J'aurais dû écouter la petite voix de la raison, ne pas ouvrir les tiroirs, ne pas me croire à l'abri...
Mais, quand j'ai entendu du bruit, c'était trop tard... Maman n'était pas en bas, mais déjà sur le palier, en train de se diriger vers les chambres...
Le coeur battant, j'ai vite refermé les tiroirs, tenté de replacer la chaise comme elle était, et je me suis redressée au moment où elle entrait dans la pièce...
"Que fais-tu là ? Ce n'est pas possible. Que cherches-tu ?", tonnait Maman très énervée...
"Euh, c'est rien, euh, je ne cherchais rien, euh, je venais voir, euh, promis, je, euh je n'ai pas fouillé dans les tiroirs"., dis-je d'un ton larmoyant...
C'était idiot d'ailleurs, car sans le faire exprès j'avouais, et Maman remarqua immédiatement que l'un des tiroirs n'était pas bien fermé d'ailleurs.
"Ah, je comprends, tu cherchais mon mot à ta prof, tu voulais le voir ou le cacher peut-être ?", avait deviné Maman.
Je m'enferrai dans la dénégation. Prise sur le fait, je n'arrivais pas à reconnaitre, à admettre. J'étais tellement dans l'angoisse et dans la certitude que cela allait mal finir que je ne saisissais même pas les perches que Maman me tendait et qui m'auraient peut-être valu un peu de clémence...
"Arrête de mentir, c'est insupportable, Christine. Tu ne comprendras donc jamais rien. Je vais t'apprendre moi ce qui arrive aux menteuses de ton espèce...", lança-t-elle avec une détermination qui se lisait sur son visage...
Je paniquais et j'avouai dans l'instant : "Non, Maman, je ne mens plus. Oui, j'ai juste regardé dans le tiroir, mais j'ai pas trouvé la lettre. Je te demande pardon, je ne le ferai plus. Promis, s'il te plait, non, pas la fessée..."
Il y avait tellement de signes dans la gestuelle et les mots maternels que je me surprenais une fois de plus à l'implorer de m'épargner la fessée, alors même que Maman n'avait pas encore prononcé le mot elle-même...
C'était comme si nous savions parfaitement, elle et moi, lire l'avenir, comme si nous savions exactement quelle allait être notre rôle dans la scène suivante...
"Oh, si la fessée, Christine... Non seulement tu fouilles ma chambre et en plus tu mens effrontément alors que je te prends comme la main dans le sac... Tu mériterais que j'attende le retour de tes soeurs pour te flanquer une volée devant elles pour l'exemple... Mais, la main me démange tellement que je ne vais pas te faire attendre, ma chérie...", monologua Maman alors que j'avais éclaté en sanglots.
Elle retourna la chaise qui était devant son bureau, m'attrapa par la main, avant de s'asseoir et de me basculer en travers de ses cuisses...
Ma jupe fut vite remontée et, comme tétanisée, tellement sûre que j'allais prendre une tannée maison, somme toute bien méritée, je n'ai même pas cherché à empêcher Maman de baisser ma culotte qu'elle descendit tout en bas de mes cuisses...
La suite se devine aisément. Avec une Maman remontée, encore sous le coup de sa colère et de son désarroi de voir sa fille mentir malgré l'évidence...
La fessée tomba, drue et claquante, longue et vive, une déculottée magistrale que je prenais presque en l'acceptant, consciente que j'avais mal agi et pris des risques dont je me doutais des possibles conséquences...
Et je savais même hélas que mes exploits seraient assurément annoncés et commentés pour l'exemple à mes soeurs ce soir. Heureusement toutefois que le bruit des claques rougissant ma lune ne résonnait que dans une maison vide...