lundi 31 août 2009

Le temps des bonnes résolutions...

PROMESSES EPHEMERES...



La rentrée approche... Le moment du retour sur les bancs du collège ou de l'école. La perspective d'une nouvelle classe, de cahiers neufs sur lesquels on s'applique, de nouveaux profs, d'une grande année sur laquelle on fonde plein d'espoirs...
Après presque deux mois et demi de vacances, la rentrée est l'occasion de sentiments mitigés. L'envie de revoir les copines, de raconter ses vacances, de retrouver les filles de son âge et de ne plus être constamment avec ses petites soeurs, l'envie de démarrer l'année sur de bonnes bases.
C'est l'époque des bonnes résolutions quand on a que de belles pages blanches devant soi et plein d'envie de bien faire...
Les premiers jours seront d'ailleurs heureux, et l'on reprend le chemin du collège avec confiance, voire enthousiasme, croyant que les bonnes résolutions pourront tenir longtemps...
On se dit que l'on va décrocher des bonnes notes, que l'on ne chahutera plus, du moins que l'on ne se fera plus prendre... On s'accroche à cette idée qu'une classe au dessus, c'est une nouvelle étape, c'est une marche supplémentaire vers la sagesse, et que l'on va être à l'abri des punitions de gamine...
C'est promis, cette année, j'aurai la moyenne partout, je ne récolterai pas d'heures de colle, je me tiendrai bien en cours, les profs n'auront plus à convoquer Maman pour lui parler de mon inconduite... Bref, je vais éviter tout ce qui me valait de chaleureuses réceptions maternelles, tout ce qui me faisait me retrouver sur les genoux de Maman, jupe relevée et culotte baissée...
C'est sûr, c'est promis, cette année, je ferai tout pour ne jamais, au grand jamais, mériter une bonne fessée...

jeudi 30 juillet 2009

Confidences entre mères sur canapé

JE SENTAIS QU'ELLES SAVAIENT...



C'est la fin des vacances. Nous sommes revenues depuis deux jours de la mer. Cet après-midi, je suis allée à la piscine municipale et je reviens comme convenu à 17 h. En arrivant à la maison, je remarque la voiture de Jacqueline, ma tante. La soeur de Maman est venue prendre le thé à la maison et elle bavarde dans le salon avec elle ainsi qu'une voisine du quartier, la mère de Vanessa. Ca papote, ça papote...
Curieuse, je n'ai pas fait de bruit en rentrant par la porte du jardin restée ouverte par cette chaleur. J'écoute ce que ces dames se disent, en tendant l'oreille depuis le corridor. Comme toujours la conversation s'oriente sur les questions de famille : la rentrée, les enfants et aussi le rappel des vacances,
Maman explique notre séjour à la mer dans un hôtel bien situé où l'on pouvait s'en donner à coeur joie, à la plage toute proche et surtout dans la grande piscine du club de vacances.
La mère de Vanessa se réjouit pour nous : "Cela a dû être bien agréable. Quand les enfants peuvent se distraire ainsi, on a quand même moins de soucis avec."
Maman opine du chef : "Oui, je dois dire que les filles en ont bien profité et ont été en général assez calmes".
La nuance n'a pas échappé à Jacqueline, ma tante : "Tu dis assez calmes... J'espère qu'elles ne t'ont pas trop faite tourner en bourrique ?"
Je sens que la conversation va déraper... Et, de fait, Maman embraye : "Non, cela a été globalement. J'ai juste eu un peu de mal à obtenir de Christine qu'elle fasse ses devoirs de vacances. C'était important pour elle après l'année très moyenne qu'elle a faite. Je tenais à ce qu'elle en fasse au moins deux pages par jour au moment de la sieste. Au début, elle a rechigné, puis elle a essayé de jouer à la plus maline avec moi et de faire semblant de travailler. Mais, j'ai vite réagi comme il le fallait et tout est rentré dans l'ordre..."
Et Tante Jacqueline de chercher à en savoir plus : "Comme je te connais, je me dis que ma chère nièce a dû passer un sale quart d'heure... Non ?"
Maman s'empresse de lui confirmer ce qu'elle a deviné... "Tu sais, on était au début du séjour et toutes les trois commençaient à m'énerver. Petites chamailleries par ci, petites désobéissances par là. Et par dessus tout ça, Christine qui ne voulait pas travailler et me prenait pour une idiote, il valait mieux agir sans tarder. Je l'avais prévenue qu'il fallait qu'elle se méfie. En vacances ou pas, il faut obéir, un point c'est tout", explique ainsi Maman devant deux interlocutrices apparemment très intéressées.
"Et alors ?", s'enquit encore ma tante.
"Alors, on a réglé nos comptes, à l'heure de la sieste, toutes les deux dans ma chambre. De la seule manière qui fasse vraiment de l'effet. Une bonne fessée déculottée et je vous prie de croire que cela a calmé ma Christine pour le reste de la semaine. Et même ses soeurs qui ont compris ce qui pouvait leur arriver... Je dois dire que j'ai eu une paix royale pendant plusieurs jours..."
Tata Jacqueline et la mère de Vanessa n'ont pu s'empêcher de sourire en écoutant le récit maternel. De mon côté, leur conversation m'a glacé les os. Je me sens toute chose. Je déteste ces confidences et ces bla-blas entre adultes sur ce sujet de l'éducation.
J'ai déjà du mal à m'enlever de la tête les images et le souvenir cuisant de mes punitions. Mais quand elles sont évoquées ainsi, j'ai l'impression qu'elles recommencent. La scène revient dans ma tête. Et je me dis que ceux qui entendent ce récit, comme Tata et la mère de Vanessa, se mettent aussitôt à imaginer la scène et me voient plonger sur les genoux maternels offrant mes fesses à la main correctrice...
Heureusement, la conversation change de sujet. Elles se mettent à parler rentrée. Je vais en profiter pour traverser le salon, dire bonjour et gagner ma chambre...
J'entre pas trop rassurée, me sentant toute penaude... Je les découvre assises côte à côte sur le canapé. Leurs trois regards me fixent. Elles sourient mais j'ai le sentiment qu'il y a comme de l'ironie ou de la moquerie dans leurs yeux...
"Tiens, voilà justement Christine", dit ma tante. "On venait de parler de toi. Il parait que tu as passé de bonnes vacances et que tu as été sages... Enfin, presque tout le temps...", ajoute-t-elle avec le sourire aux lèvres.
Je rougis jusqu'aux oreilles... Ma gêne est visible et j'ai envie de courir vers ma chambre... En ressortant de la pièce, je sens leurs regards porter vers mon bas du dos... J'en ai presque les larmes aux yeux...

