samedi 24 novembre 2012

Chronique d'un redoublement : 51. Deux nuits hantées de rêves angoissants

SUITE 50

Meux valait en effet m'endormir après un baiser maternel que les fesses écarlates... Et j'ai apprécié particulièrement ce "Bonne nuit, ma chérie. Fais de beaux rêves", doublé d'un gros câlin d'une Maman qui ignorait les "exploits" de sa fille ainée...

J'avais juste une fraction de seconde pensé que j'aurais dû à ce moment précis soulagé ma conscience, et dire à Maman : "Faire de beaux rêves, j'aimerais bien, mais il y a quelque chose qui me chagrine, qui me reste sur le coeur, et que je voudrais bien te confier, à condition que tu ne te fâches pas". Mais, je savais bien que ce n'était pas possible, et je me suis abstenue, contrariée tout de même d'avoir ce problème de conscience...



Et j'ai eu du mal à m'endormir, me tournant et retournant, analysant la situation, sans pouvoir penser à autre chose que le fait que j'étais dans une impasse. Même si la petite voix tentatrice me disait qu'après la fessée d'Aline, ce n'était pas le bon jour pour provoquer un second orage dans la même soirée, et que je devais être contente d'avoir déjà gagné une journée, et qu'il ferait jour demain...

Mais, le "Fais de beaux rêves" de Maman revenait aussi et m'entraina, comme souvent en ce genre de situations, sur le chemin des cauchemars. L'un d'entre eux me fit me réveiller en pleine nuit, et je dus rallumer ma lumière, boire un verre d'eau, avant que ses images ne quittent ma tête...





Je venais de rêver que Maman était assise dans le salon, sur une chaise face au canapé et à la porte du couloir. Sur le canapé étaient assises mes soeurs et Tata Jacqueline, les yeux grand ouverts. Et moi, moi j'étais étendue en travers des genoux maternels, short et culotte baissés jusqu'aux mollets, attendant une fessée imminente...
Magie ou horreur du rêve, j'étais à la fois en position disciplinaire, tout en voyant la scène comme si j'étais juste à côté de Maman. Ce qui me donnait une vue imprenable sur mon propre dos. J'avais l'impression que ma lune était grande et rebondie, sans commune mesure avec les petites pommes d'Aline. Maman m'avait bien équilibrée et sa main droite était posée sur ma mappemonde postérieure comme pour juger de la fraicheur de mon épiderme, comme pour jauger la tâche à accomplir.
J'étais étrangement calme, résignée, ne gigotant pas le moins du monde, comme acceptant dans ce cauchemar ce que je combattrais forcément dans la réalité.
Maman semblait satisfaite, prête à laisser sa main droite entrer en scène, quand la porte du salon s'entrouvrit encore, laissant pénétrer la boulangère et sa vendeuse !
"Asseyez vous donc, Mme Breton, et toi Noémie aussi. Il reste deux chaises à côté de la commode. Vous arrivez juste à temps, je vous attendais pour commencer...", lança Maman en accueillant les visiteuses.
Personne ne semblait surpris de cette arrivée, comme si elle avait été prévue, et je ne protestais même pas, tournant la tête vers les arrivantes avec un petit sourire poli comme si je leur disais bonjour.
Noémie et Mme Breton assises, Maman redressa la position de son dos, re-vérifia que j'étais bien en équilibre, commentant pour son auditoire : "Voilà, on va pouvoir passer aux choses sérieuses. Comme je vous l'avais dit, quand elle n'est pas sage, ma grande fille reçoit de bonnes fessées bien méritées. Et bien sûr, pour que les claques fassent leur effet, je lui baisse sa culotte... Mais, assez parlé, vous n'êtes pas venues pour m'écouter donner un cours théorique. Je vais donc vous montrer ce qu'il en retourne. Comme ça, vous saurez de quoi je parle quand je menace mes filles de m'occuper de leur cas en rentrant à la maison..."
Noémie et Mme Breton acquiesçait : "Faites donc, je vous en prie. Ne faites pas trop attendre cette demoiselle", répliqua la boulangère, avec un petit sourire aux lèvres.
"Alors, puisque tout le monde est bien installé, allons y. Tu es prête, Christine ? Tu te rappelles pourquoi je vais te donner la fessée ?", interrogea Maman, et je m'entendis répondre, dans ce drôle de cauchemars : "Oh, oui Maman, je suis prête à recevoir une bonne fessée pour avoir chahuté en classe et récolté deux heures de colle". Et la main de Maman commençait à tomber, à la fois sur ma lune et sous mes yeux, où je voyais la paume maternelle rebondir et rebondir...

Mon cauchemar s'était arrêté là, je m'étais réveillée en sursaut, en gémissant, la main posée sur mes fesses comme pour me protéger...

Inutile de dire que j'avais passé une mauvaise nuit et que la journée suivante avait été pénible, ayant su dès mon arrivée au collège, que les enveloppes d'avis de colle n'étaient pas parties la veille, mais seraient postées le jour-même.

Si je tenais ma langue, cela me laissait une journée de répit, une journée pour jouer les innocentes, et surtout oublier ce cauchemar affreux et invraisemblable de par sa mise en scène, même si je savais que, concrètement, la fessée qui m'y était donnée n'était pas que de l'imaginaire, mais plutôt de l'anticipation.

Je rentrai le soir à la maison, sans crainte, hormis la possibilité que Maman ait rencontré ma prof, mais c'était peu probable.

La soirée passa sans problème, il est vrai qu'entre les cours de danse des petites, les courses de Maman à ranger, le passage rapide de Tata, je pus aisément jouer les innocentes sans être soupçonnées, sans que Maman ne subodore une entourloupe, même si, depuis la veille, il me semblait qu'elle se posait des questions à propos de ma gentillesse plus démonstrative que d'habitude... Une mère attentive a souvent de bonnes intuitions en la matière...



Cette seconde nuit depuis mon chahut en cours de maths fut un peu moins agitée, et le câlin maternel avait été autant apprécié que la veille, avec ce petit supplément d'une sensation que j'avais à nouveau gagné 24 heures, et que c'était dans ma tête une grande satisfaction.

J'essayai d'évacuer de ma tête le cauchemar de la veille, qui tentait de s'imposer à nouveau. Je me focalisai surtout sur la journée du lendemain, en me disant qu'il valait mieux que je prépare mes arguments puisque ce serait à coup sûr le jour J...

Je pensai donc moins à la boulangère et à sa vendeuse qui avaient peuplé mon cauchemar, et je pensai surtout à cette journée à venir, tentant de trouver comment je pourrais avoir une note géniale qui atténuerait la découverte de ma colle...

Peut-être en maths, essayai-je de me persuader, puisque nous avions à nouveau deux heures de cours le lendemain. J'y songeai toute la nuit, me faisant des films, des rêves moitié éveillés, où je décrochais trois 20 sur 20 dans la même journée.




