mardi 27 juin 2017

Chronique d'un redoublement : 116. Les mésaventures de Diane nourrissent mes cauchemars...

SUITE 115

Le dîner étant prêt, Maman nous appela, et je fus pour une fois la première en bas. Aline descendit ensuite, mais il fallut deux rappels maternels, et une menace : "Tu veux que je vienne te chercher, Diane ?"  pour que ma petite soeur daigne nous rejoindre.
Elle faisait grise mine, et avait encore les yeux rouges d'avoir longuement pleuré.
"C'est pas juste", marmonna-t-elle en s'asseyant. Et d'ajouter : "J'ai pas dit de mensonges, moi, j'ai juste répondu aux questions des filles. J'ai que dit la vérité".
Maman coupa court à ces jérémiades : "N'aggrave pas ton cas, Diane. Cela t'amusait bien de raconter ce qui était arrivé à ta grande soeur. Et tu verras comme c'est drôle, si Christine raconte à son tour comment je t'ai rougi les fesses. En tout cas, que je ne t'y reprenne pas, sinon tu sais ce qui t'attend..."


Maman rappela à Diane qu'elle ne supporterait
pas d'autres bavardages,
sinon elle pourrait préparer ses fesses... 

Diane se remit à pleurnicher, puis piqua du nez dans son assiette et ne dit plus un mot du repas. La conversation fut d'ailleurs sommaire, et le dîner expédié avant que nous ne remontions dans nos chambres.
Alors que Diane ruminait sur son lit attendant que Maman ne vienne éteindre, Aline vint dans ma chambre pour me confier ce qu'elle savait de la scène avec Maman à la salle de danse, et comment sa soeur avait raconté mes déboires... Je me doutais bien qu'Aline ne devait pas être aussi innocente que ce qu'elle prétendait, et qu'elle avait au moins acquiescé, lors des discussions entre Diane et Charline, et entre Diane et Corinne.
En tout cas, cela me renseignait sur l'origine des fuites, et les raisons des moqueries de mes camarades qui se délectaient à me faire honte, d'autant qu'elles s'appuyaient sur des confidences de source sûre, et non sur des suppositions ou déductions faites d'après ce qu'elles savaient des méthodes de Maman.
Autrement dit, c'était plus facile pour elles et plus éprouvant pour moi de se moquer de fessées réellement reçues, dont les détails avaient été extirpés sans difficulté à ma petite soeur.
Je remerciai Aline, mais j'aurais presque préféré ne pas savoir exactement ce qu'avait dit Diane, car c'était éprouvant pour moi de comprendre jusqu'à quel point mes prétendues copines pouvaient imaginer leur souffre-douleur déculottée et fessée comme une gamine...

Maman monta nous dire bonsoir et s'attarda chez les petites, prévenant Diane, et Aline par la même occasion, qu'elle "n'admettrait pas de nouvelles confidences à l'extérieur" sur ce qui "pourrait arriver" à leur grande soeur. Les portes étant grandes ouvertes, j'entendais le sermon, mais il ne me satisfaisait pas vraiment.
En affirmant qu'elle ne supporterait pas de futures confidences, c'était comme si elle disait : "Je vous interdis de parler des prochaines fessées de Christine..." Comme si c'était inéluctable, comme si c'était sûr que de nouvelles déculottées m'attendaient, étaient comme programmées...


Le sermon de Maman à mes soeurs ne me rassurait en rien...
Il ne faisait que rappeler que d'autres déculottées m'attendaient
à n'en pas douter dans les semaines à venir... 
Cela allait peupler mes cauchemars la nuit suivante...

Venant ensuite me dire bonsoir, Maman se voulut rassurante : "Je crois que Diane a compris, et que tes soeurs auront la langue moins pendue sur tes petits malheurs".
Mais, elle n'en rappela pas moins son habituelle justification : "Cela dit, Christine, si tu ne veux plus que l'on se moque de tes fessées, il suffit de ne plus en mériter... Plus d'heures de colle, plus de mensonges, plus de mauvaises notes, plus de coups en douce et de cachotteries et Maman n'aura plus à déculotter sa grande fille..."

Maman vit que cela me mettait au bord des larmes, elle arrêta là son discours moraliste et me souhaita bonne nuit, en me serrant un long moment dans ses bras. J'appréciai ces instants qui me réconfortaient, mais dès qu'elle fut ressortie de ma chambre en éteignant la lumière, je ne pus m'empêcher de repenser à tout cela, à l'étendue des confidences de Diane, à Maman qui lui donnait la fessée, là juste où j'avais reçu les dernières... Je revoyais ses fesses rougir, comme elle avait dû voir les miennes aussi, écarlates et sans protection, bien en place sur les genoux maternels...
Je repensai aussi à la fausse peur quand Maman m'avait demandé de l'attendre dans ma chambre, ce qui prouvait bien que je tendais le dos, que je n'étais rassurée en rien, imaginant qu'une quelconque des rares grosses bêtises que j'avais pu cacher ces derniers mois avait été découverte, et que j'en paierais le prix...
Et puis, il venait d'y avoir les allusions maternelles prévenant mes soeurs qu'elle ne supporterait pas de futures confidences sur mes malheurs. Comme si c'était évident que je mériterais d'autres fessées...
Alors, au lieu de ne retenir que les sentiments d'une certaine satisfaction d'avoir vu Diane payer pour ses bavardages, au lieu de me sentir vengée d'avoir assisté à sa fessée, j'eus du mal à m'endormir, et me réveillai même en sursaut deux fois dans la nuit en plein mauvais rêve... 
La première fois, je me voyais prendre une nouvelle tannée, cette fois devant mes soeurs qui regardaient la scène avec un index posé sur les lèvres, en disant : "Tu vois, Maman, on fait chut ! Promis, juré, on ne le dira à personne que Christine a encore eu une grosse fessée, et que ses fesses étaient toutes rouges, toutes rouges.." Une vraie vision de cauchemar qui me fit m'asseoir dans mon lit, le dos moite, angoissée ! Cela avait été court, sur mon premier sommeil, mais marquant, comme si j'y étais...


