mardi 16 mars 2010

Mes soeurs aussi (Suite 2) : Pourvu que cela dure...



Aline faisait moins la crâneuse...

Trois fessées en deux jours, dont je n'étais pas destinataire, et que j'avais même pu entrapercevoir... C'était Byzance. Comme un juste retour des choses. Rien que de plus normal, direz-vous, car des gamines de fin de primaire sont censées faire plus de bêtise qu'une pré-ado du début de collège...
Mais, comme je l'ai déjà dit, mon privilège d'aînée était aussi d'être naturellement l'exemple et celle que l'on devait de faire aller droit pour que cela suive derrière...
En tout cas, mes chipies de frangines faisaient moins les intéressantes le lendemain et les jours suivants. Surtout Aline, qui avait eu droit à un traitement que je qualifierais presque de "christinien", tellement il illustrait la détermination maternelle dont j'étais la cible parfois, et plus qu'à mon tour...
Fessée pour une colère et de l'effronterie la veille, elle n'avait pas adopté le profil bas qui s'imposait, et ses caprices renouvelés du lendemain ajoutés aux chamailleries avec Diane avaient poussé Maman à remettre les pendules à l'heure de façon plus claire encore...
Aline depuis évitait mes regards, sachant pertinemment car Diane avait cafté, que j'étais aux premières loges de sa déconvenue...
Je n'en abusais pas pour autant, car je ne voulais pas provoqué quelques coups en douce de mes soeurettes...

Tata m'a même félicitée

Comme souvent, les épisodes du genre n'ont pas manqué d'être commentés dans les jours suivants. L'avantage, c'est que les menaces maternelles avaient cette fois pour références ce qui était arrivé à Aline, et non à moi. Aline eut droit à un : "Dépêche-toi de ranger. Tu ne veux quand même pas que je m'occupe à nouveau de toi, Aline... La semaine a déjà été bien agitée, mais attention, on dit souvent jamais deux sans trois..."
De quoi faire rougir soeurette et la voir se mettre à ranger au plus vite ses affaires...
Tante Jacqueline venu le lendemain de la deuxième scène pour prendre un petit café avec Maman, comme elle le faisait deux à trois fois par semaine, eut droit aux confidences de sa soeur quand elle demanda si les filles allaient bien. Et Maman d'expliquer : "J'ai du mal avec les petites cette semaine. Aline devient effrontée et coléreuse, et même Diane n'arrête pas de se chamailler avec elle".
Tata commenta : " Ca, les colères, il ne faut pas les laisser en faire, sinon on ne les tient plus..."
Maman acquiesça : "Tu me connais, ce n'est pas mon genre. Aline s'est récoltée une déculottée maison lundi soir. Et, pas plus tard qu'hier, je les ai retrouvées se battant comme des chiffonnières, et il a fallu que je remette ça. Diane a pris sa fessée à son tour, et Aline a eu droit à nouveau à une volée qui l'a enfin calmée..."
   
J'écoutais en révisant mes leçons sur le divan du salon

Tata et Maman devisaient tout naturellement sans ignorer que je ne perdais pas une miette de la conversation... J'étais allongée sur le divan du salon, en train de réviser mes verbes irréguliers. Et inutile de dire que depuis le début de la semaine, je m'appliquais à travailler consciencieusement. Je n'avais aucune envie de rejoindre mes soeurs sur la liste des anecdotes à raconter à Tata Jacqueline...
J'écoutais toutefois les paroles de Maman, avec la satisfaction d'entendre raconter les scènes que j'avais encore dans la tête, et malgré tout un peu de gêne en imaginant que, lorsque c'était mon tour, Maman ne cachait rien non plus à sa soeur...

