lundi 5 octobre 2015

Chronique d'un redoublement : 92. Quand Diane raconte mes déboires sans rien cacher...

SUITE 91

Ma situation au début de ce dernier mois de mon année de redoublement aurait pu être celle d'une ado confiante, sachant qu'elle allait obtenir sans trop de discussion son passage en Quatrième, et que l'on allait pouvoir tourner la page de ces deux années de Cinquième aux multiples rebondissements... Notamment pour mon bas du dos...

J'avais conscience qu'il valait mieux ne pas faire de faux pas, avec une mère aux aguets, bien décidée à ne rien laisser passer...
Mais, la dernière fessée reçue, qui plus est devant mes soeurs, pour du bavardage et une colle en anglais, m'avait servie de leçon et je m'étais résignée à faire attention, à ne pas négliger devoirs et leçons, dans l'espoir d'aller jusqu'aux vacances sans retourner sur les genoux maternels...






Ma dernière fessée m'avait fait réfléchir. Je savais qu'il ne restait plus
qu'un mois de classe, et je me fixai comme objectif de passer le cap
sans avoir à retrouver les genoux maternels, 
sans une déculottée supplémentaire,
bref sans la moindre fessée... 


J'avais un autre atout, c'est que ce programme des dernières semaines de l'année, je l'avais déjà travaillé davantage que d'autres parties. L'année précédente, quand Maman avait pris conscience qu'il y avait danger de redoublement, elle m'avait surveillée et fait travailler doublement, avec quelques fessées à la clé, sans toutefois pouvoir inverser la décision du conseil de classe, où il faut bien dire que les questions de discipline avaient joué au moins autant que le manque de travail.
Avec cette partie de programme assez bien assimilée, je pouvais me sentir en confiance, malgré le fait que la pression maternelle était réglée au maximum, Maman ne voulant pas que je termine sur une mauvaise note.

Mais, là où ma méfiance se transformait en inquiétude, c'était en constatant que Babette et Brigitte continuaient à se faire des messes basses, et à rire sous cape à propos de moi. Surtout après que j'ai vu qu'elles discutaient avec Corinne, mon ex-camarade de classe de l'année passée, et qui avait été une des actrices des moqueries dont j'avais été victime en fin de premier trimestre, à la suite de ma tentative manquée de me faire passer pour malade et éviter un contrôle en classe... Une tentative qui m'avait valu, déjà devant mes soeurs, une des plus belles fessées d'une année qui fut riche en la matière... Enfin, quand je dis "belle", je devrais dire "marquante" ou "démonstrative" par une mère bien décidée à ce que je retienne la leçon... Objectif atteint puisque je m'en souviens encore d'ailleurs !

Ce qui suit, je ne l'ai su que plus tard, à travers des confidences recueillies plusieurs années après, mais qui m'ont permis d'éclairer comment mes camarades de classe avaient pu se délecter de témoignages et détails sur les épisodes de ma vie familiale que j'aurais voulu garder cachés à jamais...

En fait, j'aurais dû m'en douter. Il n'y avait pas à chercher bien loin, puisque ce sont de petites manoeuvres de filles de ma classe qui leur ont permis de faire parler mes soeurs qui, elles, n'avaient pas conscience de la gêne et de la honte que cela allait provoquer en moi...

Actrice importante de mes déconvenues de l'année précédente, Corinne avait bel et bien confirmé à Babette et Brigitte que leur camarade Christine recevait encore, du moins l'année précédente, de cuisantes fessées... Elle s'était même fait un malin plaisir d'en rajouter un peu...

Presque dix-huit mois plus tard, le sujet ne manquait effectivement pas d'amuser Corinne, et d'attiser sa curiosité, son envie de savoir ce qu'il en était cette année... Et il ne lui fallut pas longtemps pour trouver un moyen de répondre à l'interrogation de Babette et Brigitte...

C'est Corinne à son tour qui attendit le lendemain midi mes deux camarades avec un petit air complice. Et ce qu'elle leur dit les fit faire des yeux ronds et complices. "Je vais savoir pour Christine, en faisant parler sa soeur...", avait annoncé Corinne.
Charline, la soeur cadette de Corinne, était en effet en primaire dans la classe de Diane, comme l'année précédente, et les confidences de ma soeurette m'avaient déjà joué des tours et valu quelques grands moments de honte.

Pressée de concrétiser son idée, Corinne alla, le soir même, chercher sa petite soeur à la sortie de l'école primaire, et elle s'arrangea pour engager la discussion avec Diane, lui demandant si sa grande soeur allait bien, puis changeant de sujet alors que Maman arrivait pour récupérer ses deux cadettes. 
Maman échangea quelques mots avec Corinne, qu'elle n'avait pas oubliée, d'autant que nous habitions à deux rues d'intervalle.

Charline et Diane allant au même cours de danse le lendemain soir, Corinne proposa à Maman de ramener Diane à la maison en allant chercher sa soeur à l'issue du cours. Confiante, Maman accepta, car cela lui économisait un trajet de plus à l'heure où elle préparait le diner et surveillait les devoirs de ses deux autres filles.




Corinne, avec son statut de grande, avait la confiance de Maman,
et elle pouvait, en jouant les grandes soeurs de Charline,
amadouer Diane, et la pousser à faire des confidences... 

