jeudi 18 avril 2019

Chronique d'un redoublement : 142. Le retour des moqueuses dans un mois heureusement sans incident pour Christine

SUITE 141

La première semaine de ma classe de Quatrième s'était donc bien passée, avec même une bonne note en anglais, qui semblait indiquer que j'en avais fini avec mes déboires en cette matière, dûs surtout à la sévère Mlle Paule.
La deuxième semaine fut plutôt calme également. Je décrochai un 14 en mathématiques et aussi un 12,5 en anglais où la jeune prof multipliait les contrôles pour bien évaluer ces élèves qu'elle découvrait.
Aline, de son côté, faisait des efforts pour rester dans la moyenne, et si Maman élevait parfois la voix en la faisant réciter ou en vérifiant ses devoirs, les quinze premiers jours s'étaient déroulés sans la moindre fessée.
Et, de façon étonnante, c'est Diane qui, à sa manière inaugura l'année sur les genoux maternels. Cela se déroula le dimanche soir de la deuxième semaine, où soeurette montra son énervement en rechignant suite à quelques ordres de Maman lui demandant d'aller se mettre en pyjama avant le dîner.

Après trois demandes de Maman, cette dernière voulut la faire bouger en lui lançant une tape sur le fond de la jupe, ce que Diane évita en reculant, mais en heurtant une étagère et faisant tomber un vase rempli de quelques fleurs; Il ne cassa heureusement pas, mais les fleurs et l'eau se répandirent sur le parquet. Maman répara les dégâts non sans hausser le ton, ce qui amena Diane à filer droit dans la chambre des petites, et à se mettre vite en pyjama.
Mais, une fois le vase remis en place, Maman monta la retrouver, et lui flanqua une bonne fessée, le pyjama baissé, comme l'indiquait le son des claques sur le bas du dos d'une Diane implorant le pardon maternel entre deux cris.



Pour une fois, ce fut Diane qui inaugura en quelque sorte
le passage sur les genoux maternels
en ce début d'année scolaire... J'appréciai, mais en même temps,
cela ne fit qu'accroître la curiosité de soeurette
à propos des déboires de son aînée...


Voilà qui eut pour effet de bien vexer ma petite soeur, ce que moi et Aline apprécièrent sans trop le montrer.
Peu de temps après, la Maman de Charline, copine de classe de Diane, appela pour un problème d'accompagnement des petites à leur cours de danse le lendemain. Maman accepta d'emmener aussi Charline, ce qui arrangea son interlocutrice, les deux mères discutant ensuite un peu, Maman Spaak glissant au passage que Diane venait d'être punie et pleurait dans sa chambre.



Maman n'avait pas caché à la mère de Charline que Diane venait
d'être punie par une bonne fessée qui l'avait bien calmée... 

Charline en fut informée et tenta d'en savoir plus de sa copine le lendemain à l'école. Diane dût admettre ce qui lui était arrivée, minimisant bien sûr l'incident, et changeant vite de sujet en évoquant les déboires... de sa grande soeur !
Je ne pouvais pas le savoir, mais Diane laissa entendre que j'avais eu plusieurs fois affaire avec Maman durant les vacances, et qu'on m'avait promis d'autres fessées si je ne travaillais pas bien...
Charline évidemment avait dû en informer Corinne, mon ex-camarade de classe de ma première Cinquième, qui avait l'habitude de faire des messes basses aux oreilles de Babette et Brigitte, deux des moqueuses de ma classe.
Ce que je ne savais pas c'est que si Maman avait emmené Diane, Aline et Charline à la danse, c'est justement Corinne qui avait assuré le retour, se donnant l'occasion de faire parler mes soeurettes sans qu'elles se méfient...
Et cela avait marché car, à ma grande surprise, dès le mardi après-midi de la troisième semaine, au lendemain du retour du cours de danse de mes soeurs et Charline,  j'eus droit à l'heure de la récréation à des moqueries de Babette et Brigitte...
"Alors, tu vas bientôt préparer tes fesses, si ta Maman n'est pas contente", me dit Babette en riant. Je tombais des nues et niai : "Bah, non, c'est pas vrai. J'ai pas été punie depuis longtemps. Et puis, en plus j'ai des bonnes notes" ! Ce que je ne voyais pas c'est qu'en disant ça, en me défendant énergiquement, je laissais entendre que, a contrario, si j'avais eu de mauvaises notes, leur hypothèse aurait été plausible.

Brigitte renchérit en disant : "Depuis longtemps, c'est ce que tu veux nous faire croire... Mais, moi, mon petit doigt me dit que durant les vacances à la plage, ta Maman t'a baissé ta culotte pour te flanquer une bonne fessée... Et, même que c'est arrivé plusieurs fois pendant les vacances..."Je bouillais intérieurement et cherchai à me défendre du tac au tac, lâchant d'une voix outrée : "C'est même pas vrai, pas plusieurs fois, pas plusieurs fois" ! 


Les moqueries de Babette et Brigitte m'exaspéraient au plus haut point...
J'avais l'impression qu'elles mimaient mes fessées, même si ce n'était
surtout que par des mots, mais je le ressentais comme une vexation
profonde, et je me défendais maladroitement, mes dénégations
sonnant comme des aveux que j'avais bien reçu la fessée...

Avant de m'apercevoir que je venais en quelque sorte de reconnaître que c'était bien arrivé une fois... Je baissai la tête et filai vers les toilettes, avec les larmes aux yeux, mettant plusieurs minutes à sécher les larmes qui coulaient sur mes joues. J'avais envie de taper les moqueuses, de leur tirer les cheveux, de leur donner des coups de pied, mais j'avais bien conscience qu'il ne fallait rien faire de tout cela de peur que tout le monde sache la raison de cette bagarre.
Et aussi, me rappelant les promesses maternelles, je ne voulais pas que les prédictions de Babette s'avèrent exactes à mon retour à la maison...