"Et avec Christine, ça va mieux ? Elle m'a l'air bien sage, non ?", dit ma tante, ce qui me fit relever la tête de mon livre et lui faire un sourire gentil.
Maman concéda que oui : "Heureusement, ma grande est moins turbulente que les petites en ce moment. J'espère que cela va durer..."
Tata chercha à me flatter : "Il n'y a pas de raison que ma nièce préférée ne s'assagisse pas... Elle grandit, tu sais. Elle est plus à même de comprendre. C'est comme tous les enfants, ça traverse des périodes plus difficiles que d'autres et puis ça change..."
Maman n'était pas aussi convaincue : "J'aimerais bien te croire. Je pense que cela viendra un jour, mais ce ne sont pas quelques jours de calme qui suffisent pour faire un ange d'un numéro comme Christine. Tu sais, il faut se méfier de l'eau qui dort... Les petits travers reviennent vite... Et ce n'est pas faute d'avoir fait ce qu'il fallait pour la remettre dans le droit chemin..." En disant ces mots, Maman avait levé la main, paume ouverte, en faisant le signe caractéristique d'une claque.
J'en rougis et replongeai mon nez dans mon bouquin d'anglais, alors que Tata riait de bon coeur : "Ah, c'est vrai que ma nièce n'a pas manqué de fessées..."
J'adore ma tante, mais j'aurais eu envie de la griffer en l'entendant prononcer cette phrase un rien moqueuse...
Surtout que Maman renchérit : "On ne peut pas dire non plus qu'elles n'étaient pas toutes méritées... Et je voudrais bien te croire, mais je crois que nous ne sommes pas encore sorties de l'auberge...Ta nièce préférée, comme tu dis, aura encore bien souvent besoin que je m'occupe de ses fesses..."
J'avais presque les larmes aux yeux quand j'entendis ces mots, mais je continuai à faire le dos rond, à ne pas protester, cela n'aurait servi à rien... Surtout qu'au fond de moi, je pensais bien qu'elle n'avait pas totalement tort...
La conversation changea de sujet entre les deux femmes, puis Tata prit congé un quart d'heure plus tard. En partant, elle embrassa mes petites soeurs en leur disant : "Et soyez sages, j'espère. Je vous souhaite une fin de semaine plus calme qu'elle n'a commencé..."
Puis, elle vint vers moi. Je me levai et elle me serra un instant dans ses bras. Une marque d'affection pour sa nièce adorée et qui me faisait plaisir. Mais, en m'embrassant, sa main se posa au bas de mon dos : "Allez, Christine, continue à bien travailler, pour que ta Tata soit fière de toi. Et obéis à ta mère, ne la fâche pas à nouveau, ma chérie. Hein tu as bien compris... Sinon, sinon..."
Et, en finissant sa phrase, Tata m'a tapoté tout doucement le fond du short... J'avais évidemment compris l'allusion. La conversation qui m'avait ravie en parlant des exploits de mes soeurs, s'achevait hélas avec un goût amer, en évoquant la probabilité que bientôt ce soit la nièce préférée de Tata qui reçoive une bonne fessée...

(A SUIVRE)

lundi 15 mars 2010

Mes soeurs aussi (Suite 1) : Ma chance continue et en double !

 Elles se battaient comme des chiffonnières...



(SUITE DU PRECEDENT)
Aline n'avait pas apprécié d'avoir reçu la fessée pour une histoire bénigne. Elle avait mal répondu à Maman et eu des gestes colériques que notre mère ne pouvait admettre. Aline était un peu le garçon manqué de la famille. Intrépide, plus impulsive que moi, l'ainée plus modérée, et que Diane, qui jouait les douces et les chouchoutes de par sa position de plus jeune des trois.
Maman ayant voulu lui faire essayer des affaires venues d'une cousine, et qui se trouvaient dans l'armoire maternelle depuis quelques mois, Aline avait joué les fortes têtes, avant de faire un début de colère que Maman avait immédiatement réprimé à sa manière... Et dont j'avais eu loisir d'entrapercevoir le commencement...
Aline n'avait non plus pas digéré que Diane lui explique qu'elle m'avait surprise en train de la regarder se faire punir... Autant, les deux petites savaient être complices quand il s'agissait de chercher à savoir ce qui m'arrivait à moi, autant les taquineries de Diane la concernant, rendaient Aline furax.
Je me doutais bien que ma soeurette tenterait de me rendre la pareille à la première occasion, voire de me faire un coup en douce à sa manière.
De fait, la fessée d'Aline n'avait que modérément apaisé l'atmosphère. La coléreuse avait été calmée vite fait, mais il restait de l'électricité dans l'air et l'on sentait Maman irritée et irritable...

