mardi 18 juin 2013

Chronique d'un redoublement : 60. Infaillible, la logique maternelle me ramène sur ses genoux...

SUITE 59

"Où est donc  Christine ? C'est comme ça qu'elle te surveille ?" demanda Maman à Aline. Ecoutant la conversation depuis le haut de l'escalier, je répondis : "Je suis là, M'Man, je venais de monter et j'allais me mettre en pyjama, comme tu as dit, puisqu'il est 7 h".

Je redescendis comme j'étais, donc sans m'être changée, en tentant de masquer mon angoisse et d'éviter de croiser le regard maternel.

"Bon, vous avez mis la table, c'est déjà bien. Le dîner est presque prêt, je n'ai plus qu'à réchauffer la soupe. Vous vous changerez après. On est moins pressées, il n'y a pas classe demain", ajouta Maman en allumant à feu doux sous la casserole de soupe, avant de me demander d'enlever le couvert de Diane, qui dinait chez sa copine.

Pendant que je rangeais l'assiette et les couverts, je vis Maman ramasser mon cartable qui était au pied du porte-manteau dans l'entrée, puis aller s'asseoir sur le canapé et ouvrir le cartable pour en examiner le contenu.

"Euh, M'man, euh, tu ch... euh, tu cherches quelque chose ?", interrogeai-je d'une voix hésitante.



Mal à l'aise, me tortillant les mains, 
j'écoutais les commentaires de Maman découvrant mon bulletin trimestriel... 


Mais, déjà, elle avait sorti le cahier de textes dans lequel était inséré, comme une feuille volante pliée en deux, le bulletin trimestriel...

 "Attends, attends, je, euh, je vais te montrer, et euh, je, euh, vais t'expliquer...", balbutiai-je.


Elle s'arrêta avant de déplier la feuille, me toisant de haut, puis émettant un long soupir, avant de poursuivre : "Du calme, Christine. Je sais lire un bulletin, et s'il y a des explications à donner, je te les demanderai... A ce que je vois, Christine, j'avais bien deviné tout à l'heure : je constate que tu n'es pas tranquille pour un sou, que tu as le regard fuyant des mauvais jours, et j'en déduis qu'il doit y avoir bien des choses à redire dans ce bulletin..."

 J'ai baissé la tête, ne pouvant nier l'évidence, alors qu'Aline me regardait avec de la compassion dans les yeux, doublée d'une pointe de curiosité, les choses allant dans le sens qu'elle avait prédit...


Maman se mit à lire le bulletin à mi-voix. Lorsque c'était correct ou à peu près bon, elle commentait : "Encore heureux que tu décroches la moyenne en redoublant". Une bonne note en maths : "C'est ce que tu devrais avoir dans toutes les matières". Quant aux appréciations du style : "Peut mieux faire", à l'évidence elles faisaient bouillir Maman, comme le "Fait des efforts, mais pas assez régulièrement", de la prof d'histoire géo, assorti des deux dernières notes de contrôle plus que décevantes. Et Maman d'embrayer : "Ce n'est pas possible Christine, si on n'est pas derrière toi en permanence, il n'y a pas moyen que tu travailles régulièrement".

J'avais esquissé quelques bouts de phrases, soulignant une bonne note, ou un progrès dans une ou deux matières, mais l'argument était balayé instantanément par Maman sous cette fameuse règle qui faisait, selon elle, qu'une redoublante aurait dû être en progrès partout, et non pas seulement où cela lui chante.

La cerise sur le gâteau devait être évidemment l'appréciation assassine de la prof d'anglais se demandant quand j'allais enfin me décider à travailler...

"Non, mais, Christine, franchement, tu cherches les ennuis. Ce n'est pas possible. Tu sais pourtant que Mlle Paule t'a particulièrement à l'oeil. Après tout ce que tu lui as fait voir l'an passé, cela ne va pas recommencer quand même... En tout cas, si tu avais oublié comment nous réglions ça à la maison, je vais te le rappeler après le dîner, ma fille...", conclut-elle en reposant le bulletin sur le meuble de cuisine, et en allant remuer la soupe qui commençait à bouillir.


Mes yeux s'embuaient en entendant Maman
annoncer ce qui m'attendait...

J'étais restée figée, n'osant rien dire, les yeux embués, retenant des sanglots qui montaient dans ma gorge, et murmurant simplement d'une voix quasi-inaudible de petits "Non, oh non, M'man, non".
 
Maman, dont la voix s'était radoucie, mais pas la détermination, me fit taire : "Oh si, Christine, si, tu sais bien ce qui t'attend..."
Me prenant par le menton pour que je relève la tête et plantant son regard noir dans le mien, elle m'enleva toutes les illusions que j'aurais pu avoir en ajoutant :  "Alors, arrête de chigner, cela ne changera rien... Tout ce qui te reste à faire, c'est préparer tes fesses, ma fille..."


Maman le confirmait clairement. 
Je n'avais plus qu'à préparer mes fesses...

Je gémis un instant, émettant comme une plainte sourde accompagnant les mots de Maman qui venaient d'annoncer la sentence. Ce n'était évidemment pas une surprise, et je n'allais quand même pas dire à Maman : "Bah, je le savais, je l'avais même dit à Aline tout à l'heure, et je suis sûre, comme elle, que tu vas me déculotter avant de me donner la fessée". Non, j'étais faite ainsi que tant que je n'étais pas sur les genoux maternels, je voulais croire au miracle, tout en sachant souvent que je n'y échapperais pas...


Je ne voulais surtout rien ajouter et je regardais Aline pour bien qu'elle se taise, pour qu'elle n'ait pas la tentation de rapporter à Maman ma réflexion émise tout à l'heure sur le coup de l'énervement et où j'avais dit : "la fessée, de toute façon, je m'en fiche, et j'ai même pas peur".

Je fis mes yeux suppliants, sentant qu'elle hésitait, heureuse surtout qu'il s'agisse d'Aline, car Diane aurait sûrement été ravie de jouer les cafteuses et chouchoutes, et soeurette effectivement ne rajouta rien.


La soupe étant chaude, Maman nous demanda de passer à table, et je n'eus même pas le temps de m'isoler un instant pour accuser le coup.
Maman nous servit presque comme si de rien n'était. Après la séquence explication, le verdict avait été annoncé, l'exécution programmée, et la vie continuait en quelque sorte, comme si on n'allait pas en plus gâcher le dîner parce que j'avais ensuite un rendez-vous sur les genoux maternels. C'était annoncé, réglé, programmé, et il n'y avait pas à y revenir ou à changer quoi que ce soit.

Je sentais ainsi combien la détermination maternelle était importante, et je comprenais qu'il ne s'agirait pas d'une fessée sous le coup de la colère ou de l'énervement, du style cinglant et nerveux, mais que Maman se préparait à me donner une fessée appliquée et exemplaire.

Le dîner à trois avait ainsi une étrange atmosphère. J'avais du mal à avaler un repas que j'aimais bien en général, avec la soupe maison au potiron, avant quelques petites pommes de terre sautées accompagnées d'une tranche de jambon, et du fromage blanc sucré en dessert.

Je ne disais rien, sauf pour répondre quand c'était vraiment nécessaire, et sans trop relever la tête. Seule Aline tentait d'alimenter la conversation, quitte à ramener Maman sur des considérations dont je me serais bien passée. Ma soeur se fit préciser quel film allait voir Diane, donnant l'occasion à Maman de lui répondre qu'elle n'en aurait pas été privée si elle avait bien travaillé. Et d'ajouter, moralisatrice : "C'est comme ça ici,quand on travaille bien, on est récompensés. Et quand on travaille mal, on reçoit une bonne fessée, comme je t'en ai donné une hier soir, Aline. Et comme ta grande soeur va en recevoir une, ce soir..."

Je m'entendis geindre, comme par réflexe : "Non, Maman, non, je veux pas..."  Mais j'aurais mieux fait de me taire, Maman en rajoutant une couche : "Christine, ce n'est pas toi qui commande dans cette maison. Et ne fais pas la comédie de la demoiselle qui tombe des nues... J'ai bien vu que tu savais ce qui t'attendait, déjà tout à l'heure en rentrant, rien qu'à la mine que tu faisais. Hier soir, Aline a ramené un mauvais bulletin et je lui ai donné la fessée qu'elle méritait. Et toi, ce soir, c'est ton tour. Mauvaises notes, bonne fessée, c'est ainsi, ma fille... Et en plus, toi, tu es redoublante, c'est donc encore plus inadmissible, alors je peux te dire que ça va barder pour tes fesses..."

Je n'avais rien osé répliquer. J'avais pourtant un bulletin moins pire que bien des autres de l'année précédente, mais je comprenais que discuter n'aurait fait qu'énerver davantage Maman. Je savais bien que, cette année une note passable ne suffisait pas, qu'il ne fallait pas attendre une quelconque clémence, surtout quand les appréciations des profs affirmaient que je ne faisais pas assez d'efforts...


Dans la logique maternelle, le fait d'avoir donné la fessée
à Aline la veille au soir, pour un mauvais bulletin,
entrainait à l'évidence un traitement similaire pour son ainée
si celle-ci avait des résultats décevants aussi...  


Et puis, il y avait cette logique maternelle, qui se voulait juste et proportionnée au cas de chacune. Aline, la veille au soir, avait subi les foudres maternelles pour des résultats insuffisants. Peut-être que, même si elle n'avait été que grondée en paroles, j'aurais craint pour mes fesses, du fait d'une attente différente de la part de Maman envers son aînée, redoublante de surcroit. Mais, Aline s'était retrouvée sur les genoux maternels, culotte baissée, pour une fessée plutôt marquante pour une encore gamine. Alors, quoi que j'ai joué l'étonnée devant Maman, je ne doutais pas, dès que j'ai eu connaissance du contenu de ce bulletin et de l'appréciation de la prof d'anglais, que mon sort était scellé, que je n'y échapperais pas...