Je gardai ma rancoeur au fond de moi et cherchai à éviter le plus possible les moqueuses, espérant qu'elles n'aient pas d'autres sujets de racontars à mon encontre. Et, pour cela, la meilleure solution était que je n'aie plus à retourner sur les genoux de Maman...
Visiblement, Babette et Brigitte attendaient le contraire, et si elles n'en rajoutèrent pas trop durant les jours suivants, c'est que mes notes étaient bonnes, comme mon comportement en classe...
Il n'empêche qu'à chaque fois que je n'avais pas plus que la moyenne, je les voyais rire sous cape, et savais qu'elles allaient me glisser quelques allusions du style : "Oh, oh, 8 sur 20 en sciences naturelles, c'est pas terrible... Ta Maman ne va pas être contente... Il faut peut-être que tu prépares tes fesses, ma pauvre Christine..."



Les moqueries redoublaient dés que j'avais une note
en dessous de la moyenne... Babette et Brigitte ricanaient
en me prédisant une déculottée maison sur les genoux maternels...

Heureusement la troisième et la quatrième semaine s'achevèrent sans véritable mauvaise note, et sans la moindre heure de colle ! Le premier bulletin mensuel fut plutôt positif, même si un "Peut mieux faire" en maths, fit grogner Maman, me faisant promettre de rattraper le haut du classement dans cette matière où j'étais généralement parmi les meilleures.
Maman dit même : "C'est bien la peine d'avoir retrouvé de bonnes notes en anglais, si c'est pour relâcher les efforts par ailleurs" ! Et d'ajouter, très sérieuse : "Je ne vais pas te gronder pour ce bulletin plutôt bon, Christine, mais tu sais ce que je t'ai promis si cela n'allait pas... Ce ne sont pas des paroles en l'air, et je n'hésiterai pas, s'il le faut, à m'occuper de tes fesses".

J'avais fait grise mine en entendant ces menaces et grommelé : "Oh, Maman, quand même, tu vois bien que j'ai fait des efforts". Elle en remit une couche : "Oui, Christine, c'est pour cela que je ne te dispute pas. Et je dis même que c'est bien dans plusieurs matières, mais je te mets juste en garde. Je sais combien, avec toi, les efforts ne durent pas forcément longtemps, et qu'il faut parfois te remettre dans le droit chemin. Comme si tu en avais besoin parfois... Alors, je te préviens juste que tu n'es pas à l'abri d'une bonne fessée si nécessaire".


Heureusement, mes résultats étaient plutôt bons, et m'évitaient le pire...
Mais Maman ne manquaient pas de me rappeler ses promesses...
J'y échappais certes, mais je n'arrêtais pas d'y penser, m'imaginant
un jour prochain déculottée devant mes soeurs
pour une fessée magistrale qui hantait déjà mes cauchemars...

J'enrageai intérieurement à cette menace, mais c'était là un peu l'habitude de Maman, à la manière "mieux vaut prévenir que guérir" si l'on peut résumer ainsi sa façon d'agir.
En tout cas, j'étais au moins satisfaite sur un point : je venais de passer le premier mois de cette Quatrième sans avoir reçu la moindre fessée, et je commençais à croire que cela durerait encore et encore... Même si je sentais bien que Diane espérait le contraire, et que Babette et Brigitte n'en pensaient pas moins...


A SUIVRE

lundi 8 avril 2019

Chronique d'un redoublement : 141. Une rentrée avec un cartable neuf, mais des angoisses anciennes encore...

SUITE 140

J'eus un peu de mal à me réveiller en ce matin de rentrée scolaire. J'avais dormi en pointillés, faisant plusieurs cauchemars qui tournaient tous autour de souvenirs de fessées, et de situations où je me voyais revenir à la maison, la peur au ventre...
Mais, si elle dut m'appeler à trois reprises pour que je me lève, Maman n'avait pas haussé le ton, et semblait pour une fois de bonne humeur... Il faut dire que la rentrée, cela signifiait des journées enfin plus calmes à la maison sans nous trois.
Il est vrai aussi que toutes les affaires étaient prêtes, les habits choisis, les cartables vérifiés, et elle pouvait donc s'occuper tranquillement du petit déjeuner, et se préparer à accompagner les petites jusqu'à l'école, en me laissant faire seule un trajet vers le collège  que j'empruntais déjà depuis trois ans.
Aline n'était pas enthousiaste, Diane au contraire avait hâte de retrouver ses copines, il faut dire qu'elle comptait sûrement leur raconter pas mal de choses...
J'avalai mes tartines et mon bol de chocolat chaud sans avoir vraiment faim, ayant encore à travers la gorge le sermon maternel de la veille au soir...
Mais, contrairement à ce que je craignais, Maman n'y fit aucune allusion, ayant même des paroles plutôt encourageantes à mon encontre : "Tu as fini de déjeuner, Christine ? Vas donc t'essuyer la frimousse et te laver les dents avant de partir. J'espère que cette journée va bien se passer. Te voilà en Quatrième, ma grande. Ca va te changer".




Maman avait eu des mots doux et encourageants,
m'appelant "ma grande" et semblant contente
que j'accède enfin en Quatrième... 
Je pensai au fond de moi que si les exigences maternelles et la façon de les appliquer ne changeaient pas, j'avais encore du souci à me faire... Mais, Maman m'ayant embrassée très fort au moment de partir, je quittai la maison plutôt confiante, d'autant que ce que je pouvais craindre n'allait évidemment pas arriver dès le jour de la rentrée...
J'avais un cartable neuf, ce qui me plaisait, ne serait-ce que parce que le précédent m'avait servi durant ma Sixième et mes deux Cinquièmes, et que, en dehors du fait qu'il était un peu usé, il me rappelait le nombre de fois où Maman l'avait ouvert pour vérifier mes devoirs, mes notes, ou s'il n'y avait pas de mots des profs dans le carnet de correspondance, ce qui m'avait à diverses reprises valu une fessée, bien méritée, du moins de l'avis de Maman...



