vendredi 8 avril 2016

Chronique d'un redoublement : 100. Une Maman calme et déterminée, malgré un imprévu...

SUITE 99

Mes soeurs me regardaient finir mon bol de lait chocolaté, et ne semblaient pas pressées de monter. Aline était dans le registre compatissant : "Elle ne te fera peut-être pas trop mal, tu sais". Je pensais de mon côté, sans le dire : "Ma pauvre soeurette, les fessées de Maman qui ne font pas mal, ce n'est pas encore inventé..."
C'est Diane qui rétorqua :  "Je crois plutôt que Maman n'est vraiment pas contente et que ça va barder..."
Je leur fis comprendre qu'elle feraient mieux de monter s'habiller, pour ne pas risquer de subir aussi la colère maternelle. Elles me laissèrent enfin seule, et je pus finir mon bol en ayant surtout la tête à ce qui m'attendait...
"Christine, qu'est-ce que tu fais encore en bas ? Cela ne sert à rien de traîner ainsi",  me lança Maman du haut de l'escalier. "J'arrive, Maman, j'arrive. J'ai fini, je viens m'habiller", répondis-je. Je posai mon bol dans l'évier et montai les escaliers, pas rassurée du tout.


 Je montai les escaliers, pas rassurée, puisque Maman
semblait pressée que je la rejoigne...


En arrivant dans ma chambre, je vis que mes affaires de la veille avaient disparu, sûrement mises au sale. Mais aucune autre n'était sortie, alors que j'avais remarqué en passant devant la chambre des petites que leurs affaires étaient prêtes, chacune au bout de leur lit.
Aline et Diane étaient dans la salle de bain, en train de faire la toilette du matin, débarbouillage au gant de toilette, et brossage de dents suffisaient.
J'hésitai, mais allai demander à Maman ce que je devais mettre. Elle était dans sa chambre et rangeait du linge dans l'armoire. Elle me regarda en fronçant les sourcils : "Je te donnerai tes habits tout à l'heure. Tu n'en as pas besoin pour l'instant. Va donc faire ta toilette, et on va discuter toutes les deux..."
La phrase signait la promesse d'une exécution imminente. Je me doutais bien qu'on n'attendrait pas le lendemain, mais savoir que ce n'est plus qu'une question de minutes a de quoi faire remonter le rythme cardiaque, à implorer un délai, comme le condamné à mort avait droit à une ultime cigarette. 


La menace maternelle était sans équivoque... Selon elle, je n'avais
"pas besoin" de m'habiller avant que l'on "discute" toutes les deux...
Cela voulait tout dire... Je pouvais préparer mes fesses...  

 
Je tentai de protester : "Euh, mais, Maman, non..." Je ne reçus qu'une réponse sans équivoque : "Il n'y a pas de "non" qui tienne. Tu sais très bien ce que je t'ai promis. Ne m'énerve pas davantage que je ne le suis..."
Je filai dans la salle de bain, où mes soeurs avaient tout entendu, et me regardaient comme une bête curieuse. Diane murmura : "J'avais raison, tu vois", puis elle reposa sa brosse à dents, et sortit en passant derrière moi. Au passage, elle tapota mon bas du dos, avec une sorte de petit rire. J'ai eu du mal à me retenir de ne pas la gifler, mais ce n'était vraiment pas le moment de la faire crier et de risquer d'amplifier la réaction maternelle...

Les petites filèrent s'habiller, laissant leur ainée en pyjama, pour "attendre" sa fessée...
Je me débarbouillai, me lavai les mains qui étaient moites, et pris le temps de me brosser longtemps les dents...
Maman était allée dans la chambre des petites, leur ordonner de s'habiller, puis de "rester tranquilles" le temps qu'elle "s'occupe" de Christine...
Après trois ou quatre minutes de brossage, je me rinçai la bouche et rangeai la brosse, sortant le coeur battant pour aller me réfugier dans ma chambre. Je croyais Maman revenue dans la sienne, mais la découvris au contraire, dans ma chambre, assise sur le bord de mon lit, en une position que je connaissais trop... Elle avait encore les jambes croisées. Elle se redressa et les décroisa en me voyant arriver... Une manière de me présenter ses genoux, des genoux qui m'attendaient...


