lundi 20 décembre 2010

Moments cruciaux : Maman refermait la porte...

(COMME UNE SUITE LOGIQUE...)

Et puis, après m'avoir fait suffisamment mijoter, Maman montait donc... Je guettais ses bruits de pas dans les escaliers, j'avais le coeur qui se mettait à battre très vite.
Si mes soeurs étaient dans leur chambre, sur le même palier que la mienne, Maman jetait un oeil, vérifiait qu'elles étaient sages. Ce qui était bien sûr le cas, puisqu'elles savaient bien qu'il y avait de l'orage dans l'air...
Maman ajoutait une petite phrase du genre : "Restez tranquilles. Je ne veux rien entendre jusqu'à ce que je vous appelle pour le diner... J'ai assez à faire avec Christine..."
Puis, elle refermait la porte, ce qui n'empêcherait certainement pas mes soeurs de la rouvrir et d'aller tendre l'oreille près de ma chambre... Mais, c'était une manière pour Maman de montrer qu'elle ne voulait pas être dérangée.



Quand elle pénétrait ensuite dans ma chambre, je m'étais redressée, et l'attendais assise sur mon lit, prête à sortir les quelques phrases que j'avais répétées comme une sorte de mot d'excuses, comme une plaidoirie de la dernière chance.
Mais, il y avait des gestes qui ne trompaient pas. Le fait que Maman referme soigneusement la porte de ma chambre également, était la signature d'un certain besoin d 'intimité.
Ce n'était pas pour que je ne me sauve pas, c'était pour signifier qu'il allait y avoir une séquence forte, un moment qui n'appartenait qu'à Maman et à moi.
Elle fermait cette porte et me toisait, la main sur la hanche, comme pour me dire : "Alors, Christine, nous avons un compte à régler..."

Je savais dès lors que mon heure était venue, que l'on allait passer aux choses sérieuses, que j'aurais beau dire n'importe quoi, cela ne changerait rien à ma destinée.
Maman était là pour me donner ce que je méritais, pour tenir ses promesses, pour s'occuper de mes fesses...
Elle ne prenait pas en traître, elle m'avait prévenue, je n'ignorais pas pourquoi j'étais là dans ma chambre à l'attendre, et son irruption au bout d'une attente savamment dosée, cette porte qui se refermait ouvrait une autre scène, comme un huis-clos dont l'issue allait me voir allongée sur les genoux maternels, pendant qu'une main déterminée me rougirait une lune bien déculottée...
Et puis Maman s'asseyait elle aussi au bord du lit. A mon côté, à cette place qui lui était si familière... qui m'évoquait tant de souvenirs... qui enclenchait une nouvelle séquence, celle d'une fessée crainte mais bien méritée...
A SUIVRE (peut-être)

mardi 14 décembre 2010

Moments cruciaux : ma chambre, pour le pire et le meilleur

 SUITE (plus ou moins)