J'avais un cartable neuf et cela me faisait grand plaisir.
Le précédent m'avait servi en Sixième et durant les deux Cinquième.
J'avais avec lui trop de mauvais souvenirs, en ramenant
des carnets de notes, des mots des professeurs,
des copies ou mauvaises notes à faire signer...
Avec souvent des conséquences cuisantes pour mes fesses...
je voulais croire qu'un cartable neuf arrêterait la série claquante...
Arrivée au collège, je savourai le fait d'aller vers le coin de cour où se rangeaient les classes de Quatrième, à quelques mètres de celles de Cinquième, mais symboliquement c'était important. Hormis deux filles qui redoublaient cette Quatrième et allaient donc prendre symboliquement ma place dans le groupe, je retrouvais la plupart de mes camarades de l'année précédente, ce qui n'était pas pour me déplaire, hormis bien sûr quelques moqueuses que j'aurais préféré ne pas revoir. Cependant, durant cette première journée, je n'eus droit à aucune raillerie ou autre allusion, qui aurait pu venir de bavardages de Diane à des petites soeurs de mes camarades.
Cela dit, nous n'étions que la première journée et je savais que je n'étais pas à l'abri, en cours d'année, de révélations surgissant sans prévenir.
En revanche, là où j'étais vraiment satisfaite, c'était bien du fait que je n'aurais plus Mlle Paule comme prof d'anglais, elle que j'avais subi les trois dernières années. Pour les Quatrième et Troisième, le collège venait de voir arriver une jeune enseignante, une Française, mais qui avait, dans le cadre de ses études, passé deux ans à Londres, et qui nous changeait de la vieille fille quinquagénaire revêche qui avait été la prof m'ayant donné le plus d'heures de colle tant en Sixième que lors de mes deux années de Cinquième... Et donc, par voie de conséquence, celle qui m'avait valu le plus grand nombre de fessées...
Rien que pour cela, j'étais sincèrement heureuse et soulagée de ne plus avoir affaire à Mlle Paule, et l'envie me venait même de me remettre à bien travailler l'anglais, ne serait-ce que pour montrer que je méritais plus que les notes qu'elle me donnait...
Un seul être vous manque, et tout est changé, pourrait-on dire. J'avoue que me retrouver avec une nouvelle prof d'anglais, alors même que Mlle Paule continuait à donner cours aux élèves de Sixième et de Cinquième, m'était d'un grand soulagement.
C'est d'ailleurs en anglais que j'eus ma première note, le cinquième jour de classe, un 15 sur 20 après une interrogation au tableau sur la leçon de la veille, où la nouvelle prof me félicita, glissant au passage : "C'est bien Mlle Spaak. Vous progressez si j'en crois les fiches que m'a laissées votre professeur de l'an dernier" !
J'appris ainsi que ma bête noire avait donc briefé la nouvelle en lui confiant ses fiches de l'an passé, où elle avait dû consigner les notes et les "exploits" de ses élèves. Cela me faisait rager contre elle, mais j'étais d'autant plus contente de décrocher une vraie bonne note.


 La nouvelle prof d'anglais m'avait félicitée, j'étais ravie...
En revanche j'appris que Mlle Paule avait briefé
sa jeune collègue sur les qualités et défauts de ses élèves...
Cela ne me plaisait guère...

Je rentrai ce soir là en étant guillerette et je vins vite annoncer la nouvelle à Maman, qui faisait goûter mes soeurs. "Quinze sur vingt, c'est bien ma grande. Je suis vraiment contente, tu sais", commenta ma chère mère, non sans ajouter :"Et qui plus est en anglais, ça nous change des notes et colles de l'an dernier. Quand je pense aux fessées que tu as méritées et reçues dans cette matière, je suis bien contente que tu aies enfin de bons résultats. Même s'il ne faut peut-être pas se réjouir trop vite..."
Je répliquai : "Oh, mais, tu vas voir, Maman, j'en aurai encore plein de bonnes notes..."
Maman calma mon enthousiasme en ajoutant : "De toute façon, ma grande, je l'espère pour toi... Je t'ai bien prévenue... Si tu recommençais à te distinguer de mauvaise manière, tu sais que tu pourras préparer tes fesses..."
Les yeux de Diane se mirent à pétiller à l'annonce des menaces maternelles. Cela me fit mal au coeur. Je me dis que la prochaine bonne note, je me précipiterais moins pour quémander des félicitations qui, finalement, s'étaient prolongées par une nouvelle menace de fessée...
Le même soir, Tata Jacqueline vint demander à sa grande soeur de lui faire un petit travail de couture sur un ourlet qui se défaisait. Ma tante en profita pour demander si cela allait bien en classe, et Maman lui rétorqua : "Ca a l'air d'aller pour l'instant pour Aline et Diane. Quant à Christine, tu ne devineras pas dans quel cours elle s'est distinguée ?"

Tata, qui croyait que sa soeur parlait sur un ton ironique, réagit en s'étonnant : "Oh, non ne me dis pas qu'elle a récolté une mauvaise note en anglais. Tu ne l'as pas déjà punie, hein ?"
Maman éclata de rire : "Mais, non, voyons, je sais que c'est étonnant, mais Christine a ramené un 15 sur 20 en anglais justement. Alors, ne t'inquiète pas pour ta nièce préférée, je l'ai au contraire félicitée. Je te rassure, je ne lui ai pas encore rougi les fesses depuis notre retour de vacances".


Maman apprit à Tata que j'avais ramené une très bonne note en anglais.
Elle rassura ma tante en lui disant qu'elle n'avait
"pas encore rougi mes fesses depuis le retour des vacances".
Elle l'avait dit en riant, et j'avais l'impression qu'elle considérait
que c'était un exploit... C'était vexant et, en plus, cela rappelait que
je n'étais nullement à l'abri d'une déculottée, ce qui faisait pétiller
les yeux de Diane la curieuse...

Je fusillai du regard Maman, en faisant un gros soupir, et en grommelant : "C'est pas juste", ce que Maman entendit et la fit gronder : "Christine, si tu es de mauvaise humeur, j'ai un bon moyen de te calmer... Je te félicite et tu grognes, il faudrait savoir... Va donc ranger tes affaires dans ta chambre pendant que je discutes avec Tata".
Je baissai la tête et sortis de la cuisine, sans reprendre mon cartable. Maman s'en aperçut, le prit et me rappela alors que je montais les escaliers : "Christine, je t'ai demandé de remonter tes affaires. Tu pourrais obéir. Il y a des moments où tu cherches vraiment les ennuis. Que je n'aie plus rien à redire, si tu ne veux pas que je m'occupe de toi quand Tata sera repartie". Et le geste de la main qui accompagnait cette menace était sans équivoque...
Tata resta une petite heure, et vint me dire bonsoir avant de repartir. J'étais dans ma chambre, pas très rassurée. Ma tante chercha à me consoler. "Ne t'inquiète pas, tu ne vas pas être punie. Mais, fais attention, ne grogne pas pour un rien, écoute ta mère, et surtout ne réponds pas. C'est ça qui l'énerve vite".

