jeudi 25 novembre 2010

Mes ruses de Sioux : la malade imaginaire (18)

SUITE 17 

J'épongeais mon chagrin contre mon oreiller quand mes soeurs sont revenues de leur cours de danse. La prof les avait lâchées avec dix minutes d'avance, et je me rendais compte que j'avais eu chaud qu'elles n'arrivent pas au moment crucial.
J'avais "eu chaud", façon de dire, et réellement aussi en recevant cette fessée magistrale que Maman avait particulièrement soignée...
"Christine, descends, on va passer à table", l'appel de Maman, quelques instants plus tard, m'obligea à sortir de ma torpeur. J'étais encore sous le choc, les yeux toujours mouillés, perdue dans mes pensées, me remémorant ce que je venais de vivre.
Descendre ne m'enchantait pas. C'était le retour à la vie familiale, dans un contexte où mes soeurs allaient bien se rendre compte que je n'étais pas dans mon assiette...
J'ai cherché à faire bonne figure, séchant mes larmes, rajustant ma tenue, avant d'aller retrouver la table familiale. Aline, Diane et Maman étaient déjà assises quand je suis entrée dans la cuisine. J'ai tenté d'éviter les regards, de ne pas croiser celui de mes soeurs, et j'ai commencé à avaler mon bol de soupe en plongeant le nez dedans, manière bien pratique de cacher mon émotion.
"Tu as pleuré, Christine ?" me demanda Diane qui avait remarqué mon visage défait.
Je ne répondis pas, mais cela me fit remonter un gros sanglot. Ma soeur réitéra sa question sans que je dise un mot. Elle se tourna vers Maman qui lui confirma ce dont elle se doutait : "Laisse ta soeur tranquille, Diane. Christine a encore eu, comme je le craignais, une très mauvaise note à son contrôle d'anglais. Alors, Maman lui a donné la bonne fessée qu'elle méritait, voilà tout !"



Mes soeurs n'en ont pas su davantage, et j'étais soulagée que Maman n'ait pas précisé qu'il s'était agi d'une "bonne déculottée", comme elle savait si bien dire...
Le regard d'Aline et de Diane brillait en me regardant, le visage triste et penaud, avec cette mine de gamine honteuse que Maman rappelle mes exploits.
Heureusement, le sujet n'a plus été abordé et c'est avec soulagement que j'ai pu sortir de table, le dessert avalé.
Maman a demandé aux petites d'aller se préparer pour la nuit. Moi, j'étais déjà en pyjama depuis que j'avais dû m'y mettre pour attendre Maman et ce qu'elle m'avait promis...
J'ai donc aidé à débarrasser la table, à ranger les quelques affaires qui trainaient dans le salon, puis j'ai été autorisée à monter pour retrouver le calme de ma chambre...

Mes soeurs étaient en tenue de nuit et attendaient Maman, non sans me guetter, me regardant passer devant leur porte, en me décochant un de ces sourires moqueurs dont elles avaient le chic.
Elles pouffaient discrètement pour ne pas se faire entendre du rez-de-chaussée, mais moi je les entendais bien, et leurs gloussements me faisaient craindre qu'elles m'aient jouer un tour.
De fait, en me dirigeant vers mon lit, je me rendis compte que l'oreiller n'était plus en place...
Je cherchai un instant et je le retrouvai posé bien en évidence sur la chaise de mon petit coin bureau, celle où je m'asseyais pour faire mes devoirs...
Mes taquines de soeurs avaient placé l'oreiller comme un coussin sur ma chaise, comme si j'en avais besoin pour y asseoir mes fesses endolories...
Si j'en avais eu l'idée en sens inverse, j'aurais trouvé la plaisanterie drôle, mais en étant sa victime, elle était du genre à me taper sur les nerfs... J'en ruminai quelques volontés de vengeance à l'encontre de mes soeurs. Car si je m'étais plainte à Maman, je ne suis pas sûre que cela ne l'aurait pas fait rire à son tour.
J'ai donc pris sur moi et fait contre mauvaise fortune bon coeur, me résignant à ne rien dire, et remettant vite en place l'oreiller sur mon lit, histoire d'oublier cette vision d'un coussin protecteur qui montrait que mes soeurs en se moquant ainsi m'imaginaient avec la lune écarlate... Elles n'y avaient pas assisté, mais ce détail prouvait qu'elles y pensaient très fort...