C'est ainsi que le lendemain soir Corinne attendait Charline et Diane à la sortie du cours de danse. La grande soeur avait bien préparé son coup, profitant du chemin de retour pour aiguiller la conversation sur le sujet désiré... Prenant un air grave, elle suscita la curiosité des deux petites qui l'interrogèrent. Corinne se fit prier puis, faisant comme si elle délivrait un secret, elle prétendit avoir croisé juste avant une mère ramenant sa fille en pleurs à la maison : "D'après ce que j'ai entendu, elle avait volé dans un magasin, et sa Maman lui promettait de régler l'affaire en rentrant".
Charline rétorqua : "Ca va être sa fête", et Diane embraya : "Je n'aimerais pas être à sa place, dis donc", avant de demander : "Elle avait quel âge ?".
Corinne répondit : "Onze ou douze ans, je pense. Je crois qu'elle doit être au collège." Et, elle ajouta : "En tout cas, d'après ce que disait sa mère, elle était encore en âge de recevoir une fessée... Si elle a volé, moi, ça ne m'étonne pas. Qu'est-ce que tu en penses, Diane ? Si cela avait été ta grande soeur ?"
La manoeuvre était imparable, et Diane répondit du tac au tac : "Ca, c'est sûr, si c'était Christine, elle pourrait préparer ses fesses... Surtout pour un vol, tu penses bien."

L'expression employée par Diane ne doutant pas qu'en telle situation sa grande sœur devrait "préparer" ses fesses fit rire Charline qui imaginait déjà la scène...
Corinne commenta astucieusement : "Ça, je pense bien que ta Maman serait en colère si sa propre fille jouait aux petites voleuses. Heureusement que Christine est plus sage, maintenant qu'elle devient grande... Je suis sûre qu'elle n'est plus trop souvent punie... Hein, c'est vrai, Diane ?"
Sœurette fit la moue, avec un air mi-dubitatif, mi-amusé, et elle rétorqua : "Plus sage, Christine ? Je ne dirais pas ça... Hi, hi..."

 
Charline, à qui Diane faisait parfois des confidences, décrypta : "Tu veux dire que ta grande sœur reçoit encore des fessées comme une gamine, c'est ça, non ?"
Diane acquiesça : "Oui, Christine en reçoit encore, comme Aline qui ne travaille pas très bien, alors que moi j'ai des meilleurs résultats", se vanta même ma petite sœur.

 
Corinne fit semblant d'être incrédule poussant Diane à en rajouter. Ce qu'elle fit de bon cœur : "Si, c'est vrai. Moi, je suis moins souvent punie que mes sœurs. Même que c'est Christine qui reçoit le plus de fessées. Surtout depuis qu'elle est au collège... Maman veut qu'elle ait de bons résultats, et elle se fâche chaque fois que Christine a des mauvaises notes, ou quand elle est punie en classe ou qu'elle a des heures de colle".
 

Corinne interrogea, en faisant semblant de douter de la parole de soeurette : "Tu es sûre ? Tu ne racontes pas de bobards ? A chaque fois ? Comment tu le sais, donc ?"
Diane, piquée au vif, se justifia sans rien cacher : "Bah, c'est facile à savoir. Quand Maman gronde Christine et l'envoie l'attendre en pyjama dans sa chambre, on sait bien que ce n'est pas pour la féliciter... En tout cas, il faut voir la tête de Christine, quand elle file dans sa chambre... Elle sait qu'elle peut préparer ses fesses..."






 Avec ce que dit Diane, il est facile à Charline et Corinne d'imaginer
ma tête quand je file vers ma chambre "préparer" mes fesses...

Charline pouffa de rire, ajoutant : "Et alors, qu'est-ce qui se passe ? Si c'est dans sa chambre, tu ne dois rien voir..."
Diane ne se fit pas prier pour poursuivre : "Mais si, mais si. Parfois, Maman ne ferme pas la porte, et on peut guetter depuis le couloir... Et puis, avec Aline, on est dans la chambre juste à côté, et on entend tout. Maman attrape Christine, la met sur ses genoux et, à chaque fois, elle lui baisse sa culotte... Et, alors, ça claque fort sur ses fesses. Fort et longtemps..."




Diane ne se fait pas prier pour confirmer
le mode opératoire coutumier de Maman :
la fessée, culotte baissée,
le soir au moment du coucher...
Une fessée qui "claque fort et longtemps" ! 


Corinne savourait cet échange qui lui confirmait que, depuis l'épisode de "la malade imaginaire", rien n'avait changé pour son ancienne camarade de classe. Un an et demi plus tard, apparemment, Christine se faisait encore rougir les fesses pour ses bêtises ou ses mauvais résultats. Elle allait pouvoir le confirmer à Babette et Brigitte !

Corinne, qui avait fait semblant de ne pas croire Diane, joua cette fois la convaincue : "Ah, d'accord, je comprends, vous devez tout entendre, Aline et toi. Christine ne peut pas prétendre que votre Maman ne lui a pas donné la fessée. Et, c'est toujours dans sa chambre que ça se passe ?" 

La question de Corinne, qui avait souvenir de détails de l'épisode de l'année précédente, n'était donc pas anodine, et Diane s'y enfourna avec un petit sourire au coin des lèvres, comme si elle avait un secret à confier : "Non, pas toujours. C'est vrai que c'est le plus souvent dans la chambre de Christine, parfois avant le dîner, mais en général plutôt après, au moment du coucher. Maman vient nous dire bonsoir, et puis elle va donner sa fessée à Christine qui l'attend en sachant ce qui va lui arriver... Ca, c'est les habitudes de Maman, mais aussi des fois Christine reçoit sa fessée dans le salon, devant nous. Pour donner l'exemple, comme dit Maman".

Charline ouvrit des grands yeux étonnés : "C'est vrai, ça ? Alors, là, tu vois tout ? Raconte..."
Diane, contente de son effet, embraya : "C'est pas souvent, mais justement la dernière fois, ça s'est passé comme ça. C'était la semaine dernière, ou juste un peu avant. Christine a encore été collée par sa prof d'anglais..."
Corinne intervint : "Ca ne m'étonne pas, déjà l'année dernière, je me souviens bien que Mlle Paule lui en avait donné pas mal des heures de colle. Ta mère devait être habituée..."
C'était une manière astucieuse pour Corinne de montrer à Diane qu'elle savait ce qui se passait au retour à la maison, et d'inciter Diane à parler librement.





