vendredi 2 août 2013

Chronique d'un redoublement : 62. Quelques moments de honte et une grosse mise en garde...

SUITE 61


Maman était ressortie de ma chambre sur cette petite réplique ironique et apte à me faire naître de nouvelles angoisses : "Allez, c'est fini, ma chérie. Cache-moi donc ces fesses... Je ne veux plus les voir... Enfin.... jusqu'à la prochaine fois..."   


"Cache moi vite ces fesses. Je ne veux plus les voir... 
Du moins... jusqu'à la prochaine fois !"
La petite phrase de Maman, entrecoupée d'une respiration
entre ses deux parties, ravivait ma honte, 
et mon angoisse...

C'était vexant pour une grande fille qui venait de prendre une fessée magistrale, une tannée en règle, et à qui Maman disait presque : "Te voilà calmée pour un moment, mais je me doute bien que cela ne durera pas autant que les pyramides, et qu'il faudra bien, un de ces jours, que je m'en occupe à nouveau..."



Ayant rajusté mon pyjama, j'étais prête à aller au lit, mais début des vacances oblige, Maman n'avait pas éteint la lumière, ni ordonné que je me couche. Il n'y aurait pas de réveil pour aller en cours le lendemain, et les horaires étaient plus larges.
Maman fit de même en allant vérifier qu'Aline était bien en tenue de nuit aussi, et dans sa chambre, qu'elle avait dû regagner en douce quand ma fessée s'était achevée. "Tu peux lire ou jouer calmement encore un peu. J'éteindrai quand Diane rentrera", avait précisé notre chère mère.
Aline qui émit le souhait de m'appeler pour que je joue avec elle, se vit opposer un refus maternel : "Non, laisse-donc ta soeur sécher ses larmes tranquille. Elle n'a sûrement pas l'esprit à jouer. Mieux vaut qu'elle réfléchisse à ce qui vient de lui arriver..."

Entendant qu'Aline voulait venir me voir, surtout par curiosité de petite maline, j'ai refermé ma porte de chambre, me retrouvant seule à méditer, et à tenter de faire passer les gros sanglots qui me prenaient encore, remontant dans ma gorge, surtout quand je repensais à ce que je venais de prendre...

Culotte et pantalon de pyjama remontés, il y avait deux épaisseurs de coton enserrant la zone claquée, et cela semblait en garder la chaleur, comme sous le couvercle d'une cocotte. Je ressentais combien la fessée avait été méthodiquement appliquée, comment la "cuisson" n'avait épargné aucune partie d'une lune qui devait être bien colorée par rapport à la vision prolongée que j'en avais eue en me préparant à recevoir la tannée maternelle...

Il n'y avait qu'allongée sur le ventre que je ne ressentais pas de picotements en étant sur mon lit. Mais, même ainsi, je ressentais comme si j'avais de petits radiateurs au bas du dos. Me relevant, ayant entendu que Maman était redescendue à la cuisine, et surveillant bien que ma porte n'allait pas s'ouvrir, je me positionnai devant la glace de mon armoire, et baissai un instant pantalon et culotte...



Ma blanche mappemonde dont j'étais fière
avant que Maman ne s'en occupe
était devenue écarlate sur toute sa surface...

 
La lune claire et fraiche d'avant l'arrivée de Maman, celle qui témoignait de cinq semaines de tranquillité, pour ne pas dire de sagesse (car il y avait bien des choses à redire...), avait changé de teinte. Rouge, entre rose intense sur les cotés et vraiment écarlate, voire carmin au milieu, ma paire de fesses témoignait de la maestria maternelle. Heureusement que l'on ne jugeait pas publiquement de la qualité de l'exécution d'une fessée, sinon on aurait pu prendre ma lune en photo pour illustrer de ce que voulait dire une "bonne fessée".

En y repensant, l'idée aurait pu alimenter mes cauchemars. Au même titre que l'on décerne des diplômes de "MOF" meilleur ouvrier de France, en comparant les chefs-d'oeuvre des artisans, j'imagine bien un mauvais rêve que j'aurais pu faire, en regardant ma lune rouge, le cauchemar d'un jury de mamans du quartier décernant le titre de MMF meilleure maman fesseuse, et l'attribuant à Mme Spaak pour l'ensemble de son oeuvre, et pour "la fessée de Christine" dont la cuisson à point aurait été montrée à toutes en exemple...


La vision de ma lune rougie aurait sûrement été primée 
par un jury de mamans du quartier... 
Heureusement que ce n'était qu'une idée cauchemardesque
et que ma déculottée était restée à l'abri des regards... 

Cette seule vision de mon bas du dos, en l'absence de tout témoin, n'avait fait que raviver ma peine, remonter mon angoisse, et je m'étais remise à pleurer à chaudes larmes que je laissai couler longuement avant de trouver enfin un certain apaisement.

Il se passa bien une heure avant que Diane ne rentre à la maison. Le coup de sonnette de la mère de sa copine ramenant ma petite soeur me sortit de ma torpeur. Je n'avais rien fait entre temps, incapable de lire ou de chercher à me changer les idées. Incapable de dormir non plus, j'avais somnolé dans une sorte de demi-léthargie, entre tristesse et résignation, laissant doucement la douleur se transformer en simple chaleur, laissant les nerfs se détendre, ressentant comme un épuisement teinté de honte et presque de soulagement à la fois...

La fessée avait été magistrale, cuisante, douloureuse, mais c'était déjà du passé, même si j'avais l'impression d'en emmagasiner encore la chaleur. Je me sentais, une fois encore, vexée, honteuse d'avoir retrouvé les genoux maternels, d'avoir été déculottée comme une gamine de six ans, mais "soignée" proportionnellement à ce que ma lune de pré-ado devait encaisser...

Il y avait donc cette honte, mais elle n'était pas accompagnée de révolte. Il n'y avait pas d'impression d'être une victime malgré tout, car je ne pouvais pas dire que je ne savais pas ce que je risquais, je ne pouvais pas dire que je ne m'y attendais pas, que je n'avais pas été mise en garde, avertie, prévenue, et plutôt dix fois qu'une... Je connaissais les risques, je n'ignorais rien de la logique maternelle, la fessée d'Aline la veille l'avait même "concrétisée" pour ainsi dire... Ma fessée, quoi que j'en dise, quoi que j'ai essayé de plaider, d'implorer, je savais au fond de moi qu'elle était inéluctable. Mes fesses encore chaudes et colorées en étaient le prix, et il y avait plus de soulagement que de rancoeur de savoir que le pire moment était passé...

Entendant le bruit de la sonnette, j'avais entrouvert ma porte pour écouter ce qui se disait en bas, mais je tombai sur Aline, qui se précipitait pour se poster en haut de l'escalier et tendre l'oreille elle aussi... Je me renfermai dans ma chambre plutôt que de me retrouver à côté de soeurette dont le regard brillant me scrutait comme si j'étais une bête curieuse...



Finalement, je ne sus pas ce que Maman avait pu dire à l'autre mère, mais c'était peut-être préférable pour mon amour-propre. La conversation ne se prolongea guère et Maman envoya Diane se mettre en pyjama, avant de venir éteindre cette fois. Elle monta de fait cinq minutes plus tard, me demandant de me coucher aussi, après un petit bonsoir rapide, éteignant ensuite dans la chambre des petites, avant de redescendre à nouveau.

Maman avait laissé les portes entrouvertes pour surveiller du bas que cela dormait bien. Mais, étant dans la pièce à côté de la chambre de mes soeurs, je devinais de longs chuchotements. Diane devait raconter sa soirée à mi-voix, mais de ce que je percevais, c'était Aline qui parlait le plus à une Diane qui relançait par des questions... Je n'avais pas besoin de dessin pour comprendre ce que les petites évoquaient...


J'entendais Aline et Diane chuchoter longuement,
et je devinais bien ce que la cadette racontait.
Placée comme elle avait dû être dans la pénombre du couloir,
Aline avait pu observer Maman me déculotter,
voir sa main rougir ma lune,
entendre les claques et mes pleurs et supplications...
La curieuse Diane devait la questionner sur les moindres détails...

