SUITE 139
A peine de retour à la maison, Maman se mit vite en mode rentrée des classes. Il ne fallut guère qu'une journée pour passer d'un régime vacances à un fonctionnement de pré-rentrée. Les affaires d'été rangées, celles d'école furent ressorties, Maman se livrant à une vérification dans les détails des moindres fournitures, livres et cahiers, que nous étions allées acheter avant notre départ à la mer, histoire de ne pas risquer de manquer de quoi que ce soit.
Et puis, alors que les quelques jours à la mer avaient laissé les devoirs de vacances de côté, Maman ordonna quelques révisions, assorties d'exercices pour Aline, et de lectures pour Diane et moi.
Aline qui rechigna à deux ou trois reprises, en fut quitte pour une paire de gifles une fois, puis une autre fois une claque sur le fond de pantalon avec promesse de fessée si elle persistait, ce qui eut pour effet de calmer ma soeur et de l'amener à une attitude plus raisonnable.
Même Diane filait droit, consciente qu'il valait mieux ne pas s'attirer les foudres maternelles, que l'on sentait prête à faire un exemple pour que nous prenions bien conscience de l'enjeu de la rentrée.
Une tape sur les fesses d'Aline rappela aux trois filles
que mieux valait ne pas s'attirer les foudres maternelles
à quelques jours de la rentrée...
Pour ma part, Maman insista pour que je me familiarise avec les nouveaux manuels scolaires. Il est vrai que je les découvrais après avoir utilisé, redoublement oblige, deux années de suite les mêmes. Ainsi, les derniers jours avant la rentrée, je dus ainsi lire le premier chapitre de chaque matière, et Maman me posa des questions auxquelles je répondis plutôt bien, ce qui rassura notre chère mère, non sans qu'elle ajoute : "J'espère que ces bonnes dispositions dureront tout au long de l'année".
Je travaillai un peu sur mes nouveaux manuels,
ce qui sembla rassurer Maman
qui espérait que je ferais de même tout au long de l'année...
Les trois derniers soirs avant le retour en classe, il fallut même se coucher aux horaires de période scolaire, "pour retrouver le bon rythme", avait insisté Maman. Diane, qui avait profité que Maman ait le dos tourné pour se relever, se prit une grosse claque sur le fond de pyjama, ce qui l'amena à replonger sous les draps, Maman élevant la voix et lui promettant également "une bonne déculottée" si elle s'avisait à récidiver...
La veille au soir de la rentrée, Maman revérifia une ultime fois si les cartables étaient prêts, si les affaires à mettre l'étaient aussi, et vint nous souhaiter bonne nuit, sans trop s'attarder dans la chambre des petites, au contraire de la mienne.
Je m'y attendais certes un tant soit peu, mais pas autant dans le registre sermon préventif. Maman, qui avait laissé la porte entrouverte pour guetter si mes soeurs s'endormaient bien, se mit assise sur le bord de mon lit, débutant son speech, sur un ton très doux : "Alors ma chérie, tu es prête à entrer enfin en Quatrième. Tu dois avoir hâte d'être dans une nouvelle classe. J'espère que tout va bien se passer".
J'opinai du chef, assurant Maman que j'allais "bien travailler, promis".
Elle reconnut que j'avais été "relativement sage pendant les vacances, hormis les derniers jours", où nous avions eu "une petite explication" dont elle ne doutait pas que je me "souvenais". Je ne pus que confirmer que je n'avais "pas oublié" cette "explication" sans en prononcer le nom...

Je m'étais vantée d'avoir été "relativement sage"
durant cet été. Maman, elle, me rappela
qu'elle avait dû quand même sévir à la fin des vacances à la mer...
Par une bonne fessée que je n'avais évidemment pas oubliée...
Par une bonne fessée que je n'avais évidemment pas oubliée...
Elle en tira une morale : "Tu vois, Christine, c'est quand même un monde qu'il faille toujours te rappeler à l'ordre au bout d'un certain temps. Regarde nos vacances, tout aurait pu se dérouler sans heurt, mais avec le temps, c'est comme si tu avais eu besoin que je remette les pendules à l'heure, comme si tu cherchais les ennuis".
Je ne répondis rien, souhaitant surtout que le sermon s'achève...
