lundi 26 septembre 2016

Chronique d'un redoublement : 106.Quand une vendeuse et la voisine en apprennent de belles...

SUITE 105

Le moins que l'on puisse dire, c'est que malgré cette sorte de "fessée et demie" reçue ce samedi matin du fait de la visite impromptue de la voisine, je n'étais pas calmée. Preuve en avait été donnée avec ma ruade lorsque Tata, pourtant mon alliée dont je n'avais nulle peur, m'avait par jeu tapoté le bas du dos, en plaisantant...
Il faut dire que l'épisode du cauchemar éveillé où j'avais imaginé un retour de la voisine et une suite démonstrative et claquante pour mes fesses, m'avait laissée dans un état bizarre où j'en voulais à la terre entière, et à moi-même surtout...
Parfois, pour ne pas dire souvent, la fessée soulageait la punie que j'étais d'un poids. Surtout si j'avais réussi à gagner du temps, si au fond de moi je savais que j'y passerais coûte que coûte, le moment de la tannée en lui-même était évidemment très dur à passer, mais amenait à une sorte de fin de cycle d'angoisse, la déculottée maison rééquilibrant les comptes et faisant repartir comme à zéro.
Cette fois, c'était un peu le cas et, à coup sûr, Maman devait considérer cet épisode comme clos, mais de mon côté, subsistait l'impression que j'en avais eu plus que je ne méritais, comme si en la matière la dose était quantifiable...
Et puis, alors que si mes soeurs n'avaient pas été en capacité de savoir mon nouvel exploit avec le risque qu'elles ne me dénoncent à Maman, j'aurais sûrement tenté de ne rien dire jusqu'au dimanche soir au moins, voire plus...
Or, là, cela avait amené à ce que je me retrouve sur les genoux maternels dès le samedi matin, un timing peu habituel si j'ose dire, et cela allait m'amener inévitablement à ce que ma fessée illustre des conversations du week-end, ce que je craignais, d'autant que j'angoissais aussi d'imaginer que d'autres moqueries risquaient de m'attendre au collège lundi...


Maman et Tata poursuivaient leur discussion au salon.
Tata estimait que j'avais compris et serais sage à l'avenir.
Maman rétorqua que je n'avais pas le choix, sinon gare à mes fesses... 

Tata, en redescendant retrouver Maman, s'était attirée une remarque maternelle : "Alors, tu as pu consoler ta chère filleule. Tu vois qu'elle n'est pas morte. Ce n'était juste qu'une bonne fessée de plus, et une fessée bien méritée".
Tata Jacqueline avait répondu : "Oui, Christine a compris je crois. Elle m'a dit qu'elle ferait en sorte de ne plus avoir de colles. Elle est sincère, je crois..."
Maman rétorqua : "J'espère bien qu'il n'y en aura plus... Le dernier mois de l'année scolaire est entamé, il ne manquerait plus qu'elle récidive... Là, je plaindrais ses fesses si elle recommençait..."
Mes soeurettes avaient les yeux pétillants en écoutant cet échange, comme si elles imaginaient les conséquences d'une récidive de ma part...
Maman m'appela vingt minutes plus tard pour que nous partions faire des courses. Au moment où nous sommes sorties de la maison, la grande fille de la fameuse voisine aux plants à repiquer, était à la fenêtre et se mit à sourire en coin en me voyant... Je détournai le regard, comprenant que la grande adolescente avait dû avoir un compte-rendu détaillé de la visite de sa mère...



 La grande fille de la voisine me regardait passer
avec un sourire en coin... Sûr que sa mère
lui avait tout raconté...

Nous allâmes ensuite déposer les deux petites chez une des camarades de Diane, qui fêtait son anniversaire. Cela nous laissait du temps pour faire du shopping, moi, Tata et Maman. A plusieurs reprises, nous croisâmes des connaissances de Maman ou Tata, donnant lieu à quelques échanges badins, et habituels sur la famille, la conjoncture et le temps qu'il faisait. Mais, deux ou trois fois, les personnes croisées firent des compliments à Maman me concernant. Du genre : "Ah, c'est votre aînée ? Elle a bien grandi. Une vraie petite demoiselle maintenant !"
Ce à quoi Maman répondait : "Oui, c'est sûr, Christine grandit. Mais plus vite en taille qu'en sagesse, hélas..."
Cela suscitait la plupart du temps une réaction du genre incrédule, voire curieuse : "Oh, vous dites ça, mais elle m'a l'air calme et posée".
Maman rétorquait alors : "Oui, elle peut l'être, mais il faut encore que je la calme souvent à ma manière. Comme pas plus tard que ce matin..."
Ce n'était pas explicite, mais souvent un geste de la main, paume ouverte, faisait tout comprendre aux interlocuteurs de Maman.



