jeudi 18 mars 2010

Mes soeurs aussi (suite 3) : le ciel serait-il avec moi ?

Huit jours ont passé depuis la double punition de mes soeurs. Huit jours étrangement sans anicroche, je l'avoue. Il faut dire qu'Aline la fonceuse avait été sérieusement calmée par la dextre maternelle et que Diane sentait qu'il valait mieux qu'elle ne fasse pas des siennes...
Quant à moi, le fait est que j'ai mis un petit coup de collier et me suis montrée plus studieuse, ne voulant pas redevenir la vedette de nouveaux épisodes...
Ce soir-là, en pénétrant dans la maison, j'entends Maman m'appeler depuis le salon, alors que je défais mon imperméable et l'accroche au porte-manteau. J'ôte mes chaussures et enfile mes chaussons avant de rejoindre le salon.
Maman est assise en tailleur sur le canapé et alors que j'entre dans la pièce, elle me lance : "Ah, Christine, il faut que je te dise : j'ai rencontré ta prof de français".
La phrase me fait bondir. J'ai comme un geste de recul et je grimace. C'est un réflexe que je ne contrôle pas. Et dans ma tête, je cherche à toute vitesse ce qu'elle a bien pu dire, ce qu'elle a bien pu me reprocher...


Ma réaction fait sourire Maman


"Pourquoi fais-tu cette tête là, Christine ? Aurais-tu quelque chose à te reprocher ?", demande Maman.
Je balbutie un petit "Non" à peine convaincue.
Ma réaction a visiblement fait sourire Maman qui me soulage enfin : "Ne t'inquiète pas. Elle non plus. Pour une fois, elle m'a même dit du bien de toi. Ta rédaction d'avant-hier est plutôt bonne, m'a-t-elle dit. Tu devrais avoir 13 ou 14. Je suis fière de toi, ma fille. Tu vois que quand tu veux, tu peux... C'est d'ailleurs ce qu'elle m'a dit : Christine a des capacités, c'est juste dommage qu'elle ne veuille pas toujours faire l'effort nécessaire pour être dans les premières de la classe".
J'ai arrêté de grimacer, rassurée par ces paroles. Maman qui me félicite, c'est un moment à ne pas manquer. Mais, c'est idiot, direz-vous, mais j'ai vraiment eu peur... J'ai trop de souvenirs différents de rencontres de Maman avec des profs qui se sont soldées par un retour à la maison moins glorieux...
Sur ce, Maman m'a envoyée faire mes devoirs en souhaitant que cela continue sur cette voie. "C'est bien ma chérie. Je constate que les leçons rentrent... Comme j'ai dit à ta prof : Avec Christine, il faut de la persévérance, mais c'est son avenir qui est en jeu, alors il ne faut pas relâcher la bride..."
Les confidences et allusions de Maman à la prof de français ne me plaisaient guère, mais le ciel continuait à être avec moi, et je savourais les félicitations maternelles à leur juste valeur...

OoOoO

Le surlendemain, je ramenais bien un 13,5 sur la fameuse rédaction. J'étais fière de montrer la copie à Maman. Elle fut moins enthousiaste en voyant l'appréciation : "Bon traitement du sujet. Dommage que la copie n'ait pas été suffisamment relue. Quatre fautes d'orthographe dans un devoir fait à la maison, c'est trop. J'enlève donc deux points pour ces fautes".
Maman ne put s'empêcher de gronder un peu : "Ah, Christine, quand je pense que sans ces fautes idiotes et évidentes, tu aurais eu 15,5. Ce n'est pas sérieux. Quand auras-tu assez de plomb dans la tête pour faire les choses bien complétement ? Ah, si encore, tu n'avais pas les moyens intellectuels. C'est vraiment rageant. Quand je vois cela, je me dis qu'il y a des claques qui se perdent..."
Heureusement, mais avec 13,5 il ne pouvait guère en être autrement, Maman ne mit pas ses menaces à exécution... C'était une journée de plus sans incident pour mon bas du dos, et je commençais presque à crâner et à me dire que la chance était avec moi.
Diane et Aline qui rentraient juste au moment où finissait la conversation avec Maman, étaient visiblement énervées. Elles s'étaient chamaillées sur le chemin du retour, et Diane se plaint de sa soeur.
Maman ne voulut rien entendre et les envoya dans leur chambre. Je sentais bien que Maman ne supporterait pas de nouveaux caprices et, de mon côté, je restai le plus calme possible. La petite phrase sur "les claques qui se perdent" ne me donnait pas envie de provoquer le moindre incident.
Un quart d'heure plus tard, quand Maman était dans ma chambre pour vérifier mes devoirs, qui étaient correctement faits, elle dut élever la voix par deux fois pour rappeler les petites à l'ordre. Puis, comme cela chahutait toujours, elle entrouvrit la porte de ma chambre doucement et sortit pour regarder en douce depuis le couloir ce qui se passait dans la pièce à côté.
Apparemment, c'est Diane qui, effectivement dérangeait sa soeur... Je vis Maman, comme un faucon pique sur une proie, entrer d'un seul coup dans la chambre des petites et attraper au vol Diane qui était sur son lit et, de là, lançait des briques de Lego à Aline qui travaillait à son petit bureau.