Mais, Maman embraya en poursuivant sur le même genre d'idées : "En tout cas, ma grande, ne crois pas que cela se passera après la rentrée comme pendant les vacances. Le collège, c'est trop sérieux. Je n'attendrai pas que les motifs s'accumulent pour sévir. Pas question de prendre le moindre risque d'un nouveau redoublement. Maintenant, tu n'as plus un an d'avance, tu es au niveau normal, et je veux de bons résultats. Et je ne tolérerai aucun manquement à la discipline..."
Je répliquai : "Oui, Maman, je le sais, bien sûr. Tu verras, je vais bien travailler, je te le promets".
Maman haussa les épaules, rétorquant : "Tu sais, Christine, ce ne sont pas des paroles que je veux, ce sont des actes. Je t'ai tellement entendu me promettre que tu travaillerais bien, que tu ne recommencerais plus, et j'en passe... Hélas, à chaque colle ou chaque mauvaise note, c'était le même blabla... Heureusement que je ne me laissais pas embobiner par des promesses qui voulaient surtout éviter les fessées promises..."
Je baissai la tête une fois de plus, ne sachant quoi dire, hormis de promettre et promettre d'être sage encore.
Maman me rappela toutes mes promesses non tenues,
des promesses que je faisais dans l'espoir de l'adoucir,
dans l'espoir d'échapper à la fessée promise...
Je baissai la tête ne sachant quoi répondre...
Je baissai la tête ne sachant quoi répondre...
Maman poursuivit donc en enfonçant le clou, en passant de l'allusion à des promesses on ne peut plus précises... "Je crois franchement, Christine, que tu as les capacités pour réussir et être même dans les toutes premières de la classe. A condition que tu ne te relâches pas au bout d'un certain temps, comme tu en as l'habitude... En tout cas, Christine, je te préviens que je ne laisserai rien passer... Il ne faudra pas jouer l'étonnée... Si tu travailles bien, si tu ne chahutes pas, si tu ne ramènes pas d'heures de colle, tout ira bien, et tu seras gâtée comme il se doit..."
Je voyais venir la suite..., et elle fut claire, très claire même, Maman annonçant : "Mais, ne t'avise pas de te faire coller, ou de récolter un zéro ou une note du même genre, parce que ce sera la fessée, Christine, la fessée sans discuter. Ne cherche pas à m'inventer des motifs abracadabrantesques, ou des excuses quelconques, cela ne marchera pas, ma fille, non, je te le promets."
La détermination maternelle était sans nuance. Je reçus l'avertissement qui me fit sangloter et je tentai de protester : "Oh, Maman, non, je suis grande maintenant. Je serai sage, tu verras, je travaillerai bien".
Elle répondit : "Christine, ça ne sert à rien de pleurer. Si tu es sage, comme tu dis, tu n'auras rien à craindre. Mais, c'est juste pour te prévenir que je ne tolérerai aucun relâchement, comme tu l'as trop souvent fait au cours de tes deux années de Cinquième. Ne t'avise pas de recommencer, sinon je te promets que tu pourras préparer tes fesses..."
J'eus encore un gros sanglot, et suppliai : "Mais, Maman, puisque je te dis que ça ira, que j'aurai de bonnes notes. Tu as bien vu que j'ai bien fait mes devoirs de vacances..."
Les menaces maternelles me firent éclater en sanglots.
Maman sécha mes larmes, me rappelant que tout se passerait bien
si j'étais sage et travailleuse...
Il n'empêche que sa détermination claire et nette
avait de quoi me faire craindre le pire pour mes fesses...
L'argument ne réussit pas à convaincre Maman. Bien au contraire... Elle répondit un peu agacée même : "Ne me parle pas trop de ces vacances, Christine. Rappelle toi qu'elles ont débuté par la découverte de tes talents d'imitatrice de signature, et que tu n'as sûrement pas oublié ce que cela t'a valu... Heureusement encore que tu aies plutôt bien fait tes devoirs. Cela ne t'a pas empêchée à la fin de ces vacances de m'énerver au point de m'obliger à sévir après de nombreuses remarques, comme si tu cherchais les ennuis. Et tu as bien vu l'autre jour à la mer que Maman sait te rougir les fesses quand tu l'as méritée".