Monter dans ma chambre, c'était souvent aller me réfugier dans mon antre, dans cet espace un peu personnel qui m'était réservé. J'avais "ma" chambre, alors que les petites partageaient la leur. C'était mon univers qui leur était théoriquement interdit, c'était la pièce où j'avais loisir de ranger mes affaires presque comme je le voulais, à condition bien sûr que cela ne reste pas en désordre.
C'était un espace d'intimité même si Maman pouvait y entrer sans frapper, considérant que je n'avais pas encore l'âge d'avoir de vrais secrets.
Ma chambre, c'était quand même un endroit à part, où je dormais, où je m'habillais, où je travaillais, où je m'amusais quand des copines venaient, où je rêvassais, où j'élaborais mes stratégies, où nous avions parfois avec Maman des moments bien à nous, des discussions de mère à sa grande fille, où je pouvais être tranquille quand mes soeurs m'embêtaient. Bref, c'était ma tanière, mon endroit favori, sauf bien sûr quand ses quatre murs étaient témoin d'une de mes punitions...
Quoique, même pour ces moments-là, comme je l'ai déjà écrit souvent, c'est l'endroit que je préférais, si je peux employer ce terme, disons que je détestais le moins, puisque les autres étaient moins intimes pour ce genre d'explications...
Si Maman m'avait donné le choix, c'est celui que j'aurais dit souhaiter, évidemment. Mais cela n'en rendait pas moins le moment difficile à vivre... Car, bien sûr, préférer recevoir la fessée dans sa chambre, cela ne veut surtout pas dire que la chose devient anodine.
Ce que j'aurais préféré à l'évidence, c'était de ne pas la recevoir du tout, de ne pas savoir ce qui m'attendait...
Alors, arrivée dans ma chambre, j'en avais bien fermé la porte derrière moi, pour que même mon attente soit comme protégée.
 Comme pour dire que la suite était privée, qu'elle ne regardait personne, et surtout pas mes fouineuses de petites soeurs...
La grande glace de mon armoire m'avait renvoyé l'image de Christine apeurée, d'un visage défait, de quelques larmes qui coulaient provoquées par la petite phrase de Maman : "Tu peux préparer tes fesses" qui signait ma destinée...
J'avais tourné un moment en rond dans la pièce, mais cela ne faisait qu'accroître mon angoisse.
Je m'étais donc décidée à m'asseoir sur mon lit. De toute manière, je n'aurais pas pu lire une ligne, ni faire quoi que ce soit, mon esprit étant trop occupé par mes peurs...

Le tic-tac du réveil ressemblait à un compte à rebours...


J'essayais dans ma tête de trouver quelques excuses à ma conduite que je soumettrais à Maman pour infléchir sa décision. C'est vrai que je n'étais pas la seule collée, que c'était une punition collective, mais elle avait déjà rejeté cet argument et je n'en avais guère d'autre.
Une mauvaise note, on peut toujours trouver une circonstance atténuante, jouer sur l'incompréhension, relativiser son importance. Deux heures de colle pour un motif de discipline, c'était hélas dans la manière de penser de Maman la chose impardonnable... Surtout en récidive, car il y avait déjà eu plusieurs faits similaires depuis le début de l'année...
Avec la même issue fatale pour mon bas du dos...
Circonstance aggravante même, dans l'esprit maternel : Maman avait remarqué la veille au soir que j'étais préoccupée et elle m'avait tendu la perche : "J'espère, Christine, que tu ne me caches rien. Si tu as quelque chose à me dire, dis-le... Tu sais que je déteste les cachoteries..."
J'avais hésité, mais tenu ma langue. J'espérais que le courrier du collège aurait du retard, ou qu'il n'arriverait jamais...
Et puis, je n'avais pas envie de risquer une fessée qui pouvait bien attendre...
Hélas, ce genre de détail, Maman ne l'aura pas oublié et cela ne fait qu'aggraver mon cas, et m'enlève tout espoir de pardon. D'autant que la menace ayant été claire et prononcée devant mes soeurs, elle pouvait encore moins changer d'avis...
Assise sur mon lit, j'avais tout cela qui tournait en boucle dans ma cervelle angoissée. Je regardais régulièrement le réveil et son tic-tac prenait des allures de compte à rebours. Déjà presque une demi-heure que j'étais là, à attendre Maman. Elle avait dit : "Va m'attendre... Je vais venir...", elle n'avait pas dit précisément à telle heure...
A l'évidence, elle me faisait languir volontairement, elle jouait sur mon angoisse qui devait me faire réfléchir...
Tic-tac, tic-tac, je me doutais pourtant que c'était la fin de l'attente. Elle avait pris le temps de finir de préparer le diner, avait dû regarder les devoirs des petites, et mis la table. Le temps de ranger une chose ou deux, de faire en sorte que tout soit en ordre, qu'il n'y ait plus d'autres choses à penser que ce compte à régler... 
On dinerait à 20 h, il allait être 19 h 30, la maison était évidemment du plus grand calme, comme quand cela sent l'orage... Maman allait donc avoir tout son temps pour tenir sa promesse...
Tic-tac, tic-tac, j'aurais voulu pouvoir arrêter la pendule, arrêter le temps, mais chaque minute qui passait était soixante secondes d'angoisse rétrospective. Je ne voulais pas qu'elle monte, jamais. En même temps, j'en avais assez d'attendre, bref j'étais à point... A deux doigts de souhaiter qu'on en finisse en fin...
Le bruit d'un pas dans l'escalier mit un terme au suspense...