Maman fondit sur Diane sans sommation



Il n'y eut aucune sommation... Maman à genoux sur le lit, retourna la plus petite de ses filles dont la jupette s'était relevée dans la mêlée, et elle s'appliqua à flanquer une fessée rapide mais cuisante à Diane qui criait comme un pourceau...
La scène ne dura pas longtemps, mais Maman y alla de bon coeur, et quelque chose me disait que dans cette énergie, il y avait peut-être un peu de l'irritation que je lui avais provoquée et du fait qu'elle avait pensé que des claques se perdaient...
Veinarde Christine s'en sortait encore bien cette fois et je pensais que cette série de fessées de mes soeurs n'était qu'un juste retour des choses. En matière de statistiques, j'avais de toute manière, privilège ou servitude de ma position d'aînée, de l'avance sur elles...

OoOoO

J'avais bien parfois des menaces plus ou moins codées, je devinais à diverses reprises que je passais de peu à côté d'une nouvelle déculottée, mais les jours continuaient à m'être favorables. Même lorsqu'il fallut faire signer mon carnet de notes mensuel. Le 13,5 en français, un petit 10, mais enfin la moyenne en anglais, ajoutés à un 11 en histoire-géo, compensaient le 6 sur 20 en sciences, dans un carnet qui, pour la première fois depuis quatre mois ne comportait aucun zéro...
Maman me fit promettre de travailler les sciences, m'annonçant de sérieux ennuis si je n'améliorais pas la note la prochaine fois, mais je m'en sortis sans autre réprimande, pas peu fière d'avoir vaincu le signe indien après quatre carnets mensuels qui s'étaient achevés d'une autre manière...

Aline pleurait doucement, la tête contre le mur


Quand mes soeurs revinrent de leur cours de danse, Maman me demanda d'aller chercher une baguette à la boulangerie du quartier. Au moment où je sortais, Maman commençait à discuter avec Aline qui ne paraissait pas très tranquille. Toute fière de mon carnet acceptable, je n'y prêtai guère attention.
Mais, en revenant, vingt minutes plus tard, je vis que Diane était dans la cuisine et avait un petit air moqueur que je lui connaissais bien. Je posai la baguette sur la table et alai au salon dire à Maman que j'étais rentrée et lui rendre la monnaie.
Maman était assise devant les affaires d'école d'Aline, et j'aperçus ma soeur mise au coin, la tête contre le mur et qui réprimait de gros sanglots... Son pantalon de survêtement était remonté, mais un rien de travers, trahissant qu'il avait dû être baissé il y a peu...
J'ai compris que j'avais loupé quelque chose, mais Diane non plus n'avait rien vu, la scène s'étant déroulée juste entre Maman et Aline.
"Reste encore là cinq minutes, je t'appellerai quand on passera à table. Et que je ne te vois pas te retourner, sinon je t'en remets une...", lança Maman en m'invitant à aller mettre la table dans la cuisine.
Une fois là, je hasardai une question : "Aline a été punie, dis M'man ?"
Maman acquiesça : "Ta soeur m'a ramené un carnet désastreux. Elle n'a eu que ce qu'elle mérite".
Cela manquait de précisions et, ragaillardie par mes notes correctes, je relançai Maman innocemment : "C'est pour cela qu'elle est au coin, hein ?"
Et Maman expliqua : "Elle est au coin pour réfléchir, après avoir reçu une bonne fessée... Mais, tu avais sûrement deviné, Christine. Tu dois bien te souvenir de ce qui arrive quand on ramène un mauvais carnet de notes, n'est-ce pas ? Tu as de la chance d'avoir mieux travaillé ce mois-ci, sinon toi aussi tu aurais eu droit à une déculottée comme Aline..."
Je ne prolongeai pas la conversation qui me rappelait de mauvais souvenirs... Je regrettais d'avoir dû aller à la boulangerie et d'avoir manqué au moins l'audition de loin de la fessée d'Aline.
Dommage, me disais-je en douce, en constatant que ma chance se prolongeait de manière royale. Je m'en serais presque sentie invincible, presque à l'abri...
Demain, cela ferait d'ailleurs un mois pile que j'échappais aux ennuis postérieurs... La dernière remontait justement au carnet de notes du mois précédent. Entre temps, j'avais frôlé parfois la correctionnelle, si j'ose dire, mais je m'en étais sortie...
Pendant ce temps-là, si je compte bien Diane en avait pris deux, et Aline trois ! Cela me vengeait de tant de petites rancoeurs accumulées par leurs moqueries à mon encontre...
Ah, parfois, on se dit que la vie est belle, que cela va durer toujours...