Je l'ai constaté le lendemain soir en rentrant du collège. Mes deux soeurs étaient restées à la maison, car il y avait une conférence pédagogique de leurs institutrices ce jour-là.
Cette journée supplémentaire passée à la maison au lieu d'aller à l'école avait, semble-t-il, contribué à énerver encore plus Maman. Les petites avaient du travail à faire, donné par les maitresses, mais pas un grand enthousiasme pour l'effectuer convenablement.


Quand je suis rentrée, Diane avait terminé ses leçons, mais Aline devait encore finir deux exercices, et les rappels à l'ordre de Maman se faisaient pressants. « Aline, dépêche-toi. Tu es vraiment impossible en ce moment. Je croyais pourtant t'avoir calmée, hier soir... »

Mais, pour défendre ma soeur, pour une fois (car je suis une fille juste), celle-ci avait bien du mal à travailler tant Diane qui partageait sa chambre s'amusait à la taquiner...

Comprenant cela, Maman ordonna à Diane d'aller lire au salon, pour laisser Aline tranquille...

C'est ce qu'elle fit, en rechignant, mais profitant du fait que Maman était partie étendre son linge dans la buanderie, Diane remonta en douce, sous prétexte de prendre un autre livre.

Mais l'irruption d'une Diane très taquine et se moquant d'Aline, fit réagir cette dernière : « Maman, Maman, Diane est remontée et elle m'embête », cria-t-elle.
La petite sentant le danger chercha à s'enfuir, mais Aline la bloqua, les deux soeurs commençant à se bagarrer comme des chiffonnières...

Elles étaient en train de se tirer les cheveux et de se battre quand Maman est montée en quatrième vitesse...



J'étais dans ma chambre et j'ai vite compris qu'il allait y avoir du sport...

« Diane, je t'avais dit de rester en bas... Ce n'est pas possible... Vous faites tout pour m'énerver... » Et, je vis passer dans le couloir, Maman tirant Diane par le bras et entrant dans sa chambre, suivie d'Aline. A peine arrivée dans la pièce, elle s'assit sur le fauteuil de sa coiffeuse et étala Diane en travers de ses cuisses... « Ah, je vais t'apprendre à désobéir et à embêter ta soeur ».
Diane hurlait déjà, alors que les premières claques tombaient à peine. Mais, la fessée que j'apercevais depuis le couloir était bien sonore et vive. La robe de la gamine était remontée sur son dos, sa petite culotte rentrait à moitié dans ses fesses, dégageant deux quartiers de lune qui ont vite rougi sous l'effet de la claquée maternelle.

Ce n'était pas la déculottée que j'espérais voir, mais les cris (en partie forcés) de ma comédienne de petite soeur montraient que la tannée rapide devait être douloureuse. Même si elle ne dura pas très longtemps...