Je promis à Tata de faire attention, et elle m'embrassa en me réconfortant : "En tout cas, bravo pour ta bonne note en anglais. Continue comme ça et ça ira, mais ne fâche pas ta mère pour des détails. Tu vois, cela aurait été un comble que tu reçoives une fessée en ramenant un 15 sur 20, dans une matière où tu collectionnais les zéros et les heures de colle".
En redescendant pour partir, Tata croisa Diane qui lui demanda : "Dis Tata, c'est vrai que Christine va avoir la fessée". Tata haussa les épaules et dit simplement : "Occupe toi de tes affaires, et arrête de jouer les curieuses, si tu ne veux pas que ta Maman se fâche aussi".
De fait Tata n'avait pas démenti et Diane passa la soirée à guetter les allées et venues de Maman, imaginant que j'allais y passer...
Moi, en tout cas, je fis profil bas et me montrai discrète et serviable, faisant tout pour ne pas envenimer ma situation.
Diane fut déçue, mais je sus le lendemain qu'elle avait affirmé à Aline que Maman m'avait dit qu'à la prochaine remarque elle me donnerait une fessée carabinée...
Il n'en était rien, car si Maman, certainement calmée par la conversation avec sa soeur, m'avait en effet demandé d'aller l'attendre dans ma chambre, ce qui me fit quand même trembler un peu en craignant le pire, elle me tint un discours assez apaisé, retenant surtout ma bonne note en anglais, et espérant que j'en aurais beaucoup d'autres. Tout en rappelant quand même que je ne devais pas me montrer impolie ou manifester de la colère, car cela irait mal pour mes fesses...
J'échappai donc, comme Tata l'avait dit, à un retour sur les genoux maternels, mais j'avoue que j'eus du mal à m'endormir au terme de cette journée, où j'avais eu ma meilleure note en anglais depuis bien longtemps, et où j'avais quand même failli prendre une fessée déculottée...



 J'avais été envoyée "attendre Maman" dans ma chambre après le dîner,
et je n'étais pas rassurée malgré les dénégations de Tata.
Heureusement il n'en fut rien, mais j'eus du mal à trouver le sommeil...
J'avais surtout le souvenir d'une autre "bonne note" en anglais,
lors de ma première Cinquième, mais qui s'était bien mal terminée...

J'y pensai en ayant du mal à trouver le sommeil. Plein de choses tournaient dans ma tête, mêlant comme souvent des peurs du moment et des souvenirs marquants, pour mon bas du dos en tout cas...
Cela me rappelait notamment un souvenir cuisant de ma première Cinquième, un jour mémorable, où j'étais toute heureuse de ramener un 13,5 en anglais, ce qui n'était pas courant avec la sévère Mlle Paule... Pas peu fière, je rentrais en espérant bien me faire féliciter, en omettant bien sûr de dire que dans la même journée la prof m'avait donné deux heures de colle pour une fois encore, du bavardage... Mais, comme le bulletin de colle n'arriverait par la Poste que trois jours plus tard, je comptais bien ne rien dire à Maman, et cacher jusqu'au bout ce nouvel "exploit", ne sachant que trop ce qui m'attendrait... 

En rentrant à la maison, alors que Maman était partie chercher mes soeurs à l'école primaire, j'avais tout de suite sorti de mon cartable la copie avec le beau 13,5, pour m'en vanter dès le retour maternel...
Maman donnant leur goûter à Aline et Diane, je vins dans la cuisine montrer ma note, en savourant à l'avance les compliments que j'espérais.

Mais alors que j'annonçais ma bonne note, Maman me demanda si c'était tout ce que j'avais à dire... Je balbutiai que oui, promettant qu'il n'y avait rien d'autre, ne comprenant pas ce qui se passait... C'est alors que Maman m'apprit qu'elle avait rencontré Mlle Paule par hasard en ville et qu'elle lui avait fait part de ma conduite et de sa décision de me coller à nouveau...
J'eus droit à un sermon maison où même ma bonne note se retournait contre moi puisque c'était "bien une preuve" que je pouvais "être parmi les meilleures" au lieu de me dissiper en classe. Sans parler du fait que si elle n'avait pas rencontré ma prof, j'aurais menti à Maman sans rien dire plusieurs jours durant... Et Maman d'annoncer que j'allais recevoir une fessée carabinée avant d'aller au lit...



Au lieu de pouvoir savourer des compliments pour une bonne note, j'avais passé une soirée mémorable. De la vérification des devoirs à l'approche du dîner, puis du repas sous l'oeil amusé des petites, à l'envoi pour me préparer à aller au lit, et l'attente de la venue de Maman dans ma chambre, laissant la porte grande ouverte et s'asseyant pour me déculotter et me flanquer une tannée que, deux ans après, je n'avais pas oubliée...


Cette première bonne note en anglais lors de ma première Cinquième
ne m'avait pas apporté les compliments espérés...
Au contraire, j'avais eu droit dans ma chambre, porte ouverte et donc
bien audible pour mes soeurs, à une magistrale fessée déculottée...
Deux ans après, enfin en Quatrième, je revoyais et ressentais la scène...




Bien sûr, cette fois, mon 15 sur 20 n'était pas accompagné d'heures de colle, mais quelque part la peur de retourner un jour sur les genoux maternels demeurait... Et me faisait repasser dans ma tête des images et sensations tant redoutées... 


Même à l'issue de cette première semaine de Quatrième...