(A SUIVRE)

mardi 16 mars 2010

Mes soeurs aussi (Suite 2) : Pourvu que cela dure...



Aline faisait moins la crâneuse...

Trois fessées en deux jours, dont je n'étais pas destinataire, et que j'avais même pu entrapercevoir... C'était Byzance. Comme un juste retour des choses. Rien que de plus normal, direz-vous, car des gamines de fin de primaire sont censées faire plus de bêtise qu'une pré-ado du début de collège...
Mais, comme je l'ai déjà dit, mon privilège d'aînée était aussi d'être naturellement l'exemple et celle que l'on devait de faire aller droit pour que cela suive derrière...
En tout cas, mes chipies de frangines faisaient moins les intéressantes le lendemain et les jours suivants. Surtout Aline, qui avait eu droit à un traitement que je qualifierais presque de "christinien", tellement il illustrait la détermination maternelle dont j'étais la cible parfois, et plus qu'à mon tour...
Fessée pour une colère et de l'effronterie la veille, elle n'avait pas adopté le profil bas qui s'imposait, et ses caprices renouvelés du lendemain ajoutés aux chamailleries avec Diane avaient poussé Maman à remettre les pendules à l'heure de façon plus claire encore...
Aline depuis évitait mes regards, sachant pertinemment car Diane avait cafté, que j'étais aux premières loges de sa déconvenue...
Je n'en abusais pas pour autant, car je ne voulais pas provoqué quelques coups en douce de mes soeurettes...

Tata m'a même félicitée

Comme souvent, les épisodes du genre n'ont pas manqué d'être commentés dans les jours suivants. L'avantage, c'est que les menaces maternelles avaient cette fois pour références ce qui était arrivé à Aline, et non à moi. Aline eut droit à un : "Dépêche-toi de ranger. Tu ne veux quand même pas que je m'occupe à nouveau de toi, Aline... La semaine a déjà été bien agitée, mais attention, on dit souvent jamais deux sans trois..."
De quoi faire rougir soeurette et la voir se mettre à ranger au plus vite ses affaires...
Tante Jacqueline venu le lendemain de la deuxième scène pour prendre un petit café avec Maman, comme elle le faisait deux à trois fois par semaine, eut droit aux confidences de sa soeur quand elle demanda si les filles allaient bien. Et Maman d'expliquer : "J'ai du mal avec les petites cette semaine. Aline devient effrontée et coléreuse, et même Diane n'arrête pas de se chamailler avec elle".
Tata commenta : " Ca, les colères, il ne faut pas les laisser en faire, sinon on ne les tient plus..."
Maman acquiesça : "Tu me connais, ce n'est pas mon genre. Aline s'est récoltée une déculottée maison lundi soir. Et, pas plus tard qu'hier, je les ai retrouvées se battant comme des chiffonnières, et il a fallu que je remette ça. Diane a pris sa fessée à son tour, et Aline a eu droit à nouveau à une volée qui l'a enfin calmée..."
   
