jeudi 23 octobre 2014

Chronique d'un redoublement : 77. Le pronostic était hélas bon, la prochaine fessée était pour moi.

SUITE 76

Le problème, quand on se sent observée, lorsque l'on sait que l'on a déjà bien tiré sur la corde, et que la patience maternelle a des limites, c'est que cela n'aide pas à être détendue ou insouciante...
La plus petite remarque vous fait sursauter, et l'on ne peut pas s'enlever de l'esprit que, derrière le moindre regard noir, il y a une mère qui pense tellement fort qu'on le lirait sur ses lèvres : "Toi, ma grande, tu ne perds rien pour attendre..."

Il faudrait alors comme "un miracle" pour repartir à zéro, pour que tout soit effacé, mais nous avions beau être élevées dans le respect de la religion catholique, je me doutais bien qu'implorer Notre Dame de Lourdes était inutile et, en tout cas, bien trop tard pour me sauver...

Je débutai donc le troisième jour de ce troisième trimestre d'humeur grincheuse et tendue. Et la première alerte de ce mercredi arriva dès le petit-déjeuner, où Diane s'ingénia à me chercher querelle en douce, puis à me demander de lui passer confiture, lait, jus d'orange, avec une petite voix d'enfant sage et polie, jusqu'à ce que je lui réponde : "T'as qu'à te servir toi-même", d'un ton agacé. 

 
Dès le petit-déjeuner, Maman m'avait menacée
de me "calmer" à sa manière...
Inutile de préciser ce que cela voulait dire... 

La réplique maternelle fusa : "Christine, tu peux quand même aider ta soeur quand elle te le demande. Et, qu'est-ce que c'est que ce ton ? Si tu es énervée, je vais te calmer à ma manière. On dirait vraiment que tu cherches les ennuis, ma fille. Mais, je te prie de croire que tu vas les trouver..."

Je filais assurément un mauvais coton, et j'en devenais vraiment nerveuse. J'avais l'impression que, quoi que je fasse, cela ne servirait à rien, et que les nuages s'amoncelaient au dessus de ma tête, pour ne pas dire que cela sentait l'orage...

Une ou deux remarques à midi me rappelèrent que j'étais bien dans le collimateur maternel, et le fait que je les prenne de manière désabusée, presque fataliste, sans réagir, n'arrangea pas mes affaires, Maman n'appréciant pas d'avoir l'impression de parler dans le vide. Et cela me valut une réflexion : "Attention, Christine, il ne faudra pas te plaindre s'il t'arrive des ennuis. Je ne vais pas supporter ton attitude longtemps".

Connaissant Maman, je savais bien que ses menaces n'étaient pas des paroles en l'air, et que mieux valait filer doux, car elle n'était pas du genre à dire dix fois les choses avant d'agir. D'un autre côté, la situation m'énervait passablement, chaque menace faisant monter mon angoisse, alors que, de leur côté, je sentais bien que mes soeurs riaient sous cape de voir leur aînée en situation délicate...

Et ladite situation se gâta même plus vite que je ne le pensais...

En fin d'après-midi, Jeannette, la couturière à laquelle Maman faisait appel était venue à la maison pour prendre des mesures et récupérer divers travaux à faire. Econome, Maman récupérait parfois quelques vêtements que lui donnait (en échange de quelques pots de confiture) une amie dont les deux filles étaient plus âgées que moi, de deux et quatre ans.

Un élastique à reprendre, un ourlet à rajuster, il suffisait souvent de pas grand chose pour que la jupe, le pull ou le chemisier m'aille ensuite. Mes petites soeurs récupéraient bien certaines de mes affaires, cela était logique que l'on profite de quelques occasions, d'autant que c'était en général des vêtements de bonne facture.





 Etant donné la tension qui régnait entre Maman et moi,
j'avais du mal à me résoudre à cette séance d'essayage.
Enfilant les vêtements à retoucher à la va-vite,
je craquai légèrement une couture... 


Reste que, pour moi, autant parfois j'étais ravie de ce qui était proposé, autant d'autres fois, cela ne me plaisait guère.

Ce soir-là, tendue comme je l'étais, je me montrai plutôt rétive à cette séance d'essayage improvisée dans le salon. Maman n'apprécia pas une réflexion que je fis sur une des robes, puis que je l'enfile sans faire attention, et en craquant légèrement une couture. 
Jeannette (qui devait avoir un nom de famille, mais que j'ai toujours entendu appelée par son seul prénom) vit bien que Maman s'énervait, et minimisa le dommage : "Ce n'est rien, Mme Spaak, juste deux petits points à refaire", mais Maman n'était pas de cet avis. D'autant que, dans la foulée, je grommelai à mi-voix à propos de cette robe : "De toute façon, j'la mettrai pas".

Maman ayant l'ouïe fine, haussa le ton : "Non, mais, Christine, tu te crois où ? Ici, c'est moi qui commande, pas toi. Et je vais te le rappeler à ma manière. On en reparlera tout à l'heure quand Jeannette sera repartie. Mais, tu ne perds rien pour attendre, crois-moi".

Je suppliai, consciente de ce que Maman me promettait : "Mais, non, Maman, je ferai tout comme tu veux... Je la mettrai cette robe, promis. Tu sais, euh..."

Elle ne me laissa pas en dire plus : "C'est trop tard, Christine. Depuis le temps que tu me cherches, tu n'auras que ce que tu mérites". Et, constatant que c'en était fini pour les essayages me concernant , Maman me congédia : "Allez, file donc dans ta chambre. Je vais venir m'occuper de ton cas, dès que j'en aurai fini avec Jeannette".



Ma réflexion avait été la goutte d'eau qui faisait déborder
le vase de la colère maternelle. Devant Jeannette, elle m'annonça
que je n'avais qu'à préparer mes fesses 
et m'expédia l'attendre dans ma chambre...

Je me rhabillai et quittai le salon sans demander mon reste, mais je tendis l'oreille depuis le couloir avant de monter à l'étage vers ma chambre. La couturière, qui avait deux jupes de Maman à retoucher, tenta de plaider ma cause, en disant : "Vous savez, ce n'est pas si grave. A son âge, Christine peut encore faire des caprices, ce n'est pas très méchant..."

Maman ne se laissa pas infléchir pour autant : "Si ce n'était qu'un caprice, Jeannette, je comprendrais, mais Christine cherche vraiment les ennuis. Elle redouble déjà sa Cinquième, et il n'est pas question qu'elle n'en fasse qu'à sa tête. De toute manière, cela fait plusieurs jours qu'elle y échappe de justesse. Je vais remédier à cela, et pour cela, il n'y a rien de tel qu'une bonne fessée pour calmer ma grande..."

Je ne cherchai pas à en entendre plus, je venais d'avoir la confirmation de la manière dont Maman allait "s'occuper de mon cas", même si je n'avais guère de doute. Ce qui me chagrinait le plus, et me faisait mal au coeur, c'est que Jeannette ait eu, de son côté, l'explication de texte, et qu'elle sache ce qui m'attendait après son départ. Et, comme elle était efficace, et reviendrait sûrement, d'ici un jour ou deux, ramener les habits retouchés, j'imaginais déjà que je n'échapperais pas à quelques regards curieux ou à des allusions sur ce qui me serait arrivé entre temps...

Supportant difficilement les regards amusés de mes soeurs qui jouaient sur le palier et avaient tout entendu, quand Maman avait haussé le ton, je me réfugiai dans ma chambre, laissant la porte un rien entrouverte pour guetter le départ de Jeannette.

Les deux femmes papotèrent plus que je ne l'imaginais, croyant à chaque minute que Maman allait monter...

Cela dura une demi-heure, et je commençais à espérer que le laps de temps aurait permis à Maman de se calmer, mais il n'en était rien. A peine la porte d'entrée refermée, et Jeannette partie, que Maman appela Aline et Diane qui, jouant les petites filles modèles, comme toujours en pareille circonstance, dévalèrent l'escalier pour s'entendre dire : "Dites, les filles, il faudrait ranger vos affaires qui sont au salon, et vous mettrez la table pour le dîner dans la cuisine. Et je ne veux rien entendre, c'est compris ?"
Le "Oui, Maman, promis", qu'elles lancèrent à l'unisson avait un ton presque enjoué, qui me fit grimacer, imaginant ce qu'elles pensaient à ce moment...
La confirmation vint de la bouche maternelle : "Bien, en attendant, je vais aller régler mes comptes avec Christine..."