La fessée d'Aline entrainait, au nom de cette logique, la fessée de Christine. Même le fait que j'ai réussi à y échapper depuis un mois et quelques jours n'était pas un argument recevable, dans cette logique maternelle. J'aurais pu plaider : "Regarde, Maman, j'ai été sage depuis des semaines, je ne t'ai pas fâchée, sois compréhensive". Au contraire, dans son esprit, cela devenait : "Je t'ai laissé trop la bride sur le cou, je me suis laissée endormir par quelques notes moyennes, alors que tu n'en faisais encore qu'à ta tête dans d'autres matières..."
Bref, là où j'avais envie de dire : "Cette période sans fessée, c'est la preuve que je m'assagis", Maman, de son côté, devait se dire au contraire : "Voilà le résultat : quelques semaines sans fessée, et ma fille recommence à n'en faire qu'à sa tête. Il est grand temps que je réagisse... Je vais rattraper mon retard, et dès ce soir..."

En tout cas, chacun savait autour de cette table que mon destin était écrit, et que j'allais prendre le relais d'Aline sur les genoux maternels...


En me levant de table, envoyée dans ma chambre 
pour "attendre" Maman, je frissonnais déjà du bas du dos,
imaginant bien ce qui m'attendait...

Le diner fini, Maman demanda à ma soeur de débarrasser, et elle m'envoya en haut : "Allez, Christine, monte donc faire ta toilette, et te mettre en pyjama... Je vais venir m'occuper de toi..."

C'était tellement évident que je n'ai pas bronché, me levant de table et quittant la pièce, sans un mot, tête basse, sans même tenter un regard implorant vers Maman, consciente que cela ne ferait que l'irriter davantage...

L'ordre avait été donné sans hausser le ton, comme si c'était naturel, comme un déroulement normal ou classique d'une soirée familiale. Il est vrai qu'il n'y avait pas classe le lendemain, ni devoirs à faire, ni horaires à respecter. Il y avait juste une fessée à donner, mais même cela n'était pas extraordinaire, puisque c'était comme la veille, seule la punie changeant...

Je comprenais donc que Maman n'était pas pressée comme souvent, mais je ne savais pas au fond de moi si c'était un mal ou un bien...  Mijoter c'est toujours pénible lorsque l'on sait que l'on n'échappera pas à la tannée promise, mais c'est aussi comme un peu de temps de gagné avant de subir ce que l'on redoute...

Avec, quand même, cette fois, le petit détail particulier du fait que, quitte à recevoir la fessée, je voulais surtout que ce soit avant le retour de Diane. Il restait encore une bonne partie de soirée, mais une petite partie de moi en arrivait à souhaiter que Maman ne tarde pas trop. Cela dit, bien sûr, jamais je n'aurais été jusqu'à lui demander d'accélérer la manoeuvre, trop contente de rajouter quelques minutes de plus de repos à mon bas du dos...

Aline et Maman étant toujours en bas quand je passai à la salle de bains, je pris mon temps, allant pour une fois jusqu'à m'attarder devant l'image que me renvoyait la grande glace. J'avais souvent tendance à détourner les yeux, à me sentir gênée presque de mon seul regard sur mon corps.

Là, il n'y avait pas de petite soeur pour surprendre mon moment de curiosité, et je pus jeter un oeil insistant sur mon bas du dos avant de mettre mon pyjama.
Je regardais ma lune bien blanche, partagée entre l'angoisse de savoir qu'elle allait bientôt rougir, et une sorte de fierté de me dire qu'elle avait été épargnée depuis cinq bonnes semaines...


Seule à l'étage, j'eus l'étrange sensation, comme une sorte de besoin,
de regarder un moment ma lune, d'en sentir la fraicheur sous ma main,
d'en scruter l'épiderme encore blanc,
épargné depuis un bon mois, mais qui allait ce soir
rougir à nouveau sous la dextre maternelle...

Je posai la main de façon presque timide sur chacune de mes fesses, ressentant leur fraicheur, et j'en frissonnai. J'en eus la chair de poule... 
Je retirai vite ma main, avec une étrange impression qu'il ne fallait pas que j'effleure à nouveau mon épiderme, comme si cela allait y laisser des traces, comme si Maman aurait pu s'en apercevoir...
Je scrutai à nouveau mon reflet dans la glace, regardant encore cette mappemonde immaculée. Je pensai que c'était ce que Maman allait découvrir tout à l'heure, avant de la rougir longuement. Rien que cette idée me fit battre le coeur, monter l'angoisse, et mes yeux s'embuèrent. Je n'eus plus qu'une envie, c'est de cacher ma lune et j'enfilai mon pyjama, heureuse de sentir une étoffe protectrice sur ma peau encore blanche....

Je retournai dans ma chambre, sans refermer la porte derrière moi, pour ne rien manquer des allées et venues, et entendre quand Maman monterait ou m'appellerait...
Il n'y avait pas de devoirs à faire, ni de leçons à réviser, puisque c'était veille de premier jour de vacances. Je n'aurais donc pas à montrer si j'avais fait mon travail, et j'aurais pu jouer ou lire à ma guise, en attendant... Pour me changer les idées...
Mais, je n'avais pas la tête à ça...  Impossible de penser à autre chose, tout mon esprit était obnubilé par une seule perspective, cette fessée que j'allais recevoir...
 


Maman, en effet, n'était pas pressée en ce soir de fin de trimestre scolaire. Elle envoya Aline dans sa chambre, se mettre aussi en pyjama, en lui précisant qu'elle pourrait, à condition d'être calme, veiller jusqu'au retour de Diane. "Je peux aller jouer avec Christine ?", demanda ma soeur, mais Maman rétorqua : "Oh, ce n'est vraiment pas le moment. Laisse donc ta grande soeur tranquille. Tu sais bien que nous allons avoir, elle et moi, une petite discussion... Comme celle que nous avons eue hier soir, Aline..."


Je guettais la conversation et entendis Aline tenter d'en savoir plus : "Christine va avoir la fessée, hein ?"  Maman acquiesça avant de la ré-expédier dans sa chambre : "Oui, c'est bien cela, Aline, une bonne fessée pour Christine, comme je t'ai donné une bonne fessée, hier soir, ma chérie... Parce que Maman ne rigole pas avec les résultats scolaires... Ici, les enfants qui ne travaillent pas bien n'ont qu'à préparer leurs fesses, et j'en connais une, là-haut, qui sait bien ce qui l'attend... Alors, laisse ta soeur tranquille dans sa chambre... Elle n'a sûrement pas le coeur à jouer..."

Aline monta et s'arrêta à l'entrée de ma chambre, avec un regard plein de compassion, mais où je devinais deux yeux qui semblaient pétiller d'impatience. D'un ton consolant, elle me répéta à sa manière ce que j'avais entendu en tendant l'oreille : "Maman va bientôt venir. Elle a l'air fâchée. Elle a dit qu'elle allait baisser ta culotte et te donner la fessée". 
Elle ne put s'empêcher de me faire une petite grimace et de tortiller un instant son bas du dos, désignant ainsi la partie de l'anatomie que je devais me préparer à présenter à Maman...




Jusque-là compatissante, Aline ne s'est pas privée
de se moquer un instant de moi,
pas mécontente que mon tour arrive... 
et que je reprenne le relais pour ainsi dire !

 

J'avais envie de lui répondre : "Non, ce n'est pas vrai, elle n'a pas dit qu'elle allait baisser ma culotte, c'est toi qui invente..." Mais je me doutais bien qu'elle avait raison, non pas quant aux propos maternels, mais quant à ce qui m'attendait, puisque Aline, elle-même, avait été déculottée, la veille au soir, et que Maman, depuis qu'elle avait senti que j'avais quelque chose à me reprocher, avait fait référence à la fessée d'Aline, me promettant de recevoir "comme ma soeur"

Maman vaqua tranquillement à ses occupations ménagères, profitant du calme de la maison pour mettre de l'ordre en bas, puis ranger dans les différentes armoires du haut du linge qu'elle avait repassé l'après-midi.
J'étais allongée sur mon lit, prostrée, lorsqu'elle rapporta un peu de linge dans ma commode, avant d'aller dans les autres chambres. 


Allongée sur mon lit, incapable de faire autre chose qu'attendre,
les pensées obnubilées par la fessée promise,
j'eus le coeur qui se mit à battre encore plus fort quand Maman redit
d'une voix calme : "Ne t'inquiète pas, Christine, j'arrive bientôt, ma fille..."


Elle ressortit en disant d'un ton détaché : "Je ne t'oublie pas, Christine. Tu sais que Maman tient toujours ses promesses. Ne t'inquiète pas, j'arrive bientôt, ma fille..."
Moi, en fait, ce qui m'inquiétait, ce n'était pas qu'elle n'arrive pas, mais justement la certitude que Maman allait venir... Bientôt...
 

Dix minutes plus tard, quand je la vis repasser devant ma porte, puis aller voir si Aline s'occupait tranquillement, je compris que mon heure était venue...  Maman prévint d'ailleurs ma soeur : "Continue de lire calmement. Je vais m'occuper de Christine..."

Je me suis vite relevée du lit, allant me poster près de la fenêtre, faisant semblant de regarder dehors, alors qu'il faisait déjà noir.

Maman entra dans la pièce et vint immédiatement s'asseoir au bord de mon lit, en tapotant ses genoux, tout en disant : "Allez, Christine, viens donc voir ici..."