Diane suffoquait et se frottait le bas du dos en sautillant quand Maman la relâcha. Aline qui était aux premières loges, avait un large sourire, imaginant que Maman n'était venue qu'à son secours. Elle en profita pour lancer à Diane : "Pff, c'est bien fait pour toi, t'avais qu'à pas m'embêter, na !"
Mais Aline déchanta vite quand Maman l'attrapa à son tour par le bras. Je ne voyais la scène que de mon bout de couloir, mais j'ai compris aussi vite que ma soeur... Sauf qu'elle se mit à paniquer, alors que secrètement je jubilais et n'en croyais pas mes yeux.
"Maman, maman, que fais-tu ? Non, oh nooon !", suppliait ma soeur que Maman maintenait debout face à elle qui s'était remise assise sur le fauteuil de sa coiffeuse.
"Aline, j'en ai assez. Si tu n'avais pas trainé pour faire tes devoirs toute cette journée, cela ne serait jamais arrivé. Je crois, ma fille, que tu n'as pas compris la leçon d'hier. Alors, puisque tu n'es pas calmée, je vais te rappeler les bonnes manières, moi..." Maman avait un ton déterminé et impressionnant que je lui connaissais hélas très bien. Je n'avais donc aucun doute sur la manière dont cela allait finir. Et, en effet, elle attira Aline en travers de ses genoux, là où Diane venait de faire un voyage éclair. Mais, cette fois, elle ne se contenta pas de remonter la jupe, descendant d'une main ferme et rapide son collant de laine bleu marine et la culotte qui était en dessous...
Ma soeur était déculottée, au lendemain d'une première fessée aperçue et je voyais distinctement ses deux globes jumeaux se contracter de peur, alors que les premières claques tombaient...
"Ah, Aline, tu vas comprendre, j'espère cette fois. Puisque Mademoiselle a besoin d'une nouvelle fessée, on ne va pas la décevoir..."  Et la main de Maman allait et venait avec un bruit mat de bonnes claques bien ajustées...
Diane qui s'était rhabillée en rabaissant sa robe, avait arrêté de gesticuler et regardait bouche bée sa soeur prendre la fessée à son tour...
Maman la voyant ainsi scotchée, les yeux écarquillés comme devant un fantôme, arrêta un instant son bras et demanda à Diane de sortir : "Allez, toi, file dans ta chambre, et ferme la porte derrière toi. A moins que tu ne veuilles reprendre la place d'Aline..."
La perspective fit sursauter ma soeurette qui fit demi-tour et sortit en fermant la porte de la chambre maternelle derrière elle...
Au passage, alors que je rentrais précipitamment dans ma chambre, Diane s'est bien aperçue que j'avais dû ne rien manquer de la scène, mais elle était elle-même sous le choc et ne dit rien...
Ma séquence de vision directe des corrections de mes soeurs prenait fin prématurément... Mais, venant après celle de la veille, j'étais comme sur un petit nuage... Je n'arrivais pas à en croire mes yeux, et j'avais envie de les fermer pour bien m'imprimer les images vues et pouvoir me les repasser comme du baume au coeur...
Une fois la porte refermée, d'autres bruits nous arrivèrent aux oreilles. Maman avait repris son sermon à Aline. Et la fessée avec...
La claquée continua, assourdie à nos oreilles par la porte fermée, mais parallèlement, Aline qui avait tenté de retenir au maximum ses pleurs et ses cris devant les yeux de sa soeur (pour ne pas dire de ses soeurs...) pleurait maintenant de bon coeur, suppliant Maman d'arrêter et poussant des petits cris à chaque claque supplémentaire...
Autant la fessée de Diane m'avait semblé expéditive, autant celle d'Aline, pour une fois, me parut presque longue, et en tout cas plus appliquée que celle de la veille... Mais, je savais d'expérience que lorsque Maman a l'impression de ne pas s'être bien faite comprendre la première fois, mieux vaut ne pas se trouver sous sa main pour la deuxième...
En y réfléchissant, et sans vouloir réellement du mal à ma soeur, j'étais à l'intérieur de moi plus que contente que ce soit Aline, et non pas moi, qui me trouve dans cette situation...
(A SUIVRE)


kk

vendredi 12 mars 2010

Mes soeurs aussi : une vision qui m'interpelle


 Vision fugace mais qui était parlante...