"Entrez donc, Mme Martin, on va prendre un petit café".

MES OREILLES VONT SIFFLER...



J'étais en train de jouer dans le jardin quand sa voiture s'est garée devant notre maison. Maman est sortie pour accueillir Mme Martin, une de ses amies habitant à quatre rues de la maison, et qui était surtout la mère d'Anne, ma voisine de classe en anglais.
"Bonjour Madame Martin", lui dis-je en lui faisant la bise avant de m'éclipser. Je n'ai pas trop envie d'être en leur présence, même si j'aimerais épier leur conversation. C'est même ce que je vais faire en alant dans le couloir près du salon. Car j'ai un mauvais pressentiment depuis que Maman a fait rentrer sa visiteuse en disant : "Entrez donc, vous allez me raconter cela... Je suis très intéressée..."
Ma peur tient même de la panique car je devine ce que Mme Martin va raconter à Maman. Avant-hier, lors d'un contrôle surprise d'anglais, j'ai copié sur ma voisine et la prof nous a surprises... Résultat : un zéro point pour toutes les deux et la copie à rendre signée pour le cours de vendredi.
Sale coup et gros orage en perspective... Alors, au lieu de venir m'en vanter avant-hier soir à Maman, je n'ai rien dit et j'ai caché la copie dans ma chambre. Hier soir non plus, j'ai hésité et puis j'ai reculé. Difficile en effet d'apprendre une telle nouvelle à sa mère quand on sait très bien quelle sera sa réaction. C'est la fessée assurée et je ne me voyais pas arriver penaude devant Maman et lui avouer pour m'entendre dire que j'étais bonne pour une déculottée magistrale...
J'avais encore ce soir et même demain jeudi pour lui faire signer à temps... Mais, la visite de Mme Martin ruine tous mes plans. Maman va savoir ce que j'ai fait et, pire encore, que je lui cache depuis deux jours... J'en ai des frissons dans le dos...

Quand mes mots se font embrouillés...

L'ANGOISSE NOUE MA GORGE...



