dimanche 18 janvier 2015

Chronique d'un redoublement : 80. Quand tentation et raison s'affrontent jusqu'à l'aveu annonciateur d'orage...

SUITE 79

Deux heures de colle pour avoir "bavardé et ri en classe au lieu d'écouter" l'enseignante... C'était assurément le genre de motifs que Maman ne pardonnerait pas. J'étais bien placée pour le savoir... Un faux-pas sur un devoir ou une interrogation, cela se négociait. Mais, tout ce qui touchait la discipline, le chahut, qui plus est en cours d'anglais avec ma bête noire de Mlle Paule, je n'avais aucun exemple que cela se soit terminé autrement que par une sérieuse explication entre Maman et moi. Avec le sermon maison, mais aussi la fessée à la clé !
Et, encore, aurions nous été dans une période euphorique, avec seulement des bonnes notes, une fille serviable, et des compliments de tout le monde, j'aurais pu croire au miracle. Hélas, si je venais de vivre plusieurs semaines de calme, avec même un premier bon carnet de notes mensuel, le deuxième n'était pas encore remis, et divers griefs, dont une presque mauvaise note dans une de mes matières fortes, avaient mis Maman aux aguets, persuadée qu'elle était que son aînée allait encore faire des siennes...
Bien sûr, en mon for intérieur, je savourais chaque jour de plus sans fessée comme une victoire, et je commençais presque à me sentir comme à l'abri... Arrivée à sept semaines sans incident, je me sentais quasiment invulnérable, mais ces quelques derniers jours, de nouvelles menaces maternelles m'avaient rappelée à l'ordre. Et, comme à chaque fois ou presque que ce genre d'accalmie fessière se prolongeait, il y avait un moment, une sorte de cap, où l'on devinait que les motifs bénins s'accumulant, il y aurait un instant où le vase déborderait, peut-être même pour ce qui aurait été considéré comme une broutille à d'autres périodes...
Sauf, que, là, au lendemain d'une première note décevante, les deux heures de colle ne pouvaient qu'agir comme la goutte qui fait déborder le fameux vase. D'autant qu'en matière de goutte, celle-là avait l'allure d'un raz de marée...

Quand la fin des cours a sonné, j'ai mis plusieurs minutes à me lever, restant à ma place, alors que la prof et les autres élèves avaient quitté la pièce. Assise, la tête ailleurs, j'étais comme groggy, et j'avais les genoux qui tremblaient. "Non, ce n'est pas possible... Comment vais-je pouvoir dire ça à Maman ? Jamais, elle ne l'acceptera... Je vais me prendre une fessée, c'est sûr", me disais-je, émue et prête à éclater en sanglots... 

 
Je suis restée quelques minutes, assise à mon pupitre, 
après que la sonnerie ait retenti. J'étais comme assommée,
j'avais les genoux qui tremblaient...
Comment allais-je pouvoir dire ça à Maman ? 

Une surveillante est passée dans le couloir et m'a demandé ce que je faisais : "Ca y est, je rangeais mes affaires, je sors". J'ai ramassé cahiers, trousse et cartable, et suis sortie dans la rue, redevenue calme, la plupart des élèves étant partis, ce qui m'arrangeait car je n'avais envie de voir personne.

En chemin vers la maison, je réussis à me calmer un peu. Je me suis dit que je ne savais pas comment présenter la chose à Maman, et que mieux valait attendre au moins demain, le bulletin de colle ne pouvant arriver au courrier que le surlendemain... C'était "risqué", me disait la voix de la raison, mais, de toute manière, "le résultat serait le même", à peu de choses près, répondait en écho la voix de la tentation.

Les événements m'aidèrent, puisqu'en arrivant à la maison, Maman était en pleine discussion avec une amie qui avait une fille dans la même classe que Diane. Je n'eus donc droit qu'à un rapide : "Ca va, Christine ? Ca s'est bien passé en classe ? Si tu as des devoirs, monte donc les faire", devait me dire Maman, sans me laisser le temps de répondre autre chose qu'un "Oui, oui, M'man" sur un ton qui cachait mon angoisse...

J'avais donc déjà gagné une heure ou deux, et ma tendance naturelle à retarder les échéances me poussa à ne rien dire ce soir-là. Je cherchai à me faire la plus transparente possible, me montrant serviable et obéissante au point où Maman eut même cette réflexion : "Tu es bien gentille ce soir, Christine. J'espère que tu ne me caches rien..."
J'ai tourné la tête pour ne pas montrer ma réaction, stupéfaite, une fois de plus, qu'elle semble lire dans mes pensées les plus secrètes...

Heureusement, la copine de Diane était restée dîner, et le repas fut ponctué de conversations autour des deux petites, Maman n'en profitant pas comme souvent pour réinterroger les unes et les autres sur leur journée, les devoirs, les résultats, etc.

Je ne m'attardai pas pour aller me coucher ensuite, jouant les moitié endormies quand Maman vint nous dire bonsoir, histoire d'éviter de me trahir par une réaction quelconque devant une mère que je sentais méfiante (et qui, sans le savoir, l'était à juste titre d'ailleurs...).

Mais, j'eus du mal à trouver le sommeil, me repassant le film de cette journée et imaginant quelles en seraient les conséquences... J'étais satisfaite d'avoir gagné une journée, mais la remarque de Maman sur ma sagesse apparente me restait dans la tête, sachant qu'une fois le pot aux roses découvert, nul doute que ma cachotterie serait considérée comme une circonstance aggravante... Mais, entre une bonne fessée le soir-même et une fessée magistrale le lendemain, je n'ai jamais pu me résoudre à opter pour la première solution...


Comment trouver le sommeil après une telle journée ?
Si j'avais déjà gagné du temps, cela ne faisait que me rappeler
que la fessée qui m'attendait n'en serait que plus conséquente... 

Au point où j'en étais, pourquoi ne pas gagner aussi une deuxième journée, me conseilla la voix tentatrice, dès mon réveil. Et je me dis qu'advienne que voudra, et qu'il n'y avait qu'à être fataliste, et à voir comment la journée évoluerait...

De fait, là encore, les circonstances m'aidèrent, puisque, à l'heure du déjeuner, nous fumes dérangées par l'intervention d'un artisan venu changer le chauffe-eau de la cuisine et qui voulait terminer son intervention alors que nous mangions, ce qui ne laissa guère le temps à Maman de nous questionner.

Le soir, j'étais encore rentrée à la maison pas rassurée pour un sou, et le coeur battant la chamade, mais entre un rendez-vous d'Aline chez le dentiste à la sortie de l'école, puis un dîner à prendre tôt, car les deux petites avaient en soirée un cours de danse avec premier essayage des costumes du gala qu'elles donneraient fin juin, c'était plutôt l'effervescence à la maison, et cela me permettait de cacher mon angoisse...
Malgré tout, il y eut encore une réflexion de Maman me trouvant "l'air bizarre des mauvais jours", ce qui commençait à me faire penser que ma stratégie allait sûrement se retourner contre moi.


J'avais beau jouer les innocentes, et faire semblant que tout allait bien,
j'avais l'impression que Maman devinait mon trouble.
Son "je te trouve un air bizarre" montrait qu'elle soupçonnait
que je cachais quelque chose... Et je risquais de le payer... 

A la fin du dîner, Maman me prévint qu'elle allait accompagner mes soeurs, et ne reviendrait qu'après leur cours, afin d'aider aux essayages, alors qu'habituellement, elle s'arrangeait avec une autre Maman pour que chacune ne fasse qu'un trajet, l'une les amenant, l'autre les ramenant.

J'allais donc rester seule durant une heure et demie, mais ce n'était pas la première fois. "S'il y a un problème, tu appelleras Tata", avait précisé Maman qui, dans la foulée, passa un coup de fil à sa soeur pour vérifier qu'elle était chez elle, et la prévenir qu'elle me laissait à la maison. Un appel tout à fait ordinaire, sauf que Tata Jacqueline dut en profiter pour demander de nos nouvelles, et que j'entendis Maman répondre notamment :"Oui, Christine, ça va encore à peu près, mais je lui trouve un drôle d'air, et je ne serais pas étonnée de devoir bientôt sévir à nouveau..."

J'ai fait semblant de ne pas avoir entendu, et suis montée dans ma chambre, alors que Maman rameutait les petites pour partir, m'indiquant : "On revient vers 10 h. D'ici là, fais ta toilette et mets toi en pyjama et au lit avant qu'on ne rentre". 

J'avais près d'une heure et demie à rester seule dans la maison, mais je le regrettais presque, ayant imaginé que, les deux petites étant à la danse, j'aurais pu peut-être essayé de parler à Maman, et de provoquer une explication entre quatre z'yeux, comme j'aime à dire...