Le lendemain, Tata Jacqueline passa à la maison prendre un petit café et papoter avec sa chère grande soeur. Nous étions encore en train de prendre le petit-déjeuner, et Tata demanda si nous étions contentes d'être en vacances, et si nous avions bien travaillé... Diane fut évidemment la plus rapide à répondre, Aline et moi étions plus gênées. Petite soeur se fit ainsi un malin plaisir à résumer la situation à sa façon : "Oui, moi j'ai bien travaillé, et même que Maman m'a récompensée en me laissant aller au cinéma..." Tata répliqua : "C'est bien ma chérie".
Mais Diane ne lui laissa pas le temps de rajouter quoi que ce soit. Ayant repris une respiration en nous regardant toutes les deux, peu enclines à parler, Diane expliqua : "Mais, tu sais, Tata, il n'y a que moi qui ai bien travaillé. Parce que, bah, Aline et Christine, elles ont eu des mauvaises notes, et même que Maman leur a donné la fessée, oui à Aline, et aussi la fessée à Christine..."
J'ai baissé le nez dans mon bol de chocolat, j'avais presque les larmes aux yeux. Maman a tout de même repris Diane en lui lançant : "Ne joue pas les fanfaronnes, Diane. Tu as mieux travaillé que tes soeurs, mais tu n'es pas toujours plus sages que les autres, alors ne te moque pas d'elles, sinon ça pourrait barder pour toi aussi..."

Diane baissa d'un ton, et n'en rajouta pas dans les moqueries. Mais, cette remarque maternelle avait aussi eu pour résultat de confirmer les dires de notre petite soeur. Le "pour toi aussi" confirmait implicitement que cela avait "bardé" pour Aline et pour Christine aussi...



 L'annonce de la double fessée distribuée à Aline et moi
fit sourire Tata. Sans vouloir se moquer de nous,
elle avait un peu de compassion
pour sa grande soeur à qui nous donnions du fil à retordre...



Sans entrer dans les détails, comprenant combien cela me gênait, Tata demanda toutefois ce qu'il en était, esquissant une phrase de compassion pour sa soeur, en disant : "Eh, bien, elles t'en font voir mes nièces, dis donc... Deux mauvais bulletins coup sur coup, ma pauvre, ça t'a fait deux fessées à distribuer dans la soirée, elles vont t'user le bras nos chipies !"

Je vis que Diane se retenait de donner des précisions, le regard moqueur en coin, mais c'est Maman qui rectifia le propos de Tata : "Non, en réalité, ce n'était pas le même soir. Les petites ont ramené leur bulletin avant-hier, jeudi, et Aline a reçu sa fessée le soir-même. Christine, elle, n'a eu son bulletin que vendredi, et je me suis donc occupée de ses fesses hier soir. Même motif, même résultat, une bonne déculottée chacune, ça a piaillé dans la maison deux soirs de suite, mais au moins elles savent pourquoi, et cela va peut-être les faire mieux travailler, sinon elles connaissent le tarif..."

Un peu plus tard, avant de repartir, Tata vint me dire au revoir. Elle me reparla de mes résultats en me disant que je pourrais faire mieux, que ce serait bien que je "grandisse" dans mon comportement. Elle ajouta : "Ma pauvre chérie, tu devrais quand même faire des efforts. A ton âge, ça ne doit pas être drôle de recevoir encore des bonnes fessées de Maman. Je suis sûre que tu pourrais en éviter certaines..." Puis, elle me serra dans ses bras fortement, sentant que mon émotion revenait.


Tata compatissait, mais ne pouvait donner tort à Maman.
Si elle me défendait en me faisant comprendre 
que je pourrais "éviter "certaines fessées", son discours revenait à dire
que je n'en avais pas fini avec les déculottées maternelles...


Le gros câlin de Tata me réconfortait, mais quand je l'entendais dire que je pourrais "éviter certaines" de mes fessées, je ne retenais qu'une chose : cela sous-entendait que, même pour Tata, "à mon âge", je n'allais pas encore les "éviter" toutes, et j'en traduisais que, même Tata, me prédisait ainsi que je n'en avais pas fini avec les déculottées et les fessées maternelles...

D'ailleurs, au delà du fait que j'avais récolté une tannée exemplaire, c'est en effet les perspectives que le discours maternel ouvrait qui m'inquiétaient le plus. J'avais plutôt bien négocié ce premier trimestre, avec quelques résultats encourageants, mais ils étaient en dessous des espérances mises en moi en cette année de redoublement. Les faux pas, surtout en matière de discipline, m'avaient valu quelques épisodes peu glorieux pour mon bas du dos. Cette fois, dans le bulletin trimestriel, une paire de mauvaises notes faisant croire à une rechute, plus le commentaire de la prof d'anglais mettant en doute la réalité de mon travail, il est évident que cela ne pouvait être admis par une mère qui avait placé la barre haut, sachant qu'une année est longue, et qu'il n'était pas question de trainer à l'arrière du peloton, et encore moins de décrocher dans les premiers mois.
Cela, j'étais à même de le comprendre, et quelque énergie que j'ai mise pour protester, je n'avais en recevant mon bulletin aucun doute sur ce qu'il allait me valoir... La fessée d'Aline la veille avait même ôté le moindre espoir, et avant même que Maman n'ouvre la bouche, je savais qu'il ne me restait qu'à préparer mes fesses... Et, j'avais été de fait copieusement servie...

Donc, même si j'étais gênée, honteuse que mes mésaventures fessières fassent une fois encore le tour de la famille et des proches, ce qui me souciait davantage, c'est que Maman replaçait toujours cela dans son contexte, expliquant que j'avais commencé plutôt correctement mon année de redoublement, mais qu'il avait fallu reprendre les choses en main en cette fin de trimestre, et... Et qu'il n'était pas question que je reprenne une mauvaise pente, et qu'elle (Maman) y veillerait particulièrement à la rentrée... Bref, si je pouvais admettre que je méritais la fessée reçue, tout le discours maternel expliquait déjà que, dès la rentrée, elle serait derrière mon dos, et bien décidée à s'en "occuper" à sa manière dès qu'elle le jugerait nécessaire...

Et, ces vacances de fin d'année civile donnant lieu à des retrouvailles familiales, à des visites, à des déplacements, à des rencontres avec toujours les sujets bateaux : comment ça va, comment vont les enfants, qu'est-ce qu'il faut vous souhaiter pour l'année à venir, etc., etc. il est évident que le sort des filles Spaak alimentait régulièrement  les conversations, m'amenant souvent à baisser la tête, à cacher ma gêne, à rougir de confusion.




Chaque fois que Maman évoquait ses déboires avec ses filles
ne cachant guère ce qui m'arrivait fréquemment, je baissais la tête,
cachais ma gêne, mon regard ne pouvant s'arrêter sur la vision
des genoux maternels sans penser qu'ils m'attendraient bientôt... 


Le discours maternel était à la longue bien rôdé, du style : "Oui, ce n'est pas de tout repos d'élever trois filles, d'autant plus à des âges où il faut les surveiller comme le lait sur le feu... Surtout les petites bien sûr. Vous me direz Diane travaille bien à l'école, mais elle est vive et souvent turbulente, et prompte à embêter ses soeurs. Aline, serait plus réservée, mais elle a du mal en classe, et je dois sans arrêt être derrière son dos pour la faire travailler... quand il ne faut pas employer la manière forte pour qu'elle s'applique enfin..." Le petit geste de la main maternelle était suffisamment explicite pour que l'auditoire comprenne...
Puis Maman en venait à la "grande" ! "Si encore, je pouvais compter sur Christine pour me soulager. Mais ce n'est pas encore le cas cette année. Elle redouble, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose puisqu'elle avait une année d'avance, et que cela permet qu'elle reparte sur de bonnes bases. Sauf qu'avec Christine, il faut se méfier. Ma fille est capable de décrocher les meilleures notes, et puis de se laisser aller ne travaillant que les matières qui lui plaisent ou selon la tête des profs, sans oublier une fâcheuse tendance à chahuter en classe... C'est ce que je trouve inadmissible : au lieu de jouer les premiers rôles, avec les facilités qu'elle a, elle se la coule douce jusqu'à ce qu'elle s'attire des ennuis... Et après, c'est reparti comme si de rien n'était. Avec Christine, il n'y a que les bonnes vieilles méthodes qui marchent..."


