mardi 3 novembre 2009

Moments cruciaux : quand les larmes précèdent la sentence...

Des pleurs en forme d'aveux...


Rentrer à la maison, savoir que Maman m'y attend, qu'elle a reçu le courrier du collège, qu'elle sait que j'ai récolté deux heures de colle pour un chahut de plus dans un cours où ma moyenne n'est déjà pas fameuse, c'est comme avancer vers une voie sans issue, ou plutôt prendre un chemin qui me mène à coup sûr vers une explication qui s'achèvera très mal pour mon bas du dos...
Arrivée chez nous, je comprends dès le premier regard qu'il n'y a pas eu de miracles, que le fameux avis de colle est bien dans le courrier du jour. Les yeux noirs de maman, son ton cassant et désolé confirment ce que je redoutais. Maman m'avait bien prévenue, elle me l'a clairement promis la dernière fois que j'avais été collée : si je recommençais, il n'y aurait pas à discuter, et je serais à nouveau bonne pour une fessée...
J'ai la trouille au ventre et je ne vois aucune porte de sortie favorable. Maman a été chercher l'enveloppe et elle vient vers moi en la tenant dans la main.
"Maman, euh, je vais t'expliquer", dis-je sans lui laisser le temps d'ouvrir la bouche.
"Eh bien, Christine, je vois que tu sais ce que j'ai reçu avant même que je t'en parle... Mais je comprends que cela t'angoisse ainsi..." dit-elle avec un air agacé.
"Oui, Maman, oui, je sais et je te promets que cela ne se reproduira plus; Il faut me croire, euh, je..., euh, enfin je t'assure... Mais, je t'en prie, je te demande pardon, s'il te plait, ne... euh, enfin, euh, ne me.. euh, ne me punis pas..." lui répondis-je avec une voix plaintive...
Elle hausse le ton : "Christine, tu remarqueras que je n'ai encore rien dit, ni sur le motif, ni sur les conséquences de tes actes, que déjà Mademoiselle me supplie... Mais tu as raison, Christine. Cela prouve que tu as de la mémoire et que tu sais exactement ce qui t'attend ma chérie... Et tu ne seras pas déçue, crois-moi..."
C'en est trop : c'est comme si je me mettais moi-même la tête dans la gueule du loup.
L'émotion me submerge, les larmes me montent au visage, je sanglote. Je suis prise de frissons et j'en sers les genoux alors que ma main droite essuie mes larmes et ma main gauche semble protéger ma jupe...
"Non, Maman, s'il te plait, pas... euh, pas la fessée, snif, snif, snif..." J'implore Maman en vain. Sa réponse est sans équivoque. "Arrête de pleurer, Christine. Garde tes larmes pour tout à l'heure. On en reparlera après le dîner... Mais tu admettras que c'est toi même qui me supplie avant que je ne t'ai dit ce qui t'attendait... Tu sais très bien, Christine, que tant que tu me ramèneras des bulletins de colle, tu n'auras qu'à préparer tes fesses... Je ne céderai pas... A toi de faire ce qu'il faut pour les éviter... Mais ne crois pas que tu pourras y échapper. En plus, c'est encore une fois un chahut en anglais, je vais t'apprendre à ma manière ce que cela rapporte... Tu as raison de t'inquiéter car ça va barder, et je te prie de croire que tu vas la sentir cette fessée... "

lundi 2 novembre 2009

Moments cruciaux : Se préparer pour la nuit et attendre...