Je baissai les yeux, ne pouvant rien répondre à cette évocation de ma dernière fessée. Maman en y repensant rajouta : "Tu as d'ailleurs eu de la chance que la voisine ait sonné, et tu t'en es bien sortie... Mais, crois moi, le jour où tu me ramèneras deux heures de colle ou un zéro pointé, il n'y aura pas de voisine qui tienne, et je prendrai le temps qu'il faudra pour te flanquer ta bonne fessée déculottée, qui est bien la seule chose qui te fasse tenir tranquille ensuite un moment".
Je ne pourrais pas dire que je n'avais pas été prévenue...
Maman me promettait qu'à la moindre colle ou mauvaise note
ce serait la fessée magistrale et que rien ne viendrait l'interrompre...
La tirade achevée, Maman se radoucit et me serra dans ses bras un instant, me souhaitant bonne nuit, en glissant que tout de même "rien n'arriverait" si j'étais "sage" bien sûr. Mais, j'eus du mal à m'endormir, tant les promesses maternelles m'inquiétaient à l'avance.
De plus, j'entendis, une fois Maman redescendue, Aline et Diane chuchoter. Je supposai qu'elles n'avaient pas manqué grand chose du discours maternel, et devaient, elles aussi, avoir leur imagination qui trottait et mettait en scène leur aînée et une Maman très fâchée...
Pas de doute, mes soeurs avaient dû entendre l'essentiel
du sermon maternel, et assurément, elles devaient
m'imaginer déculottée sur les genoux de Maman...
En tout cas, moi qui me faisais une joie de devenir une élève de Quatrième, et de quitter symboliquement ce statut de "redoublante", le sermon maternel m'avait refroidi...
Dans ma tête, au cours de la nuit, me revenaient des scènes où une prof m'annonçait que je serais collée, et je me voyais rentrer à la maison, puis me retrouver culotte baissée sur les genoux maternels...
J'eus bien du mal à dormir, me rappelant encore précisément
ce que je ressentais les jours où je ramenais un zéro,
ou bien ceux où je savais que le facteur apporterait un bulletin de colle...
Je rentrais tête basse, à pas lent,
Je rentrais tête basse, à pas lent,
ne sachant que trop ce qui m'attendait à la maison...
J'avais beau tenter de plaider ma cause, m'inventer des circonstances
atténuantes, promettre de ne plus jamais récidiver,
cela ne changeait rien à la détermination de Maman,
qui m'annonçait qu'elle allait me donner la fessée promise...
Que ce soit avant le repas ou au moment du coucher,
dans ma chambre ou au salon, voire devant mes soeurs,
je n'échappais pas alors à une déculottée magistrale,
dont nombre d'épisodes encore dans ma mémoire
peuplèrent mes cauchemars de cette dernière nuit avant la rentrée...
Moi qui rêvais que le passage en Quatrième s'accompagnerait de la fin de mes ennuis postérieurs, je comprenais qu'il n'en serait rien. Oui, évidemment, je ferais mon possible pour bien travailler, mais connaissant mes vieux démons, je me demandais comment je pourrais éviter durant toute une année la moindre colle, le moindre zéro, et surtout ce qu'ils me vaudraient... C'est-à-dire, à n'en pas douter, une nouvelle déculottée magistrale !
J'avais beau me dire que tout irait bien, que si je travaillais,
il n'y aurait pas de raison que je sois punie...
Mais, j'avoue qu'au fond de moi j'avais un grand doute...
Et que je me voyais déjà suppliant en vain,
et ressentant un grand frisson alors que Maman,
tenant elle ses promesses, allait me déculotter...
Cela dit, pour confirmer mes doutes, et ce qui m'agaça sans que je puisse l'exprimer, je sus dès ce lendemain matin que mes soeurs avaient compris que Maman m'attendait au tournant et qu'à la première grosse bêtise, je devrais "préparer mes fesses". Diane profita d'un moment où nous étions seules à l'étage pour enfoncer le clou en faisant semblant de me plaindre, et me glissant à l'oreille : "Alors, ma pauvre Christine, il va falloir que tu sois sage, sinon Maman va encore te donner la fessée..."
Je l'aurais giflée, mais je n'allais pas provoquer d'incident le matin même de la rentrée et risquer d'arriver au collège avec les fesses rouges...
A SUIVRE