J'écoutais en révisant mes leçons sur le divan du salon

Tata et Maman devisaient tout naturellement sans ignorer que je ne perdais pas une miette de la conversation... J'étais allongée sur le divan du salon, en train de réviser mes verbes irréguliers. Et inutile de dire que depuis le début de la semaine, je m'appliquais à travailler consciencieusement. Je n'avais aucune envie de rejoindre mes soeurs sur la liste des anecdotes à raconter à Tata Jacqueline...
J'écoutais toutefois les paroles de Maman, avec la satisfaction d'entendre raconter les scènes que j'avais encore dans la tête, et malgré tout un peu de gêne en imaginant que, lorsque c'était mon tour, Maman ne cachait rien non plus à sa soeur...

"Et avec Christine, ça va mieux ? Elle m'a l'air bien sage, non ?", dit ma tante, ce qui me fit relever la tête de mon livre et lui faire un sourire gentil.
Maman concéda que oui : "Heureusement, ma grande est moins turbulente que les petites en ce moment. J'espère que cela va durer..."
Tata chercha à me flatter : "Il n'y a pas de raison que ma nièce préférée ne s'assagisse pas... Elle grandit, tu sais. Elle est plus à même de comprendre. C'est comme tous les enfants, ça traverse des périodes plus difficiles que d'autres et puis ça change..."
Maman n'était pas aussi convaincue : "J'aimerais bien te croire. Je pense que cela viendra un jour, mais ce ne sont pas quelques jours de calme qui suffisent pour faire un ange d'un numéro comme Christine. Tu sais, il faut se méfier de l'eau qui dort... Les petits travers reviennent vite... Et ce n'est pas faute d'avoir fait ce qu'il fallait pour la remettre dans le droit chemin..." En disant ces mots, Maman avait levé la main, paume ouverte, en faisant le signe caractéristique d'une claque.
J'en rougis et replongeai mon nez dans mon bouquin d'anglais, alors que Tata riait de bon coeur : "Ah, c'est vrai que ma nièce n'a pas manqué de fessées..."
J'adore ma tante, mais j'aurais eu envie de la griffer en l'entendant prononcer cette phrase un rien moqueuse...
Surtout que Maman renchérit : "On ne peut pas dire non plus qu'elles n'étaient pas toutes méritées... Et je voudrais bien te croire, mais je crois que nous ne sommes pas encore sorties de l'auberge...Ta nièce préférée, comme tu dis, aura encore bien souvent besoin que je m'occupe de ses fesses..."
J'avais presque les larmes aux yeux quand j'entendis ces mots, mais je continuai à faire le dos rond, à ne pas protester, cela n'aurait servi à rien... Surtout qu'au fond de moi, je pensais bien qu'elle n'avait pas totalement tort...
La conversation changea de sujet entre les deux femmes, puis Tata prit congé un quart d'heure plus tard. En partant, elle embrassa mes petites soeurs en leur disant : "Et soyez sages, j'espère. Je vous souhaite une fin de semaine plus calme qu'elle n'a commencé..."
Puis, elle vint vers moi. Je me levai et elle me serra un instant dans ses bras. Une marque d'affection pour sa nièce adorée et qui me faisait plaisir. Mais, en m'embrassant, sa main se posa au bas de mon dos : "Allez, Christine, continue à bien travailler, pour que ta Tata soit fière de toi. Et obéis à ta mère, ne la fâche pas à nouveau, ma chérie. Hein tu as bien compris... Sinon, sinon..."
Et, en finissant sa phrase, Tata m'a tapoté tout doucement le fond du short... J'avais évidemment compris l'allusion. La conversation qui m'avait ravie en parlant des exploits de mes soeurs, s'achevait hélas avec un goût amer, en évoquant la probabilité que bientôt ce soit la nièce préférée de Tata qui reçoive une bonne fessée...

(A SUIVRE)

lundi 15 mars 2010

Mes soeurs aussi (Suite 1) : Ma chance continue et en double !

 Elles se battaient comme des chiffonnières...