Je trouvai Maman assise sur mon lit, à une place que je connaissais
trop bien.. Mon regard se fixait sur ses genoux qui m'attendaient...
J'en frissonnai...
 

J'eus un mouvement de recul, mon visage se figeant dans une expression d'étonnement... "Pourquoi fais-tu cette tête, Christine ? Tu préfèrerais que je t'attende au salon, comme la dernière fois ?", dit-elle avec un calme impressionnant.
Je bredouillai des mots sans queue ni tête, implorant le pardon, promettant de ne plus recommencer, recevant en retour le classique : "C'est toujours ce que tu dis, Christine, et tu recommences toujours, heureusement que Maman, elle, tient ses promesses, comme tu vas pouvoir le constater une fois encore... Allez, viens donc ici..." dit-elle en tapotant ses genoux.
Je passai le pas de la porte, et commençai à la refermer derrière moi, mais Maman intervint : "Non, Christine, non, laisse la porte ouverte, que j'entende si tes soeurs sont sages". Je n'osai rien dire et rouvris la porte entièrement. J'étais déjà étonnée de ne pas recevoir cette fessée devant les petites, alors le fait qu'elles entendent tout était un moindre mal...
Je tentai quand même de plaider ma cause : "Tu sais, Maman, je n'ai fait que parler un peu fort en cours. Même Babette et Brigitte ont aussi été collées" !
Mais, l'argument ne convainc pas Maman : "Je t'ai déjà dit que je me fichais des bêtises des autres. C'est ma fille qui compte, c'est elle qui redouble, et c'est elle doit faire doublement attention..."
Je sanglotai : "Oui, Maman, je sais, je sais, mais pardonne moi... Snif, snif, c'est trop dur..."
Elle reprit : "N'exagère pas,Christine... Tu mériterais que je te déculotte devant tes soeurs, comme pour la dernière colle en anglais... Bon, cette fois, tu as presque été franche, pas complètement, mais tu n'as pas attendu l'arrivée du bulletin de colle pour avouer ton comportement... J'espère quand même pour toi que le motif qui sera écrit par Mlle Paule est bien ce que tu dis, sinon tu auras de nouveaux ennuis... En attendant, tu vas recevoir la fessée que tu as méritée, et je vais faire en sorte que tu t'en souviennes longtemps... Allez, viens donc ici, Christine... "
Je ne pouvais fuir, de peur de me retrouver déculottée devant mes soeurs, je n'avais d'autre choix qu'avancer, à pas lents, tétanisée de peur, mais sachant qu'il n'y avait pas d'échappatoire, et que je devais en quelque sorte apporter mes fesses blanches sur les genoux maternels où elles allaient recevoir une tannée mémorable...
Très étonnamment, je n'ai plus le moindre souvenir de la demi-douzaine de pas que j'ai dû faire pour arriver à portée de main de Maman, restée assise sur le bord de mon lit. Comme si j'avais fermé les yeux, comme si j'avais marché telle une automate, peut-être même sans rien dire, sans implorer, conditionnée par l'évidence que je n'échapperais pas à mon "dû" comme insistait Maman...



 Je n'ai aucun souvenir des derniers pas, effectués comme dans le brouillard...
Je me suis retrouvée en travers de ses cuisses,
où j'étais venue, résignée, sans résister...

J'ai certainement eu comme un mouvement de recul quand Maman m'a attrapé le poignet gauche, pour m'attirer vers elle, pour me faire plonger en travers de ses cuisses... Je crois que Maman a commenté : "C'est bien, Christine, c'est bien", façon de souligner que je n'avais pas les gestes de défense habituels, ou du moins que je me laissais davantage faire...
J'ai bien, par une sorte de réflexe inné, amené ma main libre vers le bas de mon dos, pour tenter d'agripper l'élastique du pantalon de pyjama, mais il a suffi d'un "Christine... Ta main !!!" pour que je la desserre et que Maman ne me bloque main et avant-bras sans peine.
Ayant la situation bien en main, Maman s'employa à dégager mon bas du dos  largement, avec des gestes calmes et posés, qui montraient sa pleine détermination.
Le haut de pyjama remonté et coincé sous mon bras gauche qu'elle me bloquait dans le dos, le pantalon descendu jusqu'aux mollets, la culotte glissa, glissa, ne s'arrêtant qu'entre mi-cuisses et genoux, dévoilant pleinement deux fesses encore blanches offertes à la tannée promise...
Je ne suppliais qu'en murmurant, sachant la porte de la chambre grande ouverte, et ne doutant pas que les petites tendaient l'oreille...
Les gestes maternels étaient posés, précis, sans hâte, comme si la correctrice récitait une leçon parfaitement acquise, comme si elle voulait faire une démonstration de la fessée modèle !


