jeudi 19 juillet 2012

Chronique d'un redoublement : 44. Du rééquilibrage à un parfum d'euphorie dont je devrais me méfier...

SUITE 43


Mamie n'avait heureusement pas relancé la conversation, voyant bien mon trouble, et mon regard s'embuer. J'en avais été quitte pour un commentaire désolé de Mamie : "Ma pauvre Christine, tu sais bien qu'on ne doit jamais répondre à sa Maman. Surtout quand elle est déjà très fâchée. Tu cherches vraiment les ennuis".
Ce à quoi je n'avais rien trouvé à répondre, et Maman conclut le sujet en ajoutant : "Et pourtant, Christine le sait bien : quand on cherche les ennuis, c'est la fessée qu'on trouve..."
La formule fit presque rire mes soeurs, qui réussirent à se retenir, mais elles étaient à l'évidence ravies d'avoir obtenu les détails qui alimenteraient leur imagination, voire quelques moqueries à mon encontre en douce. Grande soeur, c'était donc confirmé, et explicité à Mamie, Grande soeur donc avait bien reçu une seconde fessée, culotte à nouveau baissée, et sur une lune encore réchauffée de la précédente claquée...



Par chance, cette double démonstration de la détermination maternelle n'avait pas impressionné que mes fesses. Aline et Diane avaient compris qu'elles avaient aussi intérêt à se tenir à carreau. Pour ne pas tenter Maman de vouloir "rééquilibrer" les comptes à leurs dépens.

De mon côté, quitte une fois encore à conforter Maman dans ses méthodes (mais cela, c'est facile à analyser maintenant, alors que sur le coup, je ne pouvais voir cela ainsi), quitte donc à ce qu'elle ait là un gage de son efficacité, Christine la doublement fessée ne pouvait que tout faire pour éviter de donner corps au dicton "Jamais deux sans trois".

Calmée pour un moment, allant jusqu'à ignorer, ou du moins passer au dessus des tentatives de moquerie des petites, je fis mon possible pour que les jours suivants soient sans reproche.

Le retour au collège après ce pont de quatre jours se fit de façon studieuse. Christine la chahuteuse avait pris pour quelques jours au moins l'habit de Christine la studieuse. Je récoltai d'ailleurs même un 18 à une petite interrogation en anglais, et cela la veille du jour où je dus faire mes heures de colle pour l'histoire précédente. Maman m'en félicita chaleureusement, annonçant la nouvelle à mes soeurs aussi, non sans un commentaire en forme de remise en mémoire : "Tu vois bien, ma chérie, que quand tu veux, tu peux. Tu ne vas pas me dire que ce n'est pas plus agréable d'être félicitée par Maman que d'être obligée de te donner encore la fessée... Quand ce ne sont pas deux déculottées le même soir..."
 
Le rappel du mémorable lundi rouge (pour mes fesses) me fit grimacer, mais je crânais fort avec mon 18. Quelque part, dans sa tête, Maman devait se dire qu'elle n'avait eu mal aux mains pour rien...


Huit bons jours se passèrent sans le moindre incident, jusqu'à un soir où, trainant dans les jambes de Maman qui nous préparait un dîner crêpes, Diane fit tomber le grand saladier de pâte. Il se cassa en un fracas, avec des débris de verre partout.
Maman hurla : "Ce n'est pas possible", intimant à Diane l'ordre de ne pas se sauver afin de ne pas marcher dans les débris de verre. Elle resta prostrée, tremblante, dans le coin près de la fenêtre de la cuisine, pendant que Maman ramassait le plus gros des débris, épongeait, et passait un coup de serpillère dans cette partie de la cuisine. 
Moi qui étais en train de mettre la table, je donnai un coup de main à Maman en allant mettre le sac contenant les débris dans la grande poubelle du garage.
Je revins vers la cuisine au moment où Maman avait essoré la serpillère, et rangé le seau dans le placard, sous les yeux implorants et larmoyants de Diane, qui n'osait pas bouger.
"Arrête de chigner, Diane, tu vas pleurnicher pour quelque chose maintenant" ! Et, sortant un tabouret de dessous la table pour le mettre au milieu de la pièce, elle attrapa soeurette par le bras, s'assit et la bascula en travers de ses genoux. Sa robe de gamine vola et sa culotte glissa vers le bas prestement.
Aline, qui faisait ses devoirs en haut, n'avais pas osé descendre, et c'est devant moi que ma plus petite soeur, récolta une dégelée magistrale, une fessée qui n'avait pas l'aspect appliqué de la plupart des miennes, une déculottée qui était donnée sous le coup de la colère, rapide et efficace à la fois, si l'on en jugeait pas les cris de pourceau égorgé de ma soeur qui en rajoutait à l'évidence.
Mais, je n'étais pas vraiment mécontente d'assister à la scène, en spectatrice cette fois...
Malgré cela, en grande soeur protectrice, j'avais comme un peu de peine pour elle, et le sentiment rétroactivement gênant de constater combien l'on voyait bien la main claquer, les fesses s'empourprer, la fessée faire son effet... Si c'était aussi impressionnant sur un bas du dos de gamine, cela me serrait les tripes d'imaginer ce que cela devait être encore plus impressionnant sur ma lune de grande soeur...