Je restai figée, bloquée le dos au mur, implorant : "Maman, je t'en prie, je te promets que je travaillerai mieux. Et puis, je peux t'expliquer pour les notes..."

Maman me coupa : "Christine, ça suffit. On ne va pas discuter. C'est trop tard, tu le sais bien... Allez, viens ici... Ne me fais pas aller te chercher..."
 
Le ton était vif et impressionnant. Et quand elle se pencha en avant comme si elle allait se relever pour venir m'attraper, je bougeai enfin, comme un automate, m'approchant de Maman, en suppliant : "Non, Maman, non, pas la fessée, pas la fessée..."

"Mais, si, ma fille, mais si, la fessée, ma fille...", rétorqua-t-elle du tac au tac, en me saisissant par le bras et m'attirant pour me basculer en travers de ses cuisses.

Ma main droite réussit à se plaquer sur mon fond de pyjama avant même que Maman ne cherche à le baisser. Mais, immédiatement, elle décocha une claque qui tomba sur le dos de ma main et me fit pousser un petit cri et lâcher prise. Maman en profita pour me bloquer l'avant-bras derrière mon dos, m'empêchant toute nouvelle manoeuvre d'échappatoire...




La main qui avait tenté de protéger mes fesses, se retrouva
bloquée dans mon dos, Maman pouvant me déculotter à sa guise
et exposer pleinement ma lune encore blanche...

Me maitrisant parfaitement, Maman entreprit alors de remonter ma veste de pyjama, puis de dégager mon pantalon à hauteur des genoux, avant de faire glisser ma culotte vers le bas. Je gémis longuement à mesure que l'étoffe dévoilait ma lune, Maman dégageant bien la future cible, baissant ma culotte à mi-cuisses, tant derrière que devant...

J'avais le coeur qui battait à cent à l'heure et je geignais ajoutant des "Non, non, oh non" qui n'obtinrent aucun écho d'une mère qui achevait ses préparatifs, comme avec une minutie rare, très calme et déterminée...

Je sentais ma lune à l'air, un peu comme tout à l'heure dans la glace, mais là elle tremblait de peur... Je tendais déjà le dos, mais Maman prit son temps pour bien rééquilibrer sa position, pour rééquilibrer la mienne aussi. J'avais la gorge nouée et les larmes qui montaient aux yeux, avant même la première claque...

Je sentis Maman prendre une longue respiration, deux fois de suite, comme au départ d'une course ou comme avant d'entrer en scène... 
"Alors, Christine, on fait moins la fière... Tu vois, Maman tient toujours ses promesses, et tu n'auras pas préparé tes fesses pour rien..." 
Je suppliai encore : "Maman, non, je t'en prie... Pas la fessée"
Elle soupira : "Arrête de geindre, Christine. Ah, cela faisait longtemps que je ne m'étais plus occupée de tes fesses. Et j'ai bien eu tort quand je vois ton bulletin... J'aurais dû sévir plus tôt... C'est à croire que cela te manquait, Christine... Mais, ne t'inquiète pas, Maman va rattraper son retard, puisque Mademoiselle ne comprend que cela, que la fessée, la bonne fessée déculottée. Eh bien, ma fille, si tu avais oublié, je vais te rafraichir la mémoire, moi... Voilà des fesses qui sont bien blanches depuis trop longtemps. Je ne vais plus les faire attendre..."




Maman avait pris le temps de me sermonner une dernière fois,
 de bien me rappeler pourquoi j'étais sur ses genoux,
culotte baissée, prête à recevoir la fessée...

Et la première claque tomba, sèche et sonore, ravivant ma mémoire, achevant plus de cinq semaines de sursis, me ramenant à mon sort de grande fille méritant encore d'être corrigée comme une gamine...

A SUIVRE

jeudi 16 mai 2013

Chronique d'un redoublement : 59. Un long répit et une mauvaise surprise

SUITE 58


Arrivée au collège, j'ai adopté une attitude plus réservée que les jours précédents. Plus prudente, dirais-je. Chat échaudé craint l'eau froide, affirme le proverbe. Christine fessée craint tout ce qui pourrait entrainer Maman à récidiver...

Je n'étais d'ailleurs pas très fière de remettre les cent lignes à la prof de français, qui les vérifia vaguement, s'attardant seulement à contrôler qu'il s'agissait bien de la signature de Maman, avant de commenter à voix haute : "C'est bien Christine. J'espère que Madame votre mère vous a chaudement félicitée..."
Je me suis mise à rougir, en baissant la tête pour cacher mon trouble. Le reste de la classe se mit à rire, avant de se reprendre très vite, mais j'eus un instant l'impression que mes camarades m'imaginaient sur les genoux de Maman...


Heureusement qu'elles n'en savaient rien, mais les rires de mes camarades me donnaient l'impression qu'elles m'imaginaient punie...


En tout cas, l'épisode m'avait marquée, démontrant bien qu'en cette année de redoublement, il n'y avait guère d'écarts qui me seraient pardonnés. Eviter d'être collée ne suffisait pas : la moindre punition récoltée en classe me vaudrait une nouvelle déculottée...

Heureusement, n'étant pas idiote ni inconsciente, j'ai veillé dans les semaines qui ont suivi à me tenir à carreau, aidée il faut le dire par le fait que j'avais déjà assimilé l'année précédente l'essentiel du programme que je retrouvais à étudier une seconde fois.

Et, quitte à donner une fois de plus raison à Maman, c'est vrai que cette fessée consécutive aux cent lignes de punition en français correspondit au début d'une période étonnamment calme pour mes fesses, ce dont je ne me plaindrai pas...

Quelques notes plutôt satisfaisantes, des encouragements de Maman qui voyait que j'étais mieux décidée, et l'approche des vacances de Noël, et surtout du premier bulletin trimestriel, celui qui, l'année précédente, avait marqué le début d'une période bien difficile, m'ont amenée à être plus raisonnable, voire plus travailleuse et moins chahuteuse en classe. Comme quoi, tout arrive, même si, avec moi, je l'avoue, cela ne dure pas éternellement.

Cette accalmie était d'autant plus appréciable pour Maman qu'elle avait fort à faire avec Aline, en proie à de réelles difficultés, alors que Diane collectionnait les bonnes notes. Alors, puisque l'ainée était repartie (pour le moment) sur de bons rails, Maman portait un maximum d'attention à la deuxième des trois filles.

Aline n'était pas du genre dissipée en classe, ni vraiment fainéante, mais elle assimilait moins vite que Diane et moi, et la moindre récitation lui demandait beaucoup de temps et de concentration pour être sue et mémorisée. Quant au calcul ou à l'orthographe, ce n'était pas brillant, Aline ayant tendance à se décourager vite. Voire à s'arrêter et à rêvasser au lieu de s'appliquer. Et cela n'était pas tolérable pour une mère qui passait un temps fou à aider, accompagner le travail de sa fille. D'où de fréquentes disputes ponctuées régulièrement de fessées moins marquantes que les miennes, je pense, mais qui rappelaient quelle était la méthode en vigueur sous notre toit...





Ces quelques semaines furent marquées par de réguliers passages d'Aline 
sur les genoux maternels... 

Il n'y avait pas pour ma soeur, comme souvent dans mon cas, à mijoter jusqu'après le dîner pour que les comptes soient réglés. Lorsque nous entendions la voix de Maman monter une fois, puis une fois encore, nous comprenions que le troisième avertissement s'achèverait dans les cris... Pour une fessée rapide, tonique, et efficace, donnée culotte baissée, sur le champ.

Sans souhaiter de mal à ma soeur, je n'étais pas mécontente qu'elle monopolise un moment le devant de la scène familiale, mais alors qu'une Diane avait du mal à cacher ses sourires moqueurs et sa curiosité sur ce qui se passait, j'étais pour ma part plus circonspecte, plus angoissée, le bruit mat de la paume maternelle sur les fesses de gamine de ma soeur sonnant dans ma tête comme un rappel que je n'étais pas à l'abri de me retrouver à mon tour en pareille position...

Chaque jour me semblait en tout cas une victoire, et je passai les cinq semaines et demie jusqu'aux vacances de Noël sans avoir à présenter ma lune... Il y avait bien eu une gifle pour un début de caprice, assortie d'une menace de fessée si je persistais, mais j'avais réussi à éviter l'orage, Diane ayant ce soir-là menti effrontément à Maman et pris une dégelée maison qui canalisa la colère maternelle et remit notre conflit au second plan.


Diane trainée dans la chambre des petites pour recevoir une fessée, 
cela remettait un peu les pendules à l'heure
et prolongeait "l'accalmie" pour mon bas du dos...


Mes soeurs reçurent leur bulletin un jour avant moi, et cela valut des félicitations à Diane, puis une fessée à Aline, dont la moyenne avait chuté de par une note désastreuse en calcul. C'était presque dans l'ordre des choses de cette fin de trimestre, comme si c'était logique, et je pensais bien, au vu des dernières semaines, que moi aussi, comme Diane, je passerais entre les gouttes...

Lorsque je récupérai mon bulletin, le lendemain après-midi, distribué par la prof principale, celle de français, je fis grise mine. Moi qui l'espérais sans faille, j'étais déçue, et même inquiète pour la suite des événements...
Heureusement, il n'y avait pas de zéro, ni de notes catastrophiques en dessous de 5, mais surtout des moyennes plutôt ric rac, et une appréciation vacharde de la prof d'anglais se demandant "quand Christine se décidera-t-elle à faire les efforts nécessaires". C'était vraiment le genre de petites phrases aptes à faire partir Maman au quart de tour... 