Maman était étonnamment calme, prenant soin de dégager pleinement
ma lune, se préparant à donner une fessée exemplaire... 


J'en avais de plus en plus conscience et comprenais que je devais me préparer à une volée des grands jours... J'en frissonnais de haut en bas du corps, d'autant que j'avais désormais les fesses à l'air, tremblotantes et guettant la première claque...
Mais, Maman voulant bien faire passer la leçon, tardait à agir, plaçant un sermon maison annonciateur d'orage : "Alors, Christine, on fait moins la fière qu'en cours d'anglais. J'espère que tu regrettes ton comportement, parce que tu vois bien que Maman tient ses promesses... Je t'avais prévenue que tu devrais préparer tes fesses en cas de récidive... Voilà qui est fait, et tu vas la sentir passer cette fessée, crois moi... J'espérais pourtant que la dernière volée te ferait réfléchir plus longtemps avant de recommencer à te distinguer en classe... Mais, non, ma grande fille n'a pas compris, c'est à croire qu'elle en redemande même... Mademoiselle Christine va donc être servie... Allez, occupons nous de ces fesses qui ne demandent qu'à rougir... Allez, ça va claquer, tu peux me croire..."
J'avais laissé Maman débiter son discours, en ne faisant que gémir de petits "Non, Maman, non" sorte de prière tant de fois dite dès que je me trouvais en pareille position.
Puis, donc, les premières claques tombèrent, espacées, réparties savamment, alors que je serrais les dents et retenais mes cris, ce qui fait que j'avais l'impression que la claquée résonnait avec un bruit assourdissant...
Après ces claques espacées, dosées pour recouvrir tout le blanc de mon bas du dos, Maman changea de rythme et asséna une première volée de claques vives et rapides, qui m'arrachèrent les premiers cris, me faisant pleurer et tenter de gigoter...
Je suppliai : "Arrête, Maman, arrête". Elle se redressa le dos, rajusta ma position, et répondit d'un ton ironique : "Voyons, Christine, cela ne fait que commencer..."


 La fessée maternelle était méthodique, appliquée savamment...
Mes premières supplications ne m'attirèrent qu'une réponse
peu rassurante : "Voyons, Christine, cela ne fait que commencer..."

Désespérée, je me relâchai, et c'est sur une lune non crispée que tomba la claque suivante, Maman retournant à une série calme et appliquée...
Mais, à peine la deuxième nouvelle claque ciblée tombant sur ma fesse droite, la sonnette retentit. Juste un coup...
Maman s'arrêta, sans me relâcher pour autant. 
Aline et Diane, qui avaient entendu la sonnette rappliquèrent en trombe, tombant sur la scène de leur grande soeur déculottée sur les genoux maternels.
"Regarde donc qui c'est... ", demanda Maman à Aline qui allait vers la fenêtre de ma chambre, qui donnait, elle, sur le devant de la maison et le portail en fer forgé.  
"C'est la voisine d'en face. Elle a l'air de porter des plantes", renseigna Aline. 


 Aline était allée voir à la fenêtre pendant que Maman me gardait en position...
C'était la voisine qui venait de sonner au portail d'entrée.