 (A SUIVRE
peut-être aussi...)

lundi 13 décembre 2010

Moments cruciaux : "Allez, monte dans ta chambre... J'arrive !"

 Retour à quelques instantanés après de longs récits. Juste pour analyser quelques sentiments vécus, quelques ressentis que diverses photos (pour la plupart trouvées sur le Net, mais assez significatives) me semblent bien illustrer et réveillent des souvenirs.

La montée peu glorieuse et très angoissée...



La scène s'est répétée de nombreuses fois, à travers les années, mais elle demeure très forte en émotion. C'est un de ces retours à la maison, où l'on tend le dos car on sait que des mauvaises nouvelles risquent d'être arrivées.
C'est la découverte au premier regard que Maman n'a plus la bonne humeur qu'elle avait le matin même.
"Ah, te voilà, Christine... Il va falloir qu'on parle toutes les deux, ma fille. Je suppose que tu sais de quoi ?", me lance une mère visiblement énervée.
Je baisse la tête et cherche quoi dire, ne sortant que un "Euh.... bah..." très hésitant.
"Tiens, regarde donc sur la petite table. Il y a une enveloppe qui va t'intéresser. C'est un courrier du collège...", dit-elle, alors que mes yeux s'embuent... Je sais bien ce que contient cette lettre... La conséquence d'un chahut en cours...
Maman embraye : "Franchement, Christine, tu cherches les ennuis. Encore deux heures de colle. Ce n'est pas possible... Quand comprendras-tu qu'il faut travailler en cours ?"
Maman était en train de préparer une salade de tomates et elle s'est arrêtée un instant pour me parler. Aline et Diane sont assises au bout de la table et prennent leur goûter. Elles ne manquent pas une miette de notre discussion...
Je prends une grande respiration et je tente de plaider ma cause : "Maman, euh, je vais t'expliquer. Tu sais, euh, la prof a puni toute ma rangée. On est six à être collées. Euh, ce n'est pas moi qui parlait, euh..."
Je n'ai pas le temps d'en dire plus : "Christine, n'en rajoute pas. Si on t'écoutait, ce n'est jamais de ta faute. Je me moque qu'il y ait six ou douze élèves collées. Ce qui m'intéresse, c'est ce que fait ma fille, pas les autres. Et je constate qu'une fois de plus, tu t'es distinguée alors que tu m'avais promis de te tenir à carreau... Je vois que tes bonnes résolutions ne tiennent pas longtemps..."
Le ton a monté, je sens Maman vraiment sur les nerfs. Je sais qu'il vaut mieux que je me taise, que je ne rajoute rien. Je baisse le regard et je n'ose même plus bouger, plantée là dans l'entrée de la cuisine.
Maman reprend une tomate et s'apprête à la couper en rondelles. Avant, elle désigne la porte du doigt : "Allez, Christine, prends l'enveloppe, et va m'attendre dans ta chambre. Je vais venir m'occuper de ton cas... Et ne fais pas cette tête étonnée, Christine. Tu sais très bien ce qui t'attend... Allez, monte, et prépare tes fesses..."
Personne, ni moi, ni Maman, ni mes soeurs, ne doutait vraiment de ce qui allait arriver, mais la petite phrase maternelle l'annonçait clairement...
Je n'allais pas protester sur le champ, au risque de voir la colère de Maman exploser immédiatement. J'avais au moins gagné de ne pas être punie sur le champ.
J'ai tourné les talons et pris le chemin de ma chambre. En montant l'escalier, je me suis retournée, et j'ai vu que Maman et mes soeurs me regardaient m'éloigner, me regardaient monter vers le lieu de ma prochaine fessée...
J'avais comme la sensation que les trois paires d'yeux se posaient sur le bas de mon dos...
J'ai accéléré le pas pour aller me réfugier entre les quatre murs de ma chambre... Mais y pénétrer était comme entrer en scène, dans cet espace où je n'avais plus qu'à attendre, attendre Maman, attendre la fessée, ma fessée...
(A SUIVRE...
peut-être... si je suis inspirée ou motivée...)