Les propos de Diane étaient catégoriques : à chaque fois que l'ainée 
ramenait une colle, il y avait à coup sûr une fessée pour Christine.
Et toujours, culotte baissée, pour une tannée magistrale... 


Diane confirma : "Oui, c'est vrai que c'était encore plus fréquent l'an dernier, et Maman n'a jamais accepté que Christine ait des colles pour du bavardage ou du chahut en classe. D'ailleurs, Christine faisait tout pour essayer de cacher la nouvelle, et gagner du temps. Mais, quand le courrier du collège arrivait, tout le monde savait bien qu'à chaque fois, cela se terminerait par une fessée pour Christine. Ca, c'est sûr de sûr, Maman n'a jamais pardonné..."

Corinne riait sous cape, en se remémorant les déboires que j'avais eus avec Mlle Paule, l'an passé, et elle venait d'avoir la confirmation que si, comme elle le savait déjà, l'épisode de la malade imaginaire, m'avait valu une déculottée magistrale, chacune de mes colles m'avait renvoyée sur les genoux maternels, et elle imaginait secrètement le tableau de mes fesses écarlates...

Diane poursuivit : "C'est pareil cette année, mais heureusement, Christine a eu moins de colle. Avec encore une fessée à chaque fois... Mais, là, pour la fessée dans le salon, c'est juste que cette fois, comme la fin de l'année approche, et que Maman était en colère que Christine n'ait pas compris, comme elle dit, et qu'elle ramène encore une colle, elle a eu droit à sa fessée devant nous !"
Charline, les yeux brillants, n'en croyait pas ses oreilles : "Tu as tout vu, tout vu, alors ? Allez, raconte, raconte..."

Diane fit oui de la tête, marquant toutefois un changement de ton. Alors qu'elle avait confié tout le reste comme des confidences presque moqueuses, son récit de la scène marquait plus de compassion pour son ainée, impressionnée de ce qu'elle avait vu, et espérant ne jamais être à la place de sa grande soeur : "Ah, oui, ça, on a tout vu. Il faut dire qu'on savait bien que Christine allait en prendre une. Elle avait annoncé sa colle la veille au soir à Maman, quand tout le monde était déjà couché. Il était trop tard, mais Maman a bien prévenu Christine qu'elle lui donnerait une fessée déculottée le lendemain. Ma pauvre soeur a dû bien mal dormir en y pensant..."
Corinne fit semblant de compatir aussi : "Ca c'est sûr, surtout que votre Maman tient toujours ses promesses. Ce n'est pas drôle de penser qu'il faut préparer ses fesses... Et donc, le lendemain, Christine a eu ce qu'elle attendait... Dès le matin, peut-être ?"
Diane reprit son récit : "On le croyait, mais comme il y avait école, Maman a dit qu'elle s'occuperait d'elle plus tard. A midi aussi, on était un peu pressés, même si le bulletin de colle de Christine était arrivé... Et Maman lui a bien confirmé qu'elle recevrait une bonne fessée en rentrant à la maison..."
Diane faisait durer le suspense, et Charline la pressait d'en arriver au fait, ce que ma petite soeur fit enfin : "Je pensais que Maman lui donnerait au moment du coucher, mais au retour de Christine, elle l'a expédiée dans sa chambre attendre qu'elle l'appelle. Puis, après notre goûter, Maman nous a envoyée dans le salon, et on a compris qu'on allait assister à tout.  Aline et moi, on était assises dans le canapé, juste en face de Maman, qui a appelé notre soeur, et lui a demandé d'amener son bulletin de colle. Christine ne savait pas trop quoi dire et demandait surtout pardon, mais Maman a fait un grand sermon à Christine, en lui rappelant ses promesses, avant de la faire venir sur ses genoux. Christine suppliait déjà en pleurant, mais Maman avait son oeil noir des mauvais jours, et elle a étalé Christine en travers de ses cuisses", poursuivit Diane en reprenant sa respiration devant Charline curieuse comme jamais, qui s'impatientait : "Et, alors, et alors...."
Diane ravie de son effet, ne fit plus attendre son auditoire : "Christine était restée habillée comme en revenant du collège, et Maman a pris son temps pour bien remonter sa jupe et dégager sa culotte que Christine essayait de protéger de sa main libre. Maman a élevé la voix, et Christine a dégagé sa main, laissant Maman lui baisser sa culotte jusqu'aux genoux... Les fesses blanches de notre grande soeur tremblaient, mais Maman les a vite faites changer de couleur... Et les claques sont tombées et tombées. Christine demandait pardon, pleurait, criait, implorant Maman d'arrêter, mais elle a continué longtemps, longtemps. Ma grande soeur pleurait et gigotait pour essayer de se dégager, tellement que sa culotte est tombée par terre. Maman a continué jusqu'à ce que Christine ne gigote plus et la laisse finir sa fessée... La pauvre Christine s'en souviendra longtemps, sûrement... Je n'avais jamais vu des fesses aussi rouges... Pour une fessée, c'était une sacrée fessée..." 






Diane était encore impressionnée du spectacle de la fessée
reçue par sa grande soeur, sous ses yeux et ceux d'Aline, 
une déculottée mémorable, qui lui inspirait même de la compassion pour la punie.
Ayant encore les images en tête, elle en fit une description précise 
qui ne tomba pas dans l'oreille d'une sourde... 