Non, au lieu de cela, j'étais seule, et pouvais me réjouir de gagner encore du temps, mais les nouvelles réflexions de Maman me faisaient penser que, plus je tardais à parler, et plus mes ennuis augmenteraient...

Personne n'étant dans la maison, j'étais tranquille pour prendre ma douche, et je ne pus m'empêcher en me déshabillant de regarder longuement mon bas du dos, ma lune bien blanche, intacte depuis quasiment deux mois.

 
Le contact de ma main sur ma lune blanche,
épargnée depuis près de deux mois, 
me renvoyait une impression de douceur...
Comment supporter l'idée que la foudre maternelle
allait s'abattre sur elle ? 


C'était presque fascinant et je posai à plusieurs reprises mes mains sur mes fesses rebondies. C'était doux, si doux, et cela s'entrechoquait dans ma tête avec mes peurs qu'une autre main ne transforme cette lune douce et fraîche en mappemonde écarlate, brûlante et douloureuse.

"Prépare tes fesses, ça va barder", me rappelait la voix de la raison... "Rassure-toi, ce n'est pas encore pour ce soir. Tu auras réussi à gagner deux jours, et cela fait presque deux mois que tu y as échappé... Ce sera juste un mauvais moment à passer, tu en as vu d'autres...", rétorquait la voix de la tentation...

Et le dialogue raison-tentation se poursuivait... "Oui, tu en as vu d'autres, mais rappelle-toi comment ça fait mal. Mieux vaudrait ne pas augmenter encore la colère de Maman", murmurait la raison ! "Avec un peu de chance, la Poste aura du retard, ou l'enveloppe se perdra. Pas besoin de préparer tes fesses tant que Maman n'est pas au courant", répliquait la tentation." Ce à quoi la raison rétorquait : "Mais, suppose que Maman rencontre Mlle Paule avant l'arrivée du courrier, et qu'elle lui apprenne que tu lui mens depuis hier, tu imagines la déculottée et la tannée que tu vas prendre..."

Si j'avais suivi la tentation depuis la veille, les arguments de la raison me taraudaient l'esprit, et je sentais mon angoisse monter, et j'en cauchemardais presque toute éveillée que j'étais. A posteriori, je pense que ma peur était d'autant plus forte que j'avais évité de me retrouver sur les genoux maternels depuis près de deux mois. De ce fait, l'argument de la voix de la tentation de me dire que "j'en avais vu d'autres", que c'était "juste un mauvais moment", cet argument bizarrement ne fonctionnait pas. Je crois que si j'avais récolté une ou deux fessées dans la semaine précédente, mon fatalisme aurait eu le dessus en me disant quelque chose comme "jamais deux sans trois", ou "une de plus et il y en aura d'autres".

Là, c'était différent, et c'était comme si j'avais oublié ce que cela faisait réellement, comme si je n'en avais jamais reçu et que je me faisais un monde du mal que j'allais avoir...

Je pris ma douche en ayant tout cela qui me tournait dans la tête, bien consciente que de toute manière, je n'y échapperais pas... Je m'essuyai en douceur, comme pour protéger mon épiderme, et je dus réprimer un sanglot qui me montait dans la gorge, quand je dus enfiler mon pyjama. Il n'y avait pourtant aucun risque tant que Maman ne savait pas, mais cela me remémorait tant d'épisodes où la tenue de nuit était aussi la tenue de fessée...

Je pris un livre et m'étendis sur mon lit, tentant de penser à autre chose, mais la peur de la fessée reprenait le dessus. En me retournant j'avais posé à nouveau la main sur mon fond de culotte, et de sentir ma lune intacte me rassurait.

   
Sentir sous ma main une mappemonde intacte me rassurait,
mais je ne pouvais m'ôter de l'esprit
que j'allais devoir l'exposer sur les genoux maternels... 

La peur me donnait la gorge sèche, et j'allai prendre un verre de jus de pomme dans le réfrigérateur. 
De retour dans la chambre, je me mis devant la glace et fis glisser mon bas de pyjama vers le bas. Je le remontai vite fait, comme si j'avais peur d'être surprise ainsi, mais la maison était encore déserte pour une petite heure.

La sensation de l'étoffe descendant pour dégager ma lune me donnait la chair de poule, mais je recommençai une seconde fois, comme si je me préparais à ce que je craignais. 
La glace me renvoyait une image de deux fesses tremblantes. Je me surpris à leur décocher une petite tape douce, qui me fit sursauter, comme si ce n'était pas moi.
Puis, sans savoir pourquoi, je récidivai mais cette fois avec une vraie claque sur chaque fesse. Rien à voir avec la version de la grande main maternelle, mais quand même, le bruit et un certain picotement m'impressionnèrent...
Cette sensation, je ne l'avais plus connue depuis presque deux mois. Je savais bien pourtant ce qu'était une fessée maternelle, et j'étais même, dans la maison, de loin la mieux placée, par expérience hélas, pour connaître le sujet. Mais, cette fois, je ne sais pourquoi, j'avais l'impression que j'allais recevoir comme la première fessée de ma vie...

Je me rhabillai vite en constatant qu'une petite rougeur apparaissait sous l'impact. En moi, la voix de la raison me disait : "Cela, ce n'est rien Christine, à côté de ce qui t'attend. Et si Maman sait que tu as menti en plus, je ne voudrais pas être à la place de tes fesses..."
Cette pensée me faisait paniquer à l'intérieur de moi, et je commençais à me traiter d'idiote de ne rien avoir dit à Maman.







En baissant mon pantalon de pyjama
et en tapotant mes fesses,
je frissonnais et avais le coeur battant.
J'avais peur comme si j'allais recevoir
la première fessée de ma vie...
 

Je me glissai dans mon lit, pour suivre les instructions maternelles, n'arrivant pourtant pas à lire en attendant le retour de Maman et de mes soeurs. Tout cela me nouait l'estomac, et je ne savais plus quelle attitude adopter...

A 22 h, les petites débarquèrent toutes joyeuses, ravies de leur futur costume de scène, et Maman dut élever la voix pour qu'elles se mettent au plus vite en pyjama et au lit, après une toilette expresse. Sa voix qui haussait le ton contribuait à approfondir mon malaise. J'étais dans le brouillard, incapable de tenir un raisonnement cohérent et non contradictoire, toujours tiraillée par les deux petites voix internes...

Une fois, Aline et Diane bordées et la lumière éteinte, Maman vint me dire bonsoir. Je cherchais à cacher mon trouble, mais le flair maternel opéra, et me déstabilisa. "Tu n'as pas l'air dans ton assiette", me lança-t-elle. "Tu as quelque chose à dire à Maman, ma chérie ?"
Le ton doucereux me fit craquer. Je ne pouvais plus garder mon trouble pour moi seule, et j'éclatai en sanglots, versant immédiatement de grosses larmes. 
Maman commenta : "Ah, je le savais bien..." et cela me débloqua la parole.
Moitié hoquetante, je balbutiai : "Oh, Maman, snif, snif, j'ai, euh, j'ai été, euh, snif, j'ai eu deux, snif, j'ai eu deux heures de colle".
Maman dodelina de la tête : "Ce n'est pas vrai, Christine. Je le sentais, c'est pas Dieu possible. Pas maintenant, pas au troisième trimestre. Et c'est où, et pourquoi donc ?"
Je baissai les yeux et avouai d'une petite voix : "Bah, euh, c'est, euh, en anglais, M'man. Juste pour euh, pour un bavardage".
Maman fulminait : "En anglais, bien sûr, en anglais. Comme si tu ne savais pas que tu dois t'y tenir à carreau encore plus qu'ailleurs. Ce n'est pas vrai, tu cherches vraiment les ennuis, ma fille... Et, on recevra le bulletin de colle quand ?"
Je répondis :  "Euh, sûrement demain par la Poste, je crois."
Maman en conclut : "Oui, si je comprends bien, tu le sais depuis hier. D'ailleurs, j'avais bien senti que quelque chose clochait... Tu t'es bien gardée de m'en parler le jour même... Toujours aussi courageuse, Christine... Tu savais bien ce qui t'attendait..."
Je fondis à nouveau en larmes : "Oh, Maman, Maman, non... Je serai sage, je ne bavarderai plus..."
Elle rétorqua : "Je les connais tes promesses, Christine. Moi, les miennes, je les tiens au moins... Et je vais te passer l'envie de bavarder en classe à nouveau, je te prie de le croire..."
Je psalmodiai : "Non, Maman, non..."
Elle me coupa net : "Allez, assez parlé pour ne rien dire. Il est presque dix heures et demie. Il y a école demain. On réglera nos comptes, quand le bulletin de colle sera arrivé. Dépêche-toi de dormir".
J'avais encore de gros sanglots et je reniflais. Maman me fit me moucher et essuya mon visage : "Sèche donc tes larmes. Cela ne changera rien, ma fille. Tu ferais mieux de les garder pour demain. Et préparer tes fesses aussi..."

