mardi 17 mai 2011

Ces instants vexatoires : une autre promesse qui calme... et sa suite claquante... (4)

SUITE 4

Un bruit dans l'escalier. Le pas de Maman. J'ai le coeur qui accélère...
"Aline, Diane, préparez vous. Il va falloir bientôt aller au bain...". Maman n'a pas dit : "Venez tout de suite". Je traduis qu'elle va faire autre chose avant, j'ai le bas du dos qui frissonne...
Et, effectivement, Maman vient vers ma chambre. J'ai reculé et suis debout bras ballants devant mon lit, pas rassurée...
Elle entre et me dévisage : "Qu'est-ce que tu fais plantée là, Christine ?"
Je balbutie : "Bah, euh, M'man, euh, je t'attends..."
Elle met les mains sur ses hanches : "Je t'ai pas dit de ne rien faire. Tu pourrais réviser tes leçons. (je rétorque que je n'ai pas de devoirs) Si tu as fini, tu n'as qu'à aller mettre la table pendant que je donne le bain à te soeurs. Au moins tu te rendras utile".
Je prends cette (petite) corvée comme un soulagement. J'ai eu peur pour rien et je file exécuter les ordres, trop contente du sursis accordé...



Dans la cuisine, la cocotte mijote à feu doux. Je dresse la table, avec couverts, assiettes et verres. Je n'oublie pas les serviettes, la cruche d'eau, la corbeille à pain. Je joue les aide-ménagères modèles, pendant que j'entends mes soeurs jouer dans la baignoire avant que Maman ne les lave.




La table est mise. Je n'ai pas envie de remonter, de passer devant la salle de bains, de demander quoi faire à Maman qui risque de me dire d'aller "l'attendre" avec tout ce que cela comporte comme sous-entendus...
Je reste donc dans les escaliers, songeuse, l'oreille tentant de capter les conversations dans la salle de bains. Un début de chamaillerie entre mes soeurs, quelques gouttes qui tombent sur le carrelage de la faute de Diane, et un peu de shampoing qui pique les yeux d'Aline, les petits incidents classiques du bain des petites ne dégénèrent pas ce soir...
Maman veille au grain, et il suffit de quelques allusions du style : "Gare à vos fesses" ou "Si vous voulez suivre l'exemple de Christine, continuez..." pour que les petites s'assagissent. Une fois de plus, ma fessée (à venir) ramène le calme et sert à trois filles à la fois. Sauf qu'il n'y en a qu'une qui aura les fesses rouges...





 Cela me rend encore plus nerveuse. Les menaces et rappels maternels ne font que confirmer que mon heure approche, que je n'y échapperai pas, chaque rappel à mes soeurs étant une raison de plus de ne pas pouvoir ensuite se déjuger.
 Une par une mes soeurs sont sorties du bain, frictionnées et séchées par Maman, qui les envoie se mettre en pyjama. "Allez, vous avez le temps de jouer un peu dans votre chambre avant le dîner. Je vous appellerai quand ce sera prêt..."
Aline et Diane filent. J'imagine que notre "discussion" sera remise après le souper. Ne voulant pas que Maman me trouve plantée dans l'escalier, je suis redescendue dans la cuisine dès que j'ai entendu que les petites sortaient du bain.
Maman descend à son tour et me toise : "C'est bien, tu as mis la table, mais que fais-tu encore là ? Tu pourrais t'occuper au lieu de faire ta mauvaise tête".
J'encaisse sans broncher, baissant le regard, croisant les bras, grommelant des mots inaudibles.
"Je remonte alors ?", dis-je en allant vers la porte.
Maman qui vient d'ouvrir la cocotte, goûte sa préparation, une sorte d'osso bucco à sa façon, et remet à petit feu, en commentant : "Encore un quart d'heure et ce sera bon", avant de me retenir : "Hep, hep, ne te sauve pas... Viens par là qu'on règle nos affaires..."