 


Maman avait informé mes soeurs qu'elle montait "s'occuper" de moi. 
Ses pas dans l'escalier, c'était comme si
j'entendais ma fessée venir à moi... 

Les pas de Maman dans l'escalier me firent battre le coeur très vite. Des larmes me montèrent aux yeux, au moment où elle pénétra dans ma chambre, laissant la porte ouverte derrière elle, comme si elle voulait entendre ce qui se passait en bas.

Je balbutiai en reniflant : "Pardon, Maman, je ferai tout comme tu veux...".

Elle rétorqua : "Je l'espère bien, Christine, je l'espère bien, mais pour l'instant je vais d'abord m'occuper de tes fesses... Allez, viens ici, je n'ai pas de temps à perdre...", dit-elle en tapotant sur ses genoux, après s'être assise au bord de mon lit...

J'avançai lentement, suppliant : "Non, Maman, pas la fessée, non !"

Mais son ton ne souffrait aucune contestation, et me faisait comprendre que mieux valait obéir : "Ne joue pas les étonnées, Christine. Tu sais bien depuis dimanche soir que cela te pend au nez. Tu as eu largement le temps de préparer tes fesses. Je t'ai laissé ta chance, tu as continué à n'en faire qu'à ta tête et à te montrer désagréable, voire insolente. Maintenant, tu vas le payer, ma fille..."

C'est vrai que j'avais eu tellement peur après mon "Tais-toi donc" de l'autre soir, peur qu'elle me déculotte sur le champ, que me retrouver prête à plonger en travers de ses genoux seulement maintenant, rendait le discours maternel crédible, comme si c'était normal de devoir payer pour mes fautes...

Je fis donc l'avant-dernier pas sans réfléchir davantage, avant que Maman ne me saisisse par le poignet, et me bascule en travers de ses cuisses...

J'eus droit à un : "Bon, tu vois quand tu veux", pendant que, de ses mains expertes, Maman remonta ma jupe au dessus de ma taille, et s'employa à baisser largement ma culotte...


Maman avait dégagé ma jupe et baissé ma culotte.
Tétanisée, trop consciente qu'elle me pendait au nez
depuis plusieurs jours, je m'étais avancée vers ses genoux 
presque sans résister...  

La porte étant ouverte, j'implorais le pardon maternel à voix feutrée, bien consciente qu'Aline et Diane tendaient l'oreille en bas.

"Ah, Mademoiselle répond à sa mère. Ah, Mademoiselle est de mauvaise humeur depuis la rentrée. Eh bien, Maman va la calmer, et lui donner ce qu'elle mérite", lança Maman après avoir bien rajusté ma position et avant de décocher les premières claques.

Déterminée, elle débuta cette fessée sur un rythme soutenu. Je tentai un moment de retenir mes cris, alors que le bruit des claques résonnait dans la maison, mais je fus vite en larmes, haletante, gémissante, suppliante, quand je ne poussais pas des petits cris aigus.

Maman s'aidait de la voix en poursuivant : "Ah, tu l'as bien cherchée cette fessée. Ce n'est pas faute de t'avoir prévenue, mais puisque les avertissements ne suffisent pas, je vais te rappeler ce qui arrive aux désobéissantes et aux effrontées, moi ! Tiens, tiens et tiens..."

Maman ne rigolait pas. La tannée était efficace et avait rapidement transformé mon bas du dos en lune incandescente. Assurément, la volonté maternelle était d'aller plus loin que de me faire payer ma mauvaise humeur et mes répliques irrespectueuses. D'ailleurs, après plusieurs séries de claques sonores et bien ciblées, entrecoupées de petites phrases en forme de sermon, le discours de la correctrice remit l'événement dans le contexte scolaire. Et Maman, d'insister : "Tiens, Christine, tiens ! Et que cela te serve de leçon aussi en ce début de trimestre... Tiens, tiens, tiens... Tu sais bien que je ne tolérerai aucune mauvaise note, aucune heure de colle, aucun mensonge... Tiens, tiens, tiens... Sinon, je n'hésiterai pas, Christine... Tiens, tiens, tu la sens cette fessée, comme elle claque bien tes fesses... Tiens, tiens... Eh bien, ce sera pareil, Christine, pareil, la culotte baissée, sur les genoux de Maman, jusqu'à ce que tu comprennes, Christine..."

Pendant que Maman débitait ce monologue menaçant, des pas résonnèrent dans les escaliers. Et, deux têtes apparurent dans l'entrebâillement de la porte. "Ca y est, M'man, c'est rangé en bas, et la table est mise. On peut aller jouer dans notre chambre ?", demandèrent mes soeurs, les yeux grand ouverts sur la scène qu'elles avaient devant les yeux.

Maman rétorqua : "Allez, filez-donc, si vous ne voulez pas prendre la place de votre grande soeur, dès que j'en aurai fini avec elle..."



Maman avait expédié Aline et Diane dans leur chambre.
Mais, en s'arrêtant devant la porte ouverte de la mienne,
elles avaient pu enregistrer la scène de leur ainée
recevant la fessée déculottée...

La menace eut l'effet désiré, puisque Diane et Aline disparurent , non sans bien avoir enregistré le tableau dont j'étais l'héroïne involontaire...

Ayant légèrement glissé des genoux maternels durant cet intermède fortuit, Maman me remonta en bonne position, regardant ma lune écarlate, et commentant : "Bon, voilà des fesses bien rouges, Christine. J'espère que tu retiendras la leçon..."

Je suppliai : "Oui, Maman, promis. Oui, arrête, ça suffit..."

Mais, elle ne m'avait pas remise en position pour rien, et la réplique fusa : "C'est Maman qui décide si c'est fini ou pas, Christine... Tiens, tiens, tiens et tiens ! J'aimerais bien, en effet, que tu retiennes la leçon... Cela vaudrait mieux pour toi, ma fille.... Tiens, tiens, tiens... Cela vaudrait mieux, si tu ne veux pas te retrouver souvent les fesses à l'air pour que je te les rougisse comme elles le méritent... Tiens, tiens, et tiens, prends donc encore ça, ma grande, et dis-toi bien que je recommencerai autant de fois qu'il le faudra, Christine, autant de fois... Tiens, tiens, tiens et tiens !"

Maman avait accompagné son discours de claques encore plus sonores et fortes qu'au début. Ce final me fit crier et supplier, sans retenue, malgré la porte ouverte qui devait propager le moindre son de cette tannée magistrale.




J'étais éreintée, à l'issue de cette fessée magistrale,
le visage ruiné de larmes,
pleurant à gros sanglots au terme de cette première fessée du trimestre 

Les dernières claques données, Maman relâcha son étreinte, et je tombai à genoux, m'agrippant à ses jambes en pleurant à gros sanglots. De sa main droite redevenue douce, Maman caressa un instant le haut de ma tête, puis écarta mes cheveux qui cachaient en partie mon visage, disant : "Allez, c'est fini, Christine. Sèche tes larmes et rhabille-toi. On va bientôt diner".

Puis, Maman se releva, me laissant encore à genoux, toute dépenaillée. Ma jupe était retombée en partie sur ma lune, mais la culotte était restée à hauteur des genoux, entravant un peu ma tentative de me relever. Je chancelais et me retrouvai devant la glace de mon armoire, qui reflétait l'image d'une sorte de poupée de chiffon mal fagotée, défaite et décoiffée.

Le temps de bien remonter ma culotte, j'aperçus mes deux fesses écarlates, et les cachai bien vite, cherchant déjà à trouver le moyen de faire bonne figure quand il allait falloir redescendre pour le diner, et le partager avec deux soeurs qui m'avaient vue sur les genoux de Maman, culotte baissée, offrant à sa juste colère deux fesses rougissant sous les claques de la fessée maternelle...


A SUIVRE

jeudi 2 octobre 2014

Chronique d'un redoublement : 76. D'une fin de vacances calme à une angoisse qui monte...