 
Maman me fit me moucher et essuya mes larmes.
Mais, ce n'était pas vraiment pour me consoler...
C'était pour me faire comprendre que j'en aurais besoin le lendemain.
Et que je ferais mieux de préparer mes fesses... 


Rien ne sortait d'autre de ma bouche que : "Non, oh, nooon !" 
Maman confirma : "Oh, si, Christine, oh si... Tu y as échappé depuis longtemps, pour ne pas dire trop longtemps. On va remettre les pendules à l'heure. Et, avec toi, rien de telle qu'une bonne fessée pour te rappeler à l'ordre... Tu n'y échapperas pas, Christine, crois-moi... Tes notes qui recommencent à fléchir... En plus de ça, une nouvelle colle pour bavardage, sans oublier le mensonge, puisque Mademoiselle s'est bien gardée d'avouer sa faute dès hier, tu vas t'en souvenir, Christine, de la déculottée qui t'attend demain... Et estime toi chanceuse, parce qu'il est tard et que tes soeurs doivent dormir, sinon je t'en aurais bien donné un petit échantillon dès ce soir..."
Sur ce, Maman se pencha pour me poser un baiser sur le front, et se releva pour sortir de la pièce en éteignant la lumière, et en marmonnant : "Ah, Christine, Christine, tu m'en auras fait voir, toi..."
Inutile de dire que j'eus du mal à m'endormir ensuite... J'avais un poids en moins sur la conscience, car j'avais avoué mon forfait, que je n'avais plus à mentir, mais en même temps, j'avais un autre poids, plus sur l'estomac, qui se nouait en se repassant les mots de Maman en boucle, à propos de cette fessée de cette "déculottée qui t'attend demain". Et que, "par chance", disait-elle, je n'en avais pas eu "un petit échantillon" dès ce soir...
Ma nuit allait être agitée, car dès que je fermais les yeux, ce sont des scènes de fessées qui me revenaient. Avec cette étrange peur, comme rarement j'en avais eue, qui me hantait...


Une fois la lumière éteinte, je cauchemardais encore éveillée,
imaginant à l'avance ma lune dénudée rougissante
sous la claquée maternelle "oubliée" depuis deux mois.

A SUIVRE

dimanche 4 janvier 2015

Chronique d'un redoublement : 79. Enfin un bon carnet, puis la perspective d'un second, mais hélas...

SUITE 78 

Le fait de ramener une de mes meilleures notes de l'année, juste lors d'une semaine qui avait commencé pour moi par une fessée magistrale, et dont mes soeurs, qui plus est, avaient été témoins, ne serait-ce qu'un instant, avait conforté Maman dans l'idée que son intervention avait été efficace, et que, décidément, c'était bien la meilleure méthode pour que je ne retombe pas dans mes travers préférés.

Tata eut même droit, le lendemain, à un condensé explicite de la pensée maternelle, Maman répondant à sa question de savoir si tout allait bien en ces termes : "Oui, je n'ai pas à me plaindre ces jours-ci. Même Christine m'a rapporté deux très bonnes notes. Il faut dire qu'elle avait commencé la semaine par une fessée déculottée, et que cela a dû la calmer pour un moment..."
Entendant cela, j'avais protesté d'un timide : "Maman...", qui accompagnait un léger grognement de désappointement de voir le sujet revenir sur le tapis.
Mais, au lieu de se taire, Maman avait enfoncé le clou : "Voyons, Christine, Tata a bien le droit de savoir comment se comporte sa nièce préférée... Et ce que je dis est bien vrai, non ? Ce n'est pas de ma faute, si tu as besoin d'une bonne fessée de temps à autre... A toi de faire en sorte de ne pas en mériter..."


Maman n'avait pu s'empêcher d'expliquer à Tata 
que mes bonnes notes avaient été précédées
d'une fessée déculottée, et j'avais détourné le regard,
rougissant en me sentant honteuse...


Nous avions aussi rencontré quelques jours plus tard, dans la rue du Collège, la prof de maths, qui venait à nouveau de rendre une interro où j'avais décroché un joli 16 sur 20. Pour une fois, j'abordais cette rencontre de façon détendue, moins stressée que dans bien d'autres rencontres entre Maman et mes profs...
La prof fut d'ailleurs très positive, estimant que je travaillais bien, et que je retrouvais la place qui aurait dû toujours être la mienne, parmi les bons élèves.
La seule chose, le seul bémol, de cet avis fut que la prof ajouta : "Votre fille est intelligente et vive. Elle a juste parfois le défaut de ses qualités, vive à comprendre, vive aussi parfois à bavarder ou à vouloir faire rire les autres, mais moins ce trimestre, semble-t-il".
Maman acquiesça, globalement satisfaite, mais ne put s'empêcher de répondre : "Oui, je sais bien. Christine n'écoute pas toujours, et j'enrage quand elle gâche un peu ses chances. Hélas, il faudrait toujours être derrière elle. Mais, si ce trimestre est bien parti, c'est ce qu'il faut, et je lui répète assez combien c'est important. J'ai d'ailleurs fait ce qu'il fallait pour qu'elle comprenne, vous savez..." Et elle accompagna ces mot d'un geste de la main assez facile à décrypter...
La prof eut un petit sourire ironique, et commenta : "En tout cas, l'essentiel est que cela fasse de l'effet, et j'espère que Christine vous ramènera encore de nombreuses bonnes notes."
Maman conclut : "Oui, je crois qu'elle l'a compris. Mais, vous pouvez compter sur moi pour surveiller ça de près. Et n'hésitez pas à me prévenir si vous constatez un relâchement. Je préfère réagir vite que d'avoir de mauvaises surprises."  
Inutile de dire que je n'étais pas fière, même si Maman n'avait pas employé le mot fessée... J'étais certaine que la prof avait bien compris...


En discutant avec la prof de maths, rencontrée dans la rue,
Maman lui avait bien expliqué qu'elle était très attentive
à mon travail et n'hésitait pas à réagir
dès que nécessaire, comme très récemment...
Maman n'avait pas dit explicitement comment... 
mais le petit geste esquissé de la main, paume ouverte,
voulait tout dire... 
Je me serais volontiers caché dans un trou de souris en entendant ça... 


Heureusement pour moi, ce dernier trimestre s'était entamé sur de bons résultats, et cela avait tendance à durer. Il faut se rappeler que l'année précédente, c'est à ce moment-là que Maman avait repris les choses en main, comprenant que j'allais vers un redoublement. Si cela s'était quand même soldé par un échec, c'était pour bonne part pour des questions de discipline, mais cette partie du programme annuel était bien celle que j'avais le plus assimilée, notamment en raison d'interventions maternelles fréquentes, dont chacun devinera la teneur...

En conséquence, et ne doutant pas un instant que les menaces maternelles étaient plus que sérieuses, je passai plusieurs semaines à travailler régulièrement, et à bénéficier de mes acquis de la première Cinquième, pour accumuler une série de résultats allant d'encourageants à bons, voire certains très bons.

Maman n'en continuait pas moins à être très attentive, à tout vérifier, à rappeler qu'elle ne tolérerait aucun faux pas. Et cela semblait lui réussir, puisque mes soeurs aussi avaient plutôt des résultats satisfaisants, Diane en premier bien sûr, mais aussi Aline qui s'en sortit avec une seule fessée durant les cinq premières semaines.

Pour une des premières fois depuis longtemps, j'avais ramené mon carnet de notes mensuel sans stress, récoltant presque des félicitations, où je sentais bien quand même que Maman considérait que sa méthode n'y était pas pour rien...


J'étais sortie du collège comme sur un petit nuage,
tellement heureuse de ramener un carnet de notes, 
sans la moindre véritable fausse note...
Maman pensait que c'était pour bonne part 
le fruit de ses méthodes, mais qu'importe,
 puisque l'accalmie durait et durait...


Qu'importe, puisque je m'en sortais sans anicroche, et j'entamai le deuxième mois, l'avant-dernier de cette année scolaire, très confiante.Oui, j'étais sur mon petit nuage, appréciant chaque jour supplémentaire sans fessée comme une victoire quotidienne ! Avec, toutefois, mais on ne se refait pas, comme une sorte d'excès de confiance, dans la mesure, où je me sentais tellement bien partie sur de bons rails, que je m'imaginais finir l'année scolaire en beauté, et commençais à croire ne plus rien risquer...