jeudi 25 novembre 2010

Mes ruses de Sioux : la malade imaginaire (18)

SUITE 17 

J'épongeais mon chagrin contre mon oreiller quand mes soeurs sont revenues de leur cours de danse. La prof les avait lâchées avec dix minutes d'avance, et je me rendais compte que j'avais eu chaud qu'elles n'arrivent pas au moment crucial.
J'avais "eu chaud", façon de dire, et réellement aussi en recevant cette fessée magistrale que Maman avait particulièrement soignée...
"Christine, descends, on va passer à table", l'appel de Maman, quelques instants plus tard, m'obligea à sortir de ma torpeur. J'étais encore sous le choc, les yeux toujours mouillés, perdue dans mes pensées, me remémorant ce que je venais de vivre.
Descendre ne m'enchantait pas. C'était le retour à la vie familiale, dans un contexte où mes soeurs allaient bien se rendre compte que je n'étais pas dans mon assiette...
J'ai cherché à faire bonne figure, séchant mes larmes, rajustant ma tenue, avant d'aller retrouver la table familiale. Aline, Diane et Maman étaient déjà assises quand je suis entrée dans la cuisine. J'ai tenté d'éviter les regards, de ne pas croiser celui de mes soeurs, et j'ai commencé à avaler mon bol de soupe en plongeant le nez dedans, manière bien pratique de cacher mon émotion.
"Tu as pleuré, Christine ?" me demanda Diane qui avait remarqué mon visage défait.
Je ne répondis pas, mais cela me fit remonter un gros sanglot. Ma soeur réitéra sa question sans que je dise un mot. Elle se tourna vers Maman qui lui confirma ce dont elle se doutait : "Laisse ta soeur tranquille, Diane. Christine a encore eu, comme je le craignais, une très mauvaise note à son contrôle d'anglais. Alors, Maman lui a donné la bonne fessée qu'elle méritait, voilà tout !"



Mes soeurs n'en ont pas su davantage, et j'étais soulagée que Maman n'ait pas précisé qu'il s'était agi d'une "bonne déculottée", comme elle savait si bien dire...
Le regard d'Aline et de Diane brillait en me regardant, le visage triste et penaud, avec cette mine de gamine honteuse que Maman rappelle mes exploits.
Heureusement, le sujet n'a plus été abordé et c'est avec soulagement que j'ai pu sortir de table, le dessert avalé.
Maman a demandé aux petites d'aller se préparer pour la nuit. Moi, j'étais déjà en pyjama depuis que j'avais dû m'y mettre pour attendre Maman et ce qu'elle m'avait promis...
J'ai donc aidé à débarrasser la table, à ranger les quelques affaires qui trainaient dans le salon, puis j'ai été autorisée à monter pour retrouver le calme de ma chambre...