Il y avait aussi le résultat du récent double contrôle en histoire et en géographie, où un 7 et un 6 étaient difficilement admissibles pour une redoublante censée avoir déjà étudié le même programme l'année précédente, surtout dans des matières où il suffisait d'apprendre sa leçon pour avoir au moins la moyenne. Mais, j'avoue que, dans ce cas, portée par la douce euphorie d'une période de tranquillité fessière, et croyant que j'aurais assez de souvenirs de l'année précédente pour avoir au moins la moyenne, j'avais juste survolé à vitesse grand V les leçons à réviser, sans vraiment y travailler. Surtout que je pensais que ce double contrôle ne compterait pas pour ce premier trimestre. Cette rechute plus l'appréciation de la prof d'anglais ne me disaient rien qui vaille, et ma confiance tomba d'un coup, me voyant redescendre de mon petit nuage d'insouciance pour arpenter à nouveau des chemins angoissés...

Bref, j'étais évidemment ravie d'avoir tenu la seconde moitié du trimestre sans dommage fessier... Mais, c'est avec la peur au ventre que je suis rentrée à la maison en ce dernier jour du classe avant les vacances. 



 
Pas fière de moi, j'avais la mine soucieuse en rentrant à la maison,
craignant un orage prochain... 

Si les autres élèves chantonnaient en pensant aux vacances, j'avais la mine soucieuse et l'impression que la parenthèse paisible se refermait, que jamais Maman ne laisserait passer ça, que cette fois j'allais tout droit vers une fessée magistrale...

C'était une bien étrange impression. Quarante jours ou presque sans fessée, en pleine année de redoublement, alors que la précédente déculottée avait été assortie de menaces précises, d'avertissements comme quoi rien ne serait toléré, et dans un contexte où, régulièrement, les échos de claques généreuses sur la lune d'Aline me rappelaient combien les murs étaient poreux à ce genre de bruits, tout cela faisait que j'étais persuadée que mon tour était revenu, que j'avais presque eu de la chance jusque là, et que je devais bien admettre que j'allais devoir préparer mes fesses... 
Et même une petite voix en moi me disait que ce ne serait pas injuste au regard des lois maternelles en vigueur, que je n'avais pas à attendre de miracles...

Pas tranquille pour un sou en pénétrant dans la maison, je m'efforçai d'afficher une mine faussement enjouée, surtout qu'il y avait du monde au salon. La mère d'une copine de Diane était venue avec sa fille, Charlotte. Les deux gamines étaient en train de siroter une orangeade pendant que les mères papotaient à propos du goûter que donnait le lendemain une autre maman de la même classe pour l'anniversaire de sa fille.
Maman précisait qu'Aline, invitée elle aussi, n'irait pas car elle était punie n'ayant pas fait assez d'efforts en classe. Le sujet devenait dangereux , car j'imaginais bien Maman s'étendre sur la question et expliquer comment elle devait s'occuper d'Aline, voire de son ainée...


Heureusement, la mère de Charlotte n'insista point et proposa à Maman d'aller avec les petites ensemble dans un magasin de la galerie commerciale pour acheter un cadeau commun pour l'anniversaire du lendemain.

Maman acquiesça et dit qu'elles n'iraient qu'avec Diane et Charlotte, ajoutant que qu'elles n'en auraient pas pour trop longtemps et que je pouvais rester et garder ma soeur.

J'acceptai, n'ayant aucune envie d'attirer l'attention sur moi. "Je peux compter sur toi, Christine ?", demanda Maman. "On n'en a pour une heure environ, ou un peu plus si je fais quelques courses, mais ce devrait être rapide. En attendant, tu pourras mettre la table pour le diner. Et si à 7 h, nous ne sommes pas rentrées, faites votre toilette et mettez vous en pyjama, ça gagnera du temps."

Je répondis à Maman que tout se passerait bien, mais ma petite voix doucereuse l'alerta : "Tu fais une drôle de mine. Il y a quelque chose qui ne va pas ?" Je fis mon "Euh, bah, non, non, euh..." pas très convaincu qu'elle connaissait bien. 




Maman lisait sur mon visage que quelque chose n'allait pas.
Tête penchée, bras croisés, elle semblait dire : "C'était trop beau, 
je me doutais bien qu'il allait falloir sévir à nouveau..."

Elle me regarda en fronçant les sourcils : "Ah, oui, c'est vrai que tu dois avoir eu ton bulletin trimestriel ? On verra ça tout à l'heure J'espère que je n'aurai rien à redire... Sinon, tu peux demander à Aline qu'elle t'explique ce qui va t'arriver... Comme à elle hier soir..."
Par chance, Diane, Charlotte et sa mère étaient déjà sur le perron et n'ont pas entendu cette fin de conversation, mais quand Maman tourna les talons, j'avais les larmes au bord des yeux, ce qui ne manqua pas d'être remarquée par Aline...

Une fois de plus, Maman avait lu dans mon regard mon malaise, ma crainte. Et mon "Euh, bah, non..." avait signé ma peur d'avouer sur le champ, montrant ainsi que ce n'était pas anodin. Cela ressemblait à tant d'expressions déjà lues sur mon visage au retour du collège, un jour de colle ou de mauvaise note... Je n'avais rien dit, mais c'était comme si l'affaire était entendue, et elle l'avait résumée en trois phrases qui voulaient dire : après Aline hier, ce sera ton tour ce soir. Même motif, même conséquence, mauvais bulletin, bonne fessée...

Dans mon malheur, j'étais quand même soulagée que ces dernières phrases, que l'annonce maternelle n'ait pas été faite devant Diane, Charlotte et sa mère... Le trouble devant Aline était moindre, car soeurette avait ces derniers temps pris de l'avance en matière de déculottées...

Restée avec moi, privée de sortie le lendemain, Aline voyait en ce début de conflit entre Maman et sa grande soeur comme une sorte de soulagement de ne plus être la première dans le collimateur... Elle était curieuse d'en savoir plus et me demanda si j'avais bien mon bulletin, et s'il n'était pas bon...

Je lui répondis que je l'avais évidemment puisque c'était le dernier jour de classe, mais que ce qu'il y avait dedans ne la regardait pas. Elle rétorqua : "Pff, si tu ne le dis pas, c'est qu'il est mauvais. Sinon, tu l'aurais tout de suite montré à Maman, je le sais bien".

J'avoue que la remarque d'Aline était pleine de bon sens. Il faut dire que ma soeur m'avait bien souvent vu revenir peu rassurée certains jours, et euphorique à d'autres moments, et qu'elle savait bien que, dans le premier cas, c'était bien souvent annonciateur de sales quarts d'heure pour son ainée...

Sans avouer vraiment, j'avais bien dû concéder que cela aurait pu être mieux, mais je lui affirmai que j'allais bien expliquer tout à Maman...

Aline haussa les épaules : "Oui, mais Maman, elle a dit tout à l'heure que ce serait pareil qu'avec moi hier. Et qu'il faut que je te le dise. Elle va te donner la fessée, je le sais, c'est sûr..."

Même si je pensais exactement la même chose, l'intervention d'Aline m'énervait et je l'envoyai paître en lançant : "Bah, ça ne te regarde pas. Et puis, de toute façon, je m'en fiche, et j'ai même pas peur..."

Aline n'apprécia pas, répondant : "Bah, on verra si tu ne pleures pas. Parce que, moi, hier, j'ai eu très mal, et toi tu es plus grande, alors tu auras une plus grosse fessée... Et puis, quand elle rentrera, je vais dire à Maman que tu t'en fiches de la fessée. Et que t'as même pas peur. Oui, je lui dirai, na !"

J'ai soudainement compris que mes petites phrases de défi n'allaient pas arranger mon cas, et que Maman les prendrait très mal...

Je m'employai donc à amadouer Aline, à changer de ton, pour lui demander de ne rien dire à Maman. Ma soeur se fit prier un moment, me faisant promettre en échange que je l'aiderais si elle avait des devoirs de vacances à faire, et que je lui achèterais sa friandise préférée quand on irait toutes les deux à la boulangerie.

Consciente des risques, je promis et me montrai très compréhensive envers soeurette. Je lui dis que je l'avais plainte la veille au soir quand elle avait reçu sa fessée, que je savais que Maman n'y étais pas allée de main morte, que j'avais pensé à elle quand je l'avais entendue pleurer longuement ensuite. C'était d'ailleurs la vérité, car si j'étais parfois presque contente que les petites en prennent parfois quand j'en prenais souvent, j'avais tendance, en grande soeur gentille que j'étais au fond de moi, à les plaindre quand elles étaient dans une mauvaise passe comme c'était le cas pour Aline en cette période là.

Ma compassion atteint son but, car je sentis que j'avais touché ma soeur, et qu'elle avait aussi en retour envie de me plaindre à l'avance...

"Alors, tu crois que tu vas l'avoir la fessée, ce soir, Christine ?", relança Aline et comme nous étions en confiance entre punie et future punie, je la mis dans la confidence : "Bah, avec ce qu'a écrit la prof d'anglais, et deux mauvaises notes en histoire-géo, je sais déjà comment Maman va réagir. Je crois que c'est fichu..."

Aline enfonça le clou : "De toute façon, elle a bien dit que si elle avait quelque chose à redire, ça sera comme avec moi hier..."

Je ne le confiai pas à ma soeur, mais je savais que ce dernier argument était très vrai. Si Maman s'était montrée compréhensive la veille avec Aline, je risquais tout de même la fessée, mais j'aurais encore une chance de m'en tirer sans. 
Sauf que là, Maman n'ayant pas été conciliante pour la cadette, elle ne pouvait l'être pour celle qui doit donner l'exemple. Et je sentais bien que, du point de vue de la logique maternelle, la fessée d'Aline la veille m'entrainait à prendre mon tour ce soir sur les genoux maternels...