Maman dut changer de menu, ne pouvant refaire une pâte qui n'aurait pas eu le temps de "reposer" comme on dit. Diane, elle, eut droit à "un bol de soupe et au lit". Elle essaya de protester, mais se calma quand elle comprit qu'elle risquait un rappel sur les genoux maternels. L'expérience  du "doublé" resta donc une exclusivité de Christine...

Cinq ou six autres jours passèrent dans un certain calme. Non sans remarques, ni menaces plus ou moins nettes de Maman, mais la maisonnée s'en sortait sans anicroche, la déculottée de Diane ayant, en ce qui me concerne, aidé à rendre mes souvenirs moins à vif, mes exploits n'étant plus le dernier épisode familial en date...

J'étais à nouveau comme sur un petit nuage, d'autant que le soir où je ramenai un 15 en français, ce fut Aline qui eut des ennuis, Maman lui faisant refaire trois fois un exercice de calcul, qu'elle ne réussit pas plus.
Le diner étant prêt, nous sommes passées à table, avec une Aline pas tranquille du tout. Le repas expédié, ma soeur fut renvoyée dans sa chambre, pendant que Diane prenait un bain. "Tu as intérêt à avoir tout bon, sinon ça va barder", avait menacé Maman. Aline n'étant déjà pas sûre d'elle, elle rajouta plus de fautes qu'elle n'en corrigea, et j'ai vite compris, en entendant la voix maternelle tonner et Aline supplier que son heure était venue.
La porte de la chambre des petites était entrouverte, mais le lit d'Aline placé du mauvais côté. Je n'osai pas entrer mais la bande son était claire et édifiante. Sûr que le pantalon de pyjama de ma soeur avait été descendu, et de ce que j'ai perçu, la fessée était cette fois plus assimilable aux miennes, plus posée par une mère que sa fille devait énerver depuis un moment.

Diane et Aline fessées à leur tour, quelques bonnes notes venant me démontrer qu'une année de redoublante pouvait avoir du bon, sans pour autant s'épuiser au travail, je commençais à voir s'estomper dans ma mémoire le douloureux épisode du pont de la Toussaint.


Et si la fessée n'était plus qu'un mauvais souvenir, si elle était réservée aux petits, et si une bonne étoile continuait à protéger ma lune... j'avais envie de rêver !
La Christine insouciante refaisait surface, celle qui croit en sa chance, celle qui commençait à se dire qu'elle a comme de la marge, qu'elle pourrait peut-être même se tirer d'un mauvais pas s'il survenait.

Un 8 peu glorieux en français fit toutefois résonner à mes oreilles un : "Il ne faudrait pas se relâcher, Christine. Ne te crois pas à l'abri de nouveaux problèmes... Je veille au grain, ma fille..."
Mais, si j'avais bien compris la menace, ce n'était pas aussi clair que : "Gare à tes fesses, si tu repars sur une mauvaise pente". Ni que ce qu'elle pouvait sûrement penser et qui se serait traduit par : "Toi, ma grande, je commence à me demander si tu ne files pas un mauvais coton. Je te connais par coeur, ma fille, et si tu continues à vouloir tirer sur la corde, je connais une bonne méthode qui a fait ses preuves..."
Sauf qu'évidemment je ne lisais pas dans les pensées maternelles aussi bien qu'elle ne savait parfois lire comme à livre ouvert dans les miennes, ou sentir mes troubles, deviner mes mensonges, déjouer mes petites manoeuvres pour échapper à ses foudres...



Alors, de mon point de vue, chaque jour qui passait, était une victoire, un pas de plus qui éloignait mes souvenirs douloureux, qui me donnait l'impression de les conjuguer au passé, alors que, du côté de Maman, et je le percevais parfois, ce qui fait que je me méfiais un peu, de son côté donc, chaque jour qui passait sans grande explication entre nous, lui donnait au contraire l'impression qu'il faudrait remettre les pendules à l'heure sans trop attendre...
Deux façons de voir, verre à moitié plein ou à moitié vide. C'était comme si chaque jour sans fessée était pour moi un moyen de m'en éloigner, de m'en affranchir, alors que, pour Maman, la nécessité de gouverner par l'exemple, faisait que chaque jour qui m'éloignait de ma dernière fessée, était en fait un jour qui me rapprochait de ma prochaine fessée...
Je n'en avais pas conscience de la même manière et comme plus cela durait et plus je prenais confiance, plus je m'euphorisais, plus je redevenais davantage insouciante, plus quelque part Maman avait raison...