Souvent, l'on répondait à Maman que cela passerait, que je grandirais, que l'essentiel était que j'aie des facilités intellectuelles, mais cela ne faisait que lui faire en rajouter sur le thème : "C'est justement ce qui est le plus énervant. Je comprends qu'il faille que je remue Aline pour qu'elle travaille, et même que je doive sévir fréquemment, mais c'est rageant de voir qu'une grande fille comme Christine a encore besoin de quelques bonnes fessées pour revenir dans le droit chemin..."

Inutile de dire que je serais bien partie me cacher dans un trou de souris quand ce genre de conversations revenait sur le tapis. Et j'en passe bien d 'autres...

Malgré tout, ces deux fessées reçues par Aline et moi eurent pour effet de calmer l'atmosphère familial. Les vacances en furent même beaucoup plus calmes que nous aurions pu le craindre. Aline dut faire des devoirs chaque jour, Maman souhaitant aussi que je révise diverses leçons m'ayant valu des résultats moyens ou décevants. Mais, ce n'était pas un long pensum quotidien, et même Aline qui y était plus astreinte, faisait assez d'effort pour ne pas risquer d'autres ennuis postérieurs...

Mises à part une ou deux vagues menaces de fessées à l'encontre d'Aline, et une paire de claques méritées par Diane pour un caprice, les deux semaines se passèrent sans encombre pour nos bas du dos, et nous eûmes même droit à nos cadeaux de Noël, modestes toutefois, dans une famille plutôt catholique à l'ancienne, où la Nativité gardait son sens, et où l'on ne voulait pas tomber dans les dérives consommatrices du Père Noël des grandes surfaces.


Voilà comment ces vacances débutées le premier soir par ma déculottée magistrale se sont achevées sans que personne ne plonge à son tour en travers des genoux maternels... Même si, comme je l'évoquais plus haut, le sujet des fessées d'Aline, et plus encore des miennes, avaient entretenu nombre de conversations dans la famille ou l'entourage.


Maman était claire : "Ne me ramène plus un bulletin pareil... Tu te rappelles ce qui t'est arrivée quand tu me l'as donné, j'espère... 
Alors, mieux vaudrait qu'en effet tu me ramènes de bonnes notes, 
sinon, ma chérie, tu n'as qu'à préparer tes fesses..."


A la veille de la rentrée, Maman fit le point avec chacune d'entre nous, sur les affaires d'école, les devoirs faits, etc. Tout était bien en ordre, j'y avais veillé avec attention. Maman en profita pour ressortir le bulletin trimestriel et vérifié qu'elle l'avait bien signé, car cela serait évidemment contrôlé au collège, le lendemain.
Le relisant calmement, elle ne put s'empêcher de me rappeler ses promesses et leur contexte : "Ah, tu vois, Christine, ce bulletin résume bien ta façon d'agir. Cela avait bien commencé, avec des notes correctes, même si tu aurais pu faire encore mieux. Mais, cela allait, mise à part ta tendance à chahuter parfois. Sauf qu'il y a eu ce relâchement, avec coup sur coup deux ou trois mauvaises notes, sans parler de l'appréciation de Mlle Paule, et te voilà repartie dans tes mauvais travers. Tu sais, Christine, regarde-moi bien, les yeux dans les yeux... Tu sais, cela ne se passera pas comme l'année dernière, crois-moi..."

Ce sermon, ,je le subissais, tête basse, attendant qu'elle en finisse, sachant que c'était dans la façon de faire de Maman de répéter les choses plutôt dix fois qu'une.

"Oui, Maman, je vais bien travailler. J'ai compris, j'aurai des bonnes notes, tu verras", plaçai-je pour rassurer notre mère, et faire qu'elle arrête de me parler de ce fichu bulletin...

Mais, elle n'en avait pas fini avec, et me le brandissait devant le nez, en haussant le ton : "En tout cas, Christine, ne me ramène plus un bulletin pareil... Tu te rappelles ce qui t'est arrivée quand tu me l'as donné, j'espère... Alors, mieux vaudrait qu'en effet tu me ramènes de bonnes notes, sinon, ma chérie, ça bardera encore..." Et le geste de la paume signait la menace sans équivoque...

"Mais, euh, Maman...", balbutiai-je sans pouvoir ajouter quoi que ce soit, Maman me coupant la parole. "Il n'y a pas à discuter, Christine. Et il n'y aura pas à discuter le moins du monde. De toute manière, je n'attendrai pas le bulletin trimestriel, ni le carnet de notes du mois, pour réagir. Je t'avais fait confiance en te laissant un peu plus tranquille pour m'occuper davantage d'Aline, mais tu en as profité pour ne plus faire d'efforts. Donc, ma chérie, crois-moi, tu vas avoir ta mère sur le dos, et je ne me laisserai plus surprendre. Contrôle des devoirs, des cahiers, suivi du carnet de correspondance et rendez-vous avec les professeurs dès que j'aurai le moindre doute, je ne te lâcherai pas, Christine..."
Le programme me fit faire la grimace, mais je cherchai à rassurer Maman en promettant à nouveau que tout irait bien, que j'avais "compris".
Maman, elle, enfonça le clou en mettant les points sur les "i". "J'espère bien que tu as compris, sinon tu sais ce qui t'attend... Un chahut, une mauvaise note, et, pire encore, un mensonge pour me cacher ça ou retarder sa découverte, et tu pourras préparer tes fesses, Christine... Franchement, je serais à ta place, je réfléchirais bien avant de faire n'importe quoi... Rappelle-toi donc la fessée de l'autre soir, et demande-toi si tu veux te retrouver encore sur mes genoux... Il n'y aura pas d'autre alternative, c'est bien compris, ma chérie ? Tu ne pourras pas dire que je ne t'avais pas prévenue..."


Bien sûr que je me rappelais de la fessée du soir du bulletin, 
et Maman venait en ce soir d'avant la rentrée de me prévenir...
Une mauvaise note, une colle, un mensonge,
et je me voyais déjà en travers de ses genoux,
culotte baissée pour ma première fessée de l'année civile,
mais sûrement pas la dernière...


C'était clair, au moins, et le discours ne me laissait guère d'illusions... Si les vacances avaient été, en définitive, plus "calmes" que je ne le craignais, Maman débutait l'année civile en prenant des résolutions bien inquiétantes pour mon bas du dos. D'autant plus angoissantes que je savais que, contrairement à mes promesses à moi, qui étaient à géométrie variable, les promesses de Maman, elle, elle les tenait... 

De quoi envisager une rentrée pas très rassurée... Et avoir de sérieuses craintes pour la blancheur retrouvée de mon bas du dos...

A SUIVRE 

vendredi 19 juillet 2013

Chronique d'un redoublement : 61. Quand Maman prend le temps de régler ses comptes avec une Christine trop longtemps épargnée...

SUITE 60


J'ai ressenti la première claque avant qu'elle n'atterrisse sur ma lune. Le mouvement du bras maternel, qui se lève avant de s'abattre sur la cible pleinement dégagée, cela faisait comme une sorte d'appel d'air, ultime sensation de fraicheur, comme un souffle caressant les rondeurs offertes, une étrange impression de douceur qui annonçait l'averse.




Instinct de la punie, sensations qui reviennent en mémoire,
j'avais ressenti la première claque avant qu'elle ne s'abatte
sur ma lune. Cette gestuelle maternelle, je la connaissais si bien...

J'aurais voulu avoir la force de crier, de me cabrer et de me dégager, mais j'avais conscience que ce serait vain, que cela ne ferait qu'aggraver mon cas, que Maman m'aurait rattrapée, que la rébellion se serait payée cash sur mes fesses par une tannée plus forte encore.