Mes soeurs étaient en tenue de nuit et attendaient Maman, non sans me guetter, me regardant passer devant leur porte, en me décochant un de ces sourires moqueurs dont elles avaient le chic.
Elles pouffaient discrètement pour ne pas se faire entendre du rez-de-chaussée, mais moi je les entendais bien, et leurs gloussements me faisaient craindre qu'elles m'aient jouer un tour.
De fait, en me dirigeant vers mon lit, je me rendis compte que l'oreiller n'était plus en place...
Je cherchai un instant et je le retrouvai posé bien en évidence sur la chaise de mon petit coin bureau, celle où je m'asseyais pour faire mes devoirs...
Mes taquines de soeurs avaient placé l'oreiller comme un coussin sur ma chaise, comme si j'en avais besoin pour y asseoir mes fesses endolories...
Si j'en avais eu l'idée en sens inverse, j'aurais trouvé la plaisanterie drôle, mais en étant sa victime, elle était du genre à me taper sur les nerfs... J'en ruminai quelques volontés de vengeance à l'encontre de mes soeurs. Car si je m'étais plainte à Maman, je ne suis pas sûre que cela ne l'aurait pas fait rire à son tour.
J'ai donc pris sur moi et fait contre mauvaise fortune bon coeur, me résignant à ne rien dire, et remettant vite en place l'oreiller sur mon lit, histoire d'oublier cette vision d'un coussin protecteur qui montrait que mes soeurs en se moquant ainsi m'imaginaient avec la lune écarlate... Elles n'y avaient pas assisté, mais ce détail prouvait qu'elles y pensaient très fort...


Maman a couché les petites avant de venir me dire bonsoir. Je l'attendais sagement couchée. Elle s'est assise sur le bord de mon lit et s'est mise à me parler longuement. C'était sa manière de me consoler, tout en rappelant ce qui s'était passé, et en justifiant sa méthode.
"Allez, il faut éteindre, Christine. Il est l'heure de dormir. Il y a école demain et je suis sûre que tu vas t'appliquer à remonter ta moyenne. Tu ne voudrais pas que Maman se fâche encore...", me disait-elle d'une voix douce et calme.
"Oui, Maman, je travaillerai bien, c'est promis", lui répondis-je avec de la sincérité dans la voix, et en contenant des sanglots qui remontaient dans ma gorge.
"Je l'espère, ma chérie, je l'espère. Tu sais, cela ne fait pas plaisir à Maman de devoir te punir, mais là, franchement, tu l'avais bien méritée. Tu le savais depuis des jours et des jours que tu allais avoir une mauvaise note. Et, au lieu de travailler, tu as cherché à éviter le contrôle, en jouant les malades imaginaires. Le résultat, c'est que tu as été prise, et qu'au lieu d'être punie une fois, tu l'auras été deux fois. Je pense que cela te fera réfléchir avant de recommencer. Tu sais, Christine, on gagne toujours à être franche, ne l'oublie pas...", insistait Maman, et je ne pouvais que constater qu'elle avait entièrement raison...
"Oui, Maman, j'ai compris, pardon, pardon" ! En disant cela, je m'étais redressée et j'avais enlacé Maman dans mes bras, la serrant très fort...
J'avais besoin de tendresse et je redevenais comme un bébé, comme une gamine qui veut être rassurée. Maman me serra longuement, et j'étais bien dans ses bras.

 "Allez, c'est fini, Christine. Tu es pardonnée, bien sûr. Pourvu simplement que tu n'oublies pas trop vite cette leçon. Tu sais, ça peut arriver de louper un contrôle, d'avoir des mauvaises notes, mais déjà ne pas les cacher est un bon point. D'ailleurs, je suis contente que ce soir, en rentrant du collège, tu n'aies pas cherché à me cacher tes résultats. Tu as reçu la fessée que je t'avais promise, mais cela aurait pu être pire si tu m'avais menti... Je sais que tu me comprends, ma chérie...", ajouta Maman avant de me déposer un doux baiser sur la joue et de sortir en éteignant la lumière... 


