J'avais finalement plutôt bien dormi. Calmée par la fessée, et pas tellement étonnée de l'avoir prise, depuis le temps que je tendais le dos et qu'elle me tournait autour...
Le jour suivant avait été calme également. Comme souvent au lendemain d'une correction exemplaire qui avait tendance à modérer les esprits des trois filles en même temps...
Tata Jacqueline était revenue prendre le café et j'avais entendu Maman et elle discuter. La réunion des parents d'élèves des petites avait été assez rassurante. "Il va falloir quand même que je fasse travailler Aline, car elle a plus de mal que ses soeurs. Quant à Diane, son institutrice est assez satisfaite. Elle la trouve assez douée, comme l'était Christine. Je devrai toutefois faire attention qu'elle ne profite pas de ses facilités pour n'en faire que le minimum, à l'image de Christine régulièrement. Mais je sais comment m'y prendre".
Tata était revenue sur la scène de la veille, demandant à Maman si c'était le même cas de figure. Elle avait acquiescé : "Exactement. Tu vois, Christine était nickel depuis plusieurs semaines, et puis d'un coup, elle décroche, se remet à chahuter, ou à ne pas apprendre ses leçons. Et je suis obligée d'intervenir à nouveau... C'est comme si elle avait besoin, de temps à autre, d'une bonne fessée pour la remettre dans le droit chemin..."

Le raisonnement maternel était plein d'un certain bon sens, mais bien sûr, je ne pouvais l'admettre. J'enrageais de l'entendre imaginer que c'était un "besoin", alors que je faisais ce que je croyais le maximum pour éviter de me retrouver à nouveau punie.
Maman n'avait pas manqué non plus de revenir à froid sur ce qui s'était passé. C'était sa façon de faire comme un debriefing en reparlant de la scène pour faire passer son message.
Profitant d'un moment où nous étions seules au salon, elle m'avait demandé si j'avais bien rendu mes cent lignes qu'elle avait signées la veille au soir avant de s'occuper de mon bas du dos...

J'ai répondu que oui, évidemment. D'autant qu'elle n'avait pas accompagné sa signature d'un de ces petits mots à la prof pour lui demander d'excuser ma conduite, voire lui faire comprendre au passage que j'avais été punie aussi à la maison...
Je tentai de changer de sujet, en annonçant qu'au même cours j'avais eu une "bonne note", de mon point de vue, puisqu'il s'agissait de 11,5 sur 20, donc de la moyenne. Mais, Maman trouva bien sûr que c'était très moyen et que si j'étais plus attentive au lieu de bavarder en classe, je ramènerais des notes vraiment dignes de mes capacités...
Ce qu'elle accompagna de son sermon habituel :"Ah, Christine, j'espère que tu comprendras un jour. Tu sais, cela ne m'amuse pas de devoir sévir chaque fois que tu n'obéis pas ou que tu travailles mal. Mais, c'est pour ton bien. C'est mon devoir de mère. Je ne peux pas te laisser gâcher tes chances... Tu le sais très bien... Ce n'est pas moi qui céderai..."
Je connaissais ses raisonnements. Ils étaient fondés, il faut le reconnaître. Mais, ce qui m'agaçait, c'était que cela faisait que l'on reparlait de la fessée reçue et qu'elle servait à illustrer le discours maternel ou les menaces à venir.
Après un bon mois sans déculottée, je redevenais la référence, l'exemple concret de sa théorie, sans oublier que je redevenais aussi la cible des railleries de mes soeurs, qui en oubliaient qu'elles avaient eu leur dose, et à plusieurs reprises, durant l'accalmie que traversaient mes fesses, si j'ose dire...
Il fallait les voir, dès que Maman avait le dos tourné ou quand elles savaient qu'elles ne seraient pas surprises. C'était des petites piques, des allusions à ce que j'avais subi, des moqueries difficilement supportables...
Elles osaient même par moment jouer à la poupée en prenant le rôle de Maman et Christine et en mimant la fessée en riant aux éclats...