C'est hélas ce que je craignais. J'aurais parié que cela se passerait avant le dîner. Je le sentais, mais d'un seul coup, au pied du mur, je panique.
Surtout que j'imaginais devoir attendre Maman dans ma chambre. A l'abri des regards.
"Mais, Maman, non, on peut en causer après le diner, dis...?" Mon ton est suppliant, et je réitère ma question, en promettant que j'allais lui "expliquer" le pourquoi du comment.
Sauf que ce ne sont pas les enfants qui commandent avec Maman.
Elle me fait taire et me prend par la main, m'emmenant au salon. Il y a une chaise devant la petite table qui sert de guéridon et Maman la retourne vers le centre de la pièce.
"Christine. Il n'y a rien à expliquer, ma fille. Je me fiche des raisons pour lesquelles tu as été capricieuse et insupportable. Ce qui m'importe c'est que tu comprennes la leçon que je vais te donner...", dit-elle avec un calme apparent impressionnant.
"Non, Maman, s'il te plait. Non, pas la fessée, pas maintenant", dis-je sans trouver d'autre argument.
Maman s'est assise sur la chaise et me tient toujours par le poignet. Je tente de résister, sans pour autant mettre toute ma force. Je sais ma cause perdue...
"Christine, ne fais pas la sotte. Tu sais très bien que je t'ai promis une bonne fessée et que Maman tient toujours ses promesses. Tu l'attends depuis que nous sommes rentrées du parc, je ne vais pas te faire languir plus longtemps, ma chérie. Le dîner est en train de mijoter et nous avons tout le temps de régler nos comptes. Allez, viens ici..."



Maman m'a basculée en travers de ses cuisses. Mon bas de pyjama tout frais, tout propre, a glissé à mi-cuisses, dévoilant une lune sortie depuis peu de la douche, et bien blanche...
Plus pour longtemps, la fessée promise arrivait. Claquante, brulante, sonore, longue et appliquée, une tannée magistrale et méritée avant qu'une grande fille honteuse, les yeux rougis, et ayant du mal à cacher son trouble ne doive partager le dîner devant deux soeurs au regard moqueur.

lundi 16 mai 2011

Ces instants vexatoires : une autre promesse qui calme... et sa suite imminente... (3)

SUITE 2

Mes soeurs étaient guillerettes sur le chemin de la maison. Dans d'autres circonstances, elles auraient sûrement traîné les pieds et demandé à rester au parc. Mais elles savaient qu'il y avait de l'orage dans l'air et, comme cela concernait leur grande soeur, elles étaient curieuses de savoir comment allaient tourner les événements...
De mon côté, c'était tout le contraire. Si j'avais grogné pour aller au parc, je n'avais aucune hâte à rentrer, sachant ce qui m'y était promis...

Arrivées à la maison, Maman a donné les premières consignes. Nous allions prendre notre douche avant le dîner. Mes soeurs ont filé dans leur chambre. Moi, je suis restée assise dans le salon, sur le canapé, en essayant de faire bonne figure, mais je tirais une sale mine et j'angoissais de plus en plus...



Maman qui me croyait en haut me découvrit : "Christine, que fais-tu là ? Monte te préparer pour prendre ta douche".
J'ai dit que je la prendrais après mes soeurs, comme d'habitude...
"Non, pas question, Christine. Tu vas la prendre en premier, avant les petites. Tu sais bien que nous avons à discuter toutes les deux ensuite...", répliqua-t-elle d'un ton qui était très déterminé...

J'ai chigné un peu, pas trop, car je sentais qu'il valait mieux filer droit. Je suis donc montée dans la salle de bains, refermant la porte derrière moi pour prendre ma douche, petit privilège de mon statut d'ainée, là où les petites prenaient leur douche ensemble (en fait un fond de bain, ensuite rincé au pommeau de douche) en étant surveillées par Maman qui les laissait barboter un moment avant de venir faire les shampoings et vérifier le lavage.
Je me suis déshabillée avant de monter dans la baignoire-douche, et cela me faisait tout drôle de suivre  ainsi des préparatifs dont je craignais l'issue...