Or, Maman veillait toujours au grain, et connaissait sa fille parfaitement, sachant parfois, lorsque je me montrais un peu trop sûre de moi, me rappeler à l'ordre dans le genre : "Attention Christine, tes quelques bons résultats ne te mettent pas à l'abri de tout problème... Ce n'est pas parce que tu y as échappé depuis longtemps que je ne pourrais pas m'occuper bientôt de tes fesses..."

Et c'est vrai que j'avais tendance à me faire redire deux fois les choses avant d'obéir, à devenir un peu plus moqueuse, à mon tour, vis à vis de mes soeurs, ou à grogner pour des futilités, qui faisaient entrer Maman dans un discours que je connaissais bien, et qui se caractérisait par des "Oh, toi si tu continues..." ou bien, "Christine, on dirait que tu cherches les ennuis". Des situations que je pourrais apparenter à celle du vase qui se remplit de petits motifs, mais qui pourrait bien déborder un jour prochain, sans que ce soit pour un motif grave...

Mais, tant que j'avais de bons résultats, je demeurais plutôt dans l'insouciance, alors que, du côté maternel, je crois que l'impression que j'y avais échappé "depuis longtemps" prenait un sens de plus en plus concret...

Cinq semaines, c'était déjà "longtemps", mais quinze jours de plus, et donc sept semaines, pour moi, c'était un vrai bonheur, alors que pour Maman, c'était beaucoup, et cela lui faisait se demander si je n'avais pas réussi à lui cacher quelques bêtises, ou à la berner par quelques mensonges, tant ce répit devenait presque suspect à ses yeux.


Je sentais bien que pour Maman, ces sept semaines sans incident,
paraissaient presque suspectes, 
tant elle se demandait si je ne lui cachais pas des choses...
Et, elle accompagnait les quelques remarques qu'elle avait à me faire
par des menaces non voilées... me rappelant
qu'elle pourrait bientôt s'occuper à nouveau de mes fesses...

Moi, j'y croyais toujours, d'autant que les notes de ce deuxième mois continuaient à être au dessus de la moyenne, sans être toutes brillantes, mais suffisamment pour m'éviter de nouveaux désagréments...

Il y eut pourtant une alerte, avec un 8,5 sur 20 en rédaction, une de mes matières fortes, note accompagnée d'un "Le sujet aurait pu être mieux travaillé". Une de ces annotations comme le célèbre "Peut mieux faire" qui avait le don pour énerver Maman...

Cela restait une note présentable, qu'à certains moments où cela allait mal on aurait presque trouvé encourageante, mais dans un dernier trimestre où le deuxième mois allait se terminer sans anicroche, ce 8,5 sonnait comme un avertissement, heureusement sans frais : "J'espère, Christine, que ce n'est pas le début d'un relâchement. Je veux bien considérer que c'est juste un faux pas, mais l'appréciation de ta prof semble dire que tu n'as pas assez travaillé... Et, avec toi je me méfie, je sais que les bonnes périodes ont toujours une fin... Ce n'est vraiment pas le moment de ne plus faire d'efforts... Je veux bien passer pour cette fois, mais ne t'avise pas de faire des tiennes à nouveau, sinon tu sais ce qui t'attend..."

La menace, main levée, paume ouverte de Maman n'avait pas besoin d'être plus explicite... Je savais qu'elle s'adressait à mon bas du dos...


Ce 8,5 sur 20, première note en dessous de la moyenne ramenée
depuis près de deux mois, avait alerté la vigilance maternelle, 
le commentaire de la prof disant que j'aurais pu "mieux faire",
était du genre à énerver Maman, craignant un nouveau relâchement...
J'en avais été quitte pour un sermon maison, avec un avertissement plus que clair...
La prochaine fois, il n'y aurait pas de clémence...
Je n'aurais qu'à préparer mes fesses...


Mais, en Christine confiante que j'étais, je savais qu'il n'y avait plus qu'une semaine avant le carnet de notes du deuxième mois de ce dernier trimestre, et qu'il serait bon, hormis ce léger faux pas du 8,5. 

Cela me rendait même quasiment euphorique, en retournant au collège, le lundi de cette dernière semaine de mai. Euphorique et confiante, tellement que j'ai su répondre sans faute quand la prof d'anglais m'a envoyée au tableau pour faire un exercice de conjugaison. Revenue à ma place, j'étais ravie, comme si j'avais joué un mauvais tour à Mlle Paule, dont je sentais parfois qu'elle m'interrogeait exprès quand elle me sentait peu sûre de moi.

Les trois filles suivantes passant au tableau furent moins bien notées que moi, et j'en riais sous cape, et même plus ou moins ouvertement, en me permettant de chuchoter des commentaires à l'oreille de ma voisine... Ce que la prof repéra, une première fois, me faisant une remarque. Mais, comme je récidivai cinq minutes avant la fin du cours, je l'entendis lancer : "Ca suffit, Mlle Spaak. Puisque vous avez tant envie de rire et de bavarder, vous viendrez le faire pendant deux heures de colle !" Je restai bouche bée, j'avais l'impression que le ciel venait de me tomber sur la tête... Et il ne me fallut pas deux secondes pour imaginer ce que cela signifiait pour moi... Après quasiment deux mois de clémence maternelle, je n'avais pas l'ombre d'un doute sur ce que serait la réaction de Maman... 
   
A SUIVRE

samedi 29 novembre 2014

Chronique d'un redoublement : 78. Du sermon à de nouvelles promesses, malgré de bonnes notes...

SUITE 77 

Maman avait tiré la porte derrière elle sans la fermer, et je l'entendis demander aux petites de rester tranquilles jusqu'à ce qu'elle nous appelle pour le diner.
Puis, comme elle redescendit l'escalier, j'allai pousser la porte et la fermer pour me sentir plus à l'abri. J'avais fait les trois pas en titubant à moitié, tremblante que j'étais encore, et je retournai vers mon lit, où je m'affalai la tête dans l'oreiller, reprise de gros sanglots.
J'avais l'impression d'avoir un radiateur en bas du dos, ma lune écarlate rhabillée irradiant sous mes vêtements.


Je restai un long moment, allongée sur mon lit,
pleurant encore, et sentant la chaleur de ma lune,
qui irradiait sous mes vêtements remis à la hâte... 
 

Je glissai un instant ma main dans ma culotte par derrière, et le contact de ma paume apaisa un peu la chaleur.
J'avais peur que Maman nous appelle tout de suite, alors que j'avais encore des larmes plein les yeux.
Heureusement, il se passa un petit quart d'heure, avant que sa voix ne résonne du bas de l'escalier.
Inutile de dire qu'Aline et Diane furent les premières à table, jouant les petites filles modèles, et guettant l'arrivée de leur ainée, avec des yeux pétillants.
Il fallut un second appel maternel pour que je quitte ma chambre et me dirige vers la cuisine, après avoir essuyé mes larmes, puis contrôlé ma tenue devant la glace et tenté de rectifier ma coiffure ébouriffée.


Appelée par deux fois par Maman, je tentai de me refaire 
un visage présentable, séchant mes larmes,
et rectifiant devant la glace ma coiffure ébouriffée... 

Je me sentais vraiment honteuse sachant que mes soeurs m'avaient non seulement entendu recevoir la fessée, mais m'avaient surtout vue aussi les fesses à l'air...
Je craignais en prime les réflexions maternelles, mais elles ne furent pas trop nombreuses, même si Maman ne put s'empêcher de faire deux ou trois allusions du genre : "Aline et Diane, j'espère ne rien avoir à vous redire, sinon vous savez que je ne plaisante pas. Vous avez bien vu ce qui est arrivé à Christine..."
Mais je fis profil bas, ne disant quasiment rien de tout le diner, heureuse quand Maman demanda à Aline de l'aider à débarrasser, nous renvoyant Diane et moi dans nos chambres. Ma petite soeur en profita, sur le palier du haut, pour me décocher une grimace, et un petit geste de la main vers son bas du dos qui singeait à l'évidence ce qui m'était arrivé, mais je me retins, sachant que je ne gagnerais rien à me plaindre, car Maman n'ayant rien vu aurait eu tendance à avoir un jugement de Salomon.


Dans le couloir, à l'abri du regard maternel,
Diane la moqueuse me montra furtivement son fond de culotte,
faisant un petit geste de la main qui voulait tout dire...