Je me voyais ensuite, à la fin des cours, attendre l'enseignante de maths à la sortie de la salle des profs, près des casiers, et lui demander d'écrire un mot dans mon cahier de correspondance pour dire à Maman que j'avais eu des résultats exceptionnels. Mais, le rêve retombait dans le cauchemar, et la prof refusait, en me disant que les notes seraient dans le carnet mensuel et qu'il n'y avait pas à en parler avant.
J'insistais en vain, mais la prof n'était pas dupe : "Christine, même des bonnes notes ne rattrapent pas le fait que tu aies chahuté l'autre jour, et tant pis si ta Maman se fâche".
Puis, dans ce nouveau cauchemar, je voyais la prof regarder sa montre et me désigner la sortie : "Allez, Christine, il est temps de rentrer. Il ne faudrait pas que tu sois en retard en plus. Le facteur a dû passer chez toi, et je pense que ta Maman t'attend..." Et, toujours dans ce cauchemar demi-éveillé, la prof en m'accompagnant vers l'escalier de sortie, avait remonté l'arrière de ma jupe, tapotant furtivement à deux reprises le bas de ma lune, en disant avec un air moqueur : "Tiens, voilà deux belles joues qui vont être à la fête ce soir... Rentre donc vite à la maison, ta Maman va bien s'occuper d'elles, c'est sûr..."
Nul ne savait encore, à ce moment de la seconde nuit, qu'un bulletin de colle au courrier allait me valoir de sérieux ennuis, mais en deux nuits de cauchemar, je m'étais donc déjà vue déculottée devant famille et boulangerie réunis, et j'avais même imaginé ma prof parfaitement au courant...

Autant d'angoisses qui n'auraient pas eu lieu si j'avais avoué d'entrée, mais la sensation d'être encore les fesses blanches demeurait une sorte de consolation, voire de fierté dans ma tête de linotte...


Le matin du jour J, je me fis une fois encore transparente, gentille et serviable, pour éviter tout reproche. Lors de la récréation, je révisai mes leçons, ce que je ne faisais jamais, dans l'espoir d'une note miraculeuse. Et, à midi, en rentrant déjeuner, j'étais bien contente que le facteur ne soit pas encore passé jusque dans notre rue... Cette dernière était au milieu de sa tournée, et selon ce qu'il avait à distribuer, il passait juste avant ou peu après sa pause déjeuner. Mais, apparemment, là il n'était donc pas encore passé, ce qui était moins rassurant que s'il était passé sans rien apporter venant du collège...
Jouant encore les ainées modèles durant le déjeuner en famille, je repartis au collège, où j'appris par Martine, une camarade qui avait été collée en anglais, que l'enveloppe était arrivée chez elle, dans un quartier voisin du nôtre, à midi. Voilà qui ne faisait plus de doute : le facteur avait bien les enveloppes à distribuer, et ce serait chose faite dans notre rue aussi, comme souvent en début d'après-midi...



Cela me mit un sale coup au moral, et j'en perdis même une part de mon envie de décrocher la note miracle qui serait un bouclier ou du moins un atténuateur de fessée...
Je quittai le collège à la fin des cours, la mine défaite, la tête basse, en pensant que, cette fois, je cheminais vers mon destin, que ce qui m'angoissait depuis deux jours et deux nuits, allait sans nul doute trouver son épilogue et que, comme mon second cauchemar le faisait dire à la prof de maths, j'étais en train de ramener à la maison "deux belles joues" encore blanches, dont Maman allait sérieusement "s'occuper"...


En arrivant à la maison, Aline était dans le jardin, comme si elle m'attendait, les bras croisés, et avec un petit sourire en coin qui ressemblait à celui que j'avais imaginé sur les visages de Mme Breton et de sa vendeuse dans mon premier cauchemar...
"Maman est partie accompagner Diane chez le dentiste. Ton goûter est sur la table de la cuisine. Elle a dit que tu devrais faire tes devoirs en attendant qu'elle rentre. En tout cas, elle avait l'air en colère...", se fit un plaisir de me rapporter ma chère petite soeur, qui avait l'air aux anges.
"Elle t'a dit pourquoi ?", m'inquiétai-je, espérant qu'Aline n'en sache pas plus. Ce n'était pas le cas, hélas. Et sur un air moqueur qu'elle pouvait d'autant plus afficher que maman n'était pas là, Aline rétorqua : "Il y a une lettre du collège sur la table, à côté de ton goûter. Maman a dit que tu avais encore fait le clown en classe et que tu allais voir ce qui arrive aux chahuteuses..."
Je haussai les épaules et jouai les incrédules, tentant de cacher la trouille qui me faisait comme une boule dans le ventre. Je me hasardai à faire croire que j'étais confiante : "Pfff, c'est même pas vrai, parce que moi, je vais lui expliquer à Maman ce qui s'est passé et elle comprendra, tu verras. Et tu peux bien te moquer alors que, toi, il y a deux jours, tu as eu une bonne fessée. Moi, je vais te dire, c'est pas encore fait..."
J'ai tourné les talons pour rentrer prendre mon goûter et surtout voir la fameuse enveloppe, qui était bien là, sur la table de la cuisine. Aline était rentrée derrière moi, certainement pour voir ma tête. 
Le bulletin de colle avait été sorti de l'enveloppe et était étalé sur la table. Le motif était bien celui que j'avais vu la prof écrire :  "Bavarde au lieu de suivre le cours, et chahute derrière le dos de son professeur". J'eus plus de mal à afficher un visage ne trahissant pas mon angoisse, et je sentais que les larmes étaient prêtes à me monter aux yeux...
"Tu as vu ? Tu as vu ?" , demandait, insistante, Aline. Je rétorquai juste d'un "Pfff, c'est rien, je te dis..."
Mais quand Aline dit d'une petite voix presque rieuse : "C'est rien, c'est rien, c'est pas ce que disait Maman tout à l'heure. Je peux te dire qu'elle avait l'air fâché, et qu'elle a ajouté : j'en connais une qui peut préparer ses fesses..."
Je ne dis plus rien, et je finis mon verre de lait, avant de quitter la cuisine en prenant ma part de gâteau pour aller la finir dans ma chambre. J'aurais eu envie de gifler ma soeur, mais sachant qu'elle se plaindrait, et que ce n'était pas le moment de compliquer ma situation, je grimpai les escaliers, en entendant derrière moi la petite voix d'Aline, qui répétait en se retenant de pouffer : "Moi aussi, je sais qui c'est qui peut préparer ses fesses, c'est Christine, c'est Christine, et c'est bien fait pour elle, na, na ,na !"
J'avais, hélas, compris moi aussi que s'il y avait une lune en danger ce soir là, c'était bien la mienne...

A SUIVRE

dimanche 11 novembre 2012

Chronique d'un redoublement : 50. Quand les genoux maternels me font reculer...

SUITE 49


Maman avait achevé la fessée d'Aline par une dernière salve de claques très sonores qui avaient arraché de vrais cris à ma soeurette, toujours encline à forcer le volume sonore, mais qui, à ce moment de la tannée, n'étaient plus feints du tout.

Je reconnaissais, même jusque-là, la "patte" maternelle, sa façon de faire, ponctuée par un final tonique comme pour l'achever sur une bonne "impression", comme pour répéter une dernière fois son message, et faire comprendre qu'elle ne plaisantait pas et que l'on avait intérêt à se souvenir de sa fessée, si l'on ne voulait pas se retrouver en si fâcheuse position...


Aline s'en souviendrait certainement la prochaine fois qu'elle aurait la tentation de se montrer à nouveau dissipée en cours, et elle allait sûrement se tenir à carreau avec son institutrice, pour éviter d'autres confidences de cette dernière se plaignant à Maman.

Et l'appréciation sur la conduite d'Aline, dans le prochain bulletin, serait certainement du style : "En progrès, Aline se montre plus attentive". Une de ces formules classiques, mais qui ne manquerait pas de contenter Maman, et de lui faire songer que la fessée avait fait son effet, voire se demander si elle n'aurait pas dû sévir un peu plus tôt...