L'attente en pyjama est très angoissante



Maman choisissait souvent de "régler ses comptes" au moment du coucher. Entre le retour de l'école ou du collège, le goûter à prendre, les devoirs à faire, le dîner à préparer et à prendre, la douche ou la toilette des enfants, la préparation des affaires pour le lendemain, etc, les soirées étaient assez minutées. Alors, s'il y avait de la fessée dans l'air, elle avait tendance à jouer la montre et à retarder jusqu'au moment plus calme du coucher. Comme la future punie n'était pas du genre à réclamer son dû, préférant toujours s'accrocher à l'espoir que la sentence change, la fautive se tenait à carreau et finalement c'était un bon calcul...
Mais, lorsqu'à la fin du dîner, Maman nous envoyait dans nos chambres, il y avait des petites phrases que nous redoutions... Comme : "Allez, Christine, monte faire ta toilette et te mettre en pyjama, vérifie aussi que tes affaires sont prêtes pour demain. Je viendrai après avoir couché tes soeurs. Tu sais qu'on a un compte à régler..."
Ou plus expéditif : "Allez, Christine, file dans ta chambre et mets-toi en pyjama... Et ne fais pas cette tête là, tu sais ce qui t'attend... Alors, prépare tes fesses, ma fille..."
Il était trop tard pour plaider ma cause. Protester alors que Maman était en train de ranger la cuisine n'aurait fait que l'énerver davantage...
Je montais avec le moral dans les socquettes, marchant comme une condamnée qui va vers l'échafaud. Un brin de toilette et je me mettais en pyjama, me déshabillant puis me rhabillant pour la nuit avec des gestes rapides comme si je voulais cacher chaque centimètre de mon corps à tous les regards, même si j'étais seule dans ma chambre.
Mes affaires prêtes, je n'avais pas le coeur à lire et je n'avais en tête que les menaces maternelles... Je m'allongeais sur le lit, la mine défaite, l'air triste, la peur au ventre. Le coton frais de mon pyjama à peine enfilé me faisait frissonner, et je me sentais vulnérable à peine protégée par un vêtement de nuit que Maman à coup sûr dégagerait pour accomplir sa besogne correctrice...
Je guettais les bruits, sachant que Maman prendrait le temps que tout soit en ordre, puis irait éteindre à mes soeurs dans la chambre d'à côté, avant de venir me rejoindre.... J'étais là, méditant sur ma conduite, sur ce qui me valait d'être ainsi à quelques minutes d'une nouvelle punition...
Je savais que rien n'y ferait plus, que Maman tiendrait sa promesse, j'étais là prête à recevoir ma fessée...

vendredi 30 octobre 2009

Moments cruciaux : L'annonce faite devant Anne

Maman tenait le courrier du collège dans sa main...


Je recevais peu de copines à la maison. Surtout dans mes périodes "difficiles"... Je préférais aller jouer chez elles, mais bien sûr cela se faisait quand même dans les deux sens.
Un soir, Anne, une camarade de classe, qui habitait à quelques rues de chez nous, était venue pour un exposé que nous devions préparer à deux. Nous étions dans ma chambre en train de travailler quand Maman est rentrée après avoir relevé la boite aux lettres...
Il y avait un courrier de la prof d'anglais qui se plaignait de ma conduite en classe. J'avais chahuté une fois de plus au lieu d'écouter et le contrôle surprise fait en fin de cours avait bien prouvé que je n'avais rien retenu. D'où un zéro pointé avec un courrier de cette terrible Mlle Paule qui m'avait déjà valu beaucoup d'ennuis...
Maman est entrée dans la chambre en tenant la lettre du collège : "Christine, peux-tu m'expliquer ce qui s'est encore passé avec Mlle Paule ?"
J'ai balbutié : "Euh, Maman, euh, oui je t'expliquerai, mais pas maintenant. On est en train de finir notre exposé. On en reparlera tout à l'heure..."
De fait, nous avions fini et Anne qui avait compris que cela sentait le roussi dit : "On a juste à relire et c'est terminé."
Maman acquiesça : "Bon, je vous donne cinq minutes, et après, Anne, tu rentres chez toi, j'ai à parler avec Christine".
J'essayai de gagner du temps : "Euh, Maman, je voulais montrer à Anne mes nouveaux livres aussi".
Elle haussa le ton : "Christine, ta copine reviendra un autre jour. Ce soir, ce n'est pas le moment. On a un compte à régler toutes les deux..."
J'avais le visage blême, cette menace maternelle devant Anne me paralysait. J'aurais tant voulu que ma copine ne comprenne pas...
J'insistai : "Maman, s'il te plait, encore un petit quart d'heure, et Anne repart après".
Je n'aurais pas dû car la réponse de Maman ôta toute équivoque : "Non, non Christine, je connais trop tes manoeuvres. Je comprends que tu n'aies pas envie que l'on se retrouve toutes les deux pour discuter de ta conduite en classe. Mais cela ne sert à rien d'essayer de gagner du temps. Je vous laisse cinq minutes pour que vous relisiez votre exposé, puis Anne va gentiment rentrer chez elle et nous allons avoir notre petite discussion ma chérie... Et je te prie de croire que tu vas avoir ce que tu mérites, ma fille..."
Maman est ressortie et nous avons vaguement relu notre brouillon, mais je n'avais plus la tête à travailler. Anne non plus qui était curieuse de savoir ce qui m'attendait... "Elle va te disputer, dis ?" me demanda-t-elle, mais je ne voulais pas répondre.
Cinq minutes plus tard, Maman est revenue : "Allez, Anne, rentre chez toi". Ma copine a rangé ses affaires et m'a dit au revoir. Avant de sortir de ma chambre pour raccompagner Anne jusqu'à la remise du jardin où elle avait garé son vélo, Maman vit les livres et cahiers éparpillés sur le lit et me lança : "Puisque tes devoirs sont finis, range-moi tes affaires. Je veux que tout soit en ordre quand je reviens. Ce n'est pas le moment de me fâcher davantage, Christine. Tu sais très bien ce qui t'attend, alors n'en rajoute pas. Allez, je reconduis Anne à son vélo et je remonte m'occuper de tes fesses..."
Si Anne n'avait pas encore compris, cette fois, elle n'avait plus le moindre doute et je suis passée de pâlotte à pivoine... Avant que, quelques minutes plus tard, je ne rougisse également du bas du dos !!!