 Les compliments que Maman recevait sur sa fille qui "grandissait" bien,
s'attiraient en retour quelques confidences,
sur la nécessité de sévir, comme ce matin, et si cela n'était pas explicite,
le petit geste de la main de Maman suffisait pour que ses interlocuteurs
m'imaginent sur les genoux maternels...

Nous nous rendîmes dans un magasin de vêtements, où Tata voulait acheter une robe pour aller à une cérémonie le week-end suivant, et où Maman voulait trouver pour moi une jupe plissée, Tata insistant aussi pour m'offrir une robe d'été en profitant de promotions.
Je rechignai un peu en essayant les jupes plissées alors que, pour les robes d'été, c'est Maman qui ne voulait guère arguant du fait que ce n'était pas un jour à me faire des cadeaux. Mais Tata insista en expliquant que les promotions allaient bientôt s'achever...
La vendeuse se mêla à la conversation, faisant moult compliments sur le fait que tout m'allait bien, que je faisais "grande" et autres arguments pour pousser à l'achat.
J'espérais que Tata m'achèterait la robe, et que Maman ne prendrait pas la jupe plissée, et je commençai à vouloir imposer mes vues, à insister en grognant, ce à quoi Maman répliqua en haussant le ton devant la vendeuse et quelques autres clients du rayon : "Christine, ce n'est pas le jour à faire des caprices, sinon on ne prend rien, et tu risques même de finir la journée comme tu l'as commencée... C'est clair, Christine ?"
Je  cessai de protester, et baissai la tête, ayant bien compris la menace... Je murmurai seulement : "Oh, non Maman ! Mais pour les habits, d'accord, on fait comme tu veux..."
La vendeuse crut bon de commenter : "Eh bien, voilà une grande fille sage et bien élevée qui obéit. J'en vois si souvent qui font des caprices ou des colères dans le magasin. Félicitations, Mademoiselle".
Maman prit le compliment pour elle, mais se crut obligée de décrypter mon changement soudain de comportement : "Oui, ma grande fille est bien élevée, mais ce n'est pas sans mal, je vous prie de croire. En tout cas, elle sait bien qu'il vaut mieux ne pas abuser de ma patience aujourd'hui, surtout après la bonne fessée que Mademoiselle a prise ce matin..."
La remarque fit faire de grands yeux étonnés à la vendeuse, et elle fit se retourner vers mois trois autres clients qui attendaient leur tour près des deux cabines d'essayage.


Près des cabines d'essayage, ma tentative d'insister contre
la volonté maternelle avait abouti à ce que la vendeuse
et les clients voisins apprennent que "Mademoiselle"
avait pris une bonne fessée le matin-même...

Je tentai de garder mon calme, mais ne pus m'empêcher de rougir. Tata comprenant ma gêne me serra contre elle, en disant : "Allez, c'est fini, on n'en parle plus. Tu vas avoir ta robe, tu es contente, j'espère ?"
Je lui fis un gros poutou de remerciements, n'ayant surtout qu'une hâte, celle de sortir du magasin, de me fondre dans la foule, de ne plus subir les regards des témoins de la scène...
Nous rentrâmes ensuite à la maison, après avoir fait un détour pour acheter une boite de chocolats que Maman voulait offrir à la voisine aux légumes pour la remercier, en plus des deux salades qu'elle lui avait donnée le matin. Passant par la rue de derrière la nôtre, nous nous arrêtâmes devant chez elle, Maman sonnant à la porte. La fille de la voisine ouvrit et appela sa mère, qui vint de suite. 
Maman s'excusa : "J'espère que nous ne vous dérangeons pas", dit-elle. 
La voisine, du tac au tac, répliqua : "Mais, non, vous ne me dérangez pas du tout". Et d'ajouter en souriant, avec un petit air complice amusé :  "Non, au contraire de ce matin, moi, je ne suis pas en train de donner la fessée à ma dernière fille. Elle a passé l'âge des déculottées, vous savez. Mais, entrez donc..."
Maman refusa : "Non, on ne fait juste que passer. Je suis avec ma soeur, et nous devons bientôt aller récupérer les petites chez les Martin. Je voulais simplement vous déposer ce petit cadeau de rien en remerciement de vos plants. C'est la moindre des choses..."
La voisine était confuse et insista pour que nous rentrions, mais heureusement Maman ne changea pas d'avis... "Il ne fallait pas", poursuivit la voisine, "ce n'étaient que quelques plants excédentaires venant de mon oncle jardinier. Mais, vous savez, c'est surtout moi qui suis vraiment désolée de vous avoir dérangée ce matin. Je ne savais pas que j'allais tomber au mauvais moment. Si j'avais su, je serais venue à une autre heure".
Maman tint à rassurer la voisine : "Mais, ne soyez pas confuse, vous ne m'avez guère dérangée. Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, Christine a juste bénéficié d'une petite pause, mais n'ayez crainte, ma fille n'a rien perdu pour attendre. Christine est retournée sur mes genoux, où je l'ai à nouveau déculottée pour lui flanquer la tannée promise... De toute manière, vous ne pouviez pas savoir, surtout qu'avec Christine et ses soeurs, ça tombe quand cela doit tomber..."