A SUIVRE

lundi 16 juillet 2012

Chronique d'un redoublement : 43. Des confidences maternelles bien gênantes

SUITE 42

Comme Maman l'avait laissé entendre, nous eumes la visite de Mamie en milieu d'après-midi. Elle apportait un de ses gateaux pour notre goûter. C'était un quatre-quarts aux pommes que Maman appréciait plus que celui au chocolat qu'elle trouvait trop lourd, mais dont nous raffolions, mes soeurs et moi.
Cela donna lieu à un goûter en famille, autour de la table de la salle à manger qui donnait largement sur le salon.
Aline et Diane se plaisaient à jouer les gamines modèles, se proposant pour aider, alors que j'étais plus réservée, tendant le dos quant aux sujets qui allaient être abordés.
Notre grand-mère s'enquit évidemment de la bonne marche de la maisonnée, félicitant les petites de leur gentillesse quasi suspecte. Diane, toujours rusée, lança un : "Hein qu'on est gentilles, Aline et moi, M'man ?" qui était une manière de se démarquer et d'amener le sujet sur mon propre cas...
Maman ne répliqua pas directement comme je le craignais, se contentant d'un "C'est vrai que je n'ai pas eu à me plaindre de vous deux, mais la journée n'est pas finie".
Mamie n'en comprit pas moins qu'il y avait un malaise avec moi, et ma mine tendue la poussa à poser la question : "Voyons, Christine, tu n'aurais pas encore fait des tiennes ?" Je détournai le regard, n'ayant pas envie de répondre oui, et ne pouvant nier l'évidence devant tout le monde.
C'est donc Maman qui confirma : "Oui, hélas oui. Notre chère redoublante se croit encore permis de chahuter en classe, de récolter des heures de colle, et de ne pas me le dire. Mais, elle faisait moins la fière, hier soir, quand elle s'est retrouvée sur mes genoux pour une bonne fessée devant ses soeurs."
Mamie compatit en me disant : "Ma pauvre Christine, tu devrais faire des efforts quand même". Il y a quelques mois encore, elle aurait pris ma défense plus nettement, n'aimant guère l'idée que sa fille sévisse contre l'ainée chérie de ses petites-filles. Mais, il y avait eu ce redoublement, décevant quant à mon image, et que Maman avait expliqué comme la preuve qu'au contraire je n'avais peut-être pas été assez "surveillée" et, quand il le fallait, "remise dans le droit chemin" de la manière que chacun devine aisément...
Tentant toutefois de désamorcer la tension qui m'étreignait au rappel de ces faits, elle ajouta : "Allez, que cela ne te coupe pas l'appétit, Christine. Si ta Maman te l'a donnée, c'est que tu la méritais. Une fessée, ça permet de réfléchir avant de refaire des bêtises".
Maman haussa les épaules et soupira longuement, avant de confier : "Oui, mais parfois, avec Christine, une fessée, cela ne suffit pas..."



Mamie montra son étonnement après cette réflexion, et ma chère mère se fit un devoir d'expliquer : "Je pensais aussi qu'une bonne fessée calmerait Christine, mais alors que je venais la consoler, il a fallu qu'elle se rebelle et me réponde effrontément. Comme quoi, elle n'avait pas encore bien compris la leçon".
Mamie émit l'hypothèse : "Elle était sûrement juste énervée et vexée d'avoir été punie".
Maman réfuta l'argument : "Ce n'est pas une raison. Et si Mademoiselle était vexée d'avoir été fessée devant ses soeurs, cela devrait au contraire l'inciter à ne plus me mentir et à filer droit. En tout cas, je l'ai calmée à ma manière... Je l'ai sortie du lit et rebasculée en travers de mes cuisses. Je lui ai baissé à nouveau sa culotte, ses fesses étaient encore tièdes de la première tannée, mais quitte à avoir mal aux mains, je lui ai redonné une fessée qu'elle n'est pas près d'oublier, n'est-ce pas Christine ?"
J'ai rougi comme une pivoine, d'autant que les regards brillants de mes soeurs témoignaient plus de satisfaction que de compassion. Elles venaient d'avoir un compte-rendu détaillé de la fin de l'épisode de la veille. Cela ne valait pas une version avec l'image, mais ce qu'elles avaient entendu ajouté aux mots de Maman suffisait à leur faire imaginer parfaitement la scène...
J'eus ensuite du mal à finir ma part de gateau, me retenant difficilement de pleurer, à cette évocation qui me faisait revivre cette soirée mémorable...

