vendredi 8 mars 2019

Chronique d'un redoublement : 139. Une Christine calmée craint toutefois le retour à la maison...

SUITE 138

En retrouvant la tante sur la plage, j'eus beau faire comme si de rien n'était, Tata Jacqueline vit bien que je tirais une drôle de tête. Je posai les affaires à côté d'elle, étendis ma serviette et m'allongeai en me plongeant tout de suite dans la lecture.
Pas dupe, Tata qui avait deviné qu'il avait dû se passer quelque chose, du fait de tout le temps que nous avions mis pour aller juste chercher les affaires, interrogea sa soeur qui répondit : "Nous avons en effet eu une petite discussion, Christine et moi... Juste le temps de calmer ta chère nièce, et de régler nos comptes..."

Tata grimaça, et Maman rétorqua : "Arrête donc de plaindre Christine. Ce n'était qu'une fessée bien méritée qui lui pendait au nez depuis plusieurs jours".
Tata se rapprocha de moi et me prit dans ses bras, tentant de me consoler : "Ma pauvre chérie, j'espère que tu n'as pas trop mal. Tu aurais dû quand même ne pas trop énerver ta mère. Je te l'avais dit qu'elle commençait à bouillir..."
Je ne pus me retenir de sangloter, ce à quoi Tata Jacqueline répliqua en séchant mes larmes et en me conseillant de ne plus pleurer pour éviter les réflexions du voisinage. Une des habituées de ce coin de plage, qui observait la scène, ne manqua pas de faire une remarque à Maman : "Ah, votre grande fille a l'air bien calme ce matin..." Ce à quoi Maman répondit : "J'ai en effet fait ce qu'il fallait pour la calmer à ma manière". Le petit geste de la main paume ouverte qui accompagnait la phrase a vite fait comprendre à la curieuse ce qu'il en avait été... J'en rougis et détournai le regard.




La voisine de plage avait vu que je pleurais. Maman lui confia qu'elle m'avait
 "calmée à sa manière", accompagnant ses mots d'un geste significatif
de la main... J'en rougis, honteuse, et détournai le regard... 

Heureusement, Aline et Diane ne revinrent du club de plage qu'une bonne heure plus tard, et ne remarquèrent rien d'anormal. Du moins à ce moment-là...
De retour à la maison, Mamie était rentrée et discutait sur la terrasse avec la voisine qui avait interrompu ma fessée. Ma grand-mère avait semble-t-il été mise au courant, puisque la voisine me voyant rentrer confirma à Mamie : "Oui, c'était bien elle, la grande !"  Je ne rétorquai pas, préférant aller me mettre à l'abri des réflexions dans ma chambre. Je surpris un peu plus tard une discussion entre Mamie et Maman, où cette dernière semblait se justifier en disant que "Christine l'avait bien cherchée". Le déjeuner se passa toutefois sans véritable allusion, si ce n'est que Maman me félicita de commencer à débarrasser la table avant qu'on me le demande, non sans ajouter cette petite pique : "C'est quand même mieux quand tu es calmée, ma chérie".
Cela éveilla la curiosité de Diane, mais rien d'autre ne vint étayer ses soupçons. Pourtant, après la sieste, n'ayant pas envie de retourner à la plage, je demandai à rester à la maison avec Mamie. Mais Maman refusa, ce à quoi je répliquai que ce n'était "pas juste", petite phrase que notre mère prenait pour une attaque personnelle, et qui me valut la menace : "Tais-toi donc et obéis, Christine. Tu ne veux pas qu'il t'arrive la même chose que ce matin..."
L'avertissement ne tomba pas dans l'oreille d'une sourde, et Diane qui était dans le couloir demanda : "Ah bon, Christine a été punie, hein, dis M'man ?"
Maman répondit : "Cela ne te regarde pas, Diane. Va donc te préparer pour la plage"
Deux minutes après, Diane me voyant seule dans la chambre revint à la charge : "Dis, Christine, c'est vrai que Maman t'a donné la fessée ce matin, hein ?"


Diane avait flairé quelque chose et était venue me demander
si j'avais bien reçu la fessée ce matin...
Me croyant seule, j'avais essayé de tout nier... 