SUITE 75

Il restait encore une semaine de vacances avant d'entamer le dernier trimestre, et chacune des trois soeurs avait eu droit à un passage sur les genoux maternels, sans que le traitement ait été égalitaire, du fait de l'âge ou des motifs et circonstances, mais globalement Maman avait recadré ses trois filles, en faisant bien passer son message...
Il n'était pas question cette fois que la fin d'année scolaire soit marquée par une quelconque surprise, et chacune d'entre nous avait bien compris que rien ne nous serait passé...

Au lendemain de ma tannée dominicale, Maman nous fit travailler encore plus, surtout Aline et moi, mais Diane également dut faire des devoirs et des révisions tous les jours.
Mieux valait ne pas tenter le diable, et nous avons fait de notre mieux, évitant de rechigner et essayant de nous appliquer, ce qui ne faisait finalement que convaincre Maman qu'elle était dans la bonne voie...

Je l'entendis d'ailleurs discuter avec une autre Maman rencontrée dans la rue, et préciser : "Je n'ai pas à me plaindre. Cette semaine, mes filles sont plutôt calmes et travailleuses. Il faut dire que j'ai fait ce qu'il fallait. Rien de tel qu'une bonne fessée pour les ramener à la raison".
La dame, voyant que j'avais baissé la tête, et froncé les sourcils, demanda si cela concernait "même Christine", et Maman rétorqua : "Même Christine, bien sûr. Pour ne pas dire surtout. Vous savez, je n'ai pas envie qu'elle perde encore une année, et je dois dire qu'une bonne déculottée de temps à autre, c'est encore ce qu'elle comprend le mieux..."

Vous imaginez qu'entendant cela, je fulminais et me sentais honteuse.



La conversation avec la dame rencontrée en ville 
me fit me sentir honteuse comme rarement.
Dans le regard de la dame, j'avais l'impression
qu'elle m'imaginait sur les genoux maternels...

Heureusement, la semaine passa sans véritable anicroche, même pour Aline qui y échappa de peu, mais montra pas mal de bonne volonté dans son travail. Diane prit toutefois une gifle pour un mouvement de mauvaise humeur, mais se garda bien de persister pour ne pas fâcher davantage Maman.

Seul bémol de cette semaine de répit fessier, à mon point de vue, c'est que je demeurais la dernière à avoir été punie, et je dus entendre, toute la semaine durant, les quelques avertissements donnés par Maman s'y référer, du style : "Aline, tu sais ce qui est arrivé à ta grande soeur, dimanche... Tu veux la même déculottée ?" Ou encore : "Christine, rappelle toi de dimanche soir... Tu veux revenir sur mes genoux ?"

Toutefois, il n'en fut rien, mais la perspective du retour en classe le lundi matin durcissait encore le propos maternel. En tout cas, nous eûmes droit, lors du diner du dimanche soir à un sermon bien senti, rappelant que le dernier trimestre était décisif, que Maman ne tolérerait aucun relâchement, etc., etc.
Et elle récidiva au moment du coucher, chacune étant bien mise en garde, avec des menaces assez claires sur ce qui attendrait celles qui ne feraient pas d'effort...

Etant évidemment la dernière à recevoir la visite maternelle, après qu'elle ait éteint dans la chambre des petites, Maman me rabâcha les mêmes recommandations d'un ton assez fort pour que les petites l'entendent aussi.

Je dis bien que j'avais compris et je fis toutes les promesses qui me passaient par la tête, pour la rassurer, ce qui n'eut pas l'effet escompté, puisque Maman me rappela : "Je les connais trop tes promesses, Christine. Ce que je veux, ce sont des actes. Mais, moi, tu sais, les promesses, je les tiens... Alors, je te le répète, la moindre mauvaise note, la moindre colle, le moindre mensonge, et tu pourras préparer tes fesses, ma grande, oui, préparer tes fesses, tu m'entends ?"

A force de l'entendre, je bouillais intérieurement et je lâchai un : "Oui, j'ai compris, j'ai compris, M'man. Ce n'est pas la peine de le répéter sans arrêt... Tais-toi donc !"

Je pris conscience, en le prononçant, que ce "Tais-toi donc" était très déplacé, et mal venu, surtout dans ma position. Maman fit la grimace, interloquée, et haussa le ton : "Comment ça : tais-toi donc ! Tu réponds à ta mère ? Qu'est-ce que c'est que ça ?"


 J'avais répondu de façon un peu déplacée à Maman
qui fut à deux doigts de me donner la fessée
sur le champ. Heureusement, j'y échappé,
mais la menace laissait penser que ce n'était que partie remise...

Je compris que j'avais été trop loin, et répliquai sur un ton doucereux : "Non, Maman, non, je disais juste que je sais tout ça, que je te promets que je vais bien travailler, et que ce n'est pas la peine de me le redire, je sais très bien ce qui arriverait si je travaillais mal".

Ma supplique ne la convainquit qu'à moitié... Je sentis qu'elle hésitait, mais il était l'heure de dormir et elle se contenta d'un avertissement : "Bon, tu as de la chance, Christine. Tu mériterais bien que je m'occupe de tes fesses... Parce que je ne tolérerai pas que tu me répondes à nouveau ainsi... Mais, ce n'est que partie remise, ma fille. Ne t'avise pas à me chercher, sinon la prochaine remarque sera la bonne et on réglera nos comptes"...

Je demandai pardon avec une petite voix, effrayée que j'étais, sentant bien que j'étais passée à deux doigts du pire...

Maman se calma, mais je sentais bien qu'elle avait réellement hésité et que j'avais eu de la chance sur ce coup-là ! 
Elle déposa un rapide baiser sur mon front et se releva, non sans en remettre une couche : "Fais attention, Christine, fais attention, sinon gare à tes fesses... Cela fait une semaine que je ne m'en suis pas occupée, mais cela ne va sûrement pas durer. Alors, c'est à toi de voir ce que tu veux..."

J'eus du mal à m'endormir, persuadée que j'étais que je venais d'échapper, par je ne sais quel miracle, à une déculottée maison... 
J'aurais dû en être contente, soulagée, mais connaissant la psychologie maternelle, je comprenais que Maman allait y repenser, et se demander si elle avait bien fait, ou si elle n'aurait pas dû sévir... Et ce genre de réflexion allait faire que, sans guère de doute, elle serait encore plus attentive à mes moindres faits et gestes, et ne manquerait sûrement pas de saisir la prochaine occasion pour "s'occuper" de mon cas...

D'ailleurs, dès le lendemain, pas question de lambiner le matin, de trainer les pieds, de discuter les consignes maternelles, ni de tarder à se mettre aux devoirs, dès le goûter avalé. Goûter durant lequel, Maman reprit assez souvent son habitude de jeter un oeil dans les cartables, pour ne pas dire de les fouiller, et de vérifier les carnets de correspondance, les cahiers, les devoirs à faire, et ce qui avait été rendu le jour même.

Si mes soeurs n'y voyaient guère à redire, vu leur âge, j'avais plus de mal à la voir reprendre ce petit manège presque quotidien, qui montrait bien que Maman se méfiait de ma tendance à ne pas dire les choses d'entrée, et de chercher le moment propice, voire de cacher le plus longtemps possible ce qui pourrait la fâcher...

Dès le deuxième soir, je manifestai ma grogne en la voyant aller chercher mon cartable dans l'entrée et se mettre à ouvrir mes cahiers. "Arrête donc, M'man. Il n'y a rien de neuf, je n'ai pas eu de nouvelles notes, et en plus, je n'ai même pas devoirs pour demain", dis-je d'un ton légèrement agacé qui fit réagir Maman. Je n'avais rien dit de malpoli, mais comme je m'exprimais en présence de mes soeurs, cela ne pouvait être apprécié par notre mère, qui répliqua : "Euh, Christine, garde donc tes réflexions pour toi. Je fais comme il me semble bon. Je n'aime pas cette manie de me répondre. Je te l'ai déjà dit avant-hier soir, alors fais attention car ma patience a des limites. Si c'est une fessée que tu veux, continue, ma fille, tu es sur la bonne voie..."

La réflexion maternelle a calmé les esprits, le mien et celui de mes soeurs, toutes les trois étant bien conscientes que Maman n'hésiterait pas, surtout en ce début d'un dernier trimestre, tellement important à ses yeux, puisque décisif en terme de réussite scolaire.