Ma soeur voulant être gentille ajouta : "Ne t'en fais pas. Et puis, cela fait longtemps que tu n'as pas eu de fessée. Moi, j'en ai eu plus que toi..."

Une réflexion placée sous le signe du bon sens, mais qui me faisait craindre que Maman pense la même chose et ne veuille pour ainsi dire "rattraper son retard" sur mes fesses...



La situation était étrange, car le fait d'avoir dû avouer à ma petite soeur que je risquais de recevoir la fessée dans la soirée, nous rapprochait. Là où Diane aurait été davantage dans la moquerie, forte de ses bons résultats et de sa position de petite dernière à qui l'on pardonne davantage qu'à l'ainée, Aline me plaignait vraiment.
Je ne suis pas totalement dupe tout de même, et il est évident qu'il y avait de la curiosité chez elle. Savoir à l'avance que la grande soeur va être punie la rendait attentive au moindre détail, et voulant tout savoir, comme elle espérait bientôt tout entendre, voire tout voir...
Mais, en même temps, je ne sentais pas de méchanceté de sa part. Elle était plus dans la compassion, ayant encore en mémoire sa déculottée de la veille et combien elle avait pleuré...


Aline se remémorait sa fessée de la veille et me pronostiquait le même traitement,
voire plus encore. Me rappelant ses pleurs entendus,
 je ne pensais plus qu'à ce qui m'attendait sûrement... 

En tout cas, ma soeurette n'était plus dans le doute : "Si elle n'est pas contente, elle va se fâcher fort, tu sais", commentait-elle, revenant sur le sujet toutes les cinq minutes, alors que j'aurais voulu pouvoir penser à autre chose. Cela dit, dans ma tête aussi, je ne pensais qu'à ce qui m'attendait...

Aline me regardait avec insistance, comme pour enregistrer les images de l'avant, surprendre mes gestes d'inquiétude, comme on regarde un film en guettant les rebondissements, en sentant que le dénouement se rapproche lentement.

"Je suis sûre qu'elle va te baisser ta culotte", ajouta-t-elle encore avec un regard insistant sur mon dos. Mon regard lui fit comprendre qu'elle ferait mieux de se taire. Mais, elle resta constamment près de moi, comme si elle ne voulait pas manquer la scène du retour de Maman.

C'est encore Aline qui me rappela qu'il fallait mettre la table, expliquant : "Il ne faudrait pas que Maman soit encore plus fâchée avant de te donner la fessée..." Même si la réflexion m'irrita, j'obtempérai, me disant qu'elle n'avait pas tort, et que mieux valait amadouer Maman... Du moins ne la fâcher en rien davantage...

J'avais l'impression que la pendule tournait plus vite que d'habitude, alors qu'Aline, la regardant très souvent, pensait le contraire. J'aurais voulu arrêter le temps, elle le faire passer plus vite à la séquence suivante...

Il était juste 19 h et je me rappelai que Maman avait demandé que nous nous mettions en pyjama si elle n'était pas revenue. En même temps, cela ne m'enchantait pas de l'attendre dans une tenue qui me rappelait d'autres mauvais souvenirs, et de m'y trouver déjà quand elle reviendrait avec Diane, Charlotte et sa mère.

Comme j'entendis du bruit sur le perron et la clé dans la porte, je filai dans ma chambre, au moins pour faire croire que j'allais me mettre en pyjama.

Je guettai du haut les bruits. Il n'y avait que la voix de Maman et celle d'Aline qui lui demandait où était Diane. "Elle est restée avec Charlotte. Elle dîne chez sa copine, et sa Maman les emmènera au cinéma, puis la déposera ici après la séance".

Dans mon malheur, c'était la première bonne nouvelle. J'avais peur en effet que Charlotte et sa mère reviennent papoter un peu après leurs courses faites et qu'elles apprennent ce qui se tramait. Et puis, Diane la moqueuse absente pour la soirée, cela faisait un témoin (auditif du moins) en moins...

Sans être pressée, je compris instantanément que, si fessée je devais recevoir, mieux valait que ce soit avant la fin de la séance de cinéma du soir, ce qui laissait tout de même de la marge...


A SUIVRE

dimanche 31 mars 2013

Chronique d'un redoublement : 58. Un peu plus de raison, mais le naturel revient vite... Et les conséquences fessières aussi !

SUITE 57

Cette fessée reçue, au coucher, dans l'intimité (relative certes sur le plan sonore...) de ma chambre, allait pour ainsi dire "marquer le style" de relations conflictuelles entre Maman et moi durant cette année de redoublement.

Si j'ai tenu à disséquer en détail les événements depuis l'annonce du redoublement, à la fin de ma première Cinquième, jusqu'à ces premiers mois de cette seconde année dans la même classe, c'est pour bien faire comprendre l'aspect psychologique et la manière dont Maman poursuivait la même logique, en étant persuadée de bien faire. Et, d'ailleurs, force est de constater que la méthode portait ses fruits, puisque cette année fut globalement plus calme, et qu'elle s'acheva par un passage en Quatrième, plutôt bien classée en la plupart des matières, avec des appréciations encourageantes, même si les rapports avec un ou deux profs étaient restés tendus et m'avaient encore valu divers déboires...

Mais, comme il convient d'avancer, pour ne pas donner l'impression de me répéter trop, je passerai certains épisodes, ou ne les évoquerai que rapidement, pour m'étendre plus sur quelques faits plus marquants ou significatifs de cette année-là.

Comme je l'ai déjà dit, après une Sixième qui m'avait vue "profiter" de l'impression de liberté que procure la multiplicité des profs, et la possibilité d'en "jouer", et où Maman avait dû "reprendre la main" à sa manière, puis une Cinquième, où la situation s'était empirée, amenant Maman à ne rien lâcher et à multiplier les "explications" avec sa fille, cette année de redoublement ne pouvait qu'être plus "calme" du point de vue de ma lune, si je peux parler ainsi...

Et, fait certain et fortement apprécié par Maman, la fessée faisait son effet, me calmant, m'amenant à travailler mieux, dans l'idée de montrer à Maman qu'elle avait tort, que je n'étais pas une fainéante, alors qu'elle, au contraire, se disait qu'elle avait eu bien raison, puisque les résultats suivaient... Sans parler du fait qu'une fessée de l'ainée impressionnait mes soeurettes et avait tendance à interagir sur toute la petite famille.

Comme j'avais donc moins d'occasions de déclencher les foudres maternelles, comme je ramenais aussi des notes globalement plus satisfaisantes, les scènes d'anthologie ou disons les grandes démonstrations, furent relativement rares pendant cette année. même si j'en conterai quelques unes.

Mais, moins de tannées spectaculaires ne signifiait pas un retour au laxisme maternel... Et, jamais, il n'y eut de fessée bâclée, ni surtout de fessée méritée non donnée... Etait-ce parce qu'en grandissant, je pouvais prendre conscience que mes manoeuvres et mensonges cherchant à échapper à l'inéluctable étaient vaines,  toujours est-il que je savais clairement ce qui m'attendait quand je franchissais certaines lignes, et que je cherchais plus alors à ne pas aggraver mon cas, qu'à tenter l'impossible. Comme si, dans ma tête, je me disais : "Ne tente pas le diable, Christine, mieux vaut peut-être une fessée ce soir dans ta chambre, qu'un mensonge et deux jours de répit qui risquent de te valoir au final une déculottée devant tes soeurs..."

Je n'en étais pourtant pas, et n'ai jamais pu en arriver à une véritable "acceptation" de la sanction, mais il y avait un peu plus de raison dans mon attitude. 

Cela tenait aussi au fait que Maman ne déviait nullement de sa méthode et que toute discussion n'était que temps perdu, même si, à chaque fois, je cherchais des arguments, je plaidais ma cause, je promettais monts et merveilles...

Mais, quoi qu'il en soit, si j'avais récolté un zéro, ou repris deux heures de colle, ou si un prof s'était plaint de moi, je pouvais deviner que le soir même, au moment du coucher, l'esprit débarrassée de toutes les autres tâches éducatives ou ménagères, Maman tiendrait sa promesse, et m'appliquerait la "bonne" fessée qui transformerait ma lune en mappemonde écarlate et me ferait pleurer toutes les larmes de mon corps.

Heureusement, cette seconde Cinquième était plus aisée que la première et moins propice aux plongées en travers des genoux maternels. D'ailleurs, je me tins à carreau trois bonnes semaines après cette fessée pour la colle en anglais. Aline, pour un devoir fait en dépit du bon sens, et Diane, pour un caprice doublé d'un début de colère, avaient entre temps pu tester l'efficacité de la dextre maternelle, chacune par une fessée sur le champ, sans fioritures, mais qui remettait un tant soit peu les pendules à l'heure. 

 J'avoue qu'entendre depuis ma chambre, Aline et, le lendemain, Diane,
piailler sous la dextre maternelle, me paraissait comme une sorte
de consolation, même si je me rendais compte 
de la manière dont on entendait bien...

Alors, comme nous étions à une semaine des vacances de Noël, et que je commençais à rêver d'y arriver sans encombre, mon naturel joueur reprit un peu le dessus. J'eus une alerte en cours d'anglais, la prof me surprenant à rêvasser, mais comme je savais ma leçon et pus répéter ce qu'elle venait de dire, j'eus droit seulement à un : "Vous avez de la chance, Christine, mais que je ne vous y reprenne plus. Je ne voudrais pas une fois de plus être obligée de vous coller..."

