mardi 6 avril 2010

Mes soeurs aussi (Suite 9) : Même l'après est éprouvant...

La fessée maternelle s'acheva en fanfare... Par une série de claques vraiment appuyées, une dernière couche de couleur bien rouge sur mon épiderme déjà écarlate.
Il y avait réellement une volonté de Maman de parachever son oeuvre, de faire que cette fessée en forme de retrouvailles après un mois de quiétude postérieure soit marquante et mémorable...
Lorsqu'elle me lâcha enfin, je suffoquais et pleurais à grosses larmes, toute pantelante, comme épuisée moi aussi.
Il fallait se relever, attraper la culotte et la remonter au plus vite, pour cacher ma lune rougie, pour en quelque sorte tirer le rideau sur cet épisode dont je n'étais pas fière évidemment...
Un geste réflexe, une sensation souvent connue, mais qui fait que l'on ne supporterait pas d'être une seconde de plus les fesses à l'air, alors que l'on vient de l'être un bon moment...


Et puis, remonter dans sa chambre, ne pas faire attention aux regards moqueurs des soeurs qui guettent mon passage, pour enfin, entre les quatre murs de ma chambre, m'écrouler sur le lit et pleurer longuement ma détresse, mon chagrin, et quelque part ressentir comme une paix retrouvée. La peur s'est éteinte, la faute est pardonnée, l'épreuve était dure mais il y a une part de libération dans le fait d'avoir payé, si j'ose dire...

Il a fallu quand même réapparaître, venir dîner. Heureusement, Maman était pressée et mes soeurs sentaient bien qu'il ne fallait pas l'énerver.
J'ai quand même eu droit à quelques allusions maternelles, comme une explication de texte, une remise en situation, pour que la famille sache officiellement que Christine avait été punie en classe pour bavardage, qu'elle avait eu cent lignes à faire, mais que cela "méritait aussi une sanction à la maison"...
Maman avait précisé : "De toute manière, cela tournait autour de votre soeur depuis quelques jours et il fallait bien que cela tombe. Christine a reçu une bonne fessée et j'espère que cela va lui ôter l'envie de bavarder en classe pour un moment".
Mes soeurs n'en manquaient pas une miette et je trouvais cela insupportable, même si, tout est relatif, Maman n'avait pas trop insisté cette fois.
Il n'empêche que les larmes me remontant aux yeux quand elle évoquait cette "bonne fessée", je cachai ma honte en baissant la tête et en me bouchant les yeux et la face avec mes bras...


Le dîner avalé, je pus remonter dans ma chambre, enfin seule, alors que Maman allait se rendre à l'école des petites pour une réunion de parents.
C'est sa soeur, ma chère Tata Jacqueline, qui est venue nous garder durant ces deux petites heures où Maman était sortie.
Elle avait pour mission de nous coucher et d'éteindre à 21 h. Maman avait dû lui laisser des consignes, car elle m'a d'abord laissée tranquille, passant un moment avec les petites et faisant une petite partie d'un jeu de société avec elles, avant de les mettre au lit.
Je guettais les conversations et bien sûr, Aline et Diane ne manquèrent pas de lui dire que j'étais punie. "Maman lui a donné une grosse fessée", racontait en riant presque Diane.
Tata les laissait dire sans en rajouter. Aline tint à préciser : "Même que Maman lui a baissé sa culotte, tu sais". Et Diane de rajouter : "Et elle avait les fesses toutes rouges, toutes rouges..."
Depuis ma chambre, je bouillais littéralement.
D'autant que Tata Jacqueline pour les faire taire glissa : "Oui, je sais, ta Maman me l'a dit", une petite phrase qui ne me surprenait pas, mais me confirmait que mes exploits avaient été déjà racontés entre Maman et elle.
Heureusement, Tata ne renchérit point et mes soeurs ne purent en rajouter.



J'étais de toute manière épuisée, calmée par cette tannée magistrale, et presque paisible, à ceci près que j'avais au fond de moi une rancoeur à l'encontre de mes soeurs, étant en quelque sorte comme vexée qu'elles aient pu espionner ma déculottée comme j'avais réussi à le faire pour les leurs précédemment.
Mais, ce que, de mon côté, je trouvais normal et dont je tirais une certaine fierté secrète, me semblait à l'inverse insupportable, dès l'instant où ce n'étaient pas mes yeux mais les leurs, et plus leurs petites lunes, mais mes fesses toutes exposées...
Après avoir éteint aux petites, Tata vint me souhaiter bonne nuit. Elle se montra comme attendrie de me voir toute calme, avec quelques traces de larmes séchées sur le visage. J'avais peur qu'elle soit taquine et ironique. Elle fut au contraire consolante : "Ma pauvre Christine... Tu as encore été punie... Ah, quand est-ce que tu deviendras vraiment sage ?"
J'ai dit à Tata que ce n'était pas complétement de ma faute, que c'était ma voisine qui parlait plus que moi, comme si je voulais plaider à nouveau.
Mais, elle m'a vite interrompu : "Oui ma chérie, je suis sûre que tu as de bonnes raisons, et que tu les as expliquées à ta Maman. Mais, tu sais, elle ne t'a pas donné la fessée pour rien. C'est que tu devais la mériter, tu le sais bien, Christine."
Elle me serra dans ses bras et me dit bonsoir. "Allez, dors bien, ma puce. Ce n'est pas si grave que ça. Fais de beaux rêves".
Je crois qu'effectivement, je me suis endormie très vite. Comme si la fessée enfin venue avait remis quelque part les pendules à l'heure...

5 commentaires:

  1. éducation sans exccès? selon ce blog tu as passer ton adolescence sur les genoux de ta mere.

    RépondreSupprimer
  2. Merci d'éviter ce genre de jugement qui n'apporte rien. Je n'ai pas besoin d'un psy. Ou alors, cela ne regarde que moi. Je développe et détaille à ma guise des souvenirs vrais et d'autres plus imaginaires mais dans le même ton.
    Personne n'est obligé de me lire. Et, si je prends votre raisonnement en lisant les autres blogs : il y a des gens qui ont passé leur vie au lit ou à s'occuper de leur pauvre petit bout de machin qui se trouve entre leurs cuisses. Je crois que l'exagération est reine dans ces cas là aussi.
    De toute manière, comme disait je ne sais quel philosophe hier à la radio : "Je déteste les gens qui ont des certitudes, qui croient savoir, qui ont des opinions tranchées. C'est le début du totalitarisme".

    RépondreSupprimer
  3. BONJOUR CHRISTINE
    VOILA LONGTEMPS QUE JE VOUS LIT SANS OSER INTERVENIR.
    VOTRE BLOG EST TOUT SIMPLEMENT GENIAL ET QUE LES HISTOIRES RACONTEES SOIENT TOTALEMENT VRAI OU UN PEU IMAGINEE QU EST CE QUE SA PEUT FAIRE LE PRINCIPAL C EST QUE L ONT PASSE UN BON MOMENT A VOUS LIRE.
    MAINTENANT QUE LES GENS QUI NE SONT PAS CONTENT PASSENT LEUR ROUTE ET NOUS LAISSENT A NOTRE PLAISIRS.
    CORDIALEMENT NINNI

    RépondreSupprimer
  4. Merci de ces encouragements qui font chaud au coeur. Surtout en cette période où même les plus fidèles des commentateurs (trices) semblent parti(e)s en vacances...

    RépondreSupprimer
  5. Bjr Christine. J'étais effectivement, pour ma part, en vacances. A mon retour, je vous lis toujours avec grand plaisir.
    A bientôt.

    Louis3901
    gallie050753@yahoo.fr

    RépondreSupprimer