Et la menace claire et précise qu'elle faisait planer sur mon bas du dos n'étonnait aucune de nous trois, tant nous avions le pressentiment que, de toute manière, la première occasion serait mise à profit par Maman pour rappeler, dans les actes, et plus seulement en paroles, comment cela allait fonctionner à la maison, côté discipline...

Aline et Diane filaient donc droit, évitant tout ce qui pourrait déranger notre mère, quitte même à se montrer bien plus serviable et calme que d'habitude... Je comprenais d'ailleurs leur jeu, et cela contribuait à m'énerver, même si c'était comme qui dirait de bonne guerre... Quand vous savez qu'il y a un risque d'orage, vous ne vous hasardez pas à montrer le bout de votre nez, surtout quand vous savez qu'une autre personne est plus exposée, et prendra la foudre si elle doit tomber...



 J'angoissais et craignais la moindre discussion avec Maman.
J'avais bien conscience qu'après deux avertissements
des plus sérieux, la prochaine occasion serait la bonne.
Dans ma tête, je me disais qu'il fallait
que je prépare mes fesses...


Ayant entendu la veille au soir de la rentrée, puis au deuxième soir d'école, Maman menacer son ainée d'une fessée, et expliquer publiquement qu'elle n'était pas passée loin, mais que "cela ne durerait sûrement pas", c'est bien normal que les deux petites se disent que ce n'était pas le moment de détourner l'attention maternelle sur elles... 
Mieux valait laisser grande soeur dans le collimateur et attendre que l'orage éclate, ou qu'une goutte d'eau de plus ne fasse déborder le vase de la patience d'une mère qui se demandait certainement au fond d'elle si elle n'aurait pas dû sévir dès l'autre soir, quand son ainée s'est permise de lui répondre et de lui demander de se taire...

Tout cela, je l'avais compris aussi, et cela commençait à m'inquiéter sérieusement. L'insistance de Maman à chercher la petite bête, le manquement ou la faute qui justifierait de passer à l'acte, comme l'attitude comme feutrée de mes soeurs, et leurs yeux et oreilles aux aguets de la moindre conversation entre Maman et moi, tout cela ne me disait rien de bon, consciente que j'étais qu'il n'y aurait pas de troisième avertissement préventif, et que s'il devait y avoir des pronostics sur qui prendrait la première fessée du dernier trimestre, la grande Christine serait à coup sûr favorite, et de loin...

A SUIVRE

jeudi 7 août 2014

Chronique d'un redoublement : 75. Une fessée majuscule qui me remet à "ma" place...

SUITE 74

Et la fessée tomba. A coups de grandes claques bien ciblées, Maman se lançait assurément dans un récital qu'elle maitrisait parfaitement. Je tentai de retenir mes cris, de contenir mes pleurs, mais la claquée faisait son oeuvre, avec méthode et efficacité. J'aurais voulu protester, supplier, implorer le pardon maternel, mais je savais bien que cela aurait été vain, et n'aurait fait qu'accroitre la détermination maternelle.
Et puis, jouer l'innocente aurait été comme jouer la comédie, tellement j'avais conscience que, sans être devin, j'avais depuis des heures le pressentiment que la journée ne s'achèverait pas sans une étape sur les genoux maternels...
Cela me pendait au nez, ou plutôt au dessus des fesses, depuis que mes soeurs y étaient passées, comme si c'était mon tour. Et puis, j'avais surtout fait l'erreur de me montrer grognonne en public, devant Mamie, qui était pourtant souvent une avocate et non un procureur pour moi.

Si encore j'avais joué les filles modèles, ne disant rien, me montrant souriante et serviable, Maman aurait peut-être été confortée dans son rôle de mère efficace... J'aurais dû la laisser raconter les problèmes qu'elle avait avec ses filles et les inquiétudes quant au dernier trimestre, sans grogner. Mais, comme l'évocation de ce sujet me vexait encore, je l'avais montré, ce qui, dans l'esprit de Maman, signait le fait que son ainée n'avait pas suffisamment compris, qu'elle n'avait pas été assez calmée...



D'ailleurs, dans les petites phrases que Maman répétait entre chaque série de claques ou pour repartir de plus balle, il y avait des mots comme : "Quand je pense que, même chez Mamie, tu te montres impolie... Tiens, tiens, et tiens, je vais t'apprendre la politesse..."
Ou encore : "Si, au moins, tu t'étais bien tenue ce midi pour qu'on puisse passer un dimanche tranquille... On aurait dit que tu la cherchais cette fessée... Mais, avec Maman, la fessée, on la trouve... Tiens, tiens, tiens..."  

La porte était grande ouverte, et le son avait été baissé en bas, et je ne doutais pas que mes soeurs tendaient l'oreille pour ne rien perdre de cette fessée d'avant diner. Et, en pensant à cela, je commençais déjà à imaginer le regard des petites quand il faudrait bien que je les rejoigne pour le repas familial. J'aurais presque préféré être envoyée au lit sans souper...

J'essayais donc surtout de ne pas trop parler, ne pas trop crier, ne pas trop donner l'occasion à Maman de commenter son action, ou de repartir de plus belle, remotivée par mes réactions...

D'un autre côté, autant la première fessée qui avait mis fin à la trêve de deux mois, m'avait marquée, autant le fait que déjà, j'en avais reçu une autre plus "ordinaire", et le fait que cela faisait ainsi la troisième fois en deux semaines que je me retrouvais sur les genoux maternels, tout cela me rendait presque philosophe, et m'aidait à modérer mes réactions...

En revanche, si le fait de surjouer parfois entrainait des répliques beaucoup plus appuyées de Maman, le fait de retenir mes cris l'incitait aussi à forcer un peu la dose, se demandant si le traitement était suffisamment efficace et tenant à le vérifier par une série de claques encore plus fortes...
Comme si une "bonne" fessée se jugeait à l'épuisement de la punie...
De toute manière, la tannée avait déjà amplement rougi ma lune, et chaque claque devenait de plus en plus insupportable. Je ne pouvais plus retenir mes larmes, ni mes supplications faites à toute petite voix entre deux "aïe, ouille".



Maman semblait satisfaite et elle paracheva son oeuvre par un final dont elle avait le secret, commentée par un discours du genre : "Ah, j'espère que tu réfléchiras avant de te montrer à nouveau désagréable... Tu n'as eu que ce que tu méritais, Christine... Une bonne fessée, tu l'as cherchée, tu l'as eue... Et, tant que tu ne comprendras pas autrement, tu pourras préparer tes fesses, ma fille..."

J'étais en larmes, pleurant sans retenue, épuisée, pour ne pas dire calmée par une fessée qui avait été longue et appliquée, efficace comme Maman savait en donner à son ainée particulièrement.

Je tombai à genoux, enchevêtrée dans mes vêtements, ma jupe retombant, ma culotte encore à mes genoux, et le visage raviné de larmes, bref je n'avais pas fière allure, reniflant entre deux sanglots.
Maman s'était relevée et allait quitter ma chambre, non sans m'ordonner de me relever : "Ne reste donc pas affalée par terre. Tu es ridicule, ma fille. Si tu te voyais... Rhabille toi, on va bientôt passer à table. Regarde comme ta jupe est toute chiffonnée".
C'est vrai que je devais ressembler à une marionnette désarticulée, n'ayant aucune envie de bouger, tant que je n'aurais pas évacué le plus gros de mes larmes.

Finalement, se ravisant, Maman me dit : "Mets-toi plutôt en pyjama, et passe un gant de toilette sur ta figure, tu auras meilleure allure. Au passage, pose ta jupe et ton chemisier dans le panier de linge sale."

Sur ce, Maman descendit retrouver mes soeurs et mettre la dernière main au diner.

Cinq minutes plus tard, elle cria : "A table !", et je me rendis compte que je n'avais pas bougé, demeurant prostrée, les fesses encore à l'air sous la jupe qui les cachait, broyant des idées noires, me remettant doucement de cette tannée qui était tout de même, dans son genre, un exercice très physique pour les deux protagonistes.