(SUITE DU PRECEDENT)
Aline n'avait pas apprécié d'avoir reçu la fessée pour une histoire bénigne. Elle avait mal répondu à Maman et eu des gestes colériques que notre mère ne pouvait admettre. Aline était un peu le garçon manqué de la famille. Intrépide, plus impulsive que moi, l'ainée plus modérée, et que Diane, qui jouait les douces et les chouchoutes de par sa position de plus jeune des trois.
Maman ayant voulu lui faire essayer des affaires venues d'une cousine, et qui se trouvaient dans l'armoire maternelle depuis quelques mois, Aline avait joué les fortes têtes, avant de faire un début de colère que Maman avait immédiatement réprimé à sa manière... Et dont j'avais eu loisir d'entrapercevoir le commencement...
Aline n'avait non plus pas digéré que Diane lui explique qu'elle m'avait surprise en train de la regarder se faire punir... Autant, les deux petites savaient être complices quand il s'agissait de chercher à savoir ce qui m'arrivait à moi, autant les taquineries de Diane la concernant, rendaient Aline furax.
Je me doutais bien que ma soeurette tenterait de me rendre la pareille à la première occasion, voire de me faire un coup en douce à sa manière.
De fait, la fessée d'Aline n'avait que modérément apaisé l'atmosphère. La coléreuse avait été calmée vite fait, mais il restait de l'électricité dans l'air et l'on sentait Maman irritée et irritable...

Je l'ai constaté le lendemain soir en rentrant du collège. Mes deux soeurs étaient restées à la maison, car il y avait une conférence pédagogique de leurs institutrices ce jour-là.
Cette journée supplémentaire passée à la maison au lieu d'aller à l'école avait, semble-t-il, contribué à énerver encore plus Maman. Les petites avaient du travail à faire, donné par les maitresses, mais pas un grand enthousiasme pour l'effectuer convenablement.


Quand je suis rentrée, Diane avait terminé ses leçons, mais Aline devait encore finir deux exercices, et les rappels à l'ordre de Maman se faisaient pressants. « Aline, dépêche-toi. Tu es vraiment impossible en ce moment. Je croyais pourtant t'avoir calmée, hier soir... »

Mais, pour défendre ma soeur, pour une fois (car je suis une fille juste), celle-ci avait bien du mal à travailler tant Diane qui partageait sa chambre s'amusait à la taquiner...

Comprenant cela, Maman ordonna à Diane d'aller lire au salon, pour laisser Aline tranquille...

C'est ce qu'elle fit, en rechignant, mais profitant du fait que Maman était partie étendre son linge dans la buanderie, Diane remonta en douce, sous prétexte de prendre un autre livre.

Mais l'irruption d'une Diane très taquine et se moquant d'Aline, fit réagir cette dernière : « Maman, Maman, Diane est remontée et elle m'embête », cria-t-elle.
La petite sentant le danger chercha à s'enfuir, mais Aline la bloqua, les deux soeurs commençant à se bagarrer comme des chiffonnières...

Elles étaient en train de se tirer les cheveux et de se battre quand Maman est montée en quatrième vitesse...



J'étais dans ma chambre et j'ai vite compris qu'il allait y avoir du sport...

« Diane, je t'avais dit de rester en bas... Ce n'est pas possible... Vous faites tout pour m'énerver... » Et, je vis passer dans le couloir, Maman tirant Diane par le bras et entrant dans sa chambre, suivie d'Aline. A peine arrivée dans la pièce, elle s'assit sur le fauteuil de sa coiffeuse et étala Diane en travers de ses cuisses... « Ah, je vais t'apprendre à désobéir et à embêter ta soeur ».
Diane hurlait déjà, alors que les premières claques tombaient à peine. Mais, la fessée que j'apercevais depuis le couloir était bien sonore et vive. La robe de la gamine était remontée sur son dos, sa petite culotte rentrait à moitié dans ses fesses, dégageant deux quartiers de lune qui ont vite rougi sous l'effet de la claquée maternelle.

Ce n'était pas la déculottée que j'espérais voir, mais les cris (en partie forcés) de ma comédienne de petite soeur montraient que la tannée rapide devait être douloureuse. Même si elle ne dura pas très longtemps...