Corinne, qui avait tout prévu pour amadouer Diane, sortit de sa poche une poignée de bonbons et en donna deux à ma petite soeur, en glissant : "Toi, tu es donc la plus sage de la famille. Tu mérites des récompenses. C'est dommage pour Christine, mais elle n'a qu'à plus bavarder en classe, et elle n'aura plus de fessée, ou en tout cas moins souvent".
Diane commenta : "C'est exactement ce que lui dit Maman, mais Christine oublie vite..."

Corinne pronostiqua : "Alors, tu n'as pas fini d'entendre du bruit dans la chambre de Christine, ou de voir ses fesses rougir..."
Diane acquiesça en riant, alors que Charline ajouta : "Tu me raconteras, dis ?"




Contente de l'effet de ses confidences, Diane promit même
à Charline de lui raconter les prochains épisodes,
certaine qu'elle était qu'il y en aurait...
Même Corinne ne s'attendait pas à pareille aubaine... 

Ma petite soeur, contente de son effet, dit : "Oui, promis, mais vous ne le direz pas à Christine ?"
Corinne jura qu'elle et sa soeur ne diraient "rien à Christine". Mais, c'est à Babette et Brigitte que Corinne pensait en douce, trop heureuse d'avoir de telles révélations à leur faire...



A SUIVRE

jeudi 20 août 2015

Chronique d'un redoublement : 91. Ce qui c'était passé chez Babette et les raisons de son attitude

SUITE 90

Je me demandais bien pourquoi Babette avait adopté d'un seul coup cette attitude à mon égard. Même si je devinais aisément que la discussion entre Mme Vitez et Maman avait servi de déclencheur, de détonateur. Seulement, je ne savais pas exactement ce que la mère de Babette lui avait rapporté.

Dans mon imagination, le seul espoir était que Mme Vitez se soit convertie aux méthodes Spaak. J'y avais cru un instant, quand j'avais vu le regard noir de Babette en la retrouvant le lundi matin au collège.
Je me disais même que sa mauvaise note doublée d'un commentaire acerbe de la prof avait pu lui valoir un retour sur les genoux maternels, elle dont sa mère avouait qu'elle avait abandonné ce genre de sanction depuis la sortie du primaire.
Et, comme je l'ai dit précédemment, des images m'étaient venues à l'esprit, imaginant Marie-Elisabeth déculottée par Mme Vitez. Il est vrai que je n'avais aucun mal à imaginer la scène, puisque c'est ce qui me serait arrivée à coup sûr, si c'était moi qui avait ramené un carnet comme le sien à la maison...


Je me demandais le pourquoi de l'attitude de Babette...
J'en arrivais à espérer que sa mère se soit convertie
aux méthodes de la mienne...
J'imaginais aisément Mme Vitez lui régle son compte, comme Maman
aurait agi à coup sûr, si j'avais ramené le même carnet qu'elle...

De fait, cela ne s'était hélas (du moins pour moi) pas passé ainsi du tout, et j'en avais eu confirmation quelques jours plus tard, en écoutant à nouveau des confidences entre nos deux mères, qui se voyaient régulièrement dans la perspective du stand qu'elles allaient tenir à la kermesse des écoles.

Les premières allusions aux méthodes de Maman avaient été faites le soir même de la fameuse discussion des mères. Retrouvant sa fille à la maison, Mme Vitez lui fit remarquer qu'elle n'avait pas apprécié sa façon de lui répondre à la bibliothèque. Elle ajouta : "Tu as de la chance que je ne sois pas aussi sévère que Mme Spaak, sinon cela aurait bardé..." Babette avait haussé les épaules, plutôt incrédule... Sa mère lui avait alors lancé : "Tu ferais mieux de te méfier, tu sais, je ne plaisante pas et je pourrais revenir aux bonnes vieilles méthodes qui ont l'air de réussir avec ta copine Christine..."


Les menaces de Mme Vitez étaient explicites...
Babette n'en croyait pas ses oreilles...


Mme Vitez avait accompagné ces menaces d'un geste de la main, paume ouverte, qui évoquait au minimum des claques, et Marie-Elisabeth n'avait pas insisté. Mais, l'information n'était pas tombée dans l'oreille d'une sourde, bien décidée qu'elle était à chercher à en savoir plus, d'autant que Babette n'avait pas d'atomes crochus avec  moi, Christine, qui, forte de mon année d'avance, regardait un peu de haut les Sixième, avant que ces dernières ne me retrouvent comme redoublante de Cinquième...

Là où Babette en sut davantage sur les méthodes "spaakiennes", ce fut en ramenant son avant-dernier carnet de notes mensuel,  celui où j'avais décroché mon 16,5 en sciences naturelles et Babette un 3 sur 20, doublé d'une appréciation salée de la prof.

Mme Vitez découvrit ce résultat dont sa fille avait volontairement "oublié" de lui parler, sachant que le carnet arrivait et qu'il serait assez tôt pour pondre une explication à la gomme, et tenter de minimiser ce faux-pas.
La mère de Babette ne fut pas dupe des racontars de sa fille, ni du fait qu'elle n'avait, soit-disant, "pas pensé" à lui annoncer ce résultat trois ou quatre jours avant... 
Mme Vitez, énervée, avait lâché : "Franchement, tu cherches les ennuis, ma fille. Ne t'étonnes pas si tu es encore privée de télévision toute la semaine. Et je ne sais pas ce qui me retient de te flanquer une fessée en plus" !
Les derniers mots avaient résonné dans la pièce, comme un coup de canon. Mme Vitez s'était surprise elle-même, et elle regrettait presque ses paroles en voyant les yeux écarquillés de sa fille, incrédule. Elle hésita même quelques secondes, prête à faire machine arrière, prête à revenir sur ses menaces, ou à en ressortir par une pirouette...
Mais, alors que sa mère cherchait ses mots, Babette, elle, joua l'indignée au lieu de faire profil bas...
Elle rétorqua : "Pff, tu dis n'importe quoi. Ca va pas la tête ?"
C'en était trop, Mme Vitez ne pouvait laisser sa fille répondre ainsi, au risque de se faire marcher dessus à l'avenir. 
Elle cria : "Marie-Elisabeth !" le prénom entier qui accompagnait les échanges les plus sérieux. Sa fille releva la tête, lui faisant face, et Mme Vitez lui décocha un aller-retour de gifles cinglantes, là encore se surprenant elle-même.