Je me réfugiai dans ma chambre, vérifiant mes affaires pour le lendemain, et prenant un livre scolaire pour me changer les idées, et ne pas trop repenser à mon bas du dos...
Vingt minutes plus tard, Maman vint éteindre aux petites d'abord, et je ne tendis même pas l'oreille pour savoir ce qu'elle leur disait, trop persuadée que j'étais qu'elle en profiterait pour leur rappeler que leur tour pourrait venir aussi, si elles suivaient mon exemple...
Je me contentai du sermon qu'elle ne manqua pas de me faire avant de me dire "bonne nuit". Cela commença par un encouragement à bien faire, Maman remarquant que j'avais bien préparé mes affaires et que je révisais mes leçons avant de me coucher. Mais, son "C'est bien, ma chérie, tu vois, quand tu veux", ressemblait à s'y méprendre à un "Tu vois qu'une bonne fessée te remet dans le droit chemin", qui devait être le fond de sa pensée.
Et, une fois que je fus sous les draps, elle se rassit au bord du lit, me débitant sa leçon de morale. "J'espère que tu auras compris cette fois, Christine. Cela faisait quelques jours que tu la cherchais cette fessée... Alors, ne te plains pas... Tu n'as eu que ce que tu méritais... Je t'avais assez prévenue ma grande. Ce trimestre surtout, je ne plaisanterai pas avec la discipline, ni avec le travail... A toi de faire en sorte de ne plus te retrouver sur mes genoux, Christine... Parce que, moi, tu peux me croire, je ne changerai pas de méthode..."
Je tentai de supplier, de plaider l'indulgence maternelle, me remettant à sangloter en disant : "Oh, Maman, non, c'est trop dur, tu sais..."
Mais la réponse ne fit que confirmer cette détermination maternelle : "Oui, Christine, oui, je me doute bien que c'est dur, mais une fessée de Maman ce n'est pas une fessée pour de rire... Tu le sais bien, depuis le temps, ma grande. Et la bonne déculottée de ce soir te l'a rappelé, si tu l'avais déjà oublié depuis la dernière... En tout cas, j'espère que cela va te faire réfléchir avant que tu ne refasses des tiennes... Mais, mets-toi bien cela dans la tête, Christine : la prochaine fois que tu me réponds, la prochaine mauvaise note, le prochain mensonge ou je ne sais quoi, et tu n'auras qu'à préparer tes fesses... Penses-y bien en t'endormant, Christine... Il ne faudra pas venir te plaindre quand je te coucherai à nouveau sur mes genoux... Il sera trop tard quand je baisserai ta culotte, ma fille, et tu sais que Maman saura te rougir les fesses comme ce soir..."




Le sermon de Maman à l'heure du coucher, avait de quoi m'inquiéter...
Il m'invitait déjà à "préparer mes fesses" pour une prochaine déculottée
qui ne manquerait pas de m'arriver, 
dès la prochaine mauvaise note, heure de colle,
ou le moindre mensonge... 


Inutile de dire que j'y ai bien repensé, en tentant de m'endormir, revivant ce moment comme avec des images tournant en boucle dans ma tête. Mais si je repensais, presque en la revivant, à cette déculottée magistrale, ces sensations se doublaient de nouvelles angoisses, tant le discours de Maman était clair, tant dans son sermon, elle disait clairement : "quand je te coucherai à nouveau sur mes genoux" ! Et j'avais bien conscience que c'était à coup sûr encore écrit dans mon destin...
Ce qui est sûr, c'est que je prenais cette menace très au sérieux, et je ne doutais pas que si mes quelques réflexions déplacées et ma mauvaise humeur m'avaient valu une fessée magistrale, mieux valait ne pas ramener de mauvaise note ou autre motif à caractère scolaire, car cela aurait signifié sans coup férir le retour sur les genoux maternels...
Et cela m'inquiétait d'autant plus que la vision fugace, mais néanmoins bien réelle, qu'avaient eu mes soeurs de ma fessée me mettait encore plus mal à l'aise, donnant à leurs petites moqueries en douce comme une intensité renouvelée. Ce n'était pas un vague ou ancien souvenir qu'elles évoquaient en riant sous cape, mais bien la couleur de mes fesses exposées sous leurs yeux, là, en début de cette soirée...


Ce qui me gênait en devinant que mes soeurs riaient sous cape,
c'était qu'elles ne se moquaient pas d'une vague scène
qu'elles auraient, comme parfois, devinée de l'autre côté du mur,
 mais bien de leur grande soeur qu'elles avaient vu,
rapidement, mais réellement,
étalée la lune rougie sur les genoux d'une Maman en pleine action...



Toujours est-il que je me tins à carreau dès le lendemain... Il est vrai que le travail de révision accompli pendant les vacances portait ses fruits, et aussi qu'en ce début de troisième trimestre, je retrouvais un programme qui correspondait à la période où l'année précédente Maman avait commencé à s'inquiéter, et où j'avais redonné un petit coup de collier, avant un ultime relâchement qui avait été fatal, puisque provoquant mon redoublement.
Donc, ayant plutôt correctement travaillé l'année d'avant, sur ces quelques semaines du moins, grâce à quelques interventions maternelles que l'on devine, je constatai avec soulagement que j'allais pouvoir ramener de quoi rassurer Maman, côté notes du moins...
Cela ne manqua pas, avec un 14 plus qu'encourageant en français, suivi deux jours plus tard d'un 17 en maths, que je montrai très vite en rentrant à la maison, très fière de moi.

Maman me félicita, mais ne manqua pas de remarquer : "Je constate que lorsque tu as de bonnes notes, ma chérie, je n'ai pas à regarder moi-même dans ton cartable. Ca, au moins, tu ne le caches pas..."
Et, comme j'aurais dû m'en douter, Maman s'attribua bonne part de mon résultat, en commentant devant mes soeurs : "En tout cas, la bonne fessée de l'autre soir a fait de l'effet. J'en suis ravie, et j'espère qu'il y aura d'autres bonnes notes à venir, Christine... Oui, je l'espère pour toi, ma fille... Sinon, tu sais bien ce qui t'attend, ma grande..." Et elle avait ponctué sa dernière phrase en tapotant ses genoux, puis en montrant sa main droite ouverte, un geste qui disait bien ce que mes soeurs et moi avions bien compris...


Le comble de la situation, c'était que je venais de ramener 
une de mes meilleures notes de l'année, mais que Maman était persuadée
que cela était, pour bonne part, dû à la fessée de l'autre soir.
Et, si elle me félicitait, c'était sans omettre de rappeler ses menaces...
Comme si ma bonne note à peine connue, 
chacun imaginait déjà ma prochaine déculottée...



Aline et Diane se retenaient de rire, en me regardant avec des yeux qui pétillaient de malice. C'était quand même un monde : je venais de ramener une de mes meilleures notes de l'année, et si j'avais été, c'est vrai, gentiment félicitée, Maman n'en était pas moins persuadée que ma déculottée du début de semaine m'avait poussée à bien travailler... Une conclusion qui justifiait pleinement ses principes éducatifs, à tel point que Maman expliquait déjà à ses trois filles réunies, que si je ne poursuivais pas mes efforts, je n'avais qu'à préparer mes fesses... Et nous savions toutes trois ce que cela signifiait, Aline et Diane pour m'avoir vue culotte baissée sur les genoux maternels, et moi pour avoir, encore comme résonnant en moi, le bruit, la douleur et les pleurs d'une fessée comme Maman savait si bien les donner...

A SUIVRE

jeudi 23 octobre 2014

Chronique d'un redoublement : 77. Le pronostic était hélas bon, la prochaine fessée était pour moi.

SUITE 76

Le problème, quand on se sent observée, lorsque l'on sait que l'on a déjà bien tiré sur la corde, et que la patience maternelle a des limites, c'est que cela n'aide pas à être détendue ou insouciante...
La plus petite remarque vous fait sursauter, et l'on ne peut pas s'enlever de l'esprit que, derrière le moindre regard noir, il y a une mère qui pense tellement fort qu'on le lirait sur ses lèvres : "Toi, ma grande, tu ne perds rien pour attendre..."

Il faudrait alors comme "un miracle" pour repartir à zéro, pour que tout soit effacé, mais nous avions beau être élevées dans le respect de la religion catholique, je me doutais bien qu'implorer Notre Dame de Lourdes était inutile et, en tout cas, bien trop tard pour me sauver...

Je débutai donc le troisième jour de ce troisième trimestre d'humeur grincheuse et tendue. Et la première alerte de ce mercredi arriva dès le petit-déjeuner, où Diane s'ingénia à me chercher querelle en douce, puis à me demander de lui passer confiture, lait, jus d'orange, avec une petite voix d'enfant sage et polie, jusqu'à ce que je lui réponde : "T'as qu'à te servir toi-même", d'un ton agacé. 