Diane réagit très vite : "Tu veux que j'aille ouvrir, M'man, et que je dise que tu es occupée ?" avait déjà imaginé ma soeurette qui n'aurait pas manqué de renseigner plus complètement encore la voisine...
Maman ne laissa pas faire : "C'est vrai qu'elle devait m'apporter des plants de tomate. Bon, je vais aller lui ouvrir." dit-elle en me relâchant. Je me retrouvai à genoux, les fesses à l'air, emberlificotée dans mon bas de pyjama, sanglotant doucement.
Relevée, Maman se dirigea vers le couloir, en disant : "Toi, Christine, tu restes là. On est loin d'en avoir fini toutes les deux... Je reviens juste après pour reprendre ma petite conversation avec tes fesses..."
J'avais imaginé une demi-seconde que j'allais être sauvée par le gong de cette sonnette-surprise, mais il n'en était rien...
Je me relevai maladroitement, tout en marchant sur mon pantalon de pyjama, avant de le remonter et de me rhabiller à la hâte. Diane s'écria : "Maman a dit que tu dois l'attendre. Elle a pas dit que tu pouvais te rhabiller... Je vais aller lui dire que tu as remonté ta culotte..."
Ma soeur descendit alors retrouver Maman et la voisine. Je n'ai pas entendu ce que Diane a pu dire à Maman. Je crois qu'elle l'a faite taire, lui demandant de s'occuper de ses oignons et de ne pas jouer les petites rapporteuses, mais je me doute que cela a dû renseigner la voisine sur ce que faisait Maman quand elle a sonné...


Je me relevai maladroitement, les fesses déjà colorées, que mes soeurs
observaient les yeux brillants de curiosité...
Je me rhabillai donc afin de cacher ma lune à leur vue...
J'avais toutefois conscience que, sauf miracle improbable,
  je ne m'en tirerais pas sans un nouveau supplément...

Aline, elle, était restée avec moi, et cherchais à me consoler : "Ma pauvre Christine, ça doit faire mal. J'ai vu, tes fesses étaient déjà rouges... Mais, c'est sûrement bientôt fini..."
C'était gentil de sa part, mais j'avais plutôt retenu la phrase de Maman où elle avait dit que cela ne faisait "que commencer..."  
 A SUIVRE

vendredi 1 avril 2016

Chronique d'un redoublement : 99. L'aveu du matin annonce un avenir chagrin...

SUITE 98

Je m'étais quand même rendormie après ma deuxième "promenade nocturne" et cet étrange dialogue avec Maman, où le non-dit n'en avait pas moins révélé mon trouble...
Epuisée par tout ce qui tournait dans ma tête, par mes émotions et mes angoisses, je finis ma nuit d'une seule traite. 
Je me réveillai peu avant 8 h, mais restai au lit, pas pressée du tout de me montrer, en ce samedi matin, jour sans école où, en général, Maman nous laissait dormir jusqu'à 9 h.
J'entendis à 8 h des pas feutrés dans le couloir. Maman s'était levée et venait sans faire de bruit refermer les portes de nos chambres pour que nous ne soyons pas réveillées par ses allées et venues. Tranquille avant que ses filles ne se lèvent, Maman pouvait s'habiller, se maquiller, préparer le petit-déjeuner et vaquer à des occupations calmes dans une maison silencieuse.
J'avais fermé les yeux au moment où elle entrouvait la porte de ma chambre, ne voulant pas montrer que je ne dormais plus... Mieux valait retarder le plus longtemps la reprise de notre conversation...


Quand Maman avait entrouvert la porte de ma chambre,
j'avais vite refermé les yeux faisant semblant de dormir,
ne voulant surtout pas l'affronter de si bon matin...  