Dans un premier cauchemar, je me revoyais fessée par Maman
devant mes soeurs qui promettaient de ne rien dire,
mais ne rataient aucune miette de ma tannée,
comme si elles étaient au spectacle... 

Une autre fois, je me réveillai avec le coeur battant, mais cette fois, ce second cauchemar ressemblait à une véritable histoire, totalement imaginée, mais dont je me souvenais parfaitement, en détail, ce qui explique combien je me réveillais apeurée, et mis plusieurs minutes avant d'être sûre que ce n'était qu'un cauchemar. 
Je venais de rêver que j'étais rentrée du collège avec un mot prévenant les parents que le prochain bulletin serait distribué aux élèves le vendredi suivant. J'avais alors vu Maman prendre son petit agenda et noter quelque chose. Le plus étonnant, c'est que ce prochain bulletin, dans la vraie vie, ne m'inquiétait pas, puisque, en ces dernières semaines, j'avais plutôt des bonnes notes.
Mais, ce n'était pas le cas dans mon cauchemar, pas du tout, et je rêvai que j'allais en douce de nuit regarder dans le sac de Maman ce qu'elle avait bien pu écrire sur son agenda. Et, j'avais vu inscrit à vendredi à 20 h : "Fessée de Christine". J'en avais été toute retournée et avais heurté le guéridon. Maman entendant du bruit avait surgi, me trouvant la main dans le sac...
Je demandai pourquoi elle avait écrit ça. Maman avait répondu : "Bah, ma chérie, c'est pour que je ne prévois rien d'autre, et que je me rappelle que, ce soir-là, on sera occupées à discuter toutes les deux".


Le second cauchemar était un vrai roman. J'y découvrais que Maman avait
programmé une fessée de Christine, vendredi soir...
Pour de nouvelles mauvaises notes, et elle m'expliquait calmement 
qu'elle avait bloqué du temps pour ne pas être dérangée...
 
Je me voyais protester : "Mais, Maman, on n'a pas encore le bulletin, j'aurais peut-être de bonnes notes, tu sais". Et Maman de répliquer : "Peut-être, mais j'ai rencontré hier ta prof d'anglais et celle de maths qui m'ont dit que tu avais raté deux contrôles. Ca fera 4 en anglais et un zéro pointé en maths. Tu vois ce qui t'attend, alors, ma chérie...? N'imagine pas un instant pouvoir y échapper..."
J'avais chigné : "Oh, non, Maman, non..." Elle avait répondu : "Oh que si, tu le sais bien, Christine. Maman tient toujours ses promesses, elle... Mais, on n'est que lundi soir, ça te laisse quatre jours pour te préparer..."

Je ne savais plus quoi dire, et tenais toujours l'agenda dans la main, le sac de Maman étant à mes pieds. Elle me demanda de lui redonner. Elle le rouvrit à la page de la semaine et vérifia que je n'avais rien effacé : "Bon, c'est bien noté, Christine. Comme ça, tu ne seras pas surprise, vendredi soir".


C'était étrange et je m'imaginais devoir attendre quatre jours, 
puis rentrer à la maison et retrouver Maman
qui allait pouvoir prendre son temps 
pour donner la bonne fessée déculottée promise et méritée par son ainée... 

Je baissai la tête, alors qu'elle reprenait son stylo rouge, et je la vis noter à nouveau quelque chose. J'avançai la tête et vis, stupéfaite, sur la colonne mardi qu'elle avait écrit à nouveau : "Fessée de Christine".
Je sursautai et bredouillai : "Mais, euh mais, pourquoi, dis pourquoi ? Pas une fessée aussi demain quand même ?".
La réponse avait fusé : "Ecoute, Christine, je te trouve en pleine nuit en train de fouiller dans mon sac et tu voudrais que je ne dise rien... Si ça se trouve, la prochaine fois, tu te serviras dans mon porte-monnaie. Je ne vais pas laisser passer ça..."
Je suppliai : "Non, je ne le ferai plus, promis. Et pourquoi demain ?"
Maman avait répliqué : "Tes soeurs dorment, tu ne veux pas qu'on les réveille en te donnant ta fessée maintenant. Je préfère attendre. Allez, file donc au lit, on réglera nos comptes au réveil ou à midi, on verra bien, mais tu vas la sentir passer cette bonne fessée. Tu ne perds rien pour attendre, ma grande".
Et Maman me raccompagnait jusqu'à ma chambre, en me souhaitant bonne nuit, non sans ajouter : "En tout cas, voilà une semaine qui commence bien, Christine. Avec déjà deux fessées de prévues... Et tu vois, c'est bien noté, comme ça Maman ne les oubliera pas..."


J'eus du mal à me rendormir, car dès que je somnolais,
je me retrouvais dans le cauchemar,
presque persuadée qu'une autre fessée m'attendait au réveil... 

Ce deuxième cauchemar me laissa éveillée un long moment, puis épuisée, les nerfs à plat, je me suis rendormie quand même, mais que cette fessée de Diane avait pu me faire travailler l'esprit conscient, et encore plus celui des mauvais rêves et des cauchemars...


A SUIVRE

vendredi 23 juin 2017

Chronique d'un redoublement : 115. Quand Diane paie pour ses bavardages sur mes fessées...

SUITE 114

C'est donc Maman qui se chargea d'aller récupérer mes deux soeurs à l'ultime répétition du gala de danse de fin d'année. Elle devait voir comment se passerait le spectacle dimanche après-midi, et proposer son aide pour tenir le stand de pâtisserie en vente au profit du cours de danse.
Aline était en train de répéter le dernier passage de son cours, alors que Diane et Charline avaient fini, et regardaient la prestation des jeunes danseuses.
Charline voyant Maman lui posa tout de suite une question qui interloqua notre mère : "Ce n'est pas Christine qui vient chercher Diane et Aline ? C'est parce qu'elle est punie, peut-être ?"
Maman rétorqua : "Mais, non, Christine n'est pas punie. Quelle idée. Y aurait-il quelque chose que je ne sache pas ?"
Charline chercha à se rattraper : "Bah, euh, non. Enfin, euh, je ne sais pas. C'est que ça arrive qu'elle soit punie, je crois, hein ?"
Diane regardait la scène avec un air inquiet, visiblement gênée par l'intervention de sa camarade. 




