vendredi 26 février 2016

Chronique d'un redoublement : 97. Quelques heures de gagnées, mais une surprise de Diane...

SUITE 96

Je n'aurais pas pu répéter un mot de ce qu'a dit Mlle Paule durant le dernier quart d'heure de son cours d'anglais. Heureusement qu'elle n'a pas cherché à m'interroger...
J'étais vraiment ailleurs, toute à mes pensées, qui s'entrechoquaient dans ma tête.
Je m'en voulais d'avoir réagi à voix haute, me réjouissant du malheur, ou du moins de la punition infligée à mes deux moqueuses de camarades...
Mais, surtout, je me répétais les avertissements maternels et les menaces sans équivoque qui les accompagnaient à propos de ce dernier mois de classe. Maman m'avait prévenue, et mes soeurs en avaient été les témoins, ce qui enlevait toute chance qu'elle se déjuge : durant ces dernières semaines, pas question de ramener autre chose que de bonnes notes, sinon...
Sinon, je n'aurais qu'à préparer mes fesses, et le souvenir de la dernière tannée reçue, sous les yeux de mes soeurs, était encore vif dans mon esprit pour me rappeler que lorsque Maman tient ses promesses, ce n'est jamais à moitié...




Le souvenir de me dernière fessée reçue devant mes soeurs
me hantait  et j'imaginais qu'une nouvelle colle 
dans la même matière me vaudrait au moins autant... 

Si encore, j'aurais été seule à imaginer ce qui m'attendait, j'aurais pu, comme je l'avais fait si souvent, jouer à la fille confiante, à celle qui ne craint rien, et tenter de ne rien montrer de mon angoisse, en gardant tout à l'intérieur de moi...
Mais, cette fois, depuis que Babette et Brigitte jouaient les oiseaux de mauvais augure, et se moquaient de mes punitions de gamine, j'appréhendais la fin du cours, les prochaines récréations et autres occasions qu'elles allaient avoir pour me titiller sur le sujet...
Je sais bien que mon réflexe premier allait être de tout nier en bloc, mais ce que mes deux camarades savaient sur le sujet, de par les confidences de ma mère (et aussi, ce que j'ignorais, de par les récits de Diane), rendait ma position de moins en moins crédible...
A la fin du cours, je laissai les deux moqueuses sortir et m'arrangeai pour les éviter le temps de la récréation. Mais, je les guettais de loin, et constatais qu'elles étaient bien entourées et avaient cette attitude de personnes qui échangent des secrets... Ce n'était peut-être pas ça, mais mon imagination angoissée me ramenait à ce genre d'hypothèse.
En rentrant en classe pour la dernière heure de cours de la journée, Babette réussit quand même à me glisser à mi-voix : "Alors, Christine, ta mère va s'occuper de tes fesses, ce soir..." Son petit geste de la main ne laissait aucun doute sur ce à quoi elle faisait allusion...


Babette avait réussi à me glisser des mots moqueurs, 
me prédisant une fessée magistrale le soir-même... 

Par chance, durant cette dernière heure de cours, avec la prof d'histoire-géo, j'étais placée au premier rang, et mes deux moqueuses trois pupitres derrière moi, et j'échappai à leurs mimiques et rires sous cape, en ne me retournant pas de toute l'heure. La Christine habituellement dissipée, ou du moins pas la dernière à rire, à participer en classe, s'était muée en modèle de silence, ce que la prof a dû remarquer, et sûrement mes camarades aussi qui devaient deviner que cela gambergeait dans ma petite tête...
Mais, je me gardais bien de faire partager mes pensées qui étaient bien éloignées du cours de géo, et se concentraient sur ce que j'allais faire ou ne pas faire en rentrant à la maison...
Quand la fin des cours sonna, je rangeai mes affaires comme une automate, et j'ai gagné la porte du collège sans dire un mot à personne. Devant l'établissement, je tombai sur Babette et Brigitte qui m'interpellèrent : "Hé ho, Christine, dépêche-toi de rentrer raconter tes exploits à ta maman. Je suis sûre qu'elle va te féliciter..." lança Babette.
Je haussai les épaules, jouant les blasées... Brigitte embraya : "Tu ne veux pas qu'on te raccompagne ? Tu pourrais nous inviter à jouer chez toi ?" Je ne pus m'empêcher de réagir, même si la ficelle était un peu grosse. Je répondis du tac au tac : "Euh, non, non, euh pas ce soir, pas ce soir..."
Mes camarades éclatèrent de rire, Babette enfonçant le clou : "Ah, oui c'est vrai que tu ne vas pas pouvoir jouer ce soir... Parce que ce soir, c'est la fessée qui t'attend... La grosse fessée déculottée sur les genoux de ta Maman... Et c'est bien fait pour toi, na !"
Je ne sus que dire : "Même pas vrai, c'est même pas vrai !" avec des larmes qui me montaient aux yeux et que je cachai en détournant la tête et  en prenant la poudre d'escampette, pendant que Brigitte lançait : "C'est ça, file. Va vite voir ta Maman..."


 Les deux moqueuses m'avaient à nouveau titiller,
à la sortie du collège, imaginant mon retour peu glorieux
à la maison avec une déculottée assurée...


J'avais couru jusqu'au carrefour suivant, et m'arrêtai une fois le coin passé, le coeur battant.
Babette et Brigitte ne m'avaient pas suivie. De fait, comme je pus l'observer de loin, elles étaient restées devant le collège, en attendant Corinne, à qui elles racontèrent mes exploits, un renseignement dont la "grande de quatrième" comprit l'importance, et se fit forte auprès de mes camarades de leur donner des nouvelles de la suite qui en serait donnée dans la famille Spaak...
Je restai de longues minutes bloquée, à deux rues de la maison, le cerveau traversé par une foule de sentiments contradictoires. Cette nouvelle colle était comme un fardeau insupportable. Je ne savais que trop que cela allait me valoir une déculottée maison, mais je ne pouvais supporter l'idée que Babette et Brigitte, et sûrement d'autres à qui elles allaient raconter mes tourments, étaient en train d'imaginer la scène...


J'étais restée bloquée à deux rues de la maison,
hésitant sur la conduite à tenir, ne sachant que trop
que même la franchise m'amènerait sur les genoux de Maman
pour une nouvelle tannée promise et méritée...  