Ce que Maman ignorait, c'est que la fessée d'Aline allait rester gravée aussi dans la mémoire de son ainée...

En quittant la chambre des petites, Maman avait vérifié que j'étais bien en train de faire mes devoirs. En tout cas, j'avais prudemment ouvert un cahier et un livre devant moi, même si mon attention était moins dans la révision de mes leçons que dans l'écoute de ce qui se passait à côté.

Maman m'avertit qu'elle regarderait mon travail après le dîner, mais je savais qu'elle n'aurait rien à redire, car je ne voulais surtout pas lui donner de nouveaux griefs contre moi, et puis, signe encore de l'efficacité des méthodes maternelles, quelle que soit la punie, un soir de fessée, il était bien rare que les deux autres ne fassent pas l'impossible pour apparaitre d'une sagesse exemplaire.

Face à une mère qui avait jugé mon 13 sur 20 comme à peine suffisant pour une redoublante, et sans autre joker à jouer pour faire passer la pilule des deux heures de colle, je savais que mieux valait faire profil bas, et attendre le moment idéal, en commençant à être persuadée qu'il n'y en aurait pas...

En tout cas, même si j'avais eu encore un soupçon d'espoir, la fessée d'Aline avait "refroidi" mes ardeurs de sincérité, et "réchauffé" une imagination qui me voyait déjà déculottée et rougissante du bas du dos...

Si encore, Maman avait, comme souvent pour moi, agi au moment du coucher, j'aurais pu tenter de m'endormir quitte à cauchemarder en me repassant images et sons de la séquence d'Aline. Mais, il y avait le diner à venir, les devoirs à montrer, les douches à prendre, les rituels du coucher, tout cela avant de pouvoir se consoler en se disant que l'on a au moins gagné quelques heures avant ce qu'il fallait bien appeler l'inéluctable...

La soirée, comme il fallait s'y attendre, remit plusieurs fois la fessée d'Aline sur le tapis. Ma soeur était restée sur son lit, pleurnichant en continu, cachant ses larmes dans ses mains, et n'ayant plus la moindre envie de croiser nos regards.



Quand Maman l'appela pour diner, elle dût s'y reprendre à deux fois, mais la petite phrase qui fit bouger ma soeur ne laissait guère le choix de continuer à faire sa mauvaise tête : "Aline, je ne vais pas le répéter une troisième fois... Descends tout de suite, si tu ne veux pas que je remonte m'occuper de tes fesses..."

Diane, de son côté, se montrait obéïssante à l'excès, anticipant les demandes maternelles, cherchant les compliments, bref "fayotant" pour se faire passer pour le petit ange de la famille.



Maman n'était pas dupe, mais cela l'arrangeait tout de même qu'au moins une des trois soit tranquille. Diane ne manquait pas de relancer Maman sur ce qui s'était passé, et cette dernière, une fois que nous fûmes à table, réexpliqua la raison de ce qui l'avait fâchée : "Je veux bien comprendre parfois que vous n'ayez pas que des bonnes notes. Mais, à condition que vous ayez travaillé. Je ne supporte pas que l'on ne soit pas attentive en classe. Il y a un temps pour jouer, un pour travailler. Et, quand on confond les deux, Maman est là pour vous rappeler à l'ordre. Et rien de telle qu'une bonne fessée pour calmer les élèves dissipées, n'est-ce pas Aline ? J'espère que c'est bien compris..."

Ma soeur a piqué du nez dans son assiette, rougissant en grommelant un petit "Oui, Maman, snif, snif !" sur un ton plaintif. Ce sur quoi, Maman rajouta : "Et ce que je dis pour Aline est, bien sûr, vrai pour toutes les trois, vous vous en doutez bien, Christine et Diane... Il y a des sujets avec lesquels je ne transige pas, et vous le savez bien..."

Même si elle ne l'avait pas précisé, nous l'avions bien compris. Surtout moi, évidemment... Et ces paroles ne faisaient que confirmer mon angoisse. Je n'en étais même plus à me demander comment j'y échapperais, mais plutôt à me tirailler entre une (vague) idée qu'avouer tout de suite serait moins pire, et au moins me débarrasserait de cette peur, et une musique plus insistante encore qui conseillait de gagner du temps, mais les deux petites voix qui se faisaient écho dans ma tête avaient bien conscience qu'avec un tel raisonnement maternel, la chahuteuse collée n'avait qu'à préparer ses fesses...

Aline venait d'être punie pour avoir été "dissipée" en classe. Une grande soeur, qui plus est récidiviste en la matière, ne pouvait s'attendre à moins pour avoir "bavardé" et "chahuté" dans le dos de son professeur.
  
Et je n'avais même plus ma plutôt bonne note pour faire diversion face à une mère dont le raisonnement semblait sans faille. En tout cas, je ne me voyais pas le courage d'en parler au cours de cette soirée, sachant qu'après avoir dit et redit devant ses trois filles qu'elle ne tolérerait jamais que l'on soit indisciplinée en cours, Maman ne se déjugerait pas et aurait même eu tendance à théatraliser le second acte de sa démonstration...

Mieux valait, à mon sens, bien sûr, ne rien dire et attendre l'arrivée du bulletin de colle, vraisemblablement au courrier du surlendemain. Un instant, j'avais pensé que je pourrais avouer le lendemain, faire croire que cela venait de m'arriver, mais comme il n'y avait pas de maths le jour en question, cela n'aurait pas dupé Maman.

J'avais donc deux jours devant moi, voire trois, si par chance il y avait du retard dans le courrier, mais en même temps je n'arrivais pas à m'ôter de l'esprit que la cause était entendue, et que je ne m'en sortirais pas sans une nouvelle fessée...
 


Et comment ne plus y penser, quand les mots de Maman tournent en boucle dans votre tête ? Il allait en plus falloir donner le change, cacher mon trouble, ne pas risquer que Maman se doute de quelque chose, elle qui, si souvent, savait comme lire dans mes pensées...

Après le dîner, c'était à moi de prendre ma douche, pendant que Maman mettait les petites au lit, et vérifiait devoirs et cartables.

Je prolongeai un peu mon passage dans la salle de bain, histoire de bien me composer un visage d'innocente, voire d'enfant sage.

En revenant dans ma chambre, Maman avait déjà couché les petites, qui filaient droit en ce soir de fessée d'Aline, et elle m'attendait dans ma chambre, assise et occupée à regarder mon manuel d'histoire. Elle avait les jambes croisées, le genou dégagé par la jupe qui avait glissé légèrement, et l'image me fit sursauter. Elle se grava dans ma tête, comme si elle symbolisait ma prochaine destination... J'en pâlis...

"Il y a quelque chose qui ne va pas, Christine", demanda Maman en me voyant figée devant elle. Je marquai un temps avant de répondre, prétextant que mon pyjama me grattait au niveau du cou, et je me mis à me frotter pour que mon trouble ne soit pas démasqué.

Maman voulait me faire réciter ma leçon d'histoire. Je la savais par coeur, et j'eus même droit à des compliments : "Tu vois, que quand tu veux, ça va bien", commenta-t-elle. 