Je n'étais plus qu'en sous-vêtements quand Maman est entrée sans frapper. Elle venait récupérer mes affaires pour les mettre au sale.
"Donne moi tout, Christine. Je vais faire une machine." Elle avait récupéré mes habits et même mon pyjama qui était accroché derrière la porte et attendait mes dessous.
J'hésitais à les enlever comme ça devant elle, mais un "Dépêche toi" me fit obéir à contre-coeur.
Je lui donnai mon petit soutien gorge, puis descendis ma culotte avant de l'enjamber et de lui remettre, non sans attraper une serviette pour cacher ma nudité. C'était stupide si l'on songe au contexte de la scène, mais la pudeur était quelque chose d'ancré en moi. Même si je savais qu'un peu plus tard, j'allais certainement devoir montrer à nouveau mon bas du dos à Maman...




Le regard de Maman en cet instant où c'était moi qui baissais ma culotte, contrairement à ce qui se passait pour la fessée où Maman agissait, m'avait vraiment rendue mal à l'aise.
"Bon, prends ta douche et ne traine pas. Il y a tes soeurs qui attendent. J'ai mis ton pyjama au sale. Je t'en sors un propre dans ta chambre. Tu le mettras quand tu auras fini", précisa Maman avant de me laisser me doucher.
L'eau tiède sur mon corps me fit du bien, calmant un peu de mon "électricité" due à une angoisse nerveuse de plus en plus forte...




Je me séchai bien comme il faut, prenant mon temps, sans abuser, mais avec cette sensation que je gagnais quelques minutes de tranquillité, avant une période qui s'annonçait plus agitée...
Il allait falloir pourtant quitter la salle de bains, aller dans ma chambre me mettre en pyjama.
J'ai bien vérifié que je n'avais pas mis trop d'eau par terre pour éviter de nouveaux reproches, puis je me suis cachée derrière une serviette, avant de sortir et d'emprunter le couloir pour regagner ma chambre.




Je me doutais bien que mes soeurs seraient dans la leur, aux aguets. Leur porte était ouverte et je me suis dit qu'il valait mieux passer en vitesse, sans les regarder et foncer dans ma chambre...
Mais, je voulais savoir aussi si elles me verraient et tout en marchant de travers pour protéger mon intimité derrière ma serviette, je suis passée devant leur chambre, où bien sûr mes soeurs guettaient.
Je n'aurais pas dû croiser leurs regards, car je pouvais y lire beaucoup de moquerie... Aline, peut-être parce que j'avais surtout joué à la balançoire avec Diane, avait des yeux qui semblaient dire : "C'est bien fait pour toi ce qui t'attend..."
La chipie, allongée sur son lit, me faisait des clins d'oeil, en me montrant son bas du dos avec une main qui mimait des tapes... Le message était clair et je l'ai pris comme une sorte de gifle qui me ramenait sur terre et sur ma toute proche destinée...



Maman n'aurait pas été dans la maison, j'aurais été me bagarrer avec Aline, mais les circonstances me dictaient de n'en rien faire...
J'ai donc filé dans ma chambre, les larmes au bord des yeux, me sentant malheureuse comme une pierre.
Maman avait sorti un pyjama fraichement repassé. Au toucher, on aurait dit un neuf, et le coton frais me fit frissonner quand je l'ai enfilé.
Maman ayant mis tous mes vêtements du jour au sale, je n'ai même pas pu, comme cela me rassurait souvent de le faire, renfiler une culotte sous le pantalon de pyjama.
 Non, cette fois, ma lune n'était protégée que par l'étoffe légère du pyjama en coton, me donnant une impression de plus grande vulnérabilité encore...