A SUIVRE

dimanche 24 mars 2019

Chronique d'un redoublement : 140. Un ultime sermon en forme d'avertissement

SUITE 139

A peine de retour à la maison, Maman se mit vite en mode rentrée des classes. Il ne fallut guère qu'une journée pour passer d'un régime vacances à un fonctionnement de pré-rentrée. Les affaires d'été rangées, celles d'école furent ressorties, Maman se livrant à une vérification dans les détails des moindres fournitures, livres et cahiers, que nous étions allées acheter avant notre départ à la mer, histoire de ne pas risquer de manquer de quoi que ce soit.
Et puis, alors que les quelques jours à la mer avaient laissé les devoirs de vacances de côté, Maman ordonna quelques révisions, assorties d'exercices pour Aline, et de lectures pour Diane et moi.
Aline qui rechigna à deux ou trois reprises, en fut quitte pour une paire de gifles une fois, puis une autre fois une claque sur le fond  de pantalon avec promesse de fessée si elle persistait, ce qui eut pour effet de calmer ma soeur et de l'amener à une attitude plus raisonnable.
Même Diane filait droit, consciente qu'il valait mieux ne pas s'attirer les foudres maternelles, que l'on sentait prête à faire un exemple pour que nous prenions bien conscience de l'enjeu de la rentrée.




Une tape sur les fesses d'Aline rappela aux trois filles
que mieux valait ne pas s'attirer les foudres maternelles
à quelques jours de la rentrée...

Pour ma part, Maman insista pour que je me familiarise avec les nouveaux manuels scolaires. Il est vrai que je les découvrais après avoir utilisé, redoublement oblige, deux années de suite les mêmes. Ainsi, les derniers jours avant la rentrée, je dus ainsi lire le premier chapitre de chaque matière, et Maman me posa des questions auxquelles je répondis plutôt bien, ce qui rassura notre chère mère, non sans qu'elle ajoute : "J'espère que ces bonnes dispositions dureront tout au long de l'année".




Je travaillai un peu sur mes nouveaux manuels,
ce qui sembla rassurer Maman
qui espérait que je ferais de même tout au long de l'année... 

Les trois derniers soirs avant le retour en classe, il fallut même se coucher aux horaires de période scolaire, "pour retrouver le bon rythme", avait insisté Maman. Diane, qui avait profité que Maman ait le dos tourné pour se relever, se prit une grosse claque sur le fond de pyjama, ce qui l'amena à replonger sous les draps, Maman élevant la voix et lui promettant également "une bonne déculottée" si elle s'avisait à récidiver...
La veille au soir de la rentrée, Maman revérifia une ultime fois si les cartables étaient prêts, si les affaires à mettre l'étaient aussi, et vint nous souhaiter bonne nuit, sans trop s'attarder dans la chambre des petites, au contraire de la mienne.
Je m'y attendais certes un tant soit peu, mais pas autant dans le registre sermon préventif. Maman, qui avait laissé la porte entrouverte pour guetter si mes soeurs s'endormaient bien, se mit assise sur le bord de mon lit, débutant son speech, sur un ton très doux : "Alors ma chérie, tu es prête à entrer enfin en Quatrième. Tu dois avoir hâte d'être dans une nouvelle classe. J'espère que tout va bien se passer".
J'opinai du chef, assurant Maman que j'allais "bien travailler, promis".

Elle reconnut que j'avais été "relativement sage pendant les vacances, hormis les derniers jours", où nous avions eu "une petite explication" dont elle ne doutait pas que je me "souvenais". Je ne pus que confirmer que je n'avais "pas oublié" cette "explication" sans en prononcer le nom...




 
 Je m'étais vantée d'avoir été "relativement sage"
durant cet été. Maman, elle, me rappela
qu'elle avait dû quand même sévir à la fin des vacances à la mer...
Par une bonne fessée que je n'avais évidemment pas oubliée...

Elle en tira une morale : "Tu vois, Christine, c'est quand même un monde qu'il faille toujours te rappeler à l'ordre au bout d'un certain temps. Regarde nos vacances, tout aurait pu se dérouler sans heurt, mais avec le temps, c'est comme si tu avais eu besoin que je remette les pendules à l'heure, comme si tu cherchais les ennuis".
Je ne répondis rien, souhaitant surtout que le sermon s'achève... 
Mais, Maman embraya en poursuivant sur le même genre d'idées : "En tout cas, ma grande, ne crois pas que cela se passera après la rentrée comme pendant les vacances. Le collège, c'est trop sérieux. Je n'attendrai pas que les motifs s'accumulent pour sévir. Pas question de prendre le moindre risque d'un nouveau redoublement. Maintenant, tu n'as plus un an d'avance, tu es au niveau normal, et je veux de bons résultats. Et je ne tolérerai aucun manquement à la discipline..."
Je répliquai : "Oui, Maman, je le sais, bien sûr. Tu verras, je vais bien travailler, je te le promets". 
Maman haussa les épaules, rétorquant : "Tu sais, Christine, ce ne sont pas des paroles que je veux, ce sont des actes. Je t'ai tellement entendu me promettre que tu travaillerais bien, que tu ne recommencerais plus, et j'en passe... Hélas, à chaque colle ou chaque mauvaise note, c'était le même blabla... Heureusement que je ne me laissais pas embobiner par des promesses qui voulaient surtout éviter les fessées promises..."
Je baissai la tête une fois de plus, ne sachant quoi dire, hormis de promettre et promettre d'être sage encore.




Maman me rappela toutes mes promesses non tenues,
des promesses que je faisais dans l'espoir de l'adoucir, 
dans l'espoir d'échapper à la fessée promise...
Je baissai la tête ne sachant quoi répondre... 