A SUIVRE

dimanche 15 juillet 2012

Chronique d'un redoublement : 42. Des pensées au lendemain d'une soirée douloureuse

SUITE 41


Cette dernière journée d'un week-end à rallonge mémorable pour mes fesses se déroula finalement dans le calme. Autant il avait fait beau depuis samedi, autant ce mardi férié, offrait un vrai "temps de Toussaint" comme l'on disait.
Maman ayant été porter au cours de la semaine quelques chrysanthèmes sur les tombes des arrière-grands-parents et d'une grande tante défunte, elle nous épargna le traditionnel défilé au cimetière qui n'est guère une sortie prisée par des enfants.
Il faisait mauvais et elle avait encore quelques tâches de repassage et de raccomodage à faire, et comme nous nous étions bien aérées les jours précédents, Maman préféra que nous restions à la maison, tranquilles, en sachant que Mamie ou Tata passeraient bien au retour de leur visite au cimetière.
Maman sentait d'ailleurs que sa petite troupe serait assurément sage, avec une grande bien calmée et des petites qui ne tenteraient pas le diable, dans une maison où elles avaient de leurs yeux vu ce qu'une bonne déculottée voulait dire, et deviné à l'oreille que, si cela ne suffisait pas, Maman savait doubler la mise sur les fesses de leur grande soeur...


Les petites ne tardèrent pas à descendre à leur tour alors que je finissais mon bol de chocolat et mes deux tartines beurrées. Maman était contente que nous ayons fait une bonne grasse matinée, d'autant que les petites qui avaient pu voir le film de Disney s'étaient couchées un peu plus tard que d'habitude. Maman s'en réjouit, et je vis que cela faisait plaisir à Aline et Diane qu'elle rappelle que les petites avaient pu profiter d'une soirée en forme de récompense... Et si elle ne le dit pas directement, cela ne pouvait qu'évoquer combien ma soirée à moi avait été tout autre...

Je le lisais dans les yeux d'Aline et Diane. Elles n'auraient pas osé, dès le matin, devant Maman, se moquer de moi, mais, en tout cas, elles paraissaient enjouées avec cette manière de relever la tête, cette sorte de fierté de celles qui ont été récompensées, une attitude contrastant avec la mienne, essayant de faire bonne figure, mais tendant le dos, fronçant les sourcils à chaque allusion même indirecte, et baissant plutôt la tête dans son bol pour éviter de croiser les autres regards...

Je n'avais qu'une envie, c'était bien sûr de tourner la page, de changer de sujet, de ne pas voir les épisodes de la veille évoqués à nouveau. A l'inverse, il y avait chez Aline et Diane, des questions restées sans réponse, et l'envie d'en savoir plus sur ce qui s'était passé dans ma chambre, sur cette deuxième fessée seulement devinée... Comme si elles se sentaient frustrées de ne pas avoir eu de ticket d'entrée pour le dénouement d'un spectacle dont elles avaient suivi les premiers actes, aux meilleures places, comme au premier rang...


A l'évidence, Maman ressentait la situation et elle n'en rajouta pas dans le rappel des événements. Ce n'était pas nécessaire, la double punition ayant été suffisante pour clore le débat, je pense.

L'épisode à rebondissement de la veille m'avait assurément calmée, mais il incitait aussi les petites à ne pas tenter le diable, tant en la matière parfois Maman pouvait avoir tendance à "rééquilibrer" les comptes, si j'ose dire...

Plus tard dans la matinée, Diane vint dans ma chambre me demandant de l'aider pour un jeu. Un prétexte pour essayer de m'amadouer, pour glisser à un moment sur ce qui s'était passé à l'abri de leurs yeux. Petite soeur était toute gentille, comme pleine de compassion, tentant de me pousser à la confidence. Je voyais bien son manège et je ne tombai pas dans le piège. Si la soirée de la veille s'était résumée à ma seule déculottée devant leurs yeux, sûr que mes soeurs auraient été dans la moquerie, auraient profité du moindre moment où nous aurions été seules pour se gausser devant moi.

Là, bizarrement, j'avais l'impression d'être dépositaire d'un secret qu'elle voulait absolument percer. Comme si il leur manquait la dernière page du chapitre, celle du dénouement. Cette deuxième fessée aurait pu me désespérer, me mortifier moralement, me faire vraiment réfléchir à mon comportement. Son aspect plus privé, plus mystérieux pour mes soeurs, m'amenait à l'accepter davantage. Elle aurait du raviver l'effet de la première, et elle l'avait fait du point de vue de la cuisson de ma lune, et de la douleur, mais du point de vue moral, de ma pudeur aussi, la suite était différente.