Toujours bloquée devant ses genoux, j'avais presque envie de dire : "Mais, Maman, tu sais, j'ai chahuté et la prof de maths m'a donné deux heures de colle".
Quelque part en moi, c'était près de sortir, en pensant secrètement : "C'est trop dur de devoir mentir deux jours, en sachant ce qui m'arriverait de toute façon".
Mais, ces genoux maternels m'impressionnaient trop. Et je me voyais déjà en position... "Non, non, je ne veux pas. Pas la fessée, pas ce soir. Non, je préfère un autre jour, non, je préfère attendre..." La voix tentatrice était la plus forte...


Maman venait de me faire un compliment. Elle allait me souhaiter bonne nuit avec chaleur et tendresse. Je n'allais quand même pas me priver de cela pour me jeter dans la gueule du loup, ou plutôt avouer, ce qui revenait à me jeter en travers de ses genoux, à sentir ma culotte descendre pour dévoiler une lune qu'elle aurait assurément transformé en brasier, en m'administrant une fessée à côté de laquelle, celle d'Aline n'eut été qu'un vague brouillon...

Quitte à en cauchemarder encore un jour ou deux, mieux valait m'endormir après un baiser maternel que les fesses écarlates...

A SUIVRE

samedi 27 octobre 2012

Chronique d'un redoublement : 49. Quand la fessée d'Aline ressemble à une répétition...

SUITE 48

Durant les jours qui suivirent cette fessée déclenchée par mon coup de pied donné en douce à Diane, et par l'intervention de la jeune vendeuse de la boulangerie, paradoxalement, c'est vrai que je me sentais plus libre au collège.
A la maison, ma mésaventure restait dans les mémoires. Quelques gifles étaient bien tombées pour de petits griefs reprochés à mes soeurs, mais la dernière référence en matière de "bonne fessée" demeurait celle que j'avais reçue...
Et, comme le fait d'avoir plus ou moins "maltraité" soeurette avait été un élément déclenchant, les petites en profitaient pour se plaindre dès que j'étais dans leurs parages, m'amenant à m'isoler dans ma chambre.
Même le chemin du collège au quotidien qui me faisait repasser devant la boulangerie, continuait à me faire ruminer de mauvais souvenirs.

Quelques notes plutôt correctes obtenues les jours suivants contribuaient à me faire me sentir à l'aise. Maman aurait toujours voulu mieux en raison de mon redoublement, mais du moins ces notes au dessus de la moyennene me valaient-elles pas d'engueulades maison.

Le souci, c'est qu'une Christine qui prend confiance est une Christine qui relâche son attention, qui se croit au dessus des consignes élémentaires de discipline. Ainsi, un peu plus de deux semaines après l'épisode de la boulangerie, contente d'un 13 sur 20 à une interro de maths, j'ai passé une bonne partie du cours à chuchoter avec ma voisine, à tenter d'amuser la galerie quand la prof était au tableau, puis à rêvasser, le regard vers la fenêtre au lieu de suivre une leçon, dont il est vrai, à mon corps défendant, que je l'avais déjà bien acquise l'année précédente. 

Mais ce genre d'attitude est du genre à énerver une prof, surtout si l'élève semble ne pas prendre au sérieux ses deux premières remarques sans frais.

"Christine, puisque vous aimez tant parler derrière mon dos, vous viendrez le faire pendant deux heures de colle !". La sentence tomba de la bouche de la prof de maths avec un ton très pince sans rire qui provoqua l'hilarité générale. La seule à faire la grimace était moi, et je tombai de haut, comprenant que cela allait m'attirer assurément de gros ennuis à la maison...


Je tentai, à la fin du cours, de demander à la prof de revenir sur sa décision, mais elle était déjà en train de remplir le bulletin de colle que le secrétariat du collège enverrait à la maison par la poste.
"Ecoutez, Christine, ce n'est pas la première fois que je vous demande de ne pas déranger le cours. Ca suffit, et je pense que ces deux heures de colle vous feront réfléchir...", conclut la prof suite à ma requête suppliante.
Non seulement, elle confirmait ces heures de colle, mais je la vis remplir la case motif du bulletin de colle ainsi : "Bavarde au lieu de suivre le cours, et chahute derrière le dos de son professeur". Voilà quelques mots qui n'allaient certainement pas manqué de faire réagir Maman, j'en avais bien conscience...

En tout cas, cette annonce mit un terme à ce sentiment de liberté que je ressentais en classe depuis quelques jours. C'était une tuile qui me tombait sur la tête, et mes angoisses franchissaient à nouveau le mur du collège, la peur de la fessée me rattrapait jusque-là !

J'étais sonnée, mentalement groggy, et j'eus du mal à cacher mon trouble durant les deux heures suivantes de cours.


Sur le chemin de la maison, une petite voix raisonnable me suggérait dans la tête de parler à Maman le soir-même. Il y avait ces heures de colle qui la fâcheraient, mais aussi ce 13 sur 20 dans la même matière qui pouvait, peut-être, inciter Maman à la clémence...

Mais, je connaissais la détermination maternelle et, à mesure que je me rapprochais de la maison, je me sentais moins confiante en cette tentative d'amadouer ma chère mère...

Le passage devant la boulangerie raviva mes souvenirs cuisants... Bien sûr pour l'instant, Maman n'était pas au courant, n'avait donc rien annoncé, et boulangère et vendeuse ne pouvaient se douter de rien, mais je savais que le chemin qui me restait à faire vers la maison était le même que quinze à vingt jours plus tôt et, que ce soit ce soir ou lors de l'arrivée du bulletin de colle par la Poste, j'avais bien conscience qu'il y avait de fortes probabilités pour que ce chemin soit celui qui allait m'amener sur les genoux maternels...

Ne rien dire, c'était faire passer mes chances d'échapper à la fessée de très peu à zéro, me rappelait pourtant la voix de la raison. Mais, ne rien dire, c'était aussi gagner du temps, passer une soirée calme, et ne pas se coucher la lune écarlate, répondait la voix d'une certaine prudence. D'autant qu'il peut arriver qu'une enveloppe se perde, que le téléphone soit en panne et que Maman ne rencontre personne... Certains gagnent bien au loto, non ?

J'arrivai à la maison deux minutes avant que Maman ne rentre avec mes soeurs qu'elle était allée chercher à l'école. Cela m'avait laissé le temps de poser mon cartable, de sortir mes devoirs, et la copie de maths, dont le 13 sur 20 était assorti d'un commentaire : "Notions bien assimilées, un résultat encourageant".

La petite voix de la raison reprit le dessus. Je me dis qu'il n'y avait plus à tergiverser, et je descendis les escaliers, la copie à la main, décidée à "vendre" le paquet "bonne note plus colle" avec demande de clémence et mille promesses de ne plus recommencer à la clé. Pour une fois, je prenais le risque, sachant bien que c'était maintenant ou jamais... Je me connaissais et savais que si je commençais à jouer la montre, j'aurais tendance à aller jusqu'au bout, jusqu'au moment où je serais devant le fait accompli...


J'y allais donc. Pour une fois. Pas rassurée, les jambes en compote, mais j'y allais quand, pénétrant dans la cuisine, je me retrouvai face à Maman qui sermonnait Aline...


Elle haussait le ton : "Elève dissipée, élève dissipée, ce n'est pas moi qui le dit Aline, c'est ton institutrice. Je veux bien pardonner quelques notes décevantes, si je vois que tu travailles consciencieusement, mais pas question de tolérer que tu ne sois pas attentive en classe. J'en ai assez, Aline ! Ca ne va pas se passer comme ça, tu sais".