vendredi 23 octobre 2009

Moments cruciaux : Derniers mots d'une vaine plaidoirie...

Je perds mes moyens devant son petit sourire en coin...



Jusqu'au bout, j'ai toujours essayé de plaider ma cause, de trouver des arguments, d'inventer je ne sais quoi pour échapper à la fessée promise et méritée...
Mes ruses de Sioux en témoignent : j'ai souvent tenté le diable, et même aggravé mon cas dans l'espoir pourtant mince de gagner du temps ou de trouver le moment propice où Maman serait plus disposée à être indulgente ou moins sévère...
Mais, à force de jouer avec sa patience, à force de répéter les mêmes promesses rarement tenues, il y avait un moment où je savais, où je "sentais" vraiment que c'en était fini de mes espoirs... Cela fait partie de ces instants vécus qui sont autant de moments cruciaux restant gravés dans ma mémoire...
Cette photo (trouvée) illustre bien une sensation de ce genre. Je me vois en pleine discussion avec Maman installée dans le salon et qui vient de m'y appeler, ou à qui je dois amener une copie ou un carnet à signer...
Je sais que Maman ne laissera pas passer cela, j'ai en tête les épisodes précédents, et ses menaces si je recommençais, mais je tente de la persuader que cette fois c'est différent, que cette fois j'ai compris, que cette fois c'est la dernière, que je ne recommencerai plus, que j'aurai de meilleures notes, etc, etc...
Maman m'a interrompu à plusieurs reprises, me rappelant justement ses promesses, me remémorant ce que pareille note ou pareil comportement m'avait valu déjà, mais je cherche dans ma tête encore un argument, encore une promesse, encore une supplique...
Maman dodeline de la tête... Je vois bien qu'elle ne m'écoute plus... Elle a les bras croisés et les jambes aussi... Je n'ose même plus croiser son regard car l'angoisse me tétanise... Je parle en baissant la tête, attitude qui montre bien que si je plaide ma cause, je suis déjà dans une posture de coupable...
D'ailleurs, les mots se bousculent, je me répète, je redis la même chose et je m'embrouille... "Arrête, Christine, tu sais très bien ce qui t'attend..." Maman n'a même pas dit ces mots que je les entends presque...
Maman esquisse un demi-sourire qui me fait perdre définitivement mes moyens. Elle semble me dire : "Allez, Christine, assez parlé, passons aux choses sérieuses... Tes arguments ne tiennent pas debout... Tu as mérité une bonne fessée... Et tu vas la recevoir ma chérie..."
Il y a comme un instant de silence. Je me tais enfin, ne sachant plus quoi dire...
Je garde la tête baissée et mes yeux sont fixés sur les bras et les jambes croisés de Maman... Je sais qu'elle va décroiser les jambes, se ravancer un peu, poser la main sur ses genoux en tapotant instinctivement comme pour dire : "Viens ici..."
Je vais avoir un mouvement de recul, mais je me laisserai happer par le bras... Je frissonne en regardant ses genoux, là où bientôt je viendrai m'étendre... Depuis que j'ai commencé ma vaine plaidoirie, peut-être même depuis que j'ai eu ma mauvaise note ou fait ma bêtise, je sens que je vais devoir "préparer mes fesses"... Mais, là, à ce moment crucial, je ressens que ma fessée est devant moi...

Ruses de Sioux : 5. La fausse adresse de vacances...

Cela m'apprendra à me croire plus maline que les autres...