Maman a couché les petites avant de venir me dire bonsoir. Je l'attendais sagement couchée. Elle s'est assise sur le bord de mon lit et s'est mise à me parler longuement. C'était sa manière de me consoler, tout en rappelant ce qui s'était passé, et en justifiant sa méthode.
"Allez, il faut éteindre, Christine. Il est l'heure de dormir. Il y a école demain et je suis sûre que tu vas t'appliquer à remonter ta moyenne. Tu ne voudrais pas que Maman se fâche encore...", me disait-elle d'une voix douce et calme.
"Oui, Maman, je travaillerai bien, c'est promis", lui répondis-je avec de la sincérité dans la voix, et en contenant des sanglots qui remontaient dans ma gorge.
"Je l'espère, ma chérie, je l'espère. Tu sais, cela ne fait pas plaisir à Maman de devoir te punir, mais là, franchement, tu l'avais bien méritée. Tu le savais depuis des jours et des jours que tu allais avoir une mauvaise note. Et, au lieu de travailler, tu as cherché à éviter le contrôle, en jouant les malades imaginaires. Le résultat, c'est que tu as été prise, et qu'au lieu d'être punie une fois, tu l'auras été deux fois. Je pense que cela te fera réfléchir avant de recommencer. Tu sais, Christine, on gagne toujours à être franche, ne l'oublie pas...", insistait Maman, et je ne pouvais que constater qu'elle avait entièrement raison...
"Oui, Maman, j'ai compris, pardon, pardon" ! En disant cela, je m'étais redressée et j'avais enlacé Maman dans mes bras, la serrant très fort...
J'avais besoin de tendresse et je redevenais comme un bébé, comme une gamine qui veut être rassurée. Maman me serra longuement, et j'étais bien dans ses bras.

 "Allez, c'est fini, Christine. Tu es pardonnée, bien sûr. Pourvu simplement que tu n'oublies pas trop vite cette leçon. Tu sais, ça peut arriver de louper un contrôle, d'avoir des mauvaises notes, mais déjà ne pas les cacher est un bon point. D'ailleurs, je suis contente que ce soir, en rentrant du collège, tu n'aies pas cherché à me cacher tes résultats. Tu as reçu la fessée que je t'avais promise, mais cela aurait pu être pire si tu m'avais menti... Je sais que tu me comprends, ma chérie...", ajouta Maman avant de me déposer un doux baiser sur la joue et de sortir en éteignant la lumière... 


Je fermai les yeux en serrant l'oreiller contre moi, comme je l'aurais fait d'un nounours quelques années plus tôt. J'avais sommeil, mes nerfs avaient été copieusement calmés, et ma tête commençait enfin à se vider des angoisses que je trainais depuis plus de deux semaines.
Il y avait eu la peur de devoir passer le contrôle, puis tout ce que j'avais imaginé pour y échapper. La trouille ensuite de voir ma fausse maladie découverte, puis une fois ma ruse éventée, l'angoisse précédant la tannée promise, et son exécution magistrale devant mes soeurs.
Et cela n'était qu'une étape du fait du report impromptu du contrôle. J'avais dès lors eu peur de le rater, puis j'avais vécu plus d'une semaine dans l'attente d'une note que je savais mauvaise, et dont les conséquences avaient été clairement édictées à l'avance.
Ce soir, mon retour avec cette mauvaise note aurait pu me voir tenter de gagner encore du temps, de retarder l'échéance. Non, j'avais réussi à me libérer, à avouer presque spontanément mon résultat. Maman, a posteriori, venait d'ailleurs de m'en féliciter, mais je crois que cela avait été comme un soulagement pour moi. J'avais conscience que l'issue passait à nouveau par les genoux maternels, mais peut-être aussi que j'allais mettre un terme à plus de deux semaines d'angoisse. D'où ma franchise cette fois...


En plus, j'avais un petit sentiment de fierté d'avoir échappé à une nouvelle déculottée exemplaire devant mes soeurs.
On se console comme on peut, mais ce n'était pas un détail bénin pour moi... Pas du tout !
Je trouvai donc le sommeil assez facilement. D'autant que, pour la première fois depuis plus de deux semaines, je n'avais pas dans ma tête cette angoisse qui me taraudait l'esprit. Je n'avais plus penser au contrôle d'anglais, ni surtout à craindre ce qu'une mauvais note faisait planer sur ma tête, ou plutôt sur mes fesses...

samedi 13 novembre 2010

Mes ruses de Sioux : la malade imaginaire (17)

SUITE 16


"Non, Maman, Non. Pas devant elles, nooon!", ma protestation avait fusé de ma bouche. Comme un cri du coeur. Immédiatement, Maman s'était rassise confortablement, avec un air du genre satisfait. La menace avait bien fonctionné. Le piège était imparable...
Maman me regardait sans rien dire, me laissant un instant à mon angoisse. Sa main pianotait à nouveau sur ses cuisses, pour me montrer la voie....
"Allez, viens ici alors... Ne reste pas plantée là... Il faudrait savoir ce que tu veux..."  dit-elle en haussant le ton.
La phrase jouait d'une savante rhétorique. Elle transformait mon cri du coeur, mon refus d'être punie devant mes soeurs en une acceptation d'une tannée immédiate. C'était finement joué, mais j'étais effectivement devant un choix qui n'en était pas un, contrainte d'avancer vers ma fessée pour ne pas avoir à la voir doublée d'une nouvelle humiliation.