J'aurais pu n'avoir dans mes souvenirs cette sensation horrible et obsédante de la grande soeur traitée en gamine, à qui l'on baisse la culotte sous le nez des petites, et à qui sa Maman donne une de ces fessées d'anthologie. Mais, heureusement, oserais-je dire, il y avait eu mon mouvement d'humeur, ma réaction imprudente, qui m'avait valu de retourner sur les genoux maternels. Sauf que cette fois, c'était sans que les petites le sachent à l'avance, sans qu'elles y assistent. Cela devenait donc une histoire entre Maman et son ainée, un conflit entre la mère et la grande fille, réglé entre elles, même si concrètement c'était une fois encore une déculottée magistrale. Quelque part, c'était plus honorable, tant que Maman n'en donnait pas tous les détails à qui voulait l'entendre...

A SUIVRE

mercredi 13 juin 2012

Chronique d'un redoublement : 41. Nuit calme et réflexions en nombre

SUITE 40


Je m'étais endormie avec comme un petit radiateur en bas du dos. La seconde fessée m'avait à l'évidence calmée, sonnée, essorée si' j'ose dire.



Cette nouvelle fessée m'était tombée dessus de manière subite pour une fois. C'était rare d'ailleurs que cela m'arrive ainsi. Ce n'était pas dans mes habitudes, si tant est que j'en ai eues.
Mais, de fait, j'étais plus souvent dans l'anticipation, dans l'angoisse, dans l'imagination d'une fessée à venir que dans le vécu en direct, que dans la surprise d'une déculottée soudaine.
De là venait peut-être l'explication inconsciente de ma conduite. La fessée magistrale et publique du début de soirée était dans ma tête depuis quatre jours. Je l'attendais et j'avais d'abord cherché à en minimiser l'importance, à la programmer à ma guise, à la réduire à une fessée classique.
Mon objectif, n'étant pas totalement inconsciente, connaissant la détermination maternelle, ses règles et ses promesses, n'était pas finalement d'y échapper. Je savais bien que ma conduite, en cours d'anglais qui plus est, ne pouvait que se solder par une fessée. Tout ce que je pouvais seulement espérer, c'était de ne la prendre qu'en fin de week-end et dans un face à face, pour ne pas dire un main à fesse dans l'intimité, à l'abri de quatre murs, et dans une maison vide si possible.
J'avais échoué, et le scénario avait tourné au pire, à la déculottée quasiment mise en scène devant mes soeurs, dans le salon, la pièce la plus publique de la maison.



Cette rancoeur qui me tenait au corps, qui faisait que je m'en voulais presque autant qu'à Maman, je ne l'avais pas exprimée publiquement, comme j'aurais pu le faire en claquant la porte ou en lançant le "Je m'en fiche" devant la famille réunie.
Il y avait donc encore un soupçon d'intelligence dans une rébellion contenue, et qui ne s'était exprimée que devant Maman, à l'abri dans ma chambre.
Là, certainement consciente que je prenais des risques, mais ayant comme envie de reprendre la main, ma rancoeur s'était laissée aller à la petite phrase de trop...
Comme si je voulais avoir le dernier mot, quitte à ce qu'un nouvel événement survienne, mais au moins je ne serais pas restée sur ce souvenir mortifiant d'une Christine recevant une tannée exemplaire devant trois paires d'yeux regardant rougir ses fesses...

Mon "je m'en fiche" avait un côté bravade dont je ne soupesais pas la gravité pour une mère qui venait surtout me consoler, et ne pouvait donc que comprendre que sa fille, elle, n'avait pas tout "compris" !



A peine avais-je prononcé ces mots, et surtout compris qu'ils étaient bien assez forts pour que Maman les comprenne, j'avais eu conscience que cela allait mal finir. Habituée à guetter les expressions maternelles, à jouer avec le temps pour en gagner, pour épargner mes fesses, je savais aussi quand l'engrenage fatal était en marche.

J'avais attendu quatre jours la fessée du début de soirée, en m'en voulant très fort de n'avoir pu y échapper un cinquième. Là, le "Je m'en fiche" prononcé, c'est moins de quatre minutes qui allaient séparé la faute de la nouvelle sanction...

Pas le temps de réfléchir, juste celui de supplier, en sachant que c'était en vain, de tenter de se défendre, de gigoter tant que je pouvais, mais de subir la loi maternelle, de sentir une fois basculée en travers de genoux que j'avais quitté si peu de temps avant, que ma mappemonde encore rouge allait être à nouveau dévoilée...

C'était moins long, moins démonstratif, moins théâtralisé qu'au milieu du salon, mais tout y était dans le déroulement d'une nouvelle déculottée comme l'on répète à qui n'a pas bien entendu.

Fessée plus courte mais aussi vive, qui faisait plus mal aussi, de par un épiderme déjà à vif. Mais, c'est elle qui me calma vraiment, m'enlevant jusqu'à ma rancoeur car, cette fois, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi.