Me croyant seule, j'essayai de convaincre ma soeurette : "Mais, non, promis, c'est rien, elle m'a juste grondée. Mais non, je te dis que je n'ai pas reçu de fessée".
Sauf que Maman, qui était dans la salle de bain, entendit mes dénégations et intervint : "Diane arrête de poser ces questions. Cela ne te regarde pas. Mais, toi, Christine, cela ne te donne pas le droit de mentir. Tu sais combien je déteste le mensonge... Alors, même si cela ne te fait pas plaisir et t'embête de le dire, c'est bien une bonne fessée déculottée que je t'ai donnée ce matin. Allez, hop on n'en parle plus, on file à la plage... Et n'oublie rien cette fois" !
J'enrageais de m'être faite prendre ainsi. J'aurais mieux fait de me taire, de ne pas répondre à ma curieuse de soeurette, à qui la réponse de Maman fournissait un sujet de taquinerie et de moquerie envers moi. Trois minutes plus tard, Aline était mise au courant, et je me doute bien que mes déboires allaient vite faire le tour de la plage, ou du moins des camarades de jeu de mes deux soeurs.


Maman n'avait certes pas apprécié la curiosité de Diane,
mais encore moins que je mente ainsi en niant avoir été punie...
Du coup, elle confirma à ma soeur que j'avais bien
reçu une bonne fessée déculottée. 
Et, sur le coup, j'eus l'impression qu'elle était prête à recommencer...

J'en étais presque à vouloir que les vacances se terminent vite, même si la perspective d'une rentrée scolaire qui se rapprochait à grands pas n'était guère pour me détendre...
De fait, les trois derniers jours du séjour en bord de mer ne manquèrent pas de quelques moqueries de mes soeurs, de réflexions de la trop curieuse voisine de plage, ainsi que de la voisine de la location, celle qui avait interrompu mon passage sur les genoux maternels. 
En tout cas, je restai le plus calme possible, ne répondant pas aux provocations de Diane notamment.
Maman qui, par son passage des menaces aux actes à l'encontre de son ainée, avait fait comprendre aux deux petites que mieux valait ne pas abuser, de peur de suivre le même chemin. Et, donc, une fois de plus, c'est une de mes fessées qui a calmé la petite famille...

De plus, Tata et Mamie, un peu chagrinées de n'avoir pu empêcher Maman de sévir à mon encontre, furent plus protectrices que jamais, durant cette fin de séjour. 
Maman eut bien quelques motifs d'élever la voix, de menacer l'une ou l'autre de ses filles, mais Mamie ou, voire et, Tata intervenaient et rappelaient que nous étions en vacances, et réussissaient à détendre l'atmosphère... A éviter le passage à l'acte...
Ces derniers jours de vacances se passèrent donc sans nouvel incident majeur, comme si ma fessée avait fait comprendre à tout le monde qu'il ne fallait pas dépasser certaines limites...
Et, malgré le fait que je me souvienne encore de ma déculottée, je garde plutôt un bon souvenir de ces deux semaines en bord de mer. D'ailleurs, c'est avec regret que nous avons quitté la maison de vacances, n'ayant pas envie de rentrer, surtout en sachant qu'il ne resterait qu'une semaine avant la rentrée scolaire...
Peu motivée pour rentrer donc, j'avais trainé pour descendre ma valise jusqu'à la voiture, et Maman, venant me chercher dans la chambre, avait profité du fait que nous n'étions que toutes les deux, pour me glisser à l'oreille : "Christine, ne commence pas à m'énerver. Sinon, cela pourrait mal aller pour toi en rentrant à la maison". Une menace qui rappelait celle prononcée à l'issue de ma fessée interrompue, quand Maman évoquait la possibilité de "reparler" de mes frasques une fois que nous serions rentrées... Sans nul doute, cela lui restait encore gravé dans sa tête, et je compris qu'il valait mieux ne pas se faire remarquer durant le trajet de retour...