J'aurais au moins voulu trouver la touche "pause", celle qui aurait figé le bras de Maman avant que sa paume n'atteigne ma peau blanche, juste avant que la fessée ne commence... Mais on n'avait pas encore inventé le magnétoscope numérique, il n'y avait pas de touche "pause", ni de retour en arrière ou de ralenti. Ce n'était d'ailleurs pas du cinéma, mais une fessée, une vraie de vraie, somme toute bien méritée...

J'aurais pourtant bien voulu pouvoir être le metteur en scène de ma vie, descendre des genoux maternels, remonter ma culotte et dire d'une voix assurée : "Stop, on recommence la séquence depuis le début, on la rejoue bien cette fois, avec des bonnes notes, les félicitations de la prof d'anglais, un sourire maternel, et une soirée au cinéma au lieu d'une déculottée magistrale."




J'aurais voulu inventer la touche "pause",
me relever, remonter ma culotte sur des fesses encore blanches,
et dire : "On recommence depuis le début".
Mais, jamais nul ne sortait des genoux maternels sans fessée.

Mais, il n'y avait pas de retour en arrière possible... On ne ressortait jamais des genoux maternels avec les fesses blanches... Et pourtant, à cet instant précis où je tendais le dos sentant la première claque arriver, j'aurais tellement voulu réécrire l'histoire, consciente que ce n'était pas une fatalité, que j'aurais pu, effectivement, avoir de meilleures notes, que j'aurais pu jouer les élèves modèles, ne serait-ce que le temps des cours d'anglais... Je ne savais, hélas, que trop bien, que Maman n'avait pas tort en disant que mon carnet, même s'il était heureusement moins pire que l'année précédente à même époque, n'était pas digne d'une redoublante censée mettre à profit cette année comme une nouvelle chance, comme l'occasion de reprendre sa place dans le peloton de tête de la classe.

Promis, juré, qu'à ce moment précis, j'aurais tout refait au mieux, j'aurais été sage comme une image en cours d'anglais et révisé mes leçons au lieu d'imaginer que ce qu'il m'en restait de l'année précédente suffirait...

Mais, une fessée promise est une fessée qui sera donnée dans la logique maternelle, et j'étais suffisamment bien placée pour le savoir depuis longtemps que ce n'est pas en dernière minute que l'on peut imaginer changer le cours des choses.

Je trouvais cela d'autant plus regrettable que j'avais réussi à passer entre les gouttes durant les sept dernières semaines, qui n'avaient pas été pour autant des semaines d'amnistie familiale puisque Aline avait accaparé une bonne part de l'attention maternelle, et joué à plusieurs reprises le rôle de la punie que je lui laissais bien volontiers... 

Ces sept semaines et demi environ n'en avaient été que plus appréciables, puisque les pleurs de soeurette sous la claquée maternelle avaient rappelé à intervalle régulier à toute la maisonnée que la fessée demeurait de mise dans la maison Spaak !

Alors, au moment où je retrouvais le premier rôle, ce n'était que plus difficile à vivre, à 'y "préparer ses fesses" pour reprendre une des expressions favorites et des plus angoissantes de Maman...

Après cette (relativement) longue attente, le retour sur les genoux maternels aurait pu être vécu comme une sorte de juste retour des choses, avec du fatalisme, se disant qu'il fallait bien que cela arrive un jour. Mais, de mon point de vue, de la place où j'étais, le fatalisme n'était pas dans mes pensées, et je ne considérais pas ce qui m'attendait comme inéluctable, mais comme un échec, une erreur de ma part, et ce sentiment de me dire que j'aurais pu l'éviter me rendait encore plus malheureuse et angoissée...

Avant que cette première claque ne tombe, je n'arrivais pas à me retirer de l'esprit la vision que j'avais eue de ma lune blanche dans la glace alors que je me déshabillais, en sachant que je me préparais en fait pour la fessée...




J'avais eu comme l'étrange besoin de regarder mes rondeurs jumelles,
épargnées depuis plus d'un mois, à la peau blanche et douce,
et l'image me trottait dans la tête, au moment où Maman la voyait à son tour
et allait s'employer à la rougir longuement...


Dotée d'un esprit vif, curieuse de nature, j'avais souvent guetté mon reflet dans la glace au moment fatidique où j'attendais Maman, mais la plupart du temps, je ne jetais qu'un regard fugace, comme gênée de voir ma peau encore blanche, comme si la pudeur l'emportait sur la curiosité.

Ce soir-là, j'avais pris, comme je l'expliquais précédemment, plus de temps, me sachant à l'abri des regards, scrutant mon bas du dos à l'épiderme intact, comme reposé, comme vierge de tout contact avec la paume maternelle depuis un temps dont j'étais pour ainsi dire fière...

L'image n'en était que plus forte dans ma tête que je prenais conscience que c'était cette vision que j'offrais, à mon corps défendant, au regard de Maman qui venait de dégager pleinement la surface à corriger...

Et, comme j'avais, de mon côté, pris le temps de bien regarder à quoi ressemblait une lune de grande fille sage (ou presque...) depuis plus d'un mois, j'avais l'impression que Maman faisait de même à son tour...

J'aurais pu imaginer notre chère mère dans l'optique de penser : "Allez, Christine, depuis le temps que tu y as échappé, je vais rattraper le retard, allez, hop, prends cela", déversant sur ma lune une pluie drue de claques, comme un orage d'été qui éclate et inonde les rues.

Mais, au contraire, je sentais Maman dans un registre calme et déterminé. Nous n'étions pas dans l'habituelle situation d'une soirée de veille d'école, où il faut coucher les petites tôt, vérifier les devoirs, préparer les affaires pour le lendemain, et en prime flanquer une nouvelle volée à l'ainée qui l'a bien méritée...

Ce soir-là, c'était le dernier jour de classe du trimestre, et donc le début des vacances, une soirée charnière, où la benjamine était récompensée par une sortie avec une copine, où la cadette avait été calmée la veille par une déculottée maison et ne bronchait surtout pas, et où il ne restait donc qu'à "s'occuper" du cas de l'ainée. C'était comme le dernier acte, une sorte de conclusion "fessière" qui se devait d'être appliquée de façon magistrale.


 Je sentais Maman dans un registre calme et déterminé,
prenant le temps de "préparer" la cible,
de manière appliquée et réfléchie, sans hâte.

Et je sentais bien, dans une certaine minutie des préparatifs, dans le temps pris pour bien me bloquer, pour bien dévoiler et présenter la cible que Maman ne se contenterait pas d'un simple rappel à l'ordre, qu'elle avait la volonté de bien faire passer le message... 

Sèche et sonore, cette première claque me fit repasser du rôle d'ainée semblant sur la voie de la sagesse, épargnée par les foudres maternelles, à celui de la grande soeur que sa Maman doit encore déculotter et fesser comme une gamine...

Je poussai un cri sans me retenir, seules les oreilles d'Aline qui avait bien piaillé la veille étaient là pour entendre ma réaction, où se mêlaient douleur et désespoir surtout. La deuxième claque suivie de quatre autres étaient parfaitement ciblées et réparties sur ma lune... J'imaginais Maman s'appliquer à imprimer la trace de sa main sur mes deux fesses, au milieu, puis en bas, puis en haut... 



Retrouvant la sensation des claques maternelles 
sur une lune épargnée depuis cinq semaines,
je ne retins pas mes cris que seule Aline pouvait entendre...

Je criai à chacun de ces impacts, ne trouvant d'autre à redire que "Oh, non, Maman nooon, pas la fessée, arrête !", sorte de litanie hélas "habituelle", même si ce qualificatif me renvoie le fait que ce n'était pas la première fessée, ni sûrement la dernière...

J'avais réussi à bouger un tant soit peu, et Maman stoppa son bras pour me réajuster en bonne position, prenant une longue respiration devant ma lune qui rosissait déjà. Moi qui avais en tête cette image d'une mappemonde blanche, fraiche même sous la main, je ressentais déjà, uniquement par ces six premières claques savamment réparties que mon épiderme réagissait, picotait, s'empourprait...