Contrairement à la fessée du salon, enfin seule avec Maman dans ma chambre, je n'avais pas retenu mes larmes, mes cris, mes supplications, m'épuisant moi-même aussi.



Evidemment, j'étais honteuse, vexée d'avoir été déculottée deux fois dans la même soirée, évidemment, je savais qu'Aline et Diane, avec les seuls bruits, avaient compris que "grande soeur" avait mérité une nouvelle fessée, mais quelque part, le fait qu'elles n'aient pas été présentes dans la pièce, qu'elles n'avaient pas été témoins de toutes les séquences me rassurait en quelque sorte.

Il faudra que les commentateurs patentés de mes confessions me donnent leur avis sur ce point, mais cette seconde fessée, pour horrible qu'elle fut à vivre, pour honteuse et infantilisante dans son application, pour marquante moralement en ce qu'elle insistait sur le fait que si une fessée ne suffit pas, l'autre arrive, c'est aussi elle qui m'a apaisée.

Envoyée dans ma chambre après une déculottée magistrale devant Aline et Diane, j'aurais mal dormi et cauchemardé toute la nuit.
Mais, bizarrement, la lune encore plus écarlate, deux "radiateurs" au bas du dos, j'ai dormi comme un loir. Et même la certitude que mes soeurs pourraient se moquer de leur ainée passant deux fois dans la même soirée sur les genoux maternels, me chagrinait moins que la première tannée.

Du salon, me revenait l'image des ultimes regards sur la punie qui s'enfuyait vers sa chambre. Depuis, j'avais à nouveau connu la dispute maternelle, j'avais retrouvé la position mortifiante, j'avais une fois de plus été déculottée, Maman m'avait donné une seconde fessée, mais c'était entre nous d'une certaine manière, c'était dans ma chambre, sans autre témoin qu'une fesseuse et une fessée, et cela changeait quelque chose dans ma tête, dans mon ressenti...

Quelque part, la deuxième fessée était à l'image de celle que j'aurais voulu pour la première. Vouloir est un grand mot, mais l'idée est là. C'est comme si, inconsciemment, après avoir vécu ma déculottée publique, la seconde en privé me donnait raison. Comme si je reprenais la main en ayant la fessée où je voulais, et que cela m'aidait à oublier les affres d'une tannée magistrale devant mes soeurs qu'effectivement, même aujourd'hui, je n'ai toujours pas oublié...

Le lendemain matin, Maman nous a laissé faire la grasse matinée. Il était presque dix heures, quand j'ai émergé, mes soeurs, elles, dormaient encore.


Maman était dans la cuisine encore en peignoir et chemise de nuit, buvant son café, tranquille.

"Alors, ma chérie, tu as bien dormi ? J'espère que la journée sera plus calme qu'hier... Viens me faire un bisou", dit-elle en restant assise. Je vins vers elle et l'embrassai. Elle me serra un instant, calmement, et cela me fit du bien, sentant que j'étais pardonnée, qu'elle ne m'en voulait plus.







"Tu devrais prendre ta douche avant que tes soeurs ne se lèvent. Je te fais chauffer ton bol de chocolat en attendant", dit-elle. Je répondis : "Oui, Maman, bien sûr, j'y vais". J'avais une voix presque enjouée, d'enfant sage et obéissante, et le petit sourire au bord des lèvres de Maman devait traduire une pensée du genre : "C'est quand même mieux quand Christine est calmée. C'est dommage qu'il ait encore fallu que ça passe par la fessée, mais apparemment ma grande a compris la leçon... Du moins jusqu'à la prochaine..."


Filant dans la salle de bains, mon premier réflexe fut de regarder mon bas du dos...
Ma lune était redevenue blanche, du moins de sa couleur habituelle, de celle des jours sans fessée... Même si cette première vision me rappela de mauvais souvenirs, et fit que je me reculottai prestement.


Mais, j'allais prendre ma douche, la porte était fermée, et je voulais en avoir le coeur net.
M'approchant du miroir, j'ai baissé à nouveau ma culotte, regardant bien de près. Il n'y avait aucune trace, même si en passant ensuite sous la douche le gant de crin, je sentis que l'épiderme était encore sensible, et que la peau aurait pu rougir à nouveau assez vite...



Je ne frottai pas plus et je ressentais comme une petite joie intérieure d'avoir les fesses redevenues comme si de rien n'était.
C'était idiot, mais j'aurais quasiment eu envie de réveiller mes soeurs et de leur montrer mon bas du dos en disant : "Oui, j'ai eu une deuxième fessée, mais vous n'avez rien vu, et mes fesses sont toutes blanches, na, na, na !"