La voisine étant confuse d'avoir interrompu ma fessée du matin,
Maman la rassura, non sans donner tous les détails,
expliquant que malgré mes protestations, elle m'avait à nouveau allongée
sur ses genoux et déculottée, avant de me flanquer la tannée promise...

La voisine semblait moins confuse, et répondit, en riant : "Oui, si je comprends bien, il n'y a pas d'heure pour la fessée... J'espère juste que cela ne se reproduira pas. D'ailleurs, demain je récupérerai peut-être quelques pieds de tomates plus tardives. Je les déposerai devant votre porte. Il y aura moins de risques..."
Maman conclut : "Mais non, sonnez donc. Surtout que d'ici demain, il y a peu de chances, je l'espère, que ma grande fasse encore des siennes. En général quand même, une bonne déculottée la calme pour quelques jours, n'est-ce pas Christine ?"
Je baissai la tête, et évitai le regard de la voisine et de sa fille, alors que nous rentrions à la maison après cette courte visite, bien gênante pour moi...
J'avais eu un instant l'envie de me mêler à la conversation, de dire à la voisine que si "il n'y avait pas d'heure pour la fessée" à la maison, ce qui pouvait laisser croire que j'en recevais toute la journée, de fait, le hasard avait joué à pas de chance pour moi puisque son coup de sonnette était survenu au moment précis où je recevais la fessée, ce qui ne m'était pas arrivé en milieu de matinée depuis belle lurette...
Mais, je risquais surtout que Maman me reprenne et donne des détails supplémentaires du genre : "C'est vrai, Christine a raison. Je préfère souvent attendre le soir au coucher pour régler nos comptes. Sur le moment, je lui annonce qu'elle aura affaire à moi au moment d'aller au lit... Et comme je tiens toujours mes promesses, elle sait qu'elle peut préparer ses fesses. Cela lui permet de réfléchir à ses bêtises. Et moi, je suis plus tranquille quand tout le monde est prêt à aller au lit pour m'occuper des fesses de Mademoiselle, et lui flanquer la bonne fessée promise..."
Mieux valait en effet ne pas me mêler de ce genre de conversation. J'avais déjà assez eu ma dose en la matière... 


A SUIVRE

vendredi 26 août 2016

Chronique d'un redoublement : 105. Quand Tata apprend tout et tente de me consoler...