"Allez, décide-toi, Christine...", insista-t-elle. Je pris une longue respiration et m'avançai enfin vers les genoux maternels...
Maman venait à sa manière de gagner un point important dans cet espèce de duel sur fond d'autorité.
J'avais la gorge serrée et je tremblais quand elle m'attrapa le poignet et m'attira pour me basculer en travers de ses cuisses.
Sa main tapota le fond de mon pantalon de pyjama, alors qu'elle commenta ma soudaine docilité : "C'est bien ma chérie. Je suis fière de toi. Tu obéis à Maman et tu viens sur mes genoux. On dirait presque que tu es pressée de recevoir ta fessée... Tu ne veux vraiment pas que nous attendions ce soir, après le dîner, dis, Christine ?"


Allongée en cette posture tant redoutée, je vivais mal ce qui était une moquerie supplémentaire, mais c'était plus supportable que la perspective d'avoir mes soeurs comme témoins...
Je ne pouvais que répondre : "Non, Maman, pas ce soir".
"Alors, passons aux choses sérieuses", ajouta Maman en glissant sa main sous l'élastique de mon bas de pyjama. Le pantalon glissa vers mes genoux, puis la culotte que j'avais gardée en dessous prit le même chemin, dévoilant pleinement mon bas du dos rebondi...


La lune à l'air, prête à recevoir l'averse, ma docilité passagère s'envola. Je tentai de protéger mes fesses avec ma main droite. Mais, Maman l'experte me l'attrapa et me la bloqua au milieu de mon dos.
J'étais à sa merci, désormais sans défense, et elle ne tarda pas à déverser une série rapide et très sonore de grandes claques sur ma lune. C'était une sorte de dégelée sur un épiderme blanc et frais qui se colora très vite.
Je me mis à protester, à balbutier entre deux cris : "Maman, aïe, aïe, arrête, non, je t'en prie, je travaillerai bien, non, pas la fessée, ça suffit. Je veux pas, je veux plus, snif, snif, c'est pas juste, aïe, aïe, aïe "!



Je redis la même chose, ou presque, une ou deux fois, comme un leitmotiv, alors que Maman ne baissait pas la cadence en s'appliquant à me rougir le derrière consciencieusement...
C'est à mon troisième "C'est pas juste", qu'elle arrêta son bras. Sans me libérer le moins du monde.
"Christine, ne m'énerve pas davantage. Il n'y a pas de "c'est pas juste" qui tienne. Tu le sais bien. Cette fessée, tu l'as bien méritée... Et tu le savais dès le début. D'ailleurs, si tu as joué les malades imaginaires, c'est bien parce que tu craignais d'avoir un mauvais résultat et que tu savais ce qui t'attendrait à la maison. Aujourd'hui, on règle simplement nos comptes...".
Je connaissais son raisonnement par coeur, mais je ne pouvais m'empêcher de plaider sa clémence : "Maman, je t'en prie, j'ai déjà été assez punie".
Elle me coupa, mon "assez" la vexait. "Christine, le "assez" c'est moi qui en décide. Je t'ai punie pour m'avoir menti, pour avoir trafiqué le thermomètre, pour t'être moquée de moi, et je t'ai flanquée la volée que cela méritait devant tes soeurs pour que tu retiennes bien la leçon. Aujourd'hui, c'est de ta note que nous parlons... Tu sais, la note d'anglais dont tu me faisais croire qu'elle atteindrait la moyenne... Est-ce que tu l'as eue cette moyenne, Christine ? Réponds-moi ".