Comme je l'ai évoqué dans des souvenirs précédents, le système d'heures de colle (à effectuer le samedi matin au bahut ou qui était parfois remplacé par des devoirs supplémentaires) qui régnait dans mes années collège était à l'origine de bien de mes déboires postérieurs...
Maman ne supportait pas ces punitions et comme les motifs étaient difficilement défendables (chahut, bavardage, triche, inattention, leçons non sues, etc), chaque fois que je prenais deux ou quatre heures de colle au collège, cela s'accompagnait d'une fessée à la maison...
Le bulletin de colle avisant la famille arrivait par le courrier du mercredi matin en général. Je le savais à l'avance, car le lundi après-midi, un surveillant passait dans les classes et demandait à celles et ceux qui étaient collés d'amener au plus tard mardi après-midi une enveloppe timbrée au secrétariat du surveillant général.
Quand le pion entrait et disait mon nom, j'avais déjà en ce lundi après-midi la confirmation de ce qu'un prof m'avait punie et la quasi certitude que j'allais récolter une nouvelle volée le surlendemain quand Maman recevrait l'enveloppe du collège...
J'aurais pu certes me confier dès le lundi soir ou le mardi à Maman, mais je préférais gagner du temps, même si elle sentait bien souvent que j'avais un drôle d'air...
Mais, pour moi, tant que l'enveloppe n'était pas à la maison, je gardais l'espoir... D'où parfois certaines manoeuvres... J'ai raconté comment j'avais une fois réussi à subtiliser l'enveloppe dans la boite et tenté de la brûler...
J'ai usé d'autres stratagèmes aussi...
Ainsi, un lundi soir où le pion m'avait demandé une enveloppe timbrée, j'ai eu l'idée de mettre une autre adresse sur l'enveloppe... Mais, en réfléchissant, j'ai pensé que si nous avions déménagé cela se serait su dans notre petite ville. Donc, j'ai imaginé un changement d'adresse temporaire, comme si Maman était partie en vacances ou en cure (ce que venait de faire ma grand-mère en faisant suivre son courrier le mois d'avant).
J'ai donc écrit sur l'enveloppe : Famille Spaak, Hôtel des flots bleus, Mimizan (Landes). Et je l'ai donnée au secrétariat du collège.
J'étais contente de mon coup, me disant que l'enveloppe ne reviendrait jamais puisque nous n'étions pas là-bas.
C'était sans compter sur la perspicacité de la secrétaire du surveillant général que cette grosse ficelle n'a pas trompé...
S'étant renseignée, elle a refait une enveloppe et a expédié le bulletin de colle à notre domicile, non sans y inclure mon enveloppe fantaisiste et un petit mot d'explication...
Moi qui rentrais guillerette et le coeur léger à la maison le mercredi soir après mon cours de danse, j'ai eu la surprise de voir Maman m'accueillir avec son oeil noir et les bras croisés, m'apostrophant : "Alors, Christine, Tu as envie de vacances ? Est-ce qu'il fait beau à Mimizan ?"
J'ai piqué un fard et ai balbutié : "Euh, Maman, euh, qu'est-ce que tu dis, euh !"
Mais l'enveloppe qu'elle tenait dans la main m'a incité à ne pas nier l'évidence...
J'ai tenté de dire : "Euh, bah, je vais, euh, je vais t'expliquer, euh..."
Mais, c'était inutile... "Tais-toi Christine. Il n'y a rien à expliquer... N'ajoute pas de mensonges à tes manoeuvres stupides... C'est moi qui t'expliquerai ce que j'en pense... On en reparlera après le diner, mais tu peux préparer tes fesses..."
Je suis montée dans ma chambre déposer mes affaires avant de redescendre pour le diner. Maman y a multiplié les allusions à mon entourloupe et je ne pouvais que baisser les yeux et me taire...
Puis, le souper avalé, elle m'a demandé d'aller me mettre en pyjama pendant que mes soeurs qui étaient déjà douchées et en tenue débarrassaient la table.
J'attendais Maman dans ma chambre, mais c'est elle qui du bas m'a demandé de la rejoindre dans le salon... Aline et Diane y étaient assises dans le canapé et lisaient sans dire un mot, mais en me guettant l'oeil brillant, sentant bien que l'heure était à l'orage.
Je suis entrée dans le salon et Maman m'a passé un sermon maison : "Ah, Christine, tu n'en louperas pas une... Ah, si tu mettais autant d'imagination à faire tes devoirs... Ah, tu croyais échapper à la fessée que tu mérites..."
J'ai supplié, promis de ne plus recommencer, imploré Maman de me pardonner, mais je savais que je n'avais aucune chance de la convaincre. Non seulement j'allais recevoir la fessée, mais en plus elle allait être exemplaire et donnée devant mes soeurs...
Quand Maman m'a demandé de venir auprès d'elle, j'ai protesté : "Non, Maman, non, je t'en prie. Pas la fessée, ou pas ici, pas devant elles..."
Mais, cela faisait partie de sa volonté de marquer le coup : "Oh si, tu vas la recevoir ici, Christine... Pour qu'Aline et Diane voient ce qui arrive aux intrigantes et à celles qui essaient d'échapper à ce qu'elles méritent..."
Déjà, elle m'avait attrapé par le bras et basculé en travers de ses cuisses... Mon pantalon de pyjama a vite été baissé en bas de mes cuisses et mes fesses tremblantes n'attendaient plus que leur dû...
Maman très remontée me gratifia d'une fessée magistrale, se permettant par instants de rajouter des commentaires ironiques... "Ah Christine, tu voulais m'envoyer en vacances pour que je ne sache pas tes bêtises... Eh bien, Mademoiselle va être servie... Elle va avoir des coups de soleil, mais ce sera sur les fesses.... Tiens, tiens et tiens..."
Et au fur et à mesure qu'elle poursuivait sa claquée, elle se remotivait en se remémorant mon forfait : "Ah, Christine, au lieu d'avouer que tu étais collée, il faut que tu en rajoutes... Tu croyais échapper à la fessée... Eh bien non, tiens, tiens et tiens... Tu vois, tu avais presque raison, ici c'est comme à l'hôtel de cet été, après le diner, il y a spectacle... Mais tu n'imaginais pas que tu en serais la vedette... Tiens, tiens et tiens..."
Une fois encore, ma ruse de Sioux n'avait pas marché... Et c'était moi qui devenait "peau-rouge" avec ma lune écarlate... Et mes joues aussi, empourprées de honte de me retrouver ainsi exposée devant mes moqueuses de soeurs...