Ma soeur baissait la tête, en pleurnichant. Maman avait, sans nul doute, croisé la maitresse d'Aline à la sortie de l'école et les nouvelles semblaient ne pas avoir été flatteuses pour ma soeur, déjà souvent à la peine au plan de l'apprentissage, et pour laquelle (comme pour toutes ses filles d'ailleurs) les manques en matière de discipline étaient jugés d'autant plus impardonnables par Maman.

Débarquant à ce moment devant elles, je commençai à douter que ce soit le moment opportun, mais j'étais à deux pas de Maman, avec ma copie à la main. "Que veux-tu, Christine ? Tu vois bien que je discute avec Aline. J'espère que tu n'as pas de mauvaises nouvelles à m'annoncer... Quand je te vois avec cet air-là, je me méfie...", me lança Maman, en s'avançant pour prendre ma copie que j'avais remise derrière mon dos, comprenant que mieux valait peut-être attendre un moment plus opportun...

Je répondis, par réflexe : "Non, non, rien de grave, Maman. Promis. Je, euh, je voulais te montrer mon interro de maths, et, euh..." Maman avait déjà la copie en main avant que je ne poursuive la phrase.

"Treize sur 20, oui, c'est bien. Mais il n'y a pas de quoi pavoiser. Pour une redoublante, dans une matière qui te réussissait plutôt l'an passé, tu devrais être parmi les meilleures, tu sais, ma grande. Bon, enfin, je préfère ça qu'un mauvaise note. J'ai assez à faire avec ta soeur aujourd'hui...", commenta Maman, d'une manière qui venait de ruiner mon espoir que ce 13 sur 20 serve à l'amadouer. Il n'en était rien  et cela n'était pas de bon augure pour mes fesses, mais pas du tout...

Je dûs me résoudre à faire demi-tour, et à remonter dans ma chambre, alors que Maman poursuivait sa "discussion" avec Aline qui, en fait, ne disait pour sa part pas grand chose, hormis quelques dénégations assorties de promesses d'être sage, histoire de ne pas énerver davantage Maman.

Je tendais l'oreille depuis le palier pour ne rien perdre de la conversation. Diane, elle, s'était mise à lire assise sur le canapé du salon, d'où elle devait aussi écouter ce qui se passait.

La cause était entendue : cela allait barder pour Aline. Maman lui demanda d'arrêter de chouiner : "Je vais te donner une bonne raison de pleurnicher. Allez, file dans ta chambre. Je range les courses et je vais venir t'apprendre ce qui arrive aux écolières dissipées..."


Aline ravala deux gros sanglots et gagna l'escalier. Je me reculai dans ma chambre, sans fermer la porte et je vis passer ma soeur, le visage défait, tête basse, dans une attitude qui devait bigrement ressembler à la mienne, le soir de l'épisode de la boulangerie. Juste avant que je sache que je serais collée, j'aurais vécu ce passage d'Aline avec un petit sentiment de revanche, une compassion amusée, et la satisfaction que ce soit son tour. Mais, dans ma situation de chahuteuse punie dont la mère n'est pas encore au courant, je ne pouvais m'empêcher de penser que la prochaine qui serait en mauvaise position, ce serait assurément moi...

Maman avait ramené un cabas de courses faites avant d'aller chercher les petites, et des bruits de placard et de réfrigérateur témoignaient du fait qu'elle devait les ranger.

Diane la curieuse rejoint Maman en prétextant une petite soif. Maman lui servit une orangeade, confirmant à sa benjamine que la cadette de ses filles allait "recevoir ce qu'elle méritait".

Maman remplit à nouveau le verre de Diane, avant de remettre la cruche dans le frigo, et de laisser ma soeur boire en disant : "Tu ferais bien de réviser ta récitation pendant que tu es tranquille. Je regarderai tes devoirs tout à l'heure. En attendant, je vais aller régler mes comptes avec Aline..."

Aline se morfondait assise sur son lit, ayant du mal à sécher ses larmes, et sursautant en entendant Maman monter...




Ce n'est pas vers moi que Maman montait, mais j'étais toute ouïe, tremblant presque à ce pas qui se rapprochait. Je me mettais à la place de ma soeur et j'en avais le coeur qui accélérait... le bas du dos qui frissonnait...

Maman n'avait pas laissé mijoter Aline comme elle le faisait avec moi, mais chacune de ces courtes minutes m'avaient rappelé la situation semblable, mêlant le souvenir de la dernière fessée reçue, à une peur déjà de la fessée prochaine...

Maman n'avait pas refermé la porte de la chambre des petites derrière elle, et j'étais, sans avoir une vue directe pour autant, aux premières loges auditives de ce qui se passait. Tout comme mes soeurs l'avaient été (et le seraient sûrement bientôt).

Les supplications vaines de ma soeur, l'ultime et court sermon maternel qui justifiait la fessée à venir par la gravité, de l'avis maternel, qu'il y a à ne pas écouter les cours, à perturber la classe, autant de griefs qui renvoyaient à ce qui allait être les motivations de mon prochain bulletin de colle, je ne manquais rien de la "discussion". Puis, il y eut les bruits de mise en position, de semi-résistance, de menaces qui font céder la punie, et, même si ce ne fut sûrement qu'une illusion, j'eus l'impression que j'entendais la culotte glisser et dévoiler deux fesses blanches...
Les images me venaient, presque comme si j'avais été témoin direct de la scène à côté de Maman.


Aline criait déjà avant que la première claque ne tombe, là où moi, sauf à être certaine que personne n'entendrait, je serrais les dents et tentais d'étouffer mes cris le plus longtemps possible.

Le "cinéma" d'Aline n'impressionnait pas Maman qui s'employa à donner à sa dissipée de cadette une "bonne fessée". J'imagine bien que la "dose" pour sa petite lune d'encore gamine, était moins longue, moins forte, moins savamment appliquée que ce la pré-adolescente à la peau plus aguerrie et à la mappemonde plus généreuse pouvait recevoir, mais vu, ou plutôt entendu, d'une oreille attentive qui pense très fort que son tour viendra, j'avoue que cette fessée marquait mon esprit, et que j'en aurais presque compté chaque claque en imaginant qu'elles me seraient bientôt destinées, et avec une tout autre énergie assurément...

Autant parfois, j'avais été témoin auditif, voire visuel, d'une fessée de mes soeurs, en le vivant comme un petit rééquilibrage, et une chose anecdotique et normale puisque c'était une gamine qui se faisait punir comme une gamine, autant là, la fessée d'Aline me semblait copieuse, presque impressionnante, du fait qu'elle prenait dans mon esprit l'image d'une anticipation. Chaque claque qui rebondissait sur la lune d'Aline s'imprimait en moi, comme si j'apprenais mon prochain rôle. Comme si j'assistais à la répétition de la pièce dont je serais la vedette. Aline devenait comme une doublure, on testait la qualité du son, on répétait une partie d'un dialogue qui serait plus long le jour J, on imaginait les positions des uns et des autres, à la manière d'un simple échauffement.

Quand Maman aurait le bulletin de colle en main, ce serait une autre histoire... Ce serait alors les vrais acteurs, avec les vrais costumes, le vrai public, et la version intégrale du prochain épisode de "Christine a mérité une bonne fessée" !