Mon cours de danse de ce vendredi là devait durer 1 h et demie comme d'habitude. Mais la prof avait un impératif et nous a lâchées à 18 h 15 au lieu de 18 h 45. Je rentre à la maison sans tarder, le temps frais ne prêtant pas à flâner en route.
Je range mon vélo dans le garage et je rapplique dans la cuisine. Maman n'y est pas, même si la soupe cuit à petit bouillon.
Je m'apprête à appeler pour savoir où elle est quand j'entends des bruits de conversation orageuse qui viennent du premier. Curieuse, je monte sans faire de bruit. Les éclats de voix viennent de la chambre de Maman où doit se trouver aussi Aline, d'après ce que je perçois. 
La porte n'est pas tout à fait fermée et je m'approche de l'entrebaîllement avec le coeur battant.
Ce que j'aperçois me fait battre le coeur encore plus fort. La vision est fugace et partielle, mais il n'y a pas de doute, Aline vient de plonger en travers des genoux maternels, sa jupe est dégagée et elle agite ses jambes en se débattant...
Je ne perds pas une miette de ces quelques secondes en espérant en voir davantage, mais j'entends derrière moi une voix. C'est Diane qui tendait l'oreille, elle depuis sa chambre, et m'a vue arriver. "Maman, Christine est rentrée", crie la plus petite de mes soeurs.
Coincée, je pousse la porte et me montre un instant devant Maman qui me renvoie immédiatement : "Sors d'ici, et ferme la porte, Christine. Tu vois bien que je suis occupée".
Je ne peux que rebrousser chemin, non sans avoir croisé un regard furtif, courroucé, d'Aline en bien fâcheuse position....
Arrivée dans ma chambre, j'ai eu de par l'oreille la confirmation que ma vision fugace était réelle... Maman donnait bien la fessée à l'aînée de mes petites soeurs et les bruits caractéristiques résonnaient dans la maisonnée...
Bizarrement, je vivais la situation étrangement avec un mélange de satisfaction et d'angoisse à la fois. Que mes soeurs reçoivent la fessée me vengeait un peu de leurs moqueries, nous mettait à égalité si j'ose dire. Mais, comme elles avaient 3,5 et 5 ans de moins que moi, je trouvais que c'était juste normal, cela ne prenait pas la dimension émotive de ce qui m'arrivait à moi...
Je me disais que c'est bien fait pour Aline et j'avais une petite joie supplémentaire en ayant pu l'apercevoir sur les genoux maternels, même si je l'avais vue qui avait encore sa culotte, ce qu'elle n'a certainement pas dû garder une minute de plus...
Mais, cette satisfaction très compréhensible était accompagnée de sensation bizarre. J'entendais la main de Maman claquer le derrière d'Aline et je ne pouvais m'empêcher de penser que lorsque c'était mon tour, mes soeurs devaient entendre aussi et autant...
J'avais vu le regard furibard d'Aline me voyant la regarder étalée sur les cuisses de Maman. Cela me rappelait d'autres situations où mes soeurs ont cherché à me voir punie, quand ce n'était pas Maman elle-même qui en certaines occasions m'avait corrigée devant elles pour l'exemple...
Je me souvenais que lorsqu'Aline ou Diane surgissait ainsi et me voyait déculottée, j'avais moi aussi un regard qui les fusillait, et une envie de revanche.
Je me doutais bien qu'Aline me revaudrait cela dès qu'elle le pourrait et qu'il fallait que je m'attende à quelques représailles ou coups en douce de sa part...
Bref, la fessée de ma soeur me réjouissait en étant comme un baume au coeur, mais en même temps, les bruits des claques, les pleurs de ma soeur et la détermination maternelle me rappelaient que dans cette maison la fessée était de règle, et que toute aînée que j'étais, je n'en étais pas à l'abri...
Bien sûr, une fois Aline punie, c'était un peu comme si cela éloignait dans le temps ma dernière fessée... Le soir au dîner, c'est sur ses démêlés avec Aline que Maman reviendrait, et nous aurions droit à l'explication de cette tannée reçue par ma soeur, avec l'avertissement fait aux deux autres de ne pas se comporter de la même manière, sinon...
Le soir, c'est Aline que Maman allait consoler et câliner un peu en lui rappelant qu'elle n'a eu que ce qu'elle méritait...
Diane et moi aurions le droit à l'allusion teintée de menace nous appelant à être sage si on ne voulait pas suivre le même chemin que notre soeur.
Mais, en vivant tout cela, je ne pouvais m'ôter de l'esprit que cela se passait aussi ainsi quand j'étais punie. J'avais dans les yeux l'image d'Aline gigotant sur les genoux maternels, mais une petite voix me disait à l'intérieur de moi : "Attention, Christine, ne te réjouis pas trop des malheurs de ta soeur... Aujourd'hui, c'est elle qui a reçu la fessée, mais qui sera la prochaine ? Peut-être Diane, mais rien n'est moins sûr... La prochaine, ce sera peut-être toi, Christine... Ses bruits, ses pleurs entendus tout à l'heure, la prochaine fois, ce seront peut-être tes larmes Christine, et peut-être tes fesses qui claqueront sous la main de Maman, qui rougiront toutes déculottées..."
Et la petite voix, en plus, avait raison...