Il faisait encore grand jour. Il était maintenant un peu plus de 18 h et le fait de me retrouver déjà en pyjama rendait encore la position plus difficile à supporter.
C'est vrai que Maman aimait qu'on dîne tôt, et faisait en sorte souvent que les petites soient prêtes à aller au lit peu après le dîner.
Mais, là encore, privilège de 'grande", je prenais plutôt ma douche après le repas, et si c'était avant parce que je revenais d'une activité salissante ou sportive, j'étais en général autorisée à me rhabiller normalement.
Ce soir, à l'heure où Aline et Diane allaient faire leur toilette, Christine, la supposée grande, était déjà en pyjama... Voilà qui me ramenait bien au statut de gamine, à celui de la gosse têtue et capricieuse qui avait défié l'autorité maternelle.
Et, je savais que mon sort était scellé... Je n'avais plus qu'à attendre le moment que choisirait Maman pour notre "petite discussion"...
Serait-ce avant le dîner ou après ? Les indices penchaient plus pour que ce soit avant. Il y avait encore largement le temps. Avant la douche des petites ou après, là encore, j'imaginais plutôt après, une fois que le dîner étant préparé, les trois filles douchées et en pyjama, il y aurait un moment de calme, un moment propice...

Maman était dans la cuisine en train de mettre la dernière main à un plat avant de le placer au four pour 50 minutes de cuisson. Dans ma chambre, la porte entrebaillée, je guettais les bruits. Je me doutais que Maman allait monter, soit pour le bain des filles, soit pour "s'occuper de moi"...



J'étais tétanisée, bloquée derrière la porte, l'oreille tendue, sursautant au moindre craquement de marche...
J'ai pensé un moment descendre, me proposer de mettre la table, mais cela aurait paru trop gros comme tentative de me montrer serviable...
Et puis, cela aurait fait gagner quelques minutes à Maman... En réfléchissant, je n'en avais nullement envie...
Je ne savais pas quoi faire, de toute manière, ma tête ne pensait qu'à une chose...
J'en étais réduite à faire des pronostics, à deviner quand et où, nous "discuterions". Mais, une chose m'obnubilait... Seul le moment exact, et peut-être le lieu, restaient en suspens...
Ce dont j'étais sûre, et ce que mes soeurs aussi savaient, c'est que Christine allait recevoir la fessée...
J'en frissonnais parfois en sentant l'étoffe propre et fraiche sur ma peau. Si j'étais là, déjà en pyjama, c'était bien pour attendre Maman, pour préparer mes fesses...
Cette lune qu'elle avait aperçue tout à l'heure toute blanche quand je baissais ma culotte, elle allait venir me la rougir pour de bon...

A SUIVRE

Ces instants vexatoires : une autre promesse qui calme... et l'angoisse qui monte... (2)

SUITE 1

Ravies étaient mes soeurs en arrivant près des jeux du parc municipal. Deux toboggans, quatre balançoires, des sortes d'agrès pour grimper, c'était un endroit que les petites appréciaient et qui servait souvent de récompense, de carotte pour faire patienter les enfants. Avec le fameux : "Si vous êtes sages, on ira au parc..."
Mais, pour moi, il en était tout autrement... Le parc en cet après-midi où j'espérais pouvoir aller chez une copine, c'était au contraire une corvée, un passage obligé, comme une salle d'attente avant de passer à des choses plus sérieuses, avant un retour à la maison où une fessée m'était promise...
 Je suis restée longtemps assise à bouder dans mon coin