Voilà en tout cas qui témoignait de l'état d'esprit de notre mère, qui était déjà passée d'une relative clémence durant les vacances, à la nécessité de revenir à un régime plus strict en prévision de la rentrée des classes, période dont Maman savait l'importance, ne voulant pas que ses filles repartent sur un mauvais pied.
Au moment de quitter Tata et Mamie, qui restaient encore deux ou trois jours sur place, ma chère tante me serra longuement dans ses bras, me disant combien elle avait été contente de partager ces vacances avec moi, en partageant notre chambre. Puis, elle me recommanda de me tenir à carreau, me chuchotant : "Tu sais, c'est bientôt la rentrée, et ta Maman tient à ce que tout se passe bien. Alors, applique toi tant que tu peux pour commencer sur de bonnes bases. Cela rassurera ta mère qui angoisse, je sais, elle me l'a dit. Evite de chahuter en classe ou de ramener un zéro ou des heures de colle. Sinon je ne pourrai guère t'éviter ce que tu devines... C'est compris, ma chérie ?" Je promis à Tata d'être sage et studieuse, mais ces conseils me faisaient surtout prendre conscience que le retour à la maison, puis au collège, allaient me demander de faire attention car Maman allait veiller au grain...


Tata me fit longuement part de ses conseils, me demandant
de bien être sage à la maison, et de ne pas énerver Maman,
qui lui avait dit son inquiétude quant à la rentrée prochaine.
Ma chère Tata tenait surtout à ce que j'évite de nouveaux ennuis,
bref de tout faire pour ne pas prendre de nouvelles fessées... 

D'ailleurs, sur le trajet du retour, Diane qui commença à faire un caprice lors d'un arrêt sur un parking, se vit menacée clairement par Maman : "Oh, Diane, je te conseille de ne pas insister si tu ne veux pas être la première à recevoir une fessée, en rentrant à la maison. Et il n'y aura pas de Mamie ou de Tata pour prendre ta défense..."
Cette perspective de voir Diane punie eut pour effet de nous faire imaginer la scène, Aline et moi, et nous nous mîmes à rire sous cape. Diane le remarqua et le dit à Maman : "Christine et Aline rigolent de moi, M'man" !
Cette dernière répliqua : "Oh, j'espère que non... A leur place, je me méfierais... Car elles pourraient bien ne plus rire du tout si je m'occupe aussi de leur cas... Gare à vos fesses !"
Ce que j'avais remarqué, au delà du fait que Maman se montrait ferme, du moins en paroles, vis à vis de Diane, c'est qu'elle l'avait menacée d'être "la première à recevoir une fessée en rentrant à la maison", ce qui sous-entendait clairement que toutes ses filles étaient potentiellement visées...







 Après avoir menacé Diane d'être "la première à recevoir une fessée" 
en rentrant à la maison, Maman conseilla à Aline et moi de nous tenir à carreau...
Assurément, nous étions toutes les trois dans le collimateur maternel.
Et, moi, plus que les autres, j'angoissais, ne voulant pour rien au monde
me retrouver sur les genoux de Maman pour une nouvelle déculottée, après avoir été la dernière punie des vacances à la mer...

Quoiqu'il en soit, cela calma notre trio, et rarement un voyage en voiture fut aussi calme, Diane, Aline et moi n'ayant aucune envie de donner l'occasion à Maman de passer des menaces verbales à une promesse en forme d'annonce d'un retour cuisant à la maison...
Assurément, nulle d'entre nous ne souhaitait se voir promettre d'être la première à retrouver les genoux maternels. Nulle d'entre nous, et encore bien moins moi qui avais le "privilège", dont je me serais bien passée, celui d'être celle qui avait reçu la dernière fessée des vacances à la mer, la plus récente, celle qui restait associée à cet été au bout duquel j'allais en rentrant en Quatrième, quitter le statut de redoublante...  Raison de plus de ne pas vouloir en quelque sorte "redoubler" dans la déculottée magistrale...