Diane suffoquait et se frottait le bas du dos en sautillant quand Maman la relâcha. Aline qui était aux premières loges, avait un large sourire, imaginant que Maman n'était venue qu'à son secours. Elle en profita pour lancer à Diane : "Pff, c'est bien fait pour toi, t'avais qu'à pas m'embêter, na !"
Mais Aline déchanta vite quand Maman l'attrapa à son tour par le bras. Je ne voyais la scène que de mon bout de couloir, mais j'ai compris aussi vite que ma soeur... Sauf qu'elle se mit à paniquer, alors que secrètement je jubilais et n'en croyais pas mes yeux.
"Maman, maman, que fais-tu ? Non, oh nooon !", suppliait ma soeur que Maman maintenait debout face à elle qui s'était remise assise sur le fauteuil de sa coiffeuse.
"Aline, j'en ai assez. Si tu n'avais pas trainé pour faire tes devoirs toute cette journée, cela ne serait jamais arrivé. Je crois, ma fille, que tu n'as pas compris la leçon d'hier. Alors, puisque tu n'es pas calmée, je vais te rappeler les bonnes manières, moi..." Maman avait un ton déterminé et impressionnant que je lui connaissais hélas très bien. Je n'avais donc aucun doute sur la manière dont cela allait finir. Et, en effet, elle attira Aline en travers de ses genoux, là où Diane venait de faire un voyage éclair. Mais, cette fois, elle ne se contenta pas de remonter la jupe, descendant d'une main ferme et rapide son collant de laine bleu marine et la culotte qui était en dessous...
Ma soeur était déculottée, au lendemain d'une première fessée aperçue et je voyais distinctement ses deux globes jumeaux se contracter de peur, alors que les premières claques tombaient...
"Ah, Aline, tu vas comprendre, j'espère cette fois. Puisque Mademoiselle a besoin d'une nouvelle fessée, on ne va pas la décevoir..."  Et la main de Maman allait et venait avec un bruit mat de bonnes claques bien ajustées...
Diane qui s'était rhabillée en rabaissant sa robe, avait arrêté de gesticuler et regardait bouche bée sa soeur prendre la fessée à son tour...
Maman la voyant ainsi scotchée, les yeux écarquillés comme devant un fantôme, arrêta un instant son bras et demanda à Diane de sortir : "Allez, toi, file dans ta chambre, et ferme la porte derrière toi. A moins que tu ne veuilles reprendre la place d'Aline..."
La perspective fit sursauter ma soeurette qui fit demi-tour et sortit en fermant la porte de la chambre maternelle derrière elle...
Au passage, alors que je rentrais précipitamment dans ma chambre, Diane s'est bien aperçue que j'avais dû ne rien manquer de la scène, mais elle était elle-même sous le choc et ne dit rien...
Ma séquence de vision directe des corrections de mes soeurs prenait fin prématurément... Mais, venant après celle de la veille, j'étais comme sur un petit nuage... Je n'arrivais pas à en croire mes yeux, et j'avais envie de les fermer pour bien m'imprimer les images vues et pouvoir me les repasser comme du baume au coeur...
Une fois la porte refermée, d'autres bruits nous arrivèrent aux oreilles. Maman avait repris son sermon à Aline. Et la fessée avec...
La claquée continua, assourdie à nos oreilles par la porte fermée, mais parallèlement, Aline qui avait tenté de retenir au maximum ses pleurs et ses cris devant les yeux de sa soeur (pour ne pas dire de ses soeurs...) pleurait maintenant de bon coeur, suppliant Maman d'arrêter et poussant des petits cris à chaque claque supplémentaire...
Autant la fessée de Diane m'avait semblé expéditive, autant celle d'Aline, pour une fois, me parut presque longue, et en tout cas plus appliquée que celle de la veille... Mais, je savais d'expérience que lorsque Maman a l'impression de ne pas s'être bien faite comprendre la première fois, mieux vaut ne pas se trouver sous sa main pour la deuxième...
En y réfléchissant, et sans vouloir réellement du mal à ma soeur, j'étais à l'intérieur de moi plus que contente que ce soit Aline, et non pas moi, qui me trouve dans cette situation...
(A SUIVRE)


kk

vendredi 12 mars 2010

Mes soeurs aussi : une vision qui m'interpelle


 Vision fugace mais qui était parlante...