Dès 8 h 20, je perçus des chuchotements de l'autre côté de la cloison. Aline et Diane étaient déjà réveillées, et parlaient à mi-voix. Mais, je devinais des pouffements, des rire étouffés, qui ne me disaient rien qui vaille, me doutant qu'il y avait sûrement de la moquerie à mon encontre dans l'air... 
Au bout d'un nouveau quart d'heure, Maman qui sortait de la salle de bain, entrouvit la porte de la chambre des petites, interrogeant : "Ca ne dort plus, là-dedans ?" ce à quoi mes soeurs répondirent à l'unisson : "Non, non, on n'a plus sommeil" !
Maman les autorisa à descendre et à préparer la table du petit-déjeuner, "sans faire de bruit, car Christine dort encore".
J'entendis cela, contente que ma ruse ait fonctionné, pour gagner quelques minutes de tranquillité. 
Maman redescendit à son tour pour faire chauffer le lait et préparer les tartines des petites qui commencèrent à manger. Il se passa dix minutes encore pour que le petit-déjeuner soit servi. Aline, qui avait laissé ses pantoufles dans la chambre, remonta sous prétexte de les chercher, en attendant que son bol de chocolat tout chaud tiédisse.
Au passage, elle poussa la porte de ma chambre, et me découvrit debout, l'oreille aux aguets, à essayer d'entendre ce qui se passait en bas.
Aline me dit : "Mais, tu es déjà debout. Tu ne veux pas descendre, dis ? Le déjeuner est prêt."  
Je répondis : " Je ne suis pas encore bien réveillée. Je voudrais encore dormir un peu..."
Pas dupe, Aline rétorqua : "C'est parce que tu ne veux pas annoncer à Maman que tu as été collée... Tu as peur d'avoir la fessée, hein, c'est ça ? Je sais, Diane m'a raconté... Mais, promis, on ne dira rien avant toi".
Je lui répliquai : "Rien n'est sûr, tu sais, mais redescends vite, je vais me recoucher".
Mais, notre conversation, même à mi-voix, était parvenue jusqu'en bas, et j'entendis Maman demander : "Aline, tu causes avec Christine ? Puisqu'elle est réveillée, dis-lui donc de descendre petit-déjeuner..."
Ma soeur confirma : "Oui, elle est levée. Je lui dis..."  Puis, Aline récupéra ses chaussons et redescendit vers la cuisine.


Aline m'avait surprise, debout dans ma chambre, à écouter
ce qui se passait en bas... Elle avait compris pourquoi
je ne voulais pas descendre si tôt...
La peur de la fessée me paralysait... 

Je laissai passer quelques minutes, me préparant à rejoindre la table familiale, et tentant de me faire une mine de comme si rien n'était...
Maman me rappela du bas : "Christine, descends, ton bol va refroidir".
Je ne pouvais plus reculer et je me dirigeai vers le couloir et l'escalier à pas très lents. J'aurais bien aimé que les petites aient fini de déjeuner avant que je rejoigne Maman, mais visiblement, elles n'étaient pas pressées de quitter la table...
D'ailleurs, au moment où elle m'aperçut par la porte de la cuisine, Diane, qui avait fini ses tartines, en réclama une autre, prétextant qu'elle avait une faim de loup ce matin...
Moi, au contraire, j'avais l'appétit coupé, la tête trop prise par d'autres considérations et angoisses...
Je dis un bonjour avec un bisou furtif à Maman, et m'asseyai devant mon bol en baissant la tête... Ce que ne manqua pas de remarquer Maman...
"Tu ne m'as pas l'air dans ton assiette, Christine. Tu as mal dormi. Tu n'es pas malade, j'espère ?", dit-elle, ce à quoi je répondis par la négative.
"J'ai plutôt l'impression que tu me caches quelque chose depuis hier soir, ma fille... Tu n'aurais pas eu un zéro ou je ne sais quelle mauvaise note que tu n'oserais me montrer ?", poursuivit Maman, qui me scrutait de près, ne manquant pas de remarquer les gestes parasites qui témoignaient de mon malaise, de mon angoisse...
"Non, Maman, non, je n'ai pas eu de mauvaise note. J'ai bien travaillé, promis..." répondis-je en forçant le ton, comme pour rassurer Maman qui n'était pas dupe, et qui au contraire devina : "Ah, non, Christine, ne me dis pas que c'est pire ? Ne me dis pas que tu as encore été collée ?"
Je relevai la tête de mon bol, et vis mes soeurs qui semblaient opiner de la tête, les yeux grands ouverts, comme fascinées par la scène. Maman, elle, était debout, les poings sur les hanches, le regard furax...


Maman était furax, et me toisait, les poings sur les hanches...
Elle n'arrivait pas à croire que j'ai pu encore
être collée en anglais, et cela augurait mal de sa réaction...