Babette prit les claques sans avoir le temps de se protéger, d'autant qu'elle ne s'y attendait pas. Interloquée, le souffle coupé, elle éclata en sanglots et fila dans sa chambre sans demander son reste. Elle en referma même la porte en la claquant plus ou moins, ce que Mme Vitez décida d'ignorer, là où certainement une Maman Spaak aurait monté derrière sa fille pour corriger sur le champ ce geste d'humeur...


Giflée d'un aller retour sévère auquel elle ne s'attendait pas,
Babette en larmes s'était réfugiée dans sa chambre,
claquant la porte derrière elle, ce qu'une Maman Spaak n'aurait jamais
laissé faire, mais que Mme Vitez fit semblant de ne pas entendre,
déjà consciente d'avoir sévi plus que d'habitude...


Mais, déjà, pour la mère de Babette, ces deux claques lui semblaient un pas en avant dans la reprise en main de sa fille.

Cela avait en effet calmé, au moins le temps de la soirée, ma camarade de classe, qui était restée pleurer dans sa chambre, ne réapparaissant que lorsque sa mère l'avait appelée pour le dîner. Le sujet n'avait pas été abordé à table, Mme Vitez se félicitant de voir sa fille ne pas faire d'histoire.

C'est en venant lui dire bonsoir à l'heure du coucher, que mère et fille eurent une conversation à propos de ce qui s'était passé. Babette voulait se faire consoler, voire plaindre. Mme Vitez, même si elle se posait des questions au fond d'elle-même, garda ce cap de sévérité retrouvée, expliquant à sa fille : "Et si tu recommences, c'est de tes fesses que je pourrais m'occuper". On était déjà passé du futur au conditionnel, de la promesse à la possibilité, mais cela impressionna pourtant Babette qui protesta : "Même pas vrai, je suis trop grande !"

La réponse de sa mère allait indirectement me causer bien des soucis par ce qu'elle révélait à ma camarade de classe : "Trop grande, toi ? A ta place, je me méfierais. Ce n'est en tout cas pas ce que pense la maman de Christine, qui lui donne encore la fessée quand c'est nécessaire. Et à ce qu'elle dit, ce n'est pas si rare que ça..."
Babette, qui avait déjà eu vent de rumeurs de ce genre me concernant, continua à jouer les incrédules, histoire d'en savoir plus : "Tu dis ça pour me faire peur. Je suis sûre que tu exagères".  Alors Mme Vitez en rajouta, d'autant plus que, au fond d'elle-même, les méthodes de Mme Spaak sans aller jusqu'à justifier, minimisaient toutefois les gifles données à sa fille, et dont elle se demandait si elle avait eu ou non raison d'agir sur le coup de la colère.

Elle fut claire : "Non, je n'invente rien. Sa Maman me l'a dit devant elle et Christine ne l'a pas contredite. En tout cas, Mme Spaak ne laisse rien passer. Chaque colle ou chaque mauvaise note, et c'est la fessée. Apparemment, cela donne des résultats. Méfie-toi quand même, que je ne m'y mette pas à mon tour..."


Mme Vitez eut une longue discussion avec sa fille au moment du coucher,
justifiant sa sévérité revenue (mais relative) en confiant à Babette
ce qui se passait pour Christine et ses soeurs...
Autant de confidences qui ne tombèrent pas dans l'oreille d'une sourde...

Ne sachant pas si sa Maman était totalement déterminée, et échaudée par la paire de gifles reçue, Babette promit à sa mère de travailler, de ne plus répondre, etc., etc. 
Mme Vitez constata quand même avec intérêt que deux claques avaient suffi pour ramener sa fille à de meilleurs sentiments. Mais, en même temps, elle se sentait gênée d'avoir dû recourir à la force. Et c'est comme pour se justifier qu'elle avait bien expliqué à Babette que cela aurait pu être pire, détaillant l'exemple des méthodes de Mme Spaak pour faire comprendre qu'elle s'en sortait plutôt bien avec deux gifles, là où la mère de sa camarade n'aurait pas hésité à recourir à la fessée...
Vu du côté de Babette, dans son for intérieur, il était clair que c'était moi, Christine, qu'elle rendait quelque part responsable d'avoir déjà pris deux claques. et de s'être faite menacer de pire... 
Et c'est en y pensant, en imaginant comment Maman devait s'occuper de mes fesses, "à chaque mauvaise note, à chaque colle", comme Mme Vitez l'avait révélé, que Babette s'endormit, bien décidée à en savoir encore plus et à s'en servir pour se moquer de moi... 


Cela tourna longtemps dans la tête de Babette... Alors, Christine, celle qui 
jouait les grandes l'an passé, celle qui la prenait parfois de haut,
Mademoiselle Christine Spaak filait droit à la maison et, en plus,
elle récoltait une bonne fessée de sa Maman, "à chaque colle, 
à chaque mauvaise note" ! 
Babette imaginait le tableau et pensait déjà :
"Ah, quand les copines vont savoir ça..." !


A son tour donc, Babette pouvait imaginer comment on réglait le compte des indisciplinées ou des fainéantes dans la maison Spaak... A cette différence près que chez nous, ce n'était pas de l'imagination, mais bien notre lot au quotidien... Et Babette avait là bien des éléments pour me mettre plus que mal à l'aise... 