mardi 13 octobre 2009

Mes ruses de Sioux : 4. La signature au dernier moment...

Je n'ai pas envie de rentrer...


L'un des stratagèmes que j'employais était de tenter de trouver le moment propice pour m'éviter les ennuis ou pour en minimiser la portée. Hélas, cela ne marchait pas souvent, même si j'essayais toujours de trouver de nouvelles manières d'échapper à ce qui m'attendait. Cette photo me fait penser à un souvenir précis. Un jour où je m'étais dit que parler d'un sujet qui fâche au moment où l'on n'a plus de temps pouvait être une manière d'écourter les explications...
Ce matin, juste avant de partir en cours, j'avais montré mon carnet de notes à Maman en lui demandant de le signer. Un carnet orné de deux zéros pointés et d'une moyenne générale en baisse de deux points par rapport au mois dernier...
J'espérais qu'elle allait le signer et que j'allais être débarrassé de ce problème quitte à subir une engueulade maison rapide à cause de l'heure. Mais, ma manoeuvre n'a pas fonctionné. Maman a refusé de signer le carnet à la hâte...
"Tu te fiches de moi, Christine. Tu aurais dû me le donner hier soir en rentrant qu'on ait le temps d'en discuter... Mais je me doute bien que tu n'étais pas fière de toi et que tu savais ce qui t'attendait... Pas question de voir cela juste entre deux portes. Je ne le signerai pas. On en reparlera au calme ce soir quand tu rentreras...."
J'ai tenté de protester, de faire croire qu'il fallait ramener le carnet le jour-même, mais Maman n'a pas cédé : "Si la directrice te réclame le carnet, eh bien dis lui de m'appeler, je lui expliquerai pourquoi j'ai besoin d'en parler ce soir avec toi... Je lui dirai de quelle manière on va régler nos comptes toutes les deux..."
Je n'ai pas insisté, me contentant de plaider ma cause : "Maman, je vais t'expliquer pour mes notes..."
Elle n'a rien voulu entendre et m'a envoyé au collège en regardant l'heure : "Bon, il est temps de partir. J'espère bien que tu as de bonnes explications... Tu as toute la journée d'ailleurs pour les préparer... Mais, avec deux zéros et une moyenne en baisse, il y autre chose que tu peux préparer ma fille... Ce sont tes fesses... Car, crois-moi, je prendrai le temps qu'il faudra ce soir pour te donner ce que tu mérites..."
J'avais imaginé être débarrassée du problème en cinq minutes... Je me retrouvais au contraire avec une épée de Damoclès au dessus des fesses et une journée à penser à ce qui m'attendait...
Inutile de dire que j'ai fait la tête durant tout ce temps et que je n'avais pas l'âme à jouer avec les copines. Ni surtout envie de leur confier mes angoisses...
En cette fin d'après-midi, je rentre donc vers la maison. Lentement... J'ai le moral à zéro, l'angoisse au corps et des frémissements en bas du dos... J'ai beau essayer de me rassurer, je n'y crois plus. Je sais que mes pas me conduisent vers les genoux maternels, je sais que ma petite robe bleue et ma culotte blanche vont bientôt ne plus protéger mes fesses...
J'ai envie de pleurer déjà sur mon sort. Je me suis arrêtée à cent mètres de la maison et je reste ainsi assise plusieurs minutes. Je me tortille les mains et je suis sur le point de sangloter...
Je ne peux rester là trop longtemps car mon retard inquiéterait Maman. Mais je n'ai vraiment pas envie d'accomplir les derniers pas...
Quelle idiote je fais, me dis-je... Si j'avais donné mon carnet hier soir, ce serait déjà fini... J'aurais presque oublié... Mais, ma ruse de Sioux n'a fait que retarder l'échéance, qu'énerver davantage Maman... Elle aussi sait qu'elle doit s'occuper de moi... Elle m'a promis qu'elle prendrait le temps qu'il faudrait pour régler nos comptes... Je sais que la fessée qui m'attend sera mémorable...