Je fermai les yeux en serrant l'oreiller contre moi, comme je l'aurais fait d'un nounours quelques années plus tôt. J'avais sommeil, mes nerfs avaient été copieusement calmés, et ma tête commençait enfin à se vider des angoisses que je trainais depuis plus de deux semaines.
Il y avait eu la peur de devoir passer le contrôle, puis tout ce que j'avais imaginé pour y échapper. La trouille ensuite de voir ma fausse maladie découverte, puis une fois ma ruse éventée, l'angoisse précédant la tannée promise, et son exécution magistrale devant mes soeurs.
Et cela n'était qu'une étape du fait du report impromptu du contrôle. J'avais dès lors eu peur de le rater, puis j'avais vécu plus d'une semaine dans l'attente d'une note que je savais mauvaise, et dont les conséquences avaient été clairement édictées à l'avance.
Ce soir, mon retour avec cette mauvaise note aurait pu me voir tenter de gagner encore du temps, de retarder l'échéance. Non, j'avais réussi à me libérer, à avouer presque spontanément mon résultat. Maman, a posteriori, venait d'ailleurs de m'en féliciter, mais je crois que cela avait été comme un soulagement pour moi. J'avais conscience que l'issue passait à nouveau par les genoux maternels, mais peut-être aussi que j'allais mettre un terme à plus de deux semaines d'angoisse. D'où ma franchise cette fois...


En plus, j'avais un petit sentiment de fierté d'avoir échappé à une nouvelle déculottée exemplaire devant mes soeurs.
On se console comme on peut, mais ce n'était pas un détail bénin pour moi... Pas du tout !
Je trouvai donc le sommeil assez facilement. D'autant que, pour la première fois depuis plus de deux semaines, je n'avais pas dans ma tête cette angoisse qui me taraudait l'esprit. Je n'avais plus penser au contrôle d'anglais, ni surtout à craindre ce qu'une mauvais note faisait planer sur ma tête, ou plutôt sur mes fesses...

samedi 13 novembre 2010

Mes ruses de Sioux : la malade imaginaire (17)

SUITE 16


"Non, Maman, Non. Pas devant elles, nooon!", ma protestation avait fusé de ma bouche. Comme un cri du coeur. Immédiatement, Maman s'était rassise confortablement, avec un air du genre satisfait. La menace avait bien fonctionné. Le piège était imparable...
Maman me regardait sans rien dire, me laissant un instant à mon angoisse. Sa main pianotait à nouveau sur ses cuisses, pour me montrer la voie....
"Allez, viens ici alors... Ne reste pas plantée là... Il faudrait savoir ce que tu veux..."  dit-elle en haussant le ton.
La phrase jouait d'une savante rhétorique. Elle transformait mon cri du coeur, mon refus d'être punie devant mes soeurs en une acceptation d'une tannée immédiate. C'était finement joué, mais j'étais effectivement devant un choix qui n'en était pas un, contrainte d'avancer vers ma fessée pour ne pas avoir à la voir doublée d'une nouvelle humiliation.



"Allez, décide-toi, Christine...", insista-t-elle. Je pris une longue respiration et m'avançai enfin vers les genoux maternels...
Maman venait à sa manière de gagner un point important dans cet espèce de duel sur fond d'autorité.
J'avais la gorge serrée et je tremblais quand elle m'attrapa le poignet et m'attira pour me basculer en travers de ses cuisses.
Sa main tapota le fond de mon pantalon de pyjama, alors qu'elle commenta ma soudaine docilité : "C'est bien ma chérie. Je suis fière de toi. Tu obéis à Maman et tu viens sur mes genoux. On dirait presque que tu es pressée de recevoir ta fessée... Tu ne veux vraiment pas que nous attendions ce soir, après le dîner, dis, Christine ?"


Allongée en cette posture tant redoutée, je vivais mal ce qui était une moquerie supplémentaire, mais c'était plus supportable que la perspective d'avoir mes soeurs comme témoins...
Je ne pouvais que répondre : "Non, Maman, pas ce soir".
"Alors, passons aux choses sérieuses", ajouta Maman en glissant sa main sous l'élastique de mon bas de pyjama. Le pantalon glissa vers mes genoux, puis la culotte que j'avais gardée en dessous prit le même chemin, dévoilant pleinement mon bas du dos rebondi...