SUITE 104 

Le bruit qui m'avait sortie de ma torpeur n'était qu'une porte qui claqua suite à un coup de vent. Maman avait refait les lits de mes soeurs et aéré en laissant la fenêtre de leur chambre grande ouverte. Quand elle avait fait de même dans la salle de bain, le courant d'air avait refermé la porte de la chambre des petites.
Ce n'était que cela, mais la cloison avait tremblé et m'avait faite sursauter, alors que j'étais en plein cauchemar éveillé, une sensation étrange, où je mis un moment à retrouver mes esprits et à faire le tri entre ce que j'avais subi et ce que j'avais imaginé...
Entendant mes soeurs qui s'amusaient à côté, j'eus un instant une réaction négative en moi. Je leur en voulais de leur attitude dans mon cauchemar, et j'avais envie de me venger. Heureusement, je revins sur terre et fis la part des choses. Non, il n'y avait pas eu de troisième déculottée devant la voisine et leurs commentaires sur la couleur de ma lune n'étaient que le fruit d'une sorte de délire onirique.
D'ailleurs, en me remémorant les événements réels depuis la veille au soir, j'étais plutôt encline à être reconnaissante à Diane de ne pas avoir annoncé à Maman dès son retour que j'avais été collée, comme elle l'avait appris à la danse. Même si j'avais bien senti qu'elle avait failli le faire...
De même, Aline mise au parfum, n'avait pas vendu la mèche au petit-déjeuner... Mais, sachant le danger, je m'étais résignée à avouer ce que j'avais presque dit à demi-mots quand Maman s'était inquiétée de m'entendre me relever par deux fois durant la nuit...
Finalement, la non-trahison par mes soeurs, et la chance que Maman n'ait pas évoqué le fait que je lui avais caché ma colle la veille au soir pour justifier une fessée plus démonstrative, faisaient que je pouvais presque me dire que je m'en sortais pas trop mal... 
J'aurais pu prendre pire, même si, bien sûr, à côté de ces éléments atténuants, le coup de sonnette de la voisine avait bouleversé le déroulement de la déculottée que je ne doutais pas un instant de devoir recevoir... Avec au final un redémarrage à zéro de ma déculottée que j'aurais évité autrement. Disons donc que, pour ce qui était de la réalité, je n'avais pas trop à me plaindre...
Le reste, mon cauchemar éveillé, était une autre histoire, et je cherchai à l'oublier, à ne plus y penser, tout en me doutant qu'il risquait de revenir certaines nuits...
Mieux valait s'en tenir à ce qui m'était arrivée réellement, et tenter de positiver... Le plus dur physiquement était passé, mais je devinais bien que psychologiquement je n'étais pas sortie de l'auberge. Et que cette fessée du samedi matin allait sûrement ressurgir dans diverses conversations, tout au long du week-end... Sans parler de ce qui risquait de se propager au collège...
Je passerai sur les quelques avertissements reçus par Diane et Aline quand l'une ou l'autre agaça Maman durant la journée, s'attirant des menaces du genre : "Si tu veux prendre la suite de Christine, continue..." ce que tout un chacun comprenait aisément. Ou encore, plus claire : "Attention, sinon j'en connais une qui va se retrouver les fesses à l'air comme sa grande soeur, et vous savez que je ne plaisante pas..." A chaque fois, évidemment, j'étais la référence, et cela me faisait grogner intérieurement, voire rougir réellement, mais des joues du haut cette fois...
L'effet fessée joua toutefois durant le déjeuner où personne ne rechigna à aider Maman, ni à finir ses légumes, ce que notre mère apprécia, en commentant non sans une pointe d'ironie : "C'est bien les filles, on dirait de petits anges... La fessée de Christine a calmé la maisonnée... Mais, vous avez raison de vous méfier, sinon vous avez vu ce qui arrive..."
Je ne voulais pas de mal à mes soeurs, mais c'est vrai que j'aurais presque été soulagée si l'une ou l'autre s'était retrouvée sur les genoux de Maman, histoire de ne plus avoir ma fessée comme seule référence...
Maman avait dit : "Vous avez vu ce qui arrive". La formule m'irritait aussi, car la fessée ne m'avait pas été donnée ostensiblement devant mes soeurs cette fois. Mais, je ne pouvais pas nier non plus que lorsque la voisine avait sonné, mes soeurs s'étaient bien précipitées pour voir qui c'était, se trouvant au passage devant la scène qu'elles épiaient déjà de l'oreille depuis leur chambre, et découvrant donc ma lune pleinement exposée sur les genoux maternels, et déjà bien colorée...
Après le déjeuner, les petites furent invitées à faire leurs devoirs sur la table du salon, pendant que je me reposais dans ma chambre. Maman, de son côté, préparait le café, car Tata Jacqueline devait passer.
Quand elle arriva, je guettai du haut de l'escalier les conversations, mais je ne descendis pas de suite, comme je l'aurais fait un autre jour pour saluer ma Tata adorée. 


Je guettais les conversations du bas, depuis le haut de l'escalier,
me doutant bien que Tata allait être mise au courant
de la situation et de mes mésaventures...