A SUIVRE 


jeudi 13 août 2015

Chronique d'un redoublement : 90. Les menaces persistantes entretiennent ma peur des moqueries des copines

SUITE 89

De retour à la maison, je reçus les encouragements de Maman suite à mon 14 sur 20 en géo, non sans, bien sûr, qu'elle ajoute ses commentaires : "Tu vois quand tu veux, Christine. Tu es sur la bonne voie. Tu n'as plus qu'à poursuivre ton effort jusqu'à la fin du mois, et tout ira bien".
J'allai dans son sens en promettant de bien travailler jusqu'au dernier jour, etc., etc.
Elle acquiesça : "Je ne demande qu'à le constater et j'en serais ravie. Sinon, tu sais ce qui t'attend, Christine, hein, tu n'as pas oublié, je pense..."
Je manifestai comme un geste d'humeur, répliquant un peu sèchement, en haussant les épaules : "Oui, je sais, je sais, pfff, c'est pas la peine de le répéter..."
Maman me lança un regard noir : "Baisse d'un ton, ma fille, que cela t'agace ou pas, les choses sont claires, je ne tolérerai aucun faux pas en ce dernier mois, et que cela te vexe ou pas, ce sera une déculottée maison autant de fois qu'il le faudra..."
Je détournai le regard et me gardai bien de répondre, si ce n'est d'une voix radoucie : "Oui, Maman, oui, je sais".
Elle parut rassurée : "Je préfère ce ton-là, Christine. Et je te conseillerais d'éviter de me répondre vivement, si tu ne veux pas revenir sur mes genoux plus rapidement que tu ne l'imagines..."


Maman n'avait pas apprécié ma réaction d'agacement,
et me menaça de me ramener au plus vite sur ses genoux
pour une nouvelle déculottée maison... 

Je fis amende honorable et tentai autant que possible de me calmer et de cacher mon trouble. Une fois encore, l'arrivée d'une (assez) bonne note me valait certes des encouragements, mais entrainait des commentaires et des promesses inquiétantes pour mon bas du dos...
Mais, il est vrai que j'avais réagi vivement, dans un contexte où tout ce qui touchait aux méthodes maternelles, était encore plus sensible depuis que je savais être l'objet de rumeurs et de moqueries au collège qui m'inquiétaient.
Toutefois, je n'allais pas dire à Maman le fond de ma pensée qui aurait été du genre : "Bien sûr que je vais essayer de faire le maximum pour ne pas donner cours à de nouvelles moqueries en classe. Mais, j'aurais moins d'ennuis si tu n'avais pas tout raconté à la mère de Babette..." De toute manière, une telle réflexion n'aurait pas été du goût de Maman, et je n'avais aucune envie de risquer de provoquer une réaction d'un genre que je voulais éviter absolument... 
En tout cas, quelque part, j'en voulais à Maman et j'avais du mal à cacher une certaine mauvaise humeur qui s'exprimait par une attitude renfrognée et plutôt fermée. Heureusement que le contexte était globalement positif, sinon je ne doute pas que Maman aurait certainement agi en disant : "Si tu continues à faire cette tête, je vais te donner une bonne raison de grogner, moi, en m'occupant de tes fesses..."


 J'étais agacée et renfrognée. Heureusement que le contexte
était plutôt positif, sinon je me doute bien que Maman 
m'aurait donné sur le champ une bonne raison de grogner...

Après un carnet de notes satisfaisant, puis une première note du mois encourageante, j'aurais pu commencer à respirer, à prendre confiance, à me dire qu'il ne restait plus que quatre semaines, que mon passage en quatrième ne devrait pas poser de problème, et donc que, même si c'était compréhensible que Maman veuille ne pas relâcher la pression avant la fin des cours, je n'avais pas trop à me faire de souci... Peut-être même, qu'avec un peu de chance, je terminerais l'année sans nouvelle déconvenue fessière...

Seulement, voilà, il y avait depuis lundi un gros sujet d'inquiétude qui me polluait les méninges, avec les moqueries de Babette et de Brigitte, qui en savaient donc, plus que je ne l'aurais souhaité, sur les méthodes maternelles employées dans la famille Spaak...


Je repensais sans arrêt aux réflexions de Babette et Brigitte,
ainsi qu'à leurs messes basses...
J'imaginais aisément qu'elles allaient chercher
à en savoir encore plus sur ce qui m'arrivait à la maison... 

Encore cela se serait-il concrétisé sous une forme de compassion, pour plaindre leur camarade subissant une éducation sévère, que j'aurais pu l'admettre. Cela avait été le cas, l'année précédente, quand mon amie d'alors, Anne, avait essayé de trouver les mots pour me consoler, même si elle cherchait aussi à en savoir plus sur ce qui m'arrivait... Présenté ainsi, comme en soutien moral, son appui m'avait fait du bien, et je m'étais plus facilement confiée à elle.

Non, là, et comme près d'un an et demi plus tôt, car c'était en fin de premier trimestre de ma "première" classe de Cinquième, quand je commençais vraiment à tenter d'échapper aux foudres maternelles, ce qui était insupportable pour ma fierté de pré-ado, c'était que des camarades fassent de ce qui m'arrivait à la maison des sujets de moquerie...

Il n'était nullement question de compassion, puisque Babette l'avait exprimé d'entrée en me rabaissant à un rôle de "gamine" qui reçoit "encore la fessée". Et je ne parle pas de la réflexion du surlendemain quand j'avais reçu une bonne note et qu'elle en avait conclu que je n'aurais donc pas "panpan cucul", expression ô combien infantilisante s'il en est...