D'un côté, dans le contexte particulier de ce dernier mois de classe, j'avais conscience que mieux vaudrait être franche avec Maman, mais d'un autre côté, j'aurais tellement voulu revoir Babette et Brigitte en leur disant : "Non, je n'ai même pas eu la fessée..."
Comment faire donc ? Attendre l'arrivée du bulletin de colle paraissait difficile, car nous étions vendredi soir, et que l'avis n'arriverait pas avant mardi ou mercredi, ce qui supposait aussi que Maman ne rencontre pas la prof ou une autre mère concernée, et aussi que j'arrive à cacher mon trouble, mon angoisse aussi longtemps...
Mais, rentrer et vider son sac tout de suite, c'était donner raison aux deux moqueuses, et je n'étais même pas sûre que mon élan de franchise aurait eu une conséquence sur ce qui m'attendait... C'était comme amener mes fesses sur un plateau pour les offrir à la sainte colère maternelle...
Finalement, je repris le chemin de la maison, en me disant que j'allais ne rien dire sur le moment, et que je chercherais une opportunité d'annoncer la nouvelle durant le week-end...
"Tu n'es pas en avance, Christine. Je n'aime pas quand tu traines en route", remarqua Maman quand je rentrai ayant en effet perdu un petit quart d'heure à réfléchir et à retrouver une attitude calme, ou plus exactement "faussement calme".
Mais, je me gardai bien de répondre, de peur que mon ton peu rassuré n'éveille les soupçons maternels... 
L'alerte passée, je ressentais déjà comme une petite satisfaction d'avoir gagné un peu de temps. Et les événements allaient m'aider pour une fois.


Maman avait remarqué que j'avais traîné en chemin...
Même si elle se doutait de quelque chose, je réussis à jouer
les innocentes... C'était toujours cela de gagné...

Ce vendredi soir, Maman était pressée, et n'allait pas tout de suite vérifier cartables, notes, leçons et devoirs, ayant du temps en perspective le samedi. Voilà qui m'évita de rajouter un mensonge de plus si elle m'avait demandé si tout s'était bien passé...
Aline avait rendez-vous chez le dentiste et Maman devait l'accompagner, nous annonça-t-elle. Puis, on dinerait tôt, avant que les deux petites n'aillent à la répétition de leur gala de danse de fin d'année. Diane devait y être de 19 h 45 à 20 h 45, et Aline de 21 h à 22 h. 
Les petites étaient très enjouées par leurs histoires de costumes, de pas à répéter, et j'avoue que cette agitation me permettait de rester à l'écart, de me donner une image de fille sage, et d'éviter les questions maternelles. Bref, je cachais bien mon jeu, et j'en jubilais intérieurement.
Les parents des petites danseuses s'étaient arrangées pour s'épargner une part des trajets, notamment pour ceux qui, comme Maman, avaient des enfants dans les différents niveaux (il y avait même un troisième cours pour les tout-petits de 18 h 30 à 19 h 30).
C'est une autre mère qui est venue chercher Diane, et la ramener alors que Maman allait emmener Aline dont elle suivrait la répétition.
Avant de partir, Maman me rappela la consigne. Diane devait se mettre en pyjama et aller au lit, et moi je devais me coucher aussi, même si j'avais la permission de lire en attendant son retour. Je savais aussi que je pouvais appeler Tata Jacqueline s'il y avait le moindre problème. Voilà qui me donnait un rôle de grande que j'appréciais, et me changeait de mes peurs et angoisses du moment...
En tout cas, j'avais la satisfaction de me dire que j'avais gagné une soirée, et je me disais, fataliste, qu'il ferait jour demain, et advienne que pourra...
Je surveillai la mise en pyjama de Diane, qui était sage, comme souvent quand elle n'était pas avec Aline. Elle était aussi fatiguée de sa répétition de danse et s'est mise au lit sans difficulté. Elle me demanda de laisser sa porte entrouverte et de la lumière dans le couloir, ce que Maman aurait elle-même autorisé.
Ayant à me mettre à mon tour en tenue de nuit, je dis bonsoir à ma soeur, et m'apprêtai à quitter la chambre des petites, quand Diane me demanda d'une petite voix curieuse : "Dis, Christine, c'est vrai que tu as eu deux heures de colle en anglais ?"
Je manquai de trébucher en me retournant, surprise, stupéfaite même...


La question de Diane, au moment du coucher, me stupéfia :
 "Dis, c'est vrai que tu as eu deux heures de colle en anglais?"
Je me sentis comme dans une impasse...
 

"Mais, mais, comment tu sais ?" l'interrogeai-je.
"Alors, c'est vrai, dis ? C'est Charline qui me l'a raconté." avoua sans peine Diane, et je compris en un instant le cheminement de la nouvelle, via les moqueuses et via Corinne, la grande soeur de Charline...
Je me sentais prise dans un piège, coincée, dans une impasse... Je ne savais plus quoi dire...
Diane chercha à en savoir plus : "Mais, Maman ne le sait pas encore ? Tu ne lui as pas dit, hein ? Elle ne va pas être contente..."
Je balbutiai : "Bah, euh, j'ai pas, euh j'ai pas eu le temps. Je lui dirai demain, promis. Mais, toi, tu ne dis rien, d'accord ?"
Diane hésitait : "Moi, je ne veux pas cacher quelque chose à Maman. C'est un mensonge, et elle n'aime pas ça..."
J'insistai : "Si elle ne sait pas, elle ne va pas te demander, alors tu ne mentiras pas. Et puis, tu vas sûrement dormir quand elle rentrera. De toute façon, je lui dirai demain. Allez, sois gentille, je n'ai pas envie d'en discuter ce soir avec Maman..."   
Diane comprit, commentant : "Surtout que si elle le sait, tu vas recevoir une sacrée fessée, c'est sûr, ça..."
Je cherchai à nier un instant et à jouer les détachées : "On verra, Si je lui explique bien, elle sera peut-être compréhensive, tu sais..."
Diane me ramena sur terre : "Je sais surtout ce qu'elle a promis pour le dernier mois de classe... Tu y échapperas peut-être ce soir, si je ne dis rien, mais tu peux préparer tes fesses pour demain. Je te dis que ça va barder..."
Je laissai Diane dans la pénombre, ne refermant pas totalement la porte, comme elle le souhaitait... Ce n'était pas le moment d'entrer en conflit avec soeurette, si je ne voulais pas que la soirée s'achève de la pire des façons...


En me déshabillant, je scrutai mon bas du dos... 
Je savais qu'il allait devenir brûlant et écarlate...
Et ce serait pour demain, au plus tard, si ce n'est ce soir...
J'en frissonnais de tout mon corps... 


