J'avais craint que Maman ne veuille faire de cette première fessée de l'année scolaire pour sa redoublante un exemple, une démonstration publique en famille...
Il n'en était donc rien. J'échappais à la fessée dans le salon, je revenais à mes classiques, à la fessée au coucher, à la déculottée de la punie en pyjama, à la claquée sonore dans une maisonnée prête à dormir, et résonnant aux oreilles de deux soeurettes imaginant leur ainée avec une lune rougissante longuement tannée.
Mais, encore allait-il falloir patienter, guetter les bruits, anticiper l'arrivée de Maman, en ayant à chaque seconde en tête que l'on prépare ses fesses...

A SUIVRE

vendredi 20 janvier 2012

Chronique d'un redoublement : 21. Bad news in English...

SUITE 20

Deux semaines étaient passées sans encombre, mais mes pressentiments n'étaient pas bons du tout. Sans avoir de menaces directes, j'avais senti par deux fois déjà que je m'approchais de la ligne rouge, celle à ne pas dépasser.
Les premières notes arrivaient une par une, et les réactions maternelles me montraient bien que la barre était placée haut et que, si je n'y prenais garde, j'allais bientôt en faire les frais...

Même le 12 de ma première rédaction de l'année avait été trouvé "très moyen". C'est vrai que c'était là ma meilleure matière (avec les maths) et que j'avais l'habitude de me situer plus haut.
Idem avec un 10,5 en sciences naturelles, assorti du commentaire : "Leçon sue mais sans plus", qui avait amené Maman à me rappeler ses attentes : "Christine, puisque tu redoubles, tu ne peux pas te contenter de notes aussi moyennes, surtout en ce début d'année sur un programme que tu as déjà vu l'an passé".
 
Et, le lendemain, à Tata qui demandait des nouvelles, Maman avait confié  : "Pour l'instant, ça va, mais je ne suis pas sûre que Christine ait compris qu'il allait falloir faire des efforts, et non pas se laisser porter par la facilité".

Mais, ce lundi soir, premier jour de la troisième semaine de cours, la première tuile est arrivée. "The" tuile, comme on dirait en anglais, avec cette interrogation surprise sur les acquis de la Sixième...



Evidemment, je savais différentes choses, mais certaines notions et mots de vocabulaires, que je n'avais pas revus l'an passé, était partis dans les oubliettes de ma mémoire.
Pour Mlle Paule, c'était un bon moyen de vérifier ce qu'avaient retenu les anciens Sixième. Sauf que, vu ma fainéantise et mon manque de motivation en anglais depuis deux ans, c'était encore moins frais dans ma tête...
Résultat : pas catastrophique, mais un 6 sur 20 très limite, et surtout une appréciation de la prof plutôt vacharde : "Des lacunes manifestes. Dommage que Christine n'ait pas révisé davantage ses bases durant les vacances".
 



6 sur 20 en anglais, ce n'était pas aussi dramatique que ça. L'an passé, ma moyenne dans la langue de Shakespeare était plus faible encore. Mais, c'était le premier faux-pas de l'année, qui plus est dans une matière où j'étais attendue au tournant....
J'avais donc conscience que cela allait être un test grandeur nature de la réalité ou non de la détermination maternelle...
Ce qui d'ailleurs me gênait le plus, n'était pas la note, qu'avec beaucoup de persuasion, un peu de chance et une plaidoirie efficace, j'aurais pu faire passer...
C'était plutôt l'annotation de la copie, où je me doutais bien que Maman prendrait presque pour elle le reproche que je n'ai pas assez révisé durant les vacances. C'était comme si Mlle Paule disait que Maman avait été trop laxiste...
Je ne savais pas comment annoncer cette "bad news", cette mauvaise nouvelle et j'étais dans mes petits souliers, le regard fuyant en rentrant à la maison.
Maman qui semblait lire dans mes pensées, m'interpella : "Tu n'as pas l'air dans ton assiette, Christine. Tu as des choses à me dire ?"
J'ai hésité, baissé la tête, et été tenté de mentir, de gagner du temps, le prochain cours d'anglais n'étant que dans 48 heures.   Mais, Maman insista avant que j'ai balbutié le "Oh, non, Maman, non, non, ça va", qui me brulait les lèvres et qui m'aurait amené à entrer dans une de ces spirales de mensonges dont je m'étais faite la spécialité.
Heureusement, je n'en fis rien, et répondis à Maman qui réitérait la question : "Euh, bah, j'ai eu une note pas terrible terrible. Euh, euh, en anglais".
Mon hésitation à dire la matière montrait bien mon angoisse particulière à ce sujet...
"Ce n'est pas possible. Pas déjà une mauvaise note en anglais. Et en plus sur le programme de la Sixième. Je rêve...", avait de suite réagi Maman en découvrant la copie que je lui avais tendue du bout des doigts, en me reculant vite de deux pas, comme si je craignais une paire de gifles immédiate.
Aline et Diane qui venaient de rentrer durant le début de notre échange, nous regardaient les yeux écarquillés, comprenant qu'il y avait de l'orage dans l'air.
Il allait falloir leur donner leur goûter et Maman les envoya vers la cuisine, tout en poursuivant son explication : "Et toi, Christine, tu files dans ta chambre faire tes devoirs. On réglera nos comptes plus tard. Mais, tu ne perds rien pour attendre, ma fille. Je t'ai assez prévenue de ce que j'attendais de toi cette année. Mais, puisque Mademoiselle ne comprend pas les menaces, il va falloir passer aux actes. Ah, tu peux préparer tes fesses, Christine..."



 Je suis partie me réfugier dans ma chambre. Allongée sur le lit, j'ai éclaté en sanglots. Je retombais dans mes pires cauchemars, ceux que j'avais imaginés et revus défiler dans ma tête dès que Mlle Paule m'avait remis ma copie... La trêve était finie. Que le "plus tard" soit maintenant dès que les petites auraient eu leur goûter, ou tout à l'heure avant le diner, ou ensuite à l'heure du coucher, qu'importe, j'allais de nouveau recevoir la fessée...

La petite phrase que Maman avait mise dans ma tête le jour où elle avait raccommodé mon bloomer jaune décousu, devenait une réalité : "La prochaine fois que je te donnerai la fessée...", elle avait eu raison de l'employer au futur et non au conditionnel. La preuve allait en être faite. "La prochaine fois que je te donnerai la fessée", c'est donc ce lundi soir.
Au vu des menaces maternelles depuis l'annonce de mon redoublement, de celles aussi réitérées depuis la dernière tannée reçue, je pourrais presque m'estimer chanceuse, me dire que j'ai été "tranquille" bien longtemps.
Mais, qui penserait à ça ? Qui aurait cette attitude fataliste ? Qui réussirait à positiver en pareille circonstance ?
Non, j'étais là à attendre "ma" fessée... Et assurément, elle allait venir...

A SUIVRE