Connaissant Mlle Paule, je savais que je n'étais pas passée loin, d'une nouvelle colle, et donc de ce que cela m'aurait valu à coup sûr à la maison...
J'étais donc heureuse que l'heure se termine sans incident, ce qui me fit aborder le cours suivant, celui de français où j'étais plutôt bonne élève (quand je voulais...) avec un esprit très guilleret !

Tellement guilleret que, lorsque l'une de mes camarades de classe que je n'appréciais guère, appelée au tableau par la prof, s'étala de tout son long dans la rangée après avoir buté contre un cartable, sa jupe remontant pour montrer une culotte rose qui faisait très gamine, je me mis comme toute la classe à éclater de rire. 
 
La prof demanda le silence pendant que l'élève se relevait et rajustait sa tenue, penaude, avant d'entendre lui asséner : "Mlle Pariset, pour vous apprendre à regarder où vous marchez, vous me ferez deux heures de colle".

Sans être méchante, cette nouvelle me plaisait plutôt, et j'en ris avec un certain plaisir, la fautive n'étant pas de mes amies, et du genre pimbêche. La prof remarquant que je souriais largement me lança : "Si cela vous fait rire, Christine, je peux vous mettre aussi deux heures de colle". 
La phrase me fit sursauter. Oh, non, c'était trop bête, je n'allais pas me retrouver collée pour si peu, et la seule évocation de cette possibilité fit naître une angoisse liée à ce que deux heures de colle auraient signifié aussi pour moi... J'en frissonnais presque du bas du dos...
Je me figeai donc d'un coup et, au lieu de faire profil bas, tellement apeurée qu'elle puisse mettre ses menaces à exécution, je tentai maladroitement de me justifier en expliquant : "Oh, non, c'est pas pour la colle que je riais, c'est, euh, c'est parce qu'elle est, euh, elle est tombée par terre, euh".




J'avais une telle trouille d'être à nouveau collée
que je balbutiai mes explications, 
affichant une mine défaite qui fit rire toute la classe


Comme ma phrase peu rassurée fit rire toute la classe, la prof dut redemander le silence, et ajouta : "Bon, eh bien, au lieu de deux heures de colle, Christine, vous me copierez cent fois : je ne dois pas me moquer de mes camarades de classe".
Je balbutiai : "Oui, Madame", presque contente d'avoir échappé pour la seconde fois dans lla même matinée à une colle. Mais, je compris vite que j'étais quand même dans de beaux draps, quand la prof rajouta : "Vous me faites ça pour le prochain cours, donc demain matin, Christine. Et, bien sûr, vous le faites signer à la maison, c'est bien compris ?"

D'un seul coup, au lieu de la colle évitée deux fois, j'héritais de cent lignes, mais surtout de cent lignes à faire signer... 
Je n'avais pas besoin que l'on me fasse un dessin. Dans ma tête, la petite voix me disait : "J'en connais une à qui cela ne va pas plaire du tout. Ce n'est peut-être pas une colle, mais le libellé des cent lignes ne passera pas... Ma pauvre Christine, il n'y a pas de doute : cela pourrait bien chauffer pour ton matricule..."      

En tout cas, en revenant à midi vers la maison, j'en connais une qui n'avait pas la démarche assurée et qui commençait à se faire du mouron....

J'ai hésité à me confier à midi, et Maman a bien vite capté que quelque chose n'allait pas : "Tu as quelque chose à me dire, Christine ? Je n'aime pas quand je te vois comme ça. Ne me dis pas que tu as eu une mauvaise note ou que tu as été collée ?"

Je n'allais surtout pas dire que j'avais failli être collée à deux reprises dans la matinée. Et je m'en sortis en jouant l'innocente, pouvant affirmer : "Mais, non, Maman, non, je n'ai pas été collée, promis, promis". Et je tentai de noyer le poisson en ajoutant que j'avais "un devoir supplémentaire à faire en français", pour expliquer pourquoi je faisais grise mine.

Maman n'avait pas demandé à en savoir plus, et avait rétorqué : "Eh bien, au moins tu auras du travail à faire ce soir. Redoubler, ce n'est pas une partie de plaisir, et je trouve que tu vas un peu dans la facilité, et ne fais pas guère d'efforts ces jours-ci. Je ne voudrais pas avoir à te le faire comprendre autrement, si tu vois ce que je veux dire..."  Elle avait assorti cette dernière phrase d'un geste de la main, la paume ouverte et menaçante qui n'avait pas besoin de décodeur... 

Et, c'est vrai qu'après trois bonnes semaines de calme, j'avais eu tendance ces derniers jours à me la couler douce, commençant à faire naître des reproches maternels encore bénins, mais qui, ajoutés à la découverte des cent lignes à copier et à faire signer, risquaient de "faire déborder le vase" !

De retour au collège, l'après-midi, je me tins à carreau, n'ayant guère envie de jouer avec mes camarades, et m'isolant durant la récréation, pensive et inquiète. J'espérais que le cours de maths allait m'apporter du réconfort, avec le retour des copies du dernier contrôle. Mais, au lieu de la bonne note que je pensais avoir, une ou deux étourderies dans les exercices, l'avaient faite baisser...
11,5 sur 20, c'était au dessus de la moyenne, mais comme c'était une matière où j'avais plutôt entre 12 et 15, je n'allais pas pouvoir m'en vanter pour amadouer Maman. D'autant qu'en marge de la copie, la petite annotation de la prof : "Passable, mais j'attends mieux d'une redoublante"  n'était pas du genre à m'aider. Bien au contraire...


Le moral était bien bas en rentrant à la maison,
une petite voix intérieure me murmurant
que j'allais devoir préparer mes fesses...




Plus encore qu'à midi, le chemin vers la maison raviva mes angoisses. La petite voix dans ma tête n'employait même plus le conditionnel et semblait me dire que j'avais eu de la chance de ne pas être collée en prime, que cela faisait plus de trois semaines que je n'avais pas eu affaire à Maman, bref, elle me jouait la scène presque fataliste, comme si elle me disait : "Ne te fais pas d'illusions, Christine, tu serais déçue. Allez, ton compte est bon : prépare tes fesses, ma grande, prépare tes fesses !"

Seul avantage de la situation du jour : il n'y avait pas à craindre d'arrivée de courrier, pas de bulletin de colle dans la boite aux lettres, et donc pas d'enveloppe du collège trônant sur le meuble de l'entrée ou sur la table de la cuisine, et qui équivalait à une sorte de "bon pour une fessée" à recevoir le jour même...

Même s'il n'y avait pas cette enveloppe, l'ambiance n'était pas des plus détendues à la maison. Maman haussait le ton vis à vis de mes soeurs pour divers motifs bénins, mais qui n'aidaient pas à la détendre. De petits détails certes, mais qui donnaient une atmosphère légèrement électrique n'arrangeant pas mes affaires...

Je pris mon goûter et montai dans ma chambre en disant que j'allais faire mes devoirs. Maman m'encouragea et me dit qu'elle viendrait contrôler mon travail avant le dîner. Enfin, quand je dis "m'encouragea", ce n'était pas : "C'est bien, va travailler, ma chérie, je viendrai regarder tes devoirs et te faire réciter" ce qui aurait été positif, mais c'était : "Oui, allez, file, et applique toi. Je viendrai vérifier ton travail, tu as intérêt à ce que je n'ai rien à redire" qui, avouez-le, n'était pas vraiment de l'encouragement, et prenait déjà l'allure d'un "Gare à tes fesses, si ça ne me convient pas".


J'avais deux exercices d'anglais et je m'appliquai comme rarement sachant que Maman vérifiait particulièrement les devoirs donnés par Mlle Paule. J'appris ma leçon de géographie là encore avec toute mon application, ne voulant pas ajouter le moindre grief supplémentaire à ce qui allait m'être reproché...







 Je commençai à écrire mes cent lignes, la gorge nouée,
sachant qu'il allait bientôt falloir avouer cette punition,
et surtout affronter la réaction maternelle...


Et puis, leçon et devoir achevés, assise sur mon lit, je pris une grande copie double, inscris mon nom et ma classe en haut dans la marge et me mis à écrire mes cent lignes. Je commençai par numéroter les lignes, de 1 à 100, ce qui remplissait les quatre côtés, à raison de 25 lignes par page. Et puis, je complétai une à une les lignes par : "Je ne dois pas me moquer de mes camarades de classe".


C'était long et fastidieux, et j'avais surtout la gorge nouée et les yeux embués, consciente que le moment de vérité allait arriver... 

L'heure du dîner approchait, et j'en étais à la fin de la troisième page, quand Maman monta. Elle entrouvrit ma porte en demandant si j'avais fini. Je répondis que "presque", et elle trouva que j'étais bien longue ce soir. Je rétorquai : "Ce sera bientôt fini. J'ai fait mon exercice d'anglais, tu peux vérifier, et je sais ma leçon de géo par coeur. Il y a juste le, euh, le devoir supplémentaire de français que je n'ai pas terminé".
En disant cela, j'avais, en me penchant, posé le coude et l'avant-bras sur ma copie pour ne pas la montrer tout de suite. Mais, en ces moments particuliers, je ne devais pas être bonne comédienne, ou Maman avait un sixième sens, et elle devina mon trouble...
Elle s'avança et, sans dire un mot, prit la copie double, la regarda les yeux écarquillés, et avala sa salive comme sur le coup d'une stupéfaction : "Mais, je rêve, Christine, qu'est-ce que c'est que ça ? Une punition ? C'est cela ton fameux "devoir supplémentaire" ? Ah, je me doutais bien qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas !"