Bouleversée et sachant maintenant que tout se réglerait au plus tard demain, je me hâtai de me mettre en tenue de nuit, imaginant que mieux vaudrait, pour éviter toute discussion, faire semblant de dormir quand Maman et Aline rentreraient...
En me déshabillant, j'observai un instant mon bas du dos dans la glace. J'en frissonnais en me disant que si j'arrivais à passer le cap de ce soir (ce qui n'était pas encore fait...), demain à n'en pas douter ma lune blanche allait devenir écarlate...

A SUIVRE 
             
  

mercredi 27 janvier 2016

Chronique d'un redoublement : 96. De l'angoisse anticipatrice au faux pas sans nul doute fatal...

SUITE 95

Je n'avais pas très bien dormi, la nuit suivant cette fessée d'Aline. Ma peur, mon angoisse de voir les pronostics de mes camarades s'avérer exacts continuaient de me perturber. Et pourtant, d'habitude, si je peux m'exprimer ainsi, je faisais moins de cas des fessées reçues par mes soeurs. 
Lorsque cela arrivait à Diane, la plus moqueuse des petites, et la plus souvent épargnée, je me disais que ce n'était qu'un juste retour des choses. Et, puis, quand c'était Aline, pour moi c'était normal qu'elle y soit soumise, puisque moi aussi j'y passais, et même à certaines périodes plus souvent qu'à mon tour...
J'entendais la scène sans l'écouter vraiment, sauf circonstances particulières. Cela me consolait presque, me montrant que nous étions toutes les trois régies par les mêmes lois maternelles.
Cette fois, j'étais dans un autre état d'esprit, tenant plus que tout à éviter toute nouvelle déconvenue, rêvant que les dernières semaines, avec un passage en Quatrième qui se profilait cette fois (je n'allais pas retripler bien sûr), bref que je puisse réussir à atteindre les vacances sans donner raison aux moqueuses qui s'amusaient bien à me prédire de nouvelles déconvenues fessières...
Or, Maman, elle, n'était pas disposée à lever le pied, à baisser la garde. Au contraire... Bien consciente que l'an passé, c'est dans les dernières semaines que j'avais loupé le coche, et montré par mes chahuts et mon manque d'attention notamment, que je manquais un peu de maturité, et qu'une année de redoublement ne me ferait pas de mal...
Chat échaudé craint l'eau froide, dit le proverbe, et cette fois Maman était bien décidée à ne rien laisser passer, surtout de ma part...




Après la deuxième fessée consécutive reçue par Aline,
et en ayant en tête les menaces maternelles répétées,
comment n'aurais-je pas craint d'être la suivante
à venir sur ses genoux ?
Et l'angoisse me rendait d'autant plus nerveuse...  

Aline en avait fait les frais, avec cette deuxième fessée consécutive, qui était une preuve que la détermination de Maman n'était pas que dans les mots. Mais bien dans les actes aussi...
Et, elle l'avait bien répété, comme elle le faisait vis à vis de mes soeurs quand c'est moi qui recevais une fessée. En venant me dire bonsoir, elle avait été claire, et ses mots je les entendais comme s'ils revenaient en écho dans ma tête : "En tout cas, j'espère bien pour toi qu'il n'y aura pas de mauvaises surprises durant ce dernier mois... Sinon, comme ce qui est arrivé ce soir à Aline, tu n'auras qu'à préparer tes fesses, ma fille. Et je te prie de croire que je n'irai pas de main morte... Je t'aurai assez prévenue, Christine " !


En venant me dire bonsoir, Maman avait été claire.
Ce qui venait d'arriver à Aline risquait bien de m'arriver aussi,
et j'avais intérêt à me tenir à carreau,
sinon je n'avais qu'à préparer mes fesses...
Angoissée, j'écoutais ses menaces en frissonnant...


Comme, en plus, les moqueries de mes copines me rendaient nerveuse, ce que Maman prenait pour une attitude pouvant trahir une cachotterie de ma part, cela n'arrangeait pas mes affaires, Maman redoublant d'attention, comme si elle se préparait au pire...
Et, je sentais bien que j'étais dans la ligne de mire... J'en devenais même plutôt pessimiste, commençant à penser que j'aurais du mal à passer entre les gouttes... J'avais envie de crier à tue-tête "Non, non, non !" mais insidieusement une petite voix, plutôt réaliste et fondée sur bien des exemples passés, me disait à l'oreille : "Ne crois pas aux miracles... Je serais à ta place, je commencerais à préparer mes fesses..."

Le lendemain, au collège, j'essayai d'oublier mes peurs et cauchemars, mais les regards de Babette et Brigitte continuaient à être moqueurs, et j'avais l'impression qu'elles s'arrêtaient de parler ou changeaient de sujet quand je m'approchais d'elles, souvent en train de papoter avec d'autres filles dans la cour.
En cours d'histoire-géo, la prof annonça qu'elle rendrait les copies de notre contrôle à la fin de l'heure. Brigitte et Babette me regardèrent en faisant semblant d'être angoissées pour moi... Rien que ce double regard me fit me demander si elles n'avaient pas raison, et je tendis le dos jusqu'à la fin de l'heure.
Brigitte eu 11 sur 20, puis Babette juste la moyenne. Je commençais à moins bien respirer, mais les copies n'étaient pas dans l'ordre des notes et je récoltai finalement un 13 qui me fit jubiler ouvertement.
La prof modéra ma réaction en disant : "C'est assez bien, Christine, mais pas glorieux pour une redoublante". Je calmai ma joie, mais ce 13 m'évita de nouvelles réflexions des moqueuses à la sortie des cours.
En rentrant à la maison, Maman me demanda si j'avais des résultats. Je lui montrai, assez heureuse la note de géo, mais j'évitai de pavoiser car la prof avait annoté la copie d'un "Travail correct, mais avec encore quelques étourderies surprenantes pour une redoublante".
Cela fit tiquer Maman, évidemment. Et j'eus droit une fois de plus à un mini-sermon : "Ah, Christine, Christine, quand feras-tu attention dans ton travail ? Je suis sûre que tu aurais pu avoir un 16 ou un 18. Bon, je ne vais pas te disputer parce que 13 sur 20, c'est assez bien, mais franchement, ma fille, on dirait que tu cherches les ennuis... Fais un effort, quand même... Quand je vois ça, je me dis qu'il y a des fessées qui se perdent... Mais, elles ne vont peut-être pas se perdre pour longtemps..."


Mon 13 sur 20 n'avait pas fait l'effet escompté...
Maman savait bien qu'avec moins d'étourderie et plus d'application,
j'aurais ramené une vraie bonne note...
Maman en regrettait même de n'avoir pas sévi plus tôt...
  