A entendre le bruit mat des la paume maternelle sur les fesses de ma soeur, je comprenais que dans cette pièce, l'autre actrice principale, à savoir Maman, elle savait déjà parfaitement son rôle, et qu'elle le jouerait comme toujours de façon magistrale, alors qu'à l'audition de cette simple répétition, le trac me prenait les tripes, en comprenant combien mon rôle à moi serait encore plus difficile à tenir, même si en la matière, j'avais nombre de "représentations" à mon actif...

J'aurais voulu prendre le rôle du metteur en scène de nos vies, entrer sur le plateau, féliciter Maman et Aline, et dire : "La scène suivante devait être jouée par Christine, mais comme Aline a bien tenu son rôle, ce sera encore elle qui jouera la prochaine fois".

Hélas, je ne suis pas metteur en scène, et ne peut changer le cours du destin. Les remarques agacées d'une institutrice venaient de valoir une déculottée de gamine à une écolière. Le bulletin de colle dénonçant l'indiscipline d'une collégienne, qui plus est récidiviste en la matière, demandait un traitement plus conséquent qu'une fessée de fillette. Le discours maternel, sa détermination, son raisonnement sans faille, et l'efficacité de sa dextre claquante, imposaient que je tienne prochainement mon rôle, pleinement !



Rien que d'y penser, j'en regrettais amèrement mon attitude en cours, et j'en frissonnais d'angoisse...

A SUIVRE

mercredi 17 octobre 2012

Chronique d'un redoublement : 48. De la difficulté de revenir sur les lieux du flagrant délit...

SUITE 47

J'avais finalement dormi plutôt bien, "calmée", il est vrai par une fessée maison appliquée dans tous les sens du terme par une mère voulant faire passer son message de la manière qu'elle savait la plus efficace à mon encontre...
Une ou deux fois dans la nuit, je m'étais réveillée avec des images cauchemardesques dans la tête, sur fond de fessée et autres peurs qui devaient hanter mes rêves, révélant mes angoisses.
Mais, la raison l'avait emporté à chaque fois et je m'étais rendormie, en prenant conscience que je pouvais oublier mes peurs, du moins cette nuit, puisque la fessée, je ne l'attendais plus, puisque je venais de la recevoir... Et je n'avais qu'à passer ma main sous les draps derrière mon dos pour en discerner encore la chaleur et la sensibilité d'un épiderme copieusement tanné de main d'experte...



Au matin, j'ai fait profil bas à nouveau. Si j'avais pu me faire invisible, ne pas croiser de regards, être oubliée quelque temps, cela n'aurait pas été pour me déplaire.... Loin de là !

Au lieu de cela, évidemment, les regards de mes soeurs se faisaient insistants, et elles avaient tendance à me coller aux basques, à rester à portée de vue ou d'oreilles, elles qui, souvent le matin, étaient plutôt du genre indépendantes, à ne pas vouloir la grande soeur dans les parages.

Maman, pour sa part, n'avait presque rien dit en nous faisant lever comme d'habitude. Elle m'avait sorti des affaires propres, dont un gilet que je rechignais souvent à mettre. J'avais esquissé un : "Maman, je préfère le vert", mais je n'avais pas insisté, lorsqu'elle avait rétorqué : "Tttt, ttttit, tu mets ce que je te demande de mettre, Christine. On ne discute pas. Je croyais te l'avoir expliqué à ma manière, hier soir..."

Inutile de dire que fifille, toute grande qu'elle voulait être, n'a pas rajouté le moindre mot, et s'est habillée comme Maman souhaitait...

Après un petit-déjeuner en famille, où les regards continuaient à converger vers moi, et où je cherchais à faire bonne figure, comme si de rien n'était, même si je ne pus m'empêcher de rougir quand Maman remarqua à haute voix que j'étais bien "calme", ce matin, je suis partie au collège comme si j'allais au cinéma. Comme si c'était le moyen d'échapper à ce climat familial pour trouver un contexte moins stressant. Ma fessée n'avait cette fois rien à voir avec les motifs scolaires, et je ne craignais pas qu'il y soit fait allusion...
Là, au moins, à l'abri des petites soeurs, je retrouvais ma condition de grande, et j'en oubliais la déculottée de la veille, me montrant assez enjouée, voire limite chahuteuse, m'attirant deux fois dans la journée des rappels à l'ordre qui me firent redescendre sur terre. Je pris conscience qu'il valait mieux être moins exubérante, car ce n'était pas le moment de récolter deux heures de colle, dont le résultat m'aurait vite faite passer de "venant d'être fessée" à "allant en recevoir une autre" à coup sûr.

Par chance et, le souvenir de la tannée de la veille faisant de l'effet, je réussis à passer cette journée sans encombre.

De retour à la maison, où cela semblait aller mal pour Aline en peine avec ses devoirs, Maman me demanda de ne pas quitter mon manteau et d'aller rechercher une baguette et un kilo de farine à la boulangerie.

Ce genre de tâche me plaisait souvent, me mettant en position de grande à qui l'on peut confier une mission. "Je n'ai pas de monnaie, Christine. Tu feras noter par Mme Breton", avait ajouté Maman, ce qui se faisait souvent. Mais, là, ce petit détail me fit faire la grimace.

Maman n'en vit rien, mais cela m'obligeait à aller à la boulangerie de la rue Pasteur, celle-là même où nous étions allées en famille la veille...

Si je n'avais pas eu cette consigne, j'aurais certainement poussé cent mètres plus loin à la boulangerie proche de la Poste, pour éviter de me retrouver face à la vendeuse à l'origine de ma déconvenue postérieure...





N'ayant pas le choix, je me rendis à la fameuse boulangerie, passant devant par deux fois en scrutant à l'intérieur, avant de me décider à pénétrer. Il semblait que ce soit la patronne qui était derrière le comptoir, et cela me rassura, même si je n'étais pas fière de retrouver ce lieu attaché à un bien mauvais souvenir...

"Bonjour Christine, tu es toute seule aujourd'hui ? Tu n'as personne à embêter alors ?", me lança la boulangère, ce qui me laissa sans voix. Je comprenais qu'elle avait eu connaissance de la scène, alors qu'elle n'était pas dans le magasin la veille, lors de notre passage.

J'entendis un petit rire à ma droite et découvris la vendeuse, qui était assise sur un tabouret et devais faire une petite pause. Je rougis en la voyant, et tentai de couper court à cette entame de conversation en demandant "une baguette pas trop cuite et un paquet de farine, s'il vous plait".




Mme Breton posa la baguette sur le comptoir en disant : "Ne fais pas cette tête étonnée. Martine m'a raconté ta mésaventure d'hier, quand tu embêtais ta soeur derrière le dos de ta Maman. J'espère que le retour à la maison n'a pas été trop difficile, ma pauvre Christine".

Je rétorquai un "Non, euh, noooon, il ne s'est rien passé", qui sonnait faux. Martine, la vendeuse, se remit à rire : "Tu es sûre ? Je demanderai à ta Maman, la prochaine fois. J'avais quand même bien l'impression qu'elle t'avait promis la fessée, non ?"

C'est Mme Breton qui vint à ma rescousse : "Allez, arrête donc de la taquiner, Martine. Si Christine a reçu la fessée, cela ne regarde qu'elle et sa Maman. Christine ne va pas le crier sur les toits. C'est déjà assez pénible d'être punie. De toute manière, je connais assez Mme Spaak pour savoir qu'elle tient ses promesses, et tu vois bien que Christine est gênée, ce qui veut tout dire..."

