"Non, Christine, je n'ai pas envie de discuter..."
Mes craintes s'avèrent hélas fondées...
Une fessée qui semblait ne jamais vouloir finir
Le dîner s'est achevé dans une ambiance pesante. Même mes soeurs sentaient bien qu'il ne fallait pas chercher à énerver Maman, qu'elle était déjà à cran, et qu'il y avait de l'orage dans l'air...
"Votre soeur a encore fait des siennes en cours... Mademoiselle chahute au lieu d'étudier et il s'en est fallu de très peu pour que Mlle Paule la fasse renvoyer du collège... Heureusement que j'ai réussi à la faire renoncer à ce projet... Mais il va falloir que Christine change sérieusement de comportement" avait résumé Maman lors du diner, pour expliquer pourquoi je faisais grise mine et profil bas...
Les petites ont juste su en prime que Maman et moi allions avoir une sérieuse discussion après le repas... Il était inutile de préciser davantage... Chacune avait bien compris...
Devant l'imminence de la chaude explication qui m'attendait, je cherchais à me montrer gentille et serviable. J'ai aidé Maman à débarrasser la table et j'aurais voulu en faire plus, mais elle m'a intimé l'ordre de monter dans ma chambre...
"Euh, Maman, on peut peut-être discuter pendant que je t'aide...?" Ma proposition sentait la ruse à plein nez et ne trouva pas preneuse...
"Christine, il n'y a rien à discuter...Tu montes dans ta chambre et tu te mets en pyjama, un point c'est tout... Je vais venir m'occuper de ton cas...", le ton était sans appel...
"Mais, euh, mais, tu sais, euh, je voulais te dire, euh, que, euh..." J'avais envie de plaider ma cause, mais les mots ne sortaient pas de ma bouche...
Elle haussa la voix.... "Christine, je me fiche de tes explications. Tu sais très bien ce qui t'attend... Alors, file dans ta chambre... Et je serais à ta place, je réfléchirais à mon attitude en classe et je préparerais mes fesses..."
Aline qui trainait encore dans le couloir n'a pas manqué ce dernier avertissement et elle cachait mal son sourire en coin lorsque je l'ai croisée en montant dans ma chambre avec les larmes aux yeux...
Comme une sorte de mise en tenueJe sanglotais à moitié en réintégrant ma chambre. Ma tentative de discussion ne m'avait servi à rien et n'avait fait que confirmer ce que je savais depuis le retour de l'entrevue que Maman avait eue avec la prof d'anglais. J'allais prendre une nouvelle fessée!
Me mettre en pyjama pour attendre Maman, c'était comme une mise en tenue, comme une partie de la punition à venir... On mettait une belle robe pour le repas du dimanche, on enfilait un survêtement pour les cours de sport, on préparait ses affaires pour la piscine ou la plage, mais dans ce cas, je savais que je ne me mettais pas en pyjama que pour dormir, que c'était voulu par Maman pour que la "discussion" ait lieu au moment du coucher, pour que je m'y prépare en quelque sorte...
Etrange impression que de se déshabiller, de bien plier ses affaires pour ne pas énerver Maman davantage, de sentir un instant sa peau à nue, encore blanche et frissonnante, et de savoir qu'elle ne le restera pas longtemps...
Le pyjama était vite enfilé, en gardant même souvent une culotte en dessous, comme un réflexe protecteur, je rhabillais dare dare mon corps, voulant vite le cacher à nouveau, alors que j'étais pourtant encore seule dans la chambre.
Mes craintes s'avèrent hélas fondées...
Puis, il a fallu attendre, guetter les bruits domestiques, entendre Maman monter, prendre le temps de coucher mes soeurs, de leur parler, de vérifier leurs affaires, avant de leur éteindre non sans une petite phrase qui les incitait à se tenir tranquilles, si elles ne voulaient pas que Maman s'occupe d'elles, comme elle allait "s'occuper de Christine".
Dans le cas présent, comme il y avait eu aussi un long coup de téléphone de ma tante avec Maman, il était plus que temps de passer aux choses sérieuses.
Maman s'est assise directement sur le bord de mon lit. J'ai tenté de chercher à m'expliquer, de promettre que je travaillerais, que je ne chahuterais plus, de demander pardon, mais la discussion est vite passée aux actes : "Ah, Christine je veux bien te croire que tu vas changer d'attitude en cours, j'ai promis à Mlle Paule de faire ce qu'il faudrait pour t'enlever l'envie de recommencer... Et cela commence par la volée que tu vas recevoir, ma fille... Allez, fini les bla-bla, viens ici que je parle à tes fesses..."
Une poignée de secondes plus tard, malgré mes protestations, je me suis retrouvée en travers de ses genoux... Mes supplications ne servirent à rien et comme je le craignais, comme je le savais, comme je n'arrêtais pas de l'imaginer en attendant Maman, ma culotte de pyjama quitta mes rondeurs jumelles... Je me suis retrouvée la lune à l'air pour recevoir ce que, j'avoue, je méritais...
Une fessée qui semblait ne jamais vouloir finir
"Ah, je vais t'apprendre à te moquer de tes professeurs, à te moquer de moi. Tu vas voir ce qui arrive aux chahuteuses de ton espèce... Ah, c'est à croire que tu les cherches les fessées... Mais, ne t'inquiète pas, tu me trouveras tant que tu ne changeras pas d'attitude... Et j'ai prévenu Mlle Paule, à la moindre remarque qu'elle a à te faire, elle m'appellera, et crois moi, Christine, je n'hésiterai pas un seul instant à te donner autant de fois la fessée qu'il le faudra...", les mots de Maman étaient autant de menaces que de promesses de nouvelles explications si je continuais.
Dans la maison silencieuse, les claques qui pleuvaient sur mes fesses résonnaient et devaient bercer l'endormissement moqueur de mes soeurs. La fessée ne semblait jamais vouloir finir. C'était une déculottée maison, une de ces tannées dont je me souviens encore... Et qui m'a calmée un moment... Au moins deux semaines...