A SUIVRE

20 commentaires:

  1. Je me sens de plus en plus mal à l'aise en lisant vos récits, dame Spaak.
    Votre manière d'écrire est si juste, si bien détaillée qu'elle éveille chez moi beaucoup de compassion et d'empathie, voir un peu trop puisque je ressens également une certaine hostilité vis à vis d'Anne-Marie Spaak.
    Je suis désolé, Madame Christine, c'est instinctif.
    Je désapprouve totalement ce qui vous est arrivé durant ces vacances. Un cauchemar vous met mal à l'aise, vous rend logiquement maladroite et peu sûre de vous en famille, et cela conduit à une trempe non méritée.
    Désapprobation. Maman semblait avoir besoin de passer ses nerfs. Je n'aime pas ça.
    Et je ne peux m'empêcher de penser à Aline en train de faire ses exercices, et l'état de peur dans lequel elle devait se trouver. Mon père n'était pas aussi dure que votre maman (et de très loin) mais parfois il me terrorisait quand je faisais mal mes devoirs.
    Mais bon, c'était une autre époque.
    Pardon, lady Spaak, c'est juste mon empathie naturelle qui parle.
    Cordialement.

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  2. Qui êtes-vous cher "Anonyme" ?
    Merci de tant de compassion et d'empathie. Vous êtes un peu comme Tata Jacqueline à vouloir me défendre coûte que coûte, et à considérer Maman comme injuste. Cela me fait chaud au coeur.
    Mais, n'imaginez pas que j'étais une sainte, et n'oubliez pas que ce blog est la traduction de mes propres souvenirs, donc qu'il privilégie mes propres ressentis, ma propre vision des choses, forcément subjective donc.
    Je ne pense pas que Maman mérite votre hostilité. Elle savait aussi être aimante, et agissait en étant persuadée que c'était pour notre bien.
    Je focalise mes récits sur les fessées reçues, sur ce qui les provoquait, sur mes angoisses et appréhensions, mais il y avait aussi nombre de jours heureux, où j'étais même traitée en "grande", où nous étions assez complices Maman et moi.
    J'ai eu ou ressenti bien sûr quelques unes de mes fessées comme injustes, mais je pense sérieusement que la plupart étaient méritées (dans le contexte de l'époque, qui n'a rien à voir avec un certain laxisme actuel).
    Et dites vous bien que je ne raconte pas tout de mes exploits, de mes frasques, de mes mensonges et autres motifs qui me valaient des réflexions ou menaces maternelles, verbales seulement, mais qui, s'accumulant, amenaient Maman Spaak à agir de cuisante manière... Vous devinez laquelle, bien sûr ?

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  3. Bonjour Christine,
    Tout va à point à qui sait attendre et vous récompensez notre patience d'un texte superbe et complexe. Le précédent commentaire met en exergue la sympathie et même la compassion que l'on ressent naturellement pour vous en vous lisant. On est en quelque sorte pris par votre monologue intérieur. Alors il est logique que l'on éprouve un certain ressentiment à l'égard de votre Maman. Surtout lorsqu'elle se montre si dure avec vous, pour un mensonge bien compréhensible (non,toute vérité n'est pas toujours bonne à dire!), et finalement si coulante avec sa benjamine, toujours en quête d'une raison pour se moquer de son aînée. Mais vous faîtes également très bien ressortir les différentes pressions auxquelles est soumise votre Maman en cette pré-rentrée. Votre entrée en Quatrième lui apparaît comme un défi, celui de ne pas vous laisser repartir dans les travers de votre première Cinquième. A côté de cela, il faut reprendre le rythme quotidien, assurer le fonctionnement de la maison etc. Sans compter les difficultés scolaires d'Aline qu'elle doit également avoir en tête. Par conséquent, la commandante en chef veut que tout marche comme sur des roulettes et, au moindre grain de sable, reporte sa frustration sur sa 1ère assistante, à savoir vous. D'où le fait que vous vous faîtes rappeler à l'ordre au moindre retard, fut-ce pour descendre une valise. Je crois aussi que l'on peut mettre sur le compte de sa nervosité la façon dont elle rembarre sa soeur qui montrait de la sympathie à votre égard où celle dont elle clôt tout débat avec sa propre mère. De toutes les manières, Maman Spaak n'est de celle à qui l'on dicte une conduite! Nous touchons à la fin de cette année de redoublement, et la période des fessées n'a pas l'air de vouloir s'achever pour Christinette. Mais nous pouvons tout de même espérer qu'elles se raréfient à l'avenir et, mais c'est là une réaction instinctive de ma part, qu'elles soient un peu plus fréquentes pour cette petite peste de Diane!!!