J'étais évidemment coincée... "Mais, Maman, presque personne ne l'a eue".
Elle revint à la charge : "Christine, c'est toi ma fille, les autres élèves font ce qu'elles veulent. Répond moi : Est-ce que tu as eu 10, ou même 9, voire 8 ? Oui ou non, Christine ?"
Je murmurai un petit "Non, Maman, non, pardon, pardon".
Elle poursuivit : "Est-ce que je ne t'avais pas prévenue, Christine ? Avant le contrôle, puis le matin même, et est-ce que je ne t'avais pas dit depuis, en attendant les résultat que si tu n'avais pas la moyenne, tu pourrais préparer tes fesses ? Est-ce que c'est vrai, Christine, oui ou non ?"
Je ne pouvais répondre que oui, forcément, et je le fis en sanglotant, reprise par un flot de larmes qui remontait, que je ne pouvais maîtriser.
La situation était étrange, assez inédite, comme ce dialogue menée en plein cours de fessée. Je ressentais la chaleur de la première longue claquée, je devais avoir de belles rougeurs sur mes rondeurs jumelles, mais Maman avait mené cet échange sans poursuivre sa tâche correctrice. Avec un besoin évident de bien me faire comprendre son raisonnement, de bien me persuader de la nécessité d'une fessée magistrale, d'une "vraie fessée" comme dirait l'autre.
Je l'avais écoutée, sermonnant le doigt levé comme une menace. Je sentais que son bras gauche me maintenait toujours et je n'osais pas chercher à gigoter ou à tenter de me libérer, bien consciente que cela ferait repartir l'averse.
Profitant de ce calme, Maman avait pu aller au bout de son raisonnement, tout en reposant sa main correctrice.
"Tu vois, Christine, Maman tient toujours ses promesses. Et je suis même gentille, car j'aurais très bien pu te déculotter devant tes soeurs pour te faire honte", poursuivit-elle.
Je suppliai avec des petits "Non, non, non". Toujours et encore, comme si mon vocabulaire se restreignait à ces seuls mots dès que j'étais sur les genoux maternels...
"Ne t'inquiète pas, Christine, nous n'allons pas les attendre, puisque tu es pressée de recevoir la tannée que je t'ai promise. Regardez moi voir ces fesses qui ne demandent qu'à être rougies. Maman va s'en occuper, Christine. Et tu t'en souviendras..."



Une première nouvelle claque était tombée sur ma fesse droite, ravivant la douleur que la pause du sermon maternel avait fait s'estomper un peu.
"Maman, arrête, ça suffit, je t'en prie, arrête, je travaillerai bien, arrête, assez, aïe", sans le faire exprès je repartais dans des dénégations et dans ces "ça suffit" et "assez" qui remontaient plus Maman qu'ils ne l'apitoyaient.
"Tais-toi donc, Christine. Elles sont à peine roses tes fesses. Tu te doutes bien qu'un 7 sur 20 quand on a promis un 10 à sa mère, cela mérite une fessée magistrale. Arrête de te plaindre. Tu le savais bien. Ca fait bien deux semaines que tu sais ce qui t'attend, deux semaines que tu prépares tes fesses, ma fille. Alors, maintenant que je les ai sous la main, tu ne vas pas être déçue..."
Et l'averse reprit de plus belle, longue et claquante, sonore et démonstrative...




Après ces palabres, Maman passait aux choses sérieuses. Et j'avais bien conscience que son raisonnement était imparable, qu'elle avait raison sur toute la ligne, et que je ne pouvais même pas me plaindre, du fait que, véritablement, elle m'épargnait la fessée devant Aline et Diane que je craignais depuis des jours.
C'était comme si j'avais choisi le moment de l'exécution et, quelle que soit l'intensité de cette fessée, j'échappais à pire.
Toute protestation était désormais vaine, tout mot supplémentaire inutile. L'action était en route et je n'y pouvais plus rien.
Maman, sans nul doute, s'appliquait à me gratifier d'une fessée mémorable. Pour ma mauvaise note certes, mais aussi pour mes mensonges lui faisant croire une note miracle, et également encore pour me faire passer l'envie de vouloir la tromper en jouant la malade  imaginaire. Car, tout cela était lié à ce fameux contrôle que je craignais, et elle n'avait pas encore complètement digéré ma mascarade et ma duperie.
Energique à la croire infatigable, elle me tanna les fesses un interminable moment. Seule dans la maison avec Maman, j'avais perdu toute retenue. Devant mes soeurs, je me serais mordue les lèvres pour étouffer mes pleurs.
Là, je ne retenais plus rien, je pleurais à chaudes larmes, je poussais des cris à chaque claque. Cela faisait longtemps que je n'avais crié ainsi, une manière peut-être aussi de passer mes nerfs au terme d'un épisode dont l'issue me hantait depuis des jours.