Maman poursuivit donc en enfonçant le clou, en passant de l'allusion à des promesses on ne peut plus précises... "Je crois franchement, Christine, que tu as les capacités pour réussir et être même dans les toutes premières de la classe. A condition que tu ne te relâches pas au bout d'un certain temps, comme tu en as l'habitude... En tout cas, Christine, je te préviens que je ne laisserai rien passer... Il ne faudra pas jouer l'étonnée... Si tu travailles bien, si tu ne chahutes pas, si tu ne ramènes pas d'heures de colle, tout ira bien, et tu seras gâtée comme il se doit..." 
Je voyais venir la suite..., et elle fut claire, très claire même, Maman annonçant : "Mais, ne t'avise pas de te faire coller, ou de récolter un zéro ou une note du même genre, parce que ce sera la fessée, Christine, la fessée sans discuter. Ne cherche pas à m'inventer des motifs abracadabrantesques, ou des excuses quelconques, cela ne marchera pas, ma fille, non, je te le promets."
La détermination maternelle était sans nuance. Je reçus l'avertissement qui me fit sangloter et je tentai de protester : "Oh, Maman, non, je suis grande maintenant. Je serai sage, tu verras, je travaillerai bien".
Elle répondit : "Christine, ça ne sert à rien de pleurer. Si tu es sage, comme tu dis, tu n'auras rien à craindre. Mais, c'est juste pour te prévenir que je ne tolérerai aucun relâchement, comme tu l'as trop souvent fait au cours de tes deux années de Cinquième. Ne t'avise pas de recommencer, sinon je te promets que tu pourras préparer tes fesses..."
J'eus encore un gros sanglot, et suppliai : "Mais, Maman, puisque je te dis que ça ira, que j'aurai de bonnes notes. Tu as bien vu que j'ai bien fait mes devoirs de vacances..." 

Les menaces maternelles me firent éclater en sanglots. 
Maman sécha mes larmes, me rappelant que tout se passerait bien
si j'étais sage et travailleuse... 
Il n'empêche que sa détermination claire et nette
avait de quoi me faire craindre le pire pour mes fesses...

L'argument ne réussit pas à convaincre Maman. Bien au contraire... Elle répondit un peu agacée même : "Ne me parle pas trop de ces vacances, Christine. Rappelle toi qu'elles ont débuté par la découverte de tes talents d'imitatrice de signature, et que tu n'as sûrement pas oublié ce que cela t'a valu... Heureusement encore que tu aies plutôt bien fait tes devoirs. Cela ne t'a pas empêchée à la fin de ces vacances de m'énerver au point de m'obliger à sévir après de nombreuses remarques, comme si tu cherchais les ennuis.  Et tu as bien vu l'autre jour à la mer que Maman sait te rougir les fesses quand tu l'as méritée". 
Je baissai les yeux, ne pouvant rien répondre à cette évocation de ma dernière fessée. Maman en y repensant rajouta : "Tu as d'ailleurs eu de la chance que la voisine ait sonné, et tu t'en es bien sortie... Mais, crois moi, le jour où tu me ramèneras deux heures de colle ou un zéro pointé, il n'y aura pas de voisine qui tienne, et je prendrai le temps qu'il faudra pour te flanquer ta bonne fessée déculottée, qui est bien la seule chose qui te fasse tenir tranquille ensuite un moment".




Je ne pourrais pas dire que je n'avais pas été prévenue...
Maman me promettait qu'à la moindre colle ou mauvaise note
ce serait la fessée magistrale et que rien ne viendrait l'interrompre... 

La tirade achevée, Maman se radoucit et me serra dans ses bras un instant, me souhaitant bonne nuit, en glissant que tout de même "rien n'arriverait" si j'étais "sage" bien sûr. Mais, j'eus du mal à m'endormir, tant les promesses maternelles m'inquiétaient à l'avance.

De plus, j'entendis, une fois Maman redescendue, Aline et Diane chuchoter. Je supposai qu'elles n'avaient pas manqué grand chose du discours maternel, et devaient, elles aussi, avoir leur imagination qui trottait et mettait en scène leur aînée et une Maman très fâchée...


Pas de doute, mes soeurs avaient dû entendre l'essentiel
du sermon maternel, et assurément, elles devaient
m'imaginer déculottée sur les genoux  de Maman...

En tout cas, moi qui me faisais une joie de devenir une élève de Quatrième, et de quitter symboliquement ce statut de "redoublante", le sermon maternel m'avait refroidi...
Dans ma tête, au cours de la nuit, me revenaient des scènes où une prof m'annonçait que je serais collée, et je me voyais rentrer à la maison, puis me retrouver culotte baissée sur les genoux maternels...





J'eus bien du mal à dormir, me rappelant encore précisément
ce que je ressentais les jours où je ramenais un zéro,
ou bien ceux où je savais que le facteur apporterait un bulletin de colle...
Je rentrais tête basse, à pas lent, 
ne sachant que trop ce qui m'attendait à la maison... 



J'avais beau tenter de plaider ma cause, m'inventer des circonstances
atténuantes, promettre de ne plus jamais récidiver,
cela ne changeait rien à la détermination de Maman,
qui m'annonçait qu'elle allait me donner la fessée promise... 


 Que ce soit avant le repas ou au moment du coucher,
dans ma chambre ou au salon, voire devant mes soeurs,
je n'échappais pas alors à une déculottée magistrale, 
dont nombre d'épisodes encore dans ma mémoire
peuplèrent mes cauchemars de cette dernière nuit avant la rentrée...

Moi qui rêvais que le passage en Quatrième s'accompagnerait de la fin de mes ennuis postérieurs, je comprenais qu'il n'en serait rien. Oui, évidemment, je ferais mon possible pour bien travailler, mais connaissant mes vieux démons, je me demandais comment je pourrais éviter durant toute une année la moindre colle, le moindre zéro, et surtout ce qu'ils me vaudraient... C'est-à-dire, à n'en pas douter, une nouvelle déculottée magistrale !




J'avais beau me dire que tout irait bien, que si je travaillais, 
il n'y aurait pas de raison que je sois punie...
Mais, j'avoue qu'au fond de moi j'avais un grand doute...
Et que je me voyais déjà suppliant en vain,
et ressentant un grand frisson alors que Maman, 
tenant elle ses promesses, allait me déculotter... 

Cela dit, pour confirmer mes doutes, et ce qui m'agaça sans que je puisse l'exprimer, je sus dès ce lendemain matin que mes soeurs avaient compris que Maman m'attendait au tournant et qu'à la première grosse bêtise, je devrais "préparer mes fesses". Diane profita d'un moment où nous étions seules à l'étage pour enfoncer le clou en faisant semblant de me plaindre, et me glissant à l'oreille : "Alors, ma pauvre Christine, il va falloir que tu sois sage, sinon Maman va encore te donner la fessée..." 
Je l'aurais giflée, mais je n'allais pas provoquer d'incident le matin même de la rentrée et risquer d'arriver au collège avec les fesses rouges...