"Arrête plutôt de crier, Christine, je viens à peine de commencer. Cela ne sert à rien de t'égosiller, cela ne changera rien, ma fille. Tu vas recevoir la fessée que tu mérites, et plus tu vas gigoter, plus tu aggraveras ton cas... Et, ne fais pas l'innocente, tu savais très bien que je ne laisserais pas passer un tel bulletin... Allez, tiens, tiens et tiens, puisqu'il n'y a que cela qui te fasse réfléchir..." Le ton de Maman était resté calme, et la valse de la main droite reprit, presque aussi méthodiquement....

Je tentai de retenir mes cris, serrant les dents, puis éclatant en sanglots, pleurant à grosses larmes.

Maman avait entrepris de "repeindre" à sa manière mon bas du dos, alternant les séries de claques équitablement réparties sur mes rondeurs jumelles, avec d'autres séries plus vives, plus sonores et claquantes, correspondant aussi à des phases de re-motivation maternelle. C'était le cas quand elle reprenait certains de ses arguments, en accompagnant ses phrases par une tannée plus forte. "Ah, quand je pense que tu ne fais encore aucun effort en anglais, alors que tu sais combien Mlle Paule t'a dans le collimateur, c'est à croire que tu cherches les ennuis, Christine... A croire que tu n'as rien compris... Tiens, tiens, et tiens..."

La fessée semblait se dérouler comme une longue cuisson, comme l'application de couches successives pour que la couleur tienne. Maman prenait son temps pour respirer, rajuster ma position, reposer son bras quelques secondes, avant de mieux repartir dans une démonstration magistrale.

Le fait que je n'ai pas un carnet à la hauteur de ce qu'elle attendait d'une redoublante revenait dans ses sermons claquants : "Pas question que tu perdes une année de plus. Je ne transigerai sur rien, je te l'ai dit, Christine,  et tu peux préparer tes fesses, si tu continues ainsi... Je ne céderai pas, tiens, tiens et tiens..."

Il y avait aussi omniprésente cette sensation qu'exprimait Maman de ne pas m'avoir surveillée assez, d'avoir été comme endormie par diverses notes correctes ou faussement encourageantes. Découvrir dans le bulletin plusieurs faux pas, et ne pas s'être assez inquiétée de l'opinion des profs avant la fin du trimestre lui semblait impardonnable, presque autant de ma part que pour elle. "Ah, j'aurais dû me méfier, à te voir jouer les élèves modèles, à me faire croire que tout va bien... Je me doutais bien que tu me cachais quelque chose, Christine... Tiens, tiens et tiens... J'aurais dû sévir bien plus tôt... En tout cas, crois moi, ma grande, tu as peut-être réussi à ce que j'épargne tes fesses durant quelques semaines, mais je vais rattraper mon retard... A commencer par cette fessée dont tu te souviendras longtemps, ma fille..."

La volée devenait de plus en plus dure à supporter, le bras de Maman semblant infatigable, tannant mon bas du dos qui devait être écarlate sur toute sa surface...

Je suppliais à nouveau, demandant grâce, promettant "de bien travailler" au deuxième trimestre, d'être exemplaire, "de ne ramener que des bonnes notes"... J'aurais promis la lune pour qu'elle s'arrête de claquer la mienne...


J'étais épuisée, vannée, ne me débattant plus, alors que les claques 
tombaient et tombaient toujours sur une lune devenue écarlate,
pendant que Maman sermonnait et en promettait d'autres... 

Mon argumentaire ne fit que lui redonner encore du tonus, de la faire repartir dans quelques séries de claques sonores et brulantes : "Ca, j'y compte bien, Christine, que tu aies de bonnes notes, car je n'attendrai pas les bulletins mensuels ou trimestriels cette fois. Et j'irai voir tes profs, et je surveillerai chacune de tes copies, chaque note... Tiens, tiens, tiens et tiens.... Et je te promets que ça ira mal pour toi, si tu me déçois... Tiens, tiens, tiens et tiens... Tant que tu n'auras pas compris, ma fille, tu pourras encore et encore préparer tes fesses... Et penses-y bien avant de me ramener une mauvaise note ou de chahuter... Tiens, tiens et tiens, tu sais ce qui t'attend..."

J'étais épuisée, vannée, ne poussant plus que quelques petits cris quand la dextre maternelle retombait plus vivement sur des zones déjà écarlates. Je pleurais surtout, longuement, et je ne me débattais plus, affalée de tout mon poids sur les genoux maternels offrant une lune rougie où les dernières claques tombant sur un fessier presque relâché résonnaient de manière plus mate...


En tournant la tête, vers la porte de ma chambre que Maman avait laissée grande ouverte, je remarquai que la lumière du couloir avait été éteinte depuis que Maman était entrée me rejoindre. Je compris qu'Aline avait dû appuyer sur l'interrupteur plongeant le couloir dans la pénombre, permettant à une petite curieuse de jeter un oeil sur la scène se déroulant dans ma chambre... Je n'ai même pas cherché à alerter Maman qui ne devait même pas être dupe, sûrement. Diane aurait été là, elle aussi, je me serais sentie plus vexée.
C'était Aline qui devait jouer les espionnes, regardant Maman appliquer une méthode qu'elle avait elle-même subi la veille au soir... C'était presque comme une sorte de retour des choses, et d'ailleurs, dans mon "malheur", si j'ose dire, la seule chose qui me consolait un tant soit peu, c'était de penser qu'il y avait une logique dans le raisonnement maternel. Aline aurait été épargnée que j'aurais considéré ma fessée comme injuste. Sa déculottée de la veille, pour un motif similaire, et dont j'avais encore le bruit des claques et les pleurs de soeurette dans les oreilles, accréditait le discours maternel, et j'avais d'ailleurs eu bien conscience, depuis la veille au soir, que ma destinée était parallèle à celle d'Aline cette fois...

   
 Je me doutais bien qu'Aline, qui avait éteint la lumière du couloir,
devait être cachée dans la pénombre, et regarder Maman
me donner une fessée magistrale, déculottée comme elle la veille,
mais autrement plus appliquée : une fessée de grande !


Je ne voulais penser qu'à cet aspect des choses, parce que me persuader qu'il était "juste" que je sois fessée moi aussi, apaisait en partie ma rancoeur, et faisait que j'en voulais moins à Aline de regarder ma lune rougir, puisque je savais que cela lui rappelait forcément sa déculottée de la veille. Comme si, sur cet exemple là, il y avait une sorte de solidarité entre celles qui subissaient la (juste) colère maternelle...

En revanche, je suis sûre qu'Aline devait être impressionnée par une tannée qui était autrement plus démonstrative, longue et appliquée que la fessée qu'elle avait reçue la veille.

Quand Maman stoppa enfin cette claquée mémorable, je tombai à genoux, me recroquevillant, prostrée et haletante. Je ne bougeai plus pendant quelques secondes, Maman ne se relevant pas encore, et posant sa main sur ma tête comme pour me consoler.

 
Je tombai à genoux, prostrée un instant, 
m'accrochant aux genoux de Maman comme pour demander pardon, 
alors que son bras se posant sur mes épaules, semblait vouloir
me réconforter, une fois nos comptes ainsi réglés... 

"Allez, c'est fini, à toi de faire en sorte que je n'ai pas à recommencer...", susurra Maman, en me passant la main à nouveau dans les cheveux. Me redressant un peu, je m'accrochai à ses genoux avec mes bras, comme pour me blottir un instant. Maman entoura mes épaules en me serrant un infime moment, mais un moment réconfortant, qui me montrait qu'elle ne m'en voulait pas, qu'elle agissait "pour mon bien".