Maman me relâcha enfin. Je crois que nous étions épuisées toutes les deux. J'avais les fesses écarlates et brûlantes, quand je remontai mon bas de pyjama et ma culotte avant de fuir vers ma chambre confier mon chagrin à l'oreiller de mon lit.
Dix minutes ne s'étaient pas passées que mes soeurs réintégraient la maison. J'étais encore en larmes, mais leur retour plutôt en avance me fit pousser comme un énorme "ouf" de soulagement. Maman venait de me donner une fessée d'anthologie, mais étrangement une part de moi se disait que j'étais chanceuse qu'elles ne soient pas rentrées quelques instants plus tôt...


A SUIVRE 

mercredi 10 novembre 2010

Mes ruses de Sioux : la malade imaginaire (16)

SUITE 15

19 h 10. Que fait-elle ? Maman n'est pas encore rentrée. En général, elle dépose les petites au cours avec un peu d'avance, vers 18 h 30, afin qu'elles se changent et soient bien à l'heure. Puis elle revient de suite. Elle aurait dû être là à 19 h, voire un peu avant.
Peut-être en a-t-elle profité pour faire une course ? Peut-être a-t-elle changé d'avis ?
Je me suis relevée et je fais les cent pas en pyjama dans ma chambre. Je déteste être dans l'incertitude. J'aime bien savoir tout, les surprises, ce n'est pas mon truc.
Je tourne et retourne, en me disant que Maman le fait peut-être exprès... Et que je suis en train de tomber dans le panneau, d'entrer dans son jeu. Car, c'est comme si j'étais pressée qu'elle revienne... C'est idiot à y bien réfléchir. Je ne vais quand même pas souhaiter recevoir ma fessée au plus vite...


19 h 20. Enfin, j'entends la porte d'entrée. Maman est revenue. Moi qui l'attendais, l'entendre me fait battre mon coeur plus vite...
Je guette son pas qui ne va pas manquer de retentir dans l'escalier.... Je l'imagine déjà...
Mais, non, elle ne monte pas encore. Je devine qu'elle range quelque chose, puis qu'elle met la table, j'entends les bruits familiers...
Je me demande quoi faire. Les minutes passent, les aiguilles tournent...
19 h 30 : j'en suis certaine, elle joue avec mes nerfs... "Christine, tu es prête ?" La voix de Maman retentit depuis le bas de l'escalier. Je ne sais quoi répondre. Pourquoi ne monte-t-elle pas ?
"Christine, tu m'entends ? As-tu fait ce que je t'ai demandé ?" lance-t-elle à nouveau du bas. Je me dois de répondre. Je bredouille : "Euh, oui, Maman, oui. Euh, j'ai rangé mes affaires et je suis en pyjama".
Je m'attends à un "Alors, j'arrive", mais Maman en a décidé autrement.
Elle réplique : "C'est bien ma chérie... Alors, qu'attends-tu pour descendre ? Viens me rejoindre au salon... Tu sais bien qu'il faut qu'on parle..."
La perspective ne me plaît guère, mais je n'ai pas le choix. Le salon, cela me rappelle trop la tannée reçue devant mes soeurs, le jour de l'arnaque au thermomètre...
J'imaginais que Maman viendrait me "parler" dans ma chambre... 

19 h 35, mieux valait ne pas la faire attendre. J'ai quitté ma chambre et suis descendue lentement. J'avais les jambes qui flageolaient et je me tenais aux rampes pour assurer mes pas. Etrange moment que celui-ci où je savais vers quoi j'avançais, que je marchais vers cette fessée qui m'attendait...


Arrivée au rez-de-chaussée, je me suis arrêtée juste avant d'entrer dans le salon. Je n'osais pas, je n'osais plus... 
J'ai avancé la tête pour regarder si Maman était bien là. Elle était plus que là, elle était exactement où je le craignais. Sur le canapé, à la même place que l'autre fois...
Je la voyais de profil, le visage fermé, les lèvres pincés, et sa main droite pianotait sur le coussin du canapé, comme pour se délier les doigts, et montrer son impatience croissante.