 La réaction de Maman ne s'était pas faite attendre...
Elle avait bien senti que quelque chose n'allait pas,
et que je lui cachais depuis ce matin...

Le ton était monté dès les premiers mots. Je baissai le regard et reniflai, sentant les larmes monter : "Mais, Maman, c'est juste cent lignes pour la prof de français. Snif, snif, C'est parce que, euh, on a rigolé quand Emilie est tombée par terre dans la classe. Mais, euh, M'man, c'est juste des lignes, c'est pas une colle, tu sais. Emilie, elle, elle a eu deux heures de colle, mais pas moi, M'man, pas moi. C'est juste une punition à rendre pour demain".

Maman était déjà montée sur ses grands chevaux : "Pas collée, pas collée, Christine, heureusement que tu ne l'as pas été, en plus. Non, mais, je rêve, tu veux peut-être que je te félicite parce que tu n'as pas été collée ? Tout ce que je vois, Christine, c'est qu'une fois encore, tu t'es distinguée en classe. En rigolant, en te moquant des malheurs d'une camarade, mais ce n'est pas possible, Christine, quand décideras-tu d'être sérieuse, attentive en classe, au lieu d'amuser la galerie ? Tu cherches vraiment les ennuis, ma fille, alors ne te plains pas quand ils arrivent... On va régler ça tout à l'heure..."

J'avais bien compris ce que cela voulait dire, même si les mots précis n'avaient pas été prononcés. Je n'étais évidemment pas étonnée, mais au moment où Maman sortait de ma chambre, en me disant qu'on "allait passer à table", et que je finirais mes cent lignes "après le dîner" et "avant qu'elle ne s'occupe" de moi, je tentai une ultime supplique : "Mais, Maman, je t'assure, je n'aurai pas d'heures de colle, c'est juste une punition, juste cent lignes à faire".

Ce à quoi, depuis le couloir, et à portée d'oreilles d'Aline et Diane, répliqua d'une voix claire et ferme : "Arrête donc d'user ta salive pour rien, Christine. Encore heureux que tu n'aies pas été collée, mais ce que je constate c'est que ma fille, au lieu de travailler, rigole et se moque de ses camarades, et qu'elle est punie par sa prof. C'est peut-être juste une punition, Christine, juste cent lignes, comme tu dis, mais ce qui va t'arriver aussi, c'est juste une fessée, Christine, oui, juste une fessée, mais juste une bonne fessée déculottée et bien méritée...."




Mes petites soeurs ne s'étaient pas faites prier pour descendre à table, et je dus affronter leurs regards qui pétillaient littéralement en me voyant les rejoindre, la mine déconfite, tête basse et pas rassurée pour un sou. Inutile de dire que le dîner ne fut pas des plus joyeux pour moi, et que, même si je savais que la suite ne serait pas glorieuse, j'avais surtout envie qu'il finisse vite et que je puisse retrouver ma chambre.


Les bras croisés, me toisant le regard exaspéré, 
Maman informa mes soeurs qui étaient déjà à table,
que je pouvais préparer mes fesses...
 
Maman n'en rajouta pas trop, tout un chacun ayant compris ce qui se profilait, mais elle ne manqua pas de confirmer ses intentions en expliquant à qui voulait l'entendre que "Christine a encore fait des siennes au collège", que "c'est inadmissible d'être dissipée en cours, surtout pour une redoublante,"  etc. Puis, en s'adressant à Aline et Diane de préciser : "Et comme votre grande soeur n'a toujours pas compris, je vais encore être obligée de lui donner une bonne fessée, et elle n'y coupera pas..."

J'ai encaissé sans broncher. La moindre objection n'aurait fait que relancer le débat. Je savais bien que mon sort était scellé. Ma dernière bouchée avalée, Maman m'envoya dans ma chambre, demandant à mes soeurs de l'aider à débarrasser : "Allez, file donc là-haut, en vitesse, Christine. On n'a pas de temps à perdre. Prends ta douche, et mets-toi en pyjama sans trainer. Il faut aussi que tu finisses tes cent lignes. Appelle-moi quand ce sera terminé..."

Même si j'avais conscience que l'escalier que je montais m'amenait au lieu de ma prochaine fessée, j'étais presque rassurée que cela doive se passer dans ma chambre, et surtout contente de m'éloigner de mes soeurs, dont le regard m'accompagnait avec insistance...

Pas question de trainer sous la douche. J'y serais peut-être restée trois jours durant, si cela avait pu différer d'autant ce qui m'attendait, mais je savais qu'abuser n'aurait rien arrangé. J'étais, de plus, mal à l'aise de me sentir nue, la lune à l'air, blanche, comme le reflétait la glace, appréciant le ruissellement doux de l'eau sur mon épiderme, mais imaginant déjà qu'un tout autre traitement lui était réservé...



Je ne restai pas longtemps sous la douche, 
pressée de vite cacher à nouveau mon bas du dos...

D'ailleurs, je me séchai juste en tamponnant la serviette éponge sur mon corps, sans frotter, comme pour éviter d'irriter ma peau.

Ma culotte de coton blanc, bien couvrante, mon pyjama molletonnée par dessus, le les enfilai sans plus attendre, avec l'impression de remettre à l'abri des surfaces que j'espérais (sans y croire vraiment) pouvoir cacher jusqu'au lendemain...

Quand je sortis de la salle de bain, les petites qui n'avaient plus qu'à se brosser les dents avant d'aller au lit, s'y engouffrèrent, les yeux brillants, et avec cet air de gamines jouant les petits anges, une attitude dont je n'étais pas dupe, et qu'elles prenaient ostensiblement dès qu'elles comprenaient qu'il y avait de l'orage dans l'air et qu'il allait tomber sur leur grande soeur...


Diane me regardait fuir vers ma chambre,
avec un petit sourire en coin,
qui me mettait plus que mal à l'aise...

Je m'enfermai dans ma chambre et repris l'écriture de mes cent lignes. Il m'en restait une trentaine, j'en étais à la fin de la troisième des quatre pages de mon pensum. 

71 : "Je ne dois pas me moquer de mes camarades de classe".
72 : "Je ne dois pas me moquer de mes camarades de classe".
73 : "Je ne dois pas me moquer de mes camarades de classe". 

C'était fastidieux, et j'avais envie d'arriver au bout, mais il y avait la petite phrase de Maman : "Appelle-moi quand ce sera terminé..." qui tournait dans ma tête et dont je savais fort bien qu'elle voulait dire en fait : "Appelle-moi quand ce sera terminé... que je te vienne te donner ta fessée ".  
Et, vu ainsi, la perspective d'avoir fini mes lignes m'enchantait moins...

Je ne pouvais pas non plus lambiner à l'excès, Maman sachant où j'en étais avant le dîner...
Bref, je pouvais juste "freiner" un peu, écrire lentement, avec l'impression que je "gagnais" du temps, que je retardais l'échéance fatale... Mais, de fait, à chaque ligne, à chaque instant, je pensais à la fessée prochaine, et cette façon de ralentir n'était qu'un faux bénéfice, puisqu'en réalité, je cultivais ainsi mon angoisse...

A 80 : "Je ne dois pas me moquer de mes camarades de classe", Maman a ouvert ma porte en me demandant si j'avais fini. J'ai répondu qu'il me restait "juste vingt lignes". Elle a répété que je devais l'appeler quand ce serait terminé. Dans ma tête est alors revenue son expression d'avant le diner me promettant "juste une fessée, juste une bonne fessée" ! Et j'eus un gros sanglot qui me monta à la gorge, et une larme qui s'échappa et vint tomber sur ma copie, faisant une tache en délavant l'encre bleu marine de mon stylo. 

Je cherchai un buvard et séchai la copie, tout en reniflant et m'essuyant la joue, en prenant sur moi pour retrouver mon calme, difficilement.

A côté, Maman avait couché les petites, qui n'avaient nullement rechigné, évidemment...  Elle avait ensuite rejoint la salle de bains, prenant du temps pour se démaquiller, pour souffler un peu. La maison était calme, si calme... J'avais l'impression, hormis des chuchotements imperceptibles venant de la chambre des petites, que le seul bruit de fond était mon stylo noircissant la copie, et ma respiration pas rassurée...

97 : "Je ne dois pas me moquer de mes camarades de classe".
98 : "Je ne dois pas me moquer de mes camarades de classe".
99 : "Je ne dois pas me moquer de mes camarades de classe".

Il ne me restait plus qu'une ligne, et j'hésitais à l'écrire. Je rêvassai ainsi, imaginant arrêter la pendule, durant deux ou trois minutes. Mais un "Christine... ? Tu en es où ?" me sortit de cet état. "Euh, j'écris la dernière ligne, M'man. Ca y est, je finis juste..."

Ce fichu adverbe de "juste" m'avait encore échappé, et si, heureusement, Maman ne le remarqua pas, et n'en joua pas à nouveau, son "J'arrive, Christine, j'arrive", sonnait pour moi comme un "Prépare tes fesses, je viens te donner ta fessée, juste une fessée, juste une bonne fessée".
Et je me doutais bien aussi que, dans la chambre d'à côté, ce "J'arrive, Christine, j'arrive", avait été interprété comme la sonnerie dans un théâtre avertit le public que la pièce va commencer....




 
Les dernières lignes avaient été éprouvantes à écrire.
Je ne pouvais m'empêcher qu'à l'issue de la centième,
c'est une fessée qui m'attendait...
 
Jetant un oeil pour vérifier que les petites étaient bien couchées, rangeant du linge dans son armoire, Maman se fit attendre, et n'arriva finalement que cinq bonnes minutes plus tard, comme pour jouer sur mon angoisse. Elle ne referma pas non plus la porte derrière elle, la laissant grande ouverte...