Je montai dans ma chambre sans répondre, et m'appliquai à bien faire mes devoirs. Je prenais bien sûr la menace maternelle au sérieux. Si même un 13 sur 20 me faisait récolter des menaces de fessée, mieux valait ne pas en rajouter et ne surtout pas jouer avec la patience maternelle...

Le surlendemain, dans la cour, devant trois autres élèves une réflexion de Babette me fit bondir : "Alors, il parait que ta petite soeur a pris une fessée l'autre soir... Ca va sûrement être bientôt ton tour, non ?" 
Surprise, je ne pus m'empêcher de rougir, au lieu de jouer les non-concernées. Pire, je balbutiai : "D'ailleurs c'est pas vrai, c'est pas ma toute petite soeur, c'était Aline, la moyenne".
Je m'en mordis la langue, car je venais bel et bien de confirmer la nouvelle... Je vis dans le regard brillant des témoins que je devenais un objet de curiosité, surtout quand Babette ajouta : "Tu vois que j'avais raison. Et, moi je dis, qu'après la moyenne, ce sera le tour de la grande, hi hi..."




Je me demandais bien comment mes camarades avaient pu savoir
qu'Aline avait récolté une bonne fessée.
Bêtement, j'avais confirmé la nouvelle pour bien dire 
que ce n'était pas moi à qui c'était arrivé...
Mais, les moqueuses rirent en prédisant
que ce serait bientôt mon tour...
J'en aurais pleuré, d'autant que, dans ma tête,
c'est bien cela que je craignais... 
 
 Je tournai la tête, me sentant au bord des larmes, et tentai d'éviter le regard de Babette et Brigitte jusqu'à la fin de l'après-midi. Ne sachant pas que c'était là le fruit d'une nouvelle confidence de Diane à Charline, vite répétée à Babette, je rentrai le soir en en voulant à Maman, persuadée qu'elle avait dû encore se confier à Mme Vitez à propos des exploits d'Aline...
Et, comme j'en voulais à Maman, je me montrai du genre grognonne, me valant une réflexion accompagnée d'un geste de la main très significatif qui me calmèrent un peu. Cela aurait été un comble que je donne raison à Babette alors que mon énervement venait de ses réflexions à elle...
En tout cas, cela me minait de plus en plus, au point de ne plus avoir envie d'aller au collège, et de m'y rendre en trainant le pas, broyant du noir.
Il y eut pourtant un vrai moment d'espoir, lorsque le jour d'après, je décochai un 15,5 sur 20 en maths. Et cette fois, sans annotation négative, avec même un "Bon travail. Continue."
Je n'attendis pas le soir pour l'annoncer à Maman. Je fanfaronnai à midi, recevant les félicitations maternelles, avec juste ce bémol : 'Tu vois bien, Christine, que quand tu veux, tu peux. Ce serait si bien si c'était pareil dans toutes les matières, sans que je sois obligée, comme souvent, de sévir, si tu vois ce que je veux dire..."
Je voyais très bien en effet, et mes soeurs attablées avec nous avaient bien compris aussi...
Cette bonne note me fit croire que j'allais réussir, malgré tous les oiseaux de mauvais augure, et je retournai au collège guillerette cette fois.
Je passai même une bonne nuit le soir-même, rêvant cette fois que Babette recevait la fessée, non pas de sa mère, mais de Maman devant moi... Invraisemblable, mais ce rêve-là me plaisait bien...
Cela m'amusa et j'en rigolais sous cape en retournant au collège. Babette et Brigitte avaient dû remarquer mon changement d'attitude, et surtout que je ne répondis pas à deux ou trois petits gestes imitant une menace maternelle, qu'elles me firent en douce.
Peut-être est-ce cela qui a quelque peu déstabilisé mes deux camarades qui poursuivirent leurs messes basses et chuchotements durant le cours d'anglais, récoltant deux premières remarques de Mlle Paule.
Babette et Brigitte se turent un petit quart d'heure, mais reprirent de plus belle, ce qui agaça passablement notre prof d'anglais, et je vis à l'avance que cela finirait mal. Un nouveau regard noir vers mes camarades les fit taire, mais dès que l'enseignante se mit à écrire au tableau, Babette murmura à nouveau à l'oreille de sa voisine.
Se retournant très vite, Mlle Paule pointa du doigt les deux bavardes, annonçant : "Mesdemoiselles, puisque vous avez tant de choses à vous dire, vous pourrez poursuivre votre conversation durant les deux heures de colle que je vous donne" !
La remarque ironique déclencha l'hilarité de la classe, alors que Brigitte et Babette faisaient grise mine. De mon côté, j'avais bien vu le coup venir, et j'exultai. Sauf que je ne fus pas discrète, lâchant : "Wouahou... Ca, c'est bien fait pour elles !"
C'était à mi-voix seulement, mais très audible, surtout que cela me sortit de la bouche, et du coeur, juste au moment où, après l'éclat de rire général, le silence était revenu...


 C'était comme sorti de mon coeur. L'annonce des heures de colle
pour Babette et Brigitte m'avait fait m'exclamer : 
"Wouahou, c'est bien fait pour elles" ! 
Hélas, je l'avais dit tout haut...
J'allais bientôt m'en mordre les doigts... 

Mlle Paule me regarda avec un petit air, que je lui connaissais trop, et qui voulait dire : "Ah, Christine, tu n'en manques pas une..."
Je changeai de visage, mon large sourire se muant en mine angoissée. Et je devinai qu'une tuile allait me tomber sur la tête. Cela se confirma immédiatement, la prof d'anglais me lançant : "Mademoiselle Spaak, quand je vois vos résultats, je vous trouve assez mal placée pour vous moquer de vos camarades. Alors, pour ne pas faire de jalouses, vous aurez droit aussi à deux heures de colle..."


Mlle Paule avait parfaitement entendu mon cri du coeur.
Son regard noir et son doigt me pointant,
je compris qu'elle ne me louperait pas...
L'annonce des deux heures de colle qu'elle me donnait
sonna comme le glas de mes espoirs de clémence maternelle...
  