(A SUIVRE)

mercredi 10 mars 2010

Les signes avant-coureurs : l'ambiance devient pesante

Je voyais bien que le regard de Maman s'assombrissait



Une hirondelle ne fait pas le printemps... Ce n'est qu'un signe parmi d'autres, mais en revoir une en mars fait prendre conscience que la belle saison approche...
De même, certains signes ne se convertissaient pas immédiatement en explication cuisante, mais témoignaient d'une sorte d'approche plus ou moins inéluctable de la prochaine fessée...
Le climat familial est ainsi qu'il comporte des périodes d'accalmie et d'autres plus agitées, mais que bon an mal an, après l'hiver revient le printemps, et qu'après des jours ou des semaines sans scènes notoires, la nécessité de remettre de l'ordre, de régler des comptes, de recadrer l'une ou l'autre des filles s'impose...
J'ai été marquée par quelques fessées reçues sans préavis, des fautes découvertes et punies sur le champ, mais je crois que le sentiment d'attente, cette impression que l'on a que tôt ou tard on va y passer, sont des ressentis encore plus forts, encore plus prégnants car l'angoisse fait plus travailler les méninges que la surprise.
Il y avait ainsi des moments que cette image (trouvée) illustre bien, où je pouvais prendre conscience que les conditions météorologiques familiales allaient tourner à l'orage pour mon bas du dos... Le soir même ou dans les jours à venir, mais les signes avant-coureurs n'avaient pas forcément besoin de mots, ou en tout cas pas de mots directs, les allusions suffisant à me faire comprendre ce qui m'attendait...
Je m'imagine ainsi révisant une leçon en prévision d'un contrôle le lendemain. Je n'ai guère envie de rabâcher ni d'apprendre par coeur. Je comprends vite, alors je me dispense souvent de travailler dur, je sais qu'avec un petit effort je décrocherai une note moyenne, et je ne vois guère l'intérêt d'en faire plus...
J'ai moitié la tête dans le bouquin et moitié le regard et les pensées ailleurs...
"Christine, je te ferai réciter après le dîner, tu as intérêt à bien savoir ta leçon cette fois...", la petite phrase de Maman me fait replonger dans mon bouquin.
Je vais faire l'effort car je sens que c'est mon intérêt...
Effectivement, ce soir-là, j'ai pu réciter la leçon comme il fallait et m'éviter des ennuis immédiats...
Mais, j'ai bien senti dans le regard de Maman que je l'agaçais, qu'elle n'appréciait pas de devoir me rappeler à l'ordre pour que je me mette vraiment à travailler... Un moment, elle a marmonné un : "Oh, toi, oh, toi..." accompagné d'un très gros soupir, d'une longue respiration en me fixant avec des yeux sombres...
Il n'y a rien eu d'autre, mais ce petit signe était comme une hirondelle de plus dans mon ciel personnel... J'en étais consciente et cela entretenait mon humeur boudeuse et grognonne...
Plus je sentais Maman accumuler des griefs contre moi, plus je faisais grise mine, assaillie par une angoisse croissante... Je savais que je devais faire attention, que je pouvais désamorcer la situation pour l'instant, mais je sentais que c'était surtout du temps de gagné, rien de plus...
Quelque chose me disait déjà dans le regard maternel que, même en l'évitant ce soir, l'orage continuait à tourner autour de moi, qu'il reviendrait à la prochaine occasion, et qu'un moment ou un autre, il y aurait un "Cette fois, ça suffit..." qui précéderait l'averse tant redoutée...
Je sentais vraiment que je finirais par l'avoir cette fessée dont le nom n'avait même pas été prononcé mais dont les signes avant-coureurs concordants m'annonçaient qu'il y avait de la déculottée dans l'air, que je pouvais préparer mes fesses...