Les drôles de questions posées à Maman par Charline éveillèrent
ses soupçons, et elle sut la faire parler, apprenant que Diane
s'était vantée d'avoir vu sa grande soeur
recevoir une "grosse fessée" déculottée...

 Maman le remarqua et interrogea Charline : "Comment le sais-tu, donc ? C'est Diane qui t'en a parlé ? Que t'a-t-elle dit ?".
Charline bégaya : "Bah, euh, rien. Juste que, euh, Christine avait reçu une grosse fessée, samedi dernier, je crois".
Diane chercha à faire taire sa camarade : "Non, je t'ai dit qu'elle avait été punie pour des heures de colle au collège, mais je n'ai pas dit "grosse" fessée. Tu exagères..."
L'intervention de Diane eut l'effet inverse de ce qu'elle souhaitait, déliant la langue de Charline qui se sentait accusée à tort : "Mais, si, mais si, tu l'as racontée à moi et à Corinne. Même que tu as dit que Christine avait les fesses toutes rouges, et que tu avais tout vu".
Diane protesta : "Non, j'ai pas dit que j'avais tout vu..."
Maman mit un terme à la discussion, alors que la répétition s'achevait. Elle lâcha simplement : "Qu'importe les détails... Cela ne regarde personne... Mais, crois moi, Diane, on en reparlera à la maison..."
Charline se garda bien de rajouter quoi que ce soit, mais la petite phrase de Maman Spaak ne tomba pas dans l'oreille d'une sourde... Diane, elle, fit profil bas, ayant bien compris que les paroles maternelles étaient une menace... Mais, elle n'avait guère envie que quiconque en sache plus...
La répétition s'achevant pour le cours de Diane, Maman récupéra ses deux filles, non sans avoir pris date avec la responsable du club de danse. Elle viendrait bien aider dimanche une petite heure au stand, et cela serait suffisant.
Maman et mes soeurs rentrèrent donc, croisant Corinne à la porte de la salle, qui venait chercher Charline. "Vous donnerez le bonjour à Christine", dit Corinne au passage, avec un petit sourire en coin que Maman décrypta et qui ne lui plut guère...


Aline et Diane faisaient profil bas en rentrant à la maison...
Diane, surtout, comprenait que la menace maternelle
n'annonçait rien de bon...

Elle profita du chemin vers la maison pour demander à Aline si elle avait parlé des fessées de Christine à leurs camarades. "Euh, bah, non. Pas moi, Maman. C'est simplement Corinne qui a posé des questions à Diane. Elle lui a juste dit pour la semaine dernière.".
La plus petite de mes soeurs protesta : "Mais, c'est Charline qui m'avait dit le jour d'avant qu'elle savait que Christine avait encore eu des heures de colle. Elle voulait savoir si elle serait punie. Je lui ai juste dit la fois d'après ce qui s'était passé. Et Aline a confirmé que je disais vrai."
Aline sentait bien le malaise et minimisa sa participation : "J'ai rien ajouté, j'ai juste dit que ce n'était pas un mensonge. J'ai pas raconté tout, moi."
Maman avait le regard noir et lança : "Que je vous y reprenne à raconter ce qui se passe à la maison, et vous aurez affaire à moi. En tout cas, on va en reparler à la maison, crois-moi, Diane".
Ma soeurette baissa la tête et ne dit plus un mot. A peine rentrées, mes deux soeurs filèrent dans leur chambre, et je compris vite qu'il y avait comme un malaise...
La table étant mise, il n'y avait qu'à faire réchauffer le hachis parmentier au four. Cela laissait un bon quart d'heure et Maman en profita pour trier du linge repassé. Elle me donna ce qui me revenait et dit : "Va donc ranger ça dans ton armoire", ajoutant avec un drôle d'air : "Et puis, attends-moi dans ta chambre. Il faut qu'on parle...".


J'avais bien vu que les petites faisaient la tête en rentrant,
mais quand Maman me demanda d'aller "l'attendre"
dans ma chambre, je fus pris d'un moment de panique
craignant le pire...

Je sursautai, ayant trop souvent entendu ce genre de petite phrase en des circonstances où je savais trop bien ce que cela allait signifier pour mon bas du dos... Comme Maman venait de rentrer, je m'inquiétai, je paniquai même, me disant qu'elle avait pu rencontrer une prof ou appris je ne sais quoi à mon propos... Je n'avais pourtant rien à cacher, mais je sentis mon coeur se mettre à battre la chamade, et je répliquai : "Mais, mais, Maman, pourquoi donc, dis, je n'ai rien fait, je n'ai rien fait..."
Maman hocha la tête, avec un petit sourire en coin : "Du calme, Christine, oui, pour une fois, comme tu dis, tu n'as rien fait, ou alors je ne le sais pas encore... Non, ce soir, ce n'est pas toi la fautive..."
Je montai donc avec le linge que je rangeai, à la fois rassurée et interloquée. J'avais eu un instant de véritable peur, et je me suis assise sur le bord de mon lit, encore un peu remuée par cette fausse alerte qui ressemblait tellement à une annonce de fessée... 


J'étais soulagée par la réponse maternelle, mais franchement,
durant une minute je m'étais imaginée de retour sur les genoux maternels,
pour une nouvelle déculottée carabinée...

Maman monta à son tour, rangea le reste du linge dans la commode du couloir et l'armoire de sa chambre.
Je sortis de ma torpeur en l'entendant entrer dans la chambre des petites qui venaient de se mettre en pyjama. Diane qui avait compris qu'il fallait faire profil bas, était en train de bien replier ses affaires de danse. 
Maman lui attrapa le poignet gauche et lui dit : "Viens donc par ici. Suis-moi !", alors que Diane protestait : "Qu'est-ce qu'il y a ? Où va-t-on ?"
Maman ne répondit pas, mais tira ma soeur hors de la chambre des petites, traversa le couloir et rentra dans ma chambre, alors que j'étais toujours assise sur mon lit.