Pensée fugace, bien sûr, non mise à exécution, mais satisfaction personnelle quand même. Le gant de crin m'avait rappelé que ma peau avait été mise à rude épreuve, et qu'elle demeurait sensible, de toute manière la Christine de ce lendemain de double fessée n'avait aucune envie de se remettre en évidence. Pas question de risquer une quelconque fâcherie maternelle. Grande fille allait jouer l'enfant modèle quitte à donner encore raison à Maman, mais Christine fessée et re-fessée la veille allait se tenir à carreau !

A SUIVRE

mercredi 6 juin 2012

Chronique d'un redoublement : 40. La rancoeur est mauvaise conseillère...

SUITE 39


Quand je me suis enfin calmée un peu, j'ai séché mes larmes et je me suis levée. Je n'allais pas rester au lit à 20 h 30. Je tournais en rond dans ma chambre, heureuse de ne plus être sous les regards familiaux, mais aussi rageuse de louper le film de Walt Disney. Non pas que j'y tenais particulièrement, mais je pensais que si j'avais réussi à gagner du temps, je n'aurais pas encore reçu la fessée et je serais devant l'écran au milieu d'une famille apaisée, et non la punie honteusement envoyée dans sa chambre.



Je sentais encore des picotements au bas de mon dos. La chaleur s'estompait, mais j'avais l'impression d'avoir l'épiderme à vif.
Je me suis placée devant la glace de mon armoire et j'ai baissé mon pantalon de pyjama ainsi que la culotte... Mes fesses étaient encore rouges, d'un rose très soutenu, qui recouvrait très uniformément ma mappemonde. C'était légèrement plus clair à la naissance du dos, mais les fesses avaient une teinte écarlate qui témoignait d'une fessée méthodique, minutieuse, appliquée de main d'experte assurément...

J'osais rarement regarder le résultat après une fessée. Mais, là, je restai un long instant. Il est vrai que l'air frais de la chambre m'apaisait plus que quand ma lune était recouverte des culotte et pantalon.

Sans le savoir, je me faisais du mal, car cette image s'imprégnait en moi et allait me poursuivre quand j'y repenserais. Mais, j'étais comme fascinée de me voir ainsi déculottée et la lune rougie, comme j'en cauchemardais à l'avance depuis trois bons jours...

C'est une autre pensée qui me fit sursauter : je songeai à Maman, et surtout à Aline et Diane, en me disant que c'était cela qu'elles venaient de voir sous leurs yeux, ces fesses-là, les miennes, et qu'en plus, elles les avaient vues blanches, tremblantes, apeurées, puis changer de couleur sous la claquée maternelle...

J'en eus comme un haut-le-coeur, et je sanglotai à nouveau. Des larmes coulaient sur mon visage, plus de douleur, mais de sentiment de honte cette fois... J'enrageais littéralement à cette pensée.




Maman qui avait mis mes soeurs devant leur film monta à l'étage pour ranger diverses choses, et elle entra dans ma chambre.

L'entendant monter, je m'étais rhabillée et j'avais sauté sur le lit pour qu'elle ne me surprenne pas devant la glace.

J'étais recroquevillée, et je sanglotais quand elle s'approcha de moi : "Arrête donc de pleurer, Christine. N'exagère pas. Tu es bonne comédienne, mais tes simagrées ne servent à rien après coup".

Je me sentis comme vexée : "Non, je ne suis pas comédienne. J'ai mal, je suis triste.".

Elle répliqua avec ironie : "Ma chérie, une fessée, ce n'est pas donnée pour faire du bien. Tu es bien placée pour le savoir, à force de les chercher, non ?"

Je haussai les épaules : "Je ne les cherche pas, c'est pas vrai, pfff".
Maman poursuivit : "Si tu ne les cherches pas, en tout cas, tu les trouves, surtout quand tu mens et caches tes fautes. Parce que, là, comme comédienne, pour jouer les Sainte Nitouche, et essayer de rouler ta mère dans la farine, tu es championne. Mais, ne te plains pas alors d'en recevoir le prix sur tes fesses..."

Plus ce dialogue avançait, et plus j'avais comme envie de crier. Je n'osais pas bien sûr, mais je sentais une boule en moi, que l'image de ma lune rougie dans la glace, et le fait que je pensais à mes soeurs la regardant, avait nouée au fond de mon coeur.

"Pff, c'est pas juste, je suis toujours punie", osai-je quand même rétorqué, ce qui ne plut pas à Maman.

"N'insiste pas, Christine. c'est moi qui décide ce qui est juste ou pas. Ce ne sont pas encore les enfants qui commandent. Et si tu est toujours punie, c'est que tu continues à chahuter, à mentir, à travailler en dent de scie, et je te prie de croire, ma grande, que la fessée de ce soir n'est sûrement pas la dernière, et que si tu continues à te comporter ainsi, je continuerai à m'occuper de tes fesses, moi !"  Le ton était péremptoire et irrité.