L'appel de Maman me sortit de ma torpeur. Je me rappelai qu'elle avait demandé que je me mette en pyjama, et je quittai à vitesse grand V mes vêtements, les mettant en boule dans le panier à linge sale. 
Je récupérai mon pyjama, enfilant le haut, puis me retrouvai près de la glace, la lune écarlate... Je n'avais pas eu loisir de la voir blanche avant la fessée, mais je sombrai à la tentation d'observer mes joues du bas "réchauffées" par la main de Maman.
Dix minutes s'étaient écoulées, et le rouge n'était plus vif comme sous la claquée. Toutefois la coloration était presque uniforme, comme la sensation de chaleur qui me parvenait. Assurément, Maman avait appliqué ses claques sur toute la surface de mes deux hémisphères : cela n'avait pas été la volée du siècle, mais une fessée grand format, un modèle du genre, bref la "bonne fessée" version Maman Spaak.

J'avais entendu les petites filer vers la cuisine pour se mettre à table, et j'étais encore à moitié nue. Constatant que je ne descendais pas dans l'instant, Maman se rapprocha du bas de l'escalier et lança : "Christine, je ne vais pas t'appeler trois fois. Ou tu descends maintenant, ou je monte te chercher, et ça va barder... Si la fessée que tu viens de recevoir ne te suffit pas, dis-le, et j'arrive..."

Affolée, je répondis : "Non, non, Maman, je descends vite..."

J'enfilai à la hâte le bas de mon pyjama, regardai un instant mon visage aux yeux rougis, passai le gant de toilette sur mes paupières et descendis. Je dévalai même les escaliers, arrivant dans la cuisine, haletante, en pyjama, les yeux encore rouges, faisant face à Maman et aux petites, toutes trois attablées encore en habits du dimanche.

Je me sentais toute bête, sous ces trois regards, débarquant en courant presque suite aux menaces maternelles.
Maman m'invita à m'asseoir, tout en commentant, ce que mes soeurs avaient bien compris, mais qui, avec des mots, est encore plus mortifiant : "Ah te voilà, Christine. Je vois que tu as couru pour ne pas fâcher Maman. C'est bien, ça ! Je vois que la fessée de Maman a fait son effet... Vous voyez, Aline et Diane, votre grande soeur est redevenue calme et ne grogne plus, à me faire honte comme chez Mamie, ce midi... Allez, Christine, ne reste donc pas plantée là. Assieds-toi à table".
J'eus un très gros sanglot qui me remonta dans la gorge et mes yeux s'embuèrent à nouveau, me sentant ridicule, honteuse.
Maman le remarqua : "Ne te remets donc pas à pleurer, Christine. C'est fini. Tu n'as eu que ce que tu méritais, voilà tout. Je t'avais assez prévenue... Mais, avec Mademoiselle, les mots ne suffisent pas... Il a encore fallu lui baisser sa culotte et lui flanquer une bonne fessée  pour qu'elle comprenne qu'on obéit et qu'on ne fait pas la tête... Sèche donc tes larmes, Christine. Et n'en rajoute pas... Ce n'est qu'une bonne fessée de plus, et il ne tient qu'à toi qu'il n'y en ait plus... Même si je me doute bien que ce n'est sûrement pas la dernière..."

Mes soeurettes buvaient du petit lait en entendant cette tirade maternelle. Elles jouèrent les filles modèles, profitant de cette scène où elles étaient endimanchées, à table, entourant leur ainée en pyjama, assise, chacun le devinait sur deux fesses encore chaudes de la claquée maternelle...

Je retrouvais dans le regard de mes soeurs cette espèce de moquerie si souvent ressentie, façon pour elle de se rassurer peut-être, de se dire que si elles avaient aussi droit aux fessées maternelles, la grande soeur y était soumise également, voire de façon plus marquante du fait de son âge notamment.

Moi qui avais, durant cette longue trêve de deux mois sans fessée, où mon statut de grande s'en était comme revalorisé, je me retrouvais au contraire comme dans les périodes les plus difficiles, un peu comme l'année précédente quand j'accumulais les heures de colle, les mensonges et les mauvaises notes. Cette troisième déculottée en deux semaines me remettait à "ma place", celle devenue habituelle de première dans la ligne de mire maternelle, à celle dont les fessées servaient d'exemple ou de menaces. D'ailleurs, Aline et Diane ayant un moment pouffé en me voyant le nez dans mon assiette, me trémousser un instant sur ma chaise, pour cause de picotements ressentis, Maman n'avait-ellepas grondé : "Arrêtez de rire, les filles, il n'y a rien de risible. Si vous voulez vous aussi comme Christine une bonne fessée déculottée, je n'hésiterai pas".
Aline et Diane étaient demeurées plus discrètes ensuite dans leurs moqueries, mais une fois encore, la menace maternelle n'avait fait que leur rappeler que Maman venait de baisser la culotte de leur ainée pour une fessée majuscule ! Leurs yeux pétillants montraient qu'elles mettaient des images sur les phrases maternelles, et j'avais l'impression, moi aussi, que ces mots de Maman me déculottaient devant elles.


A SUIVRE

lundi 14 juillet 2014

Chronique d'un redoublement : 74. Jamais deux sans trois...

SUITE 73

Comme je viens de l'écrire, cette fessée reçue une semaine après celle qui avait marqué la fin de la grande trêve de deux mois, m'avait touchée psychologiquement, presque plus que la tannée précédente... La volée prise à l'issue d'une longue période de calme avait comme un caractère exceptionnel, montrant bien que je n'étais pas à l'abri de ce genre de rechutes, mais se trouvant être la seule fessée prise par la grande en huit ou neuf semaines, alors que les petites avaient été "servies" à plusieurs reprises, j'en gardais une sorte de statut d'ainée assagie et devenue plutôt raisonnable.

La rechute, une semaine plus tard, m'amenant à recevoir une nouvelle fessée, me ramenait au contraire dans une position de gamine ordinaire, de celle que l'on doit, comme ses soeurs, surveiller de près...

Il n'y aurait pas eu cette assez mauvaise note en anglais (du moins pour une redoublante), je serais peut-être repartie pour une nouvelle et longue trêve, car Maman n'aurait vraisemblablement pas continué sa surveillance rapprochée plusieurs semaines de suite...
Mais, le fait est qu'en se mettant, après la première tannée, à tout vérifier, à chercher la petite bête, ma défaillance en anglais lui donnait quelque part raison, et persuadait donc Maman qu'elle faisait bien de ne pas me faire confiance, et qu'il était grand temps de reprendre la situation en main, surtout dans la perspective du dernier trimestre décisif...

Et je sentais bien aussi que, vis à vis de mes soeurs, voire des proches comme Tata et Mamie, autant la "longue" (du moins pour moi) période de sagesse, ou disons de mieux, m'avait redonné une position de grande, d'aînée, etc., autant la deuxième rechute me remettait en position de grande, certes, mais de grande qui a "besoin" de bonnes fessées pour rester dans le droit chemin.

C'était évidemment très sensible dans le regard de mes soeurs, qui redevenaient aux aguets de mes faits et gestes, qui avaient tendance à me provoquer davantage, à chercher à se plaindre de moi auprès de Maman pour la moindre broutille...

La deuxième fessée, une semaine après la première, n'avait certainement pas été aussi démonstrative et aussi marquante que la première, physiquement parlant, mais elle me faisait replonger dans une sorte de chronique de la fessée ordinaire, celle qu'on devine à l'avance, celle qu'on ne discute presque que pour la forme, trop certaine de l'issue qu'il adviendrait, et qu'il faudrait vraisemblablement aller attendre dans sa chambre en préparant ses fesses...

Ma seule chance dans mon état de fille placée dans le collimateur maternel, et devant subir les contrôles au quotidien, fut que deux ou trois jours plus tard, arrivèrent les vacances de Pâques, avec deux semaines sans fouille de cartable au retour à la maison...

Mais, deux semaines de vacances, avec une mère qui tient absolument à ce que son ainée, et Aline aussi, brillent lors du dernier trimestre, sont tout sauf une période de grand repos...

Aline l'a expérimenté la première, puisque dès le troisième jour, elle rechigna à faire les devoirs demandés par Maman, puis s'y est mise en grognant, et fit plusieurs fautes d'étourderie qui étaient la preuve qu'elle n'était pas attentive...