 
Dès le petit-déjeuner, Maman m'avait menacée
de me "calmer" à sa manière...
Inutile de préciser ce que cela voulait dire... 

La réplique maternelle fusa : "Christine, tu peux quand même aider ta soeur quand elle te le demande. Et, qu'est-ce que c'est que ce ton ? Si tu es énervée, je vais te calmer à ma manière. On dirait vraiment que tu cherches les ennuis, ma fille. Mais, je te prie de croire que tu vas les trouver..."

Je filais assurément un mauvais coton, et j'en devenais vraiment nerveuse. J'avais l'impression que, quoi que je fasse, cela ne servirait à rien, et que les nuages s'amoncelaient au dessus de ma tête, pour ne pas dire que cela sentait l'orage...

Une ou deux remarques à midi me rappelèrent que j'étais bien dans le collimateur maternel, et le fait que je les prenne de manière désabusée, presque fataliste, sans réagir, n'arrangea pas mes affaires, Maman n'appréciant pas d'avoir l'impression de parler dans le vide. Et cela me valut une réflexion : "Attention, Christine, il ne faudra pas te plaindre s'il t'arrive des ennuis. Je ne vais pas supporter ton attitude longtemps".

Connaissant Maman, je savais bien que ses menaces n'étaient pas des paroles en l'air, et que mieux valait filer doux, car elle n'était pas du genre à dire dix fois les choses avant d'agir. D'un autre côté, la situation m'énervait passablement, chaque menace faisant monter mon angoisse, alors que, de leur côté, je sentais bien que mes soeurs riaient sous cape de voir leur aînée en situation délicate...

Et ladite situation se gâta même plus vite que je ne le pensais...

En fin d'après-midi, Jeannette, la couturière à laquelle Maman faisait appel était venue à la maison pour prendre des mesures et récupérer divers travaux à faire. Econome, Maman récupérait parfois quelques vêtements que lui donnait (en échange de quelques pots de confiture) une amie dont les deux filles étaient plus âgées que moi, de deux et quatre ans.

Un élastique à reprendre, un ourlet à rajuster, il suffisait souvent de pas grand chose pour que la jupe, le pull ou le chemisier m'aille ensuite. Mes petites soeurs récupéraient bien certaines de mes affaires, cela était logique que l'on profite de quelques occasions, d'autant que c'était en général des vêtements de bonne facture.





 Etant donné la tension qui régnait entre Maman et moi,
j'avais du mal à me résoudre à cette séance d'essayage.
Enfilant les vêtements à retoucher à la va-vite,
je craquai légèrement une couture... 


Reste que, pour moi, autant parfois j'étais ravie de ce qui était proposé, autant d'autres fois, cela ne me plaisait guère.

Ce soir-là, tendue comme je l'étais, je me montrai plutôt rétive à cette séance d'essayage improvisée dans le salon. Maman n'apprécia pas une réflexion que je fis sur une des robes, puis que je l'enfile sans faire attention, et en craquant légèrement une couture. 
Jeannette (qui devait avoir un nom de famille, mais que j'ai toujours entendu appelée par son seul prénom) vit bien que Maman s'énervait, et minimisa le dommage : "Ce n'est rien, Mme Spaak, juste deux petits points à refaire", mais Maman n'était pas de cet avis. D'autant que, dans la foulée, je grommelai à mi-voix à propos de cette robe : "De toute façon, j'la mettrai pas".

Maman ayant l'ouïe fine, haussa le ton : "Non, mais, Christine, tu te crois où ? Ici, c'est moi qui commande, pas toi. Et je vais te le rappeler à ma manière. On en reparlera tout à l'heure quand Jeannette sera repartie. Mais, tu ne perds rien pour attendre, crois-moi".

Je suppliai, consciente de ce que Maman me promettait : "Mais, non, Maman, je ferai tout comme tu veux... Je la mettrai cette robe, promis. Tu sais, euh..."

Elle ne me laissa pas en dire plus : "C'est trop tard, Christine. Depuis le temps que tu me cherches, tu n'auras que ce que tu mérites". Et, constatant que c'en était fini pour les essayages me concernant , Maman me congédia : "Allez, file donc dans ta chambre. Je vais venir m'occuper de ton cas, dès que j'en aurai fini avec Jeannette".



Ma réflexion avait été la goutte d'eau qui faisait déborder
le vase de la colère maternelle. Devant Jeannette, elle m'annonça
que je n'avais qu'à préparer mes fesses 
et m'expédia l'attendre dans ma chambre...

Je me rhabillai et quittai le salon sans demander mon reste, mais je tendis l'oreille depuis le couloir avant de monter à l'étage vers ma chambre. La couturière, qui avait deux jupes de Maman à retoucher, tenta de plaider ma cause, en disant : "Vous savez, ce n'est pas si grave. A son âge, Christine peut encore faire des caprices, ce n'est pas très méchant..."

Maman ne se laissa pas infléchir pour autant : "Si ce n'était qu'un caprice, Jeannette, je comprendrais, mais Christine cherche vraiment les ennuis. Elle redouble déjà sa Cinquième, et il n'est pas question qu'elle n'en fasse qu'à sa tête. De toute manière, cela fait plusieurs jours qu'elle y échappe de justesse. Je vais remédier à cela, et pour cela, il n'y a rien de tel qu'une bonne fessée pour calmer ma grande..."

Je ne cherchai pas à en entendre plus, je venais d'avoir la confirmation de la manière dont Maman allait "s'occuper de mon cas", même si je n'avais guère de doute. Ce qui me chagrinait le plus, et me faisait mal au coeur, c'est que Jeannette ait eu, de son côté, l'explication de texte, et qu'elle sache ce qui m'attendait après son départ. Et, comme elle était efficace, et reviendrait sûrement, d'ici un jour ou deux, ramener les habits retouchés, j'imaginais déjà que je n'échapperais pas à quelques regards curieux ou à des allusions sur ce qui me serait arrivé entre temps...

Supportant difficilement les regards amusés de mes soeurs qui jouaient sur le palier et avaient tout entendu, quand Maman avait haussé le ton, je me réfugiai dans ma chambre, laissant la porte un rien entrouverte pour guetter le départ de Jeannette.

Les deux femmes papotèrent plus que je ne l'imaginais, croyant à chaque minute que Maman allait monter...

Cela dura une demi-heure, et je commençais à espérer que le laps de temps aurait permis à Maman de se calmer, mais il n'en était rien. A peine la porte d'entrée refermée, et Jeannette partie, que Maman appela Aline et Diane qui, jouant les petites filles modèles, comme toujours en pareille circonstance, dévalèrent l'escalier pour s'entendre dire : "Dites, les filles, il faudrait ranger vos affaires qui sont au salon, et vous mettrez la table pour le dîner dans la cuisine. Et je ne veux rien entendre, c'est compris ?"
Le "Oui, Maman, promis", qu'elles lancèrent à l'unisson avait un ton presque enjoué, qui me fit grimacer, imaginant ce qu'elles pensaient à ce moment...
La confirmation vint de la bouche maternelle : "Bien, en attendant, je vais aller régler mes comptes avec Christine..."



 


Maman avait informé mes soeurs qu'elle montait "s'occuper" de moi. 
Ses pas dans l'escalier, c'était comme si
j'entendais ma fessée venir à moi... 

Les pas de Maman dans l'escalier me firent battre le coeur très vite. Des larmes me montèrent aux yeux, au moment où elle pénétra dans ma chambre, laissant la porte ouverte derrière elle, comme si elle voulait entendre ce qui se passait en bas.

Je balbutiai en reniflant : "Pardon, Maman, je ferai tout comme tu veux...".

Elle rétorqua : "Je l'espère bien, Christine, je l'espère bien, mais pour l'instant je vais d'abord m'occuper de tes fesses... Allez, viens ici, je n'ai pas de temps à perdre...", dit-elle en tapotant sur ses genoux, après s'être assise au bord de mon lit...

J'avançai lentement, suppliant : "Non, Maman, pas la fessée, non !"

Mais son ton ne souffrait aucune contestation, et me faisait comprendre que mieux valait obéir : "Ne joue pas les étonnées, Christine. Tu sais bien depuis dimanche soir que cela te pend au nez. Tu as eu largement le temps de préparer tes fesses. Je t'ai laissé ta chance, tu as continué à n'en faire qu'à ta tête et à te montrer désagréable, voire insolente. Maintenant, tu vas le payer, ma fille..."