La lune à l'air, prête à recevoir l'averse, ma docilité passagère s'envola. Je tentai de protéger mes fesses avec ma main droite. Mais, Maman l'experte me l'attrapa et me la bloqua au milieu de mon dos.
J'étais à sa merci, désormais sans défense, et elle ne tarda pas à déverser une série rapide et très sonore de grandes claques sur ma lune. C'était une sorte de dégelée sur un épiderme blanc et frais qui se colora très vite.
Je me mis à protester, à balbutier entre deux cris : "Maman, aïe, aïe, arrête, non, je t'en prie, je travaillerai bien, non, pas la fessée, ça suffit. Je veux pas, je veux plus, snif, snif, c'est pas juste, aïe, aïe, aïe "!



Je redis la même chose, ou presque, une ou deux fois, comme un leitmotiv, alors que Maman ne baissait pas la cadence en s'appliquant à me rougir le derrière consciencieusement...
C'est à mon troisième "C'est pas juste", qu'elle arrêta son bras. Sans me libérer le moins du monde.
"Christine, ne m'énerve pas davantage. Il n'y a pas de "c'est pas juste" qui tienne. Tu le sais bien. Cette fessée, tu l'as bien méritée... Et tu le savais dès le début. D'ailleurs, si tu as joué les malades imaginaires, c'est bien parce que tu craignais d'avoir un mauvais résultat et que tu savais ce qui t'attendrait à la maison. Aujourd'hui, on règle simplement nos comptes...".
Je connaissais son raisonnement par coeur, mais je ne pouvais m'empêcher de plaider sa clémence : "Maman, je t'en prie, j'ai déjà été assez punie".
Elle me coupa, mon "assez" la vexait. "Christine, le "assez" c'est moi qui en décide. Je t'ai punie pour m'avoir menti, pour avoir trafiqué le thermomètre, pour t'être moquée de moi, et je t'ai flanquée la volée que cela méritait devant tes soeurs pour que tu retiennes bien la leçon. Aujourd'hui, c'est de ta note que nous parlons... Tu sais, la note d'anglais dont tu me faisais croire qu'elle atteindrait la moyenne... Est-ce que tu l'as eue cette moyenne, Christine ? Réponds-moi ".




J'étais évidemment coincée... "Mais, Maman, presque personne ne l'a eue".
Elle revint à la charge : "Christine, c'est toi ma fille, les autres élèves font ce qu'elles veulent. Répond moi : Est-ce que tu as eu 10, ou même 9, voire 8 ? Oui ou non, Christine ?"
Je murmurai un petit "Non, Maman, non, pardon, pardon".
Elle poursuivit : "Est-ce que je ne t'avais pas prévenue, Christine ? Avant le contrôle, puis le matin même, et est-ce que je ne t'avais pas dit depuis, en attendant les résultat que si tu n'avais pas la moyenne, tu pourrais préparer tes fesses ? Est-ce que c'est vrai, Christine, oui ou non ?"
Je ne pouvais répondre que oui, forcément, et je le fis en sanglotant, reprise par un flot de larmes qui remontait, que je ne pouvais maîtriser.
La situation était étrange, assez inédite, comme ce dialogue menée en plein cours de fessée. Je ressentais la chaleur de la première longue claquée, je devais avoir de belles rougeurs sur mes rondeurs jumelles, mais Maman avait mené cet échange sans poursuivre sa tâche correctrice. Avec un besoin évident de bien me faire comprendre son raisonnement, de bien me persuader de la nécessité d'une fessée magistrale, d'une "vraie fessée" comme dirait l'autre.
Je l'avais écoutée, sermonnant le doigt levé comme une menace. Je sentais que son bras gauche me maintenait toujours et je n'osais pas chercher à gigoter ou à tenter de me libérer, bien consciente que cela ferait repartir l'averse.
Profitant de ce calme, Maman avait pu aller au bout de son raisonnement, tout en reposant sa main correctrice.
"Tu vois, Christine, Maman tient toujours ses promesses. Et je suis même gentille, car j'aurais très bien pu te déculotter devant tes soeurs pour te faire honte", poursuivit-elle.
Je suppliai avec des petits "Non, non, non". Toujours et encore, comme si mon vocabulaire se restreignait à ces seuls mots dès que j'étais sur les genoux maternels...
"Ne t'inquiète pas, Christine, nous n'allons pas les attendre, puisque tu es pressée de recevoir la tannée que je t'ai promise. Regardez moi voir ces fesses qui ne demandent qu'à être rougies. Maman va s'en occuper, Christine. Et tu t'en souviendras..."