Heureusement, dirais-je, que cela ne survenait pas à un de ces moments de mauvaise passe, de conflits fréquents avec Maman, mais cela n'en était pas moins gênant pour mon amour propre, pour ne pas dire humiliant.

Et voir que Babette et Brigitte avaient trouvé en la personne de Corinne quelqu'un susceptible d'alimenter et d'enrichir leur connaissance du sujet ne pouvait qu'entretenir mon inquiétude... J'avais trop en mémoire cet épisode où j'avais joué les malades imaginaires, trompant Maman quelques heures, avant finalement de ne récolter qu'une de mes plus magistrales déculottées, une fessée majuscule donnée devant mes soeurs, et dont la nouvelle et quelques détails avaient fait le tour de ma classe...

Alors, il fallait absolument que je me contrôle, que je fasse que mes peurs ne prennent pas le dessus et que je continue à être ainsi sur les nerfs et irritable facilement. La manière dont j'avais répondu à Maman en était une preuve, et aurait pu mal tourner pour moi en des périodes plus tendues entre elle et moi... 

Or, ce n'était vraiment pas le moment de risquer de faire des faux pas, de provoquer une réaction maternelle qui n'aurait fait d'ailleurs que donner raison à ce que Babette pouvait raconter...

Dans ce contexte, il est évident que j'eus une fois de plus du mal à m'endormir, et surtout à m'enlever de la tête des images entremêlant mes angoisses du jour, les dernières fessées reçues, et même des souvenirs de l'année précédente...


Dans ma tête, revenait cette histoire de l'année précédente,
cette fessée déculottée magistrale reçue devant mes soeurs,
et dont l'existence et bien des détails
avaient fait pour ma grande honte le tour de ma classe... 



Pour me calmer, je m'accrochais à une seule pensée qui était que, pour éviter les moqueries des copines, et pour faire croire que je ne recevais plus de fessées, l'unique moyen était qu'effectivement j'y échappe et ne retourne plus sur les genoux maternels... Mais, même si j'étais dans une phase positive au plan des résultats scolaires, j'avais bien du mal à me dire que j'y arriverais, quand Maman me rappelait sans cesse qu'elle ne laisserait rien passer et qu'à la moindre alerte je devrais préparer mes fesses...


A SUIVRE

samedi 8 août 2015

Chronique d'un redoublement : 89. Un dernier mois qui commence par l'angoisse que la classe sache...

SUITE 88

En arrivant dans la cour du collège, lundi matin, je vis tout de suite Babette qui discutait avec Brigitte, une fille de sa bande que je ne fréquentais guère. Je restai à distance mais j'eus l'impression que Babette me fusillait du regard. Cela m'inquiéta et ma cervelle commença à travailler dur, imaginant les raisons de cette mauvaise humeur de Babette...




Babette et Brigitte discutaient dans un coin de la cour.
Brigitte semblait amusée, mais Babette me lançait un regard noir
tout en parlant à sa voisine derrière ses mains...

Mais c'était l'heure de rentrer en cours et j'essayai de penser à autre chose ne voulant pas risquer de remarques des profs voyant que je n'étais pas attentive de par ces pensées qui me turlupinaient...
Le petit inter-cours de 9 h me confirma juste que Babette me faisait la tête. Et j'évitai de me rapprocher d'elle. Je me mis à imaginer que Mme Vitez avait suivi les conseils de maman et avait puni sa fille à la manière Spaak...
A tout bien penser, je me disais que cela aurait été bien fait pour elle, et je l'imaginais même, la lune rougissante sous une claquée méritée... Je me surprenais à trouver cela plaisant et qui m'aurait faite rire sous cape...


Je m'étais mise à imaginer Babette sur les genoux de sa mère,
culotte baissée et la lune rougissante,
et j'avoue que l'image ne me déplaisait pas...

Je continuai à rester à distance, tout en l'observant de loin. Et je vis bien, à la récréation de 10 h, que Brigitte était revenue parler à Babette, qui semblait lui faire des confidences avec ces petits gestes et attitudes de personnes se livrant un secret...
Ce qui m'inquiétait le plus, c'est que mes deux camarades me regardaient de loin tout en se parlant à voix basse, me laissant craindre que c'était de moi qu'elles causaient ainsi... Et cela n'augurait rien de bon...

J'eus l'impression que Babette m'évitait le reste de la matinée, et je retournai à la maison à midi en me demandant bien ce qu'elle tramait. Maman profita du déjeuner pour nous demander si nous avions bien travaillé, ne manquant pas de rappeler que nous entamions le dernier mois, et qu'il ne fallait surtout pas se relâcher pour que l'année se termine en progrès. Elle insista surtout auprès d'Aline, la prévenant que ce serait "comme pour Christine", et qu'il n'y aurait aucune tolérance en matière de discipline ou de mauvais travail.
Elle acheva son sermon en s'adressant à moi : "Quant à toi, Christine, je t'ai assez prévenue. Je veux un dernier mois avec uniquement des bonnes notes. Alors, ne t'avise pas de me ramener des résultats décevants ou la moindre heure de colle, sinon tu n'auras qu'à préparer tes fesses..."




 Une fois de plus, Maman n'avait pu s'empêcher de répéter 
qu'elle ne tolérerait aucun écart durant ce dernier mois...
Je savais bien qu'en cas de faux pas, j'aurais à préparer mes fesses
pour une nouvelle déculottée magistrale...

J'avais bien compris, et cela m'agaçait d'ailleurs que Maman insiste tant alors que, justement, j'avais ramené un carnet de notes mensuelles encourageant la semaine passée. Mais, il est vrai que Maman savait bien que, parfois, pour ne pas avouer que c'était souvent, après une bonne note, ma tendance à me relâcher reprenait le dessus... Au moins, là, je ne pourrais pas, en cas de récidive, dire que je n'étais pas au courant...