A SUIVRE 

vendredi 8 mars 2019

Chronique d'un redoublement : 139. Une Christine calmée craint toutefois le retour à la maison...

SUITE 138

En retrouvant la tante sur la plage, j'eus beau faire comme si de rien n'était, Tata Jacqueline vit bien que je tirais une drôle de tête. Je posai les affaires à côté d'elle, étendis ma serviette et m'allongeai en me plongeant tout de suite dans la lecture.
Pas dupe, Tata qui avait deviné qu'il avait dû se passer quelque chose, du fait de tout le temps que nous avions mis pour aller juste chercher les affaires, interrogea sa soeur qui répondit : "Nous avons en effet eu une petite discussion, Christine et moi... Juste le temps de calmer ta chère nièce, et de régler nos comptes..."

Tata grimaça, et Maman rétorqua : "Arrête donc de plaindre Christine. Ce n'était qu'une fessée bien méritée qui lui pendait au nez depuis plusieurs jours".
Tata se rapprocha de moi et me prit dans ses bras, tentant de me consoler : "Ma pauvre chérie, j'espère que tu n'as pas trop mal. Tu aurais dû quand même ne pas trop énerver ta mère. Je te l'avais dit qu'elle commençait à bouillir..."
Je ne pus me retenir de sangloter, ce à quoi Tata Jacqueline répliqua en séchant mes larmes et en me conseillant de ne plus pleurer pour éviter les réflexions du voisinage. Une des habituées de ce coin de plage, qui observait la scène, ne manqua pas de faire une remarque à Maman : "Ah, votre grande fille a l'air bien calme ce matin..." Ce à quoi Maman répondit : "J'ai en effet fait ce qu'il fallait pour la calmer à ma manière". Le petit geste de la main paume ouverte qui accompagnait la phrase a vite fait comprendre à la curieuse ce qu'il en avait été... J'en rougis et détournai le regard.




La voisine de plage avait vu que je pleurais. Maman lui confia qu'elle m'avait
 "calmée à sa manière", accompagnant ses mots d'un geste significatif
de la main... J'en rougis, honteuse, et détournai le regard... 

Heureusement, Aline et Diane ne revinrent du club de plage qu'une bonne heure plus tard, et ne remarquèrent rien d'anormal. Du moins à ce moment-là...
De retour à la maison, Mamie était rentrée et discutait sur la terrasse avec la voisine qui avait interrompu ma fessée. Ma grand-mère avait semble-t-il été mise au courant, puisque la voisine me voyant rentrer confirma à Mamie : "Oui, c'était bien elle, la grande !"  Je ne rétorquai pas, préférant aller me mettre à l'abri des réflexions dans ma chambre. Je surpris un peu plus tard une discussion entre Mamie et Maman, où cette dernière semblait se justifier en disant que "Christine l'avait bien cherchée". Le déjeuner se passa toutefois sans véritable allusion, si ce n'est que Maman me félicita de commencer à débarrasser la table avant qu'on me le demande, non sans ajouter cette petite pique : "C'est quand même mieux quand tu es calmée, ma chérie".
Cela éveilla la curiosité de Diane, mais rien d'autre ne vint étayer ses soupçons. Pourtant, après la sieste, n'ayant pas envie de retourner à la plage, je demandai à rester à la maison avec Mamie. Mais Maman refusa, ce à quoi je répliquai que ce n'était "pas juste", petite phrase que notre mère prenait pour une attaque personnelle, et qui me valut la menace : "Tais-toi donc et obéis, Christine. Tu ne veux pas qu'il t'arrive la même chose que ce matin..."
L'avertissement ne tomba pas dans l'oreille d'une sourde, et Diane qui était dans le couloir demanda : "Ah bon, Christine a été punie, hein, dis M'man ?"
Maman répondit : "Cela ne te regarde pas, Diane. Va donc te préparer pour la plage"
Deux minutes après, Diane me voyant seule dans la chambre revint à la charge : "Dis, Christine, c'est vrai que Maman t'a donné la fessée ce matin, hein ?"


Diane avait flairé quelque chose et était venue me demander
si j'avais bien reçu la fessée ce matin...
Me croyant seule, j'avais essayé de tout nier... 

Me croyant seule, j'essayai de convaincre ma soeurette : "Mais, non, promis, c'est rien, elle m'a juste grondée. Mais non, je te dis que je n'ai pas reçu de fessée".
Sauf que Maman, qui était dans la salle de bain, entendit mes dénégations et intervint : "Diane arrête de poser ces questions. Cela ne te regarde pas. Mais, toi, Christine, cela ne te donne pas le droit de mentir. Tu sais combien je déteste le mensonge... Alors, même si cela ne te fait pas plaisir et t'embête de le dire, c'est bien une bonne fessée déculottée que je t'ai donnée ce matin. Allez, hop on n'en parle plus, on file à la plage... Et n'oublie rien cette fois" !
J'enrageais de m'être faite prendre ainsi. J'aurais mieux fait de me taire, de ne pas répondre à ma curieuse de soeurette, à qui la réponse de Maman fournissait un sujet de taquinerie et de moquerie envers moi. Trois minutes plus tard, Aline était mise au courant, et je me doute bien que mes déboires allaient vite faire le tour de la plage, ou du moins des camarades de jeu de mes deux soeurs.


Maman n'avait certes pas apprécié la curiosité de Diane,
mais encore moins que je mente ainsi en niant avoir été punie...
Du coup, elle confirma à ma soeur que j'avais bien
reçu une bonne fessée déculottée. 
Et, sur le coup, j'eus l'impression qu'elle était prête à recommencer...