Je gémis : "Oh, nooon" ! Mlle Paule rétorqua : "Oh, que si... Depuis le temps, vous savez bien que je tiens mes promesses..."  
Et la prof, impertubable, de reprendre le cours pour son dernier quart d'heure, alors que j'eus tout le mal du monde à ne pas éclater en sanglots...
J'étais comme abasourdie. C'était le scénario catastrophe, le retournement de situation où, en deux minutes, ma petite joie, compréhensible au vu du contexte, de savoir Babette et Brigitte collées, venait de me faire faire le faux pas, idiot, je m'en voulais déjà, mais le faux pas fatal, je n'en avais aucun doute...
Et ce qui me pétrifiait sur place, c'était bien que, cette fois, j'en étais sûre et certaine, je n'étais pas la seule à savoir que cela allait barder dans la famille Spaak...
Deux heures de colle de plus, au début de ce dernier mois jugé primordial par Maman. Deux heures de colle, pire encore, distribuées par ma bête noire, par la prof à propos de laquelle Maman m'a mis le plus en garde, je ne me faisais pas la moindre illusion sur une quelconque chance de m'en sortir... J'en avais déjà la chair de poule, et comme des frissons prémonitoires au bas du dos...

A SUIVRE 

samedi 9 janvier 2016

Chronique d'un redoublement : 95. L'exemple cuisant d'Aline ne me rassure pas du tout...

SUITE 94

Je me sentais complètement déstabilisée par cette histoire, d'autant qu'à force de vouloir tout faire pour éviter de nouveaux ennuis fessiers, je demeurais tendue, inquiète, ce qui faisait penser à Maman que je lui cachais quelque chose... Et cela la rendait encore plus vigilante et menaçante...
Dans cette situation, l'orage pouvait éclater à tout moment. Ce qui fit une première victime en la personne d'Aline, moins d'une heure après mon retour à la maison. Pendant que je faisais mes devoirs au mieux, Maman surveillait ceux de mes petites soeurs, installées sur la table du salon-salle à manger, sous le regard maternel, occupée à un peu de raccommodage.
Diane était tranquille, ayant surtout de la lecture à faire, alors qu'Aline peinait comme souvent sur des exercices de calcul, ne mettant il est vrai pas trop de bonne volonté. Maman regardait régulièrement les résultats, non sans commenter avec des menaces à la clé : "Applique-toi donc, Aline. Sois concentrée au lieu de rêvasser... On dirait que tu cherches les ennuis, vraiment. Je ne sais pas ce que vous avez, toi et Christine, mais je crois que ça va se terminer par une bonne fessée, si vous ne comprenez pas autrement..."
J'avais tendu l'oreille quand Maman avait forcé la voix, et je fis la grimace en entendant notre mère m'associer à la menace qui planait sur le bas du dos d'Aline...
Ma soeur dut s'appliquer un peu plus puisque aucun autre éclat de voix ne me parvint durant les dix minutes suivantes. Sauf qu'au moment de corriger les dernières opérations, j'entendis Maman hausser le ton, en constatant deux nouvelles fautes. De l'étourderie assurément, car ma soeur les retrouva rapidement, ce qui ne calma pas Maman, constatant une fois de plus qu'Aline n'avait pas été assez attentive...




Corrigeant les opérations faites par Aline, Maman trouva encore
quelques fautes grossières, signe évident du manque d'attention
de ma soeur qui n'en menait pas large...
Un geste maladroit de sa part devait ensuite venir à bout
de la patience maternelle... 

Pour couronner le tout, ma soeur, en rangeant ses affaires, renversa le verre de lait qu'elle n'avait pas fini et laissé à côté de ses livres. Il n'était qu'à moitié plein, mais se répandit sur deux des livres scolaires, avant de dégouliner sur la jupe et les collants d'Aline.
Maman bondit, écartant ma soeur, afin de nettoyer les livres avant qu'ils ne soient tachés en profondeur. Aline était penaude, figée à deux pas de la table, jupe et collants détrempés. Maman éleva la voix : "Ne reste pas plantée là. Monte donc te changer et mettre tes affaires dans le panier à linge sale. Tu n'as qu'à te mettre en pyjama et m'attendre dans ta chambre..." 
Aline balbutia : "Euh, mais, euh, M'man" ! Maman fut donc plus claire encore : "Il n'y a pas de mais qui tienne, Aline. Tu l'as assez cherchée, tu n'auras que ce que tu mérites..."
Je m'étais placée sur le palier pour entendre ce qui se passait en bas, et je vis monter une Aline, sanglotante et apeurée...


Aline, sanglotante, monta dans sa chambre,
marchant comme une automate,
abasourdie qu'elle était en venant de comprendre
quel sort Maman lui réservait...
 

Elle se déshabilla dans la salle de bains en quatrième vitesse, comme pour montrer qu'elle obéissait bien. Elle repassa devant moi dans le couloir, nue comme un ver, les fesses à l'air, avant d'aller enfiler sa tenue de nuit. 
Puis, une fois en pyjama, elle s'immobilisa, ne sachant plus quoi faire, la tête remplie des menaces maternelles. Elle semblait presque hésiter à lancer : "Ca y est, Maman, je suis déjà en pyjama. Je t'ai bien obéi." Mais, cela aurait été comme un appel, et elle n'avait pas envie que Maman monte vite...
Aline s'assit sur le bord de son lit, restant là, bouleversée, sans rien pouvoir faire d'autre. Je la regardai avec beaucoup de compassion, connaissant trop bien ce genre de situation, où l'on ne peut penser à autre chose que ce qui va vous arriver...


Elle s'était assise au bord de son lit,
bouleversée, ne pouvant penser à autre chose,
ni rien faire d'autre que d'attendre sa fessée... 

Je retournai dans ma chambre, prenant un livre pour faire semblant d'être occupée, mais laissant ma porte ouverte et l'oreille aux aguets...
Maman, en bas, avait vite épongé les dégâts et essuyé délicatement les pages des livres aspergés, avant de les mettre sur le radiateur pour qu'ils sèchent au plus vite.
Elle ne monta pas tout de suite, repassant par la cuisine quelques minutes, puis contrôlant que Diane lisait bien, et lui demandant de continuer en restant là, pendant qu'elle allait "s'occuper d'Aline".
Je suppose que c'est volontairement qu'elle avait laissé la punie mijoter avant de la rejoindre. Aline avait sûrement entendu, comme moi, la phrase de Maman annonçant qu'elle allait "s'occuper" de son cas, et j'imaginais que cela devait battre la chamade dans le coeur de Soeurette. Je le savais d'expérience, et dans un contexte où je craignais tellement de devoir y passer moi-même, je vivais la scène plus que comme simple témoin. Comme si c'était presque une répétition...
Le pas de Maman dans les escaliers, je le connaissais par coeur... Elle montait les marches sans se presser, comme pour ne pas s'essouffler, comme pour montrer son calme et sa détermination, alors que la future punie, elle, avait le coeur qui se mettait à battre plus vite...