Maman était allée chercher Diane et l'amenait dans ma chambre,
me demandant de lui laisser "la place" dont je connaissais,
mieux que tout autre, l'usage les jours d'orage maternel...

"Laisse-moi la place, et referme la porte derrière moi", dit-elle. Je me levai en vitesse et repoussai la porte de ma chambre, sans la clancher.
Maman insista : "Ferme-là donc complètement, je ne veux pas voir Aline guetter derrière".
Je m'exécutai sans avoir encore compris ce qui se passait...
Maman s'assit sur le côté de mon lit, à la place "habituelle", si j'ose dire, celle des "grandes explications" entre nous...
Elle tenait toujours par le poignet Diane qui s'était mise à pleurnicher, et semblait apeurée...
Maman ne nous fit pas languir davantage et expliqua ses intentions : "Tu vois, Christine, ta petite soeur n'a pas sa langue dans sa poche et s'est permise de raconter comment je t'avais punie pour tes heures de colle".
Diane rectifia : "J'ai juste répondu aux questions de Charline et Corinne qui avaient deviné ce qui s'était passé".
Maman lui cloua le bec : "Ce qui se passe à la maison ne regarde personne. Et surtout, ce n'était pas la peine de te vanter d'avoir vu les fesses toutes rouges de ta grande soeur..."
Je n'étais qu'à moitié étonnée, mais je protestai : "C'est méchant, c'est comme ça qu'il y en a qui se moque de moi".
Maman rétorqua : "On ne peut pas revenir en arrière, Christine, mais si cela peut te consoler, tu vas pouvoir à ton tour constater que les fesses de ta soeur rougissent elles aussi quand Maman s'en occupe..."
Diane cria : "Non, Maman, non, pas la fessée".
Mais c'était évidemment trop tard, et Maman attira Diane vers ses genoux et l'étala en travers de ses cuisses... J'étais stupéfaite, mais comme réjouie à la fois, et je vis Maman baisser la culotte de ma petite soeur et dévoiler sa lune blanche... 


Maman baissa la culotte de Diane sous mes yeux,
se mettant à lui claquer ses petites fesses de gamine,
qui s'empourprèrent rapidement... 

Diane gigotait et se débattait, mais Maman tenait bon, maîtrisant la situation d'autant plus facilement que les ruades de la plus petite de ses filles n'étaient pas difficiles à contenir, contrairement à certaines des miennes parfois...
Maman avertit : "Plus tu gigotes, et plus ce sera dur pour tes fesses, Diane".
Cela calma un instant Diane qui était parfaitement maintenue, les fesses à l'air, encore blanches, juste-là sous me yeux... 
Maman passa alors à l'action, claquant de façon très sonore le bas du dos de soeurette. Celui-ci s'empourpra très vite, comme le souligna Maman : "Regarde-moi ça, Christine, comme les fesses de ta soeur rougissent... Tiens, toi aussi, tu pourras dire que Diane a reçu une bonne fessée... Il n'y aura pas de jalouses comme ça..."
Diane se mit vite à crier, surjouant certainement un peu, mais la claquée maternelle était quand même vive et très appliquée sur des petites fesses de gamine moins résistantes que celles de sa grande soeur évidemment...
Ma soeurette pleurait toutes les larmes de son corps et j'avais presque pitié d'elle, même si une part de moi n'était pas mécontente que ses bavardages à mon encontre soient ainsi punis...
La fessée s'acheva assez rapidement par une dernière série de claques très fortes qui firent crier Diane comme un porcelet effrayé.


Diane gigotait, criait, hurlait, implorait Maman d'arrêter...
Si, proportionnellement à la surface à corriger, et à l'endurance de la punie,
elle ne dura pas autant qu'une de mes fessées à moi, la tannée maternelle avait
bien coloré la petite lune de ma soeurette. Je me sentais vengée, certes,
mais j'avais comme un peu de compassion pour elle, 
sachant que l'épreuve était dure à vivre...

Maman relâcha la punie, qui s'emmêla les jambes et prit du temps pour remonter son bas de pyjama sur sa lune qui ressemblait à deux petites tomates dont je gardai longtemps la vision. Puis, elle fila pleurer dans sa chambre, avant que Maman ne nous appelle pour le diner...

Durant ces quelques minutes, je restai dans ma chambre, troublée par ce que je venais de vivre. J'en voulais à ma soeur d'avoir raconté mes déboires, j'étais évidemment comme un peu vengée d'avoir assisté à sa propre punition, mais en même temps cela s'était passé à l'endroit où Maman m'avait donné ces fessées de l'autre jour, et cela avait été une drôle d'impression de voir Maman à l'oeuvre, avec cette fois Diane jouant mon rôle...

Je me souvenais bien de l'irruption de mes soeurs quand la voisine avait sonné et du fait très gênant pour moi que j'étais en position, les fesses à l'air, rougissantes sous la claquée maternelle. Ces images, ces sensations me revenaient dans la tête, comme si c'était moi qui venais d'être fessée... J'imaginais donc bien ce qu'elles avaient vu et je n'en étais pas fière, surtout si c'est ce que Diane avait raconté à Charline et Corinne... 

Tout cela se bousculait dans ma tête, mes fessées, les moqueries de mes camarades, la confirmation que les petites avaient tout raconté ou presque, et puis cette fessée de Diane donnée devant moi comme en forme de réparation, et dont je ne savais trop quoi penser...

J'étais d'autant plus troublée que me revenait mon petit moment de panique quand le "Va m'attendre dans ta chambre", je l'avais sur l'instant interprété comme une annonce de fessée à mon encontre... Au lieu de me dire, mais non ce n'est pas possible, j'avais au contraire cherché en toute hâte quelle aurait pu en être le motif, du style bêtise ancienne qui ressurgirait, jugement d'une prof rencontrée par hasard, petit méfait caché pas encore découvert...