"Explique-moi, Christine, si tu as d'autres arguments valables..."
Je ne sais quoi dire. Je baisse la tête. Je m'appuie d'une jambe sur l'autre. Je ne sais pas quoi faire de mes mains qui traduisent mon angoisse.
J'avais bien des explications oiseuses pour justifier mon zéro en maths, une erreur de la prof, une perte de ma copie, je ne sais quoi d'autres, mais tout cela je l'ai déjà utilisé à d'autres reprises et mal m'en a pris.
Non, j'ai raté le contrôle parce que j'ai oublié ou plutôt parce que je n'ai pas eu envie de réviser mon cours la veille... Et ça, ce n'est pas une explication que Maman peut admettre.
Je voudrais bien trouver les mots, mais je me sens coincée, comme dans un tunnel dont la sortie passe par une exposition sur les genoux maternels... Maman déjà tapote sa cuisse de sa main droite... Elle va décroiser ses jambes et me dire : "Allez, viens ici..."
Je vais reculer d'un pas et protester : "Non Maman, non, non, pas la fessée..."
Mais je sais trop bien que ce zéro va me valoir une bonne déculottée. J'en ai la chair de poule...

vendredi 24 juillet 2009

Des larmes de désespoir et des frissons anticipateurs...

J'EN PLEURE A L'AVANCE...



A la fin du diner, j'ai joué les filles modèles, aidant Maman à débarrasser et cherchant à gagner du temps, à repousser le moment où je devrais monter dans ma chambre...
Maman me laisse l'aider mais elle n'est pas dupe de mon manège... Mes soeurs, elles aussi, sont bien calmes ce soir. Elles ont évidemment compris qu'il y avait de l'orage dans l'air...
"Allez, Christine, maintenant, file dans ta chambre. Je mets les petites au lit et j'arrive... Tu sais que nous avons à parler, toutes les deux..." Les mots de Maman sont sans équivoque, pour moi du moins. Ils pourraient paraitre anodins, mais il n'en est rien.
Alors que je quitte sans me presser la cuisine, Maman rajoute : "Christine, n'oublie pas de reprendre ton carnet qui est sur la table basse du salon. On va en discuter..."
Eh oui, ce carnet, ce fameux carnet de notes qu'elle doit signer avant demain, et qui est comme elle l'a dit en le découvrant tout à l'heure "catastrophique"...
Et c'est de cela qu'il va falloir parler... On va en "discuter" comme elle dit... Mais, je sais très bien comment cela finira...
Je ne le qualifierais pas de catastrophique, mais c'est vrai qu'il n'est pas bon. Une fois encore, une fois de plus... De toute manière, ma moyenne a encore baissé... malgré mes bonnes intentions, malgré mes promesses faites le mois dernier pour tenter en vain d'éviter l'inévitable... J'avais évidemment promis de travailler, de m'appliquer, de progresser pour tenter d'échapper à la déculottée promise... Mais, Maman n'avait voulu rien savoir et cette fessée, je l'avais reçue le soir même.
Un mois plus tard, la situation se répète... Et elle n'en est donc que plus grave aux yeux de Maman...
Je suis désespérée, effondrée, angoissée...
Je ne vais pas jouer les surprises... Je sais trop bien que je vais y avoir encore droit, je sais trop bien que je vais me retrouver sur les genoux maternels à piailler en recevant ce qui m'a été promis, ce que je ne dois qu'à mon inconstance en classe, ce que je "mérite" comme va le dire Maman.
Mais cette attente est un enfer...
Maman est en train de mettre les petites au lit dans la chambre d'à côté... Elle leur a lu une histoire et va éteindre la lumière. Aline demande si elle peut lire encore un peu au lit. Maman accepte : "Oui, juste un petit quart d'heure, mais sans bruit. Je ne veux rien entendre... Ce n'est pas le moment de m'énerver... J'ai assez à faire avec Christine... Alors, pas de chahut, sinon ça finira mal ici aussi..."
La maison est si calme que j'entends distinctement leurs paroles... Comme je suis sûre que les petites entendront la "discussion" entre Maman et moi...
"Sinon, ça finira mal ici aussi". Les mots de Maman à Aline sont une preuve de plus de la détermination maternelle. Elle annonce déjà la couleur.... et elle sera rouge pour mon bas du dos...
"Ca finira mal ici aussi", a-t-elle dit. Cela va donc finir mal dans ma chambre, comme je le sais hélas, comme je le sens, comme je l'attends...
Ces mots tournent dans ma tête et font monter en moi des larmes et des frissons...
Je suis étalée sur le lit, la tête dans le couvre-lit, sanglotant, broyant du noir, alors que les pas de Maman se rapprochent et que la porte de ma chambre s'ouvre...