Mon cours de danse de ce vendredi là devait durer 1 h et demie comme d'habitude. Mais la prof avait un impératif et nous a lâchées à 18 h 15 au lieu de 18 h 45. Je rentre à la maison sans tarder, le temps frais ne prêtant pas à flâner en route.
Je range mon vélo dans le garage et je rapplique dans la cuisine. Maman n'y est pas, même si la soupe cuit à petit bouillon.
Je m'apprête à appeler pour savoir où elle est quand j'entends des bruits de conversation orageuse qui viennent du premier. Curieuse, je monte sans faire de bruit. Les éclats de voix viennent de la chambre de Maman où doit se trouver aussi Aline, d'après ce que je perçois. 
La porte n'est pas tout à fait fermée et je m'approche de l'entrebaîllement avec le coeur battant.
Ce que j'aperçois me fait battre le coeur encore plus fort. La vision est fugace et partielle, mais il n'y a pas de doute, Aline vient de plonger en travers des genoux maternels, sa jupe est dégagée et elle agite ses jambes en se débattant...
Je ne perds pas une miette de ces quelques secondes en espérant en voir davantage, mais j'entends derrière moi une voix. C'est Diane qui tendait l'oreille, elle depuis sa chambre, et m'a vue arriver. "Maman, Christine est rentrée", crie la plus petite de mes soeurs.
Coincée, je pousse la porte et me montre un instant devant Maman qui me renvoie immédiatement : "Sors d'ici, et ferme la porte, Christine. Tu vois bien que je suis occupée".
Je ne peux que rebrousser chemin, non sans avoir croisé un regard furtif, courroucé, d'Aline en bien fâcheuse position....
Arrivée dans ma chambre, j'ai eu de par l'oreille la confirmation que ma vision fugace était réelle... Maman donnait bien la fessée à l'aînée de mes petites soeurs et les bruits caractéristiques résonnaient dans la maisonnée...
Bizarrement, je vivais la situation étrangement avec un mélange de satisfaction et d'angoisse à la fois. Que mes soeurs reçoivent la fessée me vengeait un peu de leurs moqueries, nous mettait à égalité si j'ose dire. Mais, comme elles avaient 3,5 et 5 ans de moins que moi, je trouvais que c'était juste normal, cela ne prenait pas la dimension émotive de ce qui m'arrivait à moi...
Je me disais que c'est bien fait pour Aline et j'avais une petite joie supplémentaire en ayant pu l'apercevoir sur les genoux maternels, même si je l'avais vue qui avait encore sa culotte, ce qu'elle n'a certainement pas dû garder une minute de plus...
Mais, cette satisfaction très compréhensible était accompagnée de sensation bizarre. J'entendais la main de Maman claquer le derrière d'Aline et je ne pouvais m'empêcher de penser que lorsque c'était mon tour, mes soeurs devaient entendre aussi et autant...
J'avais vu le regard furibard d'Aline me voyant la regarder étalée sur les cuisses de Maman. Cela me rappelait d'autres situations où mes soeurs ont cherché à me voir punie, quand ce n'était pas Maman elle-même qui en certaines occasions m'avait corrigée devant elles pour l'exemple...
Je me souvenais que lorsqu'Aline ou Diane surgissait ainsi et me voyait déculottée, j'avais moi aussi un regard qui les fusillait, et une envie de revanche.
Je me doutais bien qu'Aline me revaudrait cela dès qu'elle le pourrait et qu'il fallait que je m'attende à quelques représailles ou coups en douce de sa part...
Bref, la fessée de ma soeur me réjouissait en étant comme un baume au coeur, mais en même temps, les bruits des claques, les pleurs de ma soeur et la détermination maternelle me rappelaient que dans cette maison la fessée était de règle, et que toute aînée que j'étais, je n'en étais pas à l'abri...
Bien sûr, une fois Aline punie, c'était un peu comme si cela éloignait dans le temps ma dernière fessée... Le soir au dîner, c'est sur ses démêlés avec Aline que Maman reviendrait, et nous aurions droit à l'explication de cette tannée reçue par ma soeur, avec l'avertissement fait aux deux autres de ne pas se comporter de la même manière, sinon...
Le soir, c'est Aline que Maman allait consoler et câliner un peu en lui rappelant qu'elle n'a eu que ce qu'elle méritait...
Diane et moi aurions le droit à l'allusion teintée de menace nous appelant à être sage si on ne voulait pas suivre le même chemin que notre soeur.
Mais, en vivant tout cela, je ne pouvais m'ôter de l'esprit que cela se passait aussi ainsi quand j'étais punie. J'avais dans les yeux l'image d'Aline gigotant sur les genoux maternels, mais une petite voix me disait à l'intérieur de moi : "Attention, Christine, ne te réjouis pas trop des malheurs de ta soeur... Aujourd'hui, c'est elle qui a reçu la fessée, mais qui sera la prochaine ? Peut-être Diane, mais rien n'est moins sûr... La prochaine, ce sera peut-être toi, Christine... Ses bruits, ses pleurs entendus tout à l'heure, la prochaine fois, ce seront peut-être tes larmes Christine, et peut-être tes fesses qui claqueront sous la main de Maman, qui rougiront toutes déculottées..."
Et la petite voix, en plus, avait raison...