Elle se releva du bord du lit où elle était assise, me tirant vers le haut également. J'étais chancelante, la culotte encore en bas des jambes. "Allez, rhabille-toi, Christine. Tu n'as eu que ce que tu méritais... Cache-moi donc vite ces fesses toutes rouges..." 
Je pris conscience de ma semi-nudité et me penchai pour remonter culotte et pantalon de pyjama. 
Me voyant cacher à la hâte une lune écarlate, Maman ne put s'empêcher de rajouter avec un sourire en coin :  "Allez, c'est fini, ma chérie. Je ne veux plus les voir ces fesses... Enfin.... jusqu'à la prochaine fois..."   
La petite remarque me fit comme un pincement au coeur, ajoutée à toutes les promesses que Maman avait faites en claquant ma lune, promesses d'être encore plus surveillée à la rentrée, exigences de bonnes notes, promesses de ne rien laisser passer, autant de mots développant déjà chez moi de futures angoisses, et faisant que, les fesses encore écarlates, les mots de Maman me mettaient en tête qu'il y aurait assurément une "prochaine fois", voire des "prochaines fois" !


A SUIVRE

mardi 18 juin 2013

Chronique d'un redoublement : 60. Infaillible, la logique maternelle me ramène sur ses genoux...

SUITE 59

"Où est donc  Christine ? C'est comme ça qu'elle te surveille ?" demanda Maman à Aline. Ecoutant la conversation depuis le haut de l'escalier, je répondis : "Je suis là, M'Man, je venais de monter et j'allais me mettre en pyjama, comme tu as dit, puisqu'il est 7 h".

Je redescendis comme j'étais, donc sans m'être changée, en tentant de masquer mon angoisse et d'éviter de croiser le regard maternel.

"Bon, vous avez mis la table, c'est déjà bien. Le dîner est presque prêt, je n'ai plus qu'à réchauffer la soupe. Vous vous changerez après. On est moins pressées, il n'y a pas classe demain", ajouta Maman en allumant à feu doux sous la casserole de soupe, avant de me demander d'enlever le couvert de Diane, qui dinait chez sa copine.

Pendant que je rangeais l'assiette et les couverts, je vis Maman ramasser mon cartable qui était au pied du porte-manteau dans l'entrée, puis aller s'asseoir sur le canapé et ouvrir le cartable pour en examiner le contenu.

"Euh, M'man, euh, tu ch... euh, tu cherches quelque chose ?", interrogeai-je d'une voix hésitante.



Mal à l'aise, me tortillant les mains, 
j'écoutais les commentaires de Maman découvrant mon bulletin trimestriel... 


Mais, déjà, elle avait sorti le cahier de textes dans lequel était inséré, comme une feuille volante pliée en deux, le bulletin trimestriel...

 "Attends, attends, je, euh, je vais te montrer, et euh, je, euh, vais t'expliquer...", balbutiai-je.


Elle s'arrêta avant de déplier la feuille, me toisant de haut, puis émettant un long soupir, avant de poursuivre : "Du calme, Christine. Je sais lire un bulletin, et s'il y a des explications à donner, je te les demanderai... A ce que je vois, Christine, j'avais bien deviné tout à l'heure : je constate que tu n'es pas tranquille pour un sou, que tu as le regard fuyant des mauvais jours, et j'en déduis qu'il doit y avoir bien des choses à redire dans ce bulletin..."

 J'ai baissé la tête, ne pouvant nier l'évidence, alors qu'Aline me regardait avec de la compassion dans les yeux, doublée d'une pointe de curiosité, les choses allant dans le sens qu'elle avait prédit...


Maman se mit à lire le bulletin à mi-voix. Lorsque c'était correct ou à peu près bon, elle commentait : "Encore heureux que tu décroches la moyenne en redoublant". Une bonne note en maths : "C'est ce que tu devrais avoir dans toutes les matières". Quant aux appréciations du style : "Peut mieux faire", à l'évidence elles faisaient bouillir Maman, comme le "Fait des efforts, mais pas assez régulièrement", de la prof d'histoire géo, assorti des deux dernières notes de contrôle plus que décevantes. Et Maman d'embrayer : "Ce n'est pas possible Christine, si on n'est pas derrière toi en permanence, il n'y a pas moyen que tu travailles régulièrement".

J'avais esquissé quelques bouts de phrases, soulignant une bonne note, ou un progrès dans une ou deux matières, mais l'argument était balayé instantanément par Maman sous cette fameuse règle qui faisait, selon elle, qu'une redoublante aurait dû être en progrès partout, et non pas seulement où cela lui chante.

La cerise sur le gâteau devait être évidemment l'appréciation assassine de la prof d'anglais se demandant quand j'allais enfin me décider à travailler...

"Non, mais, Christine, franchement, tu cherches les ennuis. Ce n'est pas possible. Tu sais pourtant que Mlle Paule t'a particulièrement à l'oeil. Après tout ce que tu lui as fait voir l'an passé, cela ne va pas recommencer quand même... En tout cas, si tu avais oublié comment nous réglions ça à la maison, je vais te le rappeler après le dîner, ma fille...", conclut-elle en reposant le bulletin sur le meuble de cuisine, et en allant remuer la soupe qui commençait à bouillir.


Mes yeux s'embuaient en entendant Maman
annoncer ce qui m'attendait...

J'étais restée figée, n'osant rien dire, les yeux embués, retenant des sanglots qui montaient dans ma gorge, et murmurant simplement d'une voix quasi-inaudible de petits "Non, oh non, M'man, non".
 
Maman, dont la voix s'était radoucie, mais pas la détermination, me fit taire : "Oh si, Christine, si, tu sais bien ce qui t'attend..."
Me prenant par le menton pour que je relève la tête et plantant son regard noir dans le mien, elle m'enleva toutes les illusions que j'aurais pu avoir en ajoutant :  "Alors, arrête de chigner, cela ne changera rien... Tout ce qui te reste à faire, c'est préparer tes fesses, ma fille..."


Maman le confirmait clairement. 
Je n'avais plus qu'à préparer mes fesses...

Je gémis un instant, émettant comme une plainte sourde accompagnant les mots de Maman qui venaient d'annoncer la sentence. Ce n'était évidemment pas une surprise, et je n'allais quand même pas dire à Maman : "Bah, je le savais, je l'avais même dit à Aline tout à l'heure, et je suis sûre, comme elle, que tu vas me déculotter avant de me donner la fessée". Non, j'étais faite ainsi que tant que je n'étais pas sur les genoux maternels, je voulais croire au miracle, tout en sachant souvent que je n'y échapperais pas...


Je ne voulais surtout rien ajouter et je regardais Aline pour bien qu'elle se taise, pour qu'elle n'ait pas la tentation de rapporter à Maman ma réflexion émise tout à l'heure sur le coup de l'énervement et où j'avais dit : "la fessée, de toute façon, je m'en fiche, et j'ai même pas peur".

Je fis mes yeux suppliants, sentant qu'elle hésitait, heureuse surtout qu'il s'agisse d'Aline, car Diane aurait sûrement été ravie de jouer les cafteuses et chouchoutes, et soeurette effectivement ne rajouta rien.


La soupe étant chaude, Maman nous demanda de passer à table, et je n'eus même pas le temps de m'isoler un instant pour accuser le coup.
Maman nous servit presque comme si de rien n'était. Après la séquence explication, le verdict avait été annoncé, l'exécution programmée, et la vie continuait en quelque sorte, comme si on n'allait pas en plus gâcher le dîner parce que j'avais ensuite un rendez-vous sur les genoux maternels. C'était annoncé, réglé, programmé, et il n'y avait pas à y revenir ou à changer quoi que ce soit.

Je sentais ainsi combien la détermination maternelle était importante, et je comprenais qu'il ne s'agirait pas d'une fessée sous le coup de la colère ou de l'énervement, du style cinglant et nerveux, mais que Maman se préparait à me donner une fessée appliquée et exemplaire.

Le dîner à trois avait ainsi une étrange atmosphère. J'avais du mal à avaler un repas que j'aimais bien en général, avec la soupe maison au potiron, avant quelques petites pommes de terre sautées accompagnées d'une tranche de jambon, et du fromage blanc sucré en dessert.