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  4. Merci Pierre de ce que j'espère n'être que votre première réaction à ce texte que vous jugez "superbe et complexe", ce qui me flatte fort...
    Je me dis que vous avez sûrement encore beaucoup à dire sur son contenu et quelques éléments factuels du récit.
    N'hésitez donc pas, car vous avez bien compris que les commentaires, lorsqu'ils sont de qualité (j'en jette et détruit souvent qui sont sans intérêt ou déplacés), et pertinents à l'image des vôtres et de quelques habitués, sont pour moi une source de motivation de poursuivre mes récits.
    Je compte donc sur vous et vous en remercie à l'avance.
    Cela dit, je vous répons dans le prochain message.

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  5. ("réponds" aurait été mieux que "répons" dans la dernière ligne du message précédent envoyé bien trop vite. Voilà qui n'aurait guère plu à Maman Spaak, qui n'appréciait pas quand j'oubliais de me relire, notamment en dictée, ce qui m'a valu quelques explications cuisantes...)

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  6. Pour en revenir à la première réaction de Pierre, c'est vrai que tarder à descendre sa valise est bien bénin comme faute et ne justifie pas que Maman s'emporte et menace. Sauf que cela vient après plusieurs rappels à l'ordre pour avoir déjà tardé à faire sa valise, oublié diverses affaires tombées sous le lit, bref mis de la mauvaise volonté au lieu d'aider Maman comme l'ainée que j'étais, n'ayant pas envie de repartir du tout.
    D'autant que la perspective de la rentrée prochaine, au sujet de laquelle Tata Jacqueline m'avait déjà alertée quant à la détermination maternelle de ne rien laisser passer, ne m'incitait pas à reprendre le chemin de la maison familiale...
    Pierre espère d'ailleurs que cette rentrée verra les fessées se "raréfier" à mon encontre, et devenir plus fréquentes vis à vis de Diane.
    Il est évident que c'est aussi ce que je pensais alors, ce que j'espérais en tant que Christinette. Et la réaction de Maman, sur le trajet, au premier signe de caprice de Diane, en la menaçant de lui donner une fessée au retour à la maison, pouvait nous donner, à Aline et à moi, un espoir d'une reprise en main de notre cadette. Cela, nous l'avions bien entendu, et même salué en riant sous cape... Mais, Maman avait très vite ajouté que nous pourrions prendre le même chemin vers ses genoux...
    Voilà qui avait de quoi nous calmer... Surtout que, moi, ayant bénéficié des confidences et conseils de Tata Jacqueline, je savais bien que Maman aurait à coeur de me voir bien commencer cette année de Quatrième, ne voulant surtout pas me laisser la bride sur le coup, pour s'apercevoir un peu tard que j'en prenais à mon aise... J'avais bien conscience qu'il allait falloir m'appliquer et bien travailler, en évitant de retomber dans mes travers de bavarde et chahuteuse, faute de quoi cela irait à coup sûr très mal pour mes fesses...

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  7. Bonjour Christine,
    Puisque vous m'y invitez si gentiment, je reprends donc l'analyse de votre épisode en attendant que Mardohl vienne en faire le commentaire exhaustif. Je trouve la phrase de votre Maman à votre tante significative "Ce n'était qu'une fessée bien méritée". De son point de vue à elle, c'est juste une péripétie, un acte à accomplir dans la liste de ses devoirs maternels. Sauf que pour vous ce n'est QU'UNE fessée, c'est toujours un drame duquel il vous faut le temps de vous remettre. Et justement, dans ce contexte, vous ne pouvez guère le faire. Vous profitez certes des gestes d'affection de Tata Jacqueline mais vous êtes obligée de dissimuler votre chagrin, du fait des regards. Difficile dès lors d'apaiser votre peine dans ces conditions! Êtes-vous "calmée"? En apparence, peut-être, mais à l'intérieur, cela bouillonne.
    Je m'interroge également sur les réactions de votre Tante et de votre Grand-Mère sur la sévérité de votre mère. Dans un épisode d'il y a quelques années, après avoir reçu une fessée devant votre Tante, celle-ci vous avait dit à propos de votre mère "elle n'y va pas de main morte". Comme si la sévérité des corrections la surprenait, et qu'elle-même n'avait pas connu une éducation aussi stricte. La discussion entre votre Maman et votre Grand-Mère, dont nous n'apprendrons presque rien, suggère néanmoins que votre Mamie n'est pas non plus d'accord avec les méthodes de Maman Spaak. Est-ce simplement un instinct de protection ou bien s'agit-il d'autre chose, par exemple une incompréhension du fait qu'elle-même n'a pas élevé ses deux filles aussi durement? Tout cela reste en suspens...
    Je m'arrête ici mais je reviendrai poursuivre le commentaire, en espérant que les collègues y auront apporté leurs propres analyses et que nous puissions poursuivre plus avant la discussion.
    Amicalement.
    Pierre.