Je sentais que si je ne disais rien, mes soeurs allaient répondre à ma place... Je ne pouvais rester silencieuse plus longtemps... Je retins un gros sanglot et, la gorge nouée, je ne pus que dire la voix tremblotante : "Euh... si, Maman si..."
Elle ne me laissa pas poursuivre ma phrase : "Ce n'est pas possible, Christine... Jusqu'au dernier mois de l'année... Et, à voir ta tête, ne me dis pas que c'est encore en cours d'anglais ?" Je sanglotai vraiment et laissai échapper des petits "Si" que Maman prit avec une mine désespérée et excédée... "Et pourquoi donc ces nouvelles heures de colle ? Pour avoir chahuté, je suppose ?" demanda-t-elle.
Je rectifiai timidement : "Non, je n'ai pas chahuté en cours. J'ai juste, euh, parlé fort..." Je n'allais pas raconter toute la scène, ni expliquer le pourquoi de ma réaction incontrôlée quand les moqueuses ont été collées. Cela n'aurait rien changé...
Maman était déjà assez en colère : "Parlé fort, parlé fort, je rêve... Déjà que tu n'as pas à parler du tout en classe, mais parler fort, Christine, tu te crois à la foire... Tu sais bien en plus que Mlle Paule t'a particulièrement à l'oeil... Ce n'est pas possible, ma fille, tu cherches vraiment les ennuis..."
J'avais passé une partie de la nuit et tout le temps depuis mon réveil à chercher comment annoncer la nouvelle, comment l'enrober, comment plaider de quelconques circonstances atténuantes et implorer la grâce maternelle, mais finalement, c'est Maman qui m'avait arraché les mots de la bouche, et cette fois je restais sans réaction, avec l'impression que le moindre mot que j'aurais dit n'aurait fait qu'aggraver mon cas...
Maman poursuivit en prenant mes soeurs à témoin : "Je comprends mieux pourquoi Christine n'allait pas bien cette nuit... Votre grande soeur avait déjà peur de ce qui l'attendait... Et elle avait bien raison parce que cela ne va pas se passer comme cela, vous pouvez me croire..."
Je suppliai : "Pardon, Maman. Je ne le ferai plus. Pardon, ne te fâches pas...", ce à qui elle rétorqua : "Oh, mais si, que je suis fâchée, et je vais t'ôter l'envie de recommencer. Pas question, d'abord, que tu ailles dimanche après-midi à l'anniversaire de Martine. Tu resteras à la maison et tu me feras des exercices d'anglais à la place".
Je grommelai un timide : "Non, c'est pas juste". Ce à quoi, Maman répliqua : "Encore un mot et je te prive aussi de la soirée cinéma de mardi avec Tata".
Je compris que mieux valait me taire, surtout que Maman n'avait encore pas annoncé ce que je craignais le plus... Même mes soeurs semblaient étonnées, mais ne pouvaient rien dire... J'eus alors, quelques secondes durant, comme l'impression qu'il allait se produire un miracle, que j'éviterais le pire...
Maman s'était retournée vers la gazinière pour se resservir un peu d'eau chaude pour rallonger son thé. Personne n'osait dire un mot, et j'avalai une gorgée de lait chocolaté, avant que tous mes espoirs ne s'envolent. Maman revenue à table, but sa deuxième tasse de thé, puis annonça d'un ton calme et déterminé : "Bon, allez, finissez moi vos tartines et ce petit-déjeuner. Vous mettrez vos bols vides sur l'évier. Je vais préparer vos habits".
Se relevant avant d'aller vers nos chambres, Maman ajouta : "Quant à toi, Christine, tu peux préparer tes fesses..."
Je poussai un long gémissement en disant : "Oh, noooon, Maman, non !". La réponse ne se fit pas attendre : " Ne joue pas les étonnées, Christine, tu sais très bien ce que tu mérites, et crois-moi tu vas la sentir passer cette fessée..."




La sentence était tombée, énoncée devant mes soeurs : 
Christine pouvait préparer ses fesses...
Et je voyais dans le regard d'Aline et Diane, qu'elles m'imaginaient déjà
culotte baissée sur les genoux maternels...  

Maman quitta la pièce et je me remis à sangloter, devant mes soeurs qui me dévisageaient, Aline avec un air compatissant, Diane étant plus dans le registre presque moqueur, et me glissant, avec une mine satisfaite : "Tu vois que j'avais raison. Maman va te donner la fessée". Je préférai ne pas répondre, d'autant que je n'avais jamais douté depuis la décision de Mlle Paule de l'issue qu'aurait cet épisode...

A SUIVRE