(A SUIVRE)

mercredi 10 mars 2010

Les signes avant-coureurs : l'ambiance devient pesante

Je voyais bien que le regard de Maman s'assombrissait



Une hirondelle ne fait pas le printemps... Ce n'est qu'un signe parmi d'autres, mais en revoir une en mars fait prendre conscience que la belle saison approche...
De même, certains signes ne se convertissaient pas immédiatement en explication cuisante, mais témoignaient d'une sorte d'approche plus ou moins inéluctable de la prochaine fessée...
Le climat familial est ainsi qu'il comporte des périodes d'accalmie et d'autres plus agitées, mais que bon an mal an, après l'hiver revient le printemps, et qu'après des jours ou des semaines sans scènes notoires, la nécessité de remettre de l'ordre, de régler des comptes, de recadrer l'une ou l'autre des filles s'impose...
J'ai été marquée par quelques fessées reçues sans préavis, des fautes découvertes et punies sur le champ, mais je crois que le sentiment d'attente, cette impression que l'on a que tôt ou tard on va y passer, sont des ressentis encore plus forts, encore plus prégnants car l'angoisse fait plus travailler les méninges que la surprise.
Il y avait ainsi des moments que cette image (trouvée) illustre bien, où je pouvais prendre conscience que les conditions météorologiques familiales allaient tourner à l'orage pour mon bas du dos... Le soir même ou dans les jours à venir, mais les signes avant-coureurs n'avaient pas forcément besoin de mots, ou en tout cas pas de mots directs, les allusions suffisant à me faire comprendre ce qui m'attendait...
Je m'imagine ainsi révisant une leçon en prévision d'un contrôle le lendemain. Je n'ai guère envie de rabâcher ni d'apprendre par coeur. Je comprends vite, alors je me dispense souvent de travailler dur, je sais qu'avec un petit effort je décrocherai une note moyenne, et je ne vois guère l'intérêt d'en faire plus...
J'ai moitié la tête dans le bouquin et moitié le regard et les pensées ailleurs...
"Christine, je te ferai réciter après le dîner, tu as intérêt à bien savoir ta leçon cette fois...", la petite phrase de Maman me fait replonger dans mon bouquin.
Je vais faire l'effort car je sens que c'est mon intérêt...
Effectivement, ce soir-là, j'ai pu réciter la leçon comme il fallait et m'éviter des ennuis immédiats...
Mais, j'ai bien senti dans le regard de Maman que je l'agaçais, qu'elle n'appréciait pas de devoir me rappeler à l'ordre pour que je me mette vraiment à travailler... Un moment, elle a marmonné un : "Oh, toi, oh, toi..." accompagné d'un très gros soupir, d'une longue respiration en me fixant avec des yeux sombres...
Il n'y a rien eu d'autre, mais ce petit signe était comme une hirondelle de plus dans mon ciel personnel... J'en étais consciente et cela entretenait mon humeur boudeuse et grognonne...
Plus je sentais Maman accumuler des griefs contre moi, plus je faisais grise mine, assaillie par une angoisse croissante... Je savais que je devais faire attention, que je pouvais désamorcer la situation pour l'instant, mais je sentais que c'était surtout du temps de gagné, rien de plus...
Quelque chose me disait déjà dans le regard maternel que, même en l'évitant ce soir, l'orage continuait à tourner autour de moi, qu'il reviendrait à la prochaine occasion, et qu'un moment ou un autre, il y aurait un "Cette fois, ça suffit..." qui précéderait l'averse tant redoutée...
Je sentais vraiment que je finirais par l'avoir cette fessée dont le nom n'avait même pas été prononcé mais dont les signes avant-coureurs concordants m'annonçaient qu'il y avait de la déculottée dans l'air, que je pouvais préparer mes fesses...