J'y repensai en retournant au collège, me mettant bien en tête qu'il allait falloir que je me tienne à carreau, sinon c'était la fessée assurée...

En arrivant au collège cinq minutes avant la sonnerie de reprise des cours, je remarquai à nouveau Babette et Brigitte qui me regardaient traverser la cour. Commençant à trouver cela vraiment bizarre, je me décidai à approcher, et demander pourquoi elles rigolaient en me regardant... La réponse me glaça les os, et je ne pus cacher mon désappointement. Babette venait de me lancer au visage : "Cela ne te regarde pas. Nous, on ne parle pas aux gamines qui reçoivent encore la fessée !"
Je rougis et balbutiai : "Non, c'est pas vrai, c'est pas vrai..."
Babette rétorqua : "Ne dis pas de mensonges. Même que ta mère l'a dit à la mienne...La prochaine fois que je la verrai, je lui demanderai..."





Les révélations de Babette me mirent au bord des larmes.
Je niai l'évidence, incapable d'avouer qu'effectivement
je recevais encore la fessée maternelle... 

J'angoissais trop en écoutant les moqueries de Babette et Brigitte pour réussir à contenir mon émotion. J'aurais voulu pouvoir plaisanter, faire semblant de ne pas être concernée, mais j'étais au bord des larmes et ne pouvais sortir autre chose de ma bouche que des dénégations qui sonnaient faux : "Pff, c'est pas vrai. Je n'en ai même plus eu depuis longtemps". Heureusement la reprise des cours coupa notre conversation, mais j'eus du mal à me concentrer, me demandant jusqu'où la maman de Babette avait-elle fait part à sa fille des confidences de ma propre mère, confidences détaillées dont j'avais été le témoin auditif.



Je n'avais surtout pas envie de revivre la honte et les moments de gêne ressentis l'année d'avant lorsque, à la suite d'un de mes exploits (quand j'avais joué les malades imaginaires pour éviter un contrôle d'anglais), où la fessée reçue devant mes soeurs avait été largement racontée par Maman, et avait provoqué des moqueries de mes camarades, où même les plus proches parmi celles-ci s'étaient montrées curieuses sous prétexte de vouloir me soutenir et me consoler.

Je me dis que mieux valait faire comme si de rien n'était, et éviter de répondre aux provocations ou allusions qui risquaient de me revenir aux oreilles...
Mieux valait me concentrer sur le travail. Il ne restait qu'un mois de classe et, après, les grandes vacances aideraient sûrement à oublier cette déconvenue.

J'essayai d'éviter les deux méchantes langues, mais je vis bien, lors de la récréation suivante, qu'elles faisaient des messes basses à d'autres camarades de classe, et que leurs regards et amusés se fixaient sur moi d'une manière qui me faisait penser que chacune imaginaient ce qui m'arrivait encore à la maison les soirs d'orage maternel...

J'en fis des cauchemars, le soir-même, imaginant mes camarades invitées à assister à ma prochaine fessée et débattant de la couleur de ma lune...


Je cauchemardai me voyant rentrer avec un zéro pointé à la maison,
et me retrouvant comme promis sur les genoux maternels...
Mais, au moment, où elle me déculottait, je tournais la tête
et apercevais toute ma classe sagement assise dans le salon,
et invitée par Maman à assister à la fessée qu'elle allait me donner...


Les deux jours suivants, je restai en retrait de Babette et Brigitte, et le sujet ne fut plus abordé, ce qui me donna l'espoir que ce n'était qu'une alerte sans frais. Il y eut tout de même au sortir d'un cours de géo où le prof nous rendit des copies, où Babette récolta un 13 et moi un 14, une petite réflexion que me fit dans le couloir Babette en me disant : "Alors, tu dois être contente ? Tu as eu une bonne note. Christinette n'aura pas panpan-cucul ce soir, hi hi..."
J'aurais voulu la gifler, mais je me retins surtout en pensant qu'un tel geste m'aurait valu au moins deux heures de colle, ce dont je me serais totalement fichue, mais pas de ce qui m'aurait attendu à la maison, et aurait conforté les rumeurs de Babette...

Je me sentis fière de m'être retenue de me battre avec Babette, et je commençais à penser qu'en ne tombant pas dans la provocation cela lasserait  les moqueuses qui changeraient de sujet ou de tête de turque...

Pourtant, au troisième soir, un détail me mit la puce à l'oreille. Je vis Babette en discussion avec Corinne, une de mes camarades de l'année précédente, et passée pour sa part en quatrième.
Or Corinne avait été une des actrices des moqueries que j'avais subies après l'épisode de la malade imaginaire, et ne s'était pas privée de raconter mes déboires à qui voulait les entendre. D'autant que Corinne étant la grande soeur de Charline, qui est à l'école primaire dans la même classe que Diane, elle avait des moyens d'obtenir des confidences détaillées sur les méthodes de Maman Spaak, et surtout sur comment elles étaient appliquées à l'ainée des trois soeurs...


 Babette éclatant d'un rire moqueur en discutant avec Corinne,
ma camarade de classe de l'année passée, voilà qui m'inquiétait,
d'autant que la petite-soeur de Corinne, Charline, était toujours
en classe avec ma pipelette de soeur de Diane...


D'ailleurs, à la fin de la journée, je vis que Babette s'éloigna en suivant Brigitte et Corinne qui habitaient deux rues proches l'une de l'autre. Ce n'était pas la route directe de Babette pour rentrer chez elle, et j'eus le pressentiment que cela allait papoter sur mon dos, voire à propos de mon bas du dos, en espérant que le trio ne veuille pas chercher à en savoir plus... Mais, quelque chose me disait que rien n'était moins sûr...


A SUIVRE