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  8. *Correction importante: au lieu de "Sauf que pour vous ce n'est QU'UNE fessée" je voulais dire bien sûr "Sauf que pour vous ce n'est PAS QU'UNE fessée"
    Vous voyez que vous n'êtes pas la seule à faire des fautes d'étourderie, Christine, et la mienne est grave!!

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  9. Merci Pierre, pour ce commentaire, et la suite qui est promise. En espérant comme vous que Mardohl et d'autres apportent leurs contributions aussi.
    Si Maman juge ma fessée "bien méritée" c'est qu'elle n'a pas été décidée sur un simple accès de colère, ce qui arrivait parfois, mais plutôt à l'encontre de mes soeurs pour une correction sur le champ et vite expédiée.
    Les miennes étaient plutôt réfléchies, presque toujours précédées de menaces, de rappels à l'ordre, de promesses de plus en plus claires. De quoi justifier qu'elles soient méritées et donc appliquées comme il se doit.
    Quant à l'expression "elle n'y va pas de main morte" c'était plus un constat qu'une critique, Mamie ayant eu elle aussi la main leste pour corriger Maman et Tata, mais devenue grand-mère l'appréciation n'est plus la même, et l'on a tendance à sur-protéger sa descendance...

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  10. Nous voilà dans un épisode caractéristique, participant de ce que j’ai déjà pu désigner comme le « classicisme spaakien », cette fois dans le registre de « l’après ».
    En effet, toutes les péripéties faisant immanquablement suite à une fessée de Christine y figurent, à savoir :
    Votre tante, compatissante et consolante, en comprenant puis apprenant ce qui vient de vous échoir de la bouche de votre mère. (Votre mère qui en effet, graduellement, use d’abord d’euphémismes, de périphrases, avant de mentionner clairement la « fessée ».)
    L’embarras et les rougissements de Christine quand une personne extérieure à la famille (en l’occurrence, cette voisine de plage dont vous avez déjà déploré la curiosité), évente votre mésaventure par l’explicite signe de main dont se fend votre mère.
    Dans le même ordre d’idée, Christine, bien contre son gré, sujet de la conversation entre sa grand-mère et cette autre voisine qui, pour ainsi dire aux premières loges, a pu l’informer de votre déconvenue. (Avec son « Oui, c’était bien elle, la grande ! » que vous traduisez amèrement par un « Oui, c’était bien elle, la grande que j’ai entendue recevoir la fessée. ») Puis, comme si cela ne devait jamais finir, en ricochet, vous voilà sujet de cette autre conversation entre votre grand-mère et cette fois votre mère, laquelle lui confirme les faits et les justifie.
    Christine, contrariée, mortifiée, plaidant futilement l’injustice. Imprudente velléité de rébellion qui se retourne contre elle, puisque votre mère vous ramène à l’ordre en vous rappelant votre déconvenue de la matinée… devant vos sœurs, qui s’en voient ainsi informées, ce dont vous vous seriez bien passé.