Nous étions toutes les deux à faire nos devoirs, installée Aline et moi, chacune à un bout de la table de la salle à manger, Diane étant en train de jouer dans le jardin, et Maman allant et venant nous surveillant tout en vaquant à ses occupations ménagères.

Déjà la veille, Maman nous avait prévenues qu'elle ne tolérerait pas de mauvais esprit, et Aline en fit les frais...

"Mais, ce n'est pas possible, tu ne fais pas attention à ce que tu écris. Je vais t'apprendre, moi, à être plus attentive... Tu vas voir...", lança-t-elle en tirant Aline par le bras pour la faire se lever. Elle la traina comme un paquet de linge vers le canapé du salon, Aline sanglotant, mais ne résistant pas, ce qui valait mieux, en suivant Maman.

Quelques secondes plus tard, Maman s'était assise sur le bord du canapé et basculait ma soeur en travers de ses genoux. La jupe d'Aline relevée et coincée sous le bras gauche de Maman, celle-ci baissa sans attendre la culotte de soeurette, qui me montrait ainsi, à quelques pas de la table où je travaillais, juste en face de moi, ses deux fesses blanches et tremblantes.

   
Cela faisait un bon moment que je n'avais pas assisté à une fessée 
ainsi aux premières loges. Et j'eus des pensées de compassion
pour Aline, que Maman ne ménagea pas... 

Cela faisait un moment que je n'avais pas été ainsi aux premières loges, et je restai bouche bée, alors que Maman, elle, ne perdait pas de temps en parlottes inutiles, se mettant à claquer de bon coeur la lune de l'ainée de mes petites soeurs, qui se mit très vite à crier et supplier.

La fessée fut conséquente. Moi qui, lorsque je guettais la scène de l'autre côté du mur de ma chambre, avais l'impression que les fessées des petites étaient vraiment plus rapides que les miennes (ce qui n'était pas faux), je trouvai que Maman, cette fois, ne ménageait pas ma soeur. Mais, c'est vrai qu'étant en vision et en audition directe, j'étais sûrement plus impressionnée, et il est vraisemblable aussi que, Maman corrigeant ma soeur devant moi, avait peut-être tendance à s'appliquer pour me montrer qu'elle ne plaisantait pas...

J'avais évidemment arrêté de faire mes exercices, et regardais la scène, les yeux grand ouverts, le stylo relevé. J'aurais pu me dire que ma soeur l'avait cherchée, que cette fessée était un moyen de focaliser l'attention maternelle sur Aline, alors que les deux dernières données en une semaine sous notre toit, l'avaient été à mon encontre...

Mais, cette déculottée énergique et qui n'avait été précédée que de deux avertissements verbaux, montrait bien que la détermination maternelle n'allait, quant à elle, ne pas prendre de vacances. Et que, puisque j'étais, pour ainsi dire, revenue dans la norme, je me doutais bien qu'il allait falloir ne pas mollir dans les exercices et révisions que Maman allait imposer pour assurer la meilleure reprise pour le dernier trimestre...

Attirée par le bruit caractéristique et par les cris de sa soeur qui montèrent d'intensité à mesure que sa lune rougissait, Diane trouva une excuse bidon pour rentrer à la maison, juste au moment où Maman relâchait Aline. Elle n'aperçut que fugacement le bas du dos de la punie, comprenant de par ma position qu'au contraire je n'avais rien manqué de la scène. J'eus l'impression qu'elle me décocha un regard presque jaloux.

Maman renvoya Diane jouer dehors, alors qu'Aline, vite rhabillée, mais le visage inondé de larmes, fut invité à se moucher et à se remettre au travail.

Quant à moi, Maman me lança : "Arrête donc de bayer aux corneilles, Christine. Concentre-toi plutôt sur tes exercices, que tu as intérêt à réussir au mieux, si tu ne veux pas prendre la suite d'Aline. Tu sais que je ne plaisante pas. A toi de choisir, Christine... Ou tu t'appliques, ou tu peux d'ores et déjà préparer tes fesses..."

 
 L'avertissement maternel avait été clair : 
"Concentre-toi sur tes exercices, Christine. 
Ou tu t'appliques ou tu peux d'ores et déjà préparer tes fesses..."
La menace était claire et nette, et j'ai relu plutôt deux fois qu'une mes devoirs. J'avoue avoir bien fait, car j'ai trouvé deux ou trois erreurs d'inattention ou d'étourderie que Maman n'aurait pas appréciées, mais pas du tout. Quelque part, la fessée de ma soeur venait certainement de m'en éviter une autre...  Dans les dispositions où se trouvait Maman, on avait bien senti qu'elle ne tolérerait pas que l'on bâcle nos devoirs, et qu'il y aurait forcément du grabuge. C'est Aline qui en a subi les conséquences et je lui en étais reconnaissante au fond de moi, c'est en partie ce qui faisait que je la plaignais sincèrement, et que la vision intégrale de sa fessée m'avait presque peinée, alors que j'aurais été assez satisfaite en secret si Diane avait été la punie.

Cela dit, je comprenais aussi, en ce troisième jour des vacances que les deux semaines seraient longues, et qu'avoir été épargnée grâce à une relecture attentive ne voulait pas dire que cela durerait jusqu'à la rentrée.

D'ailleurs, même Diane eut affaire à Maman. Certainement trop sûre d'elle-même, après un bulletin excellent, et alors que Maman avait eu à sévir successivement pour Aline et moi ces derniers jours, ma plus petite soeur s'est montrée du genre capricieuse, n'en faisant qu'à sa tête durant ces premiers jours de vacances.

Une salle de bains transformée en pataugeoire après son bain valut, le lendemain, à Diane une fessée, sur place, à l'abri de nos regards, mais les cris de soeurette claquée sur une lune encore mouillée provoquèrent chez Aline et moi qui étions au salon, un regard complice, mi-souriant, qui fut sans parole, mais semblait dire : "C'est bien fait pour la crâneuse. Au moins, elle ne se moquera pas de nous ce soir..."


 


Nous n'y avions pas assisté, mais deviner que Diane
était sortie en courant de la salle de bain
en se frottant les fesses rougies,
nous semblait "bien fait" pour "la crâneuse" ! 

La fessée de Diane avait été instantanée, rapide et efficace, en version gamine, si j'ose dire. Qu'importe, au moins, cela faisait que je redevenais celle des trois filles qui n'avait pas été fessée depuis le plus longtemps... Même si une petite voix me murmurait : "N'espère pas pour autant que cela durera encore deux mois. Si tu arrivais déjà à dépasser la semaine, voire à atteindre la quinzaine, et la rentrée du troisième trimestre, ce serait une performance..."  

Inconsciemment d'ailleurs, puisqu'elle avait sévi à l'encontre d'Aline et de Diane, depuis mes deux dernières fessées, je me demande si Maman, très persuadée qu'il fallait me reprendre en main, et qu'il ne fallait surtout pas que je fasse un mauvais dernier trimestre comme l'année précédente, n'était pas encore plus attentive à mes faits et gestes, du fait justement que, dans une certaine logique, cela allait être vraisemblablement "au tour de Christine" !

Devant faire, chaque jour deux à trois heures de devoirs et révisions, je commençais à trouver ces vacances moins amusantes que le collège, où j'avais mes moments de détente et de liberté, et pouvais m'amuser avec les copines.

Heureusement que le temps était assez beau en ce printemps, et nous pouvions profiter du jardin, une fois les devoirs terminés, ou de balades au parc voisin. Mais, ces vacances ne furent guère propices aux sorties, si ce n'est que pour des courses, et à part un déjeuner dominical en famille, chez Mamie, où je ne pus éviter les réflexions sur la nécessité de faire un bon dernier trimestre, et sur les confidences maternelles, expliquant qu'elle veillait au grain, quitte à employer la seule bonne vieille méthode qui fasse de l'effet avec Christine... 
Grrrr, j'enrageais en écoutant ces conversations, on ne peut plus gênantes et déplaisantes pour ma fierté de pré-ado...

J'avoue que je montrai à plusieurs reprises, par des regards noirs, et par une volonté de changer de sujet, que cela me rendait de mauvaise humeur, et cela n'échappa pas à Maman qui me fusilla du regard une ou deux fois. Je me murai dans le silence, ne répondant même pas à Mamie sur une question anodine, ou employant un ton presque cassant en réponse à une autre interrogation de Mamie sur le même genre de sujet...