Ce n'était pas pour moi, heureusement, que Maman montait
vers nos chambres, mais je ressentais ce que devait vivre Aline,
comprenant que son heure était arrivée,
et que Maman allait s'occuper de ses fesses... 

Elle alla directement à la chambre des petites, vérifiant qu'Aline l'attendait : "Tu es prête ? Bien, alors, j'arrive..."
Elle passa la tête par ma porte, me lançant : "J'espère que tes devoirs sont bien faits. Ce n'est pas le moment de m'énerver davantage, si tu ne veux pas être la deuxième sur la liste..."
Je répondis que tout était fait et bien fait, qu'elle pourrait vérifier. J'avais une voix pas rassurée du tout. Maman commenta : "On verra ça plus tard..."
Puis, passant par la salle de bains, elle tria un instant le linge sale, préparant de quoi faire une machine. Il n'y avait pas un bruit dans la maison. On aurait entendu une mouche voler. Diane, comme moi, devait tendre l'oreille pour ne rien rater de la suite, et Aline, elle, n'osait même plus bouger, pétrifiée par cette attente angoissante...
Enfin, Maman rejoint la chambre des petites, Aline se levant du lit, et reculant vers la fenêtre, alors que Maman dégageait une chaise du bureau des filles et la retournait vers le centre de la chambre pour s'y asseoir.
"Maman, je t'en prie, j'ai pas fait exprès de renverser. Je ferai attention. Pardon, pardon..." se mit à supplier Aline, qui se vit répondre par Maman du tac au tac : "Heureusement encore que tu ne l'as pas fait exprès, ma fille. C'est comme les fautes de calcul, c'est de l'inattention, et j'ai un bon moyen pour que tu t'en souviennes la prochaine fois qu'il faudra faire attention... Allez, assez perdu de temps, viens ici, Aline... Ne m'oblige pas à venir te chercher... VIENS ICI !"


Aline eut beau promettre monts et merveille,
supplier, dire qu'elle ne recommencerait plus,
Maman resta intraitable, intimant l'ordre à sa fille de venir près d'elle...
 

Le ton ne souffrait aucune contradiction, et Aline s'approcha en sanglotant, Maman l'attrapant par un poignet et la basculant en travers de ses cuisses. Par réflexe, ma soeur dut tenter d'agripper désespérément l'élastique de son bas de pyjama, en chignant : "Non, Maman, nooon, pas la fessée, Noooooon, pas déculottée..."
Un "Lâche-ça immédiatement", ponctué de deux bruits de claques sur la main d'Aline lui firent lâcher prise, et je devinai que Maman s'employait à bien dégager sa cible, en glissant le bas de pyjama à hauteur des genoux.
Il y eut comme un moment de pause, Maman devant rajuster sa position, rééquilibrant la punie, reprenant sa respiration, jaugeant la cible à rougir, autant de détails, de moments infimes mais marquants, que je ressentais depuis ma chambre, comme vivant la scène par procuration...
"Ah, je vais t'apprendre, Aline, à rêvasser au lieu de travailler, à faire des fautes d'étourderie, à renverser son verre en ne faisant pas attention... Tiens, tiens, et tiens... rien de telle qu'une bonne fessée pour te faire réfléchir..." lança Maman en commençant à rougir la lune de ma soeur.
Visiblement, la correctrice était décidée à donner une bonne leçon, à ne pas faire les choses à moitié, et je compris bien dès les premières claques que Maman s'appliquait et n'allait pas se contenter d'une fessée vite faite.


Je compris dès les premières claques
que Maman allait s'appliquer à donner une fessée soignée,
à la hauteur des menaces par lesquelles elle nous mettait en garde
depuis quelques jours... Aline en faisait les frais la première... 

Aline se mit à piailler, criant à chaque claque, ce qui n'impressionna pas Maman, qui comprit qu'elle forçait ses réactions. "Garde donc tes pleurs pour quand tes fesses seront bien rouges, ma fille. Je ne fais que commencer... Tiens, tiens, et tiens..." ajouta Maman en claquant de plus en plus fort.
Cela dura encore un long moment, puis Maman s'arrêta. Aline pensant que c'était fini, tenta de se relever, mais Maman la ceintura à nouveau, dit : "Non, Aline, je n'en ai pas fini avec toi... Ne bouge pas comme ça."
Aline supplia : "Non, Maman, ça suffit. Ca fait trop mal. Je veux plus la fessée, arrête", et elle tenta une ruade désespérée en lançant ses jambes en arrière. C'est ce qu'il ne faut jamais faire avec Maman. Celle-ci lui asséna alors instantanément une demi-douzaine de claques très fortes, qui firent crier réellement ma soeur, avant de commenter : "Aline, je n'aime pas ces réactions. C'est moi qui décide, si ça suffit ou pas. La dernière fois qu'une de vous a essayé de m'échapper, c'est Christine, et je l'ai remise sur mes genoux pour une nouvelle tannée qu'elle n'est pas près d'oublier..."
La réflexion maternelle me rappela en effet de douloureux souvenirs et, depuis ma chambre, sur les nerfs et bouleversée, j'enrageais qu'au cours d'une fessée d'Aline, ce soit encore mon exemple qui soit évoqué...



Pour avoir tenté de s'échapper avant l'heure,
Aline eut droit à un supplément de claques cuisantes,
Maman rappelant au passage un épisode qui avait été douloureux
pour ma propre lune... Même au cours d'une fessée d'Aline,
j'étais une fois de plus citée en exemple...

Aline, apeurée par la menace maternelle, arrêta de gigoter, se laissant retomber en position, déjà épuisée aussi par une fessée plus proche de celles de son ainée que des habituelles claquées rapides des petites...
Satisfaite de voir sa fille se laisser faire, Maman repositionna quand même Aline, prévenant : "Allez, c'est bientôt fini", mais reprenant la fessée, comme pour mettre une dernière couche, en commentant : "Ah, je vous ai bien prévenues, les filles. Et surtout Christine et toi, que je ne tolérerais rien durant ce dernier mois. J'espère que cette fessée suffira, mais il y en aura d'autres s'il le faut... Tiens, tiens et tiens..."
Maman paracheva sa démonstration par une dernière série de claques qui firent crier Aline avant que Maman ne la libère et qu'elle se retrouve à genoux, frottant sa lune écarlate, et pleurant longuement.
Maman redescendit vers la cuisine, pour préparer le dîner, et chacune des trois filles n'osa se montrer dans l'heure qui suivit, jusqu'à ce qu'elle ne nous appelle pour venir à table.
Seule à descendre en pyjama, situation que je connaissais hélas trop, sachant combien elle était gênante à vivre, Aline réapparut, tête basse, restant silencieuse durant le repas, se retenant difficilement de sangloter à nouveau lorsque Maman fit, comme à son habitude, allusion à "la bonne fessée" que ma soeur avait reçue...