Elle fit la bise à mes soeurs, et demanda où j'étais. Maman répondit que je me reposais dans ma chambre, et se proposa de m'appeler. Tata rétorqua : "Mais, non je vais aller lui faire un bisou", demandant quand même : "Elle va bien, elle n'est pas malade au moins ?"
Maman répondit : "Non, ça va... Elle a juste eu un peu de fièvre sur ses fesses ce matin..."
Cela fit rire mes soeurs, que Maman fit taire sur le champ. Tata interrogea : "Ne me dis pas qu'elle a encore eu droit à une fessée, la pauvre..."
Maman se défendit : "La pauvre, peut-être, mais elle l'avait bien méritée... Deux heures de colle en anglais au dernier mois de son redoublement, comment veux-tu que je laisse passer cela ? Alors, oui, ta chère nièce a eu droit à une bonne fessée déculottée... Et je n'y suis pas allée de main morte, puisqu'il n'y a que cela qu'elle comprenne... Tu peux aller la voir, elle doit faire moins la fière..."


"Ne me dis pas que Christine a encore eu droit à une fessée,
la pauvre", demanda pleine de compassion Tata à sa soeur, qui lui confirma
ce qu'elle avait annoncé à demi-mots en disant que
j'avais eu un peu de fièvre au bas du dos... 

Tata fit la moue : "Je comprends, mais cela me fait toujours de la peine quand Christine est punie. Elle est si gentille quand elle veut. Et très intelligente, tu sais bien... Mais tu as sûrement raison, si elle continue à faire des siennes en anglais. Elle devrait comprendre..."
Maman concéda : "Oui, elle a plein de qualités et de possibilités. C'est justement ce qui me désole et que je veux qu'elle comprenne... Merci de me donner raison. D'ailleurs, ajouta-t-elle en riant, même la voisine m'a donné raison !"
Tata s'étonna : "Que vient faire la voisine ? Christine n'a quand même reçu sa fessée devant elle ?"
Maman expliqua : "Mais, non, quand même. C'est juste qu'elle est venue m'apporter des plants de tomates alors que je venais de déculotter ta chère nièce..." Ma tante voulut savoir la suite : "Et ça n'a pas sauvé Christine ?"
Maman répliqua : "Il n'aurait plus manqué que cela. Non, j'ai été accueillir la voisine, je lui ai expliqué le pourquoi des bruits et cris qu'elle avait sûrement entendus. Elle a bien compris, et m'a laissé ses plants, en disant qu'elle ne voulait surtout pas déranger, et que c'était bien qu'il y ait des parents qui sachent se faire respecter..."
Tata relança : "Et, alors, elle est repartie tout de suite ?"
Maman confirma : "Oui, enfin, on a quand même papoté quelques minutes. Christine pouvait attendre. Elle n'était sûrement pas pressée que je revienne m'occuper d'elle...Elle s'était d'ailleurs rhabillée en espérant que j'en avais fini avec elle".
Tata plaida : "C'est compréhensible, et puis elle devait déjà avoir compris qu'il ne faudrait pas recommencer..."
Maman la fit taire : "Cela aurait été trop facile... Une fessée, c'est une fessée, pas un amusement. Alors, j'ai repris Christine sur mes genoux, je l'ai déculottée une nouvelle fois, ses fesses étaient d'ailleurs presque redevenues blanches. Alors, j'ai pu lui flanquer la tannée qu'elle méritait, si tu veux tout savoir..."        


Maman ne cacha rien à sa soeur, expliquant qu'après la visite surprise
de la voisine, elle était venue achever sa mission,
en me déculottant à nouveau pour reprendre, comme à zéro, la tannée méritée 
sur des fesses qui avaient déjà perdu de leurs couleurs...
  
Du haut de l'escalier, j'avais tout entendu, revivant ainsi ma mésaventure, la vraie, et non pas celle de mon cauchemar éveillé... Mais, c'était déjà pénible à entendre raconté en détail... En particulier auprès de ma tante, qui me traitait comme une grande et que je n'aurais pas voulu décevoir.
Tata ne chercha pas à en savoir davantage et monta me dire bonjour. Je rentrai à la hâte dans ma chambre en l'entendant se diriger vers l'escalier. J'avais donc le coeur qui battait fort, et comme un air bizarre, quand elle me rejoint. "Tu en fais une tête, ma chérie", dit ma tante, "mais ne t'inquiète pas, ce n'est que moi. Tu n'as rien à craindre".
Je balbutiai : "Bah, euh, non, je n'ai pas peur, voyons... Bonjour Tata ", et je vins l'embrasser. Elle me serra fort en disant : "Ma pauvre Christine, alors tu as encore fait des exploits au collège ? Ta mère vient de me raconter ce qui s'est passé. Tu ferais bien de rester tranquille, la fin d'année approche".
Je quittai ses bras, me redressai, et tentai de m'expliquer : "Mais, Tata, j'ai presque rien fait. Je me suis juste moquée de deux filles de la classe qui venaient d'être collées. Elles m'embêtent souvent, et je n'ai pas pu me retenir. Mlle Paule a entendu et m'a punie à mon tour. C'est pas juste..."