Aline et Diane s'en donnaient donc à coeur joie, multipliant les descentes de toboggan, jouant et riant aux éclats. Moi, je m'étais juchée sur un mini-toboggan de bébé qui n'intéressait pas mes soeurs, à quelques mètres du banc d'où Maman surveillait son petit monde.
Je faisais la tête, je boudais dans mon coin, broyant des idées noires, pleurnichant à moitié, me sentant malheureuse et incomprise, alors que j'avais bien cherché les ennuis sans m'en rendre compte...
Maman m'avait demandé de bouger : "Tu ne vas pas rester à bouder comme ça, Christine. Tu ferais mieux de jouer avec tes soeurs. Cela te calmerait un peu... Tu en as bien besoin, j'en sais quelque chose..."
Mais, quand je voulais être têtue et mal lunée, j'y réussissais parfaitement...
Je suis restée ainsi presque une heure, ruminant des pensées noires dans ma tête.
Il était 4 h et demi passées quand Maman sortit le goûter et nous appela pour la distribution. Je n'avais guère faim, mais soif quand même et je revins vers ma mère et mes soeurs. Et nous mangeâmes notre goûter tranquillement.
Diane me demanda de venir jouer avec elle et de la pousser sur la balançoire. Je rechignai et dis que je n'avais pas envie.
Maman commenta : "Tu pourrais faire un effort quand même, Christine. Ne t'en fais pas, Diane, je viendrai te pousser un peu quand j'aurai rangé les affaires. Ta soeur fait sa mauvaise tête, tant pis. De toute manière, je vais m'occuper de son cas quand nous rentrerons à la maison... Allez, continuez à jouer. On repartira vers 5 h, ça vous laisse encore un bon quart d'heure..."

 J'ai compris que je n'avais pas intérêt à ce que l'on rentre vite...



Je suis retournée m'asseoir en boudant dans mon coin. La phrase de Maman venait de confirmer devant les petites qu'elle n'avait pas changé d'avis... D'ici un quart d'heure, on reprendrait le chemin de la maison, et je pourrais alors préparer mes fesses...
Autant j'avais trouvé l'heure précédente longue, comme dans la salle d'attente, pour reprendre l'image déjà employée, autant l'idée que dans quelque minutes, ce serait comme si j'allais devoir passer de cette salle d'attente au cabinet du dentiste (qui fait mal), me faisait d'un coup penser que je n'avais aucun intérêt à ce que l'on rentre vite...
Il valait mieux tenter de retarder l'échéance, de gagner du temps...
Prenant conscience de cela, j'ai enfin quitté mon perchoir de boudeuse pour aller vers mes soeurs. Diane était contente que je la pousse sur la balançoire, Aline m'a entrainée dans un agrès de fils à escalader.
De sorte que, à 17 h, quand Maman nous appela, ce furent trois voix à l'unisson qui demandèrent de rester davantage...
Maman acquiesça, certainement pas dupe, mais assez satisfaite de voir ses filles se dépenser ensemble...
Un deuxième appel vers 17 h 15 obtint le même cri du coeur, et Maman céda encore pour cinq dernières minutes.
"Allez, c'est fini, je vous ai laissées vingt minutes de plus. Maintenant, on rentre les filles. Je ne le redirai pas une fois de plus !", l'avertissement maternel convainquit Diane qui revint vers Maman, alors qu'Aline aurait bien voulu que je la pousse sur la balançoire à son tour.
Notre mère éleva la voix et ma soeurette descendit de la balançoire pour rejoindre Maman.
Je la suivis en trainant les pieds à nouveau. J'émis un petit : "Dis M'man, on ne peut pas encore rester un peu ?"
Mais je n'obtins qu'un rire en coin d'une mère que mon manège amusait presque : "Christine, tu as fait la tête pendant une heure, tu ne voulais même pas jouer avec tes soeurs, et là, maintenant, quand il faut rentrer, tu voudrais que nous restions... La ficelle est un peu grosse, tu ne penses pas, ma chérie ? Je crois plutôt que tu n'es plus pressée de rentrer car tu sais ce que je t'ai promis, Christine..."
Je cherchai à argumenter en disant : "Mais, Maman, Aline et Diane aimeraient bien rester aussi, tu sais..."
L'argument ne porta pas : "Il y a un temps pour tout, Christine", rétorqua Maman. "Aline et Diane se sont bien amusées. Et nous reviendrons ici samedi, si bien sûr, elles ont été sages. En attendant, nous allons rentrer bien gentiment à la maison, comme ça, vous aurez le temps de prendre votre douche avant le dîner. Et nous pourrons aussi, toi et moi, avoir une petite discussion, qui se terminera par la bonne fessée que tu as méritée, ma fille..."
Même si elles auraient aimé pouvoir jouer un peu plus longtemps, sur le chemin de la maison que nous avons pris aussitôt, mes petites soeurs marchaient gaillardement. On aurait dit qu'elles étaient pressées de rentrer...   Ce n'était pas mon cas, mais pas du tout...