Aline était redescendue pour le dîner, honteuse et penaude,
devant supporter sans broncher nos regards, 
ainsi que les réflexions maternelles
justifiant la "bonne fessée" reçue. 

Une fois le repas achevé, nous remontâmes dans les chambres, sans faire d'histoire, même Diane restant très calme, et évitant de se montrer moqueuse, bien consciente que ce n'était pas un soir à risquer d'énerver Maman. Celle-ci vint jeter un oeil à mes devoirs et leçons, au moment du coucher. Je m'étais bien appliquée et elle ne trouva pas grand-chose à me dire, si ce n'est que je démontrais là que quand je voulais bien faire, je pouvais aisément...
Sentant bien, elle qui devinait si souvent en moi, que j'étais tendue et sur les nerfs, Maman me redemanda si j'avais quelque chose à lui dire, si je ne cachais rien, ce à quoi je répondis par la négative, sans vraiment la convaincre, m'attirant un rappel dont je me serais bien passée : "En tout cas, j'espère bien pour toi qu'il n'y aura pas de mauvaises surprises durant ce dernier mois... Sinon, comme ce qui est arrivé ce soir à Aline, tu n'auras qu'à préparer tes fesses, ma fille. Et je te prie de croire que je n'irai pas de main morte... Je t'aurai assez prévenue, Christine " !
Je ne pus m'empêcher de répondre en promettant de bien travailler, de ne rien cacher, bref de ne pas décevoir Maman, qui me souhaita bonne nuit en m'embrassant doucement et me déposant un baiser sur le front.
Je l'entendis ensuite dire bonsoir à mes soeurs, non sans quelques dernières phrases moralisatrices envers Aline, comme pour justifier qu'elle ait dû sévir, en tenant ses promesses maintes fois répétées. Et en avertissant qu'il en serait de même à nouveau, à destination de l'une ou l'autre d'entre nous, dès que ce serait nécessaire...

Pour moi qui angoissais, en voulant à tout prix éviter une prochaine fessée, pour couper court aux rumeurs de mes camarades, et déjouer leurs pronostics bien négatifs à mon encontre, la soirée venait de donner encore plus de corps à mes peurs...
Un manque de bonne volonté et de l'inattention de la part d'Aline en faisant ses devoirs, ajoutés à une maladresse l'amenant à renverser un verre, cela avait suffi à faire déborder le vase de la patience maternelle. Et Maman n'avait pas hésité à lui flanquer une fessée qui semblait, qui plus est, calquée sur les miennes... C'est du moins ce que j'avais ressenti, en étant témoin indirect des malheurs d'Aline.
Ma soeur, envoyée dans sa chambre, devant se mettre en pyjama, attendant le bon vouloir de Maman, tentant de résister et en subissant les conséquences, comment aurais-je pu éviter de voir mes propres souvenirs cuisants remonter dans ma tête ? Et d'en être le témoin depuis la pièce d'à côté, me faisait prendre une fois de plus conscience que, dans le cas inverse, elles ne manquaient pas grand chose de mes propres fessées, juste en tendant l'oreille et devinant les moindres détails...


La fessée d'Aline avait montré que Maman tenait ses promesses... 
Et, en ce dernier mois de classe, nul doute que les premières visées
dans le collimateur maternel étaient Aline et moi...
Et, ce dont je venais d'être témoin m'angoissait de plus en plus...
Je savais que je n'avais pas droit à l'erreur, pas du tout...
Même si je voulais tout faire pour l'éviter, dans mes pensées
et mes rêves noirs, c'est bien moi que je voyais, pleurant, 
déculottée sur les genoux maternels,
offrant mes fesses à une claquée magistrale,
aussi sonore que cuisante, et peut-être méritée...


De surcroît, le discours maternel, s'il ciblait théoriquement les trois soeurs, était bel et bien surtout destiné à Aline, et plus encore à moi... J'en prenais là encore pleinement conscience, et cela n'était en rien rassurant. Après l'avoir régulièrement répétée, Maman venait de mettre sa menace à exécution vis à vis d'Aline. Il n'en était donc que plus évident encore que la prochaine visée serait en priorité l'ainée de la famille... Et que, lorsque cela se produirait, j'en prendrais pour mon grade... Pas évident, avec ce genre de peurs, fortes comme un pressentiment, de dormir tranquille, sans en cauchemarder...

A SUIVRE

jeudi 24 décembre 2015

Chronique d'un redoublement : 94. Quand mes camarades apprennent des détails gênants...




SUITE 93

Corinne n'avait pas tardé de faire savoir à Babette et Brigitte qu'elle possédait des informations susceptibles de les intéresser... Au surlendemain des confidences de Diane et au lendemain de mon 9,5 ma presque mauvaise note, Corinne avait distillé quelques confidences à ses deux amies sans aller cependant jusqu'à tout raconter, afin que l'origine de ses informations ne soit pas divulguée. Et puis, Corinne se doutait bien que d'autres détails lui parviendraient via Charline à qui Diane se ferait un malin plaisir de rapporter mes prochaines mésaventures...

En tout cas, Corinne était amusée de voir deux filles de Cinquième tenter de l'amadouer pour obtenir le moindre renseignement sur les malheurs de sa camarade de classe de l'année dernière.



Corinne s'amusait de la curiosité de Babette et Brigitte,
et elle se plaisait à montrer ce qu'elle connaissait
des méthodes de Maman Spaak
en leur faisant des confidences à mi-voix
dans un coin de la cour de récréation...

Babette, qui avait bénéficié des confidences indirectes de sa mère lorsqu'elle avait menacé sa fille d'une fessée, en justifiant sa sévérité du fait que Mme Spaak fessait encore régulièrement sa fille, était la plus pressante, voulant des détails supplémentaires...

Corinne lui fit donc dire tout ce qu'elle savait sur le sujet, et confirma : "Bah, oui, évidemment que c'est vrai. Christine se prend une fessée à chaque mauvais carnet ou à chaque heure de colle. C'était comme ça quand j'étais avec elle en Sixième et en Cinquième. Et ça n'a pas changé, moi, je le sais, hé hé !"

Babette et Brigitte poussaient Corinne à en dire plus : "J'ai bien vu hier quand Christine repartait chez elle avec son 9 et demi. Elle avait la trouille que sa mère s'occupe de son cas en arrivant", dit Brigitte.