Je pris baguette et paquet de farine, après avoir demandé que ce soit noté sur notre compte, et je suis sortie de la boulangerie encore rougissante, sous le regard amusé de la patronne, et surtout de la vendeuse qui semblait ravie de m'avoir taquinée ainsi...

Trois jours plus tard, quand Maman me demanda de venir avec elle à la boulangerie, je prétextai un devoir à finir pour la laisser aller seule. Elle allait aussi payer sa note et j'imaginais que mon cas serait sûrement évoqué, et qu'elle ne manquerait pas, en "réglant ses comptes" de pain de dire qu'elle les avaient en effet bien réglé avec moi l'autre soir...

Je ne voulais pas être présente à ce moment-là, histoire de ne pas voir la patronne, ni surtout sa vendeuse, sourire sûrement en ayant confirmation que Maman m'avait bien donné la fessée le soir en question, voire ajouter que j'avais pris une "déculottée" maison...

Ce n'est d'ailleurs que quelques mois plus tard, lorsque l'apprentie vendeuse ayant eu son examen a changé d'employeur, que je n'ai plus eu d'appréhension en allant cherche le pain. La moqueuse n'était plus là et je pouvais respirer, d'autant qu'avec le temps, comme d'habitude, et même s'il y avait eu d'autres fessées reçues entre temps, j'avais en tête cette Martine que j'associais pleinement à ce qui m'était arrivée. J'en avais vite oublié mon manque de vigilance quand je surveillais ma soeur, j'en avais oublié le coup mis à soeurette dans le dos de Maman, j'en avais oublié mon réflexe de nier et mentir sur le champ, ainsi que les avertissements des jours précédents, bref j'avais occulté dans ma tête tous les motifs fort valables d'être punie, pour ne me souvenir que de la "dénonciation" de la vendeuse à Maman. 
Comme bien souvent, selon les méthodes de raisonnement made in Christine, je m'en voulais d'avoir été prise plus que d'avoir donné ce coup de pied, et je mettais Noémie la vendeuse comme unique responsable de ma déculottée...

A SUIVRE

lundi 24 septembre 2012

Chronique d'un redoublement : 47. Une issue attendue et à portée d'oreilles indiscrètes

SUITE 46

J'étais rentrée à la maison, la peur au ventre, avec les mots de Maman qui tournaient en boucle dans ma tête : "Nous allons régler cela à la maison... Tu peux préparer tes fesses, ma grande..."
De doute, personne n'en avait plus, et la jeune vendeuse de la boulangerie connaissait même le programme, annoncé clairement par une mère qui n'avait pas l'air de plaisanter : "Ma chère fille réfléchira peut-être à deux fois avant d'embêter sa soeur, une fois que je lui aurai donné la bonne fessée qu'elle mérite..."
Alors, inutile de préciser qu'une fois la porte refermée, ça filait droit chez les Spaak. Même côté des petites soeurs, si l'oeil pétillait en imaginant que l'ainée allait passer un sale quart d'heure, les consignes maternelles étaient appliquées à la lettre.
Nulle ne voulait risquer de faire partie de la distribution imminente...
Aline ou Diane aurait certainement, en de telles circonstances, montré leur nervosité, chigné en implorant le pardon, pleurniché avant l'heure, et Maman n'aurait pas tardé à régler ses comptes.
Moi, dans l'attente d'une fessée, je cherchais plutôt à jouer à la fille invisible, à ne pas me faire remarquer, à rentrer dans le moule, à ne pas faire de vague.
La fessée à donner à Christine devenait donc l'une des tâches maternelles à accomplir dans la soirée, certainement aussi "obligatoire" dans la pensée de Maman que de nous faire diner, que de vérifier les devoirs et de coucher son monde. Mais, comme elle n'agissait plus sur le coup d'une colère ponctuelle, et avait annoncé la sanction en en différant l'exécution, l'ordre des choses à faire dépendait de son bon vouloir. Et mon attitude consistant à préférer "gagner du temps", amenait logiquement Maman à vouloir se débarrasser des choses à faire dans un ordre allant de la plus petite à la plus grande, comme c'est le cas habituellement dans les familles où les petits sont couchés avant les grands.

A posteriori, je comprends que je ne gagnais pas au change, car ma fessée hantait le climat familial et illustrait les moindres menaces au cours de la soirée. Car, aussi, cela ne faisait que rallonger ma période d'angoisse, que prolonger le temps où me revenaient des images, des peurs, des sensations anticipatrices. Car, bien sûr, aussi, n'étant pas donnée dans la hâte au milieu d'une liste de tâches à accomplir, ma fessée devenait le point d'orgue de la soirée maternelle. Et je pense que Maman devait avoir alors une réflexion du style : "Bon, le diner est pris, la cuisine rangée, les petites au lit, ouf, voilà déjà de bonnes choses de faites. Reste encore à m'occuper de Christine. Pas question qu'elle y échappe..."
Mais, dans une maison devenue silencieuse, l'affaire n'était pas à la minute. Maman pouvait souffler un instant, se re-motiver, avant de passer aux choses sérieuses... 

C'est en tout cas dans cet ordre que se déroulèrent les événements de cette soirée. Maman m'avait laissée mijoter dans ma chambre jusqu'au dîner, et j'avais vaguement tenté de réviser mes leçons, pour me donner bonne conscience, pour pouvoir montrer une image studieuse au moment où elle viendrait me retrouver.

Mais, elle n'avait pas franchi le seuil de ma porte restée close durant un temps dont chaque minute me semblait durer dix fois plus. Ce qui m'impressionnait était d'ailleurs un calme inhabituel, à la place des éclats de voix fréquents en pareil moment de la journée. Maman n'avait pas besoin d'élever la voix, pour obtenir ce qu'elle voulait, du moins n'entendai-je rien qui pouvait ressembler à un rappel à l'ordre. Et cela devait certainement conforter notre mère dans l'idée que sa méthode était la bonne, et donc qu'il ne fallait sûrement pas en changer, ni revenir sur ce qui était dit...

Quand Maman nous appela pour passer à table, les petites dévalèrent l'escalier sans doute en appétit, ce qui n'était pas mon cas...

J'arrivai donc la dernière dans la cuisine, sous le regard de trois paires d'yeux qui me scrutaient d'un drôle d'air.

Maman me lança : "Tu aurais pu te mettre en pyjama, Christine".
Mais elle ne l'avait pas demandé et je m'étais bien gardée d'en prendre l'initiative, n'aimant guère être en tenue de nuit pour dîner, trouvant que cela renvoyait une image infantile.

Les petites portaient leur chemise de nuit et robe de chambre, et cela ne me déplaisait pas d'avoir une image de grande en ces circonstances. L'image se trouva toutefois très vite écornée par une paire d'allusions maternelles au cours du repas, qui rappelèrent que Maman n'en avait pas fini avec moi.

Dès son ramequin de crème caramel maison avalé, Diane fut autorisée à sortir de table, Aline étant réquisitionnée pour aider Maman à ranger la cuisine. J'achevai mon dessert plus lentement, puis je fus envoyée dans ma chambre...

Au bas de l'escalier, j'esquissai un : "Euh, dis, M'man..." qui se voulait comme une supplique tardive, mais dont les mots étaient bloqués dans ma gorge.