Maman me lança : "Christine, arrête de te faire la tête, sinon je te donnerai une bonne raison de te plaindre. Encore une remarque, et on en reparlera ce soir à la maison..."
Le message était clair, et je fis tous les efforts nécessaires pour me montrer sous un meilleur jour. Enfin, tous les efforts de mon point de vue, car je sentais bien que, du côté de Maman, elle n'avait pas le même avis, et n'avait pas apprécié du tout que je laisse voir un agacement voire de la mauvaise humeur qui revenait à contester la méthode maternelle...


 
Même devant Mamie, lors du repas dominical,
les regards noirs de Maman à mon encontre
me promettaient de prochaines déconvenues...
si je continuais à faire la mauvaise tête...


En fin d'après-midi, lorsque nous sommes rentrées à la maison, je fus chargée de ramasser le linge qui séchait dehors sur un fil, de ranger les jeux qui trainaient dans le jardin, pendant que les petites regardaient des dessins animés. Je trainai un peu les pieds pour m'exécuter, mais Maman sut me faire comprendre qu'il ne fallait pas abuser de sa patience... "Christine, tu fais ce que je te demande, et vite. Et sans faire la grimace, comme chez Mamie, sinon tu peux préparer tes fesses, ma fille. C'est vrai que, contrairement à tes soeurs, tu y as échappé depuis le début des vacances, mais dis-toi bien qu'à la prochaine remarque, ça pourrait barder. Je dirais même que ça va barder, Christine, ça va barder..."

J'ai évidemment changé de rythme et exécuté les ordres maternels sans délai. Mais, je le fis en affichant une mine agacée d'être ainsi mise à contribution, alors que mes soeurs se la coulaient douce, jouant les petites filles modèles, ce qui était assurément rusé de leur part...


Quand je dus aller dans le salon récupérer un livre qui était à lire pour la rentrée, Diane se plaignit que je les dérangeais, elle et Aline, en passant devant elles. Je niai bien sûr, Diane exagérant évidemment cette petite gêne, mais Maman ne chercha pas à savoir, et une fois encore se montra menaçante : "Christine, laisse donc tes soeurs tranquilles, tu cherches vraiment les ennuis, à ce que je vois..."

Je filai donc lire dans ma chambre, ce qui était plus raisonnable que de rester avec des petites qui auraient profité de la situation. L'accalmie ne dura qu'une petite heure, Maman m'appelant pour mettre la table, ce que je fis encore en trainant des pieds, ne descendant qu'au deuxième appel.
Le regard noir de Maman me fit me presser et je disposai au plus vite assiettes, verres et couverts, avant de repartir vers ma chambre. J'avais oublié de mettre les serviettes, ce que Maman remarqua, me faisant faire demi-tour, alors que je sortais de la cuisine. J'attrapai machinalement le panier où étaient rangées nos serviettes après chaque repas. Mais, en prenant le panier, je fis tomber une verrine de confiture à moitié pleine, qui éclata sur le carrelage de la cuisine. Patatras...

Je me précipitai à vouloir ramasser, comprenant que cette maladresse n'allait pas arranger mes affaires... J'attrapai un torchon accroché à côté de l'évier et commençai à essuyer le sol. Maman qui était dans le couloir surgit : "Arrête, Christine ! Mais, non, pas un torchon, idiote. Il faut déjà passer l'éponge, ramasser les morceaux. Enlève-toi de là, tu as assez fait de bêtises comme ça. Tu es capable de te couper. Passe-moi donc la pelle et la balayette", s'écria-t-elle.

Je lui passai les ustensiles, alors qu'elle commençait à éponger et rassembler les éclats. J'étais debout dans la cuisine, ne sachant pas que faire, me sentant très mal à l'aise.

Maman releva la tête : "Ne reste donc pas plantée là, Christine. Tu me caches la lumière. Laisse-moi finir, et va plutôt m'attendre dans ta chambre... On va causer toutes les deux..."

Je répondis, d'un ton angoissé : "Mais, euh, Maman, je n'ai pas fait exprès..."
Maman répliqua du tac au tac : "Encore heureux que tu ne l'aies pas fait exprès. Mais, tu m'as assez énervée depuis ce matin, et je vais te calmer à ma manière, moi... Allez, file..."




 
J'étais comme tétanisée par la bêtise que je venais de faire,
et je regardais Maman ramasser mes dégâts.
Malgré mes protestations (pour la forme), je savais
que j'étais en fâcheuse position, et l'ordre de Maman d'aller
l'attendre dans ma chambre voulait tout dire... 

Mieux valait ne rien rajouter, et je me dirigeai vers ma chambre, abasourdie par ce que je venais d'entendre...  Je croisai mes deux soeurs que le bruit et la discussion avaient attiré comme les curieuses qu'elles étaient...
Maman les renvoya dans le salon, leur expliquant que ce n'était pas le moment de la déranger...

Arrivée dans ma chambre, seule à l'étage, je tournai en rond, le coeur battant. J'avais laissé ma porte ouverte pour guetter ce qui se passait ou se disait en bas...

Les ordres de Maman n'avaient pas été totalement explicites, mais ils étaient assez clairs pour que je n'ai aucun doute sur la teneur de la "discussion" que nous allions avoir... C'était juste le fait qu'elle me demande d'aller l'attendre tout de suite, qui me perturbait encore plus. Je me repassais ces mots dans ma tête. Cette fois, il n'était pas question de comptes que l'on réglerait "après le diner", ou du style "on en reparlera ce soir". Non, c'était bien : "Allez, va m'attendre, j'arrive..."

Il n'y avait pas non plus de consigne, comme "Mets-toi en pyjama" ou "Prends ta douche". Toutefois, c'était évident que c'est à mes fesses que Maman allait surtout "causer" !

De toute manière, depuis les fessées successives de mes soeurs, les signes avant-coureurs se multipliaient de la part de Maman, comme si elle m'avertissait que cela allait être mon tour...
Et mon comportement pendant le déjeuner chez Mamie n'avait fait qu'abonder les griefs maternels, et jusqu'à faire presque déborder le vase...

Puis, quand j'avais rechigné à faire les quelques tâches demandées, je l'avais sentie comme prête, une fois n'est pas coutume, à me corriger sur le champ...

La chute du pot de confiture donnait cette fois à Maman le motif ultime pour solder tous ces manquements successifs qui l'énervaient, et qui lui démangeaient la main...

Le premier dessin animé étant fini, j'entendis Aline demander si elles pouvaient regarder l'émission suivante avant le repas. Maman répondit que oui, car on ne dinerait "pas avant une heure". J'en conclus qu'elle allait bien "s'occuper" de moi d'ici là...

Je me regardai dans la glace, j'étais en tenue du dimanche, et je sentais mes jambes flageoler. Je jetai un oeil en arrière, regardant mon dos, relevant un instant ma robe, pour constater que ma culotte de coton blanc protégeait bien ma lune... Pour le moment... Pour le moment seulement...

 
J'étais en habit du dimanche, sans ordre de me changer.
Je n'allais pas avoir la tentation de regarder mes fesses encore blanches...
Je vérifiai quand même ma tenue, constatant que mes joues du bas
étaient bien protégées... Pour le moment seulement...
 
Maman avait dû finir de nettoyer mes dégâts et de ranger la cuisine, allumant à feu doux minimum sous la cocotte en fonte, pour que mijote une petite heure le plat du soir.

Puis, je n'entendis plus rien durant une dizaine de minutes, ce qui accroissait mon angoisse, ne sachant pas que faire, ne pouvant rien faire d'ailleurs, tellement je ne pensais qu'à ce qui allait m'arriver...

Je n'allais quand même pas demander ce qui se passait. Je sortis de ma chambre et m'avançai jusqu'en haut de l'escalier pour mieux entendre les bruits du bas. Apparemment les petites étaient toujours devant leur émission, et Maman occupée à lire ou écrire ou raccommoder, bref une occupation silencieuse.