Je ne disais rien, sauf pour répondre quand c'était vraiment nécessaire, et sans trop relever la tête. Seule Aline tentait d'alimenter la conversation, quitte à ramener Maman sur des considérations dont je me serais bien passée. Ma soeur se fit préciser quel film allait voir Diane, donnant l'occasion à Maman de lui répondre qu'elle n'en aurait pas été privée si elle avait bien travaillé. Et d'ajouter, moralisatrice : "C'est comme ça ici,quand on travaille bien, on est récompensés. Et quand on travaille mal, on reçoit une bonne fessée, comme je t'en ai donné une hier soir, Aline. Et comme ta grande soeur va en recevoir une, ce soir..."

Je m'entendis geindre, comme par réflexe : "Non, Maman, non, je veux pas..."  Mais j'aurais mieux fait de me taire, Maman en rajoutant une couche : "Christine, ce n'est pas toi qui commande dans cette maison. Et ne fais pas la comédie de la demoiselle qui tombe des nues... J'ai bien vu que tu savais ce qui t'attendait, déjà tout à l'heure en rentrant, rien qu'à la mine que tu faisais. Hier soir, Aline a ramené un mauvais bulletin et je lui ai donné la fessée qu'elle méritait. Et toi, ce soir, c'est ton tour. Mauvaises notes, bonne fessée, c'est ainsi, ma fille... Et en plus, toi, tu es redoublante, c'est donc encore plus inadmissible, alors je peux te dire que ça va barder pour tes fesses..."

Je n'avais rien osé répliquer. J'avais pourtant un bulletin moins pire que bien des autres de l'année précédente, mais je comprenais que discuter n'aurait fait qu'énerver davantage Maman. Je savais bien que, cette année une note passable ne suffisait pas, qu'il ne fallait pas attendre une quelconque clémence, surtout quand les appréciations des profs affirmaient que je ne faisais pas assez d'efforts...


Dans la logique maternelle, le fait d'avoir donné la fessée
à Aline la veille au soir, pour un mauvais bulletin,
entrainait à l'évidence un traitement similaire pour son ainée
si celle-ci avait des résultats décevants aussi...  


Et puis, il y avait cette logique maternelle, qui se voulait juste et proportionnée au cas de chacune. Aline, la veille au soir, avait subi les foudres maternelles pour des résultats insuffisants. Peut-être que, même si elle n'avait été que grondée en paroles, j'aurais craint pour mes fesses, du fait d'une attente différente de la part de Maman envers son aînée, redoublante de surcroit. Mais, Aline s'était retrouvée sur les genoux maternels, culotte baissée, pour une fessée plutôt marquante pour une encore gamine. Alors, quoi que j'ai joué l'étonnée devant Maman, je ne doutais pas, dès que j'ai eu connaissance du contenu de ce bulletin et de l'appréciation de la prof d'anglais, que mon sort était scellé, que je n'y échapperais pas...

La fessée d'Aline entrainait, au nom de cette logique, la fessée de Christine. Même le fait que j'ai réussi à y échapper depuis un mois et quelques jours n'était pas un argument recevable, dans cette logique maternelle. J'aurais pu plaider : "Regarde, Maman, j'ai été sage depuis des semaines, je ne t'ai pas fâchée, sois compréhensive". Au contraire, dans son esprit, cela devenait : "Je t'ai laissé trop la bride sur le cou, je me suis laissée endormir par quelques notes moyennes, alors que tu n'en faisais encore qu'à ta tête dans d'autres matières..."
Bref, là où j'avais envie de dire : "Cette période sans fessée, c'est la preuve que je m'assagis", Maman, de son côté, devait se dire au contraire : "Voilà le résultat : quelques semaines sans fessée, et ma fille recommence à n'en faire qu'à sa tête. Il est grand temps que je réagisse... Je vais rattraper mon retard, et dès ce soir..."

En tout cas, chacun savait autour de cette table que mon destin était écrit, et que j'allais prendre le relais d'Aline sur les genoux maternels...


En me levant de table, envoyée dans ma chambre 
pour "attendre" Maman, je frissonnais déjà du bas du dos,
imaginant bien ce qui m'attendait...

Le diner fini, Maman demanda à ma soeur de débarrasser, et elle m'envoya en haut : "Allez, Christine, monte donc faire ta toilette, et te mettre en pyjama... Je vais venir m'occuper de toi..."

C'était tellement évident que je n'ai pas bronché, me levant de table et quittant la pièce, sans un mot, tête basse, sans même tenter un regard implorant vers Maman, consciente que cela ne ferait que l'irriter davantage...

L'ordre avait été donné sans hausser le ton, comme si c'était naturel, comme un déroulement normal ou classique d'une soirée familiale. Il est vrai qu'il n'y avait pas classe le lendemain, ni devoirs à faire, ni horaires à respecter. Il y avait juste une fessée à donner, mais même cela n'était pas extraordinaire, puisque c'était comme la veille, seule la punie changeant...

Je comprenais donc que Maman n'était pas pressée comme souvent, mais je ne savais pas au fond de moi si c'était un mal ou un bien...  Mijoter c'est toujours pénible lorsque l'on sait que l'on n'échappera pas à la tannée promise, mais c'est aussi comme un peu de temps de gagné avant de subir ce que l'on redoute...

Avec, quand même, cette fois, le petit détail particulier du fait que, quitte à recevoir la fessée, je voulais surtout que ce soit avant le retour de Diane. Il restait encore une bonne partie de soirée, mais une petite partie de moi en arrivait à souhaiter que Maman ne tarde pas trop. Cela dit, bien sûr, jamais je n'aurais été jusqu'à lui demander d'accélérer la manoeuvre, trop contente de rajouter quelques minutes de plus de repos à mon bas du dos...

Aline et Maman étant toujours en bas quand je passai à la salle de bains, je pris mon temps, allant pour une fois jusqu'à m'attarder devant l'image que me renvoyait la grande glace. J'avais souvent tendance à détourner les yeux, à me sentir gênée presque de mon seul regard sur mon corps.

Là, il n'y avait pas de petite soeur pour surprendre mon moment de curiosité, et je pus jeter un oeil insistant sur mon bas du dos avant de mettre mon pyjama.
Je regardais ma lune bien blanche, partagée entre l'angoisse de savoir qu'elle allait bientôt rougir, et une sorte de fierté de me dire qu'elle avait été épargnée depuis cinq bonnes semaines...


Seule à l'étage, j'eus l'étrange sensation, comme une sorte de besoin,
de regarder un moment ma lune, d'en sentir la fraicheur sous ma main,
d'en scruter l'épiderme encore blanc,
épargné depuis un bon mois, mais qui allait ce soir
rougir à nouveau sous la dextre maternelle...

Je posai la main de façon presque timide sur chacune de mes fesses, ressentant leur fraicheur, et j'en frissonnai. J'en eus la chair de poule... 
Je retirai vite ma main, avec une étrange impression qu'il ne fallait pas que j'effleure à nouveau mon épiderme, comme si cela allait y laisser des traces, comme si Maman aurait pu s'en apercevoir...
Je scrutai à nouveau mon reflet dans la glace, regardant encore cette mappemonde immaculée. Je pensai que c'était ce que Maman allait découvrir tout à l'heure, avant de la rougir longuement. Rien que cette idée me fit battre le coeur, monter l'angoisse, et mes yeux s'embuèrent. Je n'eus plus qu'une envie, c'est de cacher ma lune et j'enfilai mon pyjama, heureuse de sentir une étoffe protectrice sur ma peau encore blanche....

Je retournai dans ma chambre, sans refermer la porte derrière moi, pour ne rien manquer des allées et venues, et entendre quand Maman monterait ou m'appellerait...
Il n'y avait pas de devoirs à faire, ni de leçons à réviser, puisque c'était veille de premier jour de vacances. Je n'aurais donc pas à montrer si j'avais fait mon travail, et j'aurais pu jouer ou lire à ma guise, en attendant... Pour me changer les idées...
Mais, je n'avais pas la tête à ça...  Impossible de penser à autre chose, tout mon esprit était obnubilé par une seule perspective, cette fessée que j'allais recevoir...
 