mercredi 3 mars 2010

Va te mettre en pyjama... (4) Un sermon avant de dormir...


(Suite)

La fessée maternelle avait enfin pris fin. Quand Maman arrêta son bras, j'étais presque aussi épuisée qu'elle. Alors que parfois, je me relevais d'une fessée avec les nerfs à vif, et en moi encore comme un sentiment de colère, ce n'était pas le cas là. Maman avait voulu être démonstratrice jusqu'au bout, et elle avait mis l'énergie nécessaire pour que ce ne soit pas qu'une réplique de la volée reçue trois semaines auparavant pour le même motif...
Non, il fallait dans son esprit que je sente bien que sa détermination était entière, que la déculottée n'en était que plus magistrale, plus marquante...
Autant avait-elle été très loquace, durant la fessée, accompagnant ses claques de mots les justifiant, de rappels de ses promesses, de phrases venant comme des explications de ce que je n'avais peut-être pas assez compris la fois précédente... Autant donc avait-elle parlé en me rougissant la lune, autant elle sortit de la chambre sans un mot, me laissant méditer, tenter de sécher mes larmes, de retrouver bonne figure avant de descendre diner, à peine une demi-heure plus tard...
J'appréhendais ce moment qui signifiait se retrouver face à elle, face à mes soeurs qui n'avaient rien manqué de ce qui m'était arrivé, à travers la cloison mitoyenne de nos chambres...
Bien sûr, je devinais chez Aline et Diane, des regards avides d'en savoir plus, des étincelles de rire contenu, des attentes d'explications de la part de Maman.
Mais, heureusement, cette dernière fut plus que discrète. Elle ne laissa même pas glissé la conversation sur ma conduite, demandant plutôt des nouvelles des devoirs des petites, du contenu de leur cours de danse, etc.
J'étais soulagée même si j'ai tendu le dos de bout en bout du repas, avec l'estomac noué et un appétit d'oiseau. Les petites furent juste envoyées dans leur chambre avec un conseil ferme de Maman de ne pas chahuter : "Ce n'est pas le soir pour m'énerver davantage, vous savez...", leur dit-elle de façon sybilline, mais le code était simple et chacune de nous avait bien compris l'allusion...
Je rangeai la vaisselle avec Maman, sans rechigner, mais l'on aurait pu entendre une mouche voler, tant nous étions silencieuses. Puis, elle me demanda de monter et de me préparer pour la nuit.
Cinq minutes plus tard, j'étais déjà en pyjama, les affaires bien rangées, et je me suis même mise au lit dès que je l'ai entendue monter les escaliers. Elle est restée un moment à coucher mes soeurs, puis est à nouveau entrer dans cette pièce où, deux heures plus tôt, elle était venue me donner cette fessée déculottée dont je ressentais encore des picotements dans le bas du dos, et surtout une honte rétrospective et l'envie de l'oublier bien vite.
"Ah, Christine, c'est bien, tu es prête à dormir... Tu vois que, quand tu veux, tu es bien sage... C'est vrai que j'y suis un peu pour quelque chose...", glissa-t-elle en s'asseyant sur le bord de mon lit, là où elle se trouvait tout à l'heure...