Je restai ainsi figée deux ou trois minutes en haut de l'escalier, me demandant ce qu'elle attendait. C'est à ce moment qu'elle retraversa le couloir, sûrement pour aller vérifier si son plat mijotait bien. Elle m'aperçut en haut de l'escalier, s'arrêta et lança : "Ne me dis pas que tu t'impatientes, Christine. Je t'ai dit de m'attendre dans ta chambre... Cette fois, j'arrive ma grande... Tu peux préparer tes fesses... Allez, file..."




 Je m'étais avancée dans le couloir pour guetter depuis le haut
de l'escalier ce que faisait et disait Maman. Elle m'aperçut, angoissée et tendue,
et elle m'ordonna de regagner ma chambre, 
me demandant ironiquement, si je m'impatientais...
avant de m'annoncer son arrivée imminente...


Je n'avais plus qu'à regagner ma chambre, tête basse, angoissée, au bord des larmes.
Maman entrouvrit la porte du salon, vérifiant que mes soeurs étaient sages. Elle leur dit : "On dinera après la fin de votre émission. En attendant, restez tranquilles. Je monte m'occuper de Christine."
Diane, toujours aussi curieuse et sans complexe, demanda : "Dis, tu vas lui donner la fessée à Christine, pour avoir cassé le pot de confiture, hein, M'man ?"
Maman répondit sans détour : "Oui, Diane, ta grande soeur va recevoir une bonne fessée, pour sa maladresse, mais aussi pour son attitude et quelques autres motifs qui m'ont contrariée... A force de jouer avec ma patience, et de tirer sur la corde, il y a un moment où elle casse... C'est aussi vrai pour Christine que pour vous, alors ne tentez pas le diable si vous ne voulez pas suivre l'exemple de votre grande soeur..."

Si j'avais eu la moitié d'une parcelle d'espoir, le discours maternel devant les petites l'aurait fait disparaitre... Le pas de Maman dans le couloir, puis dans l'escalier, fit repartir mon coeur à grande vitesse.

Je me réfugiai au fond de ma chambre, près de la fenêtre, plaquant un instant mes mains dans le dos sur mes fesses, comme pour vérifier qu'elles étaient bien là, bien couvertes, intactes et fraiches sûrement. Je n'avais pas osé regarder combien elles étaient blanches, mais je le devinais presque par ce contact furtif. Peut-être était-ce un geste inutile ou inconscient ? Mais, c'était comme s'il répondait à la recommandation maternelle, à son invitation à ce que je "prépare mes fesses". Comme avant d'ouvrir à qui sonne à la porte, on peut avoir le réflexe de vérifier que l'on est bien coiffée, c'était une manière inconsciente, peut-être, de me dire, au fond de moi : "Voilà Maman qui arrive, oui, ça va barder, oui, mes fesses sont prêtes..."

   
Entendant Maman monter les escaliers, je plaquai mes mains sur mon bas du dos,
comme si, inconsciemment, sachant ce qui allait m'arriver,
j'avais une sorte de "besoin" de vérifier si mes fesses étaient "prêtes".

On entendait depuis ma chambre le fond sonore de l'émission que regardaient mes soeurs, Maman ayant laissé la porte ouverte, soit-disant pour pouvoir écouter si elles chahutaient. Elle fit de même en pénétrant dans ma chambre, venant sans attendre s'asseoir sur le bord de mon lit...

"Maman, Maman, je n'ai pas fait exprès, tu sais", fut ma première phrase de défense, lancée automatiquement. Ce fut la dernière aussi, Maman me coupant la parole : "Heureusement que tu n'as pas jeté volontairement la confiture par terre... Mais, s'il n'y avait que cela... Tu le sais bien, Christine. Cela fait deux ou trois jours que tu cherches les ennuis. Et, depuis ce matin, c'est pire... Alors, tu vas gentiment venir ici que je te rappelle les bonnes manières... Allez, ne me fais pas aller te chercher, Christine..."

Le ton ne souffrait aucune contestation, et je savais depuis la fessée de la semaine d'avant, celle qui m'avait comme remise dans le cycle des fessées ordinaires, que rien n'y ferait et que je n'y échapperais pas, d'autant que mes petites soeurs venaient d'entendre Maman leur dire qu'elle montait "pour donner la fessée" à leur ainée, et que tout renoncement serait mal compris, ou passerait pour une faiblesse...

Je me mis à sangloter, mais je m'approchai quand même, à tous petits pas, mais de moi-même, venant jusqu'à la droite des genoux maternels, qui afficha un demi-sourire de satisfaction, commentant : "C'est bien, Christine. Tu es raisonnable. Tu sais qu'il vaut mieux ne pas fâcher Maman davantage... Viens donc ici recevoir la bonne fessée que tu mérites..."

Je n'ai rien répondu, laissant Maman m'attraper par le bras, et me basculer en travers de ses cuisses.



 J'avais tellement conscience que cette fessée était inéluctable
que je suis venue presque sans faire d'histoire, à la droite de Maman,
qui me prit le bras et me bascula en travers de ses genoux...

Pour une fois, elle n'avait pas attendu le moment du coucher ou de l'après-diner du moins, pour une fois aussi, et depuis plus longtemps encore, je crois, j'étais restée en tenue de ville (et de dimanche) pour attendre ma fessée, mais je pense que cela traduisait dans l'esprit de Maman la marque de mon retour à un statut de gamine, certes plus grande que les deux autres, mais qu'il faut fesser quand c'est nécessaire, pas forcément n'importe où, mais n'importe quand si besoin est.

Par vieux réflexe, je tentai de m'accrocher au fond de ma robe, mais Maman réagit de suite : "Christine, tu sais que je n'aime pas ça..." Et je relâchai, la laissant dégager mon bas du dos, puis descendre largement ma culotte, dévoilant des fesses blanches et tremblantes...


J'avais eu un instant la tentation de résister, de retarder le déculottage,
mais l'avertissement maternel, élevant tout de suite la voix,
m'avait dissuadé de persévérer, sachant que ce que je risquais surtout
c'était une tannée plus longue encore... 
Je n'osais me cabrer ou gigoter, et Maman prit le temps de bien bloquer mon bras, de bien me rééquilibrer, d'ajuster ses pieds, de trouver la meilleure des positions. Entre deux gestes, dans un moment de silence, je remarquai que l'on ne percevait plus le son de l'émission des petites. Cela aurait pu être parce qu'elles avaient fermé la porte du salon, c'était plus sûrement parce qu'elles avaient baissé le son, si même elles n'étaient pas en bas de l'escalier à tendre l'oreille...

"Alors, Christine, comme ça, on fait la tête chez Mamie, on lui répond en grognant, on fait la grimace quand je te demande de m'aider, et en plus, on ne fait pas attention à ses gestes et on casse un pot de confiture... En voilà bien des raisons pour te retrouver une fois encore sur les genoux de Maman, ma fille..", se mit à dire Maman, d'une voix posée et déterminée à la fois, alors que j'étais en position, tremblante dans l'attente de la première claque...

"Maman, je t'en prie, je serai sage, j'obéirai...", répondis-je, faute de trouver un quelqconque meilleur argument...

Maman soupira longuement : "Je le sais bien, Christine, je le sais bien. Une bonne fessée, cela sert à ça... Au moins un moment... C'est juste dommage qu'il faille te le rappeler aussi souvent... Mais, puisque Mademoiselle l'a bien cherchée, elle ne sera pas déçue... Allez, il est temps de réchauffer tout cela...". Elle accompagna sa dernière phrase de deux petites tapes, une sur chaque fesse, deux tapes presque moqueuses et qui me firent rager intérieurement, tout en me retenant heureusement.



Vérifiant que ma lune était parfaitement dégagée, bien disposée sous sa main,
Maman la regarda, comme si elle jaugeait le travail à accomplir...
"Il est temps de réchauffer tout cela, lâcha-t-elle, ironique,
accompagnant ces mots de deux petites tapes toutes douces, 
les dernières avant l'orage. Troublantes et vexantes à la fois... 

Le bras de Maman bloquant mon dos se fit plus pesant, elle-même redressant sa position, signe ultime que l'orage allait s'abattre sur ma lune...

"Allez, assez parlé,Christine, je vais te rappeler ce que c'est qu'une bonne fessée...", dit-elle enfin, au moment où sa main droite allait retomber pour la première fois...

A SUIVRE