Maman coupa net : "Allez, Christine, ce n'est pas le moment de discuter. Tu sais très bien ce que je t'ai promis... Monte te mettre en pyjama et attends-moi" !




 
Le regard de Maman dans mon dos, alors que je montais les escaliers en disait long sur sa motivation. Mes tentatives d'amadouage resteraient vaines, j'en avais conscience...

En passant devant la chambre des petites, la mine ouvertement réjouie de Diane me donna envie d'aller lui redonner des coups de pied, mais je me retins, sachant que j'étais déjà en bien fâcheuse posture...



J'ai baissé les yeux et suis rentrée dans ma chambre, la refermant derrière moi, et m'asseyant sur le rebord de mon lit, hagarde, désemparée, au bord des larmes. J'avais envie de me sauver au bout du monde, mais qu'aurais-je fait toute seule ? Je comprenais qu'il n'y avait rien d'autre à faire que d'attendre le bon vouloir maternel, que d'attendre ce qui "m'avait été promis", comme elle venait de le rappeler au vu et au su de toute la maisonnée, donc de "préparer mes fesses".

Et, au lieu de me dire que cela faisait un moment que j'y avais échappé, que tôt ou tard cela devait bien arriver, au lieu de dédramatiser dans ma tête, au contraire, le délai de presque trois semaines depuis ma dernière déculottée semblait décupler ma peur, rendre ce qui n'était "qu'une fessée de plus", en "la" fessée, la Fessée avec un F majuscule, parce que la fessée imminente fait forcément peur, donne comme une sorte de trac de débutante... 

Je suis restée ainsi un bon moment, me refusant à bouger, à me "préparer"...

La remontée d'Aline dans la chambre des petites, les bruits de fermeture des volets du bas, me sortirent de ma torpeur, et je me décidai à me mettre en tenue de nuit, en essayant de focaliser sur le fait que je dormirais ainsi, et en chassant de ma tête que ce serait auparavant ma "tenue de fessée", si j'ose dire...



Pas facile en tout cas de quitter des vêtements bien protecteurs pour d'autres plus vulnérables, et de sentir un instant l'air frais sur une lune encore blanche, mais qui frissonne à l'avance de ses futurs tourments.

En montant coucher mes soeurs, Maman avait ouvert la porte de ma chambre, passant la tête et vérifiant : "Ca y est. Tu es prête, Christine ?" qui résonnait comme "Es-tu prête pour recevoir la fessée?" Et non pas "prête pour dormir" bien sûr...

Le bonsoir aux petites suivit ses rituels habituels, toujours accompagné de petits dialogues avec chaque enfant et d'un gros câlin final. Il me sembla presque plus rapide qu'un autre soir, mais dans mon cas, il agissait comme un compte à rebours....

Maman l'acheva par un "Plus un bruit, je ne veux rien entendre", dont je savais qu'il serait évidemment respecté. A peine, entendis-je un début de chuchotement et comme un rire étouffé (mes soeurettes devaient évoquer mon cas...), quand Maman redescendit un instant, mais dès que son pas remonta l'escalier, le silence se fit total. Aline et Diane devaient sûrement passer en mode "écoute amplifiée"...

Par réflexe, en entendant Maman arriver, je m'étais mise près de la fenêtre, soit le plus loin de la porte, qu'elle franchit et ne referma qu'à peine à moitié derrière elle...

"Alors, Mademoiselle l'écervelée à qui on ne peut même pas demander de garder un oeil sur sa soeur plus de cinq minutes, et qui en plus fait ses petits coups en douce, en mentant publiquement à sa Maman, viens donc voir ici que je t'apprenne les bonnes manières". En prononçant ces mots à voix suffisamment audible pour que la chambre voisine en profite, Maman s'était assise sur le lit et me désignait ses genoux...



"Maman, non, s'il te plait, je te demande pardon, mais non, pas la fessée, non..."  Ma supplique était prononcée à mi-voix, consciente que la porte ouverte m'imposait d'être discrète, et surtout ne sachant pas que dire, tant je savais ma cause perdue...


"Oh, si, tu vas l'avoir la fessée, et pas plus tard que tout de suite... VIENS ICI..." La voix de Maman se faisait de plus en plus forte, et je m'approchai comme pour la faire taire. Presque vite pour une fois, et elle en profita pour me basculer immédiatement en travers de ses genoux...

La chemise de nuit était remontée sur mon dos pendant que je plongeais en position. Restait seuelemnt ma culotte bien couvrante, sur laquelle Maman asséna d'entrée quelques claques en me demandant d'arrêter de gigoter... Puis, elle stoppa sa main pour attraper l'élastique de ce dernier rempart.



Je tentai d'interposer ma main, essayant de m'accrocher, de l'empêcher de descendre...
"Lâche ta culotte, Christine. Je ne plaisante pas. Tu mérites une bonne déculottée, ma fille, et plus tu m'en empêches et plus ça va aller mal pour tes fesses, tu peux me croire..." Tout ce que j'avais gagné en faisant ce geste protecteur, c'était bien d'énerver davantage Maman, et en plus de lui faire dire à haute voix, qu'elle était en train de baisser ma culotte, et d'ajouter ce détail dans l'imagination débordante de mes soeurettes aux aguets...


Je rendis les armes et Maman dégagea ma lune largement, arrêtant la culotte au dessus de mes genoux, et je la sentais entravant les jambes quand par moment, la douleur montant, je me remettais à gigoter sous l'averse maternelle...

"Ah, je vais t'apprendre à faire des coups en douce... Heureusement que la boulangère t'a vue... En tout cas, je vais t'enlever l'envie de recommencer... Tiens, tiens, et tiens..." La fessée tombait alternant les cycles rapides et ceux plus méthodiques. Assurément Maman s'appliquait à fesser d'importance son ainée...




Après cette période de calme plat sur mon bas du dos, le retour aux dures réalités n'en était que plus mortifiant, que plus honteux, que plus douloureux... Je retrouvais des sensations qui n'avaient pas arrêté de peupler mes cauchemars et mes peurs.

"Tiens, tiens, tiens, tu l'auras bien cherchée cette volée, ma fille. Cela fait quelques jours qu'elle te pendait au dessus des fesses. Voilà, Mademoiselle est servie et bien servie, et tu n'as pas intérêt à recommencer, parce que, moi, je te promets que tu n'es pas au bout de tes peines, Christine... Puisqu'il n'y a que cela qui te fasse comprendre certaines choses, eh bien, je continuerai à te les faire comprendre ainsi... Tiens, tiens, tiens, par une bonne fessée chaque fois qu'il le faudra, une bonne déculottée, ma fille... Et ce n'est pas moi qui céderai la première... Alors, tiens, tiens et tiens... je te conseillerais de retenir la leçon et de t'assagir, Christine... Sinon, j'en connais une qui s'endormira souvent avec les fesses bien rouges... Comme ce soir, ma fille, comme ce soir... Et, tiens, tiens, tiens..." Le final de cette dégelée maison fut accompagné de ce sermon aux allures de promesses de fessées à venir, et me laissa sans force, vaincue, épuisée, la lune écarlate et brulante...





"Remonte ta culotte, et mets-toi au lit", lança Maman, à voix forte, comme s'il y avait encore quelqu'un qui doutait de ma déculottée.
Le bonsoir fut sommaire et Maman me laissa pleurnichante dans le noir, au terme d'une tannée que, somme toute, j'avais, je le reconnais, plutôt méritée...

A SUIVRE