Une première nouvelle claque était tombée sur ma fesse droite, ravivant la douleur que la pause du sermon maternel avait fait s'estomper un peu.
"Maman, arrête, ça suffit, je t'en prie, arrête, je travaillerai bien, arrête, assez, aïe", sans le faire exprès je repartais dans des dénégations et dans ces "ça suffit" et "assez" qui remontaient plus Maman qu'ils ne l'apitoyaient.
"Tais-toi donc, Christine. Elles sont à peine roses tes fesses. Tu te doutes bien qu'un 7 sur 20 quand on a promis un 10 à sa mère, cela mérite une fessée magistrale. Arrête de te plaindre. Tu le savais bien. Ca fait bien deux semaines que tu sais ce qui t'attend, deux semaines que tu prépares tes fesses, ma fille. Alors, maintenant que je les ai sous la main, tu ne vas pas être déçue..."
Et l'averse reprit de plus belle, longue et claquante, sonore et démonstrative...




Après ces palabres, Maman passait aux choses sérieuses. Et j'avais bien conscience que son raisonnement était imparable, qu'elle avait raison sur toute la ligne, et que je ne pouvais même pas me plaindre, du fait que, véritablement, elle m'épargnait la fessée devant Aline et Diane que je craignais depuis des jours.
C'était comme si j'avais choisi le moment de l'exécution et, quelle que soit l'intensité de cette fessée, j'échappais à pire.
Toute protestation était désormais vaine, tout mot supplémentaire inutile. L'action était en route et je n'y pouvais plus rien.
Maman, sans nul doute, s'appliquait à me gratifier d'une fessée mémorable. Pour ma mauvaise note certes, mais aussi pour mes mensonges lui faisant croire une note miracle, et également encore pour me faire passer l'envie de vouloir la tromper en jouant la malade  imaginaire. Car, tout cela était lié à ce fameux contrôle que je craignais, et elle n'avait pas encore complètement digéré ma mascarade et ma duperie.
Energique à la croire infatigable, elle me tanna les fesses un interminable moment. Seule dans la maison avec Maman, j'avais perdu toute retenue. Devant mes soeurs, je me serais mordue les lèvres pour étouffer mes pleurs.
Là, je ne retenais plus rien, je pleurais à chaudes larmes, je poussais des cris à chaque claque. Cela faisait longtemps que je n'avais crié ainsi, une manière peut-être aussi de passer mes nerfs au terme d'un épisode dont l'issue me hantait depuis des jours.



Maman me relâcha enfin. Je crois que nous étions épuisées toutes les deux. J'avais les fesses écarlates et brûlantes, quand je remontai mon bas de pyjama et ma culotte avant de fuir vers ma chambre confier mon chagrin à l'oreiller de mon lit.
Dix minutes ne s'étaient pas passées que mes soeurs réintégraient la maison. J'étais encore en larmes, mais leur retour plutôt en avance me fit pousser comme un énorme "ouf" de soulagement. Maman venait de me donner une fessée d'anthologie, mais étrangement une part de moi se disait que j'étais chanceuse qu'elles ne soient pas rentrées quelques instants plus tôt...


A SUIVRE