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  11. Diane, inévitablement, va s’enquérir avidement auprès de votre mère, puis, n’ayant pas obtenu de réponse, auprès de vous-même, qui tentez maladroitement de sauver la face en niant les faits avec mauvaise foi. Ce dont une fois encore vous vous mordez les doigts, car votre mère, entendant votre mensonge, intervient, rétablit la vérité des faits et, tout en étant parfaitement consciente de la gêne que cela vous occasionne, confirme avec éclat les soupçons de vote benjamine : il y a bien eu fessée déculottée.
    Les conséquences de cette révélation demeurent réglées comme du papier à musique : Diane s’empresse de tout rapporter à Aline, ainsi qu’à ses camarades de plage. Cependant, comme vos vacances touchent à leur fin, vous limiterez les dégâts et vous ne vous verrez pas l’objet des moqueries de petites filles inconnues pendant le reste de votre séjour.
    Notons également que si, calmée par votre passage sur les genoux maternels, vous échappez à une nouvelle correction, vous n’en terminez pas moins les vacances avec le statut de « dernière fessée en date », que Diane vous a allègrement abandonné.
    Les trois derniers jours, émaillés par les réflexions des différentes personnes mises au parfum de votre punition corporelle, ainsi que par les consolations de votre grand-mère et de votre tante, s’écoulent donc, heureusement, sans autre anicroche pour vous. Vous pouvez ainsi tirer un bilan plutôt positif de ces vacances : vous vous en tirez avec une seule fessée, et encore à l’abri de tout regard, ce que la promiscuité inhérente au contexte ne vous garantissait pas forcément.
    Au moment du départ, votre tante, complice, vous serre dans les bras en vous exprimant l’heureux souvenir de ces vacances partagées, et en vous prodiguant des conseils bien avisés pour ne pas fâcher votre mère. La récréation est finie, la page se tourne, et vous ne pourrez plus désormais compter sur sa protection rapprochée (ni sur celle de votre grand-mère).
    En effet, le retour à la maison, une semaine avant la rentrée, annonce un changement de régime, un « serrement de vis » dont vous craignez de pâtir, puisque vous redoutez de vous voir punie dès votre retour.
    Diane, dans une scène faisant symétriquement écho à celle de l’aller, se permet un nouveau caprice lors d’un arrêt et s’attire inéluctablement une menace maternelle. Aline et vous en riez, mais votre maman remet toute sa progéniture à l’ordre en vous rappelant à toutes trois que nulle n’est à l’abri d’une fessée.
    Cet avertissement clairement formulé, le tout sera de savoir si, durant les arrêts de jeu de votre redoublement (que recouvriront je pense les prochains et derniers chapitres de cette chronique-fleuve) tel le PSG vous encaisserez une ultime fessée.

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  12. Voilà Mardohl qui se met à utiliser des métaphores footballistiques, je rêve ! Il est vrai que, si j'ai bien compris, la déconvenue des footeux parisiens est assez comparables à une fessée déculottée et publique.
    Mais je préfère toutefois que l'on reste dans des images et analyses plus proches de ce qui se passe dans mes récits, où l'on approche en effet de la fin de cette fameuse année de redoublement...
    En tout cas, le retour vers la maison s'effectue avec trois filles sous la menace des foudres maternelles... Et pas rassurées du tout, à mon image, et avec des souvenirs frais et brûlants à la fois, en raison de mon statut de dernière à avoir été fessée...

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  13. Chère Christine, j’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur d’avoir recouru au monde du football pour étayer une métaphore. Une fois n’est pas coutume, et n’allez pas craindre que je ne vire « beauf ».
    Il est vrai que, selon le Larousse, une « fessée » peut désigner au sens figuré une « défaite humiliante », et dans ce sens, ce terme est souvent employé dans le domaine sportif.
    Pourtant, si j’ai rapproché votre année de redoublement d’un match de foot, ce n’est pas sous l’analogie du résultat, mais du timing. Dans les deux cas, la séquence touche à sa fin, dans les deux cas, le suspense reste de mise. Et je m’avoue curieux d’apprendre si Christine, à l’instar d’un club malheureux (j’ai cité le PSG, mais il peut s’avérer de n’importe quelle équipe encaissant un goal fatidique pendant la dernière minute du temps réglementaire) va goûter l’amertume d’une « remontada » des bretelles (métaphore antithétique pour une « descendìdo » de la culotte).

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  14. Quel humour ! Non, cher Mardohl, je ne peux vous en vouloir. La comparaison footballistique, même si ce n'est pas ma tasse de thé préférée, comme on dit, n'en reste pas moins très drôle.
    La remontada des bretelles, et surtout la "descendido" de la culotte m'ont fait bien rire ! Même si, dans mes souvenirs, et sur le plan de mon vécu, cela générait alors une sacrée angoisse...