 Je ne pouvais plus reculer... Maman avait entendu les marches de l'escalier craquer, elle savait que j'étais descendue. Je devais aller au bout, je me devais de la rejoindre...
Au moment où je pénétrais dans le salon, Maman a tourné la tête. Son demi-sourire montrait que j'avais une drôle de mine, ainsi toute apeurée et avec un air repentant de circonstance...
Elle commenta : "Ah, te voilà quand même. On dirait que tu n'es pas pressée de rejoindre ta Maman qui t'attend, ma chérie... Mais, c'est bien, je vois que tu t'es changée comme je l'avais demandé. Nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses..."  
Cela me bloqua sur le pas de la porte, à quatre pas d'elle, qui ajouta : "Ne reste pas figée comme une statue, viens ici, Christine, allez..."
Je grommelai : "Maman, s'il te plait, tu pourrais me pardonner, j'ai fait des efforts, même la prof le dit. Je veux pas être encore punie..."
Maman haussa le ton : "Christine, ne me fâche pas plus que je ne suis. Les efforts, heureusement que tu en as faits. Mais le résultat est là. Au lieu de la moyenne promise, tu me ramènes un 7 sur 20, et il faudrait que je l'admette. Non, non, non... Je t'ai promis une bonne fessée et tu sais très bien que tu n'y échapperas pas... Allez, viens ici..."
Il restait quatre pas à faire, et je tremblais dans mon petit pyjama, les yeux fixés sur les genoux maternels qui m'attendaient...
Je ne bougeais pas. Je n'arrivais pas à venir de moi-même auprès de Maman. Mais, elle trouva l'argument, se redressant le dos un instant comme si elle allait se relever...
"Bon, Christine, ça suffit... J'ai été assez patiente... Si tu ne veux pas que je te donne ta fessée maintenant, eh bien, nous en reparlerons après le dîner. Devant tes soeurs, ma chérie, puisque tu sembles y tenir..."

A SUIVRE

mardi 9 novembre 2010

Mes ruses de Sioux : la malade imaginaire (15)

SUITE 14

Je ne rêvais pas. Maman avait bien dit : "Si tu veux que nous réglions cela entre nous, attends-moi en pyjama. Et prépare tes fesses, ma fille, prépare tes fesses !"

Alors qu'elle rejoignait mes soeurs dans l'entrée pour les amener à leur cours de danse, j'avais pris le chemin de ma chambre, grimpant les escaliers avec l'impression d'être dans un rêve, ou plutôt dans un de ces cauchemars qui me hantaient depuis deux semaines.
Mais, j'avançais comme un bon petit soldat obéissant qui monte au front...
J'avançais comme un petit soldat obéissant...
 


Arrivée dans ma chambre, je commençai à me déshabiller, presque mécaniquement, sans trop avoir conscience de ce que je faisais. Je n'avais pas envie de réfléchir. Je quittai ma jupe, enlevai mes grandes chaussettes blanches. 
Maman avait dit : "Mets-toi en pyjama", je le faisais sans discuter.


Un coup d'oeil sur le réveil de ma table de nuit me ramena les pieds sur terre. Il n'était pas encore tout à fait 18 h 30 et j'allais me retrouver en pyjama. Bien sûr, en cette période hivernale, il faisait déjà sombre dehors, mais nous ne dînerions que vers 20 h 15, quand les petites reviendraient de leur cours de danse qui était de 18 h 45 à 20 h.
La situation, d'un seul coup, me paraissait incongrue. Se mettre en pyjama si tôt, cela n'arrivait que si nous dinions tôt, ou si nous étions malades, mais ce soir la raison était ailleurs...

Je me suis arrêtée et l'émotion revenait m'étreindre, me serre la gorge...


La raison, c'était la fessée promise par Maman, et qu'elle me donnerait en revenant.
Sa petite phrase en forme de concession, la perspective d'éviter la déculottée devant mes soeurs, avait fait son effet. Alors que si elle n'avait rien dit, j'aurais attendu son retour en geignant, en me demandant comment éviter la honte publique, sa manière de me présenter une fessée "entre nous" m'avait quasiment transformée en victime consentante...
En m'en rendant compte, je me suis arrêtée de me dévêtir, et l'émotion est revenue m'étreindre, me serrer la gorge... avec des sanglots et quelques larmes perlant dans mes yeux...
"Non, non, non, ce n'est pas possible", me disait ma tête, en prenant conscience que le deal maternel revenait à rapprocher l'exécution redoutée, même si cela enlevait une part de son caractère exemplaire et dramatique pour moi.
Mes soeurs ne seraient peut-être pas dans la maison, mais ce n'était pas dans la soirée que ce que je craignais arriverait. C'était là, bientôt, dans un quart d'heure, une demie-heure au mieux, quand Maman reviendrait que j'allais payer pour ce contrôle catastrophique à l'origine de tant de désagrément pour moi.
Ne pas me mettre en pyjama n'était pas non plus un bon calcul. Mieux valait ne pas désobéir aux ordres maternels. Dans ma situation, la moindre contrariété maternelle supplémentaire n'était pas à conseiller...

Je me suis reprise et j'ai passé mon pyjama...