Je n'arrivais pas à le dire à Maman pour autant. J'avais honte et pas envie qu'elle me rappelle que si elles se moquaient de la grande soeur fessée, c'est que la grande soeur l'avait méritée et bien reçue...
Ma réaction était une rage intérieure et j'avais surtout l'envie qu'elles soient à leur tour punies, histoire que je ne demeure pas la dernière, celle dont on fait référence avec les petites phrases du genre : "Arrêtez les filles si vous ne voulez pas subir le même sort que Christine avant-hier..."
J'ai donc cherché durant les deux jours suivants à mettre mes soeurs à la faute, en jouant les aides zélées de Maman. Dès qu'elles chahutaient, dès qu'elles faisaient quelque chose de travers, je faisais comme elles me le faisaient souvent, en les dénonçant : "Maman, Diane fait ceci... Maman, Aline m'embête... Maman, Diane lit au lieu de faire ses devoirs..."
Mais, je crois que Maman n'était pas dupe et je n'arrivais pas à la mettre en colère contre les petites suffisamment. Aline a bien ramassé une vague gifle pour être sortie de sa chambre alors qu'elle devait être au lit, mais rien de plus.
Cela m'énervait et je cherchai d'autres moyens de provoquer des conflits. Quand Maman sortit dix minutes pour aller chercher du pain, je dus surveiller mes soeurs et elles en profitèrent pour m'ennuyer. Un moment, trop énervée, je tentai de les gifler à mon tour. Aline se prit une vraie claque qui me fit du bien, je l'avoue, mais Diane, me voyant la courser, se réfugia sous son lit en criant.
Maman, rentrant à ce moment, trouva Aline pleurnichant et Diane qui appelait à l'aide en criant à tue-tête. J'ai compris en un instant que j'étais très mal...
"Je ne peux pas vous laisser seules dix minutes que c'est la foire ici... J'en ai assez...", criait Maman. Je balbutiai deux mots, mais elle leva le bras comme si elle allait me gifler. "File dans ta chambre... J'arrive...", dit-elle d'un ton qui ne souffrait pas de contestation.
J'ai filé, les larmes aux yeux, pendant qu'elle consolait mes soeurs et redescendait pour ranger ses courses et fermer la porte qu'elle avait laissée ouverte, en entendant les cris venant du premier alors qu'elle franchissait le seuil...
Je suis restée assise sur mon lit, effarée, l'air ailleurs, me croyant dans un mauvais rêve. Je voulais faire punir mes soeurs et je me retrouvais là, à "attendre" Maman... Je n'arrivais pas à y croire, mais je savais ce qui m'attendait. J'étais abattue de résignation... Le scénario traditionnel se profilait à l'horizon. Ce que j'attendais dans ma chambre, c'était Maman bien sûr, mais surtout, je n'en doutais pas un instant, une nouvelle fessée...

Quand j'ai entendu les pas qui montaient dans l'escalier, mon coeur s'est mis à battre plus fort. Maman est entrée d'un pas décidé, refermant la porte totalement derrière elle. Un signe qu'elle voulait être seule avec moi, ne pas être dérangée, une preuve que mes craintes étaient fondées.
"Christine, ce n'est pas possible. Je ne peux pas te confier tes soeurs un quart d'heure sans que ce soit le cirque. Tu es grande, tu devrais savoir les calmer au lieu de les exciter davantage.", lança-t-elle.
"Maman, Maman, elles m'ont embêtée, elles se moquaient...", balbutiai-je.
"Ce n'est pas une raison, Christine. Et tu sais très bien que tu n'as pas à faire la loi. Ici, c'est moi qui punis, c'est moi qui donne les claques quand il le faut... Alors, tu iras demander pardon à Aline et je vais t'enlever l'envie de recommencer, non mais des fois..." me répondit Maman, alors qu'elle s'asseyait sur le lit et m'attirait vers elle. Dégrafée, ma jupe tomba à terre, alors que je me sentais plonger en travers des genoux maternels.
Je n'avais même pas eu le temps de psalmodier mon "Non Maman, Nooon" que déjà elle avait baissé ma culotte à mi-cuisses...
"Ah, Christine, ah tu m'en auras fait voir... Ce n'est pas possible... Mais puisqu'il n'y a que cela qui te fasse réfléchir, Mademoiselle va encore avoir droit à la fessée... Je pensais que celle de l'autre soir t'aurait calmée, mais puisque tu veux jouer aux justicières, je vais t'apprendre moi ce que c'est qu'une tannée bien méritée..."

Maman était déterminée et énervée et la fessée tomba dru. Moins appliquée, moins grande leçon que trois jours avant, mais elle claquait fort et me fit vite crier. Je suppliais comme une gamine, mais rien n'y faisait. Je récoltais une volée des familles, une déculottée magistrale et tous mes plans de reprendre la main par rapport à mes soeurs tombaient à l'eau à au fur et à mesure que mes fesses rougissaient et que le bruit des claques résonnait et devait consoler mes soeurs autant que cela m'affligeait...
Maman m'a relâchée après une dernière longue et sonore série de claques. Elle est sortie de ma chambre en en refermant la porte, et en précisant qu'elle m'appellerait pour le dîner...
Je restai de longues minutes recroquevillée par terre, sans même remonter ma culotte, les fesses écarlates tiédissant petit à petit.
J'aurais voulu rester là et ne jamais ressortir. La grande Christine qui se targuait d'avoir passé des semaines et des semaines sans être punie, venait de retourner à la case des aînées difficiles, de celles qu'il convient de surveiller comme le lait sur le feu.
Une fessée au salon entrevue par mes soeurs, une deuxième dans ma chambre maintenant, ma moyenne remontait hélas et je me retrouvais comme avant.
Il allait même falloir demander pardon à Aline, sûrement au dîner... C'était un comble... Ma petite claque à Aline ne m'avait fait du bien au coeur que quelques instants... Elle s'était pour ainsi dire retournée contre moi puisque la petite claque s'était transformée en bonne fessée déculottée...
(A SUIVRE)