J'en étais presque à vouloir que les vacances se terminent vite, même si la perspective d'une rentrée scolaire qui se rapprochait à grands pas n'était guère pour me détendre...
De fait, les trois derniers jours du séjour en bord de mer ne manquèrent pas de quelques moqueries de mes soeurs, de réflexions de la trop curieuse voisine de plage, ainsi que de la voisine de la location, celle qui avait interrompu mon passage sur les genoux maternels. 
En tout cas, je restai le plus calme possible, ne répondant pas aux provocations de Diane notamment.
Maman qui, par son passage des menaces aux actes à l'encontre de son ainée, avait fait comprendre aux deux petites que mieux valait ne pas abuser, de peur de suivre le même chemin. Et, donc, une fois de plus, c'est une de mes fessées qui a calmé la petite famille...

De plus, Tata et Mamie, un peu chagrinées de n'avoir pu empêcher Maman de sévir à mon encontre, furent plus protectrices que jamais, durant cette fin de séjour. 
Maman eut bien quelques motifs d'élever la voix, de menacer l'une ou l'autre de ses filles, mais Mamie ou, voire et, Tata intervenaient et rappelaient que nous étions en vacances, et réussissaient à détendre l'atmosphère... A éviter le passage à l'acte...
Ces derniers jours de vacances se passèrent donc sans nouvel incident majeur, comme si ma fessée avait fait comprendre à tout le monde qu'il ne fallait pas dépasser certaines limites...
Et, malgré le fait que je me souvienne encore de ma déculottée, je garde plutôt un bon souvenir de ces deux semaines en bord de mer. D'ailleurs, c'est avec regret que nous avons quitté la maison de vacances, n'ayant pas envie de rentrer, surtout en sachant qu'il ne resterait qu'une semaine avant la rentrée scolaire...
Peu motivée pour rentrer donc, j'avais trainé pour descendre ma valise jusqu'à la voiture, et Maman, venant me chercher dans la chambre, avait profité du fait que nous n'étions que toutes les deux, pour me glisser à l'oreille : "Christine, ne commence pas à m'énerver. Sinon, cela pourrait mal aller pour toi en rentrant à la maison". Une menace qui rappelait celle prononcée à l'issue de ma fessée interrompue, quand Maman évoquait la possibilité de "reparler" de mes frasques une fois que nous serions rentrées... Sans nul doute, cela lui restait encore gravé dans sa tête, et je compris qu'il valait mieux ne pas se faire remarquer durant le trajet de retour...

Voilà en tout cas qui témoignait de l'état d'esprit de notre mère, qui était déjà passée d'une relative clémence durant les vacances, à la nécessité de revenir à un régime plus strict en prévision de la rentrée des classes, période dont Maman savait l'importance, ne voulant pas que ses filles repartent sur un mauvais pied.
Au moment de quitter Tata et Mamie, qui restaient encore deux ou trois jours sur place, ma chère tante me serra longuement dans ses bras, me disant combien elle avait été contente de partager ces vacances avec moi, en partageant notre chambre. Puis, elle me recommanda de me tenir à carreau, me chuchotant : "Tu sais, c'est bientôt la rentrée, et ta Maman tient à ce que tout se passe bien. Alors, applique toi tant que tu peux pour commencer sur de bonnes bases. Cela rassurera ta mère qui angoisse, je sais, elle me l'a dit. Evite de chahuter en classe ou de ramener un zéro ou des heures de colle. Sinon je ne pourrai guère t'éviter ce que tu devines... C'est compris, ma chérie ?" Je promis à Tata d'être sage et studieuse, mais ces conseils me faisaient surtout prendre conscience que le retour à la maison, puis au collège, allaient me demander de faire attention car Maman allait veiller au grain...


Tata me fit longuement part de ses conseils, me demandant
de bien être sage à la maison, et de ne pas énerver Maman,
qui lui avait dit son inquiétude quant à la rentrée prochaine.
Ma chère Tata tenait surtout à ce que j'évite de nouveaux ennuis,
bref de tout faire pour ne pas prendre de nouvelles fessées... 

D'ailleurs, sur le trajet du retour, Diane qui commença à faire un caprice lors d'un arrêt sur un parking, se vit menacée clairement par Maman : "Oh, Diane, je te conseille de ne pas insister si tu ne veux pas être la première à recevoir une fessée, en rentrant à la maison. Et il n'y aura pas de Mamie ou de Tata pour prendre ta défense..."
Cette perspective de voir Diane punie eut pour effet de nous faire imaginer la scène, Aline et moi, et nous nous mîmes à rire sous cape. Diane le remarqua et le dit à Maman : "Christine et Aline rigolent de moi, M'man" !
Cette dernière répliqua : "Oh, j'espère que non... A leur place, je me méfierais... Car elles pourraient bien ne plus rire du tout si je m'occupe aussi de leur cas... Gare à vos fesses !"
Ce que j'avais remarqué, au delà du fait que Maman se montrait ferme, du moins en paroles, vis à vis de Diane, c'est qu'elle l'avait menacée d'être "la première à recevoir une fessée en rentrant à la maison", ce qui sous-entendait clairement que toutes ses filles étaient potentiellement visées...







 Après avoir menacé Diane d'être "la première à recevoir une fessée" 
en rentrant à la maison, Maman conseilla à Aline et moi de nous tenir à carreau...
Assurément, nous étions toutes les trois dans le collimateur maternel.
Et, moi, plus que les autres, j'angoissais, ne voulant pour rien au monde
me retrouver sur les genoux de Maman pour une nouvelle déculottée, après avoir été la dernière punie des vacances à la mer...

Quoiqu'il en soit, cela calma notre trio, et rarement un voyage en voiture fut aussi calme, Diane, Aline et moi n'ayant aucune envie de donner l'occasion à Maman de passer des menaces verbales à une promesse en forme d'annonce d'un retour cuisant à la maison...
Assurément, nulle d'entre nous ne souhaitait se voir promettre d'être la première à retrouver les genoux maternels. Nulle d'entre nous, et encore bien moins moi qui avais le "privilège", dont je me serais bien passée, celui d'être celle qui avait reçu la dernière fessée des vacances à la mer, la plus récente, celle qui restait associée à cet été au bout duquel j'allais en rentrant en Quatrième, quitter le statut de redoublante...  Raison de plus de ne pas vouloir en quelque sorte "redoubler" dans la déculottée magistrale...

A SUIVRE