"Non, je ne veux pas fâcher Maman davantage", me dis-je en sortant de ma torpeur. Je quittai mes vêtements et enfilai la veste de pyjama, puis le pantalon. Je regardai une fraction de seconde ma lune dans la glace. Deux globes jumeaux bien blancs, à peine rose pâle, deux fesses qui étaient tranquilles depuis 13 jours. Un chiffre qui n'allait pas me porter bonheur.
J'en frissonnais de la tête au pied en me disant que ces rondeurs postérieures allaient être incessamment dévoilées, exposées sur les genoux maternels, livrées à une saine colère, pour une fessée hélas ô combien méritée...


Les images me montaient à la tête, je remontai vite fait mon pantalon de pyjama. afin de ne plus sentir l'air frais de la pièce sur mon épiderme qui s'hérssait de peur et de chair de poule.
J'avais envie de pleurer, mais je voulais surtout ne penser à rien. Je me suis allongée sur mon lit, j'ai fermé les yeux, en essayant de rester zen, d'attendre sagement... Mais comment attendre calmement la volée promise, comment ne pas avoir cette idée chaque seconde en tête, comment ne pas se dire que je préparais mes fesses ?

A SUIVRE

lundi 8 novembre 2010

Mes ruses de Sioux : la malade imaginaire (14)

SUITE 13

Je suis rentrée, tête basse, moitié en pleurs...


Je n'ai pas fait de détour sur le chemin de la maison. J'étais même contente d'être seule, de ne pas être raccompagnée comme souvent par Anne ou une autre copine du quartier. Je me sentais comme dans un tunnel, dans une voie avec une seule issue, la maison où m'attendait Maman.
La spécialiste, la championne du monde du "gagner du temps" que je pouvais être parfois, sentait combien il était inutile de jouer la montre. Maman attendait cette note, la guettait depuis une semaine, mentir le jour où elle était rendue aurait été une folie.
Et puis, ce contrôle, il fallait bien en clore le chapitre. Nous étions lundi soir, cela faisait deux semaines exactement que j'avais commencé à vouloir l'éviter en feignant l'indisposition, avant de réussir, le lendemain matin à faire croire à ma forte fièvre. Du moins le temps d'une matinée, qui s'était achevée en fanfare avec une lune écarlate devant mes soeurs...
Le contrôle reporté, la semaine de privation de sortie, puis à chaque cours d'anglais l'attente d'une note que j'espérais bonne, et le rappel maternel fréquent de ses promesses si je ne tenais pas les miennes.
Maintenant que j'avais eu le temps de me préparer à une désillusion de par les confidences de Mlle Paule, puis que la confirmation m'en était venue le jour dit, celui où Maman savait que les résultats tomberaient, la seule chose à faire était bien de rentrer et d'annoncer la couleur...
Juste devant la porte, j'ai essuyé mes larmes pour tenter de cacher mon désarroi, mais en ouvrant la porte, j'avais la mine déconfite, le regard vers le plancher, et une voix toute timide pour lancer comme d'habitude : "Maman, c'est moi".

"Ce n'est pas possible. Je le savais..."


Elle était dans le salon, près de la bibliothèque, et m'avait répondu d'un usuel : "Je suis là, Christine. Ca va, ma chérie ?"
Mais, arrivée en face d'elle, mon émotion a repris le dessus. Je me suis mise à renifler, à sangloter, en bafouillant : "Bah, euh..."
A voir ma mine, elle avait compris : "Toi, comme je te vois, tu as de mauvaises nouvelles".
Instinctivement, je hochais la tête comme pour dire "Non, non, M'man", mais même ces mots-là ne sortaient pas de ma bouche.
"Allez, ne me mens pas. Tu as enfin eu tes résultats d'anglais, c'est cela, hein ? Alors, tu as eu combien ?" demanda Maman sans me laisser le temps de souffler.
Il fallait que je me soulage, j'ai répondu d'une voix chevrotante : "Bah, euh, sept, Maman... Sept !"
Le visage maternel se figea. Elle resta un instant bouche bée avant de repartir de plus belle : "Ce n'est pas possible, Christine. Je le savais, je le sentais. Et toi qui voulais me faire croire que tu aurais la moyenne. Ca, ma fille, tu vas me le payer... Montre-moi voir donc ta copie !"
Comme soufflée, elle s'était assise sur le canapé, alors que je cherchais mon devoir pour lui montrer.

Je plaidai avec l'énergie du désespoir, pleurant à chaudes larmes.