En venant me retrouver dans ma chambre, Tata m'ouvrit ses bras
et elle me serra très fort et longuement,
avant d'essayer de me faire parler pour me consoler... 

Tata me reprit : "J'espère que tu n'as pas dit que ce n'était pas juste à ta mère. Elle n'aurait pas apprécié. Ce n'est pas à toi de juger ce qui est juste ou pas. Et puis, Christine quand même, depuis le temps, tu devrais savoir que ta prof d'anglais t'a en ligne de mire. Pourquoi ne fais-tu pas attention pendant ses cours ? Tu sais bien que ta mère ne peut pas admettre que tu recommences ainsi je ne sais combien de fois par an..."
J'essayai de me défendre : "Mais, je fais attention, Tata. Bien plus que l'année dernière, tu sais. J'ai eu bien moins de colles..."
Tata ne put s'empêcher de faire une réponse que Maman elle-même n'aurait pas renié : "Moins que l'an dernier, heureusement quand même, voyons. Tu ne pouvais que mieux faire en étant redoublante. Et, c'est sûr que pour ta Maman, elle admet encore moins les nouvelles colles, surtout avec les mêmes profs et le même genre de motifs..."
Je regardai Tata, avec un petit air désolé, ne sachant pas quoi dire, surtout que celle qui me défendait la plupart du temps, était bien contrainte d'admettre que les apparences étaient clairement contre moi.
Je sentis un sanglot remonter dans ma gorge, j'en frissonnai un infime instant, et Tata s'en aperçut. Elle me rouvrit ses bras et m'enlaça, m'étreignant fort en disant : "Allez, retiens donc ces larmes. C'est fini. Tu devais bien te douter que Maman ne te féliciterait pas... Alors, tu as encore eu droit à une bonne fessée. A toi de faire en sorte de ne plus en mériter d'ici la fin de l'année..."
Je cherchai à rassurer Tata, tout en tentant de me rassurer moi-même : "Oui, Tata, oui, je vais essayer", ce qui n'était quand même pas très confiant et témoignait de ma crainte de ne pas y arriver...
J'ajoutai d'une voix plaintive : "Mais, tu sais, c'est dur quand Maman se fâche". 
Tata en sourit, répondant : "C'est vrai, ma grande... Et tu es la mieux placée pour le savoir. Quand elle donne la fessée, ce n'est pas de la rigolade... Je me doute bien que tu as dû passer un mauvais quart d'heure, ma pauvre chérie.." Et, comme j'étais toujours dans ses bras, je sentis sa main gauche relever légèrement ma robe, et tapoter doucement ma lune par dessus ma culotte en disant : "Je connais deux petites fesses qui ont dû se retrouver à l'air et rougir fort..."
Je me cabrai brusquement, d'un geste que Maman aurait pris pour un mouvement de révolte. Heureusement, ce n'était que Tata qui comprit que son petit geste m'avait faite frissonner en mimant ce que je cherchais à oublier. 


Tata crut me faire sourire en tapotant très doucement mon fond
de culotte, en cherchant à me faire relativiser la situation.
"Ah, je connais deux petites fesses qui ont dû se retrouver
à l'air et rougir..." dit-elle en accompagnant ce geste qui était
pour elle comme un jeu de taquinerie...
Mais, j'eus un réflexe comme de révolte en me cabrant brusquement...
Heureusement que ce n'était pas à Maman que je faisais ça... Sinon...