A SUIVRE

lundi 9 mai 2011

Ces instants vexatoires : une autre promesse qui calme... (1)

Les menaces, voire les annonces de fessées, en présence de tiers, sont une part importante de ce que j'ai vécu comme des instants vexatoires.
A l'image de la précédente anecdote avec 200 lignes à faire et un rendez-vous annoncé sur les genoux maternels, cette image me remémore un autre moment de honte vécu un après-midi d'été.
Nous étions sorties en ville, et on avait fait les magasins pour acheter des sandales à Aline et Diane. Cela avait été un peu longuet et j'avais montré mon impatience à diverses reprises. De manière peut-être un rien abusive, compte tenu du fait que l'ambiance était assez électrique entre Maman et moi depuis deux ou trois jours, avec divers petits griefs qui s'accumulaient. Rien de grave, mais de quoi irriter Maman à la longue.
Après avoir trouvé les sandalettes des petites, nous nous sommes dirigées vers le parc municipal, Maman ayant promis aux petites qu'elles pourraient s'amuser si elles étaient sages durant les courses.

 Nous sommes allées au parc et je trainais les pieds...


Aline et Diane ayant obéi, c'est avec joie qu'elles arrivèrent à l'endroit promis, heureuses de pouvoir faire du toboggan et de la balançoire notamment.
Mais, ce n'était plus des jeux que j'appréciais. C'était trop bébé pour moi qui aurais souhaité rentrer et aller jouer chez une copine du quartier.
Je trainais donc les pieds, et grognais d'autant que Maman qui avait apporté les goûters dans un sac, était bien décidée à y passer un long moment, histoire que les petites s'amusent, se détendent , et rentrent plus tard avec une saine fatigue.
Comme je plaidais encore ma cause, Maman commença à hausser le ton : "Christine, si tu ne veux pas jouer, tu n'avais qu'à apporter un livre comme je te l'avais suggéré. De toute manière, nous resterons ici jusqu'à 5 h et c'est tout. Arrête tes jérémiades, elles n'y changeront rien ".
Cinq heures, cela voulait dire que je n'aurais plus le temps d'aller voir ma copine et je protestai à voix haute, disant que je voulais rentrer plus tôt, qu'elle aurait dû me laisser à la maison, que ce n'était pas drôle, etc. etc.
Prise dans ma protestation, je n'avais pas vu combien cela agaçait Maman que je suivais en trainant les pieds.
Ne pouvant accepter que je grogne ainsi et mette en cause ses décisions, Maman trouva les mots qui d'un seul coup me calmèrent : "Ecoute, Christine, CA SUFFIT !!!"
La voix tonnait d'un coup, et poursuivit : "Je ne veux plus entendre un mot. Tu vas attendre bien sagement que tes soeurs aient fini de jouer. Ensuite, nous prendrons notre goûter en profitant de cette belle journée. Puis, nous rentrerons à 5 h, comme je viens de le dire, et pas avant. De toute manière, il n'était pas question que tu ailles jouer chez Martine au lieu de réviser tes leçons".
En plus, donc, je ne ressortirais pas de la maison. Je trouvais ça injuste et je le fis comprendre. Ces récriminations à voix haute, et devant les petites finirent par faire bouillir Maman.
"Christine, j'en ai assez. Alors, tu te calmes. Non seulement, on fera comme j'ai dit, mais en plus, je peux te dire que ce qui t'attend à la maison, c'est une bonne fessée qui va te remettre les idées en place..."
J'avais tout gagné, en fait. J'allais devoir regarder les gamines s'amuser pendant plus d'une heure, et patienter en n'ayant plus guère envie de rentrer en sachant ce qui m'y attendait.
J'étais rouge comme une pivoine en écoutant la sentence maternelle. Les petites cachaient leur amusement.
J'étais dans tous mes états. J'espérais que si je me tenais à carreau d'ici là, Maman oublierait peut-être ou me ferait grâce de la sanction annoncée. Mais, je savais combien Maman tient ses promesses...
A SUIVRE