"Bonne nuit, Maman, oui, je serai sage, c'est promis...", dis-je avec un ton de sincérité que Maman remarqua.
Je voulais juste qu'elle m'embrasse, qu'elle me dise bonne nuit, que la lumière soit éteinte et que je puisse en finir avec ce jour à marquer d'une pierre blanche, ou d'une lune rouge plutôt...
Mais, Maman resta encore quelques instant à mes côtés, le temps de me refaire un sermon à sa manière, me rappelant que je n'avais qu'à m'en prendre à moi-même car elle n'avait fait que tenir ses promesses...
"Ah, Christine, j'espère que tu as compris cette fois... Tu le sais bien pourtant que je n'admettrai jamais que tu me ramènes des zéros, que tu triches en classe, que tu ne travailles pas. C'est ton avenir qui est en jeu... Tu me remercieras plus tard...", me répétait-elle.
Je ne savais quoi dire. Sauf que je travaillerais, que je ne voulais plus être punie, etc...
"Cela ne tient qu'à toi, ma chérie... Tu crois peut-être que cela me fait plaisir de devoir encore te donner la fessée... Je voudrais bien moi aussi que cela n'arrive plus... Mais, on dirait parfois que tu les cherches, Christine... Car, ne me dis pas que tu ne savais pas ce qui t'attendait en ramenant ce zéro et en provoquant cet appel de Mlle Paule. Alors ne te plains pas, tu as eu ce que tu méritais, une bonne fessée déculottée et j'y ai mis du coeur pour que tu ne l'oublies pas de sitôt..." continuait-elle.
Puis, elle se rapprocha, se pencha sur moi, me prit dans ses bras et me serra un long instant. Elle m'embrassa en me disant "Bonne nuit". J'étais tremblante et j'avais les larmes qui remontaient aux yeux à l'évocation de ce qui m'était arrivé...
Je répondis : "Bonne nuit, Maman".
Elle se releva et avant de tourner les talons et de partir, leva l'index comme une menace en disant : "Allez, dors bien ma chérie, et tâche de ne pas oublier cette leçon... Penses-y bien, Christine... S'il y a à nouveau le moindre problème avec Mlle Paule ou si tu t'avises de faire pareil dans d'autres matières, il ne faudra pas venir te plaindre... Rappelle toi bien de ce qui vient de t'arriver... Si tu recommences, ma chérie, je t'aurai bien prévenue à nouveau, ce n'est pas moi qui céderai..."
Je suppliai : "Oui, Maman, oui, je sais, arrête, j'ai compris. Je te promets..."
Elle éteint la lumière et revint déposer un baiser sur mon front, en répétant avant de partir : "D'accord, Christine, je l'espère bien... Mais, tu avais déjà dit cela il y a trois semaines... Alors, essaie de t'en rappeler plus longtemps... Sinon, tu le sais, ce qui t'attend, ma chérie... Sinon, tu peux préparer tes fesses..."
Elle s'en alla enfin, mais j'eus du mal à trouver le sommeil... En moi repassait le film de la scène de la soirée... Les mots de Maman la faisaient revenir... Et je faisais le cauchemar éveillé que ses prédictions s'avèreraient exactes... Et que mon avenir allait repasser par ses genoux...
Hélas, sans être devin, elle n'avait pas tort... Mais ceci est une autre histoire...