Corinne montra une fois de plus sa science : "Oh, un 9,5 elle ne risquait peut-être pas quand même grand-chose, alors que si cela avait été un zéro c'était la déculottée assurée, je vous le dis..."

Babette était fascinée par les propos de la grande de Quatrième : "Je comprends que Christine ne soit pas pressée de rentrer parfois. Si c'est pour se prendre en arrivant une dégelée maternelle..."

Corinne se fit un point d'honneur à apporter quelques précisions : "En arrivant, c'est surtout les premières explications, et c'est là qu'elle sait si elle va s'en prendre une... C'est plutôt le soir après le dîner quand elle est en pyjama dans sa chambre que sa mère vient lui rougir les fesses..."

Brigitte n'en croyait pas ses oreilles : "Mais tu es sûre ? Comment tu sais ? Et si c'est dans sa chambre, personne ne peut voir."

Corinne prit une pose énigmatique : "Vous pouvez ne pas me croire, mais alors je ne vous dis plus rien du tout... Vous savez, on a été deux ans dans la même classe, et je sais plein de choses, sauf que je ne vous dirai pas comment, c'est tout... Bon, allez, au revoir".

Corinne avait fait semblant de couper court, et c'est Babette qui la rattrapa : "Si, si, moi je te crois. Ca ressemble à ce que la Maman de Christine a raconté à la mienne... Raconte encore..."

Flattée de l'insistance des deux de Cinquième, Corinne reprit les confidences : "D'accord, je vous en raconterai d'autres, mais vous devez me promettre que personne ne saura que cela vient de moi, promis, juré ?"

Babette et Brigitte s'exécutèrent, assez excitées de partager des secrets. La récréation se terminait, et Corinne laissa ses deux complices en leur distillant une dernière confidence de taille : "Vous savez, la Maman de Christine laisse souvent la porte de sa chambre ouverte quand elle lui donne la fessée, le soir après le diner... Et puis, je peux vous dire que ça peut être pire quand c'est plus grave... Vous n'êtes pas obligées de me croire, mais la dernière fessée reçue par Christine, sa Maman lui a donné dans le salon, culotte baissée, devant ses petites soeurs... Mais, je ne vous ai rien dit, hein ?"







Forte des confidences de Corinne,
Babette et Brigitte imaginaient déjà la scène
d'une de mes fessées observées en douce
derrière la porte laissée entrouverte...

Je n'avais pas repéré le trio qui s'était isolé au fond de la cour, en partie derrière un arbre. Je n'avais donc pas vu le manège de Corinne. Mais, dès le retour en classe, les yeux moqueurs de Babette et Brigitte fixés sur moi, me firent grimacer. Le mot n'était pas encore à la mode, mais je pense que je ressentais comme une forme de harcèlement.

Lors de la dernière heure, le prof de géo nous fit faire un petit contrôle sur table, que j'aurais rempli à l'aise en temps normal, mais les petites mimiques de Brigitte en se retournant deux ou trois fois avec un air entendu, me déstabilisaient. Il fallut que je me relise plusieurs fois, pour corriger une paire de fautes idiotes sur des choses que je savais par coeur.






Pendant l'interrogation de géo, Brigitte s'était retournée plusieurs fois
avec un petit air moqueur, qui semblait dire :
"J'espère que réponds bien, sinon gare à toi à la maison..."
De quoi me rendre nerveuse et me faire perdre une partie de mes moyens...

Le prof ayant donné les bonnes réponses après avoir ramassé nos feuilles, je compris que j'aurais une assez bonne note, mais je suis sûre que, sans les manoeuvres de Babette et Brigitte, j'en aurais eu une très bonne...

En sortant du cours, c'est Babette qui me glissa : "Alors, Christine, j'espère que tu as bien su... Sinon, ta Maman va encore se fâcher quand on aura les résultats.."

Je rétorquai : "Pff, je savais presque tout par coeur. J'aurai une bonne note, j'en suis sûre..." Je m'en mordis les lèvres car, une fois encore, je rentrais dans le jeu de Babette en lui répondant et accréditant par là ses thèses...

Brigitte fit semblant de me féliciter : "C'est chouette, si tu as une bonne note... Ta Maman te félicitera peut-être alors..." J'esquissai un sourire confiant en entendant sa phrase, mais sûre de son effet, elle reprit une respiration et ajouta avec un petit air entendu : "Oui, c'est chouette. C'est mieux que d'attendre en pyjama dans ta chambre que ta Maman vienne te donner la fessée".

Je rougis comme une pivoine, et détournai la tête, en grommelant : "Pff, c'est même pas vrai. Tu dis n'importe quoi". Et je filai sans me retourner, le coeur battant.

De toute manière, tout autre réponse n'aurait fait qu'amplifier mon malaise, en m'obligeant à mentir...






J'avais nié l'évidence quand Brigitte m'avait décrit
la scène de mon attente en pyjama dans ma chambre
préparant mes fesses à la déculottée maternelle.
J'étais bouleversée et rentrai à la maison
avec une mine angoissée que Maman remarqua...

J'étais bouleversée en rentrant à la maison, et Maman crut même que j'avais une mauvaise nouvelle à annoncer ou que je lui cachais quelque chose. Elle insista : "Oh, toi je te connais trop... J'espère me tromper pour une fois, mais quand je te vois avec cette tête et ce regard fuyant, cela ne me dit rien de bon qui vaille... Tu n'as pas intérêt à me fâcher ce mois-ci, tu le sais, Christine. Sinon, gare à tes fesses... Et tu sais qu'avec moi, ce ne sont pas des promesses en l'air..."

Et je dus mettre bien du mien pour la convaincre du contraire, non sans qu'elle m'ait répété que j'avais intérêt à ne pas faire d'entourloupe, sinon cela irait mal pour mes fesses...

Décidément, je me sentais comme coincée, comprenant qu'il fallait que j'évite absolument le pire, que je garde surtout ma lune blanche...





Je me sentais coincée, 
troublée par ce que semblaient savoir mes camarades,
prête à tout pour éviter de fâcher Maman, mais en même temps
je partais presque perdante dans ma tête,
impressionnée par la détermination maternelle,
et imaginant que je n'échapperais pas à une prochaine,
voire très proche déculottée...


Une fois dans ma chambre, j'eus du mal à retrouver mon calme, troublée que mes copines de classe connaissent ces détails de mon éducation. Je comprenais mal, me demandant comment elle pouvaient savoir ça, mais dans ma réflexion, je pensais davantage à des confidences de ma mère à celle de Babette, à qui elle avait déjà dit bien des choses sur ses méthodes...