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  15. Bonsoir Christine,
    Merci encore et toujours à Mardohl pour ses analyses si complètes et si pertinentes.
    Je note au final l'habileté d'Aline lors de ces vacances à la plage. Après des épisodes mouvementés pour son bas du dos lors de la période des devoirs de vacances, dont une mémorable fessée devant ses sœurs, la cadette a su se faire oublier pour garder les fesses blanches tout au long de ce séjour à la mer. Du même coup, elle a pu taquiner son aînée avec Diane lors des trois derniers jours, retrouvant ses anciennes habitudes, mais aussi rire avec Christine lors des menaces à Diane. Elle mène pour l'instant bien sa barque, faisant jouer le système d'alliance au fil des événements. Mais attention à elle, ses difficultés d'apprentissage ne la protègent pas des fessées de Maman Spaak en cas de travail bâclé ou de problème de discipline, et du fait qu'elle se rapproche de plus en plus du collège, on peut penser qu'elle va être d'autant plus surveillée sur le plan scolaire. Il n'y a peut-être pas que pour Christine que cette rentrée s'annonce claquante. Vous allez dire que j'anticipe, chère Christine, mais le ton de votre récit ne m'incite guère à l'optimisme en ce qui vous concerne...

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  16. Voilà quelques réflexions judicieuses de Pierre, qui relève qu'Aline s'en est bien sortie de ce séjour balnéaire.
    Mais, chacun aura noté que les menaces maternelles pour cette fin de vacances et cette rentrée qui arrive à grands pas,ces menaces concernent toutes les trois soeurs...
    Même si ma position d'aînée rend la perspective encore plus inquiétante pour moi... A son tour, Pierre n'est guère optimiste pour mon bas du dos... J'avoue que, moi non plus, durant ces jours-là, je n'étais nullement rassurée...
    Je serais curieuse de savoir justement ce que mes chers analystes et commentateurs imaginent qu'il va m'arriver...

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  17. Tiens, on n'a plus de nouvelles de Sylvie ? Je serais curieuse de lire son commentaire pourtant...
    Il me semblait que Pierre avait aussi évoqué son souhait de faire d'autres commentaires...
    Cela dit, et à l'intention de tous les commentateurs et commentatrices, j'aimerais savoir, à ce point du récit, ce que vous imaginez, puisque la plupart semblent deviner que cela ne se passera pas sans heurt...

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  18. Bonjour Christine,
    Je pensais avoir tenu ma promesse mais je continuerai avec plaisir mes bavardages sur votre récit et sa suite. Mais je dois admettre que votre question est difficile: que va-t-il se passer? Surtout que j'ai horreur de jouer les Cassandre... Alors je vais être optimiste: Christine a bien reçu le message d'avertissement de sa Tante, et le fait d'avoir reçu la dernière fessée en date la rend prudente, même si elle ne peut s'éviter les réflexions d'une mère très exigeante à son égard. Par contre, Aline est sur son petit nuage, elle a certes entendu que les avertissements maternels la concernaient, mais elle se dit que Christine est dans le collimateur, qu'elle est tranquille, et le démarrage de son année scolaire part sur ces mauvaises bases, jusqu'à ce que Maman Spaak y mette bon ordre. Et c'est à ce moment que Christine se devra d'être très prudente, à ne pas se laisser aller à l'euphorie, car alors les mauvaises habitudes pourraient très vite reprendre le dessus...
    Mais nous lecteurs savons une chose, que vous nous aviez confiés dans les premiers épisodes de votre blog. Vous nous aviez dit que les fessées s'étaient faites plus rares à partir de la Quatrième et qu'elles avaient presque disparues au Lycée. Donc si l'on se base sur cela, on peut penser que Christine parviendra à passer une rentrée tranquille et que le premier faux pas se fera attendre, peut-être un voire deux mois! Mais c'est à vous de nous raconter cela...

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  19. J'ai bien saisi votre question que vous avez posée à deux reprise, chère Christine, mais je me permettrai de ne pas y répondre, ne désirant aucunement influencer votre plume.

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  20. Mardohl me laisse dans l'expectative, alors que Pierre voit davantage de problèmes pour Aline que pour moi.
    Qu'en pensent donc les autres commentateurs ?

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