"Maman, Maman, tu sais, il n'y a que trois élèves qui ont eu la moyenne. Même Anne a en dessous de 10. Et puis, regarde, Mlle Paule a dit que j'avais fait des efforts. Tu n'as qu'à lire, c'est écrit dans l'appréciation". En tendant ma copie à maman, j'avais retrouvé l'énergie pour me défendre, c'était l'énergie du désespoir, celle des causes perdues, mais je lançais mes arguments avec une sincérité poignante, entre deux sanglots d'une crise de larmes qui m'étreignait.
Maman n'était pas convaincue pour autant : "Christine, je me fiche des notes des autres élèves. C'est toi ma fille, toi que j'élève, toi qui m'avais promis d'avoir la moyenne... D'accord, c'est mieux écrit, c'est plus propre, tu as fait plus attention, mais la prof parle aussi de lacunes grossières et dit qu'il est temps que tu te reprennes... Et moi, je sais ce qu'il faut faire pour cela... Et tu n'y échapperas pas, Christine..."
La menace était claire, je savais bien ce que cela voulait dire.
"Maman, non, je t'en prie, pardonne moi. J'ai fait des efforts. J'ai déjà été assez punie l'autre jour pour ça...", essayai-je comme argument supplémentaire. Il fit un flop : "Christine, ce n'est pas toi qui décide ce qui est assez ou pas assez. L'autre jour, comme tu dis, tu as été punie pour avoir essayé d'échapper à ce contrôle. Tu m'as rendue ridicule devant notre médecin de famille et tu as osé jouer la comédie parce que tu ne voulais pas passer ce contrôle. Parce que tu savais que tu aurais une mauvaise note et que tu aurais des problèmes à la maison. Depuis, tu me fais croire que tu auras la moyenne, et tu as même voulu m'amadouer en essayant de placer la barre à 9. Mais, on en est loin, Christine. Ce n'est pas 10, ni 9, ni même 8, c'est un 7 sur 20 pas brillant du tout. Et si tu rentres avec cette tête-là, c'est que tu sais très bien ce que cela veut dire, ma chérie. C'est la fessée, Christine, la fessée, et tu n'y couperas pas !"
J'ai émis comme un petit cri, un "Nooonnn, non, Maman, je serai sage. Nooon, je t'en prie, noooon, pas la fessée...."
Je devais avoir l'air désespérée, même si je venais d'avoir la confirmation de ce dont je ne doutais pas, de ce dont je ne doutais plus...
J'étais là, devant elle, me balançant d'un pied sur l'autre, l'air godiche, apeurée. Je n'osais bouger, ne sachant pas si Maman allait m'empoigner sur le champ, là sur ce canapé, où treize jours plus tôt j'avais été déculottée devant mes soeurs...
Aline et Diane, justement, étaient en train de rentrer. La porte d'entrée venait de claquer. Le scénario catastrophe se faisait jour. Tout allait être réuni pour un remake éclatant...
Mais, l'histoire ne pouvait se répéter à l'identique. Aline, entrant dans le salon, interpella Maman : "Dis M'man, nos affaires de danse sont prêtes ? Tu sais que c'est toi, cette semaine, qui nous amène au cours avec Diane et Elodie. Et que c'est la maman d'Elo qui nous ramènera ?"
Maman n'était pas prise au dépourvu. Elle le savait bien et a envoyé mes soeurs prendre leurs sacs de danse dans leur chambre, avant de s'absenter le temps de les amener à leur cours de danse du lundi soir.
Elle les vit filer vers l'étage et reprit un instant sa conversation avec moi : "Bon, Christine, on reparlera de cela tout à l'heure. Après le dîner..."
Je grimaçai... Après le dîner, c'était la perspective d'une fessée devant mes soeurs. Ou au mieux à portée de leurs oreilles... Et de toutes les moqueries qui s'ensuivraient...
Je me mis à geindre : "Maman, s'il te plait, noooon, pardonne-moi, je ne veux pas la fessée. Pas ce soir, pas après le dîner..."
Elle haussa les épaules, et se mit à sourire, en voyant mes mimiques implorantes... Je ne sais pas si je l'avais convaincue, pas sur le fond en tout cas, puisqu'elle me coupa la parole en confirmant : "Christine, ce qui est dit est dit. Je te l'ai promise, tu auras la fessée et tu l'as bien méritée".
Mais, elle ajouta avec un petit air moqueur : "Allez, file dans ta chambre en attendant. Mais, d'ailleurs, si tu es pressée, on n'aura peut-être pas besoin de te faire languir jusqu'à la fin du dîner. Je vais conduire tes soeurs à leur cours et je reviens m'occuper de toi... Si tu veux que nous réglions cela entre nous, attends-moi en pyjama. Et prépare tes fesses, ma fille, prépare tes fesses !"

A SUIVRE