mardi 3 mai 2011

Ces instants vexatoires : le "programme" annoncé à Diane

 J'avais ramené une punition à faire à la maison. Cent lignes. Cent fois : "Je dois écouter en classe et ne pas dissiper mes camarades".
 J'échappais aux deux heures de colle que m'auraient infligées la prof d'anglais, mais ce bavardage en français dans une matière importante n'était évidemment pas du goût de Maman.

Dès qu'elle le sut, elle m'intima l'ordre de me mettre au travail de suite, sur la table du salon. Je pensais le faire dans la soirée, mais Maman préférait que je m'en débarrasse, ce qui allait m'occuper un moment pendant qu'elle vérifiait les devoirs des petites.

Très remontée contre moi, elle avait déjà chiffonné une première feuille où j'avais écrit vingt lignes, en prétextant que c'était mal écrit. Je recommençai donc en m'appliquant, sans trop rechigner. Ce n'était pas le moment de me faire remarquer davantage...

Je me mis au travail sur la table du salon


Aline ayant un devoir à faire fut envoyée dans sa chambre. Elle avait compris que ce soir-là mieux valait aller droit...
Diane, elle, n'avait pas de travail pour le lendemain, et avait même ramené une assez bonne note. Elle rayonnait donc, et demanda à Maman si je pouvais venir avec elle jouer dans le jardin. La réponse fusa : "Ah, non, tu ne vois pas que ta soeur est punie... Elle doit faire cent lignes pour avoir bavardé en classe. Laisse-là donc faire sa punition."
Ma soeur, qui était fûtée, joua les curieuses : "Mais, quand elle aura fini, elle pourra venir dehors, hein, M'man ?"
Maman rétorqua : "N'insiste pas, Diane. Christine ne sortira pas. Elle fait d'abord ses cent lignes, et après, nous aurons une petite discussion toutes les deux..."
Je relevai la tête de ma copie et je protestai timidement : "Oh, non, Maman, dis..."
Elle me coupa la parole : "Ne joue pas les fausses étonnées, Christine. Tu sais bien que je n'admettrai jamais que tu sois une élève indisciplinée. Et j'ai une bonne méthode pour que tu t'en souviennes..."
Diane avait les yeux pétillants et faisait une mine grave de façade, mais je sentais qu'elle bichait de l'intérieur. Elle glissa : "Alors, Christine ne viendra pas ?", manière rusée de relancer le sujet.
Maman mit les points sur les "i" : "C'est ce que je viens de te dire, Diane. Ta soeur reste là, elle fait ses cent lignes. Et après, Maman va donner à Christine la bonne fessée déculottée qu'elle mérite. Maintenant, tu files jouer tranquillement dans le jardin jusqu'au dîner. Je suis assez en colère comme ça..."
Diane sortit en vitesse, nous laissant toutes les deux. Les mots de Maman qui annonçait mon "programme" m'avaient fait battre le coeur très vite. Des larmes perlaient sur mes yeux et une vint faire une tâche sur la copie. J'essuyai la petite bavure soigneusement et  calmai mes sanglots.
"Remets-toi au travail et appelle-moi quand tu auras fini", dit Maman avant d'aller finir de préparer le dîner. J'étais triste, honteuse et vexée de savoir que Diane connaissait mon devenir proche, et j'imaginais qu'elle allait tendre l'oreille pour ne pas manquer la suite.
Il me restait 56 lignes à faire, c'était long, mais c'était aussi comme un compte à rebours... 55, 54... 40, 39... A chaque bout de ligne, j'angoissais de plus en plus... Quand je serais arrivée à zéro, je le savais... une bonne fessée m'attendait...