C'est vrai que j'avais eu tellement peur après mon "Tais-toi donc" de l'autre soir, peur qu'elle me déculotte sur le champ, que me retrouver prête à plonger en travers de ses genoux seulement maintenant, rendait le discours maternel crédible, comme si c'était normal de devoir payer pour mes fautes...

Je fis donc l'avant-dernier pas sans réfléchir davantage, avant que Maman ne me saisisse par le poignet, et me bascule en travers de ses cuisses...

J'eus droit à un : "Bon, tu vois quand tu veux", pendant que, de ses mains expertes, Maman remonta ma jupe au dessus de ma taille, et s'employa à baisser largement ma culotte...


Maman avait dégagé ma jupe et baissé ma culotte.
Tétanisée, trop consciente qu'elle me pendait au nez
depuis plusieurs jours, je m'étais avancée vers ses genoux 
presque sans résister...  

La porte étant ouverte, j'implorais le pardon maternel à voix feutrée, bien consciente qu'Aline et Diane tendaient l'oreille en bas.

"Ah, Mademoiselle répond à sa mère. Ah, Mademoiselle est de mauvaise humeur depuis la rentrée. Eh bien, Maman va la calmer, et lui donner ce qu'elle mérite", lança Maman après avoir bien rajusté ma position et avant de décocher les premières claques.

Déterminée, elle débuta cette fessée sur un rythme soutenu. Je tentai un moment de retenir mes cris, alors que le bruit des claques résonnait dans la maison, mais je fus vite en larmes, haletante, gémissante, suppliante, quand je ne poussais pas des petits cris aigus.

Maman s'aidait de la voix en poursuivant : "Ah, tu l'as bien cherchée cette fessée. Ce n'est pas faute de t'avoir prévenue, mais puisque les avertissements ne suffisent pas, je vais te rappeler ce qui arrive aux désobéissantes et aux effrontées, moi ! Tiens, tiens et tiens..."

Maman ne rigolait pas. La tannée était efficace et avait rapidement transformé mon bas du dos en lune incandescente. Assurément, la volonté maternelle était d'aller plus loin que de me faire payer ma mauvaise humeur et mes répliques irrespectueuses. D'ailleurs, après plusieurs séries de claques sonores et bien ciblées, entrecoupées de petites phrases en forme de sermon, le discours de la correctrice remit l'événement dans le contexte scolaire. Et Maman, d'insister : "Tiens, Christine, tiens ! Et que cela te serve de leçon aussi en ce début de trimestre... Tiens, tiens, tiens... Tu sais bien que je ne tolérerai aucune mauvaise note, aucune heure de colle, aucun mensonge... Tiens, tiens, tiens... Sinon, je n'hésiterai pas, Christine... Tiens, tiens, tu la sens cette fessée, comme elle claque bien tes fesses... Tiens, tiens... Eh bien, ce sera pareil, Christine, pareil, la culotte baissée, sur les genoux de Maman, jusqu'à ce que tu comprennes, Christine..."

Pendant que Maman débitait ce monologue menaçant, des pas résonnèrent dans les escaliers. Et, deux têtes apparurent dans l'entrebâillement de la porte. "Ca y est, M'man, c'est rangé en bas, et la table est mise. On peut aller jouer dans notre chambre ?", demandèrent mes soeurs, les yeux grand ouverts sur la scène qu'elles avaient devant les yeux.

Maman rétorqua : "Allez, filez-donc, si vous ne voulez pas prendre la place de votre grande soeur, dès que j'en aurai fini avec elle..."



Maman avait expédié Aline et Diane dans leur chambre.
Mais, en s'arrêtant devant la porte ouverte de la mienne,
elles avaient pu enregistrer la scène de leur ainée
recevant la fessée déculottée...

La menace eut l'effet désiré, puisque Diane et Aline disparurent , non sans bien avoir enregistré le tableau dont j'étais l'héroïne involontaire...

Ayant légèrement glissé des genoux maternels durant cet intermède fortuit, Maman me remonta en bonne position, regardant ma lune écarlate, et commentant : "Bon, voilà des fesses bien rouges, Christine. J'espère que tu retiendras la leçon..."

Je suppliai : "Oui, Maman, promis. Oui, arrête, ça suffit..."

Mais, elle ne m'avait pas remise en position pour rien, et la réplique fusa : "C'est Maman qui décide si c'est fini ou pas, Christine... Tiens, tiens, tiens et tiens ! J'aimerais bien, en effet, que tu retiennes la leçon... Cela vaudrait mieux pour toi, ma fille.... Tiens, tiens, tiens... Cela vaudrait mieux, si tu ne veux pas te retrouver souvent les fesses à l'air pour que je te les rougisse comme elles le méritent... Tiens, tiens, et tiens, prends donc encore ça, ma grande, et dis-toi bien que je recommencerai autant de fois qu'il le faudra, Christine, autant de fois... Tiens, tiens, tiens et tiens !"

Maman avait accompagné son discours de claques encore plus sonores et fortes qu'au début. Ce final me fit crier et supplier, sans retenue, malgré la porte ouverte qui devait propager le moindre son de cette tannée magistrale.




J'étais éreintée, à l'issue de cette fessée magistrale,
le visage ruiné de larmes,
pleurant à gros sanglots au terme de cette première fessée du trimestre 

Les dernières claques données, Maman relâcha son étreinte, et je tombai à genoux, m'agrippant à ses jambes en pleurant à gros sanglots. De sa main droite redevenue douce, Maman caressa un instant le haut de ma tête, puis écarta mes cheveux qui cachaient en partie mon visage, disant : "Allez, c'est fini, Christine. Sèche tes larmes et rhabille-toi. On va bientôt diner".

Puis, Maman se releva, me laissant encore à genoux, toute dépenaillée. Ma jupe était retombée en partie sur ma lune, mais la culotte était restée à hauteur des genoux, entravant un peu ma tentative de me relever. Je chancelais et me retrouvai devant la glace de mon armoire, qui reflétait l'image d'une sorte de poupée de chiffon mal fagotée, défaite et décoiffée.

Le temps de bien remonter ma culotte, j'aperçus mes deux fesses écarlates, et les cachai bien vite, cherchant déjà à trouver le moyen de faire bonne figure quand il allait falloir redescendre pour le diner, et le partager avec deux soeurs qui m'avaient vue sur les genoux de Maman, culotte baissée, offrant à sa juste colère deux fesses rougissant sous les claques de la fessée maternelle...


A SUIVRE

jeudi 2 octobre 2014

Chronique d'un redoublement : 76. D'une fin de vacances calme à une angoisse qui monte...

SUITE 75

Il restait encore une semaine de vacances avant d'entamer le dernier trimestre, et chacune des trois soeurs avait eu droit à un passage sur les genoux maternels, sans que le traitement ait été égalitaire, du fait de l'âge ou des motifs et circonstances, mais globalement Maman avait recadré ses trois filles, en faisant bien passer son message...
Il n'était pas question cette fois que la fin d'année scolaire soit marquée par une quelconque surprise, et chacune d'entre nous avait bien compris que rien ne nous serait passé...

Au lendemain de ma tannée dominicale, Maman nous fit travailler encore plus, surtout Aline et moi, mais Diane également dut faire des devoirs et des révisions tous les jours.
Mieux valait ne pas tenter le diable, et nous avons fait de notre mieux, évitant de rechigner et essayant de nous appliquer, ce qui ne faisait finalement que convaincre Maman qu'elle était dans la bonne voie...

Je l'entendis d'ailleurs discuter avec une autre Maman rencontrée dans la rue, et préciser : "Je n'ai pas à me plaindre. Cette semaine, mes filles sont plutôt calmes et travailleuses. Il faut dire que j'ai fait ce qu'il fallait. Rien de tel qu'une bonne fessée pour les ramener à la raison".
La dame, voyant que j'avais baissé la tête, et froncé les sourcils, demanda si cela concernait "même Christine", et Maman rétorqua : "Même Christine, bien sûr. Pour ne pas dire surtout. Vous savez, je n'ai pas envie qu'elle perde encore une année, et je dois dire qu'une bonne déculottée de temps à autre, c'est encore ce qu'elle comprend le mieux..."

Vous imaginez qu'entendant cela, je fulminais et me sentais honteuse.



La conversation avec la dame rencontrée en ville 
me fit me sentir honteuse comme rarement.
Dans le regard de la dame, j'avais l'impression
qu'elle m'imaginait sur les genoux maternels...

Heureusement, la semaine passa sans véritable anicroche, même pour Aline qui y échappa de peu, mais montra pas mal de bonne volonté dans son travail. Diane prit toutefois une gifle pour un mouvement de mauvaise humeur, mais se garda bien de persister pour ne pas fâcher davantage Maman.