Tata arrêta et me dit d'une voix apaisée : "Du calme, Christine. C'est Tata, ce n'est pas Maman. Allez, n'y pense plus. Tu as été punie, c'est fini maintenant. Je sais que cela a dû être dur, mais tu étais prévenue aussi... Tu savais bien que Maman ne laisserait pas passer ça. Je te défends quand je peux, mais là, je n'aurais sûrement rien pu faire". Et puis, en souriant, même si moi cela ne m'a pas amusé, elle ajouta : "D'ailleurs, d'après ce que je sais, même la voisine ne t'a pas sauvé la mise..."
Je répliquai : "Ce n'est pas drôle, Tata. Elle nous a dérangées surtout".
Ma remarque fit à nouveau sourire Tata, qui reprit ma drôle d'expression : "Oui, j'imagine bien. Ma soeur était tranquillement en train de donner la fessée à sa grande fille, quand elles ont été "dérangées" par l'arrivée de la voisine. Excuse-moi, mais tu me fais sourire, Christine. Je ne suis pas sûre que cela t'ait dérangée que ta Maman arrête de te claquer les fesses..."
Je me rendis compte de l'étrangeté de l'expression, mais je le ressentais ainsi, car sans arrivée de la voisine, sans "dérangement" donc, je m'en serais sortie plus vite. Je cherchai à me rattraper : "Bah, euh, non, mais à cause d'elle, Aline et Diane ont débarqué dans ma chambre et m'ont vue sur les genoux de Maman". 
Tata tempéra ma plainte : "N'exagère pas, Christine. Ce n'est pas agréable sûrement, mais ce n'est pas la première fois qu'elles ont vu tes fesses se faire claquer... La voisine, elle, n'a rien vu, et c'est déjà bien".


Même si elle essaya de tempérer ma plainte, Tata avait bien compris
que ce qui m'énervait notamment, c'est bien que, du fait du coup de sonnette
de la voisine, Aline et Diane avait débarqué dans ma chambre,
tombant sur la scène de leur grande soeur allongée en travers des genoux
maternels, culotte baissée, et fesses rougissantes...

Je poussai un soupir en disant : "Bah, heureusement, quand même. Sauf que, quand elle est repartie, Maman m'a re-déculottée, et elle m'a donné une fessée, comme si elle recommençait au début. Je suis sûre que j'en ai eu plus que je ne le méritais..."
Tata ne voulut pas entrer dans ce débat  : "Voyons, Christine, si ta Maman n'avait pas fini avant l'arrivée de la voisine, il fallait bien t'attendre à ce qu'elle te reprenne sur ses genoux après... Cela aurait été trop facile de t'en sortir avec une petite fessée de rien. Tu sais bien que ta mère ne fait jamais les choses à moitié. Et puis, un conseil, ne dis surtout pas devant elle que tu penses en avoir eu plus que tu ne mérites... C'est le genre de petites phrases qu'elle risquerait de ne pas apprécier... Elle serait capable de te dire que c'est pour toutes les bêtises que tu as pu lui cacher et les fessées que tu as évitées... Et si tu insistais, tu risquerais surtout de te retrouver à nouveau sur ses genoux, en te disant que si tu n'es pas contente, elle va te donner une bonne raison de plus de ne pas l'être..."
L'argument de ma tante fit mouche. Je compris qu'elle était dans le vrai, que Maman était tout à fait capable de tenir ce genre de raisonnement, et que mieux valait donc que je ne me plaigne plus, même si, au fond de moi, j'en voulais à la voisine d'être venue à l'improviste, à mes soeurs de m'avoir vue déculottée, et à Maman d'une tannée qui avait presque pris l'allure de deux fessées à la suite...
Tata me laissa pour rejoindre Maman qui avait servi son café. "Calme-toi, ma grande. Ce n'est pas le moment de t'attirer de nouveaux ennuis. Reste tranquille ici. On ira faire des courses ensemble dans une demi-heure".
Mieux valait en effet que je me calme, et je ne cherchai même pas à guetter les conversations du bas. Mieux valait faire le vide dans ma tête que de ruminer en entendant d'éventuelles petites phrases ou allusions à mon cas. Cette fessée matinale, et en deux parties, m'avait en effet bien perturbée. Ce que je venais de confier à Tata Jacqueline le montrait à l'évidence. J'en voulais à la fois à mes soeurs, à la voisine et à Maman, même si, en fait, je m'en voulais fortement de m'être mise moi-même dans une telle situation, en n'ayant pas pu retenir ma réaction en cours d'anglais...
Et, j'étais d'autant plus énervée que tout cela m'avait amenée à faire ce drôle de rêve éveillé, que bien sûr je ne pouvais pas confier ni raconter à personne...

A SUIVRE