Maman vérifia mes cent lignes, notant que j'avais fait une tache en haut de la quatrième page. "Tu aurais pu éviter de tacher ta copie. Je ne vais pas te la faire refaire, mais c'est comme tout : Mademoiselle veut jouer les grandes, mais elle ne s'applique pas jusqu'au bout..."

J'esquissai un : "Maman, je ferai attention, je vais faire des efforts, promis",  qui la fit hausser des épaules, incrédule. "Oui, oui, c'est bien beau de toujours promettre, mais en attendant, assez parlé pour ne rien dire, nous avons un petit compte à régler, Christine... Allez, viens ici..."

Mon "Noooooon, Maman, noooon" avec des trémolos suppliants ne trouva aucun écho, et elle ne se fatigua même pas à répéter l'ordre en haussant le ton. Se relevant, elle vint me chercher, coincée que j'étais, le dos au mur du fond de ma chambre, où j'avais reculé comme au fond d'une impasse.



 
 
Dos au mur, tête basse, je ne pouvais plus reculer, sanglotant, 
sans attendrir Maman qui se leva pour venir me chercher... 

Maman me prit par le poignet et me tira jusqu'au bord du lit où elle s'assit avant de me basculer en travers de ses cuisses... 

Je résistai quelques secondes, par une sorte de réflexe de fierté, sans le moindre espoir réellement. L'une comme l'autre avons lutté presque sans dire un mot, Maman s'employant à bien me bloquer en position, à enlever ma main qui tentait de retarder l'échéance, avant enfin de baisser mon bas de pyjama, puis de faire glisser ma culotte presque jusqu'aux genoux...



S'arrêtant un instant comme pour vérifier que tout était en ordre, que la cible était parfaitement dégagée; que rien ne s'opposait à ce que justice maternelle soit faite, Maman respira longuement et commenta : "Eh bien, Christine, tu fais moins la fière, moins l'intéressante qu'en classe. Tu as de la chance que tes petites camarades ne te voient pas, la culotte baissée, allongée sur mes genoux, à attendre ta fessée... Oui, tu as de la chance, parce que ce n'est pas toi qui te moqueraient d'elles, mais elles qui riraient de toi..." Des petites phrases qu'Aline et Diane devaient entendre avec un malin plaisir...


 
 Après avoir baissé ma culotte et bien dégagé ma lune encore blanche,
Maman me sermonna encore, me faisant ressentir la honte
de me trouver dans cette position 
prête à recevoir la fessée promise et bien méritée...


Je sanglotai avant même la première claque. De honte et de peur mêlées. Bien bloquée, impuissante, la lune blanche et totalement exposée,  je savais le temps venu, la promesse maternelle allait prendre corps, il ne manquait que "juste une fessée, juste une bonne fessée".

Et l'averse tomba, dégelée méthodique d'abord, comme trois semaines et demie plus tôt. Ni plus, et surtout ni moins... 

Je le ressentais une fois encore, c'était "la" fessée de Maman, la fessée non bâclée, la fessée appliquée, volontaire, méthodique, la tannée méritée, la volée promise, la déculottée exemplaire...

"Tiens, Christine, tiens... Cela t'apprendra à te moquer de tes camarades, à être dissipée en classe, au lieu de travailler... Ce n'est pas possible... Il y a des moments où l'on se demande quel âge tu as... Quand est-ce que tu comprendras à la fin ? Mais, crois-moi, Christine, ce n'est pas moi qui céderai... Et tu peux préparer tes fesses si tu recommences... Puisqu'il n'y a que cela que tu comprennes... la fessée, la bonne fessée... Ah, crois-moi, Christine, si tu la cherches, tu la trouveras, ma fille, tu la trouveras..."




 Appliquée et méthodique, la fessée maternelle était un modèle du genre,
jamais bâclée, efficace, elle transformait ma lune en brasier,
m'arrachant des cris et des pleurs que je ne pouvais plus retenir...


Le discours était lui aussi bien rodée, avec ses pauses, ses respirations, pour une fessée orchestrée de main de maître. 
Oui, une "bonne" fessée, car il n'y avait pas de "petite" fessée, une fois étalée sur les genoux de Maman, du moins pour son ainée bien sûr.
Je savais que son bras ne faiblirait pas, que la dextre maternelle n'aurait de cesse que lorsque ma lune serait écarlate et pleinement, méticuleusement, sans en oublier les moindres centimètres carrés.

Je savais que la fessée maternelle faisait mal et ferait mal jusqu'à l'ultime claque, et que protester ne servait à rien, voire à aggraver mon cas... Mais, je ne pouvais m'empêcher de psalmodier des dénégations, des promesses d'être sages, des supplications, même si, à l'évidence, je n'engageais pas l'épreuve de force, ni ne me débattais comme si l'on m'avait égorgée. Il y avait ainsi une sorte d'acceptation, ne pouvant faire autrement, et ne pouvant prétendre réellement que je n'avais pas été prévenue, que je ne savais pas ce qui m'attendait, que je ne la méritais pas, cette fessée, du moins selon les règles et usages de cette maison...

Maman ne se détournait pas de son devoir et peaufinait son oeuvre de cuisson des fesses de sa grande fille. Sans tenir compte de mes supplications, de mes "Non, non", de mes "Ca suffit, j'ai mal, je serai sage". 
Elle s'en servait même parfois pour relancer son bras, pour distiller un commentaire, pour rabâcher encore des éléments de son sermon ou de sa démonstration, d'une voix assez haute pour que les oreilles de la pièce voisine l'enregistre bien...




Lorsque j'arrivais par instants à retenir mes pleurs,
j'avais l'impression que chaque claque qui tombait sur mes fesses
résonnait dans toute la maison... 

Cela calmait un instant mes propres implorations, mais si je réussissais à retenir mes cris, à serrer les dents, à faire silence, je n'entendais alors que le bruit mat des claques qui me semblait d'un seul coup assourdissant. Et je repartais dans mes sanglots, dans ma supplique, façon en quelque sorte de jouer mon rôle. Maman fessait et sermonnait, Christine pleurait et implorait, comme la chronique prévisible d'une fessée annoncée.

J'avais conscience que je n'avais, du point de vue du fonctionnement maternel, que ce que je méritais, que je n'en aurais ni plus ni moins, mais que plus j'avais mal, plus cela devenait insupportable et plus ma délivrance arrivait. L'accepter aurait-il permis de mieux supporter l'épreuve, d'encaisser l'orage ? C'est possible, mais telle n'était pas ma disposition d'esprit et, jusqu'au bout, la honte d'être ainsi exposée, la peur de la prochaine claque, l'anticipation de la prochaine douleur, du sanglot à venir, faisaient leur effet, celui de vivre pleinement cette épreuve.

Même si en la décrivant, en y repensant, en la remettant dans son contexte, ce n'était qu'une fessée de plus, qu'une bonne fessée de Maman, qui ne serait sûrement pas la dernière, sur l'instant, sous le feu d'une claquée magistrale rougissant une lune, ma lune, déculottée, exposée, sans protection aucune contre la (juste) colère maternelle, moi Christine, je pleurais et pleurais encore, me jurant en mon for intérieur de tout faire pour ne plus jamais la mériter... Ou du moins de tout faire pour que ce soit le plus tard possible...

C'est ce que j'avais en tête quand, enfin, la tannée s'arrêta. J'étais soulagée et épuisée à la fois. Maman me laissa seule, après m'avoir dit bonsoir et déposé un baiser rapide sur le front, sorte de signe d'absolution.


J'avais par réflexe, dès la fessée finie, remonté ma culotte, à la hâte, 
comme pour cacher une lune honteuse, mais, Maman étant partie,
je suis restée un moment avant de remonter mon pyjama, 
sentant sous ma main combien la fessée avait été magistrale et efficace...
 
Mes fesses écarlates me tinrent chaud un bon moment, m'incitant à rester dans le lit à plat ventre, ceinturant mon oreiller comme s'il pouvait me consoler en recueillant mes larmes qui s'écoulaient encore, mais calmement.
Je m'endormis avec tout cela dans la tête, dans le coeur, dans le corps, et ces sensations mêlées alimentèrent mes cauchemars.

Le lendemain matin, je filai droit, cherchant à ne pas me faire remarquer, à éviter tout sujet qui fâche, à fuir le regard ironique de mes soeurs qui, elles, avaient dormi comme des loirs.
Je dus quand même remettre le sujet sur le tapis, car Maman n'avait pas signé ma copie après l'avoir vérifiée.
Elle apposa son paraphe en soupirant, mais n'ajouta heureusement rien d'autre par écrit qu'un "Vu" avant sa signature...
Elle ne put tout de même s'empêcher de faire un dernier commentaire : "Bon, Christine, j'espère que tu as bien compris la leçon d'hier soir, n'est-ce-pas ?"
Je répondis bien sûr : "Oui, Maman, oui, je te le promets, j'ai compris."
Elle en haussa les épaules, ajoutant : "Oui, enfin, tes promesses, je les connais, ma fille... Tout ce que je peux te dire, c'est que tu n'as pas intérêt à recommencer à te faire remarquer en cours... Sinon, tu reprendras le même chemin qu'hier soir, Christine... Oui, sur mes genoux, pour une déculottée dont tu te souviendras longtemps..."

En repartant vers le collège, les menaces de Maman tournaient et retournaient dans ma tête. Mieux valait que je me tienne à carreau un bon moment, car je savais que les promesses maternelles étaient bien concrètes. Pour ne pas dire palpables, comme ma lune s'en souvenait encore le lendemain d'une fessée magistrale... 
A SUIVRE