Seul bémol de cette semaine de répit fessier, à mon point de vue, c'est que je demeurais la dernière à avoir été punie, et je dus entendre, toute la semaine durant, les quelques avertissements donnés par Maman s'y référer, du style : "Aline, tu sais ce qui est arrivé à ta grande soeur, dimanche... Tu veux la même déculottée ?" Ou encore : "Christine, rappelle toi de dimanche soir... Tu veux revenir sur mes genoux ?"

Toutefois, il n'en fut rien, mais la perspective du retour en classe le lundi matin durcissait encore le propos maternel. En tout cas, nous eûmes droit, lors du diner du dimanche soir à un sermon bien senti, rappelant que le dernier trimestre était décisif, que Maman ne tolérerait aucun relâchement, etc., etc.
Et elle récidiva au moment du coucher, chacune étant bien mise en garde, avec des menaces assez claires sur ce qui attendrait celles qui ne feraient pas d'effort...

Etant évidemment la dernière à recevoir la visite maternelle, après qu'elle ait éteint dans la chambre des petites, Maman me rabâcha les mêmes recommandations d'un ton assez fort pour que les petites l'entendent aussi.

Je dis bien que j'avais compris et je fis toutes les promesses qui me passaient par la tête, pour la rassurer, ce qui n'eut pas l'effet escompté, puisque Maman me rappela : "Je les connais trop tes promesses, Christine. Ce que je veux, ce sont des actes. Mais, moi, tu sais, les promesses, je les tiens... Alors, je te le répète, la moindre mauvaise note, la moindre colle, le moindre mensonge, et tu pourras préparer tes fesses, ma grande, oui, préparer tes fesses, tu m'entends ?"

A force de l'entendre, je bouillais intérieurement et je lâchai un : "Oui, j'ai compris, j'ai compris, M'man. Ce n'est pas la peine de le répéter sans arrêt... Tais-toi donc !"

Je pris conscience, en le prononçant, que ce "Tais-toi donc" était très déplacé, et mal venu, surtout dans ma position. Maman fit la grimace, interloquée, et haussa le ton : "Comment ça : tais-toi donc ! Tu réponds à ta mère ? Qu'est-ce que c'est que ça ?"


 J'avais répondu de façon un peu déplacée à Maman
qui fut à deux doigts de me donner la fessée
sur le champ. Heureusement, j'y échappé,
mais la menace laissait penser que ce n'était que partie remise...

Je compris que j'avais été trop loin, et répliquai sur un ton doucereux : "Non, Maman, non, je disais juste que je sais tout ça, que je te promets que je vais bien travailler, et que ce n'est pas la peine de me le redire, je sais très bien ce qui arriverait si je travaillais mal".

Ma supplique ne la convainquit qu'à moitié... Je sentis qu'elle hésitait, mais il était l'heure de dormir et elle se contenta d'un avertissement : "Bon, tu as de la chance, Christine. Tu mériterais bien que je m'occupe de tes fesses... Parce que je ne tolérerai pas que tu me répondes à nouveau ainsi... Mais, ce n'est que partie remise, ma fille. Ne t'avise pas à me chercher, sinon la prochaine remarque sera la bonne et on réglera nos comptes"...

Je demandai pardon avec une petite voix, effrayée que j'étais, sentant bien que j'étais passée à deux doigts du pire...

Maman se calma, mais je sentais bien qu'elle avait réellement hésité et que j'avais eu de la chance sur ce coup-là ! 
Elle déposa un rapide baiser sur mon front et se releva, non sans en remettre une couche : "Fais attention, Christine, fais attention, sinon gare à tes fesses... Cela fait une semaine que je ne m'en suis pas occupée, mais cela ne va sûrement pas durer. Alors, c'est à toi de voir ce que tu veux..."

J'eus du mal à m'endormir, persuadée que j'étais que je venais d'échapper, par je ne sais quel miracle, à une déculottée maison... 
J'aurais dû en être contente, soulagée, mais connaissant la psychologie maternelle, je comprenais que Maman allait y repenser, et se demander si elle avait bien fait, ou si elle n'aurait pas dû sévir... Et ce genre de réflexion allait faire que, sans guère de doute, elle serait encore plus attentive à mes moindres faits et gestes, et ne manquerait sûrement pas de saisir la prochaine occasion pour "s'occuper" de mon cas...

D'ailleurs, dès le lendemain, pas question de lambiner le matin, de trainer les pieds, de discuter les consignes maternelles, ni de tarder à se mettre aux devoirs, dès le goûter avalé. Goûter durant lequel, Maman reprit assez souvent son habitude de jeter un oeil dans les cartables, pour ne pas dire de les fouiller, et de vérifier les carnets de correspondance, les cahiers, les devoirs à faire, et ce qui avait été rendu le jour même.

Si mes soeurs n'y voyaient guère à redire, vu leur âge, j'avais plus de mal à la voir reprendre ce petit manège presque quotidien, qui montrait bien que Maman se méfiait de ma tendance à ne pas dire les choses d'entrée, et de chercher le moment propice, voire de cacher le plus longtemps possible ce qui pourrait la fâcher...

Dès le deuxième soir, je manifestai ma grogne en la voyant aller chercher mon cartable dans l'entrée et se mettre à ouvrir mes cahiers. "Arrête donc, M'man. Il n'y a rien de neuf, je n'ai pas eu de nouvelles notes, et en plus, je n'ai même pas devoirs pour demain", dis-je d'un ton légèrement agacé qui fit réagir Maman. Je n'avais rien dit de malpoli, mais comme je m'exprimais en présence de mes soeurs, cela ne pouvait être apprécié par notre mère, qui répliqua : "Euh, Christine, garde donc tes réflexions pour toi. Je fais comme il me semble bon. Je n'aime pas cette manie de me répondre. Je te l'ai déjà dit avant-hier soir, alors fais attention car ma patience a des limites. Si c'est une fessée que tu veux, continue, ma fille, tu es sur la bonne voie..."

La réflexion maternelle a calmé les esprits, le mien et celui de mes soeurs, toutes les trois étant bien conscientes que Maman n'hésiterait pas, surtout en ce début d'un dernier trimestre, tellement important à ses yeux, puisque décisif en terme de réussite scolaire.

Et la menace claire et précise qu'elle faisait planer sur mon bas du dos n'étonnait aucune de nous trois, tant nous avions le pressentiment que, de toute manière, la première occasion serait mise à profit par Maman pour rappeler, dans les actes, et plus seulement en paroles, comment cela allait fonctionner à la maison, côté discipline...

Aline et Diane filaient donc droit, évitant tout ce qui pourrait déranger notre mère, quitte même à se montrer bien plus serviable et calme que d'habitude... Je comprenais d'ailleurs leur jeu, et cela contribuait à m'énerver, même si c'était comme qui dirait de bonne guerre... Quand vous savez qu'il y a un risque d'orage, vous ne vous hasardez pas à montrer le bout de votre nez, surtout quand vous savez qu'une autre personne est plus exposée, et prendra la foudre si elle doit tomber...



 J'angoissais et craignais la moindre discussion avec Maman.
J'avais bien conscience qu'après deux avertissements
des plus sérieux, la prochaine occasion serait la bonne.
Dans ma tête, je me disais qu'il fallait
que je prépare mes fesses...


Ayant entendu la veille au soir de la rentrée, puis au deuxième soir d'école, Maman menacer son ainée d'une fessée, et expliquer publiquement qu'elle n'était pas passée loin, mais que "cela ne durerait sûrement pas", c'est bien normal que les deux petites se disent que ce n'était pas le moment de détourner l'attention maternelle sur elles... 
Mieux valait laisser grande soeur dans le collimateur et attendre que l'orage éclate, ou qu'une goutte d'eau de plus ne fasse déborder le vase de la patience d'une mère qui se demandait certainement au fond d'elle si elle n'aurait pas dû sévir dès l'autre soir, quand son ainée s'est permise de lui répondre et de lui demander de se taire...

Tout cela, je l'avais compris aussi, et cela commençait à m'inquiéter sérieusement. L'insistance de Maman à chercher la petite bête, le manquement ou la faute qui justifierait de passer à l'acte, comme l'attitude comme feutrée de mes soeurs, et leurs yeux et oreilles aux aguets de la moindre conversation entre Maman et moi, tout cela ne me disait rien de bon, consciente que j'étais qu'il n'y aurait pas de troisième avertissement préventif, et que s'il devait y avoir des pronostics sur qui prendrait la première fessée du dernier trimestre, la grande Christine serait à coup sûr favorite, et de loin...

A SUIVRE