La fessée donnée à Diane à l'endroit de mes fessées
de samedi dernier, m'avait un peu consolée, mais aussi permis d'imaginer 
ce qu'elle avait pu voir et raconter aux moqueuses. 
Ironie supplémentaire, quand Maman m'avait envoyé "l'attendre...", 
j'avais d'abord cru que c'était à moi qu'elle en voulait, et mon réflexe
avait été de chercher pour quel motif cela aurait pu être,
tout en me voyant déjà les fesses à l'air rougissantes sous la claquée maternelle... 

En reprenant mon calme, je m'apercevais combien, à la petite phrase sibylline de Maman, ma réaction première avait été en fait, non pas de me dire que ce n'était pas possible, mais bien déjà de préparer mes fesses...

A SUIVRE

samedi 6 mai 2017

Chronique d'un redoublement : 114. De Corinne qui s'y met aussi à Maman qui justifie sa méthode

SUITE 113

Après les moqueries des deux pestes, je réussis à cacher mes larmes qui m'étaient montées aux yeux, puis à reprendre une respiration calme, avant de rentrer à la maison.
Par chance, comme nous étions vendredi, Maman n'avait pas à tout vérifier pour le lendemain, et je pus échapper au questionnaire maternel voulant tout savoir de notre journée, des résultats, des devoirs à faire, etc...
Et puis, en ce vendredi soir, c'était la dernière répétition du gala de danse des petites, et elle avait lieu de 18 à 20 h 30, cette fois, en rassemblant les différents cours pour répéter notamment le final.
Ce qui fait que nous dinerions donc après la répétition.
Peu avant 18 h, Maman me demanda d'aller amener mes soeurs à la salle du gala. Je n'en avais guère envie, mais je compris que je n'avais pas le choix, et accompagnai donc Aline et Diane.
En arrivant, nous tombâmes sur Corinne qui amenait Charline. Les fillettes étaient juste à l'heure et filèrent aux vestiaires retrouver chacune leur cours. Corinne me demanda si je revenais les chercher, je répondis que non, puisque ce serait sûrement Maman. Corinne dit que c'était "dommage", parce que l'on aurait pu discuter...


En arrivant à la salle du cours de danse, nous tombâmes
sur Corinne qui avait visiblement "envie de discuter"
de sujets me concernant... 

Mais, moi bien sûr, je n'en avais pas envie du tout. Nous repartîmes tout de même ensemble vers nos maisons, ayant la moitié du chemin environ qui était commun.
Corinne en profita à nouveau pour tenter d'obtenir des confidences. Elle revint sur le dialogue à la maison quand elle avait ramené Diane, et où Maman ne lui avait pas caché que ma dernière colle m'avait valu une chaude réception. "Tu aurais pu me dire ce qui t'était arrivée au lieu de me le cacher. Je sais bien que ta Maman est sévère, comme quand on était dans la même classe l'an dernier. Tu sais, si tu as encore des colles ou des zéros, je me doute bien qu'elle continue à te donner la fessée..."
Je ne pouvais nier totalement, en raison des confidences de Maman, et je rétorquai par un aveu sous forme minimaliste : "C'est vrai, mais c'est, euh, c'est pas souvent, tu sais".
Corinne joua la compatissante : "Je te plains, ma pauvre, c'est pas drôle de se faire déculotter par une Maman en colère". Et d'ajouter : "Surtout quand le pas souvent, c'est trois fessées dans la même journée, comme samedi dernier..."
J'avais la preuve que Diane avait sûrement raconté à sa manière mes mésaventures à Charline, voire directement à Corinne, qui employait la même version que Babette et Brigitte...
Toujours aussi impulsive quand je devais répondre à ce genre de moqueries, je débitai la même dénégation qu'aux deux pestes : "C'est pas vrai, c'est pas vrai. J'en ai pas eu trois. J'ai eu que deux fessées, que deux... Je te le jure, si, que deux !"
Corinne afficha un petit sourire satisfait : "Je te crois, Christine... Tu vois que tu peux dire la vérité. En tout cas, je n'aurais pas voulu être à ta place... Deux grosses fessées, ça a dû drôlement te chauffer les fesses... J'espère pour toi que tu n'en as pas pris d'autres depuis samedi..."
Là encore, je me défendis en répondant du tac au tac : "Ah, non, ça non, je n'ai pas eu d'autres fessées depuis samedi dernier. Et, en plus, je vais sûrement avoir une super bonne note en anglais".
C'était en effet un peu puéril comme défense, et Corinne répliqua : "Ca change de l'année dernière, quand tu ramenais des zéros à la maison, tu te rappelles, hein ?"


Trop impulsive, voulant me justifier, j'avais avoué à Corinne
que j'avais bien reçu deux fessées samedi dernier.
Corinne, elle, jouant sur de la compassion (feinte),
cherchait à me faire reparler de ce qui m'arrivait
quand je ramenais des zéros ou des heures de colle... 

Par chance, nous étions arrivées où nos chemins se séparaient, et je laissai Corinne à ses souvenirs qui, en la matière, étaient surtout les miens...
Mais, intérieurement, je bouillais et j'enrageais de savoir que mes fessées faisaient ainsi le tour du quartier, et du collège naturellement.
De retour à la maison, Maman m'apprit que Brigitte était venue demander si je n'avais pas emprunté par erreur son carnet de correspondance. Maman avait cherché et fouillé dans mon cartable et vérifié que non. Heureusement que je n'avais pas de mauvaise note ou de mot à faire signer dans le cartable... Brigitte était donc repartie en disant qu'elle espérait retrouver son carnet, car elle ne voulait pas être "encore collée". Maman ayant dit : "Je l'espère pour toi, comme pour Christine", Brigitte avait répliqué : "C'est vrai que ça barderait pour elle à la maison. Comme la dernière fois, je crois ?"
Maman avait acquiescé, en disant : "Oh, ça c'est sûr", tout en faisant un geste caractéristique de la main droite, paume ouverte, mais elle n'en dit pas plus, trouvant la camarade de classe de sa fille bien curieuse...
Quand Maman me raconta ça, je ne fus pas dupe, je compris que c'était une manoeuvre de Brigitte pour venir à la source se moquer de moi ou quémander d'autres informations à mon encontre... Cela ne m'étonnait guère, mais cela commençait à me miner profondément.
Alors, prenant sur moi, je profitai que nous étions seules toutes les deux pour tenter d'aborder le sujet avec Maman. Je tournai autour du pot, mais finis par lui avouer que Brigitte et Babette "se moquaient de moi".   Puis, comme je ne précisais pas comment, Maman comprit en repensant aux questions de Brigitte et me demanda : "C'est parce que je te donne la fessée ?"