Maman, en effet, n'était pas pressée en ce soir de fin de trimestre scolaire. Elle envoya Aline dans sa chambre, se mettre aussi en pyjama, en lui précisant qu'elle pourrait, à condition d'être calme, veiller jusqu'au retour de Diane. "Je peux aller jouer avec Christine ?", demanda ma soeur, mais Maman rétorqua : "Oh, ce n'est vraiment pas le moment. Laisse donc ta grande soeur tranquille. Tu sais bien que nous allons avoir, elle et moi, une petite discussion... Comme celle que nous avons eue hier soir, Aline..."


Je guettais la conversation et entendis Aline tenter d'en savoir plus : "Christine va avoir la fessée, hein ?"  Maman acquiesça avant de la ré-expédier dans sa chambre : "Oui, c'est bien cela, Aline, une bonne fessée pour Christine, comme je t'ai donné une bonne fessée, hier soir, ma chérie... Parce que Maman ne rigole pas avec les résultats scolaires... Ici, les enfants qui ne travaillent pas bien n'ont qu'à préparer leurs fesses, et j'en connais une, là-haut, qui sait bien ce qui l'attend... Alors, laisse ta soeur tranquille dans sa chambre... Elle n'a sûrement pas le coeur à jouer..."

Aline monta et s'arrêta à l'entrée de ma chambre, avec un regard plein de compassion, mais où je devinais deux yeux qui semblaient pétiller d'impatience. D'un ton consolant, elle me répéta à sa manière ce que j'avais entendu en tendant l'oreille : "Maman va bientôt venir. Elle a l'air fâchée. Elle a dit qu'elle allait baisser ta culotte et te donner la fessée". 
Elle ne put s'empêcher de me faire une petite grimace et de tortiller un instant son bas du dos, désignant ainsi la partie de l'anatomie que je devais me préparer à présenter à Maman...




Jusque-là compatissante, Aline ne s'est pas privée
de se moquer un instant de moi,
pas mécontente que mon tour arrive... 
et que je reprenne le relais pour ainsi dire !

 

J'avais envie de lui répondre : "Non, ce n'est pas vrai, elle n'a pas dit qu'elle allait baisser ma culotte, c'est toi qui invente..." Mais je me doutais bien qu'elle avait raison, non pas quant aux propos maternels, mais quant à ce qui m'attendait, puisque Aline, elle-même, avait été déculottée, la veille au soir, et que Maman, depuis qu'elle avait senti que j'avais quelque chose à me reprocher, avait fait référence à la fessée d'Aline, me promettant de recevoir "comme ma soeur"

Maman vaqua tranquillement à ses occupations ménagères, profitant du calme de la maison pour mettre de l'ordre en bas, puis ranger dans les différentes armoires du haut du linge qu'elle avait repassé l'après-midi.
J'étais allongée sur mon lit, prostrée, lorsqu'elle rapporta un peu de linge dans ma commode, avant d'aller dans les autres chambres. 


Allongée sur mon lit, incapable de faire autre chose qu'attendre,
les pensées obnubilées par la fessée promise,
j'eus le coeur qui se mit à battre encore plus fort quand Maman redit
d'une voix calme : "Ne t'inquiète pas, Christine, j'arrive bientôt, ma fille..."


Elle ressortit en disant d'un ton détaché : "Je ne t'oublie pas, Christine. Tu sais que Maman tient toujours ses promesses. Ne t'inquiète pas, j'arrive bientôt, ma fille..."
Moi, en fait, ce qui m'inquiétait, ce n'était pas qu'elle n'arrive pas, mais justement la certitude que Maman allait venir... Bientôt...
 

Dix minutes plus tard, quand je la vis repasser devant ma porte, puis aller voir si Aline s'occupait tranquillement, je compris que mon heure était venue...  Maman prévint d'ailleurs ma soeur : "Continue de lire calmement. Je vais m'occuper de Christine..."

Je me suis vite relevée du lit, allant me poster près de la fenêtre, faisant semblant de regarder dehors, alors qu'il faisait déjà noir.

Maman entra dans la pièce et vint immédiatement s'asseoir au bord de mon lit, en tapotant ses genoux, tout en disant : "Allez, Christine, viens donc voir ici..."

Je restai figée, bloquée le dos au mur, implorant : "Maman, je t'en prie, je te promets que je travaillerai mieux. Et puis, je peux t'expliquer pour les notes..."

Maman me coupa : "Christine, ça suffit. On ne va pas discuter. C'est trop tard, tu le sais bien... Allez, viens ici... Ne me fais pas aller te chercher..."
 
Le ton était vif et impressionnant. Et quand elle se pencha en avant comme si elle allait se relever pour venir m'attraper, je bougeai enfin, comme un automate, m'approchant de Maman, en suppliant : "Non, Maman, non, pas la fessée, pas la fessée..."

"Mais, si, ma fille, mais si, la fessée, ma fille...", rétorqua-t-elle du tac au tac, en me saisissant par le bras et m'attirant pour me basculer en travers de ses cuisses.

Ma main droite réussit à se plaquer sur mon fond de pyjama avant même que Maman ne cherche à le baisser. Mais, immédiatement, elle décocha une claque qui tomba sur le dos de ma main et me fit pousser un petit cri et lâcher prise. Maman en profita pour me bloquer l'avant-bras derrière mon dos, m'empêchant toute nouvelle manoeuvre d'échappatoire...




La main qui avait tenté de protéger mes fesses, se retrouva
bloquée dans mon dos, Maman pouvant me déculotter à sa guise
et exposer pleinement ma lune encore blanche...

Me maitrisant parfaitement, Maman entreprit alors de remonter ma veste de pyjama, puis de dégager mon pantalon à hauteur des genoux, avant de faire glisser ma culotte vers le bas. Je gémis longuement à mesure que l'étoffe dévoilait ma lune, Maman dégageant bien la future cible, baissant ma culotte à mi-cuisses, tant derrière que devant...

J'avais le coeur qui battait à cent à l'heure et je geignais ajoutant des "Non, non, oh non" qui n'obtinrent aucun écho d'une mère qui achevait ses préparatifs, comme avec une minutie rare, très calme et déterminée...

Je sentais ma lune à l'air, un peu comme tout à l'heure dans la glace, mais là elle tremblait de peur... Je tendais déjà le dos, mais Maman prit son temps pour bien rééquilibrer sa position, pour rééquilibrer la mienne aussi. J'avais la gorge nouée et les larmes qui montaient aux yeux, avant même la première claque...

Je sentis Maman prendre une longue respiration, deux fois de suite, comme au départ d'une course ou comme avant d'entrer en scène... 
"Alors, Christine, on fait moins la fière... Tu vois, Maman tient toujours ses promesses, et tu n'auras pas préparé tes fesses pour rien..." 
Je suppliai encore : "Maman, non, je t'en prie... Pas la fessée"
Elle soupira : "Arrête de geindre, Christine. Ah, cela faisait longtemps que je ne m'étais plus occupée de tes fesses. Et j'ai bien eu tort quand je vois ton bulletin... J'aurais dû sévir plus tôt... C'est à croire que cela te manquait, Christine... Mais, ne t'inquiète pas, Maman va rattraper son retard, puisque Mademoiselle ne comprend que cela, que la fessée, la bonne fessée déculottée. Eh bien, ma fille, si tu avais oublié, je vais te rafraichir la mémoire, moi... Voilà des fesses qui sont bien blanches depuis trop longtemps. Je ne vais plus les faire attendre..."




Maman avait pris le temps de me sermonner une dernière fois,
 de bien me rappeler pourquoi j'étais sur ses genoux,
culotte baissée, prête à recevoir la fessée...

Et la première claque tomba, sèche et sonore, ravivant ma mémoire, achevant plus de cinq semaines de sursis, me ramenant à mon sort de grande fille méritant encore d'être corrigée comme une gamine...

A SUIVRE