samedi 10 octobre 2009

Moments cruciaux : un constat douloureux...

Oser regarder le résultat...





Que j'ai reçu ma fessée dans ma chambre, ou qu'elle m'ait été donnée dans une autre pièce de la maison, les premiers gestes que je faisais dès que Maman me relâchait, c'était bien évidemment de me rhabiller tant bien que mal, de remonter ma culotte dans la précipitation, de cacher ce bas du dos copieusement claqué et de filer pleurer sur mon lit, d'aller verser mes larmes dans le moelleux de mon oreiller, recroquevillée et sanglotante, me voilant la face comme pour fuir tous les regards, même s'il n'y avait personne dans ma chambre...
J'étais honteuse, bouleversée, toute retournée et profondément émue, non sans être comme soulagée que cela soit fini... J'étais remuée, touchée dans ma fierté d'ainée qui venait d'être une fois encore punie comme une gamine, et j'avais besoin de pleurer longuement pour aller au bout de mon émotion et comme pour vider mes nerfs...
Car, aussi éprouvante fut-elle, j'avais conscience que cette fessée n'était pas moins méritée que les précédentes... Elle avait en ce sens un aspect curatif, une sorte de pouvoir d'effacer les fautes et de passer à autre chose...
Il n'empêche que la claquée maternelle m'avait copieusement rougi le bas du dos, m'avait tanné les rondeurs jumelles, m'avait intensément chauffé la lune...
Quand j'avais déversé mes plus grosses larmes la tête enfoncée dans l'oreiller, je reprenais mes esprits doucement. Il allait falloir revenir à la vie quotidienne, soit se coucher ce qui était le moins stressant et permettait de continuer à chigner dans le noir, soit descendre bientôt diner, soit repartir au collège, soit je ne sais quoi encore.
Je devais alors me refaire un visage présentable, effacer les traces de larmes, rajuster mes vêtements, etc. L'image que me renvoyait la glace de mon armoire était difficile à voir. Elle me renvoyait le portrait d'une demoiselle venant d'être punie, d'une donzelle plus du tout fière d'elle...
Parfois, quand je me savais vraiment tranquille, quand Maman n'était plus à l'étage, quand mes soeurs n'étaient pas dans la chambre d'à côté, je me regardais devant la glace et cherchait en me retournant à voir mes fesses rougies...
Je le faisais avec l'angoisse d'être surprise. Avec la crainte que Maman ne me voit faire, imaginant qu'elle aurait alors mal réagi... Mais, j'étais un peu curieuse de voir le résultat de la tannée reçue...
J'avais le coeur qui battait la chamade en voyant mes fesses encore écarlates... Je posais la main dessus et ressentais leur chaleur... Le seul contact de ma paume me faisait frissonner et remonter quelques sanglots... Un moment d'émotion secrète que je m'empressais de stopper là, tant il me renvoyait le souvenir, les images, les bruits, les sensations de la fessée que je venais de recevoir... Vite, je me devais de me rhabiller et de tourner la page...