 J'avais envie de me confier, seule à seule avec Maman,
mais je tournais autour du pot... Elle comprit que les moqueries
que je subissais avaient trait aux fessées qu'elle me donnait... 

Je baissai la tête, murmurant : "Bah, oui, elles en rigolent..." alors qu'un gros sanglot me remontait dans la gorge. Maman vint vers moi : "Garde donc tes larmes pour quand tu en as besoin. Je comprends que ce ne soit pas drôle, mais si tu travaillais bien, si tu étais attentive en classe, Maman ne serait plus obligée de te punir, Christine".
Je plaidai : "Mais, je suis grande maintenant. Je peux comprendre."
Maman répliqua : "Grande, Christine, en taille peut-être, mais si tu l'étais vraiment, tu te comporterais mieux au collège... Et tu sais bien que Maman est juste, et qu'elle ne te donne la fessée que quand tu l'as méritée. Cela ne m'amuse pas, je préférerais avoir à te récompenser que de devoir te rougir les fesses".


Maman m'expliqua calmement qu'elle préférerait ne plus avoir
à me donner la fessée... Qu'elle ne sévissait que lorsque je le méritais...
Et que c'était à moi de m'assagir, de mieux travailler, sinon je n'aurais
qu'à préparer mes fesses... 

Je me mis à pleurer doucement, et Maman me serra dans ses bras, poursuivant d'une voix toute douce : "Ma pauvre chérie, je comprends que ce ne soit pas drôle, mais crois-moi, il y a encore bien des filles de ta classe qui sont punies comme toi. Mais, c'est vrai que personne ne s'en vante... De toute manière, je n'ai presque rien dit à ta camarade... Cela ne regarde que toi et moi d'abord, mais je ne changerai pas, Christine, et je sévirai tant qu'il le faudra... Tu as compris ?"
Je retins un gros sanglot, et je balbutiai : "Oui, Maman, oui, je sais. Je vais bien travailler et être sage pour ne plus être punie..."
Maman commenta : "C'est tout ce que j'espère, ma grande. Je serai contente et, en plus, tes copines ne pourront plus se moquer de toi". Mais, elle avertit quand même : "Mais, encore faudra-t-il tenir tes promesses, Christine... Tu sais, Maman ne dit pas de paroles en l'air, elle... Mieux vaut ne plus me ramener de zéros, de mots à signer, ou d'heures de colle, ma grande, tu sais bien pourquoi... Sinon, sinon... tu sais ce qui t'attend..."  Et Maman de me tapoter le bas du dos sur mon fond de robe... 
Je me serrai très fort contre elle, et ne pus que murmurer : "Oui, Maman, je sais, je sais..." Elle me déposa un baiser sur le front. Bouleversée, je quittai ses bras et partis dans ma chambre... Je m'affalai sur mon lit, le cerveau bouillonnant. Je ne savais pas quoi penser, tout cela tournait dans ma tête... La logique maternelle était implacable... Expliquée ainsi j'en arrivais presque à me dire que je n'avais en effet que ce que je méritais... Du moins du côté maison, tout en me demandant comment échapper aux moqueries qui, elles, étaient comme une double peine que j'aurais voulu éviter...




Affalée sur mon lit, j'avais mille pensées qui tournaient dans ma tête...
Je repensais à mes fessées précédentes, je revoyais les moqueries
de mes camarades... Je me repassais les explications maternelles,
et cette logique qui me promettait, sauf à tout changer de mon comportement,
d'autres fessées à venir, et peut-être d'autres moqueries... 

Au bout d'une heure, Maman m'appela. Je descendis la retrouver dans la cuisine. Elle avait préparé le dîner et une soupe aux légumes qu'il n'y aurait pu qu'à réchauffer quand les petites seraient rentrées. Elle m'annonça que c'est elle qui allait les chercher, et que je n'avais qu'à essuyer la vaisselle qui était sur l'évier et à mettre la table. Plutôt que d'attendre, je m'exécutai sur le champ, veillant à bien faire et ne rien casser cette fois...
Maman, qui s'était recoiffée un instant avant de partir à la salle de danse, vit la table déjà mise, sans le moindre oubli, ni vaisselle cassée, et me complimenta à sa manière... "C'est bien ma chérie. Tu vois que quand tu veux, tu peux... Maman te félicite... En tout cas, je constate que tu n'as pas oublié ce qui s'est passé quand tu as cassé la pile de verres l'autre soir... Comme quoi une bonne fessée, cela fait réfléchir les maladroites, et cette fois je vois bien que tu fais attention... Pourvu que ça dure..."


Maman remarqua combien j'avais agi dès sa demande, 
et aussi fait très attention de ne rien casser cette fois... 
Cela ne faisait à ses yeux que justifier le bien-fondé de sa méthode...
Il est vrai que, avant même qu'elle ne le dise, j'avais moi-même
été très prudente et attentive, en repensant au samedi précédent
et à la déculottée magistrale que m'avait valu ma maladresse...