Je pense que Maman était venue certainement pour me consoler, et qu'elle m'espérait repentante, alors que comme je m'en voulais d'avoir pris cette tannée et de ne pas avoir su gagner au moins un jour de plus, j'étais au fond de moi encore énervée, et qui plus est vexée d'avoir reçu ma fessée devant mes mes soeurs...

Boudeuse, prenant comme une nouvelle vexation cette menace maternelle à mon encontre, j'aurais eu envie de donner des coups de poing dans mon oreiller. Je gardai la tête baissée, et je grognai et grommelai : "Pff, je m'en fiche..."

Maman sursauta : "Qu'est-ce que tu as dit, répète, Christine ! "
J'aurais dû dire : "Euh, non, euh, rien, pardon, Maman, c'est pas vrai, je ne m'en fiche pas", et j'en aurais peut-être été quitte pour une gifle.
Mais, consciente d'avoir été trop loin, je prétendis : "Euh, rien, j'ai rien dit. Non, tu as rêvé."

C'était ce qu'il ne fallait pas dire ! Une mère cela n'a pas des voix, ça ne rêve pas quand ça entend des réflexions de sa fille.

"Ce n'est pas possible. Tu n'as pas compris. Quand je te dis que tu cherches les ennuis, Christine. Eh bien tu les trouves, ma fille !" répondit-elle en haussant la voix. Là, il n'y eut pas de round d'observation, ni d'attente angoissée, déjà, elle m'avait extirpée du lit et trainée vers la chaise où elle avait pris position, m'y allongeant sans préavis aucun. et abaissant mon pantalon de pyjama, avant de s'attaquer à ma culotte qu'elle replaça bien en bas de mes cuisses, dégageant à nouveau ma lune tremblante...



 Je suppliai : "Non, Maman, non, pas encore la fessée. J'ai trop mal. Non, je ne veux plus"
Mais, à la fois énervée et appliquée, elle se motivait en répétant : "Ah, tu t'en fiches, Christine. On va voir si tu t'en fiches encore longtemps".   

  
 Elle regarda ma lune en rajustant ma position pour que je ne puisse gigoter : "C'est vrai que ces fesses-là ne sont plus trop rouges et qu'elles méritent d'être réchauffées à nouveau, puisque Mademoiselle Je m'en fiche le demande avec insistance..."




Et la claquée reprit. Vingt minutes à peine après la fessée devant mes soeurs, la main maternelle semblait avoir retrouvé sa vigueur initiale.
Mais, surtout, les claques tombaient sur une lune endolorie, et il n'y eut pas de phase de pré-chauffage. Ca piquait de suite, c'était comme brulant, comme insupportable d'entrée.

"Non, Maman arrête, pardon, non je ne m'en fiche pas, je ne le dirai plus, pardon, pardooooon, non, plus la fessée", répétai-je en litanie, et en poussant des cris et gigotant pour essayer de m'échapper.

 Maman me bloqua à nouveau : "Ne cherche pas à te dégager, ma fille, c'est inutile. Tu ne diras plus que tu t'en fiches, alors ?"

Je jurai : "Oui, Maman, je te jure, je serai sage, je ne répondrai plus. Je ne dirai plus que c'est pas juste, ni que je m'en fiche."

Elle acquiesça : "Je l'espère bien, Christine, sinon, tu sais ce qui t'attend, ma chérie ? Tu sais, c'est la fessée, la fessée, Christine..." Et son bras repartit de plus belle.

Ce ne fut pas une claquée aussi appliquée que la première, mais une fessée en règle pour calmer une grande fille que la tannée n'avait pas suffit à museler.

Pendant cet échange verbal, avant que la fessée ne reprenne, la maison avait paru silencieuse. Sûr que mes soeurs devaient avoir baissé le son, peut-être même qu'elles étaient au bas de l'escalier l'oreille aux aguets, mais leurs yeux ne voyaient rien, et j'en tirais comme une consolation, comme une fierté, comme si cette deuxième manche était une fessée de grande.
Je serrai les dents quand Maman entama un final claquant et bien sonore. Mais, la douleur était intense et j'éclatai en gros sanglots, vidant mes larmes, et soufflant comme un coureur épuisé.




C'est une lune redevenue écarlate que Maman regarda un instant avant de me laisser enfin tranquille, seule dans ma chambre, fermant la porte qui était restée entrouverte durant toute la scène.

Ainsi quand mes soeurs en eurent fini avec leur film, je ne croisai pas leur regard. Je savais que j'aurais des commentaires le lendemain, mais j'étais calmée et sonnée pour le compte et je n'eus guère de mal à m'endormir comme une masse.

J'entendis Maman vers 22 h venir voir si je dormais bien. Elle me reborda et me déposa un baiser sur le front. Comme la marque du pardon à une coupable qui avait payé doublement sa faute.

A SUIVRE