Je fis la grimace, de l'intérieur du moins... Que dire à cette remarque maternelle ? Elle était hélas fondée sur des sentiments bien réels... Oui, en mettant la table, sans attendre la dernière minute, et en faisant attention, j'avais eu effectivement en tête l'épisode de samedi dernier, et ces verres fracassés qui m'avaient valu ma deuxième fessée de la journée, et ma troisième déculottée si l'on comptait comme mes soeurs. 
Je ne pouvais nier en mon for intérieur que cette tannée magistrale était bien dans mes pensées en mettant la table précautionneusement, donnant quelque part hélas raison au cheminement de la logique maternelle qui voulait que si une fessée corrige la fautive, elle sert aussi d'avertissement en restant ancrée plus ou moins longtemps dans la mémoire de celle dont on a rougi les fesses...
A SUIVRE
 

vendredi 21 avril 2017

Chronique d'un redoublement : 113. Mon espoir de bonne note n'empêche pas les moqueuses de me nuire

SUITE 112

Rentrée à la maison pour le déjeuner, je ne pus me retenir de répondre à Maman qui me devinait d'humeur guillerette que j'étais fière de moi, et que j'avais réussi mon interro d'anglais... Maman me dit qu'elle serait contente quand elle verrait la note, se méfiant de ma tendance à enjoliver les choses...
J'insistai en disant que j'étais sûre de moi, mais Maman demeura dans l'expectative, commentant : "J'en serai très heureuse aussi, si c'est bien le cas... Cela nous changera des heures de colle, n'est-ce pas Christine ? En tout cas, je comprends que pour toi, ce sera plus facile à m'annoncer, si tu vois ce que je veux dire..."
Je comprenais très bien l'allusion... Je n'insistai donc pas, comme je me gardai bien de dire à Maman qu'il s'en était fallu de peu pour que je me retrouve avec cent lignes à faire signer le soir même...


Maman restait sceptique quant à la bonne note que j'espérais.
Elle espéra que cela serait vrai... Et, me prenant le bras, et me regardant
avec un petit air entendu, elle ne douta pas que ce serait "plus facile à annoncer"
que si j'avais eu deux heures de colle...
Je compris l'allusion... et j'en frissonnai du bas du dos...

De retour au collège pour l dernier après-midi de cette semaine agitée, je tentai tant bien que mal de ne pas faire attention aux allées et venues de Babette et Brigitte, ni à leurs sourires moqueurs quand nous étions proches, ni à leurs petits gestes furtifs qu'elles me faisaient à distance...
Pour la dernière heure après la récréation, nous étions réparties en deux groupes pour l'éducation physique, et j'échappai aux deux moqueuses, me retrouvant dans la même équipe que Martine. Comme nous avions fini nos exercices avant les autres, nous discutâmes et je vis bien que ma camarade me regardait avec un mélange de compassion et d'agacement.
Elle exprima ses reproches : "Tu ne m'as pas tout dit sur ce qui t'est arrivée samedi dernier. Il parait que tu as eu trois fessées le même jour. C'est Brigitte qui raconte ça. Il parait que c'est sûr, même que tu en aurais eu deux le matin et une autre le soir. Et même que votre voisine t'aurait vue les fesses à l'air sur les genoux de ta mère dans le salon..."
Je suffoquai et protestai : "C'est pas vrai, c'est que des mensonges, c'est pas vrai du tout... Elle a tout inventé et elle dit ça pour m'embêter, c'est tout..."


J'appris donc que Brigitte racontait mes mésaventures du week-end passé...
Elle faisait même croire que Maman m'aurait déculottée
dans le salon sous les yeux de la voisine...
De quoi faire rire les copines qui s'imaginaient aisément la scène,
mais c'était une invention et j'en pleurai presque d'émotion...

Martine vit que j'étais au bord des larmes, et chercha à me calmer : "Ne t'en fais pas, Christine, moi je ne dis rien à personne, mais ça ne sert à rien de me raconter des mensonges à moi. Je sais bien que tout n'est pas inventé puisque c'est ta Maman elle-même qui a dit à la mienne qu'elle t'avait donné la fessée. Rappelle-toi, tu me l'as confirmé l'autre jour quand on a discuté sur le banc toutes les deux. Alors, tu vois que Brigitte ne dit pas que des bobards..."
Je compris que je ne pouvais nier l'évidence, du moins tout contester puisque, justement, Martine avait su me tirer des confidences l'autre jour. Je cherchai surtout à rectifier ce qui était faux et à minimiser le reste : "Bon, ce n'est pas tout faux, mais il y a des choses inventées. D'abord, j'ai eu que deux fessées, pas trois, la deuxième le soir, c'est vrai, parce que j'avais cassé une pile de verres. Mais, la voisine, elle n'a rien vu du tout. Elle est juste arrivée pendant que Maman me donnait la première, mais elle n'a rien pu voir, surtout que Maman me les a données dans ma chambre, je te jure que c'est vrai..."
J'avais parlé avec beaucoup de conviction dans la voix, et Martine me regardait avec les yeux écarquillés, comme si j'étais moitié une fille à plaindre, moitié une sorte d'héroïne à qui il arrivait d'étonnantes aventures...

"Mais, alors, elle t'a déculottée les deux fois ? Ma pauvre, ça a dû chauffer drôlement pour tes fesses. Surtout qu'elle devait être sacrément fâchée contre toi pour te redonner la fessée le même jour...", commenta Martine visiblement heureuse de ne pas être à ma place. Je baissai le regard en acquiesçant, sentant comme un réconfort à voir que Martine me plaignait.


Etait-ce parce qu'elle me regardait avec compassion, 
ou par besoin de me confier, de rétablir la vérité,
toujours est-il que j'avouai à Martine ce qui s'était réellement passé
samedi à la maison, avec mes fessées du matin et du soir...

Je l'avais même laissé déduire que j'avais bien reçu des fessées déculottées, détail que j'avais plus ou moins éludé lors de notre conversation sur le banc, mais, au point où j'en étais, cela en devenait accessoire, l'essentiel étant de mon point de vue que j'ai nié que la voisine ait pu me voir, et que j'ai ramené le nombre de fessées de trois à deux, puisque la première était dans mon esprit bien une seule fessée, même si elle m'avait valu un double déculottage...
En tout cas, alors que l'heure de la sortie approchait, j'avais hâte de quitter le collège, touchée intérieurement par les racontars des deux pimbêches dont j'imaginais bien qu'elles devaient se répandre de bouche à oreille, et me valoir bien des moqueries dans mon dos...
Le problème principal était que ces moqueries se fondaient sur une large base de faits réels, avec des erreurs et des exagérations sur des détails seulement, ce qui rendait ma position bien délicate...
Rectifier des éléments, c'était avouer le plus gros... Me battre aurait été une façon de montrer l'importance que j'y accordais et le mal que cela me faisait à l'intérieur...
Là encore, tout comme j'avais tendance à cacher les choses, à n'avouer mes fautes qu'au dernier des derniers moments possibles, tout comme je cherchais surtout à gagner du temps, à retarder l'échéance, en sachant pourtant que cela ne faisait qu'aggraver mon cas, et rendre la fessée inévitable, de même par rapport à ses moqueries, mon réflexe était la fuite, la politique de l'autruche, de tenter de faire comme si de rien n'était, d'éviter les moqueuses, de ne pas répondre, ou du moins de garder tant que possible son calme...
Surtout que j'avais bien conscience que pour ne plus alimenter les moqueries, comme aurait dit Maman, je n'avais qu'à "plus mériter de fessées" ! Mais, c'était plus facile à dire qu'à faire...
Lorsque la sonnerie de la fin des cours retentit, je pris mon temps pour ranger mes affaires, et restai même plusieurs minutes dans la classe, ayant bien dans l'idée de laisser les moqueuses sortir du collège avant moi, n'étant pas d'humeur à supporter leurs sarcasmes.
Il n'y avait plus guère d'élèves quand je franchis la porte, et j'étais satisfaite de ma manoeuvre.


Je fis exprès, à la fin des cours, de rester en classe
quelques minutes de plus,
afin d'éviter de croiser les deux moqueuses
à la sortie du collège...

Mais, surprise, surprise, je tombai sur Babette et Brigitte qui m'attendaient cent mètres plus loin, au coin de la rue. Je fis grise mine en les voyant. Babette commenta : "Bah, alors, Christine, tu traines ? Tu as peut-être peur de rentrer à la maison ? Ta Maman t'attendrait-elle pour te donner la fessée ?", dit-elle en riant à gorge déployée.
Je haussai les épaules : "Pff, c'est même pas vrai, laissez-moi tranquille."
Brigitte enchaina : "De toute façon, on ne te croit plus. Tu dis que des mensonges, mais nous on sait comment tu es punie par ta mère. Comme une gamine, oui, comme une vraie gamine..."
Je protestai : "C'est pas vrai, je dis pas de mensonges. J'ai pas peur de rentrer, Maman ne m'a rien promis".
Babette rétorqua : "Sauf que la dernière fois, tu nous as dit que tu n'avais pas été punie, alors que tu as eu trois fessées, et même que la voisine elle a tout vu, hi hi... Oh, la honte !"
Je foudroyai Babette du regard, et lançai : "C'est pas vrai, c'est pas vrai, j'en ai pas eu trois, pas trois..."
Mais je me mordis les lèvres en constatant que ma phrase était comme un aveu... Il était facile de comprendre que si je protestais surtout et avec véhémence contre le nombre de trois, c'était que j'avais bien reçu une fessée, voire deux...


La rencontre avec Babette et Brigitte m'avait déstabilisée.
Sans le vouloir, j'avais de fait avoué avoir reçu la fessée samedi.
Je me remis à marcher, la tête basse, très émue,
alors que derrière moi les deux moqueuses
jouaient le soi-disant épisode de l'accueil de la voisine
par Maman en pleine explication avec son aînée... 

Je repris mon cartable que j'avais posé par terre, et me remis à marcher vers la maison. Babette et Brigitte m'emboîtèrent le pas, se mettant à jouer la scène qu'elles imaginaient. Brigitte faisant : "Dring, dring... Dring, dring... Bonjour Madame, je ne vous dérange pas ?" Et Babette d'enchainer : "Mais non, mais non, entrez donc. Je suis en train de donner la fessée à ma grande fille... Venez donc voir dans le salon... Je termine de lui rougir les fesses et on pourra prendre un café..."
Les deux moqueuses s'esclaffèrent après leur tirade. Je ne pus m'empêcher de me retourner et de leur répondre : "Arrêtez, arrêtez de dire n'importe quoi. C'est pas vrai. C'est de l'invention. La voisine, elle n'a rien vu, rien du tout... Parce que la voisine, elle était repartie quand Maman a recommencé de me donner la fessée..."
Brigitte ricana : "En tout cas, au moins tu avoues que tu as reçu une grosse fessée. Et, qu'est-ce que tu en sais, peut-être que la voisine, elle a pu voir de dehors par la fenêtre du salon ? C'est même sûr qu'elle a dû t'entendre crier sous les claques de ta Maman..."
J'étais tellement vexée de leurs moqueries que je ne me rendais pas compte que j'alimentais involontairement leur curiosité... Voulant avoir raison, je répliquai encore : "Non, elle a pas pu entendre, c'est pas vrai. Parce que c'était dans ma chambre, pas dans le salon. Il n'y a que mes soeurs qui pouvaient entendre, et qui ont juste un peu vu en ouvrant la porte quand la voisine a sonné..."
Babette s'amusa de l'image : "Ca doit les faire rire, tes petites soeurs, de voir tes fesses toutes rouges... Ca doit être moins drôle pour toi, Christine, de se faire baisser la culotte devant des gamines de l'école primaire... Oh, la honte..."


Babette imaginait mes écolières de petites soeurs riant sous cape,
en assistant à la fessée déculottée de leur collégienne d'aînée...
Cette moquerie me touchait d'autant que je ne pouvais pas
la démentir... Effectivement, samedi dernier, Aline et Diane avaient pu voir
 étalées sur les genoux maternels, mes fesses nues et écarlates,
que Maman s'appliquait à corriger comme je le méritais...
Et, ce n'était, hélas, loin de là, pas la première fois...

Je sentis des larmes me monter aux yeux, et je me mis à courir le plus vite possible, détalant devant les deux moqueuses. Heureusement, elles ne me suivirent pas. Je ne m'arrêtai qu'au coin de la rue de notre maison, où je repris mon souffle, essuyai mes larmes, et tentai de refaire bonne figure avant de rentrer. Je n'avais aucune envie de raconter la scène à qui que ce soit, j'étais déjà assez perturbée et bouleversée par la teneur de ce dialogue et tout ce